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 Le Conseil Blanc IV

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DenethorNombre de messages : 76
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Denethor
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MessageSujet: Re: Le Conseil Blanc IV   Le Conseil Blanc IV - Page 2 EmptySam 4 Sep 2010 - 18:05
    À peine le Chancelier eut-il prononcé sa première phrase que Denethor sut qu'il serait très pénible de l'étouffer. Il se prenait pour un grand-père bienveillant, à déblatérer une vérité dont il ne doutait pas. Il le laissa parler. Il avait la géographie pour lui, après tout... Et s'il devait faire un cours d'histoire au milieu de ce conseil, et bien il le ferait... Son esprit, bien rodé, récitait déjà mentalement ce qu'il lui faudrait dire... Puis ce fut au tour d'Elrond de parler, pour apporter son soutien à Curunir. Des Elfes et des Magiciens... Seul Celeborn semblait être quelqu'un prêt à bouger, à agir, tandis que les autres semblaient se complaire dans un immobilisme confortable. Bien évidemment, il mit en doute la bonne foi de l'Angmar, mais à vrai dire, c'était peu surprenant, et l'Intendant s'était attendu à de telles remarques. Il tenta de recentrer le Conseil, avant de donner à nouveau la parole à l'émissaire de l'Empire de l'Est. Même s'il était bien tôt pour le juger, celui-ci renvoyait une bonne impression à Denethor: tous deux avaient en commun d'être vêtus plus confortablement que richement, et de porter à leur côté une épée. En cela, les délégation des Deux Empires se ressemblaient beaucoup, et il se promit d'envoyer Vakalor discuter avec les soldats de ce Torn, qui quand il prit la parole, s'exprima comme un soldat, d'une voix claire, encore qu'usée par les ordres que tout général devait scander.
    Et ce qu'il dit fut très intéressant. Ainsi donc, Gandalf le Blanc était mis sur la sellette? Aider les Nains à reconquérir l'Erebor n'avait certes pas été un choix très calculé, mais c'était la première fois que cette pensée était exprimée à voix haute, tant on craignait de mettre en doute la sagesse des Magiciens. En somme, les deux barbes grises présentes se trouvaient sur le banc des accusés. Mais ce qui ne plu pas à Denethor dans toute cette tirade fut surtout l'annonce faite par Torn que le Tar était en vie. Certes, il était supposé n'être que le gardien du pays, mais il n'avait jamais apprécié la façon de gouverner de cet homme. Trop flamboyant. Elessar avait mené trop de guerres pour avoir jamais sa place parmi les hommes de paix, et surtout, il avait laissé à l'Intendant une administration bancale, qu'il avait fallu remettre sur pied. Non, cet homme était un bon commandant, un meneur d'hommes comme on en rencontrait que rarement, mais en aucun cas un monarque... Et dans l'intérêt de l'Empire, il valait mieux qu'il ne remonte pas sur le trône. Encore un sujet à propos duquel il devrait parler avec Torn, puisque celui-ci accepta son invitation à dîner.
    Pendant que Beldorn prenait la parole, pour exprimer sa satisfaction, et semblait-il, chercher un échappatoire à la situation dans laquelle le conflit naissant avec l'Isengard l'avait jeté, il ré-organisa ses pensées. Avec ces nouvelles venant de l'Est, il ne pouvait plus poursuivre exactement comme il avait prévu de le faire... Une fois que son trop inexpérimenté Comte d'Arnor eut finit de parler, il se leva, restant un instant silencieux, regardant tranquillement les participants dans les yeux. Ce n'était pas le silence de celui qui est prit en défaut et cherche ses mots, mais plutôt le silence de l'orateur qui désire être entendu de tous.

    "Beaucoup de choses viennent d'être dites ici, de bonnes comme de mauvaises nouvelles. Étant donné que nombre de ces informations se rapportent de près ou de loin à l'Empire de l'Ouest, je vais vous demander de m'excuser, car il me faudra parler longtemps pour vous répondre à tous. Messire Elrond, je sais qu'il est des sujets qui vous tiennent plus à coeur que la possibilité d'un conflit avec l'Isengard, mais le Chancelier ici présent vient ni plus ni moins de me qualifier de dément, et qui plus est de ramener les revendications que j'ai énoncées à un caprice d'enfant. Chancelier, j'ai été courtois avec vous, j'aurais espéré que vous agissiez de la même façon envers moi, mais le sens de l'hospitalité semblé avoir grandement diminué en Isengard!"

    Si quelqu'un ici croyait à la sincérité des excuses qu'il venait de formuler, et bien il était sacrément naïf. Mais Denethor savait depuis longtemps qu'en diplomatie, on ne peut reprocher que des faits, et il ne comptait pas donner à ses adversaires la chance de le prendre en défaut. Son ton était resté calme, mais au contraire de l'intonation doucereuse de l'émissaire de l'Isengard, il parlait de façon très ferme, presque martiale. Il ne fallait pas s'étonner que Vakalor et cet homme s'entendent si bien, quand on savait que le Capitaine de l'Empire était réputé pour ne reculer devant rien.

    "Puisque ces messieurs de l'Isengard ont visiblement des lacunes en histoire, je vais me permettre de vous faire un petit cours. Vous n'êtes pas sans ignorer que le pays qu'on nomme actuellement Rohan était à l'origine une province de Gondor, que nous appelions Calenardhon. Et cette province ne s'arrêtait pas à la Trouée du Rohan, elle englobait toute la langue de terre comprise entre les rivières Isen et Adom. Je ne pense pas que vous aurez le culot de nier considérer ces terres comme vôtres? Ce qui vous rend coupable d'occuper une partie du Rohan, un État souverain et fidèle allié de l'Empire de l'Ouest depuis qu'Eorl le Jeune nous prêta main forte contre les Orientaux!"

