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 Le cheminement du barde de guerre

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MetathraïnNombre de messages : 1286
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MessageSujet: Le cheminement du barde de guerre   Mar 1 Avr 2008 - 21:33
L'aurore du Barde de Guerre


Le soleil dardait vers l'ouest, et ses rayons se faisaient déjà plus pâles, prenant ne teinte plus chaude, mais aussi plus légère dans l'air de septembre.
Un homme se tenait adossé au pilier d'un maison de bois noire. Il était devant l'entrée, et derrière lui, se courbant sous la brise des dernières heures du soir, une tenture de lin s'agitaient doucement. Il la toucha du bout des doigts, souffla dans le vent le gaz gris de sa pipe et tourna son regard vers celui d'un étranger assis au fond de la pièce. Ce dernier triturait une tige de thé de ses dents blanches. De son regard sombre, il ne quittait pas la silhouette du jour entre les rondins qui encadraient la porte. Il fixait les nuages blondissant dans l'or du soir. Le crépuscule est le grand opéra de la nature. Les feuilles des arbres ne tarderaient pas à briller dans le feu du crépuscule, brûlant de l'incendie du ciel.

Il parla doucement:


-En automne les jours raccourcissent.

L'autre soupira un brin de fumée, abaissa sa pipe et tourna lui aussi son visage vers le spectacle de la dernière heure de lumière.

-Il nous reste le temps. Toute ma vie, j'ai couru après le temps, et à présent je m'aperçois que c'est lui qui m'a rattrapé. Mais je ne me plaindrais pas. J'ai mis les choses en ordre avant de venir, et rien ne saurais retenir ma main à présent. J'ai adressé mes adieux aux miens, je leur ai donné quelques conseils que j'espère bon et qui ne sont jamais de trop. Je ne voulais pas leur apparaître comme un homme qui va l'arme à la main.

-Ainsi ils ne tueront pas le frère et ne nous ressembleront pas...

-Si tu peux me laisser admirer encore la lumière. Je ne saurais la quitter s'en y penser amèrement.

-Moi non plus, c'est en vers elle que va mon âme quand brûle le soir. Lorsque j'étais jeune, mon père me répétait cette phrase lorsque nous admirions le couchant dans le lointain: " Regarde, la lumière va mourir". Depuis j'ai parcouru toutes les lueurs, des crépuscules les plus lointains aux aurores doux et intenses. J'ai parsemé milles couleurs sous mes pas, portant l'or du désert sur les landes vertes, compressant l'argent des neiges de ma silhouette de bronze, heurtant le miroir de jungles inondées, traçant des cercles autour de mes cuisses, dissolvant le cuir imprégné de mes souliers. J'ai teinté les flaques d'ocres azurés, de sèves ambrées comme un soleil d'orage. C'est le souvenir que j'emporte. Il me suffit. Il sera une caresse mélancolique pour mes souvenirs...
A présent je vais marcher jusqu'au sommet de la colline. Je t'y attendrais.


Il se leva et s'en fut. En sortant de l'ombre un homme accroupis sur la terrasse prolongeant l'entrée de l'auberge isolé put fixer peindre dans sa mémoire le souvenir du visage cuivré de l'indien.
Jamais il n'oublia le motif en étoile qui ornait sa joue brune, la forme de ses boucles d'oreilles, se paupières noircies par du khôl, lourdes et teintés comme une poudre de plomb.
Il rejeta en arrière une natte bardées de perles rouges et turquoises. Une plume noir de martin pêcheur rayonnaient le long de se cheveux. Glissant sur ses hanches, un long poignard dans un étui de cuir pendait accroché à une cordelette autour de l'épaule de l'indien.
Il marchait fier et décidé, portant dans sa pupille l'éclat de la vengeance.

-N'ai crainte, je ne serais pas longs.

L'indien ne répondit rien.


Il grimpa le long d'une collines à l'ombre, traçant un sillon dans l'herbe haute, couché dans le vent, frémissant sous des vagues espacées.
Il parvint à la lueur des rayons dorés. Et s'assit un moment. Lorsque la silhouette de l'autre se dégagea de l'ombre en aval, il glissa lentement sur ses jambes et se releva. L'autre se mit en face de lui.

