Forum RP : Le Seigneur des Anneaux
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 Tharbad

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Le mendiant errant
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MessageSujet: Tharbad   Dim 2 Mar 2008 - 13:52

Voilà deux jours qu'il marchait depuis Annuminas, traversant plaines et collines de l'Arnor, passant entre la Vieille Forêt de la Comté et la ville de Bree, sans y faire escale. Il avait voyagé à pied et sans aucune compagnie, s'était nourri de la végétation qu'il avait pu trouver ou des réserves qu'il s'était faite avant d'entreprendre le voyage.

Tandis qu'il s'approchait de la frontière entre l'Arnor et l'Isengard qu'était le fleuve Gwathló, l'air semblait empreint d'une certaine obscurité, comme si pour cet endroit précis, l'herbe ne poussait pas plus verte de l'autre côté. Il avait l'odeur du fer, du feu, l'odeur de l'industrie. Tharbad était pourtant une belle et riche ville qui avait largement prospéré grâce à sa localisation, faisant de la cité un lieu de commerce idéal.

Lorsqu'il s'approcha plus près de la ville et qu'il se présenta aux portes d'entrée, on l'arrêta et il déclina avec politesse et respect son identité.

" Je ne suis qu'un pauvre mendiant désirant traverser l'Isengard... Je me rends en Rohan, et je n'apporte ni la paix, ni la guerre aux habitants d'Isengard et à son puissant Seigneur. "


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Curunir
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MessageSujet: Re: Tharbad   Jeu 13 Mar 2008 - 21:06

Les gardes, des Hommes du Pays de Dun rendues dignes et civilisés par les efforts poussés de l’Istari, s’échangèrent quelques mots dans leur dialecte puis répondirent audit « mendiant » dans un Commun fort bien parlé mais au puissant accent :

Entendu, vous pouvez circuler. La Foire aux Tissues a commencée il y a peu, vous devriez y jeter un œil. Bon séjour au sein de notre riche citée. »

Depuis son annexion a l’Isengard, Tharbad avait été entièrement reconstruite et sa population avait quasiment triple. La neutralité très affichée de l’Angrenost vis-à-vis des conflits extérieurs avait attirée les marchands qui appréciaient cette stabilité, ainsi la fameuse « Vieille route du sud » était à nouveau empruntee par les commerçants et voyageurs provenant de l’Eriador et se rendant au sud et a l’est de la Terre du Milieu.
Tout ceci profitait bien évidemment aux habitants locaux qui voyaient les pièces de cuivres être progressivement remplacées par des pièces d’argent…ou bien même d’or.


« Le premier qui arriva avait grande allure et noble maintien, les cheveux de jais et la voix très suave, et tous, ils le tinrent, même les Eldar, comme le premier de son Ordre. » Contes et légendes inachevés : le Troisième Âge - Les Istari.
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Herunumen
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MessageSujet: Re: Tharbad   Sam 15 Mar 2008 - 23:05

La Compagnie Noire avait chevauchée durant deux jours entre le Cercle d'Agrenost et la ville commercante de Tharbad, s'arretant peu. Ils avaient été accueillit avec générosité par les habitants de l'Enedwaith, Herunumen étant un enfant de l'Empire de l'Isengard.
Enfin, il entra dans Tharbad, et fut recu avec tous les honneurs dus à son rang. Le Gouverneur de la Ville lui offrit ses appartements durant la durée du séjour de l'Empereur, car comme toute cité de l'Empire, lorsque le Seigneur était la, c'était à lui de prendre les décisions, et donc il devenait le Gouverneur lui même.
Cela faisait déja quelques jours qu'il était à Tharbad, lorsqu'il décida de visiter la Foire aux Tissus. L'Empereur visitait les stands un par un, se faisant offrir les plus nobles tenues faites dans les plus riches tissus, tel des capes, des manteaux, des toges...
Et alors qu'il s'appretait a rentrer à ses appartements, il vit un homme des plus étranges, un Mendiant, vieux et exténué. L'Empereur s'approcha de lui, et lui offrit généreusement deux pièces d'or, et lui dit d'un ton hautain


Je ne désire voir aucun mendiant dans une ville aussi riche. Prends ca, et quitte Tharbad au plus vite. Cette ville est la vitrine de l'Empire, et quiconque y voit un mendiant va avoir mauvaise opinion de ma ville...
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Le mendiant errant
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mer 19 Mar 2008 - 18:12

" La vitrine... de l'Empire... Sont-ce bien vos paroles mon Seigneur ? "

Profondément étonné par l'intervention impromptue d'un homme de haute taille et de grande carrure, au verbe arrogant, à l'allure puissant mais fausse, prétendue, le vieillard levait des yeux étonnés vers celui qui lui avait ordonné de partir.

" Alors Tharbad est le symbole de votre Empire... "

Répétait-il, le regard vide et perdu, comme s'il ne comprenait pas, mais il cherchait à comprendre. Son cerveau semblait bouillonner, les idées germer et sa réponse arriver promptement.

" Donc, votre Empire est dominé par l'argent qui afflue et circule sur vos terres, par la puissance du Magicien Blanc Saroumane, et par l'armée que vos villes détiennent en garnison. Votre pouvoir est celui de la force et de la persuasion sous la menace. Votre pouvoir, qui plus est, n'est pas véritablement le votre, mais celui de l'Isengard...

Est-ce ceci, mon Seigneur, que vous vouliez me signifier ?

Dites-moi, mon Seigneur, êtes-vous trop haut de taille pour voir la misère qui gît sur vos terres, les cadavres et le sang ? "


Ce fut avant tout un regard de détresse et d'incompréhension que jeta le mendiant au puissant Empereur, mais derrière s'y cachait un mépris pour l'autorité, un dégoût pour le personnage même qui se tenait devant lui et qui croyait être tout-puissant.


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Herunumen
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mar 25 Mar 2008 - 13:28

L'Empereur fut assez étonné du courage qu'avait le pauvre homme pour lui parler aussi librement. Il le scruta durant quelques secondes, avant d'énoncer avec un peu moins de hauteur

Et bien l'ami, tu es un homme courageux pour oser t'adresser ainsi au Roi des Rois. Je vais te répondre mon ami. Oui l'Empire est dominé par l'argent, oui Saroumane a grande influence sur mes terres, puisqu'il est mon mentor. Mais comment pourrais-je faire autrement?
Je suis jeune, et je manque d'assurance, et d'expérience. Mon pouvoir ne repose que sur la force, comme tu le dis si bien. Je maintiens mon peuple sous ma domination par la crainte que lui inspire la plus puissante armée de ce monde. Les plus grands combattants luttent sous ma bannière. Mais comment pourrait-il en être autrement?
J'ai besoin de toi, l'ami, d'un homme qui me dise dans les yeux lorsque l'Empire va mal, qui osera s'opposer à moi tout en travaillant pour moi. Je veux un homme qui ai parcouru le monde et qui connait les coutumes de la Terre du Milieu. L'Empire a besoin de toi, j'ai besoin de toi. Viens avec moi, deviens mon ministre et tu vivras comme jamais tu n'auras vécu. De l'or et des femmes, des vétements propres et un lit de plume. Tu seras l'un des hommes les plus puissant du monde. Je t'en prie, viens avec moi et nous siègerons ensemble sur les trônes de Minas Tirith, d'Annuminas et d'Armenelos, la Cité des Rois de l'île bénie.
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Le mendiant errant
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MessageSujet: Re: Tharbad   Ven 4 Avr 2008 - 17:08

C'était... c'était... intéressant...

Qui a dit qu'un homme fou n'était plus un homme ? Le mendiant n'en restait pas moins avide de certaines récompenses, d'une certaine reconnaissance... Qu'elle soit volontaire ou non, cela importait peu. En réalité, vu son physique, et son comportement, il se doutait qu'elle ne pouvait qu'être très difficilement de plein gré. Qui voudrait admirer un vieillard errant, pauvre et sale, égaré tout autant sur la Terre du Milieu qu'il foulait que dans son esprit qui le soumettait littéralement, incapable qu'il était parfois de retenir sa langue, de s'empêcher de faire certaines choses qui étaient jugées... déviantes.

Et lui, ce fou, se voyait proposer d'être parmi le cercle de pouvoir autour de l'Empereur Herunumen ? Intéressant, oui, c'était intéressant. Il ne montrait aucun signe de contentement, de fierté ou d'arrogance, seulement une surprise sur son visage, ses yeux ronds et son regard stupide, sa bouche entrouverte et sa main impropre grattant son visage ridé et poussiéreux.

" Hum... "

Ce fut sa première réponse. Bien qu'il ne paraissait pas hésitant, et en réalité il paraissait fort peu de choses, c'était un soupir assez interrogateur. Le vieillard s'en rendit compte, et reprit soudainement contenance.

