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 Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.

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Le danseur de motsNombre de messages : 409
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MessageSujet: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 27 Déc 2006 - 21:40
PROLOGUE

Ici commence l'histoire d'Egard Cairn, barde de son état, enfant jamais achevé par la vie, adulte brisé.
Lecteur de cette triste narration, ne t'attend pas à des envolées, des descriptions de batailles épiques ou des amours sans fin. Egard n'a plus rien à donner du bout de sa plume. Il se raconte, se dénude et se complait à gémir sur un sort qu'il voit funeste. Ardue sera la route de qui veut comprendre l'enfant du tueur de Worgs. Et la première évidence sur ton chemin est qu'il ne se comprend pas lui-même...

Comment est-il arrivé dans cette forêt ordinairement exempte d'êtres vivants, si ce n'est quelques uns dont les veines sont emplies de sève ? La chance...l'audace mais surtout l'assurance que personne n'oserait venir défier les Ents.
Ici, il vit du fruit de l'entretien de la forêt, n'y prenant rien qui détruise l'équilibre. Tel est le contrat avec les hommes arbres ! Bois mort, champignons, mousses et parfois animaux utiles à ôter du cycle de la vie. L'harmonie, autant qu'elle est accessible au genre humain. Certains le croiraient elfe s'ils ne percevaient pas en lui cette incapacité à la paix intérieure...D'où le déséquilibre vient-il ? C'est cela que tu veux savoir l'ami ? Mais l'on ne dévoile pas le mystère dès la première page. Je te l'ai dit, regarde au fond de lui, tu ne trouveras que le néant d'un homme qui ne veut plus rien donner. Parce qu'il ne le peut plus.

Etrange paradoxe. La seule chose qui reste à notre pauvre héraut des mots, c'est de séduire le vent en composant une ode capable de traverser les vallées, de donner le message et revenir un jour chargé de pensées...des mots à marier avec elle...
Plus j'essaye de te décrire son essence, plus elle m'échappe, comme un poisson dont on sent les écailles mais qui nous glisse des doigts au moment de le serrer vraiment...
Né dans une époque de haine, de violence, Egard préfère se couper de son seul bonheur pour ne plus affronter le sang. Pourtant, c'est bien du sang que provient son enchantement. Par le sang il a fui, par le sang il survit. Au travers de cette vision qui le hante à crier. Mais les plus grandes douleurs sont sourdes, tel un nourrisson cuit par elle, il se tait. Ne faisant tout au plus que crisser la plume sur le parchemin.

Ainsi est Egard Cairn, connu autrefois sous le nom de "Danseur des mots", tant il savait chanter et danser à la fois. Nul ne savait d'où lui venait ce souffle infini. La magie du rythme, le contrôle du souffle... Il ne l'exerce plus que pour entretenir son terrier, cahute concédée par les ents dans un recoin de racines. Il se pourrait, à y regarder de près, que la magie soit dans ce lieu, comme si nos amis aux phrases lentes tel le fleuve en basse vallée avaient conscience de cet homme et respect pour son talent. Mais Fangorn est inondée de magie, qui sait si ce n'est pas juste ici comme ailleurs...Qu'importe...

C'est l'histoire de cet homme qui sera ici déposée, de son passé, de son présent. Puisque d'avenir, il ne peut être question...
Se souvient-elle du sang qu'il a laissé sur ses mains ?

Tu dois savoir une dernière chose cher spectateur de ce drame futile...qui que tu sois, il te fuira. Car notre homme est expert en camouflage. Ne perds pas ton temps en risques incalculés. Seule l'âme qu'il attend saura le pétrifier à jamais. Mais lui ne croît pas en sa venue...


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyJeu 28 Déc 2006 - 16:42
Première strophe : La possession

Regarde cet homme qui cherche les rimes comme d’autres entassent les gloires éphémères. Ce n’est pas si facile de créer. Et pourquoi se figer ainsi dans le mutisme ? Notre homme ne parle plus, même avec l’oiseau qui avait pris ses quartiers d’été au-dessus de sa « maison »…Attendez, que vois-je par terre, un parchemin chiffonné, ou des phrases sont maladroitement emboîtées….Lisons les, tentons de cerner ces pensées rejetées.

« …Conjonction de planètes,
Croisée des chemins,
Que la nuit ne jamais s’arrête… »


C’est terrible. Depuis ce matin, il cherche. Sans parvenir à se souvenir. Pourtant il les avait avec lui, depuis toujours. Et puis là, ce matin, il ne les trouve plus. Il a perdu ses yeux. Envolés de sa mémoire.
Trahi par la fatigue de l’esprit. Il n’était pas bon de s’endormir si tard. Voilà la faute, pas l’erreur, non, la faute. Jamais ses yeux n’auraient dû quitter sa mémoire, elle est son histoire. Il ne peut même plus les dessiner, la forme des paupières, l’implantation des cils. Les détails dans la pupille, les brillances. Et jusqu’à la couleur. Pareillement oubliée. Tout, je vous dis. Tout.
C’est comme si elle était partie de lui, il se sent vidée d’elle. Qu’il est difficile de se retenir d’écrire ce que l’on ressent…

« Elle trempe ses pieds dans l'encrier,
se balade sur ma feuille,
laissant ses empreintes sur le papier,
elle me fixe de l’œil :
Qu’est-ce que tu attends pour écrire des mots qui relient mes pas ? »


L’affaire est plus grave qu’on ne peut le penser ami lecteur. Notre homme a perdu la raison. Ses pensées se jouent de lui, instrument d’un cœur qui commande. Rendez lui ses souvenirs, dieux cérébraux, car tel que je le vois, il n’en a pas pour longtemps. La folie est le stade ultime de la conscience ébranlée. Voilà la raison de son exil, de cet isolement. Notre barde est fou d’amour, possédé. Je dois dire que je n’avais jamais rencontré auparavant une telle addiction. Pourtant, dans ma vie de narrateur, j’en ai croisé des éperdus. Mais celui-là est un cas. C’est peut-être l’essence artistique qui lui donne une si profonde sensibilité.
Dans la nuit, il a cru rêver, la rencontrer sur le chemin de ses rêves. Comme il n’arrivait pas à dormir, il décida de se promener et, dès qu’il eut mis le nez dehors, il la vit. Haut dans le ciel. Bien des noms la désignent. Mais son coeur la nomme « Ma fée ». Qui répand de la poussière d’étoiles dans son sillage. Parfois, il sent qu’elle se pose sur son épaule, alors il a chaud. Et pourtant elle ne se pose que le temps d’un effleurement, Egard croit la toucher, elle n’est déjà plus là. C’est un poulain qui gambade dans un pré sans barrières. Et le nargue en se laissant approcher, approcher. Le souffle caresse son visage mais déjà poulain reprend ses distances.
Tu le crois ça, lecteur ? Est-ce possible d’être à ce point sous l’emprise des rêves ? Car enfin, nous le sentons comme il le sent, ce souffle de l’enfant. Mais lui a vu les yeux de l’animal. Voilà ce qui fait la différence je crois. Nous n’avons qu’un reste de ces sensations à lui. La fondrée, ce qu’il veut bien nous laisser en pitance. Et ce d’autant qu’il ne sait plus nous chanter ses humeurs. Autrefois, le danseur de mots crachait son amour sur scène, il était la vie. Concentrait dans ses rimes ce que nous ressentons sans parvenir à le dire. Ce temps est révolu. On lui a enlevé les ballerines, la source est tarie.
Seule la fée a droit à ses égards. Et cette comète emporte tout avec elle. C’est elle qui l’a privé de ses souvenirs. J’en ai la certitude. Source de son bonheur comme de son malheur. Il aime une fée qui n’a pas d’yeux. Voilà, j’ai trouvé. Oui, c’est cela, la fée sans yeux. Est-ce à dire qu’elle est maléfique ? Bien au contraire. Mais on va plus vite au cœur de l’âme quand la barrière des yeux n’est plus. Elle le possède d’autant plus qu’il ne peut plus la stopper des yeux. Finalement, qu’il ait oublié son regard ne prouve qu’une chose. Il l’aime toujours plus.


« Douze pieds ne font pas un vers,
Le rideau s’est évanoui,
La fée a quitté la terre,
…et le parchemin luit… »


Ah, le voila, le vers inachevé, celui qui lui résiste et lui fait tout jeter. Quelle idée ne lui plaît pas ? C’est un mystère que de créer. Encore faut-il que la chose séduise ensuite. Car l’auteur perd très vite les droits sur son bébé. Pour le moment, seules les fourmis apprécient son travail. Le ramassant pour leur maison, elles nettoient son marigot mieux que ne le feraient les elfes. Mais elles ne savent pas lire. Rendez vous compte. Des centaines de vers fondus dans les bases de leur fourmilière. Ses mots à jamais conservés dans les murs d’un palais minuscule. Par chance, votre serviteur vous en offre une partie. Et vous fait accéder à son univers créatif. Univers maladif de celui qui ne croit plus et offre à la nature ses repentirs d’artiste.
Entre temps, son supplice du jour ne s’est pas évaporé. Retrouver le souvenir de ces yeux qu’il a vu dans son délire. La lame avait fait de lui un candidat à l’outre tombe. Mais des yeux sont venus. Et ce jour encore, il s’en souvient. Il plonge toujours plus loin en son mystère. En vain. C’en est fini. Le néant pour seule réponse.

Tel est le prix à payer, le prix des rêves. La nuit fut belle, douce à notre danseur. Mais ce matin les mots lui manquent. « Ma fée me punit de trop l’embrasser ».

« Je suis le vent qui supporte tes ailes,
la magie distillant ta sueur
pour évaporer la lueur.
Et tous admirent ton étincelle,
oubliant l’âme du créateur… »


Pourquoi les jette-il ceux-là, ils ne sont pas si mal…

(librement inspiré d'un moment doux à mon coeur)


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyVen 29 Déc 2006 - 15:11
Deuxième strophe : La première réplique.

