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 Les errances de Grima

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Grima
Nouvel arrivant sur les Terres du Milieu


Nombre de messages: 5
Age: 16
Race (dans le jeu): Homme du Rohan
Alignement (dans le jeu): Mauvais
Date d'inscription: 27/02/2009

MessageSujet: Les errances de Grima   Ven 30 Oct - 14:25

[Ne pouvant,pour l'instant,utiliser la carte,je m'en réfère aux voyages précédents pour calculer le temps de trajet. Oui,je sais,Koo vient nous sauver ce soir,mais l'inspiration,j'l'ai maintenant Razz .]


Lorsque je fus à distance raisonnable de l'Angrenost,je m'arrêtai quelques instants pour reprendre mon souffle. Il était clair que je pouvais aller dans n'importe quelle direction,qui plus est à pied.
Je décidai donc de longer d'un pas rapide le chemin de terre qui bordait l'Isen,que je venais de rejoindre. Ce faisant,je pourrais gagner un peu de temps sur mes poursuivants,s'il y en avait,mais surtout être pris en charge par un convoi ou homme seul qui m'emmenerait le plus loin possible d'Isengard. Bercé par cet espoir,je dressais l'oreille à chaque pas,tentant de discerner,au-delà du chant tumultueux du fleuve,les bruits de sabots annonciateurs de la délivrance.

Ce n'est qu'au bout de deux bonnes heures de marche que je les entendis. L'Angrenost était déjà suffisament loin,désormais,et même la sinistre Orthanc me semblait moins dangereuse à cette distance ; j'avais cessé de m'inquiéter réellement,néanmoins la bruit de la cavalcade me fit sursauter plus que je ne l'aurais voulu. Prudemment,je me cachais derrière un chêne au tronc épais,attendant de voir si l'arrivant était un être humain ou une de ses créatures puantes qui avaient failli me tuer quelques heures auparavant. Mais je fus vite rassuré : je discernai bientôt la silhouette caractéristique d'un cavalier du Rohan. Je me jetai alors en travers de la route,appelant par de grands signes le soldat à s'arrêter. Lorsqu'il fut à ma hauteur,il fit s'arrêter violemment sa monture,la faisant se cabrer en hénissant. En un instant,il avait dégainé son épée et scrutait les alentours comme une bête traquée - j'eus d'abord très peur,mais réalisai bien vite qu'il prenait mon appel à l'aide pour un stratagème de brigands. Au bout d'une longue minute de silence et de mouvements de tête spasmodiques,il rentra sa lame dans son fourreau et s'adressa à moi :

- Pardonne-moi,voyageur. Les environs de l'Isengard ne sont plus très sûrs depuis quelques temps,et il est toujours bon de prendre quelques précautions.
- Prudence est mère de sûreté,monseigneur,
lui répondis-je avec la plus crédible des flagorneries. Auriez-vous l'amabilité de me prendre sur votre destrier ? J'erre depuis trop longtemps près de ce maudit Angrenost,et je saurais me satisfaire de n'importe quelle destination,soyez-en assuré.
- Pas de problème,voyageur,dit le cavalier en mettant pied à terre. Quel est donc ton nom,et que fais-tu donc en Iseng...


Sa bouche se ferma comme une herse relâchée. Lorsqu'il la rouvrit,une veine épaisse palpitait sur sa tempe :

- Mais tu es... Grima Langue-de-Serpent !

Comment avait-il fait pour me reconnaître malgré mes vêtements élimés,ma mine squelettique et mes tentatives prudentes de mimétisme,c'est chose que je ne saurais expliquer. Je ne saurais pas expliquer non plus la puissance phénoménale de la peur sur le corps : une seconde à peine après qu'il eut prononcé mon nom,je me retrouvai contre lui,le manche de ma dague dans ma main et la lame dans sa poitrine. Il n'avait même pas eu le temps de défourrailler,et sa main droite tremblottait près du pommeau de son épée comme une araignée qui se meurt. Paralysé par la violence de mon geste,je reculai brusquement,manquant de tomber à terre,mes yeux écarquillés fixant avec épouvant mon arme planté dans le torse du cavalier. Et visiblement,le coup n'avait pas été simplement douloureux : le sang coulait à gros bouillons de la plaie,au vu de la rapidité avec laquelle la tâche écarlate formée sur la chemise du Rohirrim grossissait. J'avais sans doute touché une artère,si ce n'était le coeur. Peu importait,après tout : l'homme ne s'en sortirait pas. Il s'effondra sur le sentier,colorant de rouge la terre sale et les graviers. La face tournée vers le ciel,il ouvrait et refermait sa bouche comme un poisson arraché de sa mare,ses yeux d'un bleu profond jaillissant presque de leurs orbites ; ses membres épais battaient l'air comme des gourdins maniés par un aveugle. Par moments,un son jaillissait de ses mâchoires distordues,le nom d'une femme,d'un enfant,d'un fief,que sais-je ? Cela me fit l'effet d'une malédiction,et jusqu'au dernier spasme du Rohirrim,jusqu'à son dernier mouvement,je crus avoir devant moi une vision de l'Enfer auquel j'étais sûrement promis.


