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 Folie

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Eöl
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MessageSujet: Folie   Mer 18 Nov 2009 - 16:06

En fin d'après midi, le noir nuage d'ailes et d'yeux revint en Nan Elmoth. Un sombre corbeau, les yeux brillant d'un rouge malsain se détacha de la masse grouillante et vint se poser sur l'épaule de son maître.
Hrar agita frénétiquement les ailes pendant qu'il croassait près des l'oreille attentive.



- Au nord ? Mais que vont-ils faire au nord ?


Le volatil regagna les cieux sitôt son message transmit. La nuée d'oiseaux se dispersa alors et reprit son train de vie habituel. Sa femme avait déjà prit plusieurs jours d'avance, la rattraper était impossible. Quand bien même se dépêcherait-il qu'il n'avait aucune idée de la direction prise par Aredhel.

Eöl avait renoncé à poursuivre les fuyards. En même temps qu'il avait renoncé à mener une vie paisible et ordinaire.



- Chiens ! Qu'ils partent si ça leur chante.

Le trésor qu'il m'ont dérobé a plus de valeur qu'eux. Il faut que je trouve un moyen de le récupérer.....



L'Elfe parcourut rapidement du regard le sordide état dans lequel se trouvait sa maison. Sa colère la lui avait fait complètement retourner. Encore sous le coup de ses impulsions, il se saisit du creuset en bois qui trônait sur sa table de travail et le projeta contre le mur avec une telle violence qu'il s'y fracassa.

Il se mit à tourner en rond, des heures entières. Tracassant son esprit, retournant ses idées dans tous les sens, ressassant le passé afin d'y dénicher un geste, une parole qui aurait pu trahir les intentions de sa femme. La nuit tomba qu'Eöl remuait encore chaque objet qu'Aredhel avait touché de ses douces mains.

La nuit se passa ainsi, le maître de Nan Elmoth resta prostré dans son mutisme, fixant de son regard obscur la dernière lame qu'il possédait.
Décidé à reprendre les deux autres mais sans savoir comment s'y prendre, il se prit à espérer le retour prochain de sa femme et son fils. Il ne lui restait plus que ce maigre espoir car il ne connaissait pas l'emplacement de la Cité Cachée, lieu dont Aredhel rêvait de regagner un jour. Ils ne pouvaient qu'être là-bas. Mais il était impossible pour Eöl d'y pénétrer.
Quant à la seconde lame, elle se trouvait désormais au fourreau de Thingol ou dans un lieu connu de lui seul.
Par une ironie du sort, les deux lames manquantes il les avait forgé à l'attention des deux êtres qu'il venait de perdre.
La seule qu'il lui restait était la sienne, Mantaur. S'il ne devait en rester qu'une, Mantaur serait celle-là. Il ne quitterai plus jamais son domaine sans l'avoir sur lui et ne voyagerait qu'accompagné de cette Protectrice.

Cette lourde perte fit basculer Eöl dans une démence paranoïaque. Dans sa psychose il s'imaginait qu'à chaque instant quelqu'un pénétrerait dans son royaume pour lui dérober son dernier trésor. Chose singulière, il ne se sentit plus en sécurité dans sa maison.
Il voyait partout des centaines d'yeux le dévorer du regard, attendant patiemment un moment de faiblesse pour voler la dernière rescapée.

La folie fit qu'il redoubla l'intensité de son enchantement. Les bois s'épaissirent jusqu'à ne plus laisser filtrer aucun rayon de lumière. Une obscurité dense se répandit sur la forêt maudite. La lisière elle même devint impénétrable. Les arbres s'unir dans un magnifique spectacle de souches et de branches.

Il se resserrèrent tant qu'aucun être de taille humaine ne pouvait entrer dans le Royaume Maudit.
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Eöl
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MessageSujet: Re: Folie   Mar 24 Nov 2009 - 18:55


A l'aube du deuxième jour après la fuite de sa femme, Eöl n'avait toujours pas reprit ses esprits. Tourmentés par un sentiment jusqu'ici inconnu : le remord. Une part de lui ne pleurait pas seulement ses épées.

Il se rendait compte, au fur et à mesure que les jours défilaient sur la Grande Voûte Céleste, que ce jour-là il avait perdu autre chose. Une part de lui-même.