" Je n'ai guère besoin d'or, ni de femmes, ni de propreté, ni de confort... Je ne souhaite pas ce que vous appelez le bien-être, il me paraît dérisoire et futile. Je veux garder mes vêtements et ma liberté, je veux garder ma pauvreté et ma saleté. C'est ainsi que je suis. Qui plus est c'est ma personnalité, mon identité, qui vous font me demander d'être un de vos conseillers, aussi je vous prie de ne pas me l'enlever par des choses si superficielles que l'argent ou la chair...

Cela dit, j'aime votre proposition. J'ai été fort surpris de voir que vous aquiescez à mes dires, et que vous vous dévoiliez vous-même comme jeune et inexpérimenté... Je n'aurais aucunement cru ça de vous, Empereur. Vous me sembliez si fier et si orgueilleux. Ne perdez pas non plus votre personnalité.

Quoiqu'il en soit, j'accepte. Je me plie à votre service.

Mais une dernière chose... je veux être approvisionné quotidiennement en pommes. Il s'agit du meilleur fruit au monde. "


Sur ses derniers dires quelque peu étranges (qu'est-ce qui ne l'était pas chez ce vieil homme... ), le mendiant s'inclina devant l'Empereur comme l'aurait fait un des sujets de ce dernier.


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Herunumen
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mar 22 Avr 2008 - 15:22

L'Empereur acquiessa les dires du mendiant d'un bref signe de tête. On offrit un cheval au vieil homme pour qu'il avance à la même distance du Nùmenoréen. L'Empereur lui dit alors d'un ton posé

J'aime les pommes mon ami, mais sachez que l'Empire est une pomme empoisonnée par des hommes qui veulent prendre le pouvoir
Maintenant, Seigneur, vous serez appelé Intendant.


L'Empereur posa le pied à terre, et sortit son épée, la déposa sur l'épaule du Mendiant

Je vous fais Seigneur d'Andunië, et votre nouveau nom sera Ormandil. La province de Nùmenor vous appartiendra et votre titre succédera à toute votre descendance.

Ils remontèrent alors à cheval, quittant Tharbad

Nous allons maintenant vers Nùmenor, et nous organiserons un conseil réunissant tous les puissants rois Edains. Je leur proposerais à tous un Protectorat Impérial. Vous m'aiderais à obtenir ce que je veux...


Pendant ce temps, Gontran le Lapin Blanc gambadait. Il venait de chiper une carotte dans le pré de Monsieur Patate, un paysan de l'Isengard. Celui-ci fixait avec admiration le noble cortège...
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Alfirin Fierpied

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MessageSujet: Re: Tharbad   Lun 22 Fév 2010 - 15:06

[Dernier topique : les voyages d'Alfirin]

Tharbad était une ville commerciale par excellence, un Paradis pour bien des marchands au sein d'un pays neutre (ce qui n'encourageait que davantage les commerces de pousser comme des champignons). Construite près de la frontière avec l'Arnor, Tharbad était un point stratégique car la cité était à la fois l'une des rares offrant un passage par-dessus le fleuve Gwathló (Lond Daer présentait également cet avantage) et elle était idéalement placée tant pour relier l'Arnor et l'Isengard que pour rejoindre Belegaer la Grande Mer par le fleuve ou seulement Lond Daer.

Venant par la Vieille Route du Sud, Alfirin put admirer le paysage constitué de praires verdoyantes et fleuries ainsi que de grandes et vastes forêts. Certaines, semblait-il, avaient été surexploitées par les habitants du Pays, ce qui l'attrista quelque peu. Il avait toujours été question pour lui de vivre avec la nature et non de s'en servir avec outrance. Qu'à cela ne tienne, le Hobbit poursuivit sa route jusqu'aux portes de Tharbad.

Avec une telle affluence dans la cité, les portes restaient ouvertes mais bien gardées. Alfirin avait déjà entendu que la garnison de cette ville était importante, ce n'était vraiment pas pour lui plaire. Pour autant, à force de vivre parmi les Hommes, il comprenait peu à peu que chaque royaume était toujours sur ses gardes, à l'affut d'une traîtrise ou d'un assaut impromptu pour des " raisons " aussi saugrenues que la race, l'ascendance, le pouvoir, l'argent... Donc, le Hobbit entra dans la cité et laissa son âne à l'écurie la plus proche des portes Sud. Son sac sur le dos, il s'engouffra parmi la foule. De nombreux cris parvenaient ici et là, vantant les mérites de tel ou tel produit.

* En voilà une cité intéressante... * Se dit-il, bien que déjà il se sentait légèrement oppressée par les Numénoréens, si grands, et le reste des habitants et visiteurs qui formaient une foule opaque et dense. Pas facile pour un Semi-Homme de ne pas se faire marcher sur les pieds, bousculer, de ne pas tomber et se faire marcher dessus par mégarde, de quitter librement le sens de la circulation pour regarder de plus près un magasin particulier, ou tout bonnement de se faire entendre. Se corrigeant lui-même de sa dernière pensée, il se dit ceci : * En voilà une cité bien étouffante, oui ! *

Certes, pour quelqu'un vivant à Minas Tirith, il aurait pu s'y attendre et y être davantage préparé qu'à cet instant. Pourtant, ce n'était pas le cas et Alfirin n'aimait guère le premier aperçu qu'il avait alors de Tharbad. Parvenant enfin à s'extirper de la masse des passants, il tomba devant l'entrée d'un bâtiment qui lui était encore inconnu.

" Ça m'apprendra à m'immiscer ainsi parmi la foule sans prudence aucune ! "

Sa main toucha un bout de métal froid et il eut un réflexe de recul instantané, se levant bien vite. Même debout, il dût lever les yeux bien haut pour voir le visage de celui ou celle à qui appartenait le bout de métal, celui-ci s'étant révélé être une botte.

C'était une femme, visiblement une Numénoréenne bien qu'Alfirin n'en savait que très peu sur ces gens-là. Si le Hobbit parut rapidement confus et gêné, c'était parce qu'il s'agissait d'un soldat. Ne jamais chercher de problèmes, c'était une de ses règles d'or. Se permettre, même sans intention volontaire, de toucher ainsi le pied d'une femme d'armes, ce n'était pas vraiment dans les uses et coutumes !

" Pardonnez-moi, je vous prie de m'excuser ! Ma chute était accidentelle, ce contact l'était tout autant ! "


[Hrp/ Puis-je bénéficier d'un MJ ? Sarou' étant souverain de l'Isengard, il est bien dans ses droits d'être MJ sur ses terres ? Si c'est le cas, pouvez-vous me MJter mon vieil ami ?
Que de questions, veuillez me le pardonner. \Hrp]
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Curunir
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mer 24 Fév 2010 - 5:39

La femme, portant un heaume ouvert dévoilant ses traits fins et sa belle chevelure blonde, sembla d’abord toiser le semi-homme. Mais, bientôt, un sourire franc et chaleureux apparut sur son visage tandis qu’elle tendait sa main gantée de fer à Alfirin pour l’aider à se relever.

Eh bien, eh bien ! Maître Hobbit, vous voilà si pressé que vos pieds ne patinent point assez vite pour vos jambes ? Levez-vous l’ami, et remettez donc moi ce beau veston en ordre. »

Elle poussa sans violence le marchand haut comme trois pommes vers l'entrée de ce grand établissement devant lequel elle se tenait, l’extirpant ainsi du flux interrompu de passants.

« Vous n’êtes pas le premier semi-homme que nous voyons par ici ; depuis que la région connait une paix relative, les gens viennent de très loin pour profiter de cette ville particulière sous bien des formes ! Cependant, je ne crois pas vous avoir déjà vu dans les parages. »

La soldat ouvrit finalement la porte : immédiatement, un vent chaud s’engouffra vers l’extérieur, portant avec lui des éclats de rire et de bons effluves de bière et de rôtisserie.
Une auberge !


« Entrez, je vous en prie. Prenons un verre et, si vous avez le temps, discutons un peu des affaires qui vous amènent à cette croisée des chemins. »


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Alfirin Fierpied

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MessageSujet: Re: Tharbad   Ven 26 Fév 2010 - 14:39

Reconnaissant de la bienveillance qu'elle lui accordait, Alfirin accepta avec joie de pénétrer à l'intérieur de l'auberge. Les effluves de bière réveillèrent son sens accru de l'odorat et l'odeur d'une bonne boustifaille lui mit l'eau à la bouche. Heureusement qu'il avait fini par s'accorder avec le nombre de repas des Hommes, lui qui autrefois prenait deux petit-déjeuners, une collation, un déjeuner, une deuxième collation, un goûter, parfois une troisième mais légère collation (il n'était pas non plus question de se goinfrer jusqu'à être malade), un dîner et un souper. Dorénavant, il n'était plus question que d'un petit-déjeuner, quelques fruits, un déjeuner, de légers grignotages, un dîner. Le souper était apprécié sans être régulier.
Voilà pourquoi il n'aimait guère voyager, d'une part son sac était beaucoup trop lourd et d'autre part ce même sac n'était jamais assez rempli pour durer tout le trajet. Une brève pause au sein d'une auberge était, pour cette raison, la bienvenue...

