Depuis quelques semaines, le pays connaissait une activité frénétique qu'il n'avait pas connu depuis l'époque des rois d'Abgmar dont le dernier fut Zabuza. Profitant du départ des Edains et de leur manque de riposte sérieuse, du silence des Morts dans la région de Carn Dûm de par la présence d'une lame d'Hatori et du pouvoir de Sauron, Toranur avait décidé d'officialiser son nouveau règne afin de donner des bases solides à sa légitimité. Puisant sans compter dans les caisses Edaines qui se vidaient désormais rapidement avec les réformes engagées, Toranur avait fait commander une gigantesque réception afin de faire oublier au peuple ses tracas journaliers et qu'il se rappelle chaque jour de leur vie de la grandeur du nouveau roi.
Aussi, la capitale connaissait un afflux de biens et personnes important. Les nouveaux seigneurs venaient assister au couronnement, certains d'être dans les bonnes grâces de Toranur qui se fichait royalement de leur personne malgré qu'il ait entériné leurs nominations, tandis que bardes et derniers ménestrels, s'empressaient d'aller chercher travail et logis. Pendant quelques semaines, tout le monde dans la capitale oublia les rapports des éclaireurs signalant la disparition de villageois, la mort de soldats, de frères ou d'amis, chacun se concentrant exclusivement sur les festivités. Les maçons, menés par les ingénieurs d'Isengard, mirent les bouchées doubles afin que les enceintes soient restaurées et la troisième passée à la chaux blanche afin d'être éclatante. Autant dire que la veille du couronnement, la grise cité de Carn Dûm était considérablement embellie et parée de couleurs.
Le jour dit, alors que l'aube pointait à peine, une multitude de personnes se tenaient le long de la rue menant des portes au donjon, Toranur ayant placé son campement au dehors des murailles afin d'accomplir une procession au cours de laquelle le peuple pourrait le voir dans toute sa splendeur (d'ailleurs, l'ancien maréchal du Mordor avait envoyé des ordres très clair à Shraknag afin qu'aucun orc ne vienne perturber par sa laideur la cérémonie). Les trompes sonnèrent dans toute la ville et les premiers spectateurs purent voir sortir du campement une magnifique procession montée. En tête venait Toranur, revêtu de sa splendide armure, forgée par des nains et des elfes, et comportant du mithril. Sur sa fougueuse monture noire, destrier grand et puissant, Toranur avait véritablement l'air d'un prince, ce qu'il était par le sang de sa mère. S'engageant dans la cité, il salua la foule qui l'acclama. S'ils étaient peu à le soutenir vraiment la veille, aujourd'hui, toutes médisances étaient oubliée et ce ne fut qu'ovations tout le long du trajet qui dura une heure entière. Les jeunes recrues disposées sur le chemin eurent fort à faire pour contenir la foule en délire.
Enfin, Toranur arriva à la troisième enceinte dans laquelle l'attendait les premiers régiments de Legionnars en ordre impeccable et la foule des nobliaux en riches tenues.
Mettant pied à terre, Toranur dit:
"Salut à vous frères d'Angmar. Le Seigneur du Mordor m'envoie vous guider."
"Alors, que la volonté du Seigneur soit accomplie."Répondirent les nobles qui ouvrirent un passage vers le donjon, s'inclinant à moitié. S'egageant résolument, Toranur ôta gantelets et heaume et les tendit à un jeune écuyer qui était tout rouge d'émotion de craintes. Lui souriant, Toranur pénétra dans la salle du trône dans laquelle devait s'accomplir le couronnement. Alors que les nobles prenaient place, un ancien prêtre du clergé Angmarien, ayant survécu aux persécutions et connus pour la droiture de sa foi, apparut à la droite du trône et se tint silencieux, entouré par un grand nombre de prélats en grande tenue et portant divers instruments. Lorsque que chacun fut assis et que la Garde de Toranur présenta les armes, le prêtre s'adressa à l'ancien maréchal:
"Viens à moi envoyé du Seigneur. Que s'accomplisse les signes et rituels qui te donnera la force de nous guider. Seras-tu assez courageux pour le faire."
"Je le suis"Et Toranur remonta la longue allée qui la mena au trône et au prêtre. Arrivé aux pieds des amrches menant au trône de l'Angmar, Toranur s'agenouilla et dit d'une voix pleine d'humilité:
"Seigneur, tu m'as donné la force d'aller jusqu'ici. Mais suis-je vraiment digne d'être ton enfant et de mener mes frères d'Angmar sur un chemin de justice et de paix?"Le prêtre descendit les marches et relevant le maréchal, il lui dit d'une voix pleine d'amour et de compassion:
"Mon fils, seul le Seigneur connaît les voix de l'avenir et ton coeur. Fais lui confiance et guide tes frères car c'est là ton devoir."Dressant la tête, Toranur répondit d'une voix qui n'avait plus rien de humble et doux:
"Qu'il en soit ainsi."
Et, Toranur grimpa à pas lents vers le trône. Arrivé devant, il se tourna et fit face à l'assemblée. Le prêtre qui l'avait rejoint ceignit au nouveau roi d'Angmar une grande cape d'hermine à grande croix noire:
"Voici le domaine que tu dois défendre..."Puis, lui mettant l'épée à la main, il ajouta:
"... La force de ton peuple rassemblé dans tes mains..."Il lui donna aussi un sceptre:
"... Et la justice que tu lui rendras..."Et le faisant asseoir, il éleva haut une magnifique couronne d'acier sombre aux reflets sang et la posant sur la tête de Toranur, le prêtre de conclure:
"Te voilà, par la grâce de notre Seigneur, désormais protecteur de l'Angmar, guide spirituel et temporel de tes frères. Que cette couronne qui ceigne ton front te rappeler que tu n'es qu'un homme au service du Seigneur et que ta charge, pour aussi lourde qu'elle soit, doit être rendue avec la force de nos convictions et la justice. Longue vie au nouveau roi d'Angmar Toranur, premier du nom!"Les nobles présents dans la salle reprirent le cri du prêtre ainsi que la population qui s'était massée au dehors. Ce ne fut que cris et hurlements pendant de longues minutes. Puis, le roi se leva et redescendit du trône, ses attributs toujours à la main, et il marcha dans l'allée. Arrivant au premier rang, les deux hommes qui étaient assis de part et d'autre de l'alée se levèrent et proclamèrent:
"Duc d'Edeinhburg, mes hommes sont vôtres Sire...""Les hommmes du Duc Von Botryche sont vôtres Sire..."Redescendant toute l'allée, Toranur reçut les serments de vassalité de la noblesse entière sans un mot. Puis, arrivé aux portes, il s'écria, tant à l'attention du peuple que des nobles:
"Angmariens, vus l'avez vu et entendu, je suis votre nouveau roi. Me servirait vous comme si j'étais l'un des vôtres?""Oui sire!!!""Alors je m'efforcerais d'en être digne..."Sortant de la salle du trône, Toranur s'engagea dans une autre salle où le rejoignirent la nouvelle noblesse du pays. Cela signifiait la fin de la cérémonie et le début des festivités...
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Les soldats vivent et ne savent pas pourquoi...
La pureté de nos lames exprime mieux notre fidélité que mille paroles mielleuses.