Maintenant qu'il était de nouveau seul et unique habitant de Nan Elmoth, maintenant que la solitude, cette ancienne amie, le retrouvait, il prenait conscience d'un nouveau manque. Il prenait conscience de l'étendue de la perte. Il ne s'était jamais aperçu à quel point il tenait à la présence d'Aredhel et de Maeglin. Il s'y était plus qu'habitué, il les avait aimés. Du plus profond de son être, mais sans pour autant se le reconnaître. Un amour inavoué et primitif, brut même. Un amour dans sa forme la plus pure, la plus originelle, la plus charnelle.
Sans s'en rendre compte, il avait vécu à l'instar de quelqu'un de normal, avait fondé une famille, possédait un foyer douillet, avait femme et enfant.

Il était devenu ce qu'on l'avait toujours empêché d'être : une personne à part entière.

Jusque là il n'avait jamais été que le fils du traître Nuincairion à Menegroth, le monstre rôdant les bois de Nan Elmoth ou encore "l'Elfe", "l'Etranger" durant son séjour à Nogrod. Avec tout ce que cela sous-entend en terme de rejet, de suspicion et de mépris chez un peuple Nain.

Sans qu'il le sache, Aredhel lui avait offert, peut-être même sans le vouloir, ce à quoi il avait aspiré dès sa plus tendre enfance.
Être accepté.
Être comme tout le monde.
Et durant tout ce temps, il l'avait été, mais sans y prêter attention. C'est maintenant que ce paradis ignoré s'enfuyait qu'il prenait connaissance de l'ampleur du désastre de sa vie.


Pendant des jours entiers il se remémora chaque évènement déroulé depuis ce fameux jour où il captura Aredhel. Son domaine n'avait plus semblé pour lui être une prison de bois, mais bien un havre de paix.
Les mythes locaux sur la malédiction de Nan Elmoth s'étaient affaiblies, jusqu'à presque sombrer dans l'oubli.
Il n'était plus un paria, un rejet de la société. On lui avait offert sa chance, sa place dans ce monde, comme tout être vivant. Il pensait avoir enfin trouvé sa place dans cet éternel et répétitif cycle de la vie.
Que si le rôle de certains est de gouverner, pour d'autres de guérir, de tuer, guerroyer, cultiver ou encore bâtir, son rôle à lui était de diriger Nan Elmoth, la protéger du Mal alentour et de la folie des Hommes.

La fuite de sa femme faisait s'écrouler tout ce système, toute cette logique qui avait prévalu des siècles durant, aux yeux d'Eöl. Il retrouvait d'un seul coup son ancienne place, celle du Démon de Nan Elmoth que tout le monde continuerait à jamais à fuir.
Il n'était plus quelqu'un de normal, sa seule famille venait de le renier, ne l'avait jamais réellement aimé. Tout cela n'avait été que du vent, de l'illusion.

Son désarroi fut tel qu'il ne chercha même pas à raviver sa haine viscérale des Noldors afin de la justifier.



Lorsque la deuxième semaine s'acheva, Eöl comprit qu'Aredhel ne reviendrait plus, qu'il ne verrait jamais grandir son fils, ne lui transmettrait jamais aucun de ses secrets, ne partagerait plus jamais rien avec lui, que désormais les rares paroles qu'il prononcerait tomberont dans les ténèbres au lieu des oreilles attentives de Maeglin. A ce stade, il se fichait de ses épées. La perte était toute autre. Sa famille ne l'avait jamais aimé et n'attendait en fait qu'une seule occasion pour le quitter.

Il avait couvert sa femme de trésors, avait forgé sa plus belle oeuvre en honneur à sa beauté et à la gloire de sa pureté. L'avait aimé d'un amour inconditionnel.
Son fils quant à lui, la chair de sa chair, il l'avait bénit sous les étoiles, l'offrant à la protection de la Lune, son amie de toujours. Il s'était maintes imaginé lui léguer son royaume, comme un père fait pour son héritier.


Lorsque Eöl se décida à reprendre ses activités quotidiennes, il s'aperçut que cela ne lui procurait plus aucune satisfaction.

Pourquoi le faire ?

Pourquoi, lorsqu'on sait qu'à sa mort, il n'y aura personne pour nous pleurer ?