    Oui, il faudrait être d'une mauvaise foi peu commune pour nier cela... Sans laisser le temps à quiconque de reprendre la parole, il enchaîna:

    "Et ce n'est pas fini. Tant que l'Isengard faisait partie de l'Empire de l'Ouest, je n'avais cure de savoir si telle ou telle région était gouvernée par la bonne personne. Maintenant que vous êtes indépendant, ce genre de questions m'intéressent bien plus. Et si la menace venant de Mordor n'était pas apparue, j'aurais réclamé pour le Gondor la région de l'Andrast, au sud d'Anfalas. J'aurais réclaméi pour le Gondor la ville de Tharbad et sa région, historiquement nôtres. Et pour finir, j'aurais réclamé la bande de terre située entre la ville de Lond-Edain et le delta de la rivière Isen, sur une profondeur de trente lieues."

    Et, soudainement, son ton se fit beaucoup plus dur et sombre.

    "J'ai tenté de négocier avec vous, Curunir. J'étais prêt à vous laisser ces territoires en échange de l'autorisation pour les troupes de l'Empire de traverser librement votre pays sur une route que nous aurions définie... Mais vous n'avez rien voulu céder, vous avez oublié qu'on obtient rien sans rien... Et il est de mon devoir de préserver l'Empire en l'absence de l'Empereur, qui, je vous le rappelle, n'a pas été aussi magnanime que j'ai essayé de l'être avec vous. Si je puis vous donner un conseil, vous devriez donner une autre chance à la négociation avant que je ne sois obligé de faire ce que l'Empereur aurait déjà fait, et ce qu'il fera s'il remonte sur le trône. La guerre. Le réveil de Sauron ne vous accordera jamais qu'un répit. Croyez-moi, je préfère éviter une guerre avec votre pays si je le peux, évitez donc de ne me laisser aucun choix."

    Il avait prononcé ces mots d'un ton égal, mais pas excessivement agressif ou menaçant. C'était un énoncé de ce qui se passerait, et l'Intendant donnait l'impression de vouloir éviter la guerre s'il le pouvait. Et à vrai dire, éviter la guerre ne lui déplairait pas, il avait mieux à faire de ses soldats que des assauts fratricides... Il se tourna ensuite vers Elrond, mais s'adressait réellement à l'assemblée dans son ensemble.

    "Désolé pour cette parenthèse, Seigneur Elrond. Mais il est des vérités implicites qu'il semble bon d'énoncer pour que certains ne commettent pas d'actes irréfléchis, qui vu leur position seraient difficilement réparable... Je vais maintenant parler d'un sujet sur lequel vous avez tous voulu en entendre plus. Pour être clair, il ne s'agit pas d'une alliance entre l'Empire de l'Ouest et l'Angmar. Il s'agit d'une entrée dans l'Empire de l'Ouest, ce qui fait une grande différence, puisque cela fait de l'Angmar un vassal et non un égal. Concernant vos demandes, Seigneur Elrond et Comte Beldorn, j'y réponds plus que favorablement. Toranur se trouve en ce moment même à Minas Tirith, sous une garde intensive mais discrète. Et il y restera jusqu'à ce que cette opération de nettoyage des Orques soit terminée. Je ne fais pas aveuglément confiance à cet homme, que j'ai moi-même combattu, est-il nécessaire de le rappeler, mais je le crois sincère dans son désir de paix. Il n'a, en venant à Minas Tirith, rien demandé. Pas de position en échange de son ralliement, pas d'or, de prisonniers,... Rien. Peut-être est-ce une machination de l'ennemi, mais elle est alors diablement bien fomentée, et je m'assurerai de garder un moyen de contrôler notre homme..."

    Il préférait passer sous silence la seule demande de Toranur. La main de la fille du Tar. Autant garder dans sa manche quelques secrets, qu'il dévoilerait peut-être s'il pouvait en retirer quelque avantage. Mais pour l'instant, révéler cette information ne ferait que le placer dans une position plus difficile encore. Ses adversaires à ce conseil semblaient se sentir coupables, car ils n'avaient pour l'instant énoncé aucun fait pour étayer leur plaidoirie. Seulement des dénis, et des accusations sur sa personne plutôt que sur ses revendications. Comme s'ils cherchaient à reporter la faute sur quelqu'un d'autre... Denethor eut soudainement l'intuition qu'en donnant un coup de pied dans le séant trop confortablement installé de Curunir, il avait peut-être dérangé le Magicien dans des plans inavouables à ce conseil... Mais il garda cette pensée pour lui. Il serait toujours temps de faire approfondir les recherches par Cassea...
    Ce fut ensuite vers Torn qu'il se tourna.

    "Je suis heureux des nouvelles que vous nous apportez, Messire Torn, qu'elles concernent la paix nouvellement acquise avec les Nains ou notre Empereur. Vous avez, je le pense, ensoleillé la journée du Comte Beldorn. Je ne puis que déplorer ces nouvelles que vous nous apportez concernant le Mordor... La Tour Blanche n'est pas aveugle, mais son regard n'est pas aussi perçant que celui de notre ennemi. Comme vous le savez peut-être, les Orques ont prit d'assaut l'Ithilien du Sud, et repoussé les trop maigres forces en garnison jusqu'à Osgiliath. Nous pensions qu'il ne s'agissait que d'une escarmouche comme une autre, mais si ce que vous dites est vrai, alors c'est bien plus grave que ce que nous croyions..."

    Il n'y avait là rien d'étonnant dans le discours de Denethor. L'Ithilien du Sud était indéfendable. C'était une étroite bande de terre qui pouvait être attaquée de trois côtés, au terrain trop irrégulier pour y construire murs ou forteresses, trop boisé pour des affrontements à grande échelle... Seuls les Rangers savaient tirer parti du terrain, mais ils étaient trop peu nombreux, et trop difficiles à commander à grande échelle pour être réellement efficaces, d'autant plus que leur doctrine reposait essentiellement sur l'attaque.

