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 L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]

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Culgor
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MessageSujet: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Ven 30 Avr 2010 - 19:29

Visiteurs qui, après une dure journée de voyage, arrivez au pied du palais impérial d'Annùminas et cherchez une place où le manger et le boire ne sont pas mauvais, les chambres agréables et ce pour un prix acceptable, il ne sert désormais à rien de questionner les passants. A quelques rues des portes d'airain, se dresse, semblable aux autres demeures, une auberge avenante. Sa façade en colombages surpasse largement ses voisines, percée de nombreuses fenêtres à meneaux. La patine du temps l'a altérée, donnant une allure de demeure abandonnée, démentie par les flammes de multiples bougies éclairant l'intérieur. Une large porte de chêne à deux battants barre l'entrée, surmontée d'un linteau de bois sculpté pouvant éventuellement intéresser quelques personnes dont l'esprit n'est pas occupé par autre chose de plus important.

Une fois entrés, vous embrassez du regard une salle profonde. Un foyer en occupe le centre, à l'intérieur duquel un feu fournit lumière et chaleur. De multiples tables, bancs et tabourets occupent la majeure partie de l'espace. De nombreuses personnes aiment s'attarder ici une fois leur journée de travail achevée, offrant la diversité des habitants de cette ville. Cependant, en journée, il n'y a guère plus que quelques ivrognes attardés ou voyageurs épuisés assis, une chope posée devant eux. Dans un coin, non loin de l'entrée, un long comptoir de bois et de pierre semble n'attendre que vos coudes sur son plateau. Là, le tenancier et ses commis peuvent vous proposer tout ce que vous désirez, à boire, à manger, ou bien une place pour dormir voire un emploi s'ils manquent de personnel.

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Culgor regarda le nouveau  comte pénétrer dans la gueule béante de la forteresse avec appréhension.  Et peut-être de regret, en même temps. Il avait frôlé la grand Histoire, ce qui ne lui avait pas déplu. Mais à présent, l'heure venait de rejoindre la routine anonyme du commun des mortels qui, toutefois, apparaîtrait peut-être plus tard dans les manuscrits et dont le mouvement serait alors discuté entre des érudits dans leurs salles de marbre et de pierre aux multiples étagères. L'adolescent se détourna alors des murailles massives pour s'enfoncer dans les rues, en même temps que le soleil disparaissait dans le lointain. Sans oser se l'avouer, il était triste. Triste de quitter cet homme si admirable, mais pourtant restant amical. Et terriblement isolé et solitaire. Il s'en était voulu de sa question indiscrète quand il avait entendu la réponse de l'illustre homme. Mais ce qui était fait était fait.

Dans les ruelles, la fièvres semblait s'être apaisée, mais Culgor sentait bien qu'elle s'était réfugiée dans les centaines, les milliers de demeures d'Annùminas pour enfler dans l'ombre avant de paraître au grand jour. Tous les passants semblaient joyeux, malgré leurs traits hâves et tirés. Quelques hommes, à la panse débordant volontiers de sous leur tunique, buvaient bruyamment ensemble, assis sur les perrons, souhaitant longue vie au nouveau comte. Quelques enfants jouaient, poussant des cris aigus. Ce soir là, ils délaissaient les héros des temps jadis pour ce Beldorn qui semblait si puissant. Un homme faisait de grands gestes dans un coin, lançant de longues tirades aux oiseaux qui l'écoutaient sans paraître effrayés. Un comédien sans doute, adaptant une de ses pièces aux évènements récents. Le nom de Beldorn Lame-de-Vie sortaient souvent de sa bouche aux lèvres charnues, prononcé tout de même avec respect et délectation. Dressant l'oreille, le rouquin entendit des chants s'élever, mêlant des voix guère musicales, il était vrai. Néanmoins, l'espoir qu'elles clamait leur donnait une certaine beauté. Prêtant attention à un des couplet, Culgor entendit parler de rivières charriant de l'or, et le nouveau prince naviguant sur le fleuve étincelant dans une barque d'argent aux voiles de soie, avec à sa proue une étoile descendue là pour servir de fanal. Il sourit.

Finalement, la fatigue et la faim le réclamèrent, le détachant du spectacle plaisant à voir et à entendre d'une ville pleine d'espoir et de joie. Son ventre gargouillait terriblement ; il n'avait pas mangé depuis midi alors que le crépuscule portait déjà son voile opaque sur la cité en fête. Le froid nocturne se jetait déjà sur la ville aux multiples pignons. Assis sur la margelle d'une fontaine, des gardes hilares se réchauffaient auprès d'un brasero, dégustant quelques brochettes accompagnées d'une bouillie abandonnée pour l'instant dans leurs écuelles. L'adolescent s'approcha, et demanda timidement ou trouver un établissement où il pourrait manger et passer la nuit. Mais les hommes engoncés dans le cuir et l'acier était de trop bonne humeur, et ils lancèrent une conversation sur des temps qui changent et la gloire retrouvée d'Arnor. Même les fidèles de l'immense général Sandar étaient conquis par ce nouveau venu du Sud, qui devait désormais les diriger. Crispé, Culgor obtint enfin la réponse attendue, et, s'éclipsant poliment, il chercha l'établissement désigné.

Il n'eut aucun mal à le trouver. L'auberge se distinguait facilement de ses petites sœurs tout en leur ressemblant. Il attacha son poney à l'édifice, espérant que nul ne songerait à le voler dans cette euphorie. Sans s'attarder dans la rue, malgré les hommes invitant cet étranger à fêter les évènements avec eux, il poussa les lourdes portes de chêne et se retrouva dans la salle enfumée, et surtout bondée. Il referma le battant et se glissa péniblement  parmi la foule, rentrant les épaules pour mieux s'infiltrer parmi les clients. S'approcher du comptoir fut une épreuve difficile, mais il n'était pas trop épais et assez habitué à la foule, et finalement, il parvint à son but. Après quelques instants , un commis s'intéressa à lui, prêtant attention à ses appels inaudibles dans le brouhaha. Il lui demanda ce qu'il voulait, avec un fort accent du nord, ne put s'empêcher d'observer l'adolescent. Il répondit alors dans le langage quelque peu archaïque du Gondor :

"Excusez-moi, est-ce que vous aurez de quoi manger et une chambre pour une bourse modeste ? Et pourriez-vous abriter mon poney dans vos écuries, en le nourrissant et l'abreuvant, si possible ?"


Penché vers le commis, il parvint à se faire entendre, et attendit quelques instants sa réponse, et surtout le prix qui lui été demandé. Se ravisant au dernier moment, il acheva sa demande :

"Et aussi ! Connaîtriez-vous un maître guérisseur qui accepterait un disciple venu du Gondor ? Je souhaiterais suivre un apprentissage auprès d'une personne versée dans cet art. Merci beaucoup !"

Accoudé sur le comptoir, il se tut alors, se penchant davantage pour entendre la réponse. Autant faire d'une pierre deux coups, si possible, songea-t-il. Ce serait bien sa veine si déjà il trouvait le maître qu'il lui fallait. Restait donc à savoir quelle serait sa fortune avec ce commis.



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Gloredhel

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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Dim 23 Mai 2010 - 12:57

L'aubergiste était le type d'homme que ceux du sud se dessinaient en imaginant les gens du nord. Sa grosse barbe brossée descendait en pointe raide sur l'avant et ses yeux noirs fixaient sévèrement le garçon. De toute sa grande hauteur il se pencha et dit à Culgor :

Petit, chez moi, c'est complet ! Il n'y a même plus de place pour une demie-portion comme toi ! Les chambres comme les dortoires sont pleins de visiteurs et de soldats venus prêter hommage au nouveau maitre d'Annuminas.

L'aubergiste vit alors l'air inquiet de Culgor. Il compris que le jeune craignait de passer la nuit sous la lune.

Par contre, il y a un peu de paille fraiche à l'écurie. Ce n'est pas aussi moelleux qu'un bon matelas mais je n'ai que ça a offrir à toi et ton poney.
Aldrir, mon neveu, te montrera le chemin, en attendant trouve une place et restaure toi. Demain, nous parlerons de ta seconde demande.

L'aubergiste se retira au fond du comptoir et jeune garçon vint pour guider Culgor jusqu'à l'extérieur et l'écurie.
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Culgor
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Sam 29 Mai 2010 - 19:07

L'enthousiasme de Culgor fut violemment refroidi par les paroles de l'aubergiste. Plus de place pour dormir. Devrait-il encore une fois dormir à la belle étoile ? Il lui faudrait pour cela quitter la ville, puis trouver un emplacement confortable non loin des portes. Cela prendrait assurément du temps. Et il tombait de fatigue. La chevauchée avait été harassante, depuis Edoras, et les évènements récents l'avaient épuisé. Le regret l'assailli. Pourquoi donc avait-il voulu quitté le calme des bibliothèques de Minas-Tirith ? L'ambiance feutrée, le froissement des parchemins, le poids des livres, tout cela lui manquait terriblement. Mais ce qui était fait était fait, et il avait put découvrir la richesse du monde, rencontrant de surprenantes personnes et admirant de splendides paysages. A présent, il pensait à se ranger, et la nouvelle donnée par cet aubergiste le décevait.