Lorsque son dernier souffle viendra, il mourra seul, au fond de son royaume perdu de Nan Elmoth. Maeglin et Aredhel ne se souviendront de leur passé dans la Forêt Maudite, que comme d'un lointain cauchemar. Voilà les seules pensées qu'il laissera dans l'esprit de sa famille, un simple cauchemar à oublier.

Il se rendit alors compte à quel point il est dur de n'avoir jamais été aimé de personnes que l'on a portées au plus haut de son coeur.
Il dut se résigner au triste constat qu'il avait fait avant de rencontrer Aredhel : jamais il ne parviendra à aimer qui que ce soit, et personne ne s'abaissera jamais à l'aimer en retour.



Ainsi finit Eöl, Eöl le Maudit.



Délaissé par les seuls êtres que son coeur n'ait jamais acceptés. Abandonné de tous, de ses proches, de ses Amis de Nan Elmoth qui ne l'approchait plus tant son caractère était devenu irascible et imprévisible. Totalement et irrationnellement imprévisible. Il pouvait sembler avoir reprit goût à la vie et quelques minutes après, rentrer dans une colère noire dont seul l'Elfe de la Nuit a le secret.

Il essaya tant bien que mal de se raccrocher à son passé lointain, son ancienne vie. Il se remit en quête de bon minerai, exploitant jusqu'à épuisement ses derniers filons.
Il s'enferma à nouveau dans sa forge, le refuge de son refuge. Se remit à forger, à perfectionner, explorer de nouvelles idées. Mais à chaque fois le résultat était le même. Son ouvrage lui paraissait laid et difforme, emplit de défauts. Il avait pourtant tout essayé, avait tourné et retourné les Secrets Nains, jusqu'à même essayer de les approfondir.
Ses nouvelles créations s'enchaînaient et se ressemblaient. Ratées, sans saveur, impossible à manier, inapte aux épreuves de dureté.
Les plus belles pierreries n'y firent rien. Il avait beau les sertir de milles pierres précieuses, elles restaient insignifiantes et hideuses.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître, il ne s'en offusqua point. Eöl avait perdu goût à l'art de la Forge. Créer une arme ne l'intéressait plus. Cela revenait de toutes les façons, à mettre au monde une source supplémentaire d'égarement.

Sa folie du fer et du feu l'avait amené au bord du gouffre.
La perte de ses deux Trésors lui avait surtout enseigné que dévoiler ses points faibles aux yeux de tous le rendait vulnérable. A chaque nouvelle oeuvre naissait un moyen de plus pour les autres de le faire souffrir.
Il tira donc de cette épreuve une nouvelle leçon. Jusque là Eöl pensait que les Êtres et les Armes devaient être traités différemment car n'ayant pas les mêmes répercussions sur son affecte. Il en était tout autrement.


S'attacher à une personne est le meilleur moyen de souffrir inutilement. Elle peut partir, vous trahir ou même mourir. Pour cette raison Eöl avait choisit de n'aimer personne ni espéré se faire jamais aimer en retour.

Mais l'Arme obéissait également aux mêmes principes que l'Être. Elle pouvait vous décevoir ou disparaître (par la main d'autrui ou par celle des Valars). Par conséquent il ne fallait s'attacher à aucune Arme, les rabaisser au même niveau que l'Être.


Eöl avait pensé que son amour pour les Armes pouvait être sûr et sans dangers, qu'il n'en serait jamais touché et meurtrit. La fuite d'Anglachel et d'Anguirel lui avait prouvé le contraire.
C'étaient ses Oeuvres, ses Enfants, pourtant elles étaient parties, et ce, malgré tout l'amour qu'il leur avait porté.

Oui, l'amour des Armes était tout aussi pernicieux et dangereux que celui des Êtres.

Eöl apprit ainsi à se détacher de toutes choses. Désormais pour lui, plus rien n'aurait d'importance. Arme, Être, plus rien. Car plus rien ne serait susceptible de lui rendre un jour le bonheur qu'Aredhel lui avait procuré.


Abattu autant que résigné, Eöl songea qu'il était temps de détruire sa forge.

