La nuit tombait sur la cité de pierres et ses portes venaient d'en être fermées lorsqu'une ombre inquiétante sortit d'un bosquet à proximité de la ville. Un rayon de lune dansa un instant sur son visage et révéla Druchii drapé de noir.
L'elfe était discret et savait jouer avec les ombres mais n'avait aparemment pas l'usage des portes car il alla se placer devant la muraille dans un espace entre deux portails et commença l'escalade. Il arriva en haut sans encombres et sauta silencieusement de l'autre côté. Ses habits noirs se fondait parfaitement dans l'obscurité qui s'épaississait et les setinelles ne purent le remarquer. Arrivé au bas des pierres, il courut prestement dans les ruelles étroites.
Il ne se souvenait pas bien de la ville et avait un mauvais pressentiment : les lieux semblaient bien calme pour un foyer révolutionnaire. De plus, son ouïe détectait un bruit de pas qui ressemblait plutôt à la cadence ordonnée d'une patrouille qu'au piétinement d'une troupe en furie... Druchii décida après une courte réflexion qu'un point de vue élevé serait un bon poste pour se repérer et serait un endroit plus sain à fréquenter si une patrouille approchait. Il se remit donc à grimper, sur le mur d'une maison cette fois.
Lorsqu'il arriva en haut du toit, il repéra un homme posté quelque mètres plus loin et qui lui tournait le dos. Au vu de son attitude, il se voulait sûrement assassin. L'elfe jeta un coup d'oeil dans la rue en contrebas et aperçut l'objectif de l'humain : la patrouille d'orientaux qu'il fuyiait. C'était amusant cependant il n'avait pas une chance et Druchii avait besoin de renseignements. Aussi il s'avança silencieusement et retint le pauvre ère avant qu'il n'aille se faire hacher menu et lui posa une main sur la bouche en lui sussurant à l'oreille :
"Allons, gamin, ne fait pas l'idiot, tu n'as pas l'ombre d'une chance ! Ces soldats sont surentrainés alors que toi, tu n'étais même pas bien caché."L'homme, qui devait approcher la quarentaine, se retourna vivement avec l'attention manifeste de passer sa dague au travers du corps de son interlocuteur mais, lorsqu'il s'aperçut qu'il avait affaire à un des premiers nés, il laissa tomber son arme et le regarda avec un air ahuri.
"Ne crains rien, je n'ai pour l'instant pas l'intention de te tuer, affirma l'elfe avec sérieux.
Je cherche juste des renseignements. Que se passe-t-il, ici ? D'après les dires des gens des environs, une révolution devait avoir lieu, et je trouve une ville tranquille où patrouillent de surcroit les colonisateurs ! J'aimerais également savoir ce qu'il est advenu du Dunàdan qui se fait appeler l'Ombre"L'humain s'était remis de sa premiere terreur et il invita Druchii à s'installer en face de lui sur le toit, puis il commença son récit. La dernière étoile venait d'apparaître dans le ciel lorsqu'il conclut sur ces mots :
"Quant à Danivain, certains disent qu'il aurait accepté un marché de la part des Orientaux et qu'il est parti vers le camp des Balcoth mais, moi, je ne crois pas à cette trahison et je voulais exterminer cette patrouille afin de le vanger car il est mort, c'est sûr."Après avoir signifié au villageois d'oublier sa rencontre, l'elfe se dirigea vers la muraille de la ville en se maudissant d'avoir été trop lent. Quel idiot ! Lorsqu'il fut sorti, il songea avec nostalgie en se dirigeant vers le sud que son ami n'avait toujours pas changé de procédé pour parvenir à ses fins. De plus, il était toujours aussi pressé. Ce défaut finirait un jour par lui porter préjudice...