-Avant que nous commencions, je voudrais te dire que je souhaite une chose: met autant de courage dans ce combat que lorsque tu tua mon frère il y a trois ans.

-Je ferais comme tu le désire Epixarkoïs. Maintenant terminons cela.


Ils se mirent en garde. Epixarkoïs, le barde de guerre, sentit le cuir serré dans sa main, son contact chaud. Il s'appuya sur ses pieds.
Une brise passa, un souffle comme un soupir.
Il y eu un éclair.

Tous deux s'affalèrent. Couché dans l'herbe ils admirèrent encore la teinte nostalgique de la mort du jour. Un filet rouge coulait sur la terre sèche, zigzaguant entre les brins d'herbe. Ils souriaient dans le soir, soulagé par la quiétude du devoir accompli.
Epixarkoïs se leva, laissant l'autre dans le soleil mourant.


Dernière édition par Métathraïn le Sam 1 Oct 2011 - 14:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le cheminement du barde de guerre   Lun 5 Mai 2008 - 0:18

Interlude No 1

[center]Ouverture de l'anneau de Nibelungen par Richard Wagner



Epixarkoïs dans la contemplation de ces arches de pierre ouvrant la voie vers une antre dans la terre, où l'air tiède et distillé du printemps vous portent les parfums des marronniers, le sanctuaire d'une fièvre doré qui fait filtré son poison dans les âmes, à travers quelques alambiques d'une terre cuite primitive, ou bien le royaume d'un courant d'air frais dans la quiétude d'un matin respirant sa rosée épaisse, le parcours d'univers gothiques teintés de tâches cramoisis et de silhouettes noires sur le ciel pastelle d'une aurore délavée, songea soudain que les lumières gonflées et diaphanes de l'horizon prendraient bientôt la couleur de roses puis celle de jonquilles brûlantes, la libération des encens de la terre: la poussière d'un champ, les sucres d'arbres fruités dilués dans la fraîcheur d'une pluie de mai, le bourdonnement d'insectes aveugles, la vase des algues naissantes d'un étang de parc à l'anglaise, et il y aurait alors une tragédie naturelle, la lutte des eaux et du feu, la fusion du bleu et du rouge, la brûlure des particules de clarté sur l'atmosphère vaporeux des vallées d'herbe grasse, et les nuages livreraient le spectacle de meurtres inouïs et évaporés, la libération du gaz dans la lumière d'espérance que crache les entrailles lointaines des limites de la terre. Le ipoète pourrait, à ce moment fugitif, suivre de ses yeux une œuvre lyrique naturelle révélant la naissance et la mort, le jour et la nuit, la pénombre et la lueur, le rayon et le trait , l'éclair et l'obscurité.

Tournant son regard vers l'ouest, Epixarkoïs aperçut les nuées fauves d'un orage palissant dans les douceurs de la première heure de vie, un nihilisme de la terre, l'antithèse entre ciel et terre, l'origine des dieux, le crépuscule des païens, la genèse de l'obscurantisme, la séparation des âmes comme amputation d'unité de couleurs arraché à la nature violée des hommes, la rayure de l'immobilité et du statique, la rupture de l'air en deux océans parallèles balançant entre les nuages boursouflés et l'écorce craquelée des sols arides et siennes.
Le croissant de lune baignait encore faiblement pareil à un morceau brisé de porcelaine, prenant de timide et distraits reflets de nacre érodée, flottant dans les fumées rampantes sur les champs gras et froids.

Une symphonie venait effleuré son âme de bohème sanguinaire, faisant teinté à ses oreilles les échos pleutres d'une immortalité dissimulés dans l'âme de son âme. Les grincements stridents, la marche d'un voyant révolté, l'écho trempé de sulfures aux vapeurs âcres, auraient pu exprimer l'intensité de ces opéras gothiques et immortelles, semblables aux échos d'un morceau future d'artistes égarés dans la folie de liqueurs de peyotl. Car des épîtres musicaux, l'essentiel reste à écrire. Cela ne se fera pas dans le temps logique, mais dans le flue d'instants perdus et dispersés dans une bataille de rythmes et de mélodies improbables.
« L'infinie est à écrire » lui avait jadis conté un vieillard au visage fripé de bronzes oxydés.