" Cela sent merveilleusement bon ! "

Lança-t-il à l'intention de la Numénoréenne, n'attendant pas pour autant une réponse. Son visage enjoué et ses émotions si aisément lisibles laissaient comprendre avec la plus grande clarté qu'il disait strictement ce qu'il pensait.

" Je suis marchand, voyez-vous. Négociant d'herbes à pipe et d'autres produits de la Comté ! Nourriture, artisanat... Je travaille à Minas Tirith, la Cité Blanche. Une ville somptueuse, certes, bien que morne ces derniers temps. Seule l'incroyable arrivée du Seigneur Beldorn est source de bonheur et nous n'avons que son nom à la bouche ! C'est un homme formidable, je n'en doute point ! "

Le Semi-Homme regardait de gauche à droite et de droite à gauche, cherchant un endroit où tous deux s'installeraient pour mieux discuter. Cela ne l'empêchait pourtant aucunement de converser, ou plutôt de commencer un monologue, tandis qu'ils marchaient. Deux minutes plus tôt, Alfirin était gêné et quelque peu effrayé, voilà qu'à présent il était confiant, à l'aise et bavard.

" Ici, cela vous ira ? "

Désignant de sa main gauche une table pourvue de deux chaises face à face, Alfirin leva les yeux dans l'attente de quelques paroles. La réponse vint promptement et la femme ayant, selon ce que le Hobbit en déduisit, jugé l'endroit assez tranquille et propice à une bonne conversation (pas trop sonore, donc, pour que tous deux puissent s'entendre aisément), ils s'assirent.
Un homme d'âge avancé vint s'enquérir de leur commande, présentant au préalable tous ses respects à la soldat puis au Hobbit.

" Une pièce de viande rôtie je vous prie, ainsi qu'une bonne bière brassée. Quelques légumes seront idéaux en accompagnement. Oh, et si je commençais par une petite laitue... Oui j'en prendrai une également. Quoique non, oubliez ça. Cette curieuse galette achetée à Minas Tirith m'a quelque peu barbouillé. Je n'ai guère faim, aussi je ne prendrai que la pièce de viande, les légumes et la bière. Merci ! "

Un grand sourire vint conclure sa commande fort confuse que l'homme avait pris non sans peine. Ce n'était vraisemblablement pas la première fois qu'il croisait un Semi-Homme et n'exprima aucune réserve, bien qu'il pensait clairement qu'une laitue n'était pas l'aliment qu'il aurait rejeté pour ne point trop manger... Une commande pareille, c'était bon pour les affaires.

" Oh, attendez ! "

Il ouvrit des yeux étonnés, croyant qu'Alfirin s'apprêtait à commander davantage. Mais l'intention du Hobbit était toute autre, celui-là s'était seulement rendu compte qu'il n'était guère poli de commander avant la femme, aussi il voulut corriger son erreur.

" Je vous prie d'excuser mon empressement, désirez-vous commander quelque chose ? Il serait d'un grand plaisir pour moi de vous le payer, Dame... "

Double interrogation, en vérité, car Alfirin désirait également apprendre le nom de la Numénoréenne.
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mar 2 Mar 2010 - 2:06

Du pain et un bouillon me suffiront amplement, tavernier. »

La garde se retourna vers le hobbit.

« Le Seigneur Beldorn, dîtes-vous ? Je n’en ai jamais entendu parler, serait-il un puissant notable du Gondor ? Nous ne portons pas spécialement ce pays dans notre cœur, car leur mépris est grand envers leurs cousins de Numénor qui ne suivirent pas le même chemin… Mais enfin, Tharbad accueil des gens très différents et il me faut rester au courant des dernières nouvelles. »

Un jeune garçon, pas plus de 9-10 ans à première vue, apporta à lui tout seul les deux plats…Il était difficile de s’imaginer comment un enfant pouvait tenir dans ses petites phalanges ces grandes assiettes chaudes, mais il ne se plaignait pas et mettait même de l’ardeur au travail. Ce genre de main d’œuvre était largement utilisée en Terre du Milieu, il n’y a avait là rien d’étonnant, même si l’on restait parfois pensif devant les tâches forts ingrates qu’ils devaient accomplir…

« Merci mon garçon…Eh bien, voilà une magnifique pièce de viande, Maître Hobbit. Des comme ça, ma famille peut s’en payer seulement le dernier jour de la semaine…Alors, où en étions-nous ? Ah, oui. Donc, vous êtes marchand d’herbe à pipe.

Je suis sûre que nous devons avoir une place pour vous ici. Que diriez-vous d’ouvrir une échoppe à Tharbad ? Les taxes sont très faibles et, comme vous l’avez sans doute remarqué, il y a beaucoup de passage. Vous pourriez laisser la gérance de la boutique à un tenancier, vous offrant ainsi la possibilité de continuer vos voyages, et vous viendriez quelques fois par an voir si l’affaire marche bien…
»


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MessageSujet: Re: Tharbad   Sam 6 Mar 2010 - 0:02

Sans être étonné, Alfirin fut surpris que la Numénoréenne ne connaisse point le seigneur Beldorn. Il s'en remit bien vite, cela dit, car le Hobbit avait la présence d'esprit de se douter de nombreuses choses. L'une d'elles, donc, était de savoir qu'un évènement unique et extraordinaire au Gondor n'était qu'un fait étranger et sans incidence (la plupart du temps) en Isengard. D'autant plus que les relations tendues entre les habitants des deux contrées n'arrangeaient rien, ce dont Alfirin se plaignait sans toutefois s'y attarder. Une erreur, c'en était une et pas des moindres, car ces deux peuples étaient plus proches que ce qu'il était habituel de penser.
Leur puissance serait monumentale s'ils étaient unis mais cela le Semi-Homme s'en moquait, il ne voyait que l'entente cordiale propice à un commerce florissant. Tharbad était la vitrine d'un symbole, celui de la neutralité. Ville en paix et cosmopolite, Alfirin avait déjà ressenti combien les affaires allaient bon train, même s'il l'avait subi plus qu'il n'avait pu l'apprécier.

Pourquoi ne pas ouvrir une petite échoppe dans cette cité ? Il faudrait bien sûr la construire ou la racheter, offrir un salaire au tenancier, que la demande soit là et que l'offre soit alléchante. S'il avait réussi cet exploit à Minas Tirith, nul doute qu'il pourrait réitérer cela à Tharbad ! Alors pourquoi ne pas le faire, oui, pourquoi pas...

Il entama sa pièce de viande, glissant dans sa bouche deux ou trois bouts de légumes pour accompagner. C'était excellent et bien qu'au commencement, Alfirin était trop songeur pour le faire remarquer, le goût prenant et l'odeur enivrante lui délia vite la langue.

" Cette viande est fameuse ! Rôtie à point, quelque peu saignante en son milieu. Les légumes sont croquants et j'ose croire que la bière s'avérera tout aussi savoureuse. La chance m'a sourit lorsqu'elle m'a fait chuter à vos pieds, Dame, quand bien même cela n'était guère poli ni dans mes habitudes. Ça ne rend l'évènement que plus original et amusant. "

Alfirin sourit et trempa ses lèvres dans la bière, humectant le breuvage et prenant un avant-goût de la mousse. Une bonne gorgée le rassasia enfin, du moins assez à cet instant pour reprendre sa consommation de viande. Un bref silence vint tranquillement où il vit la garde entamer son bouillon et la vue d'un si maigre repas lui fit remarquer la quantité de ses propres aliments. Rien d'inhabituel, cette fois, car le Hobbit mangeait toujours plus qu'un homme gras là-bas dans la Cité Blanche, aussi il n'y avait rien d'étonnant vis-à-vis d'une femme de l'Isengard. Il ne revint pas sur cette différence évidente et laissa cela couler tandis qu'il entamait un autre sujet de conversation.