Mais l'homme se reprit rapidement. Il ne lui offrait certes pas la meilleure des chambres. D'ailleurs, il n'aurait aucun lit, ni aucun autre meuble. Il ne pourrait même pas parler de chambre. Mais au moins, il pourrait dormir dans le centre de la cité et serait installé plus ou moins confortablement, ce qui était toujours ça de gagné. Il verrait le lendemain pour le prix. Il inclina la tête et remercia chaleureusement l'homme qui lui faisait face. Il pouvait enfin se permettre d'avoir l'esprit allégé. D'ailleurs, sa bourse le serait aussi, mais peu importait. Il suivit le neveu du tenancier jusqu'aux écuries. Là, on lui désigna de la paille fraîche qu'il emporta dans un coin, et sans même songer à manger, il s'endormit, comme une souche.

Il lui semblait qu'il venait à peine de s'endormir lorsque la lumière du soleil le réveilla. Titubant de fatigue, il se releva péniblement, conscient que son repos ne pouvait plus durer davantage, quand bien même il fermerait les yeux et s'enfouirait sous de nombreuses couvertures, ce qu'il ne pouvait présentement pas faire. Sa monture avait été installée non loin de lui. Elle avait été bien traitée, avait du boire et du manger en abondance. Ce qui n'était pas son cas. Il ôta quelques brins de paille de sa tunique, mit un semblant d'ordre dans sa chevelure ébouriffée, et rejoignit enfin l'auberge.

Les Arnoriens semblaient matinaux, car la salle principale était à peine moins bondée que la veille. Culgor rentra les épaules et se glissa dans la foule hétéroclite, piétinant jusqu'à ce qu'il arrive au comptoir, en sueur. Il avait réussi à éviter les nombreuses chaises, avait épargné les pieds de diverses personnes ainsi que les siens, s'était écarté de ceux qui avaient déjà trop bu et qui faisaient de larges moulinets. L'homme de la veille était là. L'adolescent se fraya un chemin vers lui. Y étant parvenu, il demanda :

"Pourrais-je avoir de quoi manger, si possible ? Et combien cela me coûtera-t-il, ainsi que ma nuitée et les soins apportés à ma monture ?"



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Brand

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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Mar 22 Juin 2010 - 22:05

La porte de l'auberge s'ouvrit à nouveau, laissant sortir dans la rue le tumulte de liesse générale encore bien présent de la veille. Un homme s'engouffra au milieu de cette masse compacte, jouant des coudes pour s'y frayer un chemin jusqu'au comptoir. Indifférent aux jurons lancés à son encontre et à la bière renversée sur son passage, l'homme se retrouva enfin face au tavernier. Ou presque. Devant lui se tenait une personne de taille moins imposante que l'accoutumée des clients présents céans. Elle était en pleine conversation avec l'aubergiste. L'homme baissa les yeux pour observer cette tête aux cheveux ébouriffés à hauteur d'épaules. Au son de sa voix, on devinait aisément qu'il ne s'agissait pas d'un adulte, du moins pas encore.

Ainsi, debout dans cette taverne où il était difficile de se faire entendre, tant la cacophonie y régnait en maître, Brand commençait à s'impatienter derrière le jeune homme qui passait commande. Il n'avait rien avalé depuis la veille au matin, si ce n'est un bout de pain rassis qui traînait au fond de sa gibecière. Ses pas l'avaient mené à Annuminas, cité dont il n'avait plus foulé les pavés depuis bien longtemps.

Sitôt après avoir pénétré l'enceinte par la grande porte des remparts, il s'était mis en quête d'en endroit où pouvoir contenter sa faim se faisant de plus en plus ressentir. Les rues grouillaient de monde. Fait bien normal pour une cité prospère comme l'était Annuminas. Chacun allait de son activité; le fer frappé résonnait sur les enclumes en bruit de fond, les charpentiers s'attelaient à la réparation d'un toit et les marchands ventaient les mérites de leurs produits frais du matin. Pourtant, il se dégageait une atmosphère différente que l'accoutumée de cette véritable fourmilière humaine. Un évènement de grande ampleur s'était produit ici même, cela se lisait sur le visage de chacun.
Mais Brand n'y accorda pas plus d'attention et n'arrêta pas même un passant pour lui demander de quoi il en retournait. Seul l'enseigne suspendue au-dessus de la porte d'entrée de la taverne attira son regard. Le Dúnadan Clairvoyant. Ce nom-là fit naître un sourire sur le visage du voyageur pour qui il évoquait un lointain souvenir.

A présent, Brand ne pouvait plus attendre. Il écrasa sa main à plat sur le bois du comptoir et vit les visages du jeune garçon et de l'aubergiste se retourner vers lui. Il les fixa tour à tour avant de retirer cette main rugueuse, pleine de cicatrices. Une douzaine de pièces d'or s'y étaient glissé à la place.


« Tiens, l'alberguier. Voilà de quoi me payer un bon repas chaud ainsi que celui du gamin et sa nuitée. »

L'aubergiste n'osa prononcer quelque parole qui eût fâché l'individu et se contenta de ramasser les pièces d'un revers de la main, tout en jetant des regards au jeune garçon qui visiblement avait l'air autant surpris que lui.
Brand se retourna et entreprit de trouver une table de libre. Il lança par-dessus son épaule:


« Pas la peine de me remercier. »

Aussitôt, il se dit qu'il avait peut-être été quelque peu rude dans ses agissements. Il fit à nouveau face au garçon.

« Viens seulement manger à ma table, j'ai des questions à te poser. »

Puis le voilà reparti en direction d'une table située dans un recoin de la pièce, reculée du brouhaha des autres clients.
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Culgor
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Jeu 24 Juin 2010 - 15:42

Alors que l'aubergiste lui donnait sa réponse, le choc sourd d'une main sur le comptoir l'interrompit. Qui donc... ? Ils se retournèrent tous deux vivement vers celui qui troublait ainsi leur conversation sans un mot. Quelques pièces roulèrent sur le comptoir, mais Culgor les ignora, occupé à dévisager l'homme qui se tenait face à lui. Un vieil homme, si l'on ne se fiait qu'à sa première impression. On aurait dit un de ces traîne-misère, parcourant les routes par tous temps, dans l'espoir d'une aumône. Cependant, malgré les ans et les voyages qui avaient creusé une multitude de rides sur son visage, il semblait dur, sec, sévère.

*Pas le genre de personne dont on se moque facilement* songea l'adolescent.

Il entr'aperçut sous les vêtements ternis par la pluie et la boue la garde d'une épée. Non, pas un mendiant vagabond. De telles lames coûtent cher, si elles ne sont pas volées. L'adolescent en déduit qu'il se trouvait soit face à un brigand, soit à une personne dissimulant sa vraie nature. Peut-être un de ces rôdeurs, dont les bonnes gens se méfient ? Peut-être... Ce rapide examen n'avait duré que quelques secondes, et son air ébahi ne l'avait pas quitté. En lui-même, il se demandait toujours qui était donc cet homme qui les interrompait sans une parole ? Sans s'excuser, il offrit toutefois de payer le repas et la nuitée du rouquin ébahi. Un brigand qui joue les nobles âmes ? Méfiance... Avant que l'aspirant guérisseur, l'homme avait déjà disparu, ombre parmi la clientèle habituelle. Y'a pas à dire, les voyages créent d'étranges rencontres... D'abord cette guérisseuse - charmante, au passage - , puis l'intendant du Rohan en personne, des émissaires nains, le futur comte d'Arnor et, pour terminer, ce personnage singulier. Il y avait là de quoi faire un beau récit.

Alors qu'il songeait à ces nombreuses lieues traversées, qui le séparaient à présent des belles bibliothèques de marbre de la cité blanche, le vieil homme l'interpella, l'invitant à rejoindre sa table. Culgor s'excusa auprès du tenancier, et fendit la foule vers la table de l'inconnu. Il n'avait aucune contrainte, autant voir ce que lui voulait cet étrange homme. Et puis, s'il lui offrait ainsi sa nuit et son repas, il fallait le remercier, c'était la moindre des politesses. D'ailleurs, l'adolescent imaginait bien qu'il devait désirer quelque chose de lui, et la curiosité l'animait. Que pouvait-il faire pour un tel homme ? Finalement, il arriva à sa table et, tirant une chaise, il s'assit face à lui.

"Merci beaucoup."