    "Des troupes étaient déjà en route pour renforcer les défenses de l'Empire le long de l'Anduin, mais il me paraît maintenant indispensable de changer leurs ordres... Messieurs, il semblerait qu'une fois de plus, notre Ennemi bouge ses pions. La liberté semble de nos jours se payer en sang, et soyez assurés que l'Ouistrenesse paiera son du. J'espère que ceux qui ne voient pas leur peuple souffrir montreront plus de reconnaissance..."

    La référence à l'Isengard, encore qu'aucun regard ou geste de l'Intendant ne les ait désignés, était évidente.

    "Il semble que certaines questions de ce conseil soient désormais bien futiles face au péril qui nous menace. Il me semble que nous devrions peut-être revoir l'ordre du jour à cette lumière. Messieurs, j'ai dit ce qu'il me fallait dire."

    Il salua, avant de se rasseoir. Dès que l'attention fut tournée vers d'autres orateurs, il se pencha vers Vakalor, murmurant à l'oreille de ce dernier quelques paroles incompréhensibles pour autre qu'eux.

    "Eclipse-toi à la première occasion, et envoie un message aux Généraux. Je veux que notre armée soit opérationnelle, dans son entièreté. Pas de conscription pour l'instant. Et ramène le tiers des effectifs de l'opération Serenade sur le front Est."
    "Mais ce sont nos meilleurs hommes..."
    "Justement... Patience, Vakalor, patience..."
    "À vos ordres, Sire..."


    Et il se leva quelques instants plus tard, prétextant une envie urgente. N'étant pas réellement autorisé à parler dans ce concile, son départ fut remarqué, mais guère commenté.


Un jour, Chuck Norris a perdu son alliance. Depuis, c'est le bordel en Terre du Milieu.
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CelebornNombre de messages : 471
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MessageSujet: Re: Le Conseil Blanc IV   Le Conseil Blanc IV - Page 2 EmptyLun 6 Sep 2010 - 4:51
Celeborn écoutait attentivement. La plupart des Hommes voyaient chez les elfes des êtres interagissants, cherchant à garder tout selon un certain état. D'une certaine façon, ce n'était pas faux, car tel était leur devoir et leur sort: de vivre à et d'apporter le Monde à une perfection et préparer les Hommes à gouverner ce monde apporter à un État que les elfes jugèrent acceptable. Évidement, et l'histoire était la pour le prouver, ceci n'était qu'une théorie. Les événements ont fait en sorte que le rôle des Elfes fût changer et depuis ce temps, les Premiers-Nés tente de corriger les erreurs de leurs prédécesseurs et, même si la bataille contre Morgoth et son lieutenant Sauron semblait futile et désespéré, les elfes allaient se battront jusqu'à leur dernier souffle, car tel est leur nature et leur but. C'est donc ainsi que les nouvelles de la résurgence du Seigneur du Mordor jeta un ombre sur le Conseil, mais spécialement sur les Premiers-Nés présents. À côté de cela, les guerres intestines devint diminuées en importance. Malgré tout, Elrond posa des questions fort judicieuse et Denethor répondit avec éloquence. L'isengard était toujours sur le banc des accusés, une bonne chose, mais Celeborn devait toujours bien caché ses idées, l'étau était serré autour de la Lorien, des vombats à l'Ouest, de sombres présages à l'Est et une querelle au Sud.

Enfin, le Sindar se leva de nouveau.

- Bien que l'Isengard eut, en temps ultérieur, attaqué sans trop de remords ma forêt à quelles reprises, il a eu, ses derniers temps, la délicatesse de m'informer à l'avance lorsque ses tropes passaient non loin de mon domaine.

Il fallait dire la vérité. Curunir était peut-être coupable de certains actes, il n'en restait pas moins qu'il y avait toujours de l'honneur chez le Magicien.

- Avant tout, pour le bien de ceux qui ne sont pas au courant des raisons qui ont poussé l'Isengard a rompe les traités avec l'Ouistrenesse, comme moi, les représentants ou Curunir lui-même devrait s'expliquer, pour voir qui a les explications les plus valables et ainsi, les deux partis auront exposé leur points de vue.


Il prît une légère pose, rassemblant ses idées.

- Par contre, les dernières révélations de Torn et Denethor sont fort troublantes. Si les Orcs sont de nouveaux hors de Mordor et que son Seigneur recommence ses machinations, alors le Conseil doit se pencher sur un moyen d'unir les Peuples Libres contre l'Ennemis commun. Peut importe les différents qui sont soulevés, il n'en reste pas moins que le seul gagnant de tout cela est Morgoth et son Lieutenant. Si les défenses du Gondor ou de l'Empire de l'Est, les rédions les plus prêt de Mordor, sont avalées, il n'y a rien qui ne pourra arrêter cette vague. Nous devons convenir, le plus rapidement possible, que si l'Est ou le Gondor demande de l'aide, que nous, Peuples Libres, donneront une effort à stopper l'Ombre. Le Gondor et L'Est ne peuvent pas être les seuls à payer le prix.

Celeborn voulait faire d'une Pierre deux coup. Étouffer les tentions intérieurs et centrer la discution sur le vrai Ennemi.