" J'admets qu'il me plairait d'ouvrir une échoppe en cette cité, Dame, car elle semble toute indiquée pour y faire fleurir son commerce. Il sera bien entendu question d'avoir les fonds nécessaires pour y parvenir, ce que je ne peux prétendre en ce jour. Ne nous jetons pas malheur, qui sait s'il n'adviendra pas d'heureuses et impromptues ventes à l'avenir, dans la Cité Blanche ! Le Seigneur Beldorn a redonné la joie qu'il manquait à bien des citadins et vous savez, je crois, qu'un être heureux est un consommateur fiévreux.
Ah, les Hommes, je ne les comprendrai pas toujours et les connais deux fois moins qu'ils ne savent eux-mêmes qui sont les Hobbits. Vous qui ignorez qui est ce Seigneur, laissez-moi donc vous enseigner l'heureuse nouvelle...
Il est le nouveau Comte d'Arnor, Beldorn Tue-la-Mort ! Ce surnom vous paraît étrange, n'est-ce pas ? Pourtant, il est aussi clair que possible... Le Seigneur Beldorn a vaincu la Mort, sur les plaines faisant face à la Cité Blanche ! Avec une grâce digne, je crois, d'un Elfe, il a manié l'épée et éradiqué ces êtres abjects. Si vos yeux avaient contemplé la scène, nul doute que vous auriez pensé que son acte était insensé car même s'il portait secours, ils étaient trop nombreux pour lui ! C'était sans le connaître et voilà le cas pour bien des citadins alors, beaucoup ignoraient son identité. Mais lorsqu'il eut vaincu un petit nombre de Ceux qui Erraient, le reste de ceux-là disparurent en un souffle ! Des flammèches épuisées, rien de plus ! D'aucuns disent que dans d'autres contrées, ils ont disparu en un temps qui concorde avec l'acte du Seigneur Beldorn ! J'ignore si cela est bien vrai, pour autant j'ai traversé le Rohan et l'Isengard jusqu'ici et rien ne m'est arrivé. Vous conviendrez avec moi que je ne suis guère intimidant, j'aurais été une proie facile.

Le Seigneur Beldorn est bon et il nous a tous sauvé d'une mort certaine ! Je ne vous ai point encore révélé la totalité des faits, oh non... Il est aussi le fils caché de notre Empereur ! Oui, le fils caché ! Le frère d'Eldarion, jusqu'alors unique héritier ! On dit que l'Empereur fut infidèle à sa femme lors d'un voyage, avec une humaine qui plus est, et qu'il est le fruit d'une telle union. Oh, je ne connais aucunement les moeurs des Rois et Reines de ces temps, la Comté n'a pas de telle autorité. Cela ne me surprend guère, j'ai vu combien les hommes aiment... comment m'a-t-on signifié cela... oh, oui, combien ils aiment aller voir ailleurs. Une bien triste habitude, je le crois. "


Alfirin regarda yeux dans les yeux la Numénoréenne qui n'avait pipé mot. Le Hobbit lui sourit gaiement et croqua à pleines dents sa viande. Il dût admettre qu'elle avait quelque peu refroidi, peut-être avait-il parlé trop longuement. Le Seigneur Beldorn déclenchait en lui une grande fierté et une joie démesurée.
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Curunir
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MessageSujet: Re: Tharbad   Mar 23 Mar 2010 - 3:28

La femme porta à ses lèvres le bouillon tout en écoutant son voisin de table, elle buvait des petites gorgées et prenait plaisir à sentir le liquide chaud et parfumé descendre le long de sa gorge. Puis, lorsqu’il ne restait que la moitié, elle scinda sa miche de pain en plusieurs morceaux et les déposa dans son bouillon. Elle patienta quelques minutes le temps que la mie se gonfle puis la piqua avec un couteau avant de mordre calmement dans cet aliment très modeste.

Oui, nous avons entendu parler des Morts, mais ceux-ci n’ont jamais osé s’aventurer sur nos terres. Lorsqu’ils voyageaient entre le nord-ouest et le sud-est de la Terre du Milieu, ils évitaient l’Isengard et passaient toujours par les Monts Brumeux. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais mon époux s’imagine que c’est la magie de Saroumane qui nous a protégé. Je pense qu’il exagère un peu, mais néanmoins je veux bien croire que ces fantômes n’osaient pas confronter un maître des arcanes… »

Elle termina son bouillon et sa miche, puis s’essuya la bouche sur un pan de tissu tombant en cascade sur la banquette. Rien d’inhabituel, en somme, parmi les humains modestes.

« Quand à ce bâtard de l’Arnor, j’ai du mal à y croire. Comprenez-moi, il y a tellement de voyageurs par ici qui me racontent tout un tas de sornettes. Cela ne veut pas dire que vous mentez, oh non, mais peut-être que celui qui vous a parlé de tout ceci voulait se moquer de vous.

Si c’est vrai, cependant, alors tant mieux pour ce monsieur ! En tout cas, ce n’est pas ici que vous verrez un enfant issu d’une relation dans le pêché obtenir un titre et des terres, non, ça c’est sûr. C’est très mal vu, et le gamin, fruit d’infidélité, est bon pour terminer laveur de latrines ou femme de joie.

Mais ce que vous me dîtes ne m’étonne pas après tout, venant du Gondor ou de l’Arnor. Vous savez ce qu’on dit sur les gens de là-bas ? Qu’un jour, ils ont voulu sauter au dessus de leur égo…et qu’ils ne sont toujours pas retombés !
»

La garde contint tant bien que mal un éclat de rire.

« Alors, leurs nobles là-bas, qu’ils couchent avec tout le monde parce qu’ils se sentent importants, il fallait s’y attendre. Mais bon, vous excuserez ma vilaine langue de vipère, mais quand on donne des leçons tandis qu’on ne sait pas se tenir soi-même, eh bien ça me rend un peu amer. Vous comprenez ?

Allez, je vais vous laisser, hobbit. Il y a une guilde de vendeurs d’herbe à pipe non loin d’ici, prenez à gauche en sortant puis encore à gauche, vous tomberez dessus après une quarantaine de toises. Ils vous aideront à faire le nécessaire pour ouvrir une boutique.

Que les Valars vous protègent !
»

Lentement, la femme se leva, deposa une poignée de piécettes de cuivre sur la table pour payer sa pitance, puis s’éloigna vers la sortie après une bonne tape amicale sur l’épaule du semi-homme.


« Le premier qui arriva avait grande allure et noble maintien, les cheveux de jais et la voix très suave, et tous, ils le tinrent, même les Eldar, comme le premier de son Ordre. » Contes et légendes inachevés : le Troisième Âge - Les Istari.
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MessageSujet: Re: Tharbad   Ven 2 Avr 2010 - 10:01

Alfirin ne sut guère comment réagir face à cette femme qui se brusquait tout soudainement et se renfrognait à l'écoute de la "vie" de Beldorn, nouveau Comte d'Arnor. Certes, il était le bâtard de l'Empereur mais il n'en restait pas moins que le même sang coulait dans leurs veines... En cela, Alfirin ne s'offusquait pas de le voir accéder à quelque haut rang, tout autant qu'il ne comprenait rien aux machineries et rouages des rois, princes, comtes et autres représentants de pouvoir... La Comté n'avait pas de Roi et elle n'en avait pas besoin.*
*Big up Boromir

" Merci pour tout, Dame ! Soyez tranquille chez vous ! "

C'était la politesse d'usage chez les Hobbits, qui plus est Alfirin ne trouva guère rien d'autre à dire. Ainsi se finit leur entretien et le Semi-Homme s'en réjouit car cela lui avait offert de goûter à la viande, les légumes et la bière servis en Isengard. Quand bien même il avait énoncé vouloir payer le repas de la soldat, il dut bien se rendre compte qu'elle l'avait elle-même fait avant de prendre congé et il ne paya donc que sa propre part de la commande.

" Soyez tranquille chez vous ! "

Renchérit-il cette fois au tenancier qui lui rendit un sourire poli bien que son regard exprima alors un étonnement certain. De drôles de petits hommes étaient les Hobbits... S'en allant en chantonnant, Alfirin fut forcé de traverser la foule de dehors pour espérer rejoindre l'endroit dont la Dame lui avait parlé. Non sans peine, il y parvint enfin et se renseigna avec plaisir sur les moyens et les tenants et les aboutissants et d'autres choses finissant phonétiquement par [an] afin d'ouvrir une boutique à Tharbad.
Il se plut parmi les gens qui l'accueillirent et trouva qu'ils étaient ô combien aimables et polis. Cela ne lui fit que moins comprendre encore pourquoi il existait une telle véhémence à l'égard des gens de l'Isengard venant de ceux du Gondor. Les Numénoréens, car il avait à peu près compris qu'il s'agissait de ces hommes-là, étaient fort sympathiques et d'agréable compagnie. Lorsqu'il prit congé d'eux, bien renseigné et prêt à décider s'il entamerait toutes les démarches d'ouverture d'une échoppe à Tharbad, il leur dit avec toute la sincérité qu'on lui connaissait -et je suis certain que vous savez déjà de quoi il s'agit- :

" Soyez tranquilles chez vous ! "

Agitant sa main bien haut au-dessus de lui en guise d'au-revoir (elle devait alors être à hauteur d'épaule pour un Homme, quoique légèrement moins), Alfirin était fort réjoui de s'être arrêté un instant à cette ville frontalière qu'il trouvait incontestablement prospère. Un bien beau pays que l'Isengard, c'était désormais son opinion et il en arrivait à se demander comment le Magicien lui-même se comportait, s'il était le même que les Numénoréens (calme, posé, doté d'une grande culture et d'un sens accru des convenances et de la politesse -une force tranquille, si l'on put dire-). Il n'en viendrait toutefois pas à le vérifier de lui-même, tout du moins pas pour le moment...