Il se retrouvait bête, ne sachant que dire à cet homme qui devait bien faire trois fois son âge. Il préféra préciser toutefois :

"J'aurais très bien put me débrouiller seul, mais je tiens quand même à vous remercier. J'aimerai tout de même savoir si ce geste était, sauf votre respect, désintéressé. Mais commençons par le commencement. Culgor, pour vous servir. Vous l'avez peut-être deviné à mon accent, je viens du sud, du Gondor. A qui ai-je l'honneur de parler ?"

Un commis leur apporta alors leur déjeuner. Du mouton bouilli accompagné d'une bouillie de céréales et de quelques légumes. Ce n'était certes pas un repas de roi, mais c'était mieux tout de même. Par politesse, Culgor attendit la réponse de son interlocuteur avant de commencer à manger.



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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Dim 11 Juil 2010 - 13:42

Les visages des clients s'étaient lentement écartés de la scène qui venait de se produire au comptoir, et les conversations avaient repris leur cours, laissant désormais Brand et le jeune homme seuls, tous deux assis l'un en face de l'autre à cette table isolée. Dans ce coin assombri, l'on pouvait facilement observer l'ensemble de la pièce sans que l'on se sentît pour autant épié en coin.

Brand émit un son proche du grognement lorsque le garçon le remercia, faisant comprendre par là qu'il ne désirait recevoir aucune reconnaissance quelconque, qui plus est de la part d'un gamin pas même sec derrière les oreilles. Pour ainsi dire, il ne supportait pas les basses complaisances, aussi sincères puissent-elles être. Les politesses affables l'avaient toujours horripilé et il se méfiait des flagorneurs comme de la peste. Pour autant, il réussit à articuler un « Pas d’quoi » en guise de civilité. Un silence s’en suivit avant que le garçon ne reprenne la conversation en se présentant. Il venait du Gondor et se prénommait Culgor. Un nom bien atypique que Brand n’avait jamais entendu, ni dans l’hémisphère nord, ni au sud de la Terre du Milieu, encore moins à l’est.

Enfin, on amena le repas. Deux plats en bois dans lesquelles on avait négligemment posé des morceaux de viande, des céréales et quelques légumes, le tout formant un salmigondis fort peu ragoûtant. Il ne fallait non plus pas s’attendre à de la haute gastronomie digne des plus grands monarques dans un endroit tel que celui-ci. Qu’à cela ne tienne, Brand saisit sa cuillère en bois et s’attaqua à la nourriture comme s’il se fût trouvé face à une horde d’ennemis sur un champ de bataille. On eut dit qu’il n’avait pas mangé depuis trois mois. Et comme si cela ne suffisait pas, il se permettait de produire un terrible vacarme à chaque fois qu’il enfournait la nourriture dans son gosier. Après quelques secondes où il avait gardé le nez penché au-dessus de son plat, il releva la tête pour observer Culgor qui, lui, n’avait pas encore touché à son repas. Se sentant quelque peu coupable de s’être montré si empressé, Brand reposa lentement sa cuillère sur la table.


« Mouais… tu disais ? Si mon geste était désintéressé ? Complètement. Je n’exige rien en retour de ta part, au contraire. D’ailleurs je déteste que l’on me soit obligé ou que je soies moi-même l’obligé de quelqu’un. Disons simplement que tu as eu de la chance de te retrouver devant moi dans cette taverne à un moment où mon estomac criait famine et mon impatience atteignait son comble. »

Brand remarqua que ses paroles ne semblaient pas convaincre entièrement Culgor. Pour autant le garçon devrait s’en contenter puisqu’il n’y avait là aucune autre explication digne de satisfaire sa curiosité.

« Brand, tout simplement, continua-t-il pour se présenter à son tour. Alors comme ça tu viens du Gondor… c’est pas la porte à côté, le moins qu’on puisse dire. Tu voyages seul ? »

Sans même attendre de réponse de la part de son interlocuteur, Brand, cuillère en main, s’attela à faire la chasse à quelque malheureuses carottes qui baignaient dans le jus de cuisson de la viande.

« Mange, ca va être froid… Au fait, t’es p’têtre ici depuis plus longtemps que moi… Dans ce cas, tu pourras sûrement me renseigner sur la raison de toute cette agitation en ville ce matin. Ils avaient tous des têtes comme si on leur avait annoncé l’arrivée des Valar pour les sauver de je-ne-sais-quel-cataclysme. »

Brand rit de sa propre blague, humour qui ne semblait pas être forcément partagé avec le même enthousiasme par Culgor.
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Culgor
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Mar 27 Juil 2010 - 10:50

L'avait-il écouté ? Culgor en doutait. En face de lui, l'homme ne semblait pas lui prêter la moindre attention. Depuis sa jeunesse, le rouquin avait été éduqué à la politesse et au respect d'autrui. Mais il ne s'offusquait pas du comportement de celui qui semblait avoir traversé tant d'épreuves. Il avait l'impression de voir là un miséreux, courbé au dessus de sa gamelle, aspirant avec bruit le contenu de sa cuiller. Indécis, il contemplait l'affamé. Il avait tout l'air d'un pauvre hère, mangeant pour la première fois depuis des jours un vrai repas. Mais ce pauvre hère lui payait lui-même son repas, ainsi que sa nuit. A vrai dire, cet individu le déstabilisait. Qui était-il ? Qu'était-il ? Il lui semblait que ces questions n'auraient jamais de réponses. Un homme de passage, pressé, affamé, qui bientôt disparaîtrait de sa vie. Peut-être. Ou pas, d'ailleurs.

C'est alors que l'homme redressa la tête. Gêné, Culgor l'était assurément. Il n'avait pas encore commencé son repas, et ne pouvait soutenir le regard qui se posa sur lui. Il reporta son attention sur la foule voisine. Il y avait tant de discussions qu'il n'arrivait qu'à peine à capter quelques brides, ne pouvant démêler les multiples voix, noyées au milieu des éclats de quelques uns. Il y avait tant de personnes qu'il ne savait sur quels visages s'attarder. Tous étaient en quelque sorte différents des gondoriens, sans qu'il puisse vraiment dire en quoi. On disait que leur sang c'était mêlé à celui d'hommes de l'ombre plus rapidement qu'au sud. Il ignorait le bienfondé de cette rumeur, mais ne put y réfléchir plus longtemps. Une voix grave, caverneuse surgit des profondeurs de l'être tout de noir vêtu (copyright Brand) qui se tenait face à l'adolescent.

Les propos de l'inconnu ne calmèrent pas le moins du monde Culgor. Un homme désintéressé. Cela existait-il encore ? Cela avait-il jamais existé ? Le rouquin se méfiait la plupart du temps des personnes qui paraissaient ainsi détachées de leurs intérêts propres. Il recula légèrement sa chaise. Ne jamais faire confiance aux inconnus. Que pouvaient-être les motivations d'un tel homme ? Il devait sûrement être un homme de main sans remords. L'adolescent ne devait nullement faire preuve d'une grande imagination pour le voir penché au dessus d'un cadavre, un gourdin à la main. Il ne faut pas se fier aux apparences, dit-on. Mais comment ignorer celle de cet homme ? Pourtant... Malgré ce visage dur, n'était-il pas autre chose ? Toutefois, la foule le protégeait, pour l'instant, par sa simple présence. Il essaya donc de se détendre, mais comment dissimuler sa méfiance face à cet inconnu à l'air si peu avenant ?

Culgor garda cependant le silence, le laissant continuer. Qu'avait-il à dire ? Et si, après tout, ce n'était qu'un honnête homme, lassé de la méfiance des autres ? Il lâcha son nom. Brand. Un nom que l'on pourrait trouver n'importe où, bien sûr. Un nom ne faisait pas un homme, cela était sûr. Cela devait être pour cela que leur usage était si répandu. Mais à présent, voilà qu'il s'intéressait à lui. Culgor n'aimait pas cela. Désintéressé, avait-il dit ? Il avait bien l'air de ne pas mentir, et cela était troublant. Un redoutable comédien, assurément. Ou pas. L'adolescent restait indécis, comme à son habitude. Quelque chose dans son ton apaisait sa méfiance, et il n'aimait pas cela. Inébranlable, l'homme le questionnait. Il devait pourtant bien avoir remarqué les réserves du rouquin... Celui-ci répondit lentement, comme craignant de se tromper, alors que l'autre riait de sa propre blague :

"Eh bien, non, j'ai bénéficié de l'escorte de soldats du Gondor... Mais certaines obligations les appelaient, et j'ai du les quitter l'un après l'autre."