Il parcouru du regard, sans la moindre émotion, les plans accrochés au mur. Plans techniques qu'il avait mit des années à mettre au point, traitant de son fourneau, véritable merveille d'ingénierie, de ses outils artisanaux, pinces, tenailles, marteaux, masses, creuset.....
Aujourd'hui tout cela n'avait plus aucune grâce à ses yeux. Il posa son regard vide sur ses nombreux outils, ses compagnons d'arme. De son marteau, souvenir de Balgrim, aux tenailles, enclumes et jusqu'au coffre contenant ses anciennes Oeuvres.
Il ne s'en soucierait plus dorénavant.

Il éteignit le fourneau et sortit de sa forge avec seul le marteau de son ami en main. Soudain, rageur, il rassembla à l'intérieur tout le bois qu'il entreposait pour entretenir la chaudière de la forge.
Lorsqu'il eut assemblé assez de bûches, il y mit le feu. En un instant la pièce s'embrasa et de gigantesques flammes rouges léchèrent le plafond. Elles le traversèrent, après l'avoir consumé, et s'installèrent sur la maison elle-même, bientôt suivie par le Centenaire.
Il prit feu lui aussi. Lui qui fut l'abri d'Eöl et de sa famille. Le grand compagnon partit en fumée rejoindre les souvenirs déjà nombreux de l'Elfe Noir. Une immense colonne de fumée sombre balafra le ciel et s'étendit. L'imposante dominait la forêt.


Quand la nuit s'installa dans le ciel et que la Lune s'y invita, le feu vivait encore. Dans l'immensité du domaine forestier, les ténèbres étaient reines mais un oeil attentif aurait pu voir, ce soir-là, un coeur rougeoyant en son sein. Un brasier qui dura trois jours entiers.

Eöl, lui, hurlait et ricanait de cet acte libérateur et sacrilège à la fois, qu'il venait de commettre.
C'était irrémédiable maintenant, alors autant en rire.
Il se mit à danser autour de la belle incandescence. Tel une ombre. L'Elfe Noir, à ce moment là, n'avait plus à rien d'humain. On aurait dit une forme démoniaque jouissant à la vue de la Destruction personnifiée. La sinistre marionnette, manipulée par sa seule folie, dansa sans s'arrêter. Les trois jours durant. Hurlant et crachant des injures imprononçables, adressées à la Nature et à la Vie.
Celle qui fut son Amie de tous les instants et sa Mère Omniprésente, elle qui lui avait ouvert sa forêt pour l'y loger et l'y protéger, voilà qu'en remerciement, il la conspuait. Il maudissait aussi la Vie. Elle qui ne lui avait rien apporté de bien, rien d'autre que le désespoir, l'illusion d'être heureux et une longue série de déceptions et de trahisons. A cet instant, il les accabla de tous ses malheurs. Non pas qu'il était sincère dans ses accusations, mais il avait simplement besoin de placer l'opprobre sur quelque chose d'autre que lui, de ne pas être le seul à porter le fardeau de sa malédiction. Se donner finalement un maigre espoir dans cette fatalité, celui de n'être pas l'unique responsable. De ne pas être seulement le coupable, mais aussi, un peu, la victime. De pouvoir se dire que tout ce gâchis ne pouvait pas être seulement le fruit de son horrible, mais tout de même modeste, personne.

De son vécut à Nan Elmoth, de son ouvrage de métal, il ne garda que Mantaur, dernière représentante de celles qui furent faites de Galvorn. Dernière compagne. Unique compagne.
Malgré son unicité forcée, elle n'avait rien perdu de sa superbe. Eöl la chérissait toujours comme son enfant, le seul qu'il n'aura jamais, un enfant qui ne le trahirait pas. En tout cas pas avant longtemps.
Quant à son armure, il n'en subsista que quelques pièces, la cuirasse, les jambières et les deux gantelets.



Et ainsi finit la vie forgeronne d'Eöl, sa maison, son oeuvre, son passé..... sa mémoire.


Sa course sans fin de l'Arme ne lui avait rien apporté, au bout du compte, si ce n'est quelques pas de plus vers la démence. De renommé et de gloire tant rêvées, il n'avait rien vu.
Il ne marquerait jamais l'Histoire comme il l'avait tant espéré, ses si grands talents mourront avec lui dans une mort anonyme et silencieuse. Personne ne remarquerait sa perte car personne ne se souciait de l'Elfe Noir.

Au contraire, sa disparition serait synonyme de joie et de liberté retrouvée pour les habitants des villages alentours. La mort du Démon de Nan Elmoth. Triste ironie. Si jamais il advenait que quelqu'un apprenne ce qu'est devenu Eöl, les seules réactions suscitées seront la liesse et l'euphorie.