« Le levant est la représentation d'un vol de flamands roses », cet oiseau que l'étrange barde admirait jadis le long de marres immenses et opaques.
« L'aurore est une fécondation, le crépuscule un viol. »

Il pensa cela et puis rien ne fut plus en son esprit. Le rêve gagna son cœur et commença le long songe d'une vie emportée par le vent d'un désir de liberté. Il faut éprouver le monde afin de livrer à sa mélancolie le simulacre d'un souvenir translucide comme un regard intriguant, un de ceux-là où l'on se perd sans raisons ni but autre que celui de percer les miroirs de l'âme cachée.
Epixarkoïs attendait.


Dernière édition par Métathraïn le Sam 1 Oct 2011 - 14:09, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le cheminement du barde de guerre   Mar 3 Juin 2008 - 16:53

Année 1595 du calendrier des lunes établie par les anciens



Première partie

S'il est des tragédies surprenantes qui méritent d'être conter, cette essai portant sur le Barde de Guerre vaut bien que j'use ma salive à vous en narrer les péripéties. Car il s'agit d'un souvenir bien étrange qui glisse dans nos mémoires comme le font les vieilles légendes de nos ancêtre.
Epixarkoïs était un homme d'une vingtaine d'années lorsqu'il décida de chercher une épouse. Nous ne savons que peu de choses de ce qui le mena à porter ses amours sanglants à l'apogée de la violence et du sentiment étrange de l'ubris, phénomène exceptionnelle ne désignant que certains types d'hommes extraordinaire. Ces gens portent une aura qui les éloigne pour un temps des soucis du monde avant de les y confronter dans un défis mortel, source des grandes tragédies. Les raisons de cette histoire ne méritent pas de figurer comme une allusion et demanderons une explication plus approfondis dans le temps à venir.
Epixarkoïs livra une lutte sans compromis pour tenter d'aboutir à sa liberté d'homme, et libérer ainsi son âme sauvage et gracieuse.
Il vivait à cette époque aux havres gris, alors qu'il était employé d'une guilde marchande faisant le commerce de l'or. Il naviguait du Nord au Sud, empruntant les nefs d'elfes rêveurs qui s'évadaient sur les flots, refusant le Valinor et courant les océans tièdes du Sud des terres en quête de songes incertains et de mythes à présent éteints ou réduit à l'état d'une poussière emplissant le fond sec et creux d'un crâne blanchi. Il traitait les échanges en provenance de l'Orient et du bas du monde.

***


Un matin il émergea de son navire, le regard fier, les trais reposés. On n'avait pas vu d'expression aussi paisible sur un visage depuis le temps où il avait foulé le bois usé d'un navire, grand condor pâle, qui glissait sur le flot clair et bleu profond des mers du Sud. Son sourire avait alors rendu la lumière du jour bien fade en rapport à la flamme brillante qui couvrait sa face de cuivre. Ce jour là il avait attaché sa chevelure avec trois plumes rouges et ocres qui descendait le long de son cou tiré et bardait d'un côté sa joue de rayures noires et blanches. Il traversa la ville à grand pas, livrant une scène majestueuse. Sur son passage, les gens se tournaient pour inspecter cette longue silhouette de bronze qui coulait comme une eau ruisselant sur le sol après un orage accompagné de pluies diluviennes. On le vit se rendre dans un jardin. Le soir d'autres l'aperçurent en compagnie d'une elfe d'une beauté incertaine. À l'inverse de l'orientale fier et droit, elle était de plus petite taille, mais toute aussi fine, coïncidant avec l'image de ce grand homme de fer, au muscles saillants et secs qui lui donnait une allure de grand prince bédouin tel qu'il s'en trouve plus à l'Est du Rhùn vers les califats inconnus. Ses bijoux d'or le présentait comme la statue d'une idole faite d'un métal bruni.
Nul ne sait ce qu'ils se dirent, mais de cela aussi il importe peu. Ce qui compte c'est les conséquences que soulevèrent la vue de leur ballade solitaire. Ils semblait n'avancer que comme s'ils étaient seuls, se murmurant des mots secrets et insensés. Les gens s'écartaient de leur chemin, comme soucieux de ne pas déranger un monde nouveau et originale, et l'ombre de cette femme s'enrubannait autour de l'indien rêveur et souriant. Les unions entre les elfes et les hommes sont un fait rare, les indiens dans un royaume elfique aussi. Certains voient en cette chose un union contre nature, alors qu'elle n'est que la rencontre d'êtres incertains et plus élevés dans la perspective de l'amour. Mais rares sont les gens à pouvoir sauver leurs âmes des préjugés malsain qui occupent la part obscure de leur corps, et il ne demeure jamais beaucoup de pureté même dans le regard le plus innocent du monde.