Le jeune Hobbit revint à l'endroit où il avait laissé son poney, fut satisfait de voir qu'il avait été bichonné et nourri tout à fait à sa convenance. Aucun malheur n'était arrivé à ces deux compagnons et ils reprirent ensemble la route, se frayant difficilement mais avec succès un chemin jusqu'à la sortie Nord vers l'Arnor, puis la Comté.

[Suite dans les voyages d'Alfirin]
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MessageSujet: Re: Tharbad   Lun 30 Aoû 2010 - 18:04

[ HRPG PNJ Shadista Astaloth - les chevaux, la caravane , le tout qui s'en va vers le Sud en passant par la route Nord Sud appelée parfois Greenway]..



La caravane qui était sagement alignée sous les murs de la cité de Tharbad avait attiré une foule ahurissante de curieux de tous poils que contemplaient avec amusement mais grand soin les hommes qui en avaient la garde.
On n’était jamais trop prudent, surtout compte tenu des incidents qui avaient précédé la date choisie pour le départ.
Elle comprenait une vingtaine de chariots longs de vingt pieds et larges de huit, dotés de six roues hautes et épaisses cerclées de fer, fort adaptés aux terrains lourds ou sablonneux, tirés chacun par cinq chevaux puissants. Six chariots plus légers ouvraient et fermaient la colonne, chargés de vivres, d’armes et autre matériel adéquat pour le long voyage prévu.

Un long voyage de plusieurs semaines à travers les mondes d’Arda et qui ne pouvait pas être totalement exempt de périls.
L’homme qui avait commandité cette caravane dont le but était de ramener du Harad des épices, des étoffes précieuses et des bijoux, entre autres marchandises que produisaient les hommes du Sud était un riche marchand du nom de Tibor qui avait pignon sur rue à Tharbad.
Ses possessions ne se comptaient plus et ses ennemis non plus car ici comme ailleurs, la richesse ne faisait pas qu’attirer les convoitises : elle attirait aussi des desseins bien plus sombres encore.
Même pour un homme aussi riche, l’aventure demeurait risquée car il avait engagé pour sa réalisation une part non négligeable de sa fortune.

C’était pourquoi il avait fait en sorte que peu soit laissé au hasard.
Des chariots adaptés construits pour l’occasion, de bons équipages et assez d’hommes pour protéger le tout des vicissitudes de la route.

Pour les commander –et aussi incongru que cela puisse sembler- son choix ne s’était pas porté sur l’un de ses hommes de confiance (de main comme certains le disaient tout bas) suscitant d’ailleurs quelques grincements de dents de leur part.
Se voir évincé d’une aussi belle opportunité de gagner une somme pharaonique avait de quoi exciter jalousies, rancoeurs et haines de toutes sortes, assez même pour que Tibor reçut moult menaces, incluant des menaces de mort.

De la parole ou de l’écrit anonyme à l’acte certains s’étaient risqués et une semaine durant, une quinzaine de jours avant la date prévue du départ, il y avait eu pléthore de blessés et même de morts.
Jusqu’à ce que tout cesse d’un coup d’un seul avec la mort « providentielle » (mais pouvait on à ce stade mêler à tout cela la Providence ? De là à dire que non, il n’y avait qu’un pas…) des plus actifs parmi les mécontents.

L’un d’eux fut retrouvé mort devant la table de son repas du soir, preuve morte que la soupe n’était pas forcément un signe de bonne santé, ses traits figés dans l’expression d’une indicible souffrance.
Un second semblait s’être étouffé avec son propre sang comme une lame acérée lui avait ouvert la gorge et qu’une main criminelle avait du le maintenir allongé sur le dos pour faciliter l’étouffement.
Le troisième avait été ramassé la nuque brisée par le contact un peu rude avec le côté d’un chariot arrêté sous sa fenêtre, sise trente pieds plus haut.
Il avait du se pencher un peu trop et tomber par ladite fenêtre.
L’homme était connu pour être un fieffé maladroit…

De mauvaises langues prétendirent qu’on l’avait poussé mais jamais de preuves ne vinrent étayer ces allégations. Pas plus qu’elles ne furent cherchées d’ailleurs pour dire la vérité en son plus simple appareil.

D’aucuns continuaient quand même à trouver discutable le choix de l’escorte de la caravane car , il fallait bien l’avouer, rarement on avait vu un tel ramassis d’hommes et mêmes de femmes ayant aussi peu bonne figure.
Le plus gros soucis de l’homme qui les commandait, un certain Shadista Astaloth semblait être la barrière du langage. Certains embauchés pour des connaissances particulières, qui du terrain, qui des tactiques de guérilla, qui du Harad lui-même ne parlaient que quelques mots de Commun et d’autres l’ignoraient complètement.
Lui parlait plusieurs langages mais il savait qu’en cas de coup dur, il aurait fort à faire pour se faire entendre.
Il s’était adjoint un homme à la peau d’un hâle qui faisait tout sauf naturel et aux yeux d’argent liquide dont personne n’avait eu l’occasion d’entendre la voix ce qui solutionnait peut-être le problème de la langue ainsi que d'un premier elfe qui passait pour être un éclaireur hors pair dont le gros défaut était une méchante addiction aux boissons fortes en alcoolat de fruits.
En un mot comme en cent : un ivrogne patenté.
Le second elfe, du nom de Gladomain, en revanche était un Noldor, à l'allure agréable, un brin hautain envers les humains comme il se devait et qui portait un arc dont personne ne doutât qu'il parvint à bien se servir.
C'était à se demander comment deux elfes pouvaient être aussi différents.

Shadista Astaloth avait les yeux en amandes comme pouvaient les avoir certains Haradrhims mais l’on prétendait qu’il venait de de l’autre côté de la mer et qu’il était un mercenaire sans scrupules. A la vérité, l’homme venait de la côte, pas très loin du port d’Umbar mais c’étaient ses origines paternelles qui demeuraient un mystère.
Celles de sa mère, fille de joie dans un bordel du port l’étaient beaucoup moins.

Tibor en personne, avait vérifié chaque détail de l’expédition. Un itinéraire principal avait été choisi, relayé par une kyrielle d’itinéraires secondaires « possibles » sur chaque portion du principal afin de pallier à toute éventualité géographique, météorologique ou conflictuelle.
Le chemin à parcourir était semé de montagnes qu’il faudrait contourner ou bien franchir, avec ce que cela comportait en perte de temps. Il avait été convenu de choisir au retour le chemin le plus aisé possible pour la bien simple raison qu’il était malaisé de faire circuler des chariots alourdis par leur cargaison par des lieux escarpés ou restreints en espace.

Et à présent, la caravane était prête à partir, chargée de recommandations de toutes sortes et d’une cargaison d’or destinée à payer une partie des marchandises, tandis que le solde serait payé ultérieurement en un comptoir situé à Minas Tirith.
Seules deux personnes savaient où l’or des transactions avait été caché. Tibor et Shadista.
La plus grosse partie voyageait cachée dans le double-fond de deux chariots, tandis que le reste, enfermé dans un coffre était arrimé sous le séant des conducteurs de l’un des chariots légers.

Enfin elle s’ébranla, sans un grincement,à la joie de tous et pour différentes raisons.

Les gosses parce qu’ils n’avaient vu un tel équipage de leur toute jeune vie, Tibor parce qu’il avait hâte de voir ce projet fou se réaliser et bon nombre d’habitants parce qu’ils n’étaient pas fâchés de ne plus partager les rues de leur belle ville avec autant de mécréants.
Les sceptiques souriaient avec condescendance et les ennemis que le marchand était parvenu à se faire en ne les conviant pas à la fête clamaient à qui voulait l’entendre qu’il fallait avoir perdu l’esprit pour se lancer dans une telle entreprise.

