Fincalad Elfe du Gondolin/Maître du Jeu

Age : 32 Inscrit le : 28 Mar 2007 Messages : 82 Race (dans le jeu) : elfe
| Sujet: Vers le Tumladen Lun 2 Avr - 23:27 | |
| L’air était froid dans les falaises de l’Echoriath, les Montagnes Encerclantes, et une silhouette élancée progressait péniblement dans ce désert de rocs, de glaces et de vents. Vers l’ouest, le ruban argenté du Sirion déchirait les territoires du Nevrast, le royaume de Turgon. Un vent glacé soulevait la chevelure argentée de l’Eldar qui s’avançait là, une tourmente qui aurait découragé toute personne n’ayant pas une tâche ou un but précis à accomplir en ces lieux : de noires falaises désolées et abruptes, sur lesquelles le vent glacial qui dévalait des plaines nordiques brisait de ses doigts de glace toute végétation espérant s’accrocher aux lisses parois de verre volcanique, s’étendaient à pertes de vue ; de noires pitons rocheux s’élevaient comme des griffes cherchant à percer le ciel, des glaciers faisaient entendre de sinistres craquements comme si des géants de pierre jouaient à quelques terrifiants jeux.
Fincalad fit une pause, son souffle en s’échappant produisait des nuages de vapeurs, comme issus de l’une des légendaires forges des Naugrims, le peuple des Nains. Ses yeux pâles comme le ciel se tournèrent vers l’ouest et la mer lointaine, qui n’était à cet endroit qu’un lointain scintillement sur l’horizon.
Combien splendide avait été la nef des Teleris qui l’avait conduit en la Terre du Milieu depuis les lointains Rivages Immortels, sa voile de lumière chatoyant dans les embruns ! De blancs oiseaux avaient accompagnés le navire tout au long de sa traversée, remplissant l’air de leur musique. Les yeux de Fincalad scintillèrent, comme si ils avaient emporté avec eux un peu de la lumière de Valinor.
Il était vêtu d’un gris manteau elfique, et tout son vêtement était de cette teinte, des vêtements de voyage que lui avait fourni Cirdan, le Charpentier des Navires, ainsi que l’arc qui pendait dans son dos. Malgré le froid, il était assez peu couvert, car il était de la race des Noldors dont la résistance aux températures extrêmes était légendaire. Il était trop jeune pour avoir connu les souffrances de la traversée de la Mer de Glaces, mais il avait été, dans une autre vie si lointaine déjà, un guerrier qui arpentait ces gorges nuit et jour, et elles n’avaient pour lui plus aucun secret.
Car son but était Ondolindë, « Le Rocher ou chante la Musique des Eaux », ou Gondolin dans sa forme Sindarine. Il n’empruntait pas là le chemin le plus facile, celui qui menait aux portes de la Cité Cachée, mais il avait tenu à accomplir ce détour. Enfin il déboucha sur la crête, et le vent glacial redoubla, manquant de le jeter à la renverse.
Il y’avait là un grand Cairn de pierres, là ou le puissant Thorondor avait déposé la mortelle dépouille de Fingolfin, le plus grand guerrier des Noldors, qui seul avait eu le courage de se tenir face à Morgoth. De grandes formes le survolèrent, les immenses aigles qui déchiquetaient de leurs serres les intrus qui osaient profaner par leur présence ce sol sacré, et le cri des seigneurs des vents déchira l’air glacé :
« Nai tiruvantel ar varyuvantel i Valar tielyanna nu vilya ». « Puissent les Valar vous protéger sur votre chemin sous le ciel », hurla Fincalad, et c’était un cri d’allégresse, celui d'un guerrier heureux d’avoir retrouvé son foyer.
Car en contrebas s’étendait le Tumladen, le Val Caché, et la Blanche Cité de Gondolin. Puis il s’approcha du cairn, sa chevelure d’argent ou dansaient les reflets du soleil rejetée en arrière par le vent violent, et là il s’agenouilla. _________________
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