Je me souviens très bien de ce jour où le givre avait donné son manteau à tout le village. Blanc était le tronc de l’arbre, et les toits des maisons, jusqu’à la poignée de porte du refuge des « crocus pourpres ». En ce temps-là, tu avais neuf ans Egard, te souviens-tu ? Et depuis deux hivers déjà, tu avais l’œil rivé sur eux, les bigarrés, ceux dont les armes font un bruit étrange et mélodieux. Tu les espionnais de façon lointaine, sans trop savoir ce qu’ils faisaient car s’ils résidaient au village en cette période de l’année, ils n’y donnaient jamais aucune représentation. Les saltimbanques aussi avaient droit au repos. Tout juste avais-tu remarqué que souvent, les femmes accouchaient à ce moment là, sans comprendre que ces mois permettaient de rapprocher les êtres, que la vie appelait la vie au cœur de l’hiver. Qu’ensuite, le temps de l’été, loin de chez toi, les blés poussaient et qu’au retour, l’enfant sortait comme s’il sentait qu’il revenait chez lui, là où la graine avait pris…
Oui, cela t’intriguait, mais n’était-ce pas aussi parce que le spectacle de ces ventres gonflés comme des mandolines, tu en étais privé chez toi ? Ne fallait-il pas voir là simple réalité de leur vie trépidante à la différence de celle de ton père à ce moment de l’année ? N’enviais-tu pas leur joie permanente ? Du moins celle que tu percevais…Echanger un hiver d’affûtage et d’entretien contre des sons d’instruments, des cris et des rires. C’était un marché perdu pour le tueur de Worgs. Et si lui te laissait faire, c’est sans doute qu’il préférait te savoir là, à les étudier, qu’ailleurs, en quête de bêtises ou autres chapardages de gosses. Oui, ton père t’a laissé libre Egard, t’en rends-tu compte ? Libre de choisir une autre vie. En avait-il seulement conscience ? Chacun de nous a son énigme qu’il nous faut percer pour le comprendre. La sienne était là. Pourquoi t’a-t-il permis de changer le destin de sa famille. Tueur de père en fils depuis sept générations…
Ainsi le fils du protecteur des routes épiait-il les artistes. Et s’était une fois de plus faufilé dans les dizaines de costumes pour mieux se cacher d’eux. Mais ce qu’il ne pouvait pas savoir, ce que tu ne pouvais pas prévoir mon héros, c’est la nécessité de déterrer le manteau du Roi pour un travail gestuel en situation. Lorsque tu compris qu’elle était là, ses mains se dirigeant inexorablement vers toi, tu ne pus rien faire. Pas même crier. Et quand enfin, à peine surprise elle te sentit, tu étais devenu rouge comme la braise.
- Mais qui est-ce que je vois là ?
Tu ne répondis rien, alors qu’elle t’extirpait de la remise à costumes. S’étant mise accroupie, ses yeux verts te verrouillaient au sol et elle le sentait bien. Maintenant relevée, elle prenait la direction de la grande salle.
- Que voilà un petit garçon fort curieux. Mais d’ici tu ne vois rien, suis moi, je vais te montrer…
- ..Non…
Vos regards se gelèrent. Interminablement. Puis elle revint vers toi. Enfin.
- …Tu es timide mais tu brûles d’envie de venir. Dis moi ton nom.
- Egard…Egard Cairn Madame.
Eclatant de rire au son du dernier mot, elle stoppa net et prit ta main.
- Bienvenue chez nous Egard. Suis moi.
Tu ne comprendrais jamais ce qui avait causé en elle cet arrêt. Et qu’importe. La seule chose qui comptait, c’est qu’elle allait t’emmener dans l’antre des mystères.
Une vingtaine d’adultes, de tous âges. D’origines diverses, majoritairement du Rohan cependant. Et des enfants, calmes, attentifs. Et sur la scène, quatre personnages, dont un à qui il manquait le costume. Toi, dans ce que tu appellerais plus tard les coulisses, qui observais la scène, assoiffé de comprendre.
Ambre, revenue d’avoir donné le costume, s’assit derrière toi et te prit sur les genoux, comme elle aurait porté un enfant, les mains sur ton ventre, sur son ventre.
- Regarde, enfant Cairn, écoute et sens le souffle. Tu dois capter les ondes. La terre vibre quand les crocus percent la neige.
Ce qu’Ambre voulait dire, c’est que les acteurs cherchaient à créer l’émotion. Il n’était pas question de mots alignés à la simple vertu de la logique du texte. Non, c’était bien plus que cela. Trouver le souffle épique des histoires de Rois déchus, porter en soi le drame de la femme adultère qui veut la rédemption, illuminer les yeux de la demoiselle éprise de ce berger indigne aux yeux du père…Quelque soit le fil, les crocus cherchaient à en tirer musique pour qu’ensuite le public, seul juge au final, éprouve des émotions. C’est ce mystère du travail de répétition qui était d’un coup offert à Egard. Ebahi, il buvait les paroles comme un nourrisson avale le sein. Enivré, il ne se rendit pas compte qu’il avait avancé sur la scène et que, bientôt, il devint impossible aux autres de ne pas le voir…Alors il fut sonné par une voix grave et forte !
- Qui es-tu pour oser fouler la scène sans mot dire ?!!!!!!!
Teomar, plus connu sous le nom de « Cheveux d’ange », eu égard au fait qu’il avait les cheveux blancs au naturel, Teomar qui dirigeait la troupe de main de maître depuis plus de 15 ans, Teomar interrompu dans son drame royal par l’entrée d’Egard, venait de foudroyer l’enfant. Et là, devant la troupe entière des crocus, se joua ta destinée mon cher « danseur de mots ». Tu serais resté muet, rien ne te serait arrivé. Juste un fou rire collectif comme souvent en pareil cas. Tous ces regards braqués sur toi comme autant de flèches prêtes à percer ton corps. Le premier jugement d’un public abominable, celui de tes pairs. Un mot de travers eut été pire encore. Mais par la magie du spectacle, peut-être du fait de la providence, tu répondis.
- C’est l’hiver qui m’a poussé ici, Seigneur.
Comment expliquer que tu fus à ce point un acteur dès le premier instant ? A la première réplique…Tandis que les quelques distraits se turent, le vieil homme s’arrêta, te dévisagea puis avança encore, relançant le jeu…
- L’hiver ? Et tu crois que ton Roi déjà si affaibli peut fournir le couvert à quiconque le dérange ?
- C’est là votre métier, Majesté…
Et plus aucun souffle ne sortait des bouches des crocus pourpres. Le fil de l’intrigue s’était tendu d’un coup. Entre le vieillard doutant de sa noblesse et l’enfant en guenilles, la vie refleurissait. L’émotion, la chaleur. Teomar, arrivé à ta hauteur, te prit la joue de sa main râpeuse. Il te quitta des yeux, les baissant vers le sol, comme pour mieux se punir, pour mieux se réveiller.
- Oui, oui, tu as raison l’enfant. Je l’avais oublié.
Se retournant, le Roi t’offrait son dos, vous deux, de côté, offriez un spectacle d’une géométrie impeccable. Au moment de sortir de scène, lorsque le fil allait casser, tu relanças l’affaire. Comme pour répondre à l’attente d’un public captif.
- Mon Roi, après l’hiver vient le printemps !!
Teomar stoppa net sa sortie, faisant mine de vivre un désordre intérieur en voie de résorption. Et tu eus le génie d’aller lui prendre la main. Alors que vous sortiez de scène, Ambre se dit qu’un nouveau crocus venait de percer. Et tous eurent bientôt cette même conviction. Moi, le narrateur, je le sais. Telle était ta destinée, racée depuis le premier jour.
Tandis que la troupe se rassemblait sur la scène, tu demandas à Teomar pourquoi ils n’applaudissaient pas. Alors il t’expliqua que cela ne se fait jamais en répétition. Pas au sein des crocus. Et lorsqu’Ambre te félicita, Teomar eut un léger arrêt en entendant ton nom…
- Ainsi tu es Egard. Egard Cairn, c’est ça ?! Lança le patron des crocus. Eh bien, sois le bienvenu. Tu es ici chez toi. Chaque fois que tu le voudras, notre porte s’ouvrira pour toi.
C’était pour toi bien plus qu’une révélation. Un miracle ? Tu le ressentis comme tel. Je te le redis. Les choses étaient écrites.


Du fond de mon encrier, quand je repense à ces années, me vient l’envie de pleurer.


(Edité le 30-12-06 pour corrections stylistiques)


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptySam 30 Déc 2006 - 11:00
Troisième strophe : L’appel à la fée.

« Aujourd’hui, la bise souffle plus que d’habitude. Je suis sorti tôt afin de disperser les dernières vapeurs de ce rêve quotidien. Et à peine avais-je mis le nez dehors que je fus pris à la gorge par le froid. C’est l’hiver cette fois, pas de doute. J’ai toujours aimé cette période de l’année. Le retour au village, le travail de composition, d’amélioration de idées venues au cours des voyages…Bien sûr, maintenant que je suis seul, c’est différent. Mais en regardant les pas des lièvres dans la neige, je me dis que ce n’est pas pour moi que c’est le plus difficile…Non, le plus insupportable, c’est la page qui reste aussi blanche que cette clairière. Je n’ai plus d’idées. Viens à moi la fée. Reviens moi. Je voudrais tout le temps dormir pour ne plus te quitter. C’est si dur sans toi. D’une certaine façon, lorsque nous nous rejoignons furtivement dans le cœur de la nuit, je sais que cela sera volé à la vraie vie. Mais au moins seras-tu là...Ma fée, quand je te vois apparaître, je ne suis plus le même. L’envie de créer, l’envie de chanter, de danser, de donner. Dès que je me réveille, l’écoeurement, le dégoût. Fée, je n’arrive plus à rien depuis des lunes. Pourquoi me torturer ainsi ? Je meurs de vivre dans l’attente de toi mon aimée.
L’autre jour, j’ai perdu tes yeux. Je ne sais plus de quelle couleur ils sont. Ni la longueur de tes cheveux. Ta peau…que je n’ai pas touchée, enfin pas de mes doigts. Fée si tu m’entends, si tu me sens, viens à moi. Reviens moi. Le danseur de mots est prêt à se priver de jambes pour toi, il donnerait sa flamme pour la fée. Plus rien d’autre ne compte. Je veux fuir ce monde de violence, de haine, de barbarie. Ma fée, je ne veux que toi. Si tu veux de moi….
Plus tard, alors que j’ai fait le plein de bois tombé sous le poids de la neige, de côté pour un autre hiver, je continue de supplier les vents, qu’ils soient les messagers de mon espoir. Ce qui me surprend le plus, c’est qu’une partie de moi se refuse à y croire. Et qu’une partie, toute petite, si…ténue…se refuse à désespérer. Voilà mon combat, la raison contre la foi. Je crois en toi ma fée, viens à moi mon amour, puisque déjà une fois tu m’as trouvé sur ta route. Tu connais le chemin toi ! Espoir, désespoir…Le bras de fer interminable. Ma fée, je t’imagine. Pas une heure ne passe sans que je te dessine. Fée, quel peut être ton nom ? Dire que je n’y avais pas encore pensé. Ton nom…Mais il en existe tant. Plus encore que les fleurs. Je ne trouverai jamais…C’est une spirale infernale. Comment te saisir, capturer ce qui est toi ? Ton parfum léger…il t’enveloppes si loin de moi. Fée, je n’y parviens pas. Mes pieds gèlent tandis que je réfléchis. Il me faut avancer, retourner dans mon antre. Tu vois, j’oublie la chose vitale alors que je t’invente. Viens à moi, ma fée, l’âtre se meurt de froid malgré le bois. Pourtant si sec.
Rentré dans cette maisonnette, mon œil se perd dans le vol des flammes autour de la bûche. Des étincelles s’envolent parfois, me faisant croire que tu es dans le bois, rouge de chaleur, à m’attendre dès que je dormirai. Fée, tu as de la malice. Partout où je regarde, tu t’insinues. Comme l’eau. Dans ce feu, je finis par me persuader que tu brûles. Des vapeurs de toi en sortent mais où est ton parfum ? Si c’était vraiment toi, je le sentirais. Comme souvenir, je n’ai plus que lui, lorsque penchée sur moi, tu faisais les gestes. J’ai beau chercher, me concentrer, c’est pire encore, je ne sens que le bois qui se consume. Et ton spectre s’est enfui de ma tête. Chaque fois c’est le même échec. Au moment où je me sens proche de t’atteindre, je tombe. C’est infernal. Je n’y arrive pas ma fée. Tu dois m’aider. A disparaître de moi, à t’oublier, être là ou bien me tuer. Mais ne me laisse pas ainsi errer comme une coquille vide. Parle moi, rejette moi. Je voudrais tant ne pas souffrir. Il serait si doux de vivre si je ne t’aimais pas. Si je ne t’avais pas en moi comme une obsession. Une persécution. Un supplice. Un supplice oui, c’est le mot. J’en suis sûr. T’aimer est un supplice ma fée. Entends moi de là où tu es, mon cœur résonne en toi si tu sais l’écouter. Je crois à ta venue mais le temps est si long. Il passe comme un siècle. Là est la vraie douleur. Car cela jamais ne s’arrête. L’attente n’a pas de fin.
Parle moi la fée, tu sembles avoir si froid. J’ai fait un feu dans lequel je te vois…Enfin je m’endors, bientôt te rejoindrai-je la fée.
Dans mon rêve, je vole. Les frontières, les montagnes n’existent plus. Maître de mon destin, je peux te chercher comme le prédateur a tout pour traquer sa proie. Je survole le Rohan, le Gondor, je me perds en des vallées improbables. Disparue la fée. Elle s’est jouée de moi. En cherchant à percer le mystère de ce songe, je finis par trouver. Aucun être vivant dans mon délire. Des lieux de mon passé, des lieux de mes fantasmes. Pour aucune âme en vie. Devrais-je attendre, sans me lamenter ? Espérer sans jamais supplier ? J’ai du mal à me résoudre à cet abandon. Parce que penser à toi est la seule chose qui me fait encore vivre. Si le sang coule en moi, c’est par ta faute. Tu dois l’assumer, accepter ce destin qui nous lie la fée. Tu es à moi parce que je t’appartiens. Ma fée, penser à toi, t’écrire, utiliser ma sève comme encre, frémir au cœur de mon délire, s’épuiser. Ma fée, vivre pour toi, espérer te décrire, quérir mes souvenirs, abandonner ma sève, périr de frénésie. L’encrier sec réveille le mort. Disparue une fois encore.
Il ne me reste que toi. Dernier fil de mon théâtre. Je suis condamné à te trouver. T’attendre ici est ma prison. La réclusion du rescapé. Je mourrai de t’avoir attendu. A moins que je ne meure le jour de ta venue. »


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 31 Déc 2006 - 10:39
Quatrième strophe : L’apparition