Shadista, de son côté, regardait avec amusement le sombre étranger tout vêtu de noir qu’il avait embauché marcher à côté des chariots, disparaissant presque totalement sous un long manteau à capuche. Le voyage allait être bien long s’il persistait à ne monter ni sur un chariot, ni sur le dos d’un cheval...Mais enfin, c'était son affaire.

A ses côtés, en selle sur un fort bon cheval, l'elfe Noldor regardait partout autour d’eux sans en avoir l’air. L’homme d’Umbar joua un instant à deviner ce que sa vie pouvait bien avoir été avant.
Les Elfes vivaient si longtemps...Et après tout, ils ne se connaissaient pas depuis fort longtemps, à peine quelques mois.

L’autre, l’homme en noir qui parlait peu, voire pas du tout, il avait complètement renoncé à savoir ce qu’il était. Tout ce qui l’intéressait chez lui, c’était le talent qu’il avait pour le vol, l’assassinat et cette discrétion absolue dès que la nuit tombait.

Ils n'avaient pas fait deux lieues qu'un cavalier pressé vint se placer à la hauteur des deux hommes de tête.

"Messire Tibor m'envoie vous dire qu'il manque quelque chose qui va sous peu vous être remis."

Les yeux noirs d'Astaloth foudroyèrent l'homme sur place, bien inutilement d'ailleurs, car ce n'était pas à lui qu'incombait la faute.

"Est ce que ce sera long?"

L'autre hocha la tête négativement.

"Non je ne pense pas mais toute la caravane doit attendre, ce sont les ordres du mon maître"
D'un signe de tête, Shadista Astaloth envoya l'elfe arrêter la caravane. Ce qui prit un peu de temps et souleva des commentaires en divers langages.








Dernière édition par Eowulf de Snehdras le Jeu 18 Nov 2010 - 13:32, édité 4 fois
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Brand

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MessageSujet: Re: Tharbad   Ven 10 Sep 2010 - 21:54

Vers midi, Brand et Culgor se retrouvèrent pris dans la longue file des badauds, visiteurs et commerçants, qui désiraient entrer dans l’enceinte de la ville. Tous deux étaient descendus de leur monture et la guidait par la bride en essayant de se frayer un chemin parmi la masse compacte des gens. Tharbad était réputée être une cité du commerce florissante qui attirait les négociants en épices et autres marchands de bétail sur plusieurs lieues à la ronde. Dès l’aube et ce jusqu’au soir, les rues ne désemplissaient pas. Pourtant, aujourd’hui, c’était autre chose que les habituelles foires saisonnières qui était à l’origine d’un tel rassemblement. Outre les commerçants qui souhaitaient rejoindre l’intérieure de la cité, une foule impressionnante de curieux s’était amassée le long des remparts, à l’extérieur, ralentissant ainsi la file pleine de chariots tirés par des bêtes de somme.

Malgré sa haute stature, Brand ne parvenait pas à discerner quelle était la cause de toute cette agitation. Après plusieurs tentatives infructueuses pour tenter d’observer sous différents angles, il s’adressa à un homme sur sa droite, un vieillard appuyé sur un bâton de marche.


« Dites-moi, pourquoi la file n’avance-t-elle pas plus vite que ça ? Il y a une émeute en ville ?
- Oh non ! Bien sûr que non. C’est une caravane qui obstrue le passage. Tibor, un riche marchand, en est le commanditaire. Il a financé cette expédition qui doit se rendre au Harad pour en ramener des biens précieux. »

A l'évocation du mot Harad, de sombres pensées traversèrent l'esprit du conteur. L'espace d'un instant, il s'arrêta net sur place, le regard perdu dans la foule. Puis, sans mot dire, il fit un bref signe à Culgor, l'enjoignant de le suivre. Tous deux quittèrent la file sur la route pavée et se dirigèrent du côté du convoi long d'une vingtaine de chariots. Culgor ne semblait pas bien comprendre ce brusque saut d'humeur de la part de Brand. Ils arrivèrent devant une rangée de miliciens armés, occupés à repousser les badauds trop curieux. Brand chercha un moyen de s'approcher des caravaniers mais les gardes formaient un arc de cercle infranchissable autour du convoi. Soudain, sous les coups de fouet de leur cocher, les chevaux de trait hennirent et entamèrent leur périple au petit trot tout en tirant leurs lourdes charges. Le conteur et le garçon observèrent la caravane s'ébranler sous les applaudissements du public. Enfin, les miliciens rompirent leur formation et s'en retournèrent vaquer à d'autres occupations. La foule se dispersa et la file d'attente put reprendre un rythme de passage normal. Brand, lui, affichait un air maussade et les rides de son front plissèrent en avant. Il venait de rater l'occasion de rejoindre le Harad par un moyen plus sûr que celui de voyager seul. Pourtant, il n'était pas dit qu'il dût renoncer aussi facilement. Quelques minutes seulement après le départ du convoi, des volutes de fumées s'élevèrent au loin, signe que les chevaux venaient de s'arrêter brusquement. C'était là sa chance qu'il devait saisir au bond. Montant en scelle, il s'élança en direction de la caravane, imité par Culgor. Lorsqu'il arriva à hauteur des chariots, il aperçut une foule compacte rassemblée autour d'un seul et même homme qui, visiblement, était le meneur du groupe. Brand mit pied à terre et s'approcha de ces hommes, femmes et enfants faisant partie de l'expédition. L'homme au centre s'exprimait en langue commune mais tous ne semblaient pas saisir le sens de ses propos. A leur visage buriné, le conteur remarque des hommes originaires du sud, d'autres des contrées nordiques de l'Arnor au dialecte quasi-incompréhensible, d'autres encore de l'est lointain. Jouant des coudes pour se faufiler à travers la masse, Brand arriva devant le meneur, un homme également d'origine étrangère. Celui-ci le toisa de la tête au pied, surpris de voir cet inconnu qu'il n'avait pas remarqué parmi l'ensemble des voyageurs.

« Pardon de vous interrompre. Mon nom est Brand. J'ai cru comprendre que nombre de vos gens ne parlaient pas la langue commune et par conséquent ne saisissaient pas les informations que vous leur transmettez. Je désire également faire route vers le Harad et me propose de vous servir de truchement afin de traduire les ordres à tous ces gens. Je préfère éviter de faire le trajet seul au vu des risques qu'un tel voyage comporte. De plus, je ne demande aucune rémunération quelconque. Je possède déjà une monture et une couche pour la nuit. Il y a également un jeune homme qui m'accompagne il se trouve être mon disciple et suit mes enseignements linguistiques. »

Brand espérait avoir été suffisamment convaincant. Il ne savait pas pourquoi, mais l'homme à qui il venait de s'adresser ne lui aspirait pas une grande confiance. Pourtant, si la barrière des langues lui posait véritablement problème il n'y avait pas de raison qu'il s'oppose à sa requête.
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Culgor
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MessageSujet: Re: Tharbad   Dim 12 Sep 2010 - 23:23

Tharbad, cité commerçante par excellence. Ses remparts apparaissaient enfin dans le lointain. Sous peu, ils entreraient dans la juridiction d'Isengard. Les campagnes prospéraient dans cette partie des terres du milieu. Une terre bien cultivée fournissait à foison fruits, légumes et céréales. De nombreux troupeaux paissaient ça et là, paisibles, surveillés par des bergers ou des vachers somnolents. Des nombreuses haies et halliers ajoutaient une touche de verdure aux côtés de la terre nue des champs labourés. De nombreux paysans travaillaient là, semant à la volée l'espoir d'une bonne récolte. Au milieu de ce paisible paysage, la route rectiligne tranchait champs et bois, collines et vallons. Quelques travailleurs épuisés mangeaient à part, assis sur l'herbe verte, mangeant un bout de pain et de fromage avant de reprendre leur tâche. Quelques jeunes gens adroits étaient montés aux sommets d'arbres et entreprenaient de les tailler. Plus loin, d'autres avaient déjà subi ce sort, et leur tronc se dressait, dépourvu de branches. Quelques chariots traînaient là, abandonnés pour la journée. Leurs montures portaient le joug et tiraient la charrue péniblement, aiguillonnées par leur maître. La vie suivait son cours paisiblement, les cycles s'enchaînaient. Culgor retrouvait la régularité du travail de la terre qu'il avait quitté il y a de cela des années.