Il eut quelques remords pour celui qui avait été emprisonné. Comment s'appelait-il, déjà ? Il l'avait oublié. Il l'avait abandonné. Sans un regard en arrière. Sortirait-il des geôles rohirrim ? Il y a quelque justice, là-bas, mais il était partiellement dans son tort. Et Culgor ne lui avait pas assisté alors même qu'il aurait put. Cependant, pris sous le regard de ce Brand, il poursuivit d'un ton plus léger :

"A présent, me voilà seul, dans cette vaste cité, à la recherche d'un gardien du savoir. Certains font couler le sang, j'aimerais bien réparer leurs dégâts... Mais il y a tant de travail, tant de blessés qui agonisent..."


Le yeux dans le vague il eut un sourire mélancolique. N'avait-il pas écouté avec plaisir les chants glorieux des temps jadis ? Il se reprit vivement. Pourquoi confiait-il cela à un inconnu, qui risquerait bien par lui faire rejoindre les rangs des agonisants ? Oui, il devait rester sur ses gardes. Il reprit :

"Mais cela ne doit pas vous intéresser, naturellement, même si je sais peu de chose sur vous. Enfin... Certaines souvenirs ressurgissent parfois à l'improviste dans les cœur des hommes. Nombreux sont ceux qui regrettent Tar-Elessar, rêve d'un souverain grandiose. Cet homme est arrivé dans cette ville. Non pas Aragorn, excusez-moi, mais son fils. Beldorn. Certains rapportent qu'il a vaincu la mort elle-même, face à Minas-Tirith. Tout ce que je peux en dire, c'est qu'il a sut enflammer une foule qui semblait dépérir. Un homme fort courtois, d'ailleurs, même si, des fois, il est..."

Il s'interrompit une nouvelle fois, scrutant les réactions de Brand. Méfiance, se répéta-t-il intérieurement, méfiance. Ou il risquerait de voir son espérance de vie singulièrement raccourcie. Il acheva :

"Quoi qu'il en soit, l'Arnor a un nouveau comte, pour les Valar savent combien de temps. Mais vous-même, excusez-moi si je suis indiscret, qu'êtes-vous précisément ? Vous m'avez donné un nom, mais cela ne m'avance guère."


Peut-être parlait-il trop sèchement. Sa méfiance naturelle reprenait ses droits. Il avait bien l'air d'un pauvre bougre affamé, autant qu'il ressemblait à un meurtrier sans remords. Sa réponse serait sans doute évasive, il mentirait sûrement. Mais dans tout mensonge, il y a bien une part de vérité...



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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Sam 31 Juil 2010 - 0:53

Brand se surprit à sourire intérieurement des sauts d’humour du garçon. Celui-ci semblait complètement déstabilisé par les propos de l’homme assis en face de lui. Les traits de son visage dessinaient des airs prudents et ses sourcils fronçaient en signe de méfiance. On semblait même déceler un sentiment de peur dans l’attitude de Culgor, cette peur qui dévore les individus incapables de contrôler une situation nouvelle et inattendue. Et lorsqu’ils pressentent que cette situation tend à leur échapper, ils adoptent immédiatement une position de défense. L’image même du gibier acculé face à son redoutable prédateur qui ne lui laisse pas un seul pan de terrain à son avantage.

Sans vouloir exagérément filer la métaphore, c’est à peu de chose près l’image que le jeune garçon renvoyait à son interlocuteur. Brand, quant à lui, l’observait d’un œil amusé reculer sa chaise de quelques millimètres, comme s’il voulait s’écarter d’un danger imminent et bondir dans l’assemblée qui le protégerait assurément. Pour autant, Culgor ne semblait pas avoir l’intention de quitter sa place, du moins pas tout de suite. Malgré ses regards en coin au reste de la pièce, ses mains quelque peu crispées restaient posées sur la table. Était-ce la curiosité qui l’empêchait de se lever, ce vilain défaut jugé parfois innocente qualité ? Une curiosité alimentée par l’envie de mieux connaître l’homme qui se portait garant de ses créances, savoir son nom ? Sans doute. Maintenant que le silence s’était installé, mieux valait le rompre et éviter de faire perdurer la gêne occasionnée par les inquisitions de cet étranger bienfaiteur.

Culgor disait avoir voyagé en compagnie de soldats du Gondor et vouloir à présent entreprendre l’apprentissage de médecin. C’est du moins ce qu’en déduisit Brand. Le conteur continua d’écouter son jeune interlocuteur sans l’interrompre. Lui qui passait sa vie à raconter des récits, à vivre à moitié dans le mensonge et la vérité, il prenait autant de plaisir à écouter ceux des autres et en tirer des parallèles avec sa propre existence. La vie est ainsi faite que certains êtres sont nés pour écrire l’Histoire, et d’autres pour la narrer. Mais il y en a peu pour prendre le temps d’écouter les histoires et s’en inspirer pour ne plus commettre les erreurs du passé. Les enfants, eux, écoutent avec leur cœur et leur innocente sensibilité. Devenus adultes, ils oublient les histoires qu’on leur avait contées et les jugent trop niaises pour avoir une quelconque place dans leur monde sérieux. Cela attristait beaucoup Brand, mais lui aussi était devenu un adulte.

Lorsque Culgor donna l’explication de l’agitation qui régnait en ville le matin-même, Brand manqua de s’étouffer en avalant sa nourriture de travers. Avait-il bien ouï ? Le nouveau comte d’Arnor… Le fils de Tar Elessar… Beldorn… Brand resta ainsi quelque secondes, l’air hébété, ce qui eut pour effet de créer aussi la surprise du garçon. Voyant l’expression de son visage moitié déconcertée, moitié affolée, Brand se ressaisit aussitôt. Il fit une grimace feinte et se frappa la poitrine comme pour aider la nourriture à retrouver le chemin de l’estomac. Culgor allait à nouveau penser qu’il avait dérangé l’homme au tempérament peu commode de nature. Pourtant, il avait bien compris les mots sortis de sa bouche. L’Arnor avait un nouveau dirigeant à sa tête qui ne serait autre que le fils du Tar Elessar, un dénommé Beldorn. Cela ne se pouvait. Qu’importe qui était ce Beldorn, ce ne pouvait être le fils de celui que Brand connaissait sous le nom d’Aragorn, il en était persuadé. Voilà qui n’allait pas manquer de le perturber intérieurement pendant tout le reste du repas, et même de la journée.
A présent, c’était à Brand de continuer le cours de la conversation sous peine de voir un silence encore plus gênant s’installer à nouveau.


« Tu as tout à fait le droit de plus en savoir sur moi, ce serait même dans ton intérêt, avant que tu n’ailles te faire de fausses idées sur mon compte. Pour faire simple, je suis conteur. Je raconte des histoires. »

Brand sourit de sa propre réplique. C’est le propre de l’être humain de raconter des histoires. Parfois, il met tant d’acharnement et de passion dans le récit de ces histoires qu’il se convint presque qu’elles sont vraies.

« Ça peut paraître grotesque, mais c’est bien le nom de la profession que j’exerce. Voilà tout ce que tu as savoir sur moi pour l’instant »

A peine s’exprimait-il qu’il imposait déjà des limites strictes, mais Brand n’avait pas l’habitude de partager des éléments de sa vie avec autrui, du moins il avait perdu cette habitude. La plupart du temps, il voyageait seul d’un village à un autre et les uniques échanges qu’il avait avec le monde extérieur se faisait au travers de ses contes. Faire la causette avec un jeune garçon s’avérait alors quelque chose auquel il n’avait pas l’habitude d’être confronté.

« Tu parlais de réparer les dégâts commis par ceux qui font couler le sang… Voilà une noble et habile tâche ! La vie est un présent beaucoup trop précieux pour qu’on en soit séparé aussi facilement. Et il n’y a que trop peu de gens pour tenter de venir en aide aux personnes qui sont dans la souffrance. »

L’atmosphère semblait s’être légèrement décontractée entre le garçon et le vieil homme. Brand reprit :

« Par contre, ne cherche pas à obtenir le savoir d’un quelconque charlatan qui te servira des phrases déjà toutes préparées sur le conditionnement idéal d’après tel ou tel plan astral propice à la guérison plus rapide du malade ou encore t’enseignera les bonnes incantations à réciter sans te tromper dans l’ordre des mots pour diminuer le processus de la maladie. Ceux-là sont les pires et occasionnent souvent plus de dégâts qu’ils sont bourrés de certitudes. Je ne crois qu’au bien fondé de la médecine et aux vertus curatives de certaines plantes, c’est tout. Le reste n’est que sottises et mensonges éhontés ! »

Brand attendit la réaction de Culgor suite à ses propos. A présent, ce dernier semblait s’être apaisé, bien qu’il gardait encore le sentiment de la suspicion inscrit sur son front.
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Dim 1 Aoû 2010 - 10:07

Culgor regarda le contenu de son assiette avec méfiance. Bien sûr, il avait eu le temps de refroidir, les légumes flottaient à présent misérablement dans leur bouillon, côtoyant pacifiquement quelques morceaux d'une viande filandreuse. Il était aisé de comprendre pourquoi son interlocuteur avait eu du mal à engloutir ces mets disons... typiques. Après une courte hésitation, l'adolescent plongea sa cuiller entre quelques morceaux verdâtres. Le rouquin demeurait tout de même satisfait de lui-même, du moins partiellement. Il lui semblait bien que ses nouvelles aient surpris ce Brand. Pour autant, l'homme ne lui inspirait pas plus confiance. Il ne faut pas suivre les grandes personnes qui vous offrent des gâteaux au miel. Il lui paraissait juste plus... humain. Personne ne restait insensible lorsqu'on parlait de l'ancien empereur de l'Ouistrenesse. Les hommes aiment les rêves de grandeur. Culgor engloutit un légume flasque, alors que son interlocuteur reprenait la parole.