Il est temps pour moi de reprendre la plume. Le narrateur a ce droit que le héros envie. J’observe sans les subir ses sauts d’humeur. Cela vaut mieux d’ailleurs, car toi, lecteur, ne parviendrait pas à supporter des chapitres entiers de brûlure. Seuls les êtres qui ont connu les chairs consumées savent ce qu’on endure en pareil cas. Alors n’en disons pas davantage. Sauf que nous tentons de l’aider en suivant sa vocation…car c’est aussi de cela qu’il s’agit. Sa fée porte plusieurs visages. Bien qu’il ait décidé de « s’attacher » un seul d’entre eux. « S’aliéner » serait plus juste d’ailleurs. Enfin… Chacun creuse sa tombe comme il l’entend.
Au quotidien, Egard n’est pas un homme à s’emballer. Pour autant que les funambules arrivent à contrôler leurs émotions. Car l’artiste est bien cette corde qui vibre immédiatement là où le commun des humains, toi et moi avouons le, a besoin de circonstances précises. En somme, le danseur de mots serait un calme chez les agités. Cependant, il lui arrive de voir son cœur battre si fort, si vite, qu’il risque l’étourdissement. Et je vais te raconter son dernier vertige. Pas plus tard que ce matin.
Toute la nuit il avait réussi à dormir sans rêver. Chose surprenante car ordinairement, il eut cherché le contact. Mais il se trouvait qu’une rime le travaillait. Aussi avait-il la tête ailleurs. Au matin, alors qu’il s’était levé de fort méchante humeur, du fait de cette rime encore en gestation, il finit par faire contre mauvaise fortune bon cœur, acceptant l’idée de ne pas l’avoir vu tout comme il dut reporter l’achèvement de sa strophe. La bise ayant molli, il prit l’air un long moment, faisant le tour de ce domaine que lui avaient confié les Ents, sorte de pré carré de forme presque indéfinissable mais qui laisse assez de travail d’entretien pour deux vies ! Egard faisait le nettoyage au pied des vieux chênes, les plus fragiles par temps de neige. Durant la nuit, l’un d’entre eux avait été le témoin d’un âpre combat entre deux visiteurs en quête du même gibier. Le gagnant avait dévoré l’autre mais Egard se demanda, en observant les traces des sangs de couleur nettement différente, si le vainqueur aurait le temps d’apprécier son trophée. Il apparaissait à la lecture des indices que la lutte avait été titanesque. Et tout lui faisait croire que le survivant boitait bas. Voire plus.
Il en était à se questionner sur la nature des choses quand, au détour d’un bosquet, il la vit. C’était elle, il n’était pas pensable que ce fut quelqu’un d’autre. La fée apparaissait, brutalement. Aucune confusion n’était possible entre elle et un quelconque rayon de soleil ou un reflet. Elle était là, devant lui je vous dis, il la dévisageait enfin. Tout du moins la dévorait-il des yeux afin de retrouver ses cheveux, les nuances de ses formes, et surtout, le regard débordant de vie. Car la fée malicieuse scintillait comme jamais.
- …pas longtemps Egard, je ne peux pas longtemps aujourd’hui.
Vous auriez dû voir son corps. Ce grand homme, figé d’un coup de baguette magique. Elle lui avait parlé. Et…
- Ce n’est pas grave la fée, puisque tu m’as parlé…
Et il lui avait répondu ! Avez-vous déjà parlé à la fée ? Allons, je suis bon prince, je vais augmenter vos chances. Auriez-vous, par hasard, déjà rencontré une fée ? Réfléchissez à sa chance, imaginez son trouble. Il avait vu sa fée et lui parlait, comme ça. Et elle répondait elle aussi !
- Tu es gentil Egard, je n’ai que peu de temps…
Je dois dire que dans ma vie de narrateur, j’en ai vu des choses. Vous ne savez pas ce qu’un narrateur peut raconter parfois. Enfin si, puisque vous lisez. Mais vous ne croyez pas tout ce qu’il vous raconte, avouez le. Cependant là, je suis obligé de dire que je l’ai vu. Il lui a parlé. C’est elle qui est venue. Puisque lui était là. Hélas pour Egard, elle n’avait peut-être pas suffisamment de pouvoir pour que l’enchantement dure davantage. Trop vite elle dut partir. Et lui de lancer au moment de sa fuite…
-…si vive est la fée…!!!
Tout à sa joie de l’avoir enfin vue, il trouva dans l’instant la rime qui manquait. Surtout, comme cela le lui faisait souvent en pareil cas, le barde s’évanouit. Sous le choc de l’émotion, croulant sous le poids d’un bonheur qu’il n’espérait plus.
Pourtant, quelques instants plus tard, alors qu’il sortait de son inconscience en regardant ses doigts se fermer sur la neige, il revit le halos, le temps d’un éclair. A nouveau il parla, mais je ne suis pas sûr d’avoir perçu ses mots…Tentons de l’écouter, essayons de comprendre…
- Fée, je suis là si tu veux mais je ne veux pas t’accaparer.
Je ne saurais dire si elle l’entendit, si même elle le vit, le narrateur n’est pas omnipotent. Pour de bon elle disparut. Lui trouva la force de se relever, comme pour aller la toucher. N’était-elle revenue que pour ça ? Le réveiller ? Passait-elle à nouveau, espérant traverser sans qu’il ne la dérange ?
Impossible seconde où tout peut être lu. Egard prit la décision de rester sur le bonheur de lui avoir parlé. Et il avait raison le bougre. Après tout, rencontrer une fée, surtout la sienne, je veux dire celle qu’il attend lui, ce n’est pas donné à tout le monde. Que feriez-vous à sa place ? Pour une fois qu’il prend le parti de la joie, on ne va quand même pas lui adresser un blâme ! Aussi, après cette apparition fugace mais qui avait tant de signification pour le danseur de mots, celui-ci revint frigorifié mais heureux, comme si l’hiver allait s’achever, ce qui était loin d’être le cas croyez moi.
Maintenant, nous avons un avantage sur lui. Nous pouvons lire à nouveau. A tête reposée. Car lui va mal se souvenir. En effet, Egard a une certaine tendance à déformer les choses. Par nature et par le fait de son trouble, celui engendré par la brisure survenue il y a deux ans…Que lui a-t-elle dit la fée ? Et surtout, que risque-t-il d’oublier ?

Il est un mot qui renferme tous les espoirs d’Egard. Oui lecteur, tu as vu juste. Ce mot laisse entrevoir le soleil. Reste à savoir pourquoi la fée est apparue, et seulement apparue. Que faut-il pour qu’elle reste ? Hélas, pour cela, il va falloir attendre. Car le narrateur ne sait pas tout. S’il est celui qui lit, il n’a pas le pouvoir d’écrire. Or, l’histoire d’Egard Cairn et de sa fée est scellée dans un recoin de la destinée des âmes. Il ne nous appartient pas de décider. Nous ne sommes que spectateurs, avides de découvrir la suite. Mais ce qui les guide est indicible. Les puissances de la nature agissent, pour la guerre, pour la paix…pour la haine et pour l’amour.
En fait, aujourd’hui, le barde est plus souriant que nous. L’apparition le rassasie tandis qu’elle nous a assoiffe !


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyLun 1 Jan 2007 - 5:10
Premier refrain :

Ta venue serait le printemps.
Parvenue à mon cœur d’enfant,
Lambeau de chair cent fois trop tendre,
Écartelé, prêt à se fendre.
L’encrier sec réveille le mort…
Disparue une fois encore
Je mourrai de t’avoir attendu.
A moins que je ne meure…le jour de ta venue.

Egard Cairn,
Ecrit au troisième hiver dans Fangorn,

Dans la marge, il a griffonné «Partie de poème potentiel, à placer en début de toutes façons »
Et à gauche du dernier vers, un point d’interrogation avec un mot : « vue »


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyJeu 4 Jan 2007 - 11:30
Sixième strophe : La confession de l’artiste raté.

J’aime écrire. Que voulez-vous c’est plus fort que moi. Chaque page blanche est un défi, un fil à tisser dans la continuité de celle d’avant. Comme un rouleau de tissu infini. Il faut avancer, coûte que coûte. Je suis un déchaîné, esclave de ce rite quotidien. Aligner les mots, jouer, torturer les idées, planter les décors et faire vivre les personnages. Pas un rebondissement qui ne soit choisi, pas une désillusion qui ne serve le dessein final de la pièce qui se joue. Provoquer, martyriser, dans le seul but de donner du plaisir au spectateur. Le paradoxe est bien là en effet. Si l’auteur veut que son enfant soit bien né, il ne doit pas se retenir un instant de faire vivre l’enfer à ses personnages. Plus c’est violent, plus c’est noir, plus ce sera réussi. Mais jamais de guerre, jamais de haine. Je n’aime que les récits intimistes, les dilemmes intérieurs.
Le privilège de la musique est de ne pas montrer ces vérités de façon directe. Lorsque le public entend une mélodie, il ne sait pas toujours ce qu’elle signifie à mes yeux. Il m’arrive d’être sûr du malentendu entre eux et moi. Ils semblent pleurer quand j’ai voulu les faire sourire. Ou bien ils se questionnent sur une musique qui pour mon cœur est à l’évidence triste…Voilà pourquoi je préfère la musique. Je peux mieux tromper mon monde. Voilà pourquoi je préfère le récit, je suis sûr de ne pas le duper. Je suis un tout. Individualiste, renfermé dans ma bulle d’artiste raté. Raté oui, cela est sûr. Et d’ailleurs, pour être artiste raté, encore faut-il déjà être artiste. Mais que veut dire ce mot ? Je fais de l’art ? Allons donc, la belle affaire. Ce n’est pas à moi de le dire. C’est dans le regard des autres que l’artiste existe. Le sien…Tout au plus s’exprime-t-il. Oui, il créé et dès qu’il donne, sa création est pesée, estimée, décortiquée. Analysée, comparée. Alors que lui ne voulait que donner de l’émotion, du sentiment. Le bonheur de se sentir vivre au rythme de son âme. Que ce soit le geste qui touche, ou bien le timbre d’une voix…Je suis parce que je touche au but. Pas besoin de renommée, de costume de bouffon. Nu, je suis plus fort si je lève les cœurs…
Et j’ai vu les yeux de beaucoup s’humidifier aux drames vécus par mes héros. Ceux dont j’avais écris les pensées, ceux dont j’avais incarné les sentiments…ceux dont j’avais chanté les élans…Des dizaines de maris jaloux, tant de jeunes filles émues aux larmes. D’Edoras à Dunharrow, et jusqu’aux portes du Gondor, où je n’ai jamais aimé me produire, où je n’aurais jamais dû aller pour tout dire…Tous ces brillants esprits qui ne voyaient que ce que je disais, vivais. Qui m’ont aimé croyant que j’étais ce que je jouais. Ont-ils réfléchi à ce que je voulais dire ?
Pourtant je continue. Par habitude sûrement. Espérant que lorsqu’elle sera devant moi, je pourrai enfin incarner le rôle de ma vie, le rôle de ma vie à moi, pas celui qui ferait de moi le meilleur artiste. Juste un homme heureux. La fée sera-t-elle sensible à la vérité de mon coeur ? Saura-t-elle, grâce à ses pouvoirs supérieurs, voir au-delà de l‘enveloppe charnelle ? C’est le dernier défi qui me tienne en vie je crois. Oui, pour une fois ai-je formulé les choses ainsi que je les ressens. J’espère d’elle qu’elle mette au jour le vrai Egard. Surprenante exigence au fond. Qui suis-je pour lui imposer cela ? Comme je l’ai dit, l’artiste donne à son public et le public fait ce qu’il veut ensuite. Attends….Là je joue ma vie. Ce n’est plus pareil…Je comprends. Mais le défi n’en est pas moins grand. Et puis, je suis arrogant de penser que le plus dur serait qu’elle vienne à moi. Qui dit que…? Si les choses sont faites, prédestinées, je peux bien faire n’importe quoi, cela sera. Si au contraire tout reste à faire, cela implique qu’elle ne sait pas que j’existe pour l’heure…Je chasse de mon esprit cette idée, ces analyses. Cela ne se peut. Ma fée existe, je l’ai vu de nombreuses fois. Elle me soutient la nuit, chaque nuit. J’ai le souvenir de son regard s’arrêtant sur le mien, au cœur des brumes du long tunnel d’où l’on ne revient pas. Elle m’a empêché d’y avancer. Voila sa dette, donner un sens à ce qu’elle a prolongé…
Vois-tu, j’aime écrire pour cela. Je maîtrise tout. Pas un rebondissement ne m’échappe. Tandis que dans le réel, je me sens marionnette d’un fil aussi épais qu’un cheveu d’ange. Esclave d’une vie qu’en rien je ne contrôle. Et puis, le moment de la scène, l’exaltation que l’on ressent…C’est violent, c’est la vie. Aucune émotion ne s’en rapproche. A part peut-être celle que l’on éprouve dans les bras de son aimée, à la fin. Mais celle-là est si fugace, tellement rare et puis…Et puis pour cela il faut l’amour. L’amour avant l’amour. C’est autrement difficile. La danse avec le public, les transports que cela engendre, la force que donne une assemblée qui rit, hue, crie sa vie…Non, crois moi, rien ne remplace ces instants. Lorsque j’écris, c’est pour ces moments là. Me souffler que ce que je fais est beau, cela est plus qu’un compliment. Sourire quand je fends la foule après le dernier chant, applaudir à la musique jouée par les crocus…L’artiste vit un destin étrange en ce monde. Il a toutes les chances et aucun pouvoir. On pourrait dire l’inverse aussi…tous les pouvoirs et aucune chance… mais là, je retombe dans mon travers. La confusion. Parce que si souvent je ne sais pas ce que je veux moi-même. Voilà pourquoi j’affirme que ma fée va venir. Je le sais. J’en suis sûr, comme une évidence avant la mort. Je me demande juste si elle vieillit. Elle. Car si elle met du temps à trouver le chemin, je ne serai plus qu’un vieil artiste raté. C’est encore pire…Mon égoïsme est démesuré. Je ne pense qu’à moi. Petit artiste vraiment raté qui vieillit. Archétype. Nombriliste. Allons, la solution est aussi dans le fait d’accepter qu’être au cœur du processus de création, c’est toucher du doigt le doute permanent. L’angoisse de ne pas savoir si ce qui est fait est bon. Je n’en suis même pas aux répétitions. Juste l’ébauche. Le façonnage. Aussi est-ce logique que je doute tu sais. Mais entre deux enfers j’ai choisi. Il aurait pu se faire que j’arpente toutes les terres du milieu afin de la retrouver. Mais on ne poursuit pas la fée. C’est elle qui vient à vous. Si elle le veut. Au moment qu’elle choisit. Je suis esclave de ses désirs. Ce destin là au moins je l’ai choisi. En écoutant, en lisant ces mots, tu sais où tu vas l’ami. Le barde n’est pas très amusant dans les moments de gestation. Déjà accepte-t-il de t’ouvrir son atelier. Ne lui en demande pas trop ! Bon, je t’accorde qu’il est dans une telle solitude que te parler le change de la compagnie des oiseaux, mélodieuse mais parfois…Enfin, il aime à penser ce que tu lui réponds. Fonder des hypothèses sur tes approbations, tes moments de désaccord. Tu vois en fait, il t’aime. Il aime le public, je t’aime. Le comprends-tu ? Ma raison d’être, ce sont tes yeux qui me lisent. Il me suffit de les voir se plisser, s’écarquiller, se questionner. Mon histoire est celle de tous les gens de ce métier. Pour un comédien dont le nom vous reste, tant de désirs sont enfouis dans le cœur de ceux que l’on n’a pas su entendre. Je voudrais être l’écho de leur douleur, moi qui ai eu la chance d’avoir un peu de ce succès. Parler pour eux. Mais du fond de ma tanière, qui m’entend ?
Parfois, je m’étonne moi-même de mes paradoxes. Enfin, au moins auras-tu compris que ma fée n’est pas le succès passé. Elle est bien réelle. Ce n’est pas l’inspiration que j’aurais perdue. Ma fée est de chair, son sang s’est mélangé au mien. Voilà l’origine de ma survie. Elle est en moi.


