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 Très loin à l'est,

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AuteurMessage
Epixarkoïs
Indien justicier / Maître du Jeu


Nombre de messages: 633
Age: 22
Race (dans le jeu): Indien de l'extrême sud du Harad
Alignement (dans le jeu): Neutre solitaire
Date d'inscription: 14/06/2005

MessageSujet: Très loin à l'est,   Lun 6 Avr - 21:44

Epixarkoïs marchait entre or et obscurité, sur la crête des dunes en océan qui s'étalaient jusqu'aux limites de l'horizon. Au loin l'agitement de l'air et le flou du ciel indiquaient le mouvement du vent en tempête, courant furieux sur les sables tandis que le feu sépare l'atmosphère en murs de verre sphériques. Et parfois, ces derniers traduisent le phantasme du voyageur dans des mirages improbables, présage de la folie et de la mort. Car dans ce désert la solitude mènes à l'égarement du corps et de l'âme. Et cependant Epixarkoïx contemplait l'écoulement des rivières de grains dorés mu par le vent. Il fit quelques pas et son pied heurta quelques une pierre anguleuse. Et ce n'était pas une pierre mais une rose des sables émergeant doucement dans le sillon de son pas. Le barde de guerre se pencha et d'une léger souffle, il en dégagea les principales lamelles. Et toutes elles formaient une longue flèche pointant le somment d'une dune majeur à quelques milles de là. Ainsi il touchait au but et bientôt ses pas pourrait fouler la pierre du sanctuaire-prison.

Derrière lui ses treize compagnons longeaient les pied d'une colline bombé, cheminant sous l'ombre apaisante qui paraît avant le crépuscule. Il s'arrêta pour les attendre. Et tandis que leur silhouette se faisait plus proche, il songea à ces dures mois passé dans le désert aride, mais aussi dans les brousses plus au sud et au désert semi-aride qui précède l'océan jaune et accueille encore les moussons des jungles plus au sud. Les mots entrèrent en sarabande, mêlant les sensation et son âme éprouvée par l'isolement.


*Et les grandes forteresses blondes dominent la terre au teint poudré. Ce pays est talqué de fards ocres et beiges, les myriades renversent son horizon et parcourent leurs vastes Olympes morcelés. Des franges de terre et les désert de verdure monotones et maladifs. La terre pollué par la terre et le trop plein d'eau brassé dans l'atmosphère, glissant sur les plaines allongées, la sécheresse humide caresse l'insatisfaction de la fraîcheur blême. Une poignée de rochers, par-ci par-la.
Et toujours le miroir des bassins sous les seuils de nacre. Une poignée de singes penchés sur les bas-reliefs en bandes grimpant vers le ciel d'où s'agitent quelques mélancolies anthropomorphiques. Le regard égaré par la splendeur. La cervelle bouillie, carbonisée par les noces de mon âme et de ce peuple aux étranges galimatias hétéroclites. On se perd dans leur visage de cuivre. Aime le contour des chevelures cuivrées et crasseuses, longues et desséchées, prétexte d'aquarelles, marque des rapsodes vert d'eau et déplumés assis le long des marches, coulant leur yeux dans le vide avant de nouer leurs pupilles aux vôtres jusqu'à l'étranglement dans un plissement moqueur, triste et mystérieux, plus profond qu'un dieu car visible et indéchiffrable, la souffrance jetée dans des portraits figés, acteurs de foires, baladins arlequins qui portent l'or au nez et aux oreilles et psalmodient les mêmes rythmiques coutumières, outrancières, amères,car rejetons sans avenirs, ils demeurent au même point de la route, et leur route n'est qu'un point, cependant qu'ils s'y fixent et qu'en automates usés, en haillons travaillés, leur sourire rappel la lune blanche et sa mélancolie, tandis que les cendres et la crasse adoucissent leurs traits enfantins déjà arrondis et pommelés, et puis leur sceptre diverses et animés, bâtons aux extrémités croisées de chemins, en forme de choix, le manichéisme, et leurs cannes où se balancent des jarres de bronzes qui font parfois frissonner les parois en gondole pour livrer une variation à la dernière personne, danse des pièces, et aussi leurs bras couverts de bracelets et de chainettes, pacotilles aux reflets vulgaires, une lueur de camelote qui givre l'attrait malgré la possibilité de nouveaux trésors, pour l'argent et l'or, pour le superflu le plus chic et inconséquent.

Crier quelque chose de bleu pour répondre à la tendresse des murs peinturlurés. Dentelles de marbre, enduits nacrés ou pierres ocres reposent au sommet de forteresses insanes, le déchirement du roc et l’étalage de bracelets d’orfèvres, architectures épanouis, croisée des peuples nomades dans ces terres évaporant fers, bois, feuilles, sable et poussière.*


Ses compagnons étaient à présent très proche. Il fit quelques pas serrant fermement le manche de son javelot. Dans son dos, sa cithare pendait à une sangle de cuire et les cordes résonneraient bientôt d'une mélodie étrange dans le rituel d'ouverture des portes. Et là sa foi et son talent le mènerait peut être à trouver l'hypostase mélodique, la musique absolue.

Il raidit ses muscles. Dans quelques instants il y aurait le crissement du fer, puis le silence couvrirait à nouveau l'espace, laissant les fripes d'Epixarkoïs résonner dans un froissement discret comme le battement d'une aile. Mais pour le moment il lui fallait récolter treize tête...

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Très loin à l'est,

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