« Ils étaient très grands, la Dame non moins que le Seigneur ; et ils étaient graves et beaux. Ils étaient entièrement vêtus de blanc : et les cheveux de la Dame étaient d'or foncé, et ceux du Seigneur Celeborn, longs et brillants, étaient d'argent ; mais il n'y avait en eux aucun signe de l'âge, sinon dans l'intensité de leur regard ; car leurs yeux étaient aussi pénétrants que des lances à la lumière des étoiles, et cependant profonds, puits de souvenirs enfouis. »
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Gandalf le BlancNombre de messages : 1163
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MessageSujet: Re: Le Conseil Blanc IV   Le Conseil Blanc IV - Page 2 EmptyLun 13 Sep 2010 - 15:10
Gandalf avait écouté avec grand soin toutes les interventions des Seigneurs présents depuis qu'il s'était tut, il prit cette précaution habituelle de noter en mémoire la moindre bride de leurs paroles pour mieux les comprendre et les guider. Car tel était son rôle et ainsi en avait-il toujours été. Pourquoi combattre, alors, pourquoi tuer ? Quel était le but de la guerre pour un Istar, en quoi différait-il de celui d'un Humain ? Le Magicien Blanc avait participé à maintes batailles déjà, depuis les terribles confrontations au Gouffre de Helm jusqu'à l'affrontement contre Smaug le Doré. Mais aucun des actes du Magicien ne fut jamais inutile. Ceux qui ne l'avaient pas suivi ne connaissaient pas sa pensée, et ils ne pouvaient rendre compte de son dessein entier. C'est d'un air tout solennel qu'il se leva et prit la parole, son regard fixé sur l'ambassadeur de l'Est.

« Général, permettez que je m'adresse à vous directement puisque vous m'avez interpellé. Je comprends votre méfiance à l'égard de mes actes passés, toutefois je ne puis m'avouer que perplexe devant la logique que vous semblez présenter. Il est et il sera de mon devoir de préserver la Vie sur le Monde contre les Créatures de notre Ennemi. Auriez-vous préféré affronter un Dragon avide de richesses et de sang, d'une taille prodigieuse et crachant des torrents de flammes plutôt que des Nains ? Un peuple qui, je le crois, n'est pas si différent du vôtre dans la bravoure de ses guerriers. N'est-ce pas ainsi que vous mesurez la valeur d'un peuple, Général ? »

Le Magicien marqua un bref temps d'arrêt pour se racler la gorge et sonder la réaction de l'émissaire oriental. Il savait pour autant qu'il n'était pas encore l'instant pour lui de se taire lors de cette journée et enchaîna bien vite. Son regard se porta donc sur les autres membres du Conseil. S'il affichait grand respect pour les Premiers-Nés et pour Saroumane, il n'affichait que de la courtoisie pour les autres. Seul Denethor le dérangeait et le rendait méfiant, cela il faisait grandement attention de ne point le témoigner.

« Seigneurs d'Arda, je puis répondre de mes actes autant désormais que de ceux du Maître de l'Ordre des Magiciens, Saroumane. Ses ruses n'eurent toujours pour intention que de duper l'Ennemi, à cela je puis rajouter qu'il n'est point de morts qu'une administration, aussi impériale soit-elle, ne puisse déclarer provoquée par les actes de Curunir. Que ceux qui ont encore en mémoire la destruction de Lond-en-Edain se rappellent également qu'il n'y eut point d'autres victimes que les bâtiments eux-même. Qui eut l'initiative d'ordonner le déplacement de la masse entière des habitants sinon Saroumane lui-même ? Et qui eurent l'infâme tâche de destruction sinon les Dragons de notre Ennemi, qui je vous le certifie n'obéissent qu'à Lui ? Nous ne pouvons, tout Magiciens que nous sommes, influer sur les choix et les actes de pareilles créatures. »

Pareille arrivée de sa pensée sur les Dragons eut pour effet de le ramener à l'émissaire de l'Orient et Gandalf se tourna à nouveau vers lui. Non pas qu'il désirait insister car il n'était point en son droit de le faire, le Magicien apportait en vérité une solution, un éclairci sur les sombres présages avancés par Torn.

« Général, la puissance des Dragons n'est pas à sous-estimer, elle ne le sera jamais. Loin de moi l'idée que vous ou vos guerriers en aient eu peur car je vous crois bien plus intelligents et forts que cela. Si Smaug était resté en Erebor, alors vous auriez dû affronter non seulement les Orques au Sud mais un océan de flammes au Nord-Ouest. Cela n'est désormais plus le cas et je n'ai pas d'inquiétude concernant un possible retour du Dragon vers la Montagne Solitaire, je puis aussi dire que sa fuite m'a valu d'être reconnu et aimé des Naugrim de l'Erebor. Je saurais user de mon influence auprès des Seigneurs de Guerre non seulement pour apaiser les tensions avec votre armée mais pour les convaincre de joindre leurs efforts pour contrecarrer les sombres intentions du Mordor, celles-là même que vous nous avez dévoilé. Il est de mon intime conviction que vous dites vrai. »

Autrement dit, Gandalf le Blanc comptait, au nom du Quatrième Conseil Blanc et de la totalité de ses membres, revendiquer les privilèges du titre de Champion de la Nation qui lui avait été décerné pour convaincre les Nains d'entrer dans une nouvelle guerre. Celeborn avait déclaré que d'autres contrées devaient se joindre à l'effort de guerre, voilà que le Magicien Blanc apportait plus de crédit aux paroles du Sindar. Gandalf lui adressa un regard bienveillant et amical, de ceux qui prouvaient qu'ils s'étaient bel et bien tous les deux compris. A cela il déplora tout de même que la Dame de Lothlorien soit resté tant en retrait mais il se garda de le manifester.

