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Hirilad
Nouveau joueur



Age : 18
Inscrit le : 10 Juin 2006
Messages : 40
Race (dans le jeu) : Humaine
Alignement (dans le jeu) : Neutre

MessageSujet: Désertion?   Dim 27 Aoû - 18:10

Hirilad et ses hommes avaient établi leur campement dans la plaine, un peu à l'écart de la meute grouillante des orcs.
Les uruks qui l'avaient accompagnée depuis Edoras avaient rejoint leurs propres régiments (en tout cas ils n'étaient plus dans ses pattes), ne restaient plus que ceux que le général Hargroth avait placé sous son commandement.
Ceux-ci s'étaient plus ou moins accommodés au fait qu'Hirilad soit à leur tête; étant pour la plupart des mercenaires qui ne se battaient que pour la solde, il se fichaient pour la plupart de qui ou quoi les commandait, pourvu qu'il y ait batailles, pillages et confortable rente à l'arrivée.


Maussade, Hirilad s'assit prés du feu et se pelotonna dans sa cape. Il faisait un froid de canard, malgré tous les feux possibles et imaginables qu'on pouvait allumer.
Elle jeta un regard torve au ciel plombé sur lequel se détachait -écarlate sur le fond grisâtre- l'étendard des Vipères Rouges qui claquait au vent nauséabond et glacial.
L'ambiance du campement n'était pas vraiment à la franche rigolade: pas d'ordre précis, une inaction forcée qui pesait sur les nerfs de tout le monde, un vent à décorner les boeufs et un pays plus qu'invivable. Pas de quoi réjouir les foules...
Ils avaient tous besoin d'un peu d'action, et Hirilad la première.
N'y avait-il donc rien à piller, dans les environs? Pas de bataille? Pas de guerre en cours?
Voilà qui faisait enrager la jeune femme: elle voyait tous les jours des régiments entiers d'orcs partir à la castagne, tandis qu'eux étaient cantonnés là en attente d'ordres.

Elle jura tout bas et rapprocha des flammes sa jambe blessée. Elle était presque cicatrisée, à présent, ne lui causant que quelques élancement lorsqu'elle marchait.
Le regard plongé dans les braises du foyer, la jeune femme repensa à tout ce qui l'avait menée ici. Un concours de circonstances, les jeux du hasard...
Il y avait d'abord eu ce nain
-*il doit manger le houblon par la racine, à l'heure qu'il est*-, puis l'arrivée des uruks dans le village, et le tirage à pile ou face sur le toit.
Elle se demanda alors ce qu'elle serait devenue si la pièce était tombée sur l'autre face... Un cadavre noircit parmi les décombres d'Edoras, peut être. Ou peut être aurait-elle continué sa vie de vol et de meurtres, ses maigres rapines dans les cités...

La jeune femme tisonna hargneusement le feu de bois.
Si seulement elle n'avait pas quitté la horde... Là au moins elle était en relative sécurité, et avait l'assurance de manger tous les soirs.
Et surtout, elle était libre.
Tout en songeant à tout ce qu'elle pourrait faire si elle avait sous ses ordres ses propres pillards, Hirilad sortit la pièce d'argent de sa bourse.
Pile, il y avait eu la liberté. Face, l'assurance d'une place stable et de rapides profits.
Elle n'avait pas deviné quel serait l'ennui...

La nuit tombait doucement sur le campement et Hirilad sombrait en même temps dans une lassitude grincheuse.
Elle observa les visages à moitié noyés dans l'obscurité sur lesquels les flammes faisaient danser d'étranges ombres. Dans leurs yeux, on lisait toutes les gammes de la lassitude et de l'ennui dans lesquels ils étaient tous plongés jusqu'aux oreilles.
La jeune femme se figea soudain. Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt??
Ces hommes étaient sous ses ordres, et comme ils semblaient ne servir à rien d'autre qu'à la déco, les Vipères avaient bien le droit de faire un peu d'exercice de temps en temps...
Elle se leva, un étrange sourire aux lèvres.


-Dés demain, dit-elle d’une voix forte ; on lève le camp.

-Des ordres de la Tour Sombre ? Demanda l’un de ses hommes.

La jeune femme se tourne vers lui, avec sur le visage cette même expression un peu effrayante.

-La Tour Sombre semble nous avoir abandonnés depuis un moment, ne croyez-vous pas ? Depuis combien de temps n’avons-nous pas combattu ? Je crois que nous pouvons dés à présent nous considérer comme libérés de notre engagement envers le Mordor.

-Et où allons-nous ?

La méfiance perçait dans sa voix et dans les regards de tous ceux assemblés là. Hirilad respira un grand coup. C’était le moment de faire preuve d’autorité, ou elle pouvait faire ses adieux à tous ses rêves de liberté.

-Je me suis laissé dire qu’il y avait une région au nord-est d’ici où l’on peut encore espérer ramasser un confortable butin en pillages…

Il y eut un échange de regards éloquents, puis quelques rires gras et enfin une vague d’acclamation qui s’éleva sous l’infini ténébreux du ciel.

*Gagné ! *

Une aube pâle et avortée se levait sur la plaine lorsqu’ils levèrent le camp, accompagnés par l’orage qui grondait sur les montagnes. Au-delà des pics déchiquetés, il devait pleuvoir.
Surveillant les préparatifs du haut de sa monture, Hirilad parcourait le camp de long en large, pressée de quitter cette atmosphère lugubre et de retrouver un vrai ciel, pas comme cette chape de nuages tuméfiés qui se prenait pour un couvercle d’un bout à l’autre de la journée.
Il leur fallut quelques heures pour être fin prêts.
La jeune femme avait ordonné que chacun n’emporte que le strict minimum et laisse le reste sur place ; il leur faudrait être rapides et discrets pour être vraiment efficaces.
Chacun put se trouver une monture, et ceux qui savaient le mieux se battre à cheval furent placés en tête de colonne afin de former un noyau soudé qui pourrait survivre en cas de danger.

Hirilad prit leur tête, chevauchant la tête courbée sous sa capuche. Les plus loyaux pouvaient considérer à tort ou à raison son acte comme une désertion, elle n’y voyait qu’une tentative pour retrouver sa liberté et se défouler un peu. Tout puissant qu’il fût, le Grand Œil ne pouvait pas non plus passer son temps à se moquer de ses propres troupes.
Parvenus aux portes, ils se joignirent à un régiment d’orcs qui partaient vers le nord et les accompagnèrent sur plusieurs lieues avant de quitter la route et de prendre de la vitesse.
Il y avait parmi ses hommes quelques Orientaux, aussi elle les laissa les guider (toute fois en les gardant à l’œil, Hirilad ne faisant jamais plus confiance en quelqu’un qu’en elle-même).


[Rhûn]
_________________
Ni bien ni mal, je suis mon propre camp.
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