Un cavalier vif attira l'attention de l'adolescent, alors qu'il chevauchait à bribe abattue. Un messager de la cité blanche, visiblement pressé. Un travail éprouvant que celui-ci, où il fallait toujours aller plus vite, parcourir des lieues tout en espérant ne pas prendre le moindre retard, sentir ses bêtes s'épuiser sous son propre poids, et les presser davantage pour atteindre le prochain relai au plus tôt... Non, cela ne lui conviendrait pas. Autant être comme ce paisible marchand vêtu de couleurs vives, qui dirige son modeste convoi d'un air nonchalant. Les deux voyageurs le dépassèrent sans pour autant presser l'allure. Si le temps était de l'argent, l'homme ne semblait pas s'en préoccuper. Il faut dire que les poteries qu'il transportait n'étaient pas spécialement périssables. Au fur et à mesure que les remparts devenaient plus imposants, la circulation devenait plus encombrée. Une patrouille de soldats d'Arnor, visiblement aux ordres d'un seigneur local, se dirigeait vers la frontière, et gênaient les chariots par leur lente discipline. Bientôt, ce ne fut plus quelques cavaliers qu'ils dépassaient, mais une foule de plus en plus importante, et il ne fallut guère de temps pour qu'ils soient pris dans la nasse grouillante.

Bientôt, ils piétinaient comme tant d'autres, qu'ils soient militaires, paysans, marchands ou artisans. Il devenait difficile de faire se faufiler sa monture au milieu des chariots et des piétons. Lassé de cette tâche ardue, le rouquin descendit bientôt de sa monture et la mena par la bride. Même ainsi, il peinait suffisamment, s'efforçant de ne pas perdre son compagnon dans la foule. Il n'avait plus que lui comme repaire dans cette région inconnue. Des soldats d'Arnor aussi bien que des nùménoréens d'Isengard encadraient strictement le trafic. Ils passaient la frontière. A vrai dire, il n'y avait aucune différence de part et d'autre, mais cela importait peu. Devant lui, Brand ne paraissait pas apprécier l'affluence de badauds en direction de la cité. Il ne perdit pas son temps à demander la raison de ce ralentissement général, mais la cohue était telle que Culgor ne parvint pas à entendre la réponse qui lui fut donnée. Enfin, épuisés par l'exercice qu'ils durent fournir pour se dégager de la gangue humaine, ils parvinrent au pied des remparts de la cité Isengardienne.

Mais le conteur ne semblait pas se décider à pénétrer dans la cité, et ils longèrent les longs murs, pour arriver face à un cercle de soldats. Ceux-ci ne semblaient guère disposés à se montrer aimables envers les nouveaux venus. De nombreuses personnes désiraient visiblement avancer davantage, mais n'osaient visiblement pas face à la mauvaise humeur ambiante des gardes. Enfin, on entendit de nombreux cris lancés dans diverses langues, des craquements de bois, des hennissements. Une caravane quittait la cité, ce qui devait sûrement expliquer les ralentissements à l'entrée de la cité. Le rouquin tenta de se frayer un passage, en vain. Il ne put qu'entendre les essieux couiner, les montures marteler le sol, les meneurs lancer leurs ordres, mais tout cela restait impressionnant. Il lui semblait qu'une puissante armée partait en campagne, qu'une cité s'ébranlait. L'adolescent resta là, à écouter, pendant que les spectateurs s'éparpillaient lentement, accompagnés par des gardes éprouvés. Brand resta sur sa monture, sans faire signe de vouloir bouger. Culgor remonta sur la sienne et s'approcha de lui. Le conteur observait le lointain, le nuage de fumée qui s'élevait au passage de la caravane. Brusquement, il lança sa monture sur les traces des chariots. Surpris, l'adolescent le suivit du mieux qu'il put.

Ils eurent tôt fait de rattraper le convoi. Sans hésiter, Brand se fraya un passage au travers de la foule et des chariots, pendant que Culgor le suivait, ébahi. Il n'avait jamais vu une caravane d'une telle ampleur. Finalement, il sembla avoir trouvé son homme, et lui présenta ses services. Sans que le rouquin ne puisse placer un seul mot ni protester, le conteur le présenta comme apprenti linguiste. La surprise n'empêcha pas l'adolescent de déclarer misérablement :

"Culgor Amartherù pour vous servir. Je maîtrise le langage commun, le Rohirrim, le Haradrim, l'elfique, et espère bien approfondir mes connaissances en Rhûnien."

Pouvait-il avouer qu'il se débrouillait piteusement dans quelques unes de ses langues ? Brand voulait visiblement se joindre au convoi, et le rouquin ne voulait pas se retrouver seul dans les vastes étendues d'Isengard. Pouvait-il se l'avouer ? Il s'était surtout attaché au conteur et à ses manières sèches.



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MessageSujet: Re: Tharbad   Sam 25 Sep 2010 - 19:29

Culgor laissa son regard errer à travers la caravane. L’ensemble l’impressionnait. La colonne ininterrompue de lourds chariots semblait déjà prête au départ, comme si le temps n’avait fait que s’arrêter. Pourtant, il l’avait bien vu s’ébranler puis s’arrêter, se réorganiser lentement. Seule une main de géant pouvait pourtant stopper les véhicules puis les ranger comme une armée au départ. Cela criait de toutes parts, dans de nombreuses langues. Des cavaliers allaient d’un groupe à un autre, tels les bergers de cet immense troupeau. Des appels de cors retentissaient, des groupes de mercenaires allaient et venaient d’un chariot à l’autre, pendant que les éclaireurs sur leurs montures rapides s’éloignaient au galop de la caravane. Des archers montés et autres chevaliers patrouillaient méthodiquement d’un côté et de l’autre du long convoi. Tous les hommes des terres du milieu semblaient s’être donné rendez-vous ici : arnoriens aux cheveux blonds, rohirrim à la tignasse rousse, numénoréens à l’air altier, haradrims au teint basané, hommes d’Umbar au visage hâlé…

Alors qu’il balayait du regard la vaste fresque qui se présentait à lui, ses yeux rencontrèrent ceux de Shadista. Il les détourna vivement, comme s’il un tison enflammé l’avait effleuré. L’homme ne lui inspirait pas confiance. Il le percevait comme un guerrier aussi méthodique qu’un bourreau, un homme pour qui la vie n’avait que peu de valeur. Le contraste saisissant entre son teint buriné et ses yeux glacials le mettait mal à l’aise. Il pouvait aisément le comparer à un chien de chasse rusé et implacable lorsqu’il s’agissait de mettre à mort sa proie, un traqueur plus qu’un garde. Pourtant, Culgor lui répondit oui. Gêné, il déclara :

« En ce qui me concerne, je me joins à vous. Je ne suis pas certain de maîtriser parfaitement certaines langues, mais je ferais de mon mieux. Et vous n’aurez pas de soucis à vous faire pour moi, je tiens seulement à exercer mon aptitude aux langues, épaulé par mon… maître. Je n’ai pas l’étoffe d’un héros, et je tiens à ma vie, soyez-en certain. »

Au loin, un grondement sourd se fit entendre. La caravane s’ébranlait. Les sonneurs de cor s’époumonaient, des cris fusaient de toutes parts. Les chevaux piaffaient d’impatience, les soldats se mettaient en marche. Les uns après les autres, les chariots s’élançaient lourdement, lentement, mais sûrement. Tout ceci paraissait bien plus impressionnant que n’importe quelle armée. Le sol tremblait et l’air vibré, pendant qu’un parfum d’aventure semblait se glisser dans tous les esprits. Un long et dangereux voyage se profilait, vers des terres inconnues par une partie de ceux là, vers le foyer de tous ces haradrims présents. Culgor se dressait mentalement le trajet qu’ils auraient à parcourir. Ils devraient traverser tout d’abord la province indépendante d’Isengard, puis couper à travers le Rohan, passer en Gondor, franchir l’Anduin et descendre le long des terres ténébreuses jusqu’à ces terres méconnues du Harad. A ces yeux, le danger ne pouvait venir qu’après la traversée du Grand Fleuve, les terres à l’ouest de cette barrière naturelle était naturellement civilisée et donc sûres, étant plus proches des elfes. Il attendit que Brand donne son accord suites aux légères conditions de leur employeur avant de se joindre à la foule hétéroclite ou d’accomplir les ordres de cet homme menaçant. Il n’était pas soucieux, loin de là. Il aimait les voyages.