Le Magicien avait désormais terminé. Il se rassit tout aussi solennellement qu'il s'était levé et porta un long regard sur les êtres réunis là. Il décela différentes réactions, ne sut pas immédiatement comment interpréter les sentiments qu'il perçut comme ceux du dénommé Beldorn et eut l'impression d'un trouble profond dans les pensées du Seigneur du Rohan. Puisque Theored était assis à sa droite, Gandalf le vit commencer à se lever, certainement pour parler. Il posa rapidement sa main sur la manche gauche du Rohirrim et tous deux se croisèrent du regard. Le Magicien témoigna d'une grande compassion envers Theored et se faisant, il lui glissa quelques mots qui ne furent entendus que des plus proches d'eux (à savoir Denethor, à gauche de Gandalf, et Celeborn, à droite de Theored).

« Je vous en prie, dit-il, soyez aussi certain de ce que vous vous apprêtez à dire que de votre propre nom. »

Ce qui n'était pas visible, toutefois, était l'action du Magicien dans les sentiments et les pensées même du Seigneur du Rohan. Seul Curunir pouvait voir et comprendre ce dont tous deux étaient dignes possesseurs : la magie. Gandalf avait insufflé le Feu dont il était le Gardien pour ranimer la flamme intérieure de Theored.


[Hrp : On n'en a pas décidé avant mais je pense que ça n'influe pas réellement sur ce qui a pu se passer, ça va juste nous apporter éventuellement un peu plus à l'avenir. Donc, si ça vous va...]
Spoiler:
 


Dernière édition par Gandalf le Blanc le Jeu 30 Sep 2010 - 22:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Conseil Blanc IV   Le Conseil Blanc IV - Page 2 EmptyVen 24 Sep 2010 - 12:24
L'esprit de Theored n'avait pas eu une once de répit dès lors qu'il s'était assis après avoir proféré des menaces contre l'Isengard et contre Saroumane. Il était accablé d'une brusque confusion. Comment le Magicien d'Orthanc pouvait-il rester aussi impassible face à la lame dessinée par les accusations de Denethor et de Theored, lame clairement destinée à lui couper la tête ? Il n'exprimait ni crainte, ni courroux, ni amusement, ni mépris. Rien de tout cela, non, le Magicien était de marbre... Ses yeux, pour autant, luisaient d'intelligence et de vivacité d'esprit. Il n'avait certes de vieillard que l'apparence, Theored se surprit à penser subitement cela... Les paroles du Chancelier Madorius plongèrent l'esprit du Seigneur des Rohirrim dans les affres du doute.

Se pouvait-il, en effet, qu'il fut
« embrigadé » ? Manipulé par l'Intendant de l'Empire ? Theored n'avait certes peu ou pas conversé par le passé avec Denethor, même cela il ne le savait plus... Il ne pouvait tout de même raisonnablement pas en être ainsi. N'était-ce pour autant que « délires [...] passionnés » de croire que l'Isengard comptait ostensiblement s'accaparer les terres du Rohan ? Le Plateau était déjà sous l'autorité de la Tour d'Obsidienne et la Trouée de Rohan avait perdu de son utilité stratégique depuis le temps lointain où l'Isengard y avait fait construire des fortifications en guise de frontières. Or, non seulement le Plateau n'offrait plus aux élevages de chevaux de vastes prairies verdoyantes pour y brouter en toute tranquillité (tout du moins, pas pour les éleveurs Rohirrim), ce qui avait diminué le nombre de ces bêtes et affaibli la puissance de la cavalerie, mais le Rohan n'avait pas non plus d'avantage notable avec l'actuelle Muraille de la Trouée de Rohan en cas d'attaque sur l'Isengard. Pourquoi donc, malgré toutes ces considérations qu'il connaissait parfaitement, Theored s'était-il engagé sur une pente aussi brusque que celle de la véhémence contre Saroumane ? Il se surprit à réfléchir sur la « forme de jalousie face à ce voisin impertinent » qu'évoquait le Chancelier. Était-ce la raison ? Certes, l'épisode tragique des Morts avait considérablement marqué la mémoire collective du Rohan et le fait qu'ils aient épargné les terres du Magicien ne passait rarement pour autre qu'une infâme injustice. Mais ce n'était pas l'envie qui motivait le coeur de Theored, plutôt... la crainte.

Oui, cette peur de voir un pays voisin prospérer à toute vitesse, de constater sa grandeur autant en termes de superficie que d'influence. La peur du souverain voisin d'une autre "nature" que la sienne, plus puissant, plus... sage. Car il fallait bien l'avouer, ne serait-ce que pour le Chancelier Madorius mais à n'en pas douter pour Saroumane lui-même, leurs paroles étaient vraies. Pourtant, elles ne l'étaient pas entièrement... Theored ne pouvait accorder au Chancelier que leurs deux pays entretenaient des relations cordiales car en effet, aucune crainte n'aurait tourné à la menace ouverte si le Régent du Rohan et un haut-représentant de l'Isengard avaient pu s'entretenir, ne serait-ce qu'une seule fois... Au lieu de cela, depuis sa prise de pouvoir, il n'avait eu aucune nouvelle de quelque forme que ce soit de ce voisin. Un pays développé comme l'Isengard avait très certainement appris la venue de Theored au pouvoir aussi rapidement que l'éclair. On racontait, après tout, que ses espions étaient partout...

Les compliments vis-à-vis de la Maison de Theoden étaient certes bienvenue mais hors-de-propos. Quand bien même il avait un grand respect pour ceux qui avaient participé à faire du Rohan une nation de premier plan (ce qu'elle n'était guère plus alors), il n'était aucunement de cette Maison, de la descendance d'Eorl le Jeune et de lignée royale. Il était Régent et, à ce titre, pouvait s'autoriser ce que nombre de Rois n'auraient jamais songé faire en vertu des anciens traités et autres promesses faites par le passé. Mais cela aussi était hors-de-propos...