Je restai paralysé de terreur pendant toute l'agonie de l'homme que je venais d'assassiner. Fidèle à moi-même,je n'avais même pas osé abréger ses souffrances ; j'avais l'impression d'être le pire des monstres. Mais je réussis finalement à abuser ma faible conscience en me répétant,comme un alibi inattaquable,que l'homme allait de toute façon me tuer,c'était certain,il m'aurait peut-être même torturé,et puis tuer un homme,cela fait-il des soldats des monstres,hein ? Je repartis finalement la tête presque haute,persuadé de n'être pas si fautif que ça et allant même,puisque j'avais calmé mon angoisse,jusqu'à fouiller le cadavre de ma victime à la recherche de quelque bourse ou objet de valeur qui me permettrait de survivre en terre inconnue - de toute façon,le mort n'en aurait plus besoin !
C'est sous ce prétexte que je dépouillai le corps de presque tous ses vêtements,comptant bien m'en servir ou les revendre,à l'image de la cotte de maille,au plus offrant. Mon angoisse ne revint que lorsque je repris ma dague au cadavre: la lame s'extirpant de mauvaise grâce des épais muscles pectoraux du mort et traînant derrière elle un filet de sang gras,toute l'horreur de mon acte rejaillirent du coin de mon esprit où j'avais voulu les enfermer. Je poussai alors un cri terrible,ou plutôt un gémissement de bête égorgée qui fit s'envoler les oiseaux sur mon passage et comme pour effacer la trace de mon crime,je soulevai avec une force qui me surprit moi-même l'homme assassiné et le jetai dans l'Isen.
Losque le corps eut été emporté par les flots,je m'élançai alors vers le cheval gris qui était resté immobile pendant tout ce temps,inconscient du drame qui se déroulait - ou presque,car paniqué,je crus lire dans ses larges yeux noirs un reproche d'une sévérité terrible tandis que je me hissai sur son dos.

Puis,frappant violemment les flancs de ma nouvelle monture,je disparus dans la poussière rougie,m'envolant comme une bête traquée vers le premier lieu qui m'était venu à l'esprit et serait susceptible de m'accueillir : la blanche Minas Tirith.





[Isengard ===> Minas Tirith]

Environ 6 cases (puisque jusqu'à Dagorlad,8 ) à cheval,donc 12 heures.

_________________
"Regardez-moi ce petit corps maigre, ce lendemain d'orgie ambulant. Regardez-moi ces yeux plombés, ces mains fluettes et maladives, à peine assez ferme pour soutenir un éventail, ce visage morne, qui sourit quelquefois, mais qui n'a pas la force de rire. C'est là un homme à craindre ?"
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Grima
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MessageSujet: Re: Les errances de Grima   Sam 7 Nov - 16:07

[Arrivée à Minas Tirith]

Après plusieurs jours d'une harassante chevauchée presque ininterrompue,j'arrivai enfin en vue de Minas Tirith. La brume épaisse gonflée de pluie et de vent qui recouvrait le pays avait beau tenter de cacher la Cité Blanche à mon regard,elle ne put empêcher les immenses parois d'ivoire de scintiller dans les ténèbres grises,dominant les champs du Pelennor de toute leur froide hauteur. Mes yeux s'attardèrent longtemps sur la forteresse colossale,semblable au sein glacé d'une déesse assoupie et d'où semblait provenir de surnaturelles mélopées - mais mon esprit devait me jouer des tours,car en tendant l'oreille,je ne perçus plus que le murmure du vent et les lontaines malédictions du Mordor,dont les nuages empoisonnés se mêlaient à l'orageuse pureté des cieux du Gondor. Je serais resté encore de longues minutes à admirer la Tour de Garde,rare chef-d'oeuvre taillé par la main de l'homme,si la pluie jusqu'alors fine et douce n'avait commencé à tomber avec plus de violence. Eperonnant alors mon cheval,aussi épuisé que moi,je fondis vers les portes béantes de la ville à la suite d'un convoi affolé par l'imminence de l'orage et pénetrai avec eux dans la Cité Blanche.

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"Regardez-moi ce petit corps maigre, ce lendemain d'orgie ambulant. Regardez-moi ces yeux plombés, ces mains fluettes et maladives, à peine assez ferme pour soutenir un éventail, ce visage morne, qui sourit quelquefois, mais qui n'a pas la force de rire. C'est là un homme à craindre ?"
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