Nom et prénom : Grima « Wyrm-Tunga »,« Langue-de-Serpent »
Race : Homme (Rohirrim)
Age : 35 ans (?)
Emploi : Espion au service de Saroumane;esclave de celui-ci
Description physique : D’une taille commune,mais constamment voûté,Grima ressemble au premier abord à un vieillard enveloppé d‘un épais manteau noir aux épaules de fourure. L’on ne trouve trace de sa jeunesse qu’en y regardant à deux fois,et en croisant le regard de ses yeux étonnamment clairs d’où jaillit une étrange vitalité. Ses longs cheveux d’un noir de jais contrastent fortement avec sa peau d’une pâleur maladive,et ses long doigts grêles trahissent sa maigreur. Ses lèvres fines dissimulent des dents anormalement pointues.
Signes particuliers : Aucun
Historique : Dernier fils de Galmod,Grima est né au Rohan,dans un petit village non loin d’Edoras,qui sera plus tard réduit en cendres par les Uruks-Hai de Saroumane. Son aspect chétif,sa constitution malingre,ses cheveux noirs et son teint pâle,étranges pour un Rohirrim,lui attirèrent bientôt les quolibets et le mépris de ceux qui auraient dû être ses compagnons de jeux. Ses difficultés à monter un cheval et à manier une épée,les deux activités (outre la ripaille) préféres des Rohirrims,achevèrent de faire de lui un paria. Il avait pourtant une intelligence aigüe et une sensibilité qui auraient pu faire de lui un grand meneur d’hommes ; seulement les enfants se moquent de ses considérations,et on ne peut à cet âge s’imposer par une autre force que celle des bras. Grima fut donc mis à l’écart,rejeté,et jamais on ne parlait de lui en de bons termes. Il était une sorte de pestiféré qui ne demandait qu’à recevoir quelques pierres de temps à autre.
Les choses changèrent à l’adolescence. La solitude,à laquelle Grima s’était étonnament bien adaptée,à des moments où elle aurait pu pourtant lui être très préjudiciable,lui permit de répondre aux questions,d’affronter les tourments de cette période troublée et le fit vieillir prématurément. Il n’avait qu’une quinzaine d’années,et pourtant,lorsqu’on le croisait,on était surpris de voir à quel point il semblait déjà las de la vie et de son agitation. Courbé comme un géronte,muet comme une tombe,il semblait bien plus âgé que les hommes mûrs du village. Les agressions cessèrent alors peu à peu,Grima passant du statut de bouc-émissaire à celui d’être à fuir. Son apparence spectrale renforçait ce sentiment de terreur qu’éprouvaient les jeunes lorsqu’ils croisaient son regard glacé bleu pâle,et ses brefs apparitions suffisaient à semer le trouble et la gêne dans les esprits,renforcés par les histoires qui couraient sur ses sorties nocturnes inopinées,ses murmures étranges,ses coups d’œil de bête traquée,ses manières de voleur.
Il vint un jour où il fut en âge de choisir un métier. Ses frères choisirent tous,et cela n’était pas étonnant,d’entrer dans l’armée. Par les temps qui couraient,ils étaient relativement simple de trouver une place dans ses rangs,et ils quittèrent bientôt le village,harnachés comme des bœufs,rêvant de batailles épiques,de contrées lointaines,de gloire et de richesses. Grima fut un des seuls nouveaux hommes à demeurer au village,et l’on se demandait s’il avait réellement idée de quelque activité lui convenant. Il n’avait pas la constitution et les manières d’un paysan,encore moins d’un guerrier. Le peu d’interêt qu’il portait au chevaux ne ferait pas non plus de lui un dresseur. Alors quoi ? L’érudition semblait lui être une voix toute tracée,mais elle était risquée : le seul endroit où il était possible de se faire accepter en tant que lettré était la Cour d’Edoras. Autant dire qu’à moins d’un miracle,Grima,malgré les nombreux parchemins qu’il griffonnait et remplissait de signes étranges et de phrases incompréhensibles,n’avait aucun avenir. Il avait bien une autre idée,mais il savait que si le mot honni par son père jaillissait de sa gorge,il irait nourrir les asticots. Peu pressé de finir sa vie,poussé par son insatiable curiosité,il attendait encore et toujours ce miracle.
