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 Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]

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MessageSujet: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Ven 3 Sep 2010 - 19:38
(hrp : n'hésite pas à me dire si la fin te gène, je changerais Wink )

Dolan chevauchait à un rythme soutenu en direction du sud, encore tout excité des innombrables secrets qu’il venait d’apprendre. Il quittait le Val d’Anduin avec la clé de la maîtrise de son pouvoir. Ce même pouvoir qu’il avait jusqu’ici considéré comme une malédiction. Il commençait à comprendre qu’il s’agissait là probablement de son meilleur atout. Quelque chose dont personne ne pouvait se douter.

Mais encore fallait-il qu’il sache le maîtriser totalement. Cela n’était pas encore le cas. En effet, il avait dû malheureusement écourter son séjour. Trop impatient, trop assoiffé de connaissance, il trouvait les gens du Val d’Anduin trop distants, trop secrets devant lui. Il avait fini par se persuader qu’ils lui cachaient beaucoup de vérités. La veille, il avait été pris en flagrant délit dans la bibliothèque personnel du doyen du Val. Il avait été forcé de quitter le Val d’Anduin dès le matin. Le jeune homme n’avait pas rechigné. Il pensait en avoir apprit assez pour ne pas avoir à se répandre en excuses humiliantes. Cependant… sa formation restait incomplète, et son pouvoir… incertain.

Mais cela n’inquiétait pas Dolan outre mesure. Il se sentait maintenant assez fort pour confiner la bête derrière les barreaux du tatouage. Retournerait-il vers Elyana à présent qu’il possédait ce savoir ? Non. Il l’avait laissée derrière lui et il ne parviendrait jamais à trouver le courage nécessaire pour affronter les yeux profonds de sa belle. De plus, ses nouveaux projets lui interdisaient de s’encombrer d’un amour en pièces.

C’était de nouveau en direction de Minas Tirith que se dirigeait le jeune homme. Il ne savait pas pourquoi, mais tous ses pas semblaient l’y mener. Petit, il avait toujours rêvé de la Cité Blanche. Aujourd’hui, quelles que soient les aventures qu’il traverse, il finissait toujours par s’y retrouver. Il avait comme le sentiment que son destin se trouvait là-bas.

*Toutes les routes mènent à Minas Tirith*, pensa-t-il avec un sourire.

Ce soir là, il chevaucha tard. Il tenait à mettre le plus de distance possible entre lui et le Val d’Anduin, au cas où ses habitants reviennent sur leur généreuse décision. Mais quand la nuit fut presque tombée, Ecthelion manifesta bruyamment son mécontentement. Ne tenant pas à briser l’une des pattes de sa monture en chevauchant à l’aveuglette sur un terrain inconnu, Dolan tira les rennes et plissa les yeux pour regarder autour de lui, à la recherche d’un endroit correct pour dormir. La voûte étoilée éclairait faiblement le ciel. Il ne pleuvrait pas cette nuit. Dormir à la belle étoile n’avait jamais fait peur à Dolan. Et aujourd’hui moins encore.

A ce moment là, il sentit Ecthelion frémir sous lui. Le jeune homme connaissait assez bien sa monture pour savoir ce que cela signifiait. L’animal avait sentit une menace non loin. Un danger réel. Pas un banal prédateur rodant aux alentours qu’un simple feu aurait vite fait d’éloigner… Non, il s’agissait de quelque chose de sérieux pour qu’Ecthelion réagisse ainsi.
Dolan tenta désespérément de percer la noirceur de la nuit. Il lui sembla distinguer de furtives ombres se mouvant avec discrétion à quelques mètres de lui. Mais il n’aurait su dire s’il fallait ou non mettre cela sur le compte de sa peur soudaine. Instinctivement, il dégaina Dormegil. La perspective d’une nuit à la belle étoile l’enchantait tout d’un coup beaucoup moins.

A son soulagement, il finit par distinguer le timide éclat d’un faible feu, non loin. Il décida de s’en approcher prudemment. Il ne pensait pas que le danger puisse venir de ce feu. Il était trop faible pour servir de campement à une troupe importante. D’une main sûre, il dirigea Ecthelion vers les flammes. Il fut obligé de mettre pied à terre en approchant, à cause des hauts buissons qui se trouvaient sur son chemin. L’auteur de ce feu était quelqu’un de