Alors les dernières paroles du Chancelier ramenèrent Theored à un niveau plus terre-à-terre de la réalité. Se pouvait-il, en effet, que l'Intendant soit lui-même manipulé par l'Angmar et son souverain ? Cela laissait pour le moins présager de sombres augures car ainsi vassal de l'Ouistrenesse, Toranur pouvait pleinement réaliser de sombres projets sans s'inquiéter des représailles puisqu'il était protégé par l'Empire. Tous, autour de cette table, connaissaient la force de frappe des Hommes de l'Occident. Cette "force de dissuasion" comme l'appelaient certains. Plus simplement, la peur infligée à l'ennemi par la seule pensée du nombre de soldats à la disposition de l'Empire. L'Est jouissait également de pareille menace implicite, au même titre que le Mordor. Trois grandes puissances, toutes motivées par la peur. Car Sauron, dans l'esprit de Theored, devait certainement être terrifié par la puissance de son Maître pour lui être aussi fidèle. Denethor et Torn, chacun à leur manière, étaient guidés par la crainte de voir l'infâme flot d'Orques surgir des Montagnes Noires et déferler sur leurs contrées, leurs si précieux Empires.


« [...] donner crédit à la bonne foi de Curunír ici présent. Mithrandir et moi-même avons finalement été convaincu de sa neutralité [...] »

Les paroles du Seigneur d'Imladris eurent l'effet d'une claque au visage de Theored, brusquement amené à une évidence : Curunir était dans les bonnes grâces non seulement d'Elrond mais aussi de Gandalf. Or, tous deux étaient parmi les plus sages de ce Conseil et les plus respectables selon son humble opinion. Les paroles qui s'enchainèrent ensuite ne l'intéressèrent que très partiellement, il déplora seulement le sort des Nains d'être en guerre contre les Orientaux. Le Rohan avait souffert de ces hommes, c'était désormais le tour de l'Erebor... Ces Orientaux n'avaient donc aucune limite, ils n'étaient ni plus ni moins que des sauvages ! Jamais le Rohan ne s'allierait à eux pour mener une guerre, quand bien même il s'agirait d'affronter le Mordor ! Un bref instant, la colère était très nettement visible sur le visage de Theored alors qu'il fixait le général Torn. Il réalisa toutefois rapidement cette erreur et adopta une apparence plus tranquille, bien qu'à l'intérieur le Régent bouillonnait... L'intervention du Comte d'Arnor n'apporta rien d'intéressant, c'était un novice en proie à des émotions futiles. Eux, « assez fort pour défaire une fois de plus le Mordor » ? Allons donc, Beldorn était trop jeune et ignorant pour connaître les guerres passées. Le Mordor n'avait pas toujours été défait, loin de là. Il était, il y a longtemps, parvenu jusqu'au Rohan et l'avait occupé. Il avait eu l'Est sous sa botte pendant des années avant l'arrivée du Sanguinaire (Krell). L'Angmar avait passé tant de temps à l'aduler qu'il était évident que la prétendue bonne foi de Toranur n'y changerait rien. C'était un pays froid, austère, malveillant. Toranur allait encore, dans ses soi-disant voyages diplomatiques, avec un étendard orné d'un œil nimbé de flammes. Cela venait tout juste d'être confirmé par le seigneur Elrond. Il fallait être fou ou inconscient pour croire que repousser les Orques hors de ses frontières ferait de l'Angmar un pays neuf et des habitants avec une mentalité neuve.

Denethor, lorsque vint le temps pour lui de s'exprimer à nouveau, n'apporta rien de conséquent. Certainement croyait-il le contraire, mais Theored n'était pas dupe. Bien qu'il n'accordait aucun crédit à la théorie de l'embrigadement, il ne pouvait nier que l'Intendant se mêlait de tout et de rien en se persuadant avec force qu'il résoudrait tout. Le Régent du Rohan, tout subitement, avait un regard neuf sur le sujet... Il réalisa qu'il n'avait pas pris le soin de connaître réellement ses alliés mais qu'il s'était focalisé sur de potentiels ennemis depuis qu'il était monté au sommet du pouvoir. La verve de Denethor était épatante, certes il était doué de grands talents oratoires et d'un esprit vivace, mais il était navrant de voir que l'Intendant croyait ce qu'il disait. Car, véritablement, Theored douta de la bonne foi du plus haut représentant en fonction de l'Ouistrenesse.

Le seigneur Celeborn n'apporta guère rien d'intéressant, hormis qu'il proposait un effort commun des peuples libres dans la guerre qui se livrerait au Mordor... Oui, c'était certainement des paroles pleines de bonne volonté... Theored savait le Rohan et la Lorien liés par un traité et il n'avait rien à reprocher aux seigneurs de cette forêt, il éprouvait seulement un fort scepticisme sur l'impact que pouvait avoir le peu de soldats pouvant être mis à disposition par des contrées comme la Lothlorien ou le Rohan comparé aux nombres ahurissants d'hommes de l'Ouistrenesse comme de l'Est. L'idée n'était pas pour autant de laisser les Empires diriger le Monde sans faire quoi que ce soit, loin de là, mais le doute était permis. Gandalf, quant à lui, prit en aparté le général Torn et Theored s'en désintéressa rapidement. La suite s'avéra plus intéressante lorsque le Magicien montra également un soutien appuyé à l'égard de Saroumane, ainsi donc le seigneur Elrond n'avait point exagéré. Gandalf parla des Dragons, sujet aussi sensible pour le Rohan que ne l'était celui des Orientaux ou des Morts. La contrée des seigneurs des chevaux avait en effet été la proie d'attaques de ces bêtes ailées lorsqu'elles s'étaient rapprochées de l'Isengard... Or donc, Gandalf insistait sur le fait que les Dragons étaient incontrôlables ? Il n'était pas inutile de le dire, en vérité, car cela écartait Saroumane des lourds soupçons qui planaient sur lui vis-à-vis de qui avait mené les Dragons jusqu'au Rohan...