Mais ses propos ne firent que dérouter le rouquin. Un conteur. Ce métier existait-il donc ? Il y avait certes quelques comédiens dans les rues de Minas Tirith, mais aucun d'entre eux ne se présentaient comme conteur. Et l'homme semblait faire quelques sous-entendus lourds de menace. Il racontait des histoires... En effet, qu'est-ce qui prouvait qu'il n'en racontait pas en cet instant-là ? Mais aussitôt confiait-il cela qu'il se rétractait, à l'image de certaines plantes surprenantes. Il se méfiait d'un adolescent ? Un bref instant, Culgor eut l'impression que les rôles du gibier et du prédateur restaient flous. Mais avaient-ils été au moins distribués ? Il avait choisit sans réfléchir le rôle du gibier, mais voilà qu'ils semblaient être deux, deux chevreuils farouches. Ou plutôt une huître, pour ce Brand. A l'extérieur bien cabossé par la vie, et qui se referme quand on s'en approche trop. Gardait-il en son sein une perle ? Cela semblerait surprenant, mais sait-on jamais...

Mais l'homme voulait écarter de lui la discussion, cela, Culgor le perçut rapidement. Néanmoins, il ne semblait pas cautionner les inutiles et couteux massacres auxquels s'adonnaient les hommes. Tout du moins, il percevait la nécessité de réparer les blessures de la guerre. Mais ne le faisait-il pas pour endormir la méfiance de sa victime ? Bah, qu'importait ! Le rouquin se contentait de hocher mentalement de la tête, concentré apparemment sur son repas. C'est bien pratique de manger, outre le fait de répondre à ses besoins primaires. Cela permet de réfléchir sans que l'on vous surprenne, cela donne un air sage et ouvert. Qui se soucie de celui qui engloutit consciencieusement sa soupe ? D'ailleurs, on peut aussi bien penser que garder l'esprit vide, fixé sur sa cuiller et son contenu, ou bien qu'écouter poliment une discussion. Mais cette discussion-là intéressait l'aspirant guérisseur. Brand semblait avoir une petite expérience sur les guérisseurs et les moyens de guérir. Il ne faisait apparemment pas plus confiance que Culgor dans les étoiles pour intervenir dans les guérisons. L'adolescent les jugeait trop éloignées pour qu'elles puissent être d'un quelconque secours. Et ceux qui en appelaient à ces astres brillants avaient l'esprit bien plus proche de la lune que de la terre ferme. Souriant légèrement, le rouquin écoutait avidement ces conseils avisés. Enfin, Brand se tut. Culgor répliqua alors :

"Sauf votre respect, il me semble que vous oubliez une catégorie, certes inoffensive, mais guère plus utile... Certains maîtres ne sont guère plus que des reliques, qu'ils soient jeunes ou vieux, vaillants ou décrépis, ils ne jurent que par une science antique et bien trop souvent dépassée. Je ne dis pas que certains anciens remèdes sont inefficaces, je ne m'y connais guère à vrai dire, et j'estime que le passé est nécessaire pour batir notre futur, néanmoins, ce n'est pas bon de fermer ses portes au présent et à la nouveauté..."


Il se tut un instant, pensif. Puis, comme l'autre ne semblait pas vouloir prendre la parole, il poursuivit :

"Mais il est vrai que rien ne vaut du savoir-faire et les vertus des plantes médicinales. [que l'on retrouve dans les ricolas suisses aux plantes, qui apportent vigueur et fraîcheur !] Excusez-moi si cette remarque vous gêne, mais il me semble que vous vous êtes frotté aux charlatans que vous citiez et que vous avez quelques connaissances supérieures à celles de nombreuses personne en matière de plante et de guérison... Bien que, parfois, les mots aussi puissent guérir et même prévenir. Il n'est pas de meilleure guérison que celle qui n'est pas donnée du fait d'une bonne prévention !"

L'adolescent sourit, mais se reprit aussitôt. Par les Valar, que faisait-il, à parler à cet inconnu ? Voilà qu'il se laissait sûrement entraîner dans une nouvelle galère bien au-dessus de ses forces... Cet homme pouvait bien vouloir l'aider, mais il savait que rien n'était gratuit dans ce monde.



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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Mar 3 Aoû 2010 - 22:11

Décidemment, ce petit avait du répondant et savait rendre les conversations intéressantes. C’était chose très rare en ces temps, et l’âge, ou ce que certains appelaient maturité, n’y était généralement pas pour grand-chose. Au cours de sa vie, Brand avait souvent eu l’occasion de converser avec des personnes se disant « sages », et bien souvent il était reparti déçu, trouvant leur propos inintéressants au possible. C’étaient les mêmes propos tenus par ceux qui avaient en main les rênes du pouvoir, ces princes et barons plein d’orgueil et de mépris pour les petites gens qui les servaient et les écoutaient. Ceux-là, Brand les observait de loin d’un air amusé et pourtant las. Ainsi, ses propres expériences avaient appris au conteur que les jugements hâtifs étaient bons pour les idiots et que les êtres auxquels l’on s’attendait le moins faisaient parfois preuve d’une extrême vivacité d’esprit et d’une grande sagesse. En l’occurrence, Culgor, malgré sa méfiance toujours perceptible à l’égard de son interlocuteur, savait faire montre de lucidité lorsqu’il s’exprimait et amenait la conversation là où Brand pouvait la trouver intéressante.

« Très bonne remarque. D’autant que certaines des connaissances qui nous sont acquises à ce jour proviennent en partie de cette « science antique » que possédaient nos ancêtres. Mais il est vrai qu’il n’est en rien bon de vouloir perdurer dans l’esprit du passé alors que nous vivons au présent et envisageons un futur toujours plus empreint des conséquences de nos actes. A vrai dire, le passé ne devrait faire figure que de référence et tous devraient s’en inspirer pour ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs. Mais la réalité est tout autre et ne peut en rien se substituer aux belles théories. »

A mesure qu’il parlait, Brand se rendait compte qu’il avait à faire à une personne instruite et cultivée en face de lui. Sans doute Culgor était-il né dans les quartiers plus aisés de quelque ville célèbre du Gondor et avait reçu une éducation digne de sa naissance. Tout ce dont n’avait jamais pu bénéficier Brand, lui qui était issu d’un milieu pauvre vivant dans la plus grande simplicité et surtout promiscuité. Pour autant, il ne regrettait en rien ses années passées car elles l’avaient rendu plus résistant aux épreuves de la vie et ses expériences avaient sans cesse enrichi ses connaissances du monde dans lequel il évoluait.

Culgor se permit alors d’évoquer les éventuelles connaissances du conteur en matière de plantes curatives et autres moyens de guérison. Brand sourit de sa remarque avant de lui répondre :


« J’ai suffisamment voyagé dans ma vie pour avoir quelques notions en la matière. De quoi guérir certaines maladies et remettre une jambe cassée en place. Cela, je l’ai appris sur le terrain, et pas dans un livre. Rien ne vaut l’expérience du terrain pour se forger une idée de ce qu’est la réalité. »

A présent, Brand avait fini son repas. Il venait d’avaler les derniers morceaux de viande et éponger le jus de cuisson à l’aide d’un quignon de pain. Il repoussa son assiette et y déposa la cuillère en bois. Plus rien ne le retenait dans cette auberge de fortune. Il avait obtenu l’information qu’il recherchait et mangé pour un prix acceptable. Il était prêt à se lever lorsqu’il posa un dernier regard sur le garçon qui n’avait toujours pas terminé de manger sa nourriture. Celui-ci le regardait comme s’il s’attendait à ce que le conteur lui délivre encore quelque précieuse information sur les plantes et la médecine ou ne lui raconte une anecdote amusante sur son passé. Son passé à lui, il préférait ne pas en parler, l’oublier. Malgré tout, Culgor lui avait laissé une impression très positive, allant même jusqu’à le surprendre dans sa façon de s’exprimer et l’idée déjà très constructive qu’il se faisait de la vie.
Brand parut réfléchir un instant, il hésitait. Enfin il lâcha :