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Dernière édition par le Sam 6 Jan 2007 - 21:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyVen 5 Jan 2007 - 17:17
Septième strophe : L’éclosion.

Ce que je vais te raconter, cher lecteur, c’est un moment dont chacun d’entre nous se souvient. Mais tu sais, chez les artistes, surtout ceux qui vivent en troupe, il n’est pas rare que les choses soient ainsi. Comme un rituel ancestral.
Tout commença lorsqu’Ambre, un soir, demanda à Egard, qui avait alors dix-sept ans, de l’aider à ranger les costumes, chose ordinairement dévolue aux femmes parce qu’elles sont plus délicates et précises. Car chez les crocus, il n’y avait pas de hiérarchie selon le sexe. Tous étaient considérés également. Chacun cuisinait, lavait le linge commun etc…sans distinction de sexe. A ceci prêt que les hommes avaient des rôles liés à leur force, comme la construction de la tente de spectacle. De leur côté, les femmes étaient plus fixées sur les tâches qui nécessitaient finesse et précision. Leurs petites mains faisaient merveille, cela va sans dire.
Le fait qu’Ambre demande à Egard de l’aider, c’était reconnaître qu’il avait des qualités féminines, ce qui en soit n’avait rien d’insultant. Ou bien était-ce qu’elle n’avait personne de plus compétent sous la main. Qu’elle eut dès ce soir là des idées ne serait pas surprenant. Ou plutôt, elle devait les avoir développées avant et le moment avait fini par se présenter. Tout simplement. Toujours est-il qu’ils se retrouvaient dans la roulotte à costumes, seuls, dans la chaleur d’une soirée de représentation qui avait été un franc succès. L’excitation se mélangeait à la fatigue mais l’euphorie enivrait tout le monde. Surtout que réussir un spectacle là où ils venaient de se produire, c’était la garantie de réussir dans toute la vallée ! Le bouche à oreille fonctionnerait à plein le lendemain, jour du grand marché mensuel dans la place, bourg local d’importance. C’est dans cette ambiance que nos deux crocus pliaient minutieusement les vêtements. Ambre montrait les gestes qu’Egard s’évertuait à reproduire. Mais déjà elle avait pris sa main une fois pour lui faire sentir le geste correct. Et à la deuxième fois, alors que les braies résistaient à l’entendement adolescent, Ambre serra sa main plus fort mais avec une douceur…maternelle, de celles qui guident vos pas, fermement. Alors, Egard vécut une sorte d’arrêt du temps, il sentit que le geste…Enfin il ne savait pas. Se laissait faire mais quelque chose différait du moment précédent. Cela lui avait procuré une sorte de frisson. Au moment de se séparer, les mains s’étaient lentement quittées. Ambre eut un regard mystérieux qu’Egard, sans expérience, ne sut décoder. Mais je dois l’avouer, il n’est pas sûr que l’adulte ait su davantage ce qu’il fallait y lire. Ou plutôt, Ambre savait-elle qu’elle jouerait plus gros que lui ? Car cette femme, qui était sans homme malgré sa beauté magnifique, cet être qui était si doux, constituait un défi à l’entendement. Comment moi, narrateur si maladroit pourrais-je te faire comprendre ?...Ambre avait tout pour être une femme épanouie. Et en fait, elle était seule. Mais ce n’était pas par choix. Car elle aurait aussi bien pu s’épanouir ainsi. C’est juste que…la rencontre de son cœur ne s’était jamais faite. Sur la route de sa vie, elle n’avait jamais croisé le bon. Ou peut-être que…peut-être que…Mais il est trop tôt pour en parler. Ce n’est pas que je ne veux rien dévoiler, c’est juste que je ne suis pas sûr de ce qu’elle voulait dans la vie. Elle non plus ne savait pas trop. Certains sont faits pour aimer dès le départ, fonder un foyer, d’autres savent tout autant qu’ils veulent avancer seuls. Mais elle, je crois qu’au fond, elle ne savait pas. Enfin elle le sut beaucoup trop tard dans sa vie et les hommes étaient passés comme les hivers. Certains avaient laissé des traces, tout au plus.
Mais Ambre n’était pas une mangeuse d’hommes pour autant. La vie de troupe ne l’aurait pas permis. Disons que la main qui était en train de guider Egard n’en était pas à sa première fois sur ce plan. Mais lecteur, ne nous trompons pas, Ambre était une femme honorable. C’est Egard qui jeta le trouble en elle.
- Ambre, pourquoi tu es seule ?
A l’entendre, ce n’était rien, mais à y réfléchir, la question interpella Ambre. Car la jongleuse vit tout de suite ce que le jeune pouvait dire. Ce n’était pas les yeux de l’homme qui parlaient mais le cœur de l’enfant qu’Egard était encore à ce moment là. Et le coeur trouvait la situation anormale. C’est toujours la même chose avec les enfants, ils savent dire ce que nous avons oublié de voir. Et Ambre était bien gênée. D’autant qu’elle sentait autre chose qu’une curiosité ou une envie dans la question de l’adolescent. Il avait été sur ce terrain intime par affection, une sorte de gentillesse naturelle que certains êtres ont par-delà leur maladresse ou leur audace inconsciente. Il avait parlé tendrement.
- Je ne suis pas seule puisque tu es là.
A cet instant, leur vie bascula. Car elle reprit la main du jeune et lui fit parcourir une autre étoffe. Une étoffe sur du velours, de la soie…Non, tu te trompes lecteur, je parle du velours de la peau. Egard sentait des formes que l’on ne peut toucher que si l’on est en contact direct avec l’autre. Le mouvement des chairs qui s’animent…Sans que l’on bouge…Les deux montagnes … Il tremblait. L’intuition de ce moment qui allait faire de lui un homme. Fébrile comme jamais sur scène. S’était-il rendu compte qu’Ambre serait pour lui un cadeau magnifique de la vie ? Eux, les comédiens habitués à parler devant un public avide ne disaient plus rien du tout. Lui s’était rapproché, elle se plongeait dans ses yeux. Puis le premier baiser, sur les lèvres, dans le cou, les oreilles. Le garçon avait l’impression d’être un instrument qu’elle faisait résonner au moindre geste. Il n’était plus qu’une marionnette que la jongleuse dirigeait avec amour. Car il n’y avait que de l’amour dans les intentions. C’était à la fois rapide et incandescent. La roulotte était en feu. Et leurs corps brûlaient avec. Seule la destinée expliquait qu’ils aillent si vite, comme un duo qui existait avant de se rencontrer. Ils étaient en phase. Tandis qu’elle menait le bal, lui tentait de mettre des images sur les courbes qu’il découvrait des mains. Il ne pouvait donner le nom exact à ce qu’il vivait. A son âge, on vit sans toujours savoir le sens des mots. Mais c’était excitant. Non. Exaltant. Et désormais nus, au milieu de vêtements qu’il faudrait ranger plus tard et avant tout défroisser, ils entamèrent cette danse rituelle des corps qui s’emboîtent. Le visage d’Ambre exprimait la plénitude, dans un noir qu’aucun œil normal n’eut pu percer. Egard, lui, en était à découvrir la rythmique. Ce n’est qu’à la troisième envolée que les âmes se rejoignirent dans les cimes. Trois danses pour ces quelques secondes de communion. Lui, parfaitement inconscient du bonheur rare, se reposa sur elle. Quant à Ambre, souriait-elle ? Pourquoi de cette eau au bord de ses yeux ?
- Egard, nous devrons nous en souvenir comme d’un merveilleux moment.
Il avait bien dû se passer trois heures, peut-être quatre. Dans ces moments là, on ne voit pas filer le temps.
- Pourquoi l’avons-nous fait Ambre ? Je…
- Chut….C’est simple. Nous en avions envie. Il ne faut pas compliquer les choses simples Egard. Nous sommes de grandes personnes. Demain, la vie reprend son cours.
Mais en attendant, elle le serrait contre elle pour prolonger la nuit. Lui caressant doucement les longs cheveux verts qu’il avait désormais. Il avait belle allure sans ses morsures au torse qui désormais faisaient de son corps un champ de bataille depuis ce jour funeste…Le garçon devenu homme par la grâce d’une femme condamnée à donner ce qu’elle n’avait jamais reçu. Mais dans sa vie à elle, Egard allait compter car, mais elle ne le savait pas encore, il serait le seul à lui témoigner autant de respect. Tout simplement parce qu’il était assez sage pour comprendre que ce passage ne faisait pas de lui quelqu’un de meilleur. La nature avait permis les choses…naturellement. C’est ainsi qu’ils s’endormirent l’un contre l’autre, emboîtés comme clé et serrure. Ambre et Egard.