Un deuxième aparté adressé à l'émissaire de l'Orient fit que Theored se désintéressa à nouveau de la discussion. Il le savait, son temps de parole approchait... Mais que dire, après tant d'interrogations, tant de tourments pour un esprit déjà si tourmenté ? Machinalement, Theored amorça un mouvement pour se lever lorsqu'il n'entendit plus le Magicien Blanc et qu'il vit ce dernier s'asseoir. Son corps entier lui parut lourd et engourdi, comme victime de ses doutes intérieurs. Il sentit subitement une main se poser sur sa manche gauche et porta un regard surpris sur l'homme au bout de cette main. Gandalf.

« Je vous en prie, soyez aussi certain de ce que vous vous apprêtez à dire que de votre propre nom. »

Theored, fort étonné de cet aparté et ayant le troublant sentiment que Gandalf savait pertinemment quel mal rongeait son esprit, ne put qu'hocher la tête affirmativement et regarder la main du Magicien glisser de sa manche et s'éloigner. Il tourna son regard vers Saroumane, encore empreint d'un étrange sentiment, et resta en silence un court instant où il fixa le seigneur de l'Isengard. Ses yeux n'exprimaient plus la moindre véhémence, en vérité. Ses jambes, au même titre que son corps, s'étaient faites plus légères et toute douleur avait disparu. Il restait pourtant encore à éclaircir son esprit et sa position vis-à-vis de ce Conseil... A la manière de Gandalf et ses paroles ciblées, il s'adressa en premier lieu à Denethor.


« Vous avez raison, Intendant Denethor, de préciser que l'Angmar est dès à présent un vassal et non un allié de l'Empire que vous administrez. La différence est notable et devrait dissuader certains autour de cette table de se montrer trop méfiants, cela je ne puis que vous l'accorder puisque je sais ce qu'il en fut lorsque le Rohan était lui-même vassal de l'Ouistrenesse. Voici donc où je veux en venir, Intendant, car le sujet de l'Angmar ne m'importe que très peu. Le Rohan n'est pas un vassal de l'Empire d'Occident et ne souhaite pas le redevenir, aussi l'ingérence politique dont vous vous placez aujourd'hui comme le maître et le protecteur n'a lieu d'être que si vous souhaitez nous provoquer et nous dominer. Le souhaitez-vous en effet, Intendant ? Du temps où le Rohan était vassal de cet Empire, l'Isengard annexa le Plateau, région fort importante à nos yeux, car elle était laissée à l'abandon du fait de l'inactivité totale des dirigeants alors en place dans mon pays autant que dans le vôtre. Pourquoi avoir agi ainsi ? L'histoire nous le dit, c'était alors des temps sombres où des Orques et des Gobelins parcouraient librement ces terres et les ravageaient. Seul l'Isengard sut protéger le Plateau, je l'admets ! Jamais le Gondor n'a réagi lorsque l'Isengard se dota d'importantes fortifications près de la Trouée du Rohan sans avertir d'aucune manière ce dernier. Aujourd'hui que ma contrée n'a rien d'un vassal envers vous, que l'Isengard n'a rien d'un vassal envers vous, vous vous permettez des menaces et des colères qui ont l'allure et la manière du caprice d'enfant dont vous vous défendez pourtant.

Je vous vois venir, Intendant Denethor, vous allez vouloir me rappeler combien de fois le Gondor est venu au secours du Rohan depuis que ce sont effectivement deux contrées dissociées. Rappelons-nous donc des batailles au Gouffre de Helm, où Aragorn vint avec son armée aider à résister sous le poids des hordes venues du Mordor. Rappelons-nous aussi que Saroumane participa à cette bataille du côté des peuples libres, au même titre que Gandalf ! Rappelons-nous le temps où Aragorn et son armée ont repris Edoras des infâmes mains d'Orques lorsque le Rohan avait été assiégé. Rappelons-nous lorsque le Rohan vint au secours d'une Minas Tirith assiégée par les forces du Mordor ! Rappelons-nous aussi combien il fut ardu d'obtenir l'indépendance du Rohan, celle-là même dont vous êtes soudain le fidèle protecteur ! Mais vous vous trahissez sans notre aide, Intendant, puisque vous dites n'avoir cure de savoir si telle ou telle région est gouvernée par la bonne personne tant que celle-là fait partie de l'Empire. Un tel désintéressement de votre politique intérieure n'est certainement pas à mettre dans vos qualités... Je vous suggère donc, seigneur Denethor, de pratiquer l'introspection avant de menacer vos voisins et de corriger vos propres lacunes en histoire. »


Fier d'une telle verve qui lui était absolument inhabituelle, le Régent du Rohan ne comptait aucunement s'arrêter là. Son regard se porta sur le Chancelier Madorius. Malgré son élan presque fougueux, il n'osait s'adresser directement à Saroumane.

« Permettez, Chancelier Madorius, que je vous présente mes excuses pour m'être emporté envers l'Isengard lorsqu'il me vint l'occasion de prendre la parole, quelques temps plus tôt. Je ne saurais définir exactement le trouble qui m'animait, peut-être était-ce là un instant de faiblesse. J'espère, Chancelier, qu'à l'avenir nous saurons trouver un temps et une opportunité pour nous rencontrer en privé et discuter des relations entre nos deux pays. »

Bien que pour l'heure, il savait être invité par les seigneurs de la Lothlorien dans leur demeure en Fondcombe, l'invitation était clairement lancée pour que l'Isengard de Saroumane et le Rohan de Theored se rencontrent finalement.
Enfin, et sans un instant de pause dans son débit de paroles, il s'adressa à l'assemblée toute entière.