« Ecoute petit, si tu veux, je peux t’apprendre un ou deux trucs qui te seront utiles pour plus tard. C’est toi qui vois. Si t’es intéressé, retrouve-moi à l’extérieur de la cité devant la grande porte est au coucher du soleil. J’y serai. Mais ne traîne pas les pieds, je t’attendrai pas une éternité. »

Sans ajouter un mot de plus, il se leva, rabaissa sa capuche sur la tête et se dirigea vers la sortie de la taverne. Quelle drôle d’idée il avait eu ! Jamais Brand ne se serait cru un jours capable d’inviter un gamin à venir le suivre dans ses pérégrinations. Pour autant fallait-il que ce dernier accepte de rejoindre un inconnu qu’il venait de rencontrer le même jour. Qui sait de ce que demain est fait ?
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Culgor
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Ven 27 Aoû 2010 - 0:17

Seul. Culgor se trouvait à nouveau seul, sans domicile, sans nul part où aller. Il se sentait seul au milieu de la foule hétéroclite, désespérément bruyante. En silence, il acheva son plat. A une table voisine des hommes jouaient aux dés ; leur chemise largement ouverte laissaient voir leur panse velue gonflée par la bière. La mousse du liquide ambré dégoulinait le long de leurs barbes tressées, tandis qu'ils commentaient les résultats à grand renfort d'éclats de voix. Quelques badauds, fascinés par le mouvement des dés sur la table, se pressaient derrière les joueurs, s'extasiant ou se lamentant à leur tour. Dans leur coin, un gobelet de vin sombre à la main, quelques marchands vêtus de couleurs vives commentaient les perspectives économiques de la saison pas pire que d'habitude, ce qui ne les empêchait pas de se plaindre de difficultés financières, entre taxes et augmentation du prix des matières premières, en passant par les lourds contrôles entre les frontières des divers blocs impériaux. Accoudés au comptoir, quelques paysans vêtus de tuniques de chanvre usagées, bavardaient allègrement à propos du temps, guère favorable pour les cultures ces derniers temps, mais peu leur importait pour l'instant, car la bière restait bonne et ils avaient de quoi payer. Finalement, le rouquin se leva. Le bruissement des conversations, l'air confiné, la chaleur et l'odeur mêlée de la sueur et de la bière commençait à lui monter à la tête. Il traversa l'auberge sans prêter davantage attention aux consommateurs, poussa la porte et se retrouva dans la rue.

Le départ de ce Brand laissait un vide étrange. Dehors, le gris d'une aube terne n'apporta aucun réconfort à l'adolescent. Perdu dans ses pensées, Culgor descendit la rue, marchant rapidement comme à son habitude. Il venait assurément de faire une étrange rencontre. Conteur ? Maintenant qu'il y repensait, c'était vraisemblable après tout. Très à l'aise pour parler, quoi qu'il en soit, et bien plus savant et cultivé que bien des sages. Un homme à l'esprit apparemment bien affuté, sans doute par de longues années d'expériences à parcourir le vaste monde. Décidément, il ne pouvait plus se fier aux apparences ces derniers temps. Avoir l'aspect d'un miséreux n'empêchait pas un homme de conserver un savoir et une sagesse peu commune. Il en arrivait même à le trouver presque... sympathique... Allons bon, qu'allait-il s'imaginer ? De toute façon, peu importait, il ne le reverrait plus désormais, et... Brusquement, il fit demi tour. Sa monture, il avait oublié sa monture à l'auberge !

Cela ne fut l'affaire que de quelques instants. Les commis de l'hostellerie avaient pris soin de son cheval qui l'attendait, scellé et impatient. Culgor le saisit par la bride et le mena à l'extérieur. Maintenant, où aller ? Un passant pressé le bouscula sans s'excuser. Il lui fallait se décider à présent. Un garde se tenait à moitié avachi sur son hallebarde, non loin de lui. La fierté de l'Arnor et de ce général Sandar. Mais la mine quelque peu apaisante de l'homme d'armes apaisant l'adolescent, qui s'approcha de lui et lui demanda la demeure d'un guérisseur. Lequel des deux n'avait pas l'esprit bien éveillé ? Le rouquin ne prêta guère attention à ce détail. Toujours est-il qu'il ne comprit guère les instructions données par le soldat. Il s'engagea dans une étroite ruelle, tourna à le seconde, ou bien la troisième – qu'importait, après tout – à gauche, puis descendit l'avenue principale sans réfléchir. La foule se faisait de plus nombreuse à présent, bien que morne, courbée sous un léger crachin. Enfin, il s'arrêta. Où était-il donc ? Devant lui se dressaient les portes de la ville. Il lui semblait qu'il s'était trompé de chemin. Brand l'attendait. Sans réfléchir, sans même l'apercevoir, Culgor s'avança vers lui. Son mauvais sens de l'orientation lui jouait une fois de plus un mauvais tour. Tant pis pour lui. Aux côtés du conteur, il s'engagea sur la route et tourna le dos aux murailles d'Annùminas.a



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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Mer 9 Mai 2012 - 21:40

Dolan avait décidé de renouer quelque peu avec la société. S’il appréciait parfois la solitude à sa juste valeur, il ressentait cruellement le besoin d’être entouré. C’est pourquoi il décida de se rendre à Annuminas. Son accoutrement n’y paraîtrait pas étranger, il s’était arrangé pour que ses vêtements noirs ressemblent à n’importe quelle tunique de voyageur, même si la longue cape et surtout le chapeau lui donnaient un air mystérieux. Sous son ombre, on ne faisait que distinguer les horribles stigmates de son visage. Dolan s’avouait bien volontiers qu’il aimait l’impression qu’il dégageait.
C’est lors d’une fin d’après midi pluvieuse qu’il franchit les portes de la capitale d’Arnor. Les sentinelles postées aux portes lui accordèrent à peine un regard. Dolan, lassé par le voyage et la pluie, s’engouffra dans la première auberge qu’il jugea digne de l’accueillir. La pancarte indiquait « Bienvenue à l’Auberge du Dùnadan Clairvoyant ».

*Étrange nom pour une vulgaire taverne*, songea Dolan et se mettant prestement au sec sous l’avancée du toit.

Un petit espace avait été aménagé ici pour que les voyageurs y attachent leur monture. Dolan noua les rennes de Melorn à la barre de bois, saisit les fontes qui pendaient à la selle et les jeta en travers de ses épaules. C’est dégoulinant d’eau qu’il pénétra dans la salle principale de l’auberge. C’était une grande salle au plafond bas, au centre de laquelle brûlait un feu de cheminée qui fournissait chaleur et lumière. Plusieurs tables étaient disposées autour, ça et là, la plupart inoccupées.

-Et ben ! s’exclama une voix grinçante sur sa gauche. Ya qu’un moyen pour qu’mon sol soit pus trempé qu’maint’nant, s’rait qu’on y verse direc’ment des seaux d’eaux d’sus !

Dolan se tourna vers la provenance de la voix et riant d’un rire rauque. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas ri et ce son semblait étrange dans sa gorge.

-Je suis navré tavernier, mais il faut bien que l’eau trouve son chemin jusqu’au sol, c’est là son destin.

-Me dites pas qu’vous êtes là pour raconté des histoires pour tout paiement d’vot’nuité. J’en ai vu des corbeaux dans vot’genre et ça m’rapporte pas un rond vos salades.

L’homme qui parlait était tout petit et aussi maigre qu’un clou. Chauve, il arborait une mâchoire protubérante et un nez maintes fois cassé. Un tablier crasseux courrait sur son ventre étrangement bedonnant. Dolan garda sa contenance, sans se laisser impressionner.

-Il est vrai que je suis conteur. Mais j’ai de quoi payer ma chambre pour cette nuit. Mes histoires ne vous coûteront que mon repas et ma bière de ce soir.

-Pas question ! rétorqua l’aubergiste. Si encore vous saviez pousser la chansonnette comme le font certains type, j’dis pas. Mais z’avez pas l’air d’un type qui connais des chansons.

-Vous seriez surpris, s’exclama Dolan sans perdre son sourire. Mais je ne chante certainement pas assez bien pour cet établissement. En revanche, je peux proposer des jeux à vos clients. La moitié des gains pour vous. Et ma promesse solennelle que vos clients réguliers seront épargnés dans la mesure du possible.

Avant de faire cette dernière proposition, il avait prit la précaution de se rapprocher et de baisser la voix. Cette fois-ci, le tavernier réfléchit pendant quelques secondes avant de répondre.

-Allez vous sécher près du feu, j’viendrais vous voir dès qu’j’aurais foutu c’te flotte dehors, qu’on discute.