***


Elle se nommait Eáránë, et tous se souviennent de son nom à présent. Elle avait de longs yeux en amandes, les lèvres pâles et une chevelure aussi blonde que pouvait l'être l'or. Tous se souviennent de la clarté de son rire simple mais chantant. Ils furent heureux un temps très bref, mais alors ils s'aimaient et aimaient le monde comme jamais il ne le purent à nouveau. Car le lendemain, aux premières heures du jour, l'indien quitta son navire et vint vêtu de ses plus beaux bracelets. Il alla trouver le père d'Eáránë et lui demanda la main de sa fille. Il apportait avec lui une bourse de la taille d'un crâne, et dont le volume était occupé par des pépites d'une rare pureté.
Mais en raison de la jalousie des coeurs, des rumeurs qui avaient couru depuis la veille, et de la médisance naturelle des gens, le mariage lui fut refusé. Epixarkoïs chercha en vain à le convaincre, il demeurait intraitable. Alors il fit ce que son coeur fou lui murmura, et il jura d'obtenir la main de cette étoile timide qui avait nom d'Eáránë.
L'indien était réputé pour son caractère décidé et la réussite de ses entreprises. Il passa le reste de sa journée à contempler la mer, et le soleil y plongeant comme chaque soir.

« Ô mon âmes! Toi qui perçoit la beauté du monde, tu peux me souffler les mystères de cette histoire. Fais résonner le vent d'une parole sage afin de couvrir mon malheur.
Ô ma tristesse, pourquoi cette haine que m'inflige les hommes? Peux tu me prononcer le réconfort paisible de l'amour, ou bien faire glisser sur moi l'oubli dans la mort?
Ô mon être! Toi qui brûlait d'un partage tendre et innocent, ne peux tu me mener vers les portes de la perception?
Ô le ciel, fondu dans le feu de l'horizon, Ô toi qui évoque la passion et l'intensité de son regard, livre moi un opéra tragique pour ma libération. Offre moi la purification profonde, une catharsis ouvrant mes chaires à la clarté du regard des hommes. Qu'en moi prenne racine l'humilité et la tranquillité. »


De ce que les gens raconte, il prononça ses paroles à pleine voix, hurlant son pardon aux hommes. Mais nul ne se tourna vers lui. Son cri résonna comme un silence. Et comme une ironie du monde, le beau crépuscule disparu brutalement dans un lourd ciel bleu de plomb. Dans son inconscience, Epixarkoïs héla les Valars, trouva comme réponse un silence, et se mit alors à maudire tous les dieux païens qu'évoquent les peuples de notre Terre. Le tonnerre résonna et les éclairs fendirent la toile lointaine qui couvrait l'Ouest.