Lui qui avait tant souhaité laisser une belle empreinte dans les légendes des Terres du Milieu, on ne fêtera pas son Ouvrage, son talent ou ses découvertes, mais seulement sa mort. Elle sera effectivement belle cette empreinte, mais pas dans le sens escompté.

Cela aurait dû ranimer la flamme de haine qu'il entretenait envers toutes les races qui foulent cette Terre, mais au lieu de cela, il sombra dans une lente mélancolie.

Depuis qu'il avait goûté aux délices d'une vie de famille, sa famille, le nouvel avenir qui se dessinait devant lui, lui semblait fade et insipide.
Il ne prenait plus plaisir à parcourir l'étendue de son domaine. Ni ne trouvait de nouveaux noms pour définir ce dernier.
Ne découvrait plus de nouvelles essences végétales. Auparavant, chaque nouvel arbre ou nouvelle fleur était pour lui un ami supplémentaire qui faisait son entrée à Nan Elmoth. Aujourd'hui, à ses yeux, toutes les plantes se ressemblaient.
Il ne parlait plus aux arbres durant d'interminables heures, il ne leur accordait désormais plus aucun regard doué d'attention.
Les animaux l'évitaient et il redevenait à leurs yeux ce qu'il avait été lors de son arrivée dans les bois : un étranger. Il était redevenu un paria même pour ses anciens compagnons, et ce, dans son propre domaine. Se voyant rejeté jusque chez lui, Eöl prit la décision de quitter Nan Elmoth pendant quelques temps.



- Ici tout n'est que souffrance et amers souvenirs. Je ne tire plus aucune joie de mes possessions. Rien ici ne peut guérir le mal qui sommeille en mon coeur. Si je reste, je vais devenir si fou que les mythes locaux risqueront d'être cette fois bien justifiés.

Je n'arriverai jamais à oublier Aredhel si je reste cloîtré ici à ressasser les mêmes angoisses, les mêmes remords. Tout cela ne me mènera qu'à une chose : la mort à petit feu.

Je.... je ne vois plus qu'un endroit au monde où je puisse encore être accepté.



La décision était définitive dans son esprit torturé. La destination, toute choisit.

Les Montagnes Bleues.

Sans en dire plus, Eöl fit son paquetage.
C'était le moment de savoir si on voulait encore de lui sur cette Terre. Le monde n'avait fait jusqu'à présent que le rejeter. Ses amis les Nains étaient les seuls à pouvoir lui prouver le contraire. Ses amitiés ancestrales lui seront maintenant d'un grand secours.

Comme il ne pouvait rallier Nogrod du fait de l'animosité que la succession de Balgrim avait suscitée, Belegost devenait la seule option.


Ainsi, on put voir, pour la première fois depuis sa capture par les gardes de Menegroth, Eöl quitter son domaine, le Démon de la Forêt Maudite quitter son antre.

Sur son passage les arbres s'écartèrent, comme une dernière haie d'honneur.
Lorsque le Soleil, cet inconnu méprisant, agressa ses pupilles, il recouvrit ses yeux. De longues minutes s'écoulèrent avant qu'il ne laissa lentement retomber ses mains de sur son visage. La lumière n'avait jamais été aussi brusque et intimidante.

Lorsque l'on a passé la majeure partie de sa vie d'Eternel dans le coeur sombre de Nan Elmoth ou sous la Déesse Montagne, les rayons lumineux deviennent des lames violentes et aiguisées perçant votre âme et le voile diaphane que le temps a tissé sur vos yeux.
Il fallut pourtant s'y habituer car la route jusqu'à Belegost était longue.


Lorsque Eöl arriva au sommet d'une petite colline, surplombant le fleuve Celon, il se retourna, le coeur serré, vers ce qui était jusqu'à il y a encore quelques minutes, Son Domaine, Son Refuge, Nan Elmoth la Maudite. Maudite et malveillante pour les autres mais agréable et attirante pour lui.
Il quittait son joyau de bois et de troncs pour une durée indéterminée.

Il l'observa encore de longs instants avant de poursuivre sa route.
Il voulait incruster dans sa noire mémoire l'image de son domaine, comme s'il s'agissait de la dernière fois.

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