Dolan salua le bonhomme en soulevant légèrement son couvre-chef et s’avança jusqu’à la gigantesque cheminée centrale. D’un geste un rien théâtral, il retira son chapeau, puis sa cape qu’il étendit sur le dossier d’un banc avant d’aller se réchauffer les mains.
Une jeune femme qui devait avoir à peine vingt ans était en train de faire de même sur sa gauche. Ses yeux semblaient comme attirés par la haute silhouette de Dolan, elle ne paraissait pas être capable d’en détourner le regard. Dolan sourit. La fille était assez jolie dans son genre. Brune, plutôt petite, elle était un peu boulotte mais des formes généreuses et bien proportionnées, ainsi que de grands et beaux yeux noirs agrémentant un joli visage, compensaient cette première impression.
A côté d’elle, un homme à peine plus grand qu’elle frissonnait dans ses loques humides. Il avait le cheveu rare, d’un blond presque blanc, et un visage rappelant le rat que Dolan jugea déplaisant.

-Arrête de le fixer ainsi, gamine. C’est pas poli, lui intima-t-il rudement.

-Ce n’est rien, fit Dolan en se retournant, un grand sourire aux lèvres. Ça n’a rien d’impoli. Je serais plus porté à en être flatté.

-Comment est-ce arrivé ? demanda-t-elle brusquement d’une voix perçante.

Dolan se figea, puis porta sa main à sa joue mutilée.

-Ah… c’est donc cela que vous regardiez. Et bien… c’est une trop longue histoire et qui plus est une histoire qui ne convient pas aux jeunes filles, je le crains.

-Laisse cet homme tranquille à présent Prune. Tu vois que tu l’as gêné. Ce n’est pas bien.
Puis s’adressant à Dolan :
-Excusez-la voyageur. Elle est simple d’esprit et n’a jamais apprit à tenir sa langue. Je veille sur elle comme je peux mais je ne peux tout de même pas l’enfermer nuit et jour.

-Il n’y a pas d’offense, répondit Dolan d’un ton neutre en se détournant.

L’homme au museau de rongeur n’insista pas, emmenant sa jeune protégée à l’écart. Dolan, pensif, caressait les contours disgracieux de sa cicatrice. Le temps où les regards et les cris des pucelles suivaient son passage où qu’il aille était bien révolu. Quelque part, cette découverte le chagrinait plus que la perte de son titre de comte et de sa fortune. Dolan alla s’affaler sur le banc, laissant son regard se perdre dans le feu. Mais son répit fut de courte durée. L’aubergiste semblait avoir réfléchit à sa proposition et revenait vers lui une chope de bière à la main. Il la déposa devant Dolan et s’assit en face de lui.

-Parlons peu, parlons bien, mon gars, annonça-t-il. Mont’moi donc c’que tu sais faire avec des cartes. Et des vraies hein, celles-ci et pas d’autres. J’veux pas d’embrouilles.

Il jeta un paquet de cartes crasseuses sur la table. Dolan s’en saisit et un sourire naquit sur son visage quand des souvenirs de jeunesse revinrent à son esprit. Il écarta les cartes en éventail et repéra immédiatement les tâches de gras aux diverses couleurs, les associant toutes mentalement aux numéros qu’elles portaient. Chaque carte était aisément indentifiable, ce serait un jeu d’enfant que de gagner un peu d’argent. Dolan mélangea les cartes et distribua.

-Jouons donc une partie de Tonk. Vous connaissez ce jeu ? Combien voulez-vous parier ?

-Je connais l’Tonk, mais j’parie pas, j’veux voir c’que tu vaux.

-Allons, l’ami, un jeu sans pari, c’est comme une femme sans sourire, on n’a pas envie d’y jouer.

De mauvaise grâce, l’homme sortie une piécette de son tablier et la jeta sur la table. Dolan distribua les cartes. A peine avait-il terminé que le tavernier jetait ses cartes sur la table en hurlant :

-TONK !

-Bien joué, répondit Dolan en découvrant ses cartes à son tour. Vous avez gagné ce tour. Voici votre dû.

Il fit rouler sur la table les quelques pièces qu’il devait effectivement à l’aubergiste. Ce dernier s’empressa de les attraper et remisa le tout.

-Vous êtes sûr, l’interrogea Dolan. C’est déjà une belle somme, vous pouvez déjà en mettre un peu de côté. La chance ne vous sourira peut-être pas toujours autant.

-Ouaip j’suis sûr ! Et cherche pas à m’entourlouper, ça march’ra pas ac moi !

-Comme vous voudrez, fit-il en redistribuant.

La partie dura quelques minutes pendant lesquelles L’aubergiste parvint à accumuler plus d’argent que Dolan ne l’avait prévu. L’homme scrutait chacun de ses mouvements et il était difficile à Dolan de retenir une seule carte, d’autant plus que la piètre qualité des cartes rendaient la tâche plus ardue encore. Mais au moment crucial, alors que la mise était allée grossissant durant tout le jeu, Dolan parvint à déposer toutes les cartes qu’il avait en main avant son adversaire et remporta assez d’argent pour payer sa chambre et son repas.

-Il me semble que je devrais arrêter là ! s’exclama-t-il en riant.

-Rendez-moi mon argent avant que j’vous foute dehors, grogna l’autre.

-Je vous rends le tout contre l’accord dont je vous ai parlé en entrant dans votre charmant établissement.

-Tu te débrouilles pas mal, c’est d’accord.

-Ravi de faire affaire avec vous.

Il fallu peu de temps avant que l’auberge ne commence à se remplir. Bientôt, Dolan eut à sa table de nombreux joueurs, tous prêts à tenter leur chance, tous sûrs de leurs chances. Dolan laissa ses premiers joueurs lui prendre un peu d’argent, afin que ces derniers aillent raconter leur bonne fortune à leurs voisins de tablée qui ne tarderaient pas à venir solliciter le joueur. La soirée s’annonçait favorable.
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Dolan
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MessageSujet: Re: L'Auberge du Dùnadan Clairvoyant [ Lieu public ]   Jeu 10 Mai 2012 - 20:16

Dolan était adossé confortablement sur son banc et tirait doucement sur sa pipe. Un sympathique joueur avait bien voulu partager avec lui son tabac. En contrepartie, Dolan l’avait laissé repartir avec sa mise de départ. C’était sa manière à lui d’encourager les hommes à plus de partage. Pour l’heure, il se reposait. Il commençait à ressentir les effets de l’alcool et de la fumée et se sentait flotter. Les autres joueurs avaient depuis longtemps abandonné les cartes eux aussi et discutaient gaiement. Dolan était parvenu à gagner assez d’argent pour poursuivre son voyage.
Et vers où se dirigerait-il maintenant ? Il n’avait plus de maison, il était redevenu cet homme errant, mais dans quel but ? Il lui fallait un but, une mission. Sinon, autant continuer à se rouler dans l’alcool et la luxure comme il l’avait si souvent fait. Trop souvent. Il ne voulait plus de cette vie là. Qu’avait-il construit ces dernières années ? Qu’est-ce qui allait pouvoir durer ? Il avait été comte d’Arnor, mais se souviendra-t-on de son règne dans cent ans ? Thais fera sans doute tout pour effacer de la mémoire collective cet encombrant demi-frère dont le fils pourrait un jour venir lui contester le trône. Son fils… Talman Sandar. Dolan sourit tristement en pensant à lui. Il l’avait abandonné bien trop tôt. D’après ce qu’il avait entendu ce soir dans les diverses conversations, Carmine se débrouillait plutôt bien avec lui et continuait à l’éduquer dans le but d’en faire un roi, voire un empereur.
Soudain, Dolan sursauta. Brusquement, il savait ce qu’il avait à faire. Carmine préparait leur fils à régner. Lui, devait lui en fournir la possibilité. Supprimer Thais. Sans impératrice, le puissant mais fragile Empire d’Ouistrenesse s’effondrerait. Si Carmine était aussi intelligente qu’il le pensait, elle ferait proclamer l’indépendance de l’Arnor et couronnerait Talman Sandar grand roi d’Arnor.
Un large sourire illuminait à présent le visage de Dolan. Dès demain, il chercherait une occasion raisonnable de mettre ses plans à exécution. C’est alors qu’il fut bousculé rudement.

-Eh ! Joueur, tu es toujours avec nous ? M’est avis que c’est maintenant que nous aurions dû jouer, et non tout à l’heure.

Dolan mesura alors la chance qu’il avait de se trouver en telle compagnie. Dans bien d’autre endroit, son état aurait été l’occasion pour les hommes de récupérer leurs mises et pire encore. Mais ceux-ci semblaient s’être fait une raison et se contentaient de discutailler gaiement. Des éclats de rires ponctuaient leur conversation dans une agréable cacophonie.
Dolan se tourna vers eux, un sourire rêveur toujours aux lèvres.