***


Au troisième jour, Epixarkoïs émergea de sa nef au petit matin alors que les rayons du soleil ne frappaient pas encore la terre et les nuages. Il portait avec lui un long javelot de bois d'ébène, et dans une autre main sa bourse d'or. Peu à peu la lumière s'éveilla, et alors on put distinguer d'autres détails du corps de l'indien: des dizaines de traits colorés formaient comme un tissus au riches motifs. Son visage semblait moins souriant que les jours précédents. Il marcha droit chez Eáránë, ne pensant nullement au lieux, mais seulement à son choix. Arrivé devant sa bâtisse, il frappa à la porte. On vint lui ouvrir et il pénétra dans le halle d'entrée. Quelques minutes plus tard, il ressortit des lieux, tenant par la main la jeune elfe. Il laissait derrière lui le sommeil tranquille. Epixarkoïs avait laissé son javelot et son or, et désormais, il avait le regard joyeux des précédents jours. Eáránë, elle, fixait le ciel dans l'attente d'un orage prochain. Mais rien ne vint, et ils finirent par arriver au port. Il volèrent un petit navire à voile et s'embarquèrent pour les jungles et le Sud.
Durant tous le voyage ils se fixèrent sans rien se dire. Ils avaient seulement un sourire amusés, comme s'ils réalisaient leur avenir incertain, sachant à l'avance qu'ils auraient des moments contrariés.

***


Dernière édition par Epixarkoïs le Mer 4 Juin 2008 - 13:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le cheminement du barde de guerre   Mar 3 Juin 2008 - 17:00

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Seconde partie


Mais jamais Eáránë ne put contempler les pierres cendrées qui composent les temples juxtaposé le long des berges immobiles du fleuve. Car si leurs pas les menèrent en de lointaines contrée celle ci ne correspondent pas au jungles dorés qui couvrent une partie de notre monde. Epixarkoïs n'était pas marin, et rapidement ils tentèrent d'échouer leur embarcation sur une plage. Mais les vents ne furent pas favorable, et c'est dans un golfe rocheux qu'ils achevèrent leur navigation. La coque vint s'ancrer dans un récif isolé, et ils joignirent la côte en nageant tranquillement, agrippé à des morceaux de bois brisés. Les amants se trouvaient alors dans les environs de la baie de Balar. Eáránë n'avait pas de connaissances géographique, n'ayant que peu voyagé au dehors des Havres Gris, et Epixarkoïs avait une connaissance fort limitée des territoires au Nord de ce même port. Mais ils s'étaient promis de partager le monde et de le parcourir de leur pas tranquille, jusqu'à ce que l'amour les sépare à nouveaux.
Alors qu'ils se séchaient à la chaleur d'un feux de bois, ils purent observer de grandes voiles blanches qui naviguaient le long des côtes. Ils portaient le pavillons elfiques, et les deux fuyards durent se rendre à l'évidence que les elfes étaient sur leur trace. Les frères de Eáránë s'étaient lancé à leur poursuite, à la tête d'une centaines d'elfes. La course dura des mois.
L'indien et la Teleri firent ensemble d'innombrables chevauchées, traversant les grandes forêt de pins qui couvrent les terre de Beleriand. Leur chemin devait s'achever aux abords du lac Helevorn, lors d'un tragique et violent affrontement. Mais durant ce temps ils purent éprouver une liberté qui les emplit d'une force intérieur puissante. Ils eurent l'occasion de saisir librement le tremblement de l'air dans l'orage, ou bien le clapotis incessant des eaux dans la nuit muette. Ils observèrent toutes les lumières, écoutèrent tous les oiseaux. Touchèrent la mue de serpent timides, emplirent leur yeux des milles nuances du crépuscule. Ils vivaient simplement, allant porté par la nature, bien que conscient de leurs poursuivants.
Ils finirent par apercevoir les montagnes, leur cime blanche et pure, et aucun d'entre eux n'en avait jamais contemplé de semblable. Les miroirs qui couvraient le sommet impressionnaient grandement l'indien qui décida d'aller voir ce prodige. Mais la plaine qui couvre le pied des massifs rocheux est vaste et il faut plus de quatre jours pour la traverser dès l'instant où les pics perçant les nuages sont en vue. C'est ainsi qu'ils furent rattrapés. La nuit en raison du froid des terres du Nord, ils firent un feu et le lendemain, lorsque l'indien se leva pour observer la plaine, il ne vit qu'un large nuage de poussière se dirigeant vers lui. Il fixa cette horde sauvage quelques instant, puis alla réveiller Eáránë. Ils se mirent en scelle et partirent au grand galop en direction des flancs encore lointain des montagnes. Ils commencèrent par prendre de l'avance sur les elfes qui avaient chevauché toute la nuit, mais bientôt leur monture fatigua. Bien que l'elfe n'était pas un grand fardeau, la monture commença à plier sous le poids des amants. Mais Epixarkoïs désirait aller au bout des choses. Il épuisa la monture alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques lieux de premiers versants abruptes. Ils avaient déjà franchi une partie du lac Helevorn. Le nuage ne tarda pas à réapparaître, plus important que jamais. Les elfes étaient venus en nombre. Il est vrai que sur la route, à de nombreuses reprises, Epixarkoïs avait fait usage de la violence et de la force, mais il n'avait pas versé de sang. Seulement la manière dont il savait tenir tête à une armée, rendait les Noldors craintifs.
En tête de la colonne chevauchaient les frères de Eáránë. Tous étaient paré comme pour la guerre, portant casques, pourpoints et rondaches. Lorsque le gaz de terre retomba, laissant la lumière présenter l'ensemble du contingent, Epixarkoïs compta plus de cinq cent cavaliers. Les oriflammes couvraient les berges grasse du lac.
Epixarkoïs et Eáránë parvinrent à atteindre les premiers coteaux obliques des montagnes. Ils grimpèrent quelques minutes jusqu'à une plate forme rocheuse. Et là, dans un recoin, Epixarkoïs put découvrir la neige. Il s'en approcha doucement, fit glisser ses doigts sur le surface lisse et blanche, puis la prit à pleine main et la compressa dans ses doigts, dispersant les flocons dans l'air frais du matin. Les cavaliers en avale avaient du mal à faire progresser leur montures à travers les berges percées et gonflées par les eaux.
Ils progressèrent et abandonnèrent leurs montures pour suivre les fuyards. Lorsque soudain un rocher énorme emporta l'éclaireur de tête, puis le suivant. Les elfes s'écartèrent vivement et levèrent au ciel leur visages fins. Et ce qu'ils virent leur fit cesser leur marche: Epixarkoïs se tenait droit, un rocher sur l'épaule, un javelot dans l'autre main, prêt à défendre sa vie jusqu'à son dernier souffle.
Eáránë était assise à quelques pas de lui, fixant les montagnes émerveillée.