Et le miracle vint. Grima avait toujours rêvé secrètement de voir Edoras,et les récits qui faisaient état du Château d’Or suffisaient à nourrir pendant des mois ses songes étranges. Au hasard d’une promenade équestre - la compagnie des hommes se faisant trop oppressante - il décida d’aller enfin contempler la ville qui le fascinait tant,et partit vers la capitale du Rohan. Il y reçut un accueil chaleureux,mais essentiellement féminin : la guerre était arrivée,et le pays était en proie à une vive agitation. Excepté les conseillers du roi,ses courtisans et quelques généraux,tous les hommes en âge de combattre avait quitté la ville. Il eut alors la chance exceptionnelle,de par son statut de nouvel arrivant et son apparence étrange qui suait l’érudition,de visiter le Château de Théoden,fils de Thengel,et de rencontrer le monarque. Celui-ci,inquiet du bien-être de ses sujets même en temps de guerre,lui avait posé de nombreuses questions sur son village natal et sa vision du royaume,et de la façon dont il était tenu,tout en lui montrant ça et là les merveilles d’orfèvrerie réalisées par ses aïeuls. Pour Théoden,Grima arrivait à point nommé : cet homme avide de savoir et cherchant fiévreusement un moyen de subsistance l’intéressait au plus haut point,et lui permettait de laver sa vieille cervelle des fumées noires de la guerre qu’entretenaient,en gros soufflets belliqueux qu’ils étaient,ses généraux à longueur de journée. Le jeune fils de paysan utopiste et sa fraîcheur bienvenue prirent bientôt une place considérable dans les pensées du roi…au point que nombre de courtisans ambitieux se sentirent lésés. Ceux-ci décidèrent rapidement de regagner leur place chèrement acquise en renvoyant le chétif campagnard d’où il venait. Mais c’était sans compter ses capacités de nuisance…
En effet,sa différence,même si elle en était la principale cause,n’avait pas à elle seule condamné Grima à la solitude. Prenez un esprit faible,un enfant bêta,et jetez-le en patûre à ses congénères : sa seule stupidité saura faire de lui une victime. Or Grima n’avait jamais été un imbécile,bien au contraire. Et s’il avait respiré la bonté d’âme,alors il est sûr qu’il en serait allé autrement et qu’il aurait gagné une place bien plus enviable. Malheureusement,ce n’était pas le cas : il était d’un naturel fourbe et veule,et il sut faire preuve même dans son enfance de suffisamment de malignité pour être relégué au rang des nuisibles. De là venait la peur des autres à son égard : il craignait à la fois sa différence et ses morsures,réputées pour être des plus venimeuses. Là encore,c’est à l’adolescence que ce penchant se révéla totalement et fit peu à peu partie intégrante de sa personnalité. Chose à laquelle les conseillers du roi,le prenant pour un doux rêveur plein de naïveté,ne s’était absolument pas attendue. Leurs attaques sournoises ne blessèrent qu’à peine Grima ; mais il sut les leur rendre au centuple. Ces hommes étaient devenus le couteau qui remuait la plaie de sa perfidie,trop longtemps endormie dans les douceurs d’Edoras,et son réveil fut une catastrophe pour ses adversaires. Un par un,il les discrédita,répandant des flots de paroles empoisonnées dans la maison du roi,et il fut rapidement affublé du sobriquet qui devait lui rester jusqu’à la fin de ses jours : Grima Langue-de-Serpent. Peu lui importait qu’on le surnomme de cette manière peu flatteuse. Qu’on le haïsse,il n’en avait cure : cela ne changerait rien au fait que son importance était grandissante,et qu’il éclipsait un par un ceux qui avaient osé s’attaquer à lui. Vint un jour où,à force d’intrigues et de mensonges,de traîtrises et de bassesses,il devint,malgré sa perfidie connue de tous,le premier conseiller du roi. Après lui,il était,officieusement,l’homme le plus puissant du Rohan. Cela ne devait que précipiter sa chute.
En effet,un jour,l’on ne sait ni vraiment quand ni comment,Grima trahit les siens et passa à l’ennemi. Il avait succombé aux appels du traître Saroumane,et,non content de vendre des informations au Magicien,empoisonnait également le souverain,affaiblissant considérablement le Rohan et permettant à son nouveau maître de contrôler son esprit.
Cette période sombre toucha brutalement à sa fin lorsque Gandalf le Blanc arriva à Edoras. Il délivra Théoden de l’enchantement,renvoya Saroumane dans les tréfonds d’Orthanc et mit un terme aux agissements de Grima,dont la traîtrise fut révélée au grand jour. Seule la clémence d’un dénommé Aragorn permit au conseiller d’échapper à la mort,qu’Herugrim,l’épée du roi,lui promettait pourtant avec hargne. Vaincu,il s’enfuit d’Edoras,et,ne sachant plus où aller - son village natal ayant brûlé pendant les exactions dont il avait permit lui-même l’existence -,il alla se réfugier auprès de l’Istari,qui,ne sachant que faire de ce poids inutile et geignard,le traita durement dans sa haute tour d’Orthanc. Grima,serviteur torturé de Curunìr,y réside encore aujourd’hui.
Équipement au début du jeu : Une dague,un ample manteau noir à la collerette de fourrure,une fiole de poison
Ce qui risque de changer au cours du jeu : Son obéissance envers le barbu….peut-être
Psychologie : Perfide mais torturé,aigri mais passionné,servile mais épris de liberté,Grima est un être complexe,dont il est difficilement de dire s‘il est tout à fit mauvais et corrompu - bien que la vie qu‘il mène en Isengard abonderait en ce sens.
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« Plus tard il fut l'ami de tous les Enfants d'Ilúvatar et prit en pitié leurs souffrances,
et ceux qui l'écoutaient abandonnaient leur désespoir et leurs noires pensées. » (Le Silmarillion, Valaquenta)