-Je suis toujours là mes amis. Veuillez m’excuser, je me suis laissé emporter par le flot de mes pensées. Je crois que j’étais en train de penser à ma prochaine histoire. Je vous ai dit que j’étais conteur ?

-Non, l’ami. Tu nous avais pas dit ça. Mais on l’avait deviné. Tu fais de belles phrases comme personne ici sait les faire. Et tu ressembles pas à un de ces nobles dégénérés ! On attend tous que tu nous racontes ton histoire d’ailleurs. Celle où t’as perdu ta joue. M’est avis qu’elle est intéressante.

-Hum… Je ne sais pas, elle est assez difficile à raconter pour moi. Et vous autres ne me croirez jamais si je vous racontais cette histoire.

-Bien sûr qu’on y croirait pas. Qui croit les histoires des conteurs de toutes manières. Les fous et les abrutis ! Et y en a pas ici !

Tout le monde leva son verre à cette affirmation que Dolan trouva quelque peu péremptoire. Il décida de se faire un peu plus prier.

-C’est que j’étais précisément en train d’y mettre les dernières touches à l’instant. Et je ne sais pas encore si elle est tout à fait prête. Voyez, je la prépare pour une grande occasion.

-Tu vas à la foire de Bree, c’est ça ? Me dis pas que l’impératrice t’as demandé pour égayer son feu !

-J’aurais bien aimé, fit Dolan en souriant d’un air entendu. Mais… êtes-vous certains que Thais Laelias sera à la foire de … Bree ?

-C’est ce qui se dit ! Parait qu’y a un tournoi même. Avec tous les généraux de l’Empire. Mais tu sais pas ça ? Je croyais que les conteurs étaient au courant de ce genre de choses.

-Il est vrai que je suis resté trop longtemps loin du monde civilisé, avoua Dolan. C’est d’ailleurs lors de mon dernier voyage que j'ai perdu cette joue par le feu.

A cette phrase, le silence revint peu à peu dans la salle. Tout le monde, même le tavernier s’était rapproché et écoutait religieusement l’histoire que s’apprêtait à raconter Dolan.

-J’ai toujours aimé voyager, commença le conteur. Et depuis que l’Angmar a été rattaché à l’Empire, je me suis dit que c’était l’occasion de me rendre dans cet étrange pays pour le découvrir et partager mes talents avec ses habitants.

Un grognement parcourut l’assemblée. Comme dans de nombreux endroits, l’alliance avec l’Angmar était mal perçue par la population arnorienne.

-J’avais entendu beaucoup d’histoires effrayantes sur ces contrées et sur ces habitants. Et j’appréhendais donc un peu mon arrivée à Carn Dûm. Et j’avais bien raison !
Je suis simplement entré dans une taverne, un peu comme celle-ci, sauf qu’elle était encore plus crasseuse que les latrines de cet établissement. Et j’ai commencé à faire mon métier pour gagner quelques pièces. J’ai décidé de raconter une histoire…
Vous savez qu’on nous a maintes fois raconté que les angmariens avaient abandonné leurs coutumes sanguinaires de dévotion à Sauron… J’ai voulu voir si cela était vrai. Bien mal m’en a prit ! J’ai raconté avec verve les exploits d’Aragorn Tar Elessar, de Hador de Dor-Lomin et du roi nain Thraïn lors de la grande bataille de la vallée de Khazad-dùm contre les forces de Sauron. Savez-vous comment ces prétendus hommes libres m’ont récompensé ? En appelant la garde ! J’ai été emprisonné sans plus de raison que cela dans un cachot sans lumière, plusieurs jours durant. Et quand j’ai enfin pu revoir la lumière, ce fut pour être jeté dans une arène. On m’a donné une épée, celle-là même,
ajouta-t-il en désignant l’épée angmarienne qu’il avait dérobée aux soldats lancés à sa recherche.
Et c’est armé seulement de celle lame que j’ai du affronter l’horreur. Toranur en personne était dans les tribunes. Le bien aimé époux de notre impératrice…

Dolan fit une pause pour laisser les hommes s’indigner et grogner à l’encontre de ce mariage contre nature et contre la perfidie de Toranur d’Angmar. Le conteur n’avait pas beaucoup à les pousser.

-Et c’est lui-même qui annonça dans son hideux langage le spectacle qui se préparait, reprit Dolan d’une voix forte pour faire taire le brouhaha qui menaçait de s’installer. Une créature cauchemardesque toute en griffes et en flammes. Une espèce d’ours monstrueux, entouré de flammes rougeoyantes, trois fois plus énorme qu’un ours commun. La bête s’est jeté sur moi et avant que j’ai pu faire quoi que ce soit, d’un formidable coup de patte qui aurait du me coûter la vie, il m’envoya à terre. J’avais eu le temps de me reculer juste assez pour ne pas me faire arracher la tête. Mais c’est ma joue qui partit en lambeaux. Et le feu embrasa ma chair. Fou de douleur, j’éteignais le feu en l’étouffant avec le sable de l’arène. Mais… la bête ne semblait pas disposée à me laisser de répit.

L’auditoire semblait captivé. On aurait entendu une mouche voler dans la salle. La voix de basse de Dolan savait insuffler de la vie dans cette bête qui n’avait pourtant jamais existé réellement. Tous étaient suspendus aux lèvres de Dolan, attendant le dénouement avec impatience. Ce dernier se leva et commença à s'agiter, se penchant en avant et en arrière pour mimer avec peine les actions qu'il décrivait.

-Pendant les minutes qui suivirent, je ne fis que courir. Pour éviter les assauts incessants de l’ours, je ne pouvais faire que cela. Mais bientôt, il me sembla que les attaques devenaient moins rapides, plus approximatives. La bête se fatiguait ! Et je tentais donc ma chance au moment où l’horreur sur pattes me laissa un intervalle intéressant. D’un geste vif, je tranchais dans son gros ventre et laissais ses intestins, qui brûlaient eux aussi, se répandre à terre.

Un murmure dégoûté se fit entendre dans la petite assemblée. Dolan sourit largement, découvrant ses dents.

-J’avais vaincu, mais le combat n’était pas fini. Les angmariens ne s’attendaient pas à ce que je sois capable de tuer leur ours cauchemardesque. Et je sentais que si je restais ainsi dans l’arène, je ne tarderais pas à payer pour les crimes qu’ils m’imputaient. Dès que je vis la grille de l’arène s’ouvrir pour laisser entrer un contremaître en armure, je n’hésitais pas. D’un habile coup d’épée, je décapitais l’homme et m’engouffrait en profitant de mon élan derrière la grille qui se refermait déjà. Je n’eu que le temps de me glisser dessous. Et ensuite j’ai couru. Couru plus vite que je n’avais jamais couru. J’ai surpris tous les gardes. Les quelques uns qui se trouvaient sur mon chemin sont retournés auprès de leur noir seigneur. A l’extérieur, je sautais sur un cheval et m’enfuyais de ce pays de malades fanatiques pour rejoindre nos contrées plus accueillantes.

Dolan se tu. Le silence était complet. Il fut brisé par un raclement de gorge.

-Hum, ça c’est une histoire, pour sûr. Et une bonne histoire. Je savais que ces angmariens étaient pas des gens qu’on peut faire confiance.

-Te bines pas Ed, c’est une histoire. Pas sûr que tout soit vrai.

-Pas sûr, mais je pense qu’y a du vrai dans cette histoire. Peut-être pas tout, mais y a du vrai, pas vrai conteur ?

-Évidemment qu’il y a du vrai dans mon histoire. En réalité, vraiment, je n’ai fait que broder à la marge pour la rendre plus intéressante, mais… Sinon tout est parfaitement véridique, affirma Dolan avec aplomb. N'attendez en revanche pas de moi que je vous dise ce qui est vrai et ce qui l'est moins, la magie du conte disparaitrait.

-En tout cas, voilà une histoire qu’elle est prête pour la foire de Bree ! Pas sûre qu’elle soit du goût de l’impératrice par contre !

Un éclat de rire accueillit cette phrase. Les rires furent interrompus par la voix de l’aubergiste.

-Allons messieurs, c’est que j’vais d’voir vous met’dehors moi ! Du balai ! Et pis à demain hein.

Après quelques grognements pour se faire prier, chacun des joyeux lurons qui avaient accompagné la soirée de Dolan se retirèrent. Dolan lui-même regagna la chambre que le tavernier lui avait attribuée et s’étendit pesamment sur le lit. Il avait encore trop bu et trop fumé mais il avait passé une bonne soirée. La meilleure depuis bien longtemps. Il lui fallait maintenant aller à Bree. Il se fondrait dans la foule et tenterait d’approcher Thais. Et là, il trancherait sa gorge délicate. Et offrirait ainsi un trône à son fils.
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