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 Le cheminement du barde de guerreVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Epixarkoïs
Indien justicier/Maître du jeu



Age : 20
Inscrit le : 14 Juin 2005
Messages : 617
Race (dans le jeu) : Indien de l'extrême sud du Harad
Alignement (dans le jeu) : Neutre solitaire

MessageSujet: Le cheminement du barde de guerre   Mar 1 Avr - 21:33

L'aurore du Barde de Guerre



Le soleil dardait vers l'ouest, et ses rayons se faisaient déjà plus pâles, prenant ne teinte plus chaude, mais aussi plus légère dans l'air de septembre.
Un homme se tenait adossé au pilier d'un maison de bois noire. Il était devant l'entrée, et derrière lui, se courbant sous la brise des dernières heures du soir, une tenture de lin s'agitaient doucement. Il la toucha du bout des doigts, souffla dans le vent le gaz gris de sa pipe et tourna son regard vers celui d'un étranger assis au fond de la pièce. Ce dernier triturait une tige de thé de ses dents blanches. De son regard sombre, il ne quittait pas la silhouette du jour entre les rondins qui encadraient la porte. Il fixait les nuages blondissant dans l'or du soir. Le crépuscule est le grand opéra de la nature. Les feuilles des arbres ne tarderaient pas à briller dans le feu du crépuscule, brûlant de l'incendie du ciel.

Il parla doucement:


-En automne les jours racourcissent.

L'autre soupira un brin de fumée, abaissa sa pipe et tourna lui aussi son visage veurs le spectacle de la dernière heure de lumière.

-Il nous reste le temps. Toute ma vie, j'ai couru après le temps, et à présent je m'aperçois que c'est lui qui m'a rattrapé. Mais je ne me plaindrais pas. J'ai mis les choses en ordre avant de venir, et rien ne saurais retenir ma main à présent. J'ai adressé mes adieux aux miens, je leur ai donné quelques conseils que j'espère bon et qui ne sont jamais de trop. Je ne voulais pas leur apparaître comme un homme qui va l'arme à la main.

-Ainsi ils ne tueront pas le frère et ne nous ressembleront pas...

-Si tu peux me laisser admirer encore la lumière. Je ne saurais la quitter s'en y penser amèrement.

-Moi non plus, c'est en vers elle que va mon âme quand brûle le soir. Lorsque j'étais jeune, mon père me répétait cette phrase lorsque nous admirions le couchant dans le lointain: " Regarde, la lumière va mourir". Depuis j'ai parcouru toutes les lueurs, des crépuscules les plus lointains aux aurores doux et intenses. J'ai parsemé milles couleurs sous mes pas, portant l'or du désert sur les landes vertes, compressant l'argent des neiges de ma silhouette de bronze, heurtant le miroir de jungles inondées, traçant des cercles autour de mes cuisses, dissolvant le cuir imprégné de mes souliers. J'ai teinté les flaques d'ocres azurés, de sèves ambrées comme un soleil d'orage. C'est le souvenir que j'emporte. Il me suffit. Il sera une caresse mélancolique pour mes souvenirs...
A présent je vais marcher jusqu'au sommet de la colline. Je t'y attendrais.


Il se leva et s'en fut. En sortant de l'ombre un homme accroupis sur la terrasse prolongeant l'entrée de l'auberge isolé put fixer peindre dans sa mémoire le souvenir du visage cuivré de l'indien.
Jamais il n'oublia le motif en étoile qui ornait sa joue brune, la forme de ses boucles d'oreilles, se paupières noircies par du khôl, lourdes et teintés comme une poudre de plomb.
Il rejeta en arrière une natte bardées de perles rouges et turquoises. Une plume noir de martin pêcheur rayonnaient le long de se cheveux. Glissant sur ses hanches, un long poignard dans un étui de cuir pendait accroché à une cordelette autour de l'épaule de l'indien.
Il marchait fier et décidé, portant dans sa pupille l'éclat de la vengeance.

-N'ai crainte, je ne serais pas longs.

L'indien ne répondit rien.


Il grimpa le long d'une collines à l'ombre, traçant un sillon dans l'herbe haute, couché dans le vent, frémissant sous des vagues espacées.
Il parvint à la lueur des rayons dorés. Et s'assit un moment. Lorsque la silhouette de l'autre se dégagea de l'ombre en aval, il glissa lentement sur ses jambes et se releva. L'autre se mit en face de lui.

-Avant que nous commencions, je voudrais te dire que je souhaite une chose: met autant de courage dans ce combat que lorsque tu tua mon frère il y a trois ans.