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MessageSujet: Re: Tharbad   Mar 26 Oct 2010 - 19:42

Kzrxt trottinait tranquillement. Non, ceci est un mensonge éhonté. Reprenons. Kzrxt fuyait à en perdre haleine. Cette dernière était d’ailleurs légèrement chargée, suite à l’ingestion frauduleuse d’un peu d’oignon. Oh, il n’y avait rien de mal à cela après tout, de nombreuses rangées pieds intacts s’alignaient toujours, alors, même s’il ne s’agissait que d’un oignon, cela restait un crime minime, et Kzrxt en avait laissé la majeure partie. Que voulez-vous, les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas. Quant à elle, elle préférait largement le fromage, pourvu que la croûte soit assez charnue et que son vous frappe les narines comme le ferait un bon verre d’eau de vie chez d’autres. Quoi qu’il en soit, elle avait fait une erreur en recommandant ce potager à son beau-frère. Celui-ci avait une famille nombreuse qui se servirait à volonté sans vergogne. Mais après tout, ce n’était plus son affaire. De toute façon, elle n’y pensait même plus. Oui, car elle fuyait, si vous vous souvenez bien. Or, il est plutôt difficile de se concentrer sur les préjudices commerciaux de bipèdes omnivores causés par une perte de nombreuses herbacées bisannuelles due à des activités délictueuses opérées de concert par les membres d’une famille de taille plutôt conséquente. De toute façon, elle s’en fichait éperdument. Ses pieds dérapaient sur les larges pierres plates, ce qui avait le don de l’énerver particulièrement. Si les grands hommes d’Ouistreness avaient tracé ces larges voies, n’était-ce pas pour circuler plus rapidement ? Mais l’heure était malheureusement peu appropriée pour se pencher sur cette autre réflexion.

Un pilier de chair, de tendons, d’os et de muscles s’abattit près de Kzrxt. Le choc ébranla l’air quelques instants. L’onde sonore assaillit les tympans de la pauvre fuyarde. Depuis le lever du soleil, elle avait sentit le chaos se diriger vers elle. Cela avait commencé comme des battements de tambours, de secs claquements, aussi lugubres que le cor du guerrier agonisant qui résonne de la plaine ensanglantée. Des roulements de tonnerre les accompagnaient, trompes de la mort, et du lointain résonnaient l’épée d’acier et le haubert de mailles cliquetantes. Les cris s’élevaient par delà l’horizon, et le sol tremblait. Indifférent, le soleil avait lancé son char par-dessus les cieux sur des routes tracées au-delà des confins de l’univers par de puissants bras. Comme l’orage qui s’approche, cela s’était amplifié. Kzrxt avait senti la mort venir mais l’avait ignoré. Que n’avait-elle fuit plus tôt ! A présent, le soulier chaussé d’acier et le sabot ferré frappaient les dalles blanches, les roues cerclées imprimaient de larges ornières dans la pierre dure. Seule, elle faisait face à son destin. Il ne servait plus à rien de fuir à présent, les pattes fines des chevaux pouvaient la rattraper en quelques foulées. Ses poils se dressèrent une derrière fois sur son échine. Elle se redressa face à la mort qui s’avançait insensible à son destin. L’épée résonna dans le fourreau, ultime glas dans le fracas de la tourmente. Une large roue bardée de fer écrasa la pauvre souris.

Indifférent à cette tragédie, Culgor laissait mollement avancer sa monture au rythme des lourds chariots. A perte de vue s’étendaient les champs ordonnés des Isengardiens. Ca et là jaillissait d’entre les rangs interminables de céréales quelque riche bâtisse. Quelques arpents de vignes contrastaient avec le vaste océan doré des épis de blé. Tout pouvait refléter ici la paix et la prospérité. Hélas, Isengard demeurait une puissance commerciale, et c’était cette puissance, incarnée en la personne de Tibor, qui troublait la quiétude des lieux. Mettez deux chevaux, une carriole, un modeste marchand et son valet sur une route au milieu de tels paysages. Tant que vous ne vous faites pas piétiner par les chevaux, écraser par la carriole, tabasser par le valet et dévaliser par le marchand, cela n’influe en rien, ou presque, sur la beauté du paysage et le calme apparent. Multipliez le tout par un nombre conséquent. Les chevaux deviennent un haras produisant en un jour bien plus de fumier qu’en a besoin un paysan en un an. La carriole est remplacée par une centaine de chariots lourds, bruyants et ne montrant nulle trace d’esthétique. Le marchand laisse place un bourgeois plus puissant qu’un roi et plus riche qu’un dragon, imbu de lui-même et portant rapidement sur les nerfs. Enfin, au valet est substitué quelques centaines, voire milliers, de serviteurs de tous pays prêts à s’étriper pour la moindre brouille et un nombre important de mercenaires d’humeur massacrante et aux nerfs à vifs. Ajoutez à cela un vaste nuage de poussière peu bénéfique pour la gorge et les yeux et une cacophonie chaotique. Le poète de passage pourra trouver là matière à se plaindre. De fait, Culgor ne se considérait pas comme l’un de ces penseurs mélancoliques, mais n’appréciait pas pleinement les bénéfices de ce voyage.

L’après-midi s’écoula lentement. De temps en temps, Shadista priait Brand de faire porter un quelconque message à tel chariot, composé d’un peuple dont il ne parlait pas la langue ou ne désirait pas la parler actuellement. Culgor tentait de se rendre utile autant que faire se peu, assistant son mentor ou même le précédant lorsque celui-ci le laissait aller de l’avant. Malgré les ordres précis de l’homme de main du riche marchand, il était difficile de déterminer à qui les messages devaient être transmis. Néanmoins, il se fia rapidement à son ouïe, se dirigeant vers les dialectes rocailleux des provinces septentrionales de l’Arnor quand il devait transmettre un message au Kamrad Köffovitch où vers les langues musicales haradrims s’il devait rejoindre Don Juan Pietro. Cette méthode ne l’empêchait toutefois pas de s’égarer, tant la caravane était imposante, et il se voyait contraint de demander sa route en bafouillant au milieu de cette ville mobile. Il s’entendait dire des horreurs grammaticales, sans jamais trouver le juste accord, qu’il s’agisse de verbes, de noms ou des restrictions de pauses fréquemment imposées par Shadista. Ses efforts pitoyables avaient toutefois le mérite d’amuser les grands hommes qui se moquaient de son accent et du registre soutenu du Gondor. Quoi qu’il en soit, son teint devint rouge pivoine moins fréquemment au fur et à mesure de la journée, phénomène qui pouvait aisément s’expliquer par l’importante couche de poussière déposée sur son épiderme. Alors que le soleil déclinait, ses oreilles vrombissaient déjà, sa gorge irritée avait viré au rouge vif et il était saisit de puissantes quintes de toux. Les voyages forment peut-être la jeunesse, mais quoi qu’il en soit, ils nuisaient grandement à sa santé.

Enfin, le convoi s’arrêta au son des cors d’airain. Le soleil mourant embrasait l’horizon et les chevaux commençaient à trainer la patte. Epuisé par la longue marche, Culgor crut qu’enfin l’heure du repos était arrivée. Il se trompait lourdement, sa journée de travail ne faisait que commencer, quand bien même le jour déclinait. Alors que Brand restait impassible, tenant sa monture par la bride, l’adolescent déambulait comme sonné par un coup trop puissant et vidait à pleines gorgées sa gourde remplie depuis peu. Shadista les rejoignit, jeta un bref coup d’œil sur le rouquin puis se tourna vers le conteur. Culgor reboucha son outre et se tint aussi droit et immobile qu’il pouvait, près des deux adultes. Il ne comptait pas abandonner, quand bien même son corps était sur le point de le lâcher. A nouveau, l’homme de main de Tibor jeta un coup d’œil vers l’apprenti linguiste. Celui-ci ne cilla pas. Visiblement, ces grandes personnes désiraient discuter seul à seul, et il comptait bien ne pas perdre une seule bribe de la conversation. Cela, Shadista, en homme d’expérience, le compris rapidement, et, avec un soupir, il délégua à Culgor un message de la plus haute importance. Il devait demander à un certain Desergance de dresser l’inventaire de son chariot, le tout en haradrim. L’adolescent s’inclina brièvement, remonta sur sa monture et se lança à la recherche de l’individu.

Shadista semblait connaître parfaitement le convoi et les personnes qui le formaient. La majorité des soldats, palefreniers et autres ne connaissaient pas ce Desergance. Une infime partie en avait entendu parler, mais peu parmi ceux-là pouvait dresser un portrait de l’homme, souvent approximatif. Méfiant, Culgor crut un moment que le meneur de cette caravane c’était purement débarrassé de lui en l’envoyant chercher une personne fictive. Il ne se trompait qu’à moitié. Car ce Desergance existait. Il s’était installé dans un chariot léger à la périphérie du campement, exactement à l’opposé de Brand et Shadista. Par hasard, le rouquin le trouva enfin. Il répéta dans un haradrim plus qu’approximatif le message de son commanditaire. Le regard de son interlocuteur acheva de la convaincre qu’il s’était fourré dans un sacré guêpier.



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MessageSujet: Re: Tharbad   Jeu 28 Oct 2010 - 13:18


Pour les aventuriers de la caravane, direction La frontière avec la trouée du Rohan, ici :
http://rpglordoftherings.forumactif.com/isengard-f74/a-la-frontiere-avec-la-trouee-du-rohan-t3214.htm#43970

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