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptySam 6 Jan 2007 - 23:52
Huitième strophe : Composition.

Comment déconstruire un rêve ? Parce que le rêve que j’ai vécu cette nuit est si doux. Tellement incompréhensible. Aussi faut-il que je me concentre sur deux choses. L’histoire de ce rêve. Qui n’a ni queue ni tête. Cette histoire a un sens caché que je dois dénicher. En démontant la pièce pour recomposer la vraie intrigue qui le sous-tend. Mais un autre défi se présente parallèlement. Car ce rêve avait un lien poétique. Si je casse tout, je perds ce fil qui a rendu le rêve agréable. Que dis-je. C’est bien en deçà de ce que j’ai ressenti…Je vais devoir passer par la poésie pour tenter de retrouver ce rêve, une chanson serait trop banale. Je dois essayer. Retrouver ce que la nuit m’a apporté. Et qu’elle m’a dérobé…

J'aimerais être le soleil qui réveille le vert dans tes yeux [16]
Tu me dis de bien regarder [8]
Que le soleil, s’il perce les cieux [9]
Peut me donner la force….


Oui, j’ai rêvé de ma fée cette nuit. J’ai enfin retrouvé ses yeux, je dois les garder. Son message, je l’ai compris. Mais tant de choses restent floues. Elle attend quelque chose de moi. Je ne sais pas bien quoi. Et j’hésite. Est-ce que l’on rêve en couleur ? Bon sang, encore une énigme que je ne m’étais jamais posée. C’est terrible, j’ai écrit vert. Mais étaient-ils verts ? S’ils sont bleus, ça ne pose pas de problème. Enfin si, j’aimerais bien en être sûr mais ça ne change pas le poème. Noirs passe encore. Mais marrons, là, j’ai un pied de trop…Non, c’est bleu ou vert, j’en suis sûr. Mais ne me demandez pas pourquoi. Et il faudra, lors de mon prochain rêve, que je me concentre sur la couleur des choses. C’est impensable de ne pas pouvoir répondre à cette question. Et puis, si on établit qu’on voit en couleur, est-ce que ce sont les couleurs réelles ou sont-elles aussi des couleurs de rêve. Mince alors. Des couleurs qui n’existent que dans les rêves…C’est une pelote à dénouer, du genre de celles qu’on enlève des pattes d’un chaton. Que faut-il croire ? Ce que l’on a vu ? Ce qui était ?

J'aimerais être le soleil, qui réveille le vert de tes yeux [16]
Tu me dis de bien regarder [8]
…Le soleil, s’il perce les cieux, [8]
peut donner à mon cœur le pouvoir de le révéler [14]


Le feu crépite. Je sens qu’elle est là qui s’amuse à me voir douter de ce détail. Où es-tu, espiègle compagne ? Je dois corriger la fin, cela ne convient pas en l’état. Et puis, cela reste impersonnel. Il me faut des solutions. Et ce n’est pas qu’une question de pieds. La musique, le rythme sont importants. Mais leur alliage, le sens qu’ils ont prime…La clé de la strophe….Je suis un humain, elle est fée.
J’ai trouvé !

J'aimerais être le soleil, qui réveille le vert de tes yeux [16]
Tu me dis de bien regarder [8]
…Le soleil, s’il perce les cieux, [8]
peut donner à mon cœur assez de pouvoirs pour le révéler. [16]


C’est mieux ainsi. Bien mieux. Oui mais il faut encore progresser. Ce n’est pas nous. Le lien est fort. Et là, c’est passe partout. Sans amour partagé…Je dois améliorer les détails, l’équilibre est trouvé. Mais je dois…
Essayons cela…

J'aimerais être le soleil, qui réveille le vert de tes yeux
Tu me dis de bien regarder.
…Mon soleil, s’il perce tes cieux,
peut donner à nos cœurs assez de pouvoirs pour le révéler.


Oui, c’est ça. C’est bien ça que je ressentais. Mais je trouve que c’est chronologique. Et trop court. Il faut que je développe les yeux. Ils ne comprendront pas sans cela. Ma fée existe par ces yeux d’abord. J’ai retrouvé ses yeux, c’est une si grande nouvelle. Je dois les inscrire dans la pierre avant qu’ils ne m’échappent de nouveau. On ne sait jamais. Mais sacre bleu, je dois retourner dormir. Je ne sais pas s’ils sont bleus ou bien verts. Je dois le savoir !
…Une matinée pour quatre lignes, c’est pitoyable. Ma fée me ralentit. Non, ce sont mes faibles souvenirs qui trahissent ma passion d’elle. Je vis trop intensément ces moments. Si seulement j’avais un moyen de tout mémoriser…Au moins serais-je moins…confus…
Je vais devoir te rêver encore…Et toujours sans comprendre l’histoire…C’est une fuite en avant…


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 7 Jan 2007 - 0:18
Soupir...

Je vois du vert. Et la fée me sourit tendrement. Son vol est doux, son regard me parle.

Je rêve...Ce n'était que le temps d'un soupir. J'ai été heureux...


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyLun 8 Jan 2007 - 21:35
Neuvième strophe : L’origine du mal (Verset 1-L’innocence)

Je sens la poussière de fée qui m’endort et me transporte vers d’autres cieux. Depuis combien de temps la nuit est-elle tombée ? Entouré par une brume qui s’épaissit, je suis à la fin. Mes yeux ne voient plus. Des ombres, quelques lueurs évanescentes. Le monde bouge encore, mais pour combien de temps. J’ai mal. Si mal. Plus rien ne bouge en moi, comme si j’avais été paralysé. Plus tôt, je sentais encore mes pieds. Et puis, ils ne m’ont transmis que le froid. Et finalement, plus rien.
Je me revois voler, quittant sa mâchoire cisaillante. Puis retomber, alors que je prends conscience de mon ventre ouvert aux quatre vents. J’entame cette chute, le sang me coule des yeux. Giclé de mes entrailles, il tombe en même temps que moi, sur moi…De ce qui me reste de sens, je capte des cris, des hurlements, humains et inhumains. La violence des animaux sauvages, des râles qui me sont familiers à moi, le fils du tueur de Worgs. Un choc sourd, en plusieurs étapes…si rapprochées…Mon dos…Je tombe, freiné par quelque chose… La chute s’arrête, douleur encore plus forte. Partout. Inconscience…
Le combat était inégal, perdu d’avance. Nous avions pris ce matin là la route du retour pour Edoras. Le Gondor ne nous ayant que peu réussi, nous avions écourté, décidé de revenir plus vite qu’à l’habitude. Teomar l’avait voulu ainsi. Mais tous appuyaient cette décision tant les gens de cette vallée semblaient réfractaires à nos vers… En cinq roulottes nos descendions la cluse et rien ne semblait indiquer que des dangers particuliers nous attendaient. Aucune patrouille n’ayant alerté les milices, nous avancions en paix. Pour autant que les routes soient sûres, on le sait. Je travaillais dans la quatrième roulotte avec Ambre depuis le début de la matinée. Nous répétions un chant subtil, en vieil elfique, un chant difficile qui clamait l’amour d’un arbre pour la mousse qui le protégeait des vents. Quelques vers nous arrêtaient tant la prononciation collait mal à la mélodie. Certains chants sont des chausses trappe, surtout en duo. Ordinairement, c’est moi qui bloquais sur ce genre de choses mais ce jour là, Ambre concentrait les difficultés. Peut-être la fatigue, ou une prémonition.
Dans le convoi, nous étions en tous cas les seuls à travailler. Les roulottes étaient proches les unes des autres et aucun son, aucune voix n’attestait d’exercices ou autres choses de la sorte. Je crois que la joie intérieure de rentrer dans son pays l’emportait sur tout le reste. Une sorte de délivrance, de satisfaction du travail accompli au-delà de ce succès mitigé qui ne justifiait pas que l’on restât davantage. Heureux, apaisés étions-nous à l’idée de retrouver notre lieu de travail hivernal. Car après une halte à Edoras, le temps d’une représentation exceptionnelle ayant pour but de compenser le manque à gagner, nous retournerions dans notre grotte pour hiberner. Tel était le plan de notre régisseur. Il était des plus sensés.
Et nous reprenions, et reprenions encore cette chanson. Jusqu’à nous en écoeurer. Par simple volonté de ne pas bégayer une autre fois. Quand bien même peu de nos spectateurs auraient été à même de détecter l’erreur. Mais ainsi étions nous. Perfectionnistes. C’est ce qui nous différenciait des quelques autres troupes itinérantes que nous croisions à l’occasion. Car si certains étaient plus richement dotés, c’est qu’ils voulaient tirer un réel profit de leur métier. Nous, avions cette exigence qui nous faisait tout réinvestir. Dans de nouveaux tissus, des instruments neufs, le nécessaire pour que le public soit sans cesse conquis. Joyeux de voir arriver « les crocus ». Pour finir, il devait bien être midi, nous fûmes satisfaits et c’est à peu près à ce moment là que Teomar nous indiqua la pause. Une heure pour prendre soin des bêtes, dérouiller les dos des plus âgés et les jambes pleines de fourmis des plus jeunes.
Le maigre déjeuner fut constitué de fruits secs et de viande séchée assaisonnée de quelques épices. Il n’est jamais question de feu en rase campagne, encore moins quand il faudrait cuire de la viande pour une trentaine de personnes. Nous nous organisions toujours afin d’aller au plus vite, de faire des étapes de villages en villages pour que les risques soient limités. Et puis, une halte de fin d’automne peut vite se révéler un calvaire si le temps est maussade.
Durant la pause, nous démontrâmes à la troupe qu’Ambre et moi avions corrigé nos défauts de la veille et le « Bien envoyé » de notre assistance fut un signe de notre perfection retrouvée. Quand je pense que ce fut ma dernière représentation. Après tout, c’était écrit ainsi. La destinée nous choisit mais ne dit pas ce que sera notre route. J’avais caressé la joue d’Ambre parce que c’était le geste que l’on faisait sur scène, comme pour dire…

« Mes branches te remercient, la mousse, de me garder au chaud »

Mais ces mots là n’étaient pas dans la chanson. Non, c’est juste moi qui tente de… je ne sais pas…
Dans le quart d’heure qui suivit, nous étions déjà en route. Et le chemin qui avait été jusque là des plus droits, entamait une courbe régulière. Qui allait s’inverser lorsque nous entrerions en Rohan. La frontière était toute proche. Mais pas de garde à cet endroit, sans doute par manque de danger ou défaut d’effectifs.
C’est un peu plus tard, oh, pas longtemps, que nous les entendîmes. Je les reconnus de suite. Des Worgs. Nombreux, mais je ne pouvais dire au départ s’ils étaient montés ou pas. Et puis, quand enfin nous les vîmes, je compris que c’était très grave. Plus d’une vingtaine, et une bonne moitié avec un maître sur le dos. D’avance, je le redis, le combat était perdu. Mais les crocus allaient entamer leur chant de mort comme ils avaient vécu. En donnant tout parce qu’ils y croyaient. Toujours. Et que le risque fait partie du spectacle.
- On se retrouve en enfer, Danseur de mots !
Que vouliez-vous que je réponde à Ambre. Je lui ai juste dit de sauter avant eux lorsqu’ils s’avancent. Plus d’une fois j’avais vu mon père agir ainsi. Anticiper leur saut, bondir alors qu’ils ne peuvent plus changer d’avis, cela donne un avantage…pour le toucher. Mais dans notre cas, si déjà nous l’évitions…
- Egard, tu as été ma joie… finit-elle par dire…
Sa joie stupide, dois-je préciser. Moi qui n’avais rien compris.
En sortant de la roulotte, l’arc à la main, je pensais réellement n’en avoir plus que pour 5 minutes…


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMar 9 Jan 2007 - 23:04
Deuxième refrain :

Languir est un long hiver
« Ne pars pas, homme aux cheveux verts… »
La poussière est sur ton épaule
Ses ailes te frôlent…
« Je suis le vent dans tes cheveux,
la lumière dans tes yeux»…

Il faudrait une apparition
Mettre fin aux lamentations.