-Aussi longtemps qu'un souffle me fera vivre, je ne vous laisserais pas prendre Eáránë!

-Elle est notre soeur et tu n'est qu'un indigène sauvage, tu ne la mérites pas.

-Elle n'est pas là pour mon mérite, mais parce qu'elle l'a choisi. Je ne lui ai pas pris sa liberté, contrairement à vous!

-Écoute-nous! Si tu ne t'écarte pas il t'en cuira. Tu est seul, nous sommes des centaines!

-Et bien si vous la voulez venez la chercher.


Disant cela il jeta son roc d'une seule main. Elle vint frapper un Noldor en plein crâne, lui ôtant la tête et la vie par la même occasion.
Les elfes avancèrent prudemment, mais lorsqu'ils parvinrent, à la corniche sur laquelle les amants s'étaient arrêté, ils ne trouvèrent qu'une place vide. Plus haut le long des falaises d'une gorge encaissée, serpentait un chemin hautement enneigé. Il y avait une trace unique qui aboutissait à la taille d'Epixarkoïs fendant la neige. L'indien et la Teleri parvinrent au bout du chemin, qui, par l'intermédiaire d'un vertigineux pont de glace franchissait le vide et passait sur la falaise de l'autre versant. Ils le franchirent, et alors Epixarkoïs se tint de l'autre bord. Lorsque l'ennemi arriva, il se tenait caché derrière un gros rocher, tandis qu'Eáránë s'était éloigné. Le javelot d'Epixarkoïs surgit brusquement. Et un ruban semblait enroulé autour de celui ci. L'arme transperça l'intrépide, mais revint brusquement dans le vide, et franchis à nouveau le gouffre. Epixarkoïs avait en fait attacher une corde elfique au bout de son javelot.
Les frères s'avancèrent.