« Oui, je ne suis point Roi mais Régent et je ne connais aucun d'entre vous. Je crains le Mordor, je crains l'Angmar. Mais mon peuple est fort et fier, il ne pliera jamais l'échine face à l'envahisseur -à cela il porta un bref regard sur le général de l'Est- et armera toujours son bras d'un glaive, d'une masse, d'une fourche s'il le faut pour combattre qui croit pouvoir instaurer durablement la peur dans nos cœurs. Si le Conseil décide la guerre, alors le Rohan répondra à l'appel favorablement. »

Il se rassit finalement, tout était dit pour lui. En vérité, il estimait cette première journée du Conseil déjà fort remplie et qu'elle pouvait être terminée ainsi, bien qu'une telle décision ne lui incombait pas...
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MessageSujet: Re: Le Conseil Blanc IV   Le Conseil Blanc IV - Page 2 EmptySam 25 Sep 2010 - 18:20
En d’autres circonstances moins formelles, le Chancelier ne se serait peut-être point retenu de rire devant la mauvaise foi flagrante et la harangue burlesque de l’Intendant. Ce dernier osait non seulement monopoliser les premières heures du Conseil pour régler un petit « litige » qui au final n’en était pas un, mais avait aussi l’audace de grossièrement déformer l’histoire d’Arda en vue de faire avaler à ce parterre de notables ses accusations oiseuses.
Croyait-il vraiment que des souverains avertis comme ceux-là allaient croire une seconde à sa diatribe ? Ressentant de l’amusement tout autant que de la gêne devant une telle comédie, l’envoyé de l’Isengard resta malgré tout concentré face à l’intervention orale des autres invités.
La majorité du Conseil soutenait ou au moins faisait confiance à Angrenost, et le renversement soudain des pensées du Régent Theored n’était pas une surprise pour Maldorius : tout homme sérieux et intègre ne pouvait pas se laisser entrainer longtemps dans les propos outranciers de Denethor.

Placide, le Chancelier échangea un bref regard avec le Connétable Ydusor, qui n’avait pas pris une seule fois la parole, puis se leva lentement, faisant pivoter la chevalière en or de son annulaire.


Bien triste est le jour où l’histoire se voit manipulée à des fins purement politiques.
L’Intendant nous insulte en nous donnant une leçon sur notre propre passé, mais le plus troublant reste assurément l’inexactitude de ses annales.
Sieur Denethor affirme que la Trouée du Rohan et la langue de terre entre l’Isen et l’Adorn sont des terrains illégalement occupés par notre pays : rien n’est plus éloigné de la vérité !
Ces terres furent en effet confiées à Curunir, au même titre que les clefs d’Orthanc, par l’Empereur Elessar en personne. Il ne fait aucun doute que les papiers officiels avalisant cette concession sont encore à Minas Tirith ; nos copies de l’acte restent disponibles à quiconque les réclamera.

Quand aux contrées plus à l’Ouest, du Gwathlo jusqu’au Lefnui, elles se sont offertes à nous.
L’Empire de l’Ouest ne redistribuait localement que fort peu les impôts récoltés, et les villes et villages n’avaient plus les moyens de s’entretenir ainsi que de se développer. La présence impériale était si faible que les bourgs se géraient eux même, bien souvent maladroitement, et seul l’arrivée d’un percepteur chaque année rappelait aux braves gens de ces terres qu’ils devaient une partie de leurs récoltes et revenus à un état de plus en plus inexistant… à un état qui, au final, n‘admettait leur existence que pour remplir ses larges coffres de marbre à Minas Tirith !
La venue de nos troupes et la réhabilitation de l’ordre furent par conséquent accueillis avec enthousiasme, et nul n’offrit de quelconque résistance. Toute personne honnête parcourant aujourd’hui ces contrées vous assurera que les habitants y sont heureux et prospères.
»

Le Chancelier s’arrêta un moment, se délectant du coup de masse magistral qu’il venait d’asséner à la plaidoirie déjà bien bancale de l’Intendant.
Avant de se rassoir, il pivota vers le Régent du Rohan.


« J’accepte volontiers vos excuses, seigneur Theored, et il ne vous en sera pas tenu grief !
Permettez-moi de vous dire que vos interrogations concernant le Plateau sont légitimes. Nous pourrons trouver une entente, cela est certain, lorsque nous aurons l’occasion de discuter de cette affaire ultérieurement. Achevée est l’époque où nos deux pays s’ignoraient cordialement malgré leurs frontières communes. Que de cette précédente délibération émerge une nouvelle accointance !
»

Le Chancelier reprit sa place.
C’est à cet instant, sans laisser à personne la possibilité d’intervenir, que Curunir prononça ses premiers mots depuis le commencement du débat.


Sur ces paroles de réconciliation s’achève la première partie du Conseil. Nous nous réunirons demain, peu après l’aube, afin de continuer sur des sujets plus importants.
Je déplore qu’une discorde assez banale se soit appropriée cette première journée du Conseil Blanc, aussi je vous demande solennellement de ne point l’aborder à nouveau.
Les discutions porteront sur l’agitation orque en Ithilien et les nains des Monts Brumeux. Il sera aussi pertinent d’aborder la situation dans les terres plus au nord, ce qui inclut le Beleriand.

La séance est levée.
»

Curunir agrippa son bâton et se dirigea vers Gandalf, avec lequel il désirait s’entretenir brièvement.

[HRP / La fin de la première partie ne signifie pas l’arrêt du RP jusqu’à la reprise, en attendant vous pouvez continuer un RP informel et détendu dans les divers lieux que nous offre le splendide palais d’Elrond. Wink \ HRP]


« Le premier qui arriva avait grande allure et noble maintien, les cheveux de jais et la voix très suave, et tous, ils le tinrent, même les Eldar, comme le premier de son Ordre. » Contes et légendes inachevés : le Troisième Âge - Les Istari.
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