Egard Cairn, restes d'un poème écrit au premier hiver dans Fangorn


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyJeu 11 Jan 2007 - 12:02
Onzième strophe : Le renoncement

Je dois me substituer à lui ami lecteur. Car Egard est malade. La douleur est aigue et dans ces cas là, même le sang qui coule de la plume se révèle inefficace. Parfois, tu as raison de le penser, cela l’aide. La plume est un onguent et le parchemin une pièce de soie qui apaise le visage du détraqué. Pourtant ce jour, le mal est plus profond. Si la neige n’était pas tombée en abondance durant la nuit, il serait peut-être parti de Fangorn pour affronter seul une meute de Worgs. Comme un dernier défi. Mais la nature hostile a contraint notre homme à rester là, assis dans le feu, à tenter de trouver des réponses. Le pire, c’est qu’il ne sait pas d’où vient ce sentiment soudain qu’elle ne viendra plus. Comme une intuition dont on est sûr alors que rien ne la fonde. Egard n’y croit plus. Elle ne viendra pas. Comme une litanie, il se le répète. Le fil a cassé. Dans la nuit, il a rêvé. Tout vient de là…

« …ce sera ta dernière chance de me voir…Egard… »

Pourquoi a-t-elle dit ça ? C’est cruel. Les fées ont-elles ainsi le droit de torturer les âmes de ceux qui croient en elles ? Ce n’était peut-être qu’une mise en garde mais lui ne la voit pas ainsi. Il a compris que tout était fini. Et en est disloqué. Cela semble impossible de passer des heures à regarder un feu. C’est pourtant ce qu’il fait. Sans plus attendre de réponse. Il s’étiole, s’assèche aux flammes d’un feu qui ne sert plus à rien. Car en lui s’étend le froid de ceux qui n’ont plus d’espoir. A force de solitude, il a oublié. Depuis plus de deux ans il attend. La folie a-t-elle pris le dessus ? Moi le narrateur, je commence à me poser la question. Si encore il pleurait, cela prouverait qu’il a mal, qu’il vit. Après tout, ce n’est pas laid un homme qui perd un peu de sel. Et puis, je le connais mon héros, il n’est pas de ceux qui se font un honneur d’être toujours de marbre. Lui est un calcaire. L’eau traverse son âme, se charge de lui et abreuve les gens de son parfum de lune.

« …et nous danserons ensemble. Tu seras légère comme le vent,
douce comme la brise d’été,
chaude comme le souffle sur les blés
. »


Il a tout tenté pour la faire rester. La retenir un peu plus, juste le temps de lui dire…Mais elle était déjà partie. La chance a voulu qu’il ne se réveille pas. Le rêve s’est poursuivi, comme si la fée avait pris soin de partir en douceur. Sans bruit. Ce n’est pas tout de suite qu’il a compris.

Reste la fée, reste jusqu’au…levant…

Voilà, le venin était injecté. Si la fée ne vient que la nuit, c’est que le jour jamais ne sera. Egard a compris. Et le plus terrible vois-tu, c’est que c’est lui qui a prononcé ces mots. Il s’est lui-même infecté. Tiens…Il bouge…Juste pour fermer le poing un instant, comme s’il serrait les dents. Attends…Il tente quelque chose…Je vois oui, il cherche à expulser la douleur mais elle est si profondément enracinée. Il serre encore et toujours. Son bras tremble tellement la conviction le pousse à croire qu’il suffit de s’accrocher. Ah, ça y est, il baisse la garde. Egard, ton effort est vain. Le pire est que tu le sais sans en accepter la signification. Elle ne viendra pas. Tes mots l’ont chassée. Es-tu encore assez lucide pour t’en apercevoir ? J’y pense, c’est peut-être cela qui provoque ta fièvre. Alors, comme pour te prouver que le sang coule encore en toi, tu te lèves et…non, ne fais pas ça Danseur de mots. Tu vas te….Tu vois, en prenant cette bûche, que croyais-tu ? Tu l’as soulevée, et puis regardée, défiée, mais la douleur t’a démontré que ce n’est pas un jeu. Maintenant, au moins, tu connais l’origine de tes pleurs. Pourquoi ainsi te scarifier, te punir ? As-tu oublié les leçons du passé ? Les plus grandes blessures sont intérieures. Mortifier la peau ne fait que déplacer le problème. Et même si l’onguent de cet elfe effacera la marque de la brûlure, ta chimère n’en sera pas plus fidèle pour autant. Agir ainsi n’est pas prouver qu’on aime Egard. Reprend toi. Ah…Si je pouvais te secouer. Satanée solitude qui nous fait dépérir. Bien sûr, désormais, ta main lance des signaux réguliers de souffrance. Mais lorsque tu te seras soigné, que restera-t-il ? L’autre souffrance. Celle qui t’a poussé à croire que tu étais plus fort que la bûche. Ou plutôt qui t’a conduit à te tester. Crétin que tu es. N’as-tu pas compris de tes souffrances passées que la douleur est un mille feuilles ? On sent la plus forte. Les autres sont tues. Mais si l’on chasse la Reine, il est toujours une de ses servantes pour prendre le trône. Et que crois-tu ? Une princesse déchue n’a qu’une obsession. Revenir plus forte que jamais. Voilà ce que tu as fait de toi. Ta main ne pourra plus écrire durant un bon moment. Tu n’auras pas même le loisir de saigner par la plume. Et quand enfin tu te seras guéri, je sais que ta vraie peine reprendra sa place. Egard, tu t’es perdu en toi.

Encore faut-il que la raison me guide
le jour où un et un feront un.
Mais je deviens livide…
Ma main !


Tu aimerais qu’elle te dise que vous êtes l’un à l’autre. Mais en fait, la vérité est que tu es sienne. Ne le sens-tu pas ? J’oubliais. Ta main…Tout se concentre en elle car tu as fait l’idiot. Il y a toujours un prix à payer Egard. Toujours…Il aurait pu se faire qu’aujourd’hui tu te meures en partant dans la tempête blanche pour ne plus vivre cette épreuve. Tu as préféré rester. Mais tu y as laissé ta main. Ton outil. Ton âme.


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Dernière édition par le Sam 20 Jan 2007 - 18:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 14 Jan 2007 - 1:15
Douzième strophe : L’échange.

- Mes amis m’ont dit que le barde était souffrant. Je me suis permis de vous visiter Egard, c’est la moindre des choses que de s’inquiéter de la santé de son voisin.
Les yeux d’Egard n’attestaient d’aucune surprise. Il faut dire que des Ents, il en avait vu un certain nombre. Et si la compagnie de celui-là lui était particulièrement bénéfique, celle de n’importe lequel de ces « végétaux » lui convenait. Ils développaient comme lui une science du mot juste, un rythme de la phrase. Si le danseur de mots n’arrivait pas toujours à se satisfaire de leur conversation, c’est juste qu’elle comportait une lenteur «relative» ! Deux jours pour s’accorder sur la couleur du pelage d’un ours, c’est cocasse. Mais cela convenait au barde car attendre la venue de sa fée était une destinée de longue haleine. Aussi avait-il tout son temps. Et puis, sa tranquillité dans Fangorn était à ce prix. Il lui était nécessaire d’entretenir d’excellentes relations avec les habitants millénaires des lieux. D’ailleurs, il ne l’avait jamais considéré comme une contrainte. Les Ents étaient d’une profondeur stupéfiante dans leurs discussions. A l’opposé de ce qu’il pouvait ressentir lors d’un chant sur scène, il fallait avec eux savourer la lenteur, l’élever au rang du dogme. Egard avait appris à ralentir sa propre perception des choses…
- Je vais très bien, Charnu-Yeuse.
Cette déclaration légale de son état provoqua l’étonnement de l’ent qui, trente secondes plus tard eut un sourcil qui se leva, sans que cela ne soit clairement une indignation…Manifestement perturbé par ce qui contredisait ses informations, le chêne vert prit le temps d’analyser la situation. Grommelant discrètement durant presque une heure, il finit par oser :
- Ne seriez-vous pas en train de me tromper afin que je vous laisse en paix, Danseur de mots…
Puis d’ajouter, mais bien longtemps après…
- …car vous vous y entendez en astuces scéniques et nous vous apprécions aussi pour cela.
L’affaire devait être grave aux yeux des Ents pour que le propos soit aussi vif. Rarissimes dans leurs bouches étaient de telles critiques matinées d’humour. Cela prit Egard de court. Depuis le temps, il savait que tous les Ents communiquaient entre eux et il avait conscience d’être une sorte de curiosité qui alimentait leur quotidien. Que ses errements soient dramatisés, en revanche, cela le dérangeait. Non que cela soit pesant de se sentir apprécié. Mais lui ne comprenait pas que l’on soit inquiet. Sa main se remettait très bien, car s’il avait eu mal, les brûlures étaient somme toutes superficielles. Et il s’était écoulé près d’un mois depuis. En fait, la sollicitude de Charnu-Yeuse révélait l’état réel de l’esprit d’Egard et c’est cela que le barde comprit au travers de la démarche que le feuillu avait entreprise. Sans doute au nom de la forêt toute entière !
- Je vais vous faire gagner du temps, Charnu-Yeuse. Comme vous tous, j’espérais rencontrer ma belle. Mais je n’y crois plus. Depuis deux ans j’attends…
- Nous avions compris. Parce que nous partageons la même maladie, nous sommes proches de vous Egard. Mais aucun d’entre nous ne se coupe les branches ! C’est folie que de faire ce que vous avez fait. Et surtout, cela n’est pas digne de vous.
Au rythme de la conversation, Egard avait eu le temps de mesurer combien son geste les avait choqués. Et leur amitié particulière, digne et profonde avait subi quelques secousses. Il ne faut pas croire que les arbres sont insensibles aux vibrations des hommes. Au contraire. Mais leur allure, leur charpente, masquent la fragilité, celle des grands êtres que l’on imagine à toute épreuve en oubliant qu’ils ont aussi un cœur. Les géants sont les êtres qui font le plus de bruit en tombant…
- Je suis très touché par la douceur de vos paroles, Charnu-Yeuse. Mais lorsqu'une âme est fragmentée, elle ne peut que pleurer…jusqu'à avoir retrouvé tous ses morceaux. Et je crois qu’il m’en manque un à jamais…
- Nous…je comprends, Egard. Mais les règles de cette forêt sont claires et vous devez les respecter. Tout être qui attente à la vie est un danger. Même si c’est contre lui-même. Aussi, vous devez savoir que les Ents feront tout pour vous empêcher de vous nuire.
Les yeux de l’ent semblaient embarrassés. Parce qu’il ne savait pas comment ils s’y prendraient ou du fait de sa crainte de la réaction d’Egard ? L’ent ne trahissait rien de ce qu’il éprouvait mais l’homme perçut un désarroi étonnant. Sans doute celui-là même qui avait entraîné un délai d’un mois avant cette intervention des Ents via leur représentant…Ceci dit, Charnu-Yeuse était un jeune. Etait-il assez sage ? Le danseur de mots, malgré ses années passées dans Fangorn, manquait de culture Entique pour répondre. Et puis qu’importe…Une chose était sûre en tout cas, notre homme avait été requinqué par ce début de conversation. Il se rendait compte que quelqu’un, quelque part, tenait à lui. Ce sentiment lointain, diffus, tout compte fait infime, lui redonnait goût. Il ne savait pas à quoi. Mais il avait compris qu’il existait encore et progressait dans son rétablissement. Lorsqu’un patient a bon moral, il guérit plus vite.
Ainsi la conversation se poursuivit durant trois jours. Entrecoupée de sommeils, car si les Ents sont endurants, les hommes ont besoin de végéter de temps en temps. Trois jours de débat au cours desquels Egard fit le tour des principes de vie des Ents, trois jours qu’il consacra à décrire les raisons qui peuvent pousser un homme à l’abandon. Trois jours à expliquer l’inexplicable. C’est bien pour cela d’ailleurs que Charnu-Yeuse finit par proposer la poursuite de celle-ci en présence d’un aréopage de Fangorn car le concept même de « vide de l’âme » était étranger à son entendement. Ainsi espérait-il découvrir un nouveau sentiment mais comme l’ent n’était pas sûr de lui, une communauté d’étude lui semblait nécessaire. Egard accepta l’idée de discourir un jour du sujet tout en obtenant que celle-ci se tienne aux beaux jours. Car nous étions encore en hiver. Et notre homme avait eu un peu froid au cours de ce long entretien…
Lorsque l’ent quitta la clairière, Egard alla dormir. Charnu-Yeuse, que tous considéraient comme le plus proche d’Egard, avait dans son regard le sentiment du devoir accompli. Mais en même temps, il se demandait s’il n’avait pas égaré son ami. Car au fond, l’ent n’avait pas soigné la maladie. Juste étouffé la douleur. Egard s’était vu signifier qu’il n’aurait pas le droit au suicide. Et s’en était suivi une longue déclaration d’amitié. Mais ce qui avait peiné notre homme restait une question sans réponse. Avait-il raison de penser qu’elle ne viendrait jamais ? Egard partit dans un profond sommeil. Esprits de la nuit, faites en sorte qu’il trouve un vrai sommeil, qu’importe pour une fois la quête de ces morceaux de lui.