-Je vous préviens, si vous avancez je tuerai le moindre d'entre vous. À présent faites demi-tour et rentrez en vos royaumes, ou alors je vous expédierais joyeusement dans les cavernes de Mandos pour une période aléatoire!

Les paroles de l'indien firent stopper la colonne de guerriers. Pendant un instant les elfes hésitèrent, mais la fratrie commanda le calme et tous reprirent espoir.


-Nous te faisons le serment de ne rien te faire, mais rends nous notre soeur! Sinon nous serons obligé de te tuer...

L'indien ne répondit rien. Tout se figa dans l'attente pendant une seconde. Seul le vent frais des montagnes rappelait que le temps continuait à s'écouler. Alors les trois seigneurs s'approchèrent du gouffre, mirent un pied sur la passerelle.
Quand Epixarkoïs les vit avancer les uns à la suite des autres sur le fragile ponton de glace, il ne redoutait pas que les elfes puissent faire écrouler l'édifice sous leur poids inexistant. Mais il savait que son javelot pouvez le briser. Et pour ce qui est du lancer du javelot, je ne crois pas qu'il existe de meilleur chasseur que l'indien Epixarkoïs.
L'arme de l'indien n'était pas un javelot ordinaire: la pointe en acier était particulièrement large et pointu, fixé à une branche d'ébène sculpté, au formes serpentines et circulaire. Il était joint par une fusion opéré à même le bois selon un procédé traditionnelle, qui alliait le bois au métal forgé de la pointe. Habituellement dans un combat ou une bataille, Epixarkoïs ne s'en sert qu'une seule fois, pour tuer un unique adversaire. Le fait qu'il l'utilisa à répétition lors d'un même affrontement est unique dans toute l'histoire de sa vie guerrière, de son premier meurtre à sa dernière victoire militaire. La répétition n'est en fait que la somme de deux lancés. Le premier vers l'éclaireur, le second vers l'arche de glace. L'édifice craqua, emportant dans sa chute une dizaine d'elfes dont les trois frères. Leur cri fut étouffé par l'épaisseur de neige qui couvrait les flancs de la gorge. Seul subsista le craquement de la glace et la chute bruyante de rocs et de cristaux bleus.
Epixarkoïs reprit son chemin. Il rejoint Eáránë, qui se trouvait plus loin, déjà en dehors de la gorge, sur le chemin du col. Ils marchèrent ensemble jusqu'au col. Il se trouvèrent ensuite face à un grand versant sur le massif montagneux, illuminé dans le soleil déclinant de l'après midi. Il fixèrent l'or des crocs de la terre, regardèrent glisser les nuages, lancés dans une ascension inexorable, s'accrochant comme des haillons de fumé au pics crochus, coulant comme une eau à contre courant en lambeaux de vapeur.
Eáránë sourit à Epixarkoïs quand il lui parla de la mort de ses frères. Elle sourit tendrement et se jeta dans le vide. En une seconde Epixarkoïs comprit ce qu'il devait faire: l'instant suivant il empoigné fermement son javelot, fixant déjà l'elfe en désespoir, et son bras se tendit, l'arme partit très vide, elle fendit l'air et se planta dans le pied de la femme. La corde se tendit, et elle s'arrêta lentement, avec la légèreté et la grâce des gens de son peuple. Il remonta Eáránë, la prit dans ses bras et reprit la route des gorges. Il descendit avec la nuit, portant son amour à bout de bras, comme un présent qu'il venait offrir à la terre.
Il atteignit le campement des Noldors dans la nuit et leur remis l'elfe.


-Soignez la chez vos grand sage, qu'elle retrouve un pas léger et joyeux, je ne viendrais pas la reprendre. Je retourne dans mes jungles.

Les sentinelles, ne surent que dire. Le lendemain, les officiers lancèrent un contingent d'une cinquantaine de garde dans les montagnes pour trouver le meurtrier indien. Mais aucun de d'eux ne revint jamais. On ne sais qui les prit, peut être la montagne, ou bien Epixarkoïs mais sans doute les deux, chacun dans leur action respectives.
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