-Je ferais comme tu le désire Epixarkoïs. Maintenant terminons cela.


Ils se mirent en garde. Epixarkoïs, le barde de guerre, sentit le cuir serré dans sa main, son contact chaud. Il s'appuya sur ses pieds.
Une brise passa, un souffle comme un soupir.
Il y eu un éclair.

Tous deux s'affalèrent. Couché dans l'herbe ils admirèrent encore la teinte nostalgique de la mort du jour. Un filet rouge coulait sur la terre sèche, zigzaguant entre les brins d'herbe. Ils souriaient dans le soir, soulagé par la quiétude du devoir accompli.
Epixarkoïs se leva, laissant l'autre dans le soleil mourant.

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Epixarkoïs
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MessageSujet: Re: Le cheminement du barde de guerre   Lun 5 Mai - 0:18


Interlude No 1




Epixarkoïs dans la contemplation de ces arches de pierre ouvrant la voie vers une antre dans la terre, où l'air tiède et distillé du printemps vous portent les parfums des marronniers, le sanctuaire d'une fièvre doré qui fait filtré son poison dans les âmes, à travers quelques alambiques d'une terre cuite primitive, ou bien le royaume d'un courant d'air frais dans la quiétude d'un matin respirant sa rosée épaisse, le parcours d'univers gothiques teintés de tâches cramoisis et de silhouettes noires sur le ciel pastelle d'une aurore délavée, songea soudain que les lumières gonflées et diaphanes de l'horizon prendraient bientôt la couleur de roses puis celle de jonquilles brûlantes, la libération des encens de la terre: la poussière d'un champ, les sucres d'arbres fruités dilués dans la fraîcheur d'une pluie de mai, le bourdonnement d'insectes aveugles, la vase des algues naissantes d'un étang de parc à l'anglaise, et il y aurait alors une tragédie naturelle, la lutte des eaux et du feu, la fusion du bleu et du rouge, la brûlure des particules de clarté sur l'atmosphère vaporeux des vallées d'herbe grasse, et les nuages livreraient le spectacle de meurtres inouïs et évaporés, la libération du gaz dans la lumière d'espérance que crache les entrailles lointaines des limites de la terre. L'archipoète pourrait, à ce moment fugitif, suivre de ses yeux une oeuvre lyrique naturelle révélant la naissance et la mort, le jour et la nuit, la pénombre et la lueur, le rayon et le trait , l'éclair et l'obscurité.

Tournant son regard vers l'ouest, Epixarkoïs aperçut les nuées fauves d'un orage palissant dans les douceurs de la première heure de vie, un nihilisme de la terre, l'antithèse entre ciel et terre, l'origine des dieux, le crépuscule des païens, la genèse de l'obscurantisme, la séparation des âmes comme amputation d'unité de couleurs arraché à la nature violée des hommes, la rayure de l'immobilité et du statique, la rupture de l'air en deux océans parallèles balançant entre les nuages boursouflés et l'écorce craquelée des sols arides et siennes.
Le croissant de lune baignait encore faiblement pareil à un morceau brisé de porcelaine, prenant de timide et distraits reflets de nacre érodée, flottant dans les fumées rampantes sur les champs gras et froids.

Une symphonie venait effleuré son âme de bohème sanguinaire, faisant teinté à ses oreilles les échos pleutres d'une immortalité dissimulés dans l'âme de son âme. Les grincements stridents, la marche d'un voyant révolté, le résonnement trempé de sulfures aux vapeurs âcres, auraient pu exprimer l'intensité de ces opéras de Wagner immortelles, semblables aux résonance d'un morceau future d'artistes égarés dans la folie de liqueurs de peyotl. Car des épîtres musicaux, l'essentiel reste à écrire. Cela ne se fera pas dans le temps logique, mais dans le flue d'instants perdus et dispersés dans une bataille de rythmes et de mélodies improbables.
« L'infinie est à écrire » lui avait jadis conté un vieillard aux visages fripé de bronzes oxydés.

« Le levant est la représentation d'un vol de flamands roses », cet oiseau que l'étrange barde admirait jadis le long de marres immenses et opaques.
« L'aurore est une fécondation, le crépuscule un viol. »

Il pensa cela et puis rien ne fut plus en son esprit. Le rêve gagna son coeur et commença le long songe d'une vie emportée par le vent d'un désir de liberté. Il faut éprouver le monde afin de livrer à sa mélancolie le simulacre d'un souvenir translucide comme un regard intriguant, un de ceux-là où l'on se perd sans raisons ni but autre que celui de percer les miroirs de l'âme cachée.
Epixarkoïs attendait.

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