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 14 Jan 2007 - 12:25
Treizième strophe : L’origine du mal (Verset 2-La divagation)

Un bruit de tonnerre, de la poussière, les worgs qui sautent de si loin et s’abattent comme des oiseaux de proie sur les roulottes, les humains. Au premier assaut, je vois Teomar égorgé, le worg qui l’a tué n’allant pas bien loin, car lardé de flèches par nous tous. Mais les autres…Un worg étalé pour le compte contre une troupe déjà décimée. C’est au deuxième assaut, lorsque les animaux ont fait demi tour, que mon heure arrive. Ambre, où est Ambre ? Je ne la vois plus. Est-ce elle que j’entends gémir dessous nous ? Des grognements de bête sauvage qui déchirent la chair je le sens, et puis, par derrière, le ciseau, le coup de collier, l’envol, la douleur qui s’étend, la chute, l’inconscience.
L’assaut aura été bref, extrêmement violent. Signe que les routes sont de moins en moins sûres. Deux minutes ? A peine. La haine sans origine, le chaos pour le plaisir du mal. Voilà ce qu’est devenu le monde des hommes…Je n’ai jamais su ce qui était advenu des autres. Mais point n’est besoin de dessin. Tous les crocus ont été piétinés, sans exception.

Sur mon tapis de mousse, je pars. Lentement. Je suis dans le brouillard désormais. Aucun son, aucune image ne m’atteint. Et si mon cœur bat encore, si l’air est filtré par les poumons, il n’y a plus d’expression dans mes yeux ouverts. Mon père me disait que je dors les yeux ouverts parfois. Ce doit être cela. J’ai si froid. J’entre en résonance, je grelotte, toujours plus. Bientôt, la divagation. Des corps décharnés se relèvent du champ de bataille, entament une danse des morts. Et le régisseur n’est plus Teomar mais un vieil homme dont je reconnais la voix. Père, habillé avec une longue cape noire, chevauchant un worg, tirant sur la bête pour qu’elle reste docile comme un cheval facile. Aucun des ces corps ne m’est étranger, je reconnais chacun d’entre eux, comme si les crocus étaient encore vivants, enfin…pas tout à fait morts. Mais leur complainte, en forme d’appel à les rejoindre, est une musique odieuse. Elle ne m’attire pas. Puis je vois un visage maternel…ou bien est-ce celui d’Ambre ? Je ne sais. La fumée recouvre l’endroit, des cavaliers arrivent dans leurs beaux accoutrements. Tous ont les cheveux qui débordent du casque. Mais leurs yeux stupéfaits montrent leur impuissance. La terre retournée accueille les fleurs fanées, il en manque deux. L’une, bien qu’écrasée, a réussi à passer la barrière. Et une graine gît…quelque part, dans le bosquet tout proche. Graine sans voix, grain de poussière oublié qui se meurt en rêvant que tout cela n'est qu’un cauchemar d’enfant.
Plus tard, l’odeur fraîche de la nuit éveille quelque peu mes sens. La tourbe diffuse son parfum et je vole sur les terres du Rohan, je suis un aigle. Qui franchit les montagnes...Je vois loin. Par delà la trouée…des terres dont je n’ai pas souvenir, même avec mon père. C’est la découverte. Si les aigles savaient rire, je sourirais. Bien vite, un remugle du réel me fait trébucher. Je crache du sang. L’oiseau stoppé en plein vol tombe comme une pierre. Je tressaute. Sans doute la lutte entre les forces de la vie et celles du néant a lieu en moi. Le bras de fer intense est ponctué par ces sursauts dont je ne sais s’ils marquent la victoire ou la défaite. Désormais, même les visions que je perçois dans mon sommeil sont floues. Les cheveux châtains sont tout ce que je vois d’elle. Assise sur moi, elle s’accroche, comme avant. Mais, percée par les râteliers Worgs tout comme moi, elle est ensanglantée. Ses cheveux tournent au rouge. Et le vide dans ses yeux me repousse. Venue pour me sauver, elle m’enfonce de son rire. Sorcière démoniaque.
Je suis seul à présent. La lumière blanche apparaît. Lointaine mais déjà rassurante. Qui se rapproche de l’autre ? Vient-elle à moi ? Ou vais-je vers elle ? Chaude comme le soleil d’été. J’avance d’un pas. Mais j’hésite. L’envie de me retourner…Tel un aimant elle m’attire mais je sens un fil qui me retient de partir vers elle. J’attends. Parce que désormais, ce sera elle, maintenant ou plus tard. Le temps ne presse plus. La lumière pâlit alors, comme si elle faisait mine de partir. Je n’avance pas. J’ai tout mon temps. Pour une fois que je peux décider…Tiens, c’est étonnant, je n’entends plus rien du tout. Et je n’ai plus mal. Je me sens bien. Suis-je guéri ?

Regarde mes yeux pleurer de ne pas savoir faire ce que tu fais.

La mort a un beau visage. Blanc comme la fraîcheur du matin. Doux, attirant. Je me sens aller vers elle, moi le danseur de mots. Le pantin avachi sur son lit de verdure oublie qu’il vit encore. Mais le fil me tire en arrière maintenant ! Comme un enfant que l’on sépare de sa mère, je me débats pour aller vers la lumière. Je lui crie de rester, que je veux me réfugier dans ses bras. Satané fil qui me coupe le souffle. J’ai mal à nouveau, je vis mais pour sentir la douleur. C’était mieux l’instant d’avant bon sang ! Qui es-tu pour me retenir ainsi ? De quel droit abuses-tu pour empêcher le bonheur de la mort ?

« Ne pars pas, homme aux cheveux verts… »

Comment ? Qui me parle ? J’entends à nouveau ! Je tousse, je respire. Cela fait mal, le savez-vous ?

« Je suis le vent dans tes cheveux,
la lumière dans tes yeux»…

Une odeur âcre me casse le nez, lorsque mes yeux s’ouvrent, je vois un fantôme. Puis je ne vois plus rien. Je sombre à nouveau dans le monde des vivants. La mort n’a pas voulu de moi. Mais désirais-je encore la vie ?


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 14 Jan 2007 - 17:12
Quatorzième strophe : La lumière du papillon de nuit

Tu es belle quand tes ailes bougent,
Tu es belle dans tes regards,
Tu es belle quand tes ailes brillent,
Tu es celle que je désire,
Tu es telle que je délire.
Tu es faite pour moi, Egard…


Il doit trouver une poésie au plus vite. Depuis la venue de Charnu-Yeuse, Egard est en souci. Contrarier les Ents constitue un danger. Non qu’ils le soient, contrariés. Mais par précaution, par affection aussi, le danseur de mots veut impérativement leur démontrer qu’il n’a pas perdu sa force créatrice. Et puis, s’il ne croît plus en la venue de la fée, disons que…En tant que narrateur, je te dois la vérité. Il traverse parfois ses moments de doute. Et s’il est vrai que sa mutilation a constitué un pic de détresse jamais atteint à ce jour, il a déjà perdu espoir par le passé. Bon, à mon avis, là, il n’y croît vraiment plus. Mais il tente malgré tout de créer. C’est contradictoire, je te l’accorde. En tout cas, est-ce que cela tue la qualité de ce qu’il écrit ? A toi de le dire. Moi, attaché au récit de mon héros, je suis mauvais juge de cela.

Je sourirais en enfer pour ma Reine…

Sa folie reprend le dessus. Ecrire encore, comme une fièvre qui jamais ne retombe. Le papillon va à la lumière, s’y brûle les ailes, sans jamais comprendre que tout ceci est vain. Que la mort est au bout du chemin, que seule la nuit le préserve pour quelques heures encore.

J'aimerais te retrouver dans mes rêves comme hier.
Au temps où j’étais fier.
Tout n’est que peine.
Je…
…T’aime


« En écrivant, je pense aux Ents. C’est idiot mais je me demande comment les femmes se différencient des hommes. Ont-elles des feuilles plus blondes, brunes, vertes ? Comment est leur voix ? Et sont-elles trapues ? C’est quand même bizarre de ne pas s’être posé ces questions avant…Si je cherche à les émouvoir, il me faut savoir par quoi les rêves de ces mastodontes sont hantés. Et demander directement serait déplacé. Je dois une fois de plus tout constituer par moi-même.
Etrange paradoxe. Elle ne viendra pas. Pourtant je n’ai jamais eu sur elle un regard aussi pointu. Et pour ces êtres qui comptent moins, je ne sais comment faire. Quels mots écrire… » Le papillon de nuit s’est enivré de lumière, dans une danse macabre que la chandelle a remportée. Il tient encore debout, sur ses pattes. Mais il ne peut plus voler.

Tu es si loin de moi
Disparue de moi
Epris de toi
Empli de toi


« J’écris des choses courtes pour eux. Sinon, ils vont me demander de répéter, d’expliquer. Cela prendra des semaines. Est-ce un bon calcul ?... Car les idées sont plus ramassées, il va falloir les développer. Bon, on verra comment ils réagissent. Après tout, ces mots sont assez clairs. Pour une fois…Clairs et universels »

Au moins a-t-il encore assez de cette flamme qui nous anime tous. C’est rassurant. Et les Ents le sentent. Ce soir, la nuit est d’un grand calme dans Fangorn, comme si la nature était apaisée, comme si tous étaient tranquillisés.
Seul le papillon souffre. Habitué qu’il est à se cogner aux réalités de sa condition, il n’y prend pas garde. Combien de temps tiendra-t-il ainsi, à se confronter à une lumière qui ne veut pas de lui ? Qui s’est éteinte. Qu’il ne sait comment rallumer…


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Dernière édition par le Dim 14 Jan 2007 - 19:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 14 Jan 2007 - 17:17
Troisième Refrain :

Ne me dis pas bonne nuit,
Les cœurs restent éveillés Egard
...
J'ai mal, j'ai mal, j'ai si mal…Mais tu m'accompagnais
dans ma douleur
.
Elle assombrit la révélation.
Je vois ton âme.
Je bois de ton sel.
Nos âmes s’aiment mais nos corps ne le sauront jamais.


Egard Cairn, au troisième hiver dans Fangorn.
Est écrit en bas de cette page : remodelage d'anciens essais. A suivre mais surtout à garder.


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyDim 14 Jan 2007 - 20:59
Soupir :

Je me suis demandé si ce que je disais pouvait garder la même valeur à tes yeux si je le répétais souvent.
Tu es partie la fée, c'est peut-être que tu étais lasse.
J'ai cru un instant aujourd'hui que tu reviendrais. Un instant seulement...


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 11:51
LA TENTATION D'Y CROIRE

Ta venue serait le printemps.
Parvenue à mon cœur d’enfant,
Lambeau de chair cent fois trop tendre,
écartelé, prêt à se fendre.
L’encrier sec réveille le mort…
Disparue une fois encore
Je mourrai de t’avoir attendu.
A moins que je ne meure…le jour de ta venue.

Languir est un long hiver
« Ne pars pas, homme aux cheveux verts… »
La poussière est sur ton épaule
Ses ailes te frôlent…
« Je suis le vent dans tes cheveux,
la lumière dans tes yeux»…

Il faudrait une apparition
Mettre fin aux lamentations.

Ne me dis pas bonne nuit ,
Les cœurs restent éveillés Egard...
J'ai mal, j'ai mal, j'ai si mal…Mais tu m'accompagnais
dans ma douleur.
Elle assombrit la révélation
Je vois ton âme
Je bois de ton sel
Nos âmes s’aiment mais nos corps ne le sauront jamais


Le parfum qui te suit
Le creux d’épaule que tu regardes

Elle est ce mirage que tant de nuits tu attendais.
Au fond du cœur
vivent et grandissent les émotions,
brûlent les flammes…
Déploie ses ailes.
Volez, dansez en chœur, désormais les jeux sont faits


Egard Cairn.
(à tester sur les Ents dès que possible)


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 12:43
L'aube se leva difficilement ce matin là... Louve ouvrit des yeux douloureux sur des échapes de brumes qui semblaient s'entreméler pafaitement à travers les troncs d'arbres, comme si ells avaient toujours étaient là... Paysage statique et humide et pourtant... Si vivant quand on y prend garde... L'immobilité n'est pas signe de mort, loin de là. Louve ouvrit ses yeux endoloris, elle avait passé une nuit étrange en lisière de cette forêt pour le moins particulière... Des rêves d'arbres en mouvements, de présence malgrès le calme apparent qui reignait autour...

Elle se leva en grognant de douleur, les bleus les courbatures de sa course folle a travers le pays étaient plus douloureux que jamais... Elle posa son regard sur cette forêt avec apréhension et pourtant, quelque chose en elle l'attirait irrémédiablement. Quoi? Elle ne savait pas.. Qu'est ce que cet endroit avait de si différent des autres? Ele n'aurait su le dire, et pourtant.... Pourtant il y avait quelque chose. Là, pas loin, quelque chose qui la tirait vers l'avant et la faisait marcher à travers les arbres sans oser les déranger... Les craquements de branches, le bruit de l'herbe piettinée sous ses pas lui faisait marcher avec le plus délicatesse possible afin de ne pas troubler la paix et le silence qui l'entourait...

Elle marcha ainsi longtemps, dans le hazard le plus complet, ne sachant pas très bien ce qu'elle faisait... Un cour d'eau, à peine un ruisseau au fond d'un vallon, un peu plus clairsemé que le reste de la forêt, c'est la qu'elle choisit de s'arretter un moment. S'asseyant à même le sol, elle retira ses chassures et remonta son pantalon pour se tremper les jambes et laver ses blessures. Elle se rinca aussi le visage, et les avant bras, profitant de cette eau si pur bien que glacée... Le sang séché fut vite enlevé de ses bras bruns et tatoués de mille signes étranges... Puis elle s'allongea, fatiguée de ses incéscents voyages et de son absence de but, de sa traversé de la vie sans savoir pourquoi, de son impression de se sentir inutile et impuissante à changer le monde ou à le rendre meilleur... Ses yeux s'allourdirent, et sa respiration prit bientôt un rhytme paisible, à peine un murmur dans cette immensité silencieuse et pourtant, tellement assourdissant! Lorsque le silence se fait pesant, le moindre souffle de vie suffit à faire plus de bruit qu'un orchestre symphonique....


Guerisseuse.

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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 14:57
Depuis son arrivée dans Fangorn, Egard n'avait plus croisé d'humain. Aussi lorsqu'il entendit de très reconnaissables bruits, sabots de cheval, discrets cliquètements de métal, il sut. Son adaptation au lieu était telle qu'il distinguait toute modification, même imperceptible. Qui était là ?
Car un intrus avait foulé les mousses du bois, un étranger posait son odeur en ces lieux sacrés à ses yeux.
Disons le, Egard n'appréciait pas du tout l'idée qu'un importun souille la source. Aussi alla-t-il sur le champ vers le lieu du délit, le plus discrètement qui soit, et cela, Egard savait le faire.
Il arriva très vite sur le lieu du crime, qui était à moins de cinq minutes. Ecartant les branchages, il épia l’animal. Une femme, une humaine, allongée. De longs cheveux noirs, d’un noir qui ferait peur la nuit s’il était visible tant ce noir intense…profond…Mais il ne voyait pas beaucoup plus. Et l’aube, sans qu’il ne s’en rende compte, avait des couleurs nouvelles. Pouvait-il être aveuglé par elles à ce point qu’il ne vit rien ?
Aussi s’approcha-t-il. Car après tout, c’était le seul moyen de savoir…savoir qui était cette dame assez téméraire pour s’aventurer dans la forêt la plus dense que les âges avaient créée. Elle fut surprise et sortie de son repos par l’ombre qu’Egard faisait sur son visage en éclipsant les lueurs du soleil. A ce moment, elle ouvrit les yeux.

-…mais

Egard fut frappé d’une stupeur qu’il serait impossible de décrire si nous ne savions pas toi comme moi ce qui entretenait la vie en lui depuis deux ans. Elle…Là, devant lui, elle…Si souvent il l’avait rêvée volant autour de lui. Mais elle était là, allongée, comme on est affalé après une nuit de bataille des corps qui se sont mélangés. Elle, armée comme un soldat en marche et pourtant si frêle…Les chaleurs de l’émotion tempêtaient dans tout le corps du barde. Du cœur aux poumons, incapable de se calmer, incapables de respirer. Lui qui si souvent avait cru l’oublier. Qui avait mille fois maudit son cerveau ignorant. Cheveux ébouriffés comme une crinière que l’on ne brosse jamais…et ce regard…ce regard…Le danseur de mots, immobile sur la scène, était en plein trou de mémoire. La réplique suivante lui faisait cruellement défaut. A force de ne penser qu’à sa venue chimérique, il avait oublié de préparer le texte de sa vie. Et comme un acteur débutant, il avait un trou. Terrible oubli, impossible à combler. Et puis, le choc était si grand que la tempête manquait de déborder par les yeux. L’homme se retenait, faisait tout pour faire bonne figure. Mais il ne put tenir longtemps…

- Tu as les yeux bleus ?!!


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 15:21
Louve, qui somnolait avec tranquilité en se laissant réchauffer le visage par un rayon de soleil fronça légèrement les sourcils lorsqu'une ombre s'y déposa... Un nuage? Peut être bien, mais celui ci semblait sacrément insistant alors! Elle fini par entrouvrir les yeux, doucement, avant de les ouvrir d'un seul coup... Son premier réflexe fut de la peur, son coeur si tranquil sembla s'embraser d'uns eul coup, tapant lourdement dans sa poitrine, alors qu'elle restait là sans bouger...

Un homme, un homme étrange se tenait là, devant elle, à l'observer... Il la regardait comme si il la connaissait depuis des années, comme s'il l'avait attendu longtemps pour une visite, et qu'elle n'était jamais venue, comme un ami qui en croiserai un autre par hazard au coin d'une rue... Comme s'ils ne c'étaient jamais quitté, et pourtant pas vu depuis longtemps... Sa phrase la choqua d'autant plus! Il la tutoyais, et lui faisait remarquer qu'elle avait des yeux bleus, comme s'il c'était attendu à une autre couleur, comme si elle en avait changé depuis toute ses années...

"Heu... Ben oui..."

Ces cheveux verts... Ces cheveux verts lui disaient quelque chose... Oui, elle l'avait déjà croisé sur sa route... Mais où? Quand? Pourquoi? Impossible de s'en souvenir... Ni son nom... Si lui la dévisageait, elle n'était pas en reste, détaillant avec une curiosité grandissante chaque trait de son visage, cherchant sa mémoire enfuie sans pouvoir prononcer une parole... Après une longue minute de silence, elle fini par briser le silence, cherchant à identifier le reve éveillé de la réalité... C'est vrai, combien de personnes ont les cheveux vert? Elle était en droit de se poser la question...

"Que fais tu là?"


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 15:43
Entendre sa voix amplifia le trouble de notre pauvre barde. Comme si, à la différence de leur première rencontre, elle le rendait malade. Peu à peu. Des centaines de pensées l'assaillirent. Des questions à poser, des milliers de choses à découvrir sur elle. Le pauvre Cairn ne savait par quoi commencer.
Désormais debout, elle offrait à ses yeux les mêmes formes que celles dont il avait un souvenir clairvoyant dans la douleur de son état de mourant. Frappé de se rendre compte que son souvenir était finalement très précis, il en oubliait de prêter attention à ce qu'elle avait dit. La seule chose qu'il trouva était le langage du coeur.

-..J'attends ma fée depuis si longtemps...

Sans aucunement réfléchir à ce qu'il était sur le point de faire, Egard prit la main de la jeune femme dont il ignorait tout. Délicatement, avec une émotion palpable dans le geste, il prit sa main. Egard n'avait jamais éprouvé de tels sentiments de toute son existence. Plus rien ne le retenait, jamais il n'aurait pensé à quoi que ce soit de néfaste aussi il avançait comme si la destinée l'avait placé sur ce chemin depuis toujours. Tout en caressant sa main du pouce, il la regardait avec tout ce qu'un homme peut avoir en lui pour la femme qu'il aime. Egard n'était plus qu'un sentiment.


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 16:14
Louve ne compris pas un mot de ce qu'il lui répondit... Elle n'avait pas été témoins de son attente, ni même informée, elle découvrait l'homme en son état présent... Il semblait d'une fragilité à toute épreuve, comme s'il avait déposé armes et armure pour n'être plus que lui, face à elle... Son geste la fit frémir, et s'il n'avait pas été dans un état si fragile elle aurait probablement retiré sa main... Mais ce contact d'une douceur infinie sur sa main griffée la remplie de chaleur l'espace d'un instant...

Ses yeux fixaient les siens, sans vraiment comprendre ce qu'il cherchait, ni ce qu'il attendait d'elle... Mais attendait il quelque chose? Il semblait déjà lui avoir tout donné, elle lisait dans ses yeux bien plus que ce qu'elle n'aurait pu imaginer un jour... Une telle chose était elle possible? Ce ne pouvait qu'être un rêve... Alors qu'une légère couleur rouge se déposait sur ses joues, un sourire timide se dessina sur ses lèvres... Elle sentait qu'il ne lui ferait pas de mal, bien au contraire... C'était elle qui avait peur de le blesser! Sans vraiment s'en rendre compte, ses doigts caressaient les siens, alors qu'elle cherchait à glisser sa main dans la sienne...

Leur doigts entrelacés, les yeux dans les yeux, et sans savoir ce que la suite leur réservait, Louve avait décidé de vivre ce rêve comme s'il était une réalité... Car ce ne pouvait qu'être un rêve! Elle en était sur à présent... On ne rencontre pas d'homme aux cheveux verts au fin fond d'une forêt touffu, on ne lit pas dans leur regard un amour infinie, ça n'existe pas... La réalité est froide et douloureuse... Pourtant, tout semblait si réel!

Son regard se troubla légèrement, alors qu'elle cherchait à comprendre ce qui lui arrivait, ce qu'il se passait... Sa main venait de sentir quelque chose d'étrange, quelque chose de pas normal... Elle regarda alors avec attention la main qui se tenait dans la sienne, et y découvrit une cicatrice des plus impressionnante... Une ancienne brulure probablement... C'est alors que tout lui revint en flash. Oui... Elle se souvenait maintenant de cet homme aux cheveux vert, et de l'état dans lequel elle l'avait retrouvé... Elle lui avait même donné de son sang en espérant le sauver, la seule fois de sa vie où elle avait tenté pareille folie... Et ça avait réussit puisqu'il se tenait là... A moins qu'elle ne soit morte elle aussi? Son nom lui échappait toujours...

"Où sommes nous, homme aux cheveux verts?"


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MessageSujet: Re: Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn.   Le terrier du danseur de mots, orée de la forêt de Fangorn. EmptyMer 17 Jan 2007 - 16:53
Je suis dans ton coeur,
Tu es dans le mien,
A jamais il te revient,
Rescapé des horreurs...


Egard avait légèrement chantonné ces mots improvisés, parce que c'est ainsi qu'il parle aux gens qu'il aime. Ne sachant pas toujours dire par le phrasé, il lui arrive d'improviser. Et le danseur de mots avait fermé les yeux pour donner à sa fée les mots fragiles d'un coeur malade. Il n'avait cessé de tenir sa main, ainsi prenait-elle conscience qu'il tremblait de plus en plus. D'une émotion subtile, on était depuis longtemps passé à une émotion tangible. Egard, qui avait si souvent rêvé, savait qu'il vivait ce qu'il éprouvait.

- Je suis dans la forêt de Fangorn avec un soleil au bout de la main...

Rouvrant les yeux, Egard commençait à prendre la mesure de l'état de la jeune femme, les bleus, les bosses, les quelques plaies. Aussi, par l'élan du coeur comme par celui de l'âme, il mit son autre main sur la joue de la dame. Entre deux meurtrissures, pour ne pas irriter. Il posa ses doigts sur les terres épargnées de ce morceau de chair et d'ajouter...

-...un soleil qui a traversé les nuages ce me semble...

Montrant l'inverse de ce que doit être un homme, Egard, trop ému, ne put se retenir. Désormais, des larmes disaient pour lui tout ce que les hommes ne sauront jamais dire.

- Je vois tes ailes mon aimée.


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