Cette chronique fut trouvée dans une taverne où Xack avait passait une semaine, sans avoir rien écrit. Comme aucune inspiration lui venait, il buvait toutes sortes de boissons, de la pinte au thé le plus cher. Il fumait beaucoup et finit par rencontrer un homme dont-il fit une chronique tant il fut impressionné par le personnage.
S’il m’est arrivé d’écrire des futilités, j’ai l’intime conviction que cette fois-ci, je vais enfin écrire une page dont je pourrais dire qu’elle n’est pas inutile.
Je vivais depuis quelque temps dans une auberge dans l’espoir de trouver l’inspiration. Mais la nymphe de l’inspiration refusait de venir à mon secour. Deseperer, je ne pouvais que me concentrer sur ma boisson. Pourtant, depuis mon arrivée dans cette auberge, j’avais remarqué un homme, assez âgé qui venait tous les soirs. Il ne parlait pas et nul ne lui parlait. Je me résolut à demander au propriétaire du lieu qui était cet homme. Celui-ci me répondit « Je crois que c’est un ancien soldat. Cela fait cinq ans qu’il vient tous les jours, et nul ne sait vraiment qui il est . ‘Faut dire que personne ne lui a jamais demandé…».
Je n’ai jamais été quelqu’un de vraiment courageux, mais ce personnage avait tellement piqué ma curiosité que je fut pousser par elle à m’asseoir à sa table, un peu à l’écart de tous. Arrivé devant l’homme, je me sentis ridicule ne sachant quoi lui dire. Il fallait avancer ou reculer.
« Excusez-moi, ai-je tenté fébrilement de dire, cela fait quelque temps que je vous observe, et je ne vous ai jamais vu parler…Puis-je vous aider? »
Et l’homme me répondit, ce qui me surprit:
« Non, fiston, tu ne peux pas m’aider. Tu es encore trop jeune. Mais ton offre est précieuse, je t’en remercie. »
Il dut voir que je n’étais pas satisfait de cette réponse et il continua.
« Je suis Thornin, un ancien guerrier de l’Armée de Halmet, seigneur de l’Arnor. Et je souffre d’un mal que je ne te souhaite pas fiston. Crois-moi, la vie, il faut la protéger. »
« Pardon? »
« Tu es jeune, et tu n’as jamais combattu, n’est ce pas? »
« Non, je n’ai pas fait de bataille si c’est cela que vous voulez dire »
« Fiston, j’ai fait trop de batailles. En fait, j’en ai fait une de trop. Je m’en souviens, ce fut le pire moment de ma vie. Depuis ce jour, je viens dans une auberge pour y voir de la vie. La vie, fiston, la Vie… »
« Que s’est-il passé? »lui ai-je demandé, pressentant un traumatisme chez l’homme
« C’était un midi de novembre. Il faisait gris comme si le soir tomait. On patrouillait après avoir éliminé une troupe de gobelin qui pillait des villages sans défenses. On est tombé sur un village, enfin, un amas de cendres de bois calcinés et une épaisse fumée nous sécher la gorge. Tout autour du village l’herbe était noir. Notre chef de section nous a dit «Thornin, Atorl, partez voir s’il y des survivants. ». Nous pénétrâmes dans les ruines. Les flèches et les armes laissaient deviner qu’ils s’agissaient d’orcs. Nous en avons eu la confirmation quand nous avons vu des squelettes d’orcs, dévorés par leurs paires pour qu’aucun humain n’en fasse de même. Il y avait des corps brûlés figé, comme si le temps s’était arrêté sur leur agonie. On devinait le cri qu’il poussait même s’il ne sortait plus que de la fumée de leur gorge. Ils avaient essayé de se défendre. Quand nous arrivâmes sur ce qui devait être la place du village, nous avons vu ce qu’il y a de pire: des enfants baignant dans leurs sangs dans la fontaine. Avec le sang, les orcs avaient écrit en elfique noir « Pour Morgoth ». Je me refuse de décrire cette scène plus profondément car l’horreur en était trop grande. Personne ne nous crut dans la section, sauf ceux qui se sont aventuré dans les ruines malgré nos avertissements. Tout ce que je peux te dire, c’est que lorsqu’on voit un enfant assassiné par les orcs, on ne se soumettra jamais à Morgoth qui ferait cela de tous s’il avait l’œuvre d’Iluvatàr entre ses mains. »
L’homme laissa couler une larme sur sa joue, prit sa tête entre ses mains et continua en sanglotant:
« Qu’avait-il fait ses enfants, pour mériter cela? Ils devaient avoir cinq ou sept ans! »
L’homme pleura longtemps et je suis resté avec lui, car je savais que les larmes nettoient les douleurs pour n’en laisser que l’empreinte. Quand il fut un peu calmé, il ajouta:
« Morgoth est une pourriture, ne te soumet jamais à lui fiston .»
« Vous savez, j’ai un peu voyagé pendant ma jeunesse et j’ai vu des villages heureux, où les enfants rient sans craindre le lendemain. Arda porte encore le bonheur et il y aura toujours un être pour le défendre. »
Je ne sais si ce sont mes mots ou ma naïveté qui le soulagea, mais peu importe: l’homme souriait à travers ses larmes qu’il essuyait à présent.
Nous terminâmes la soirée avec quelque verres et je crois avoir réussi à lui avoir fait oublier son cauchemar en lui racontant les contes heureux que je connaissais.
Ce fut une des rares fois où je me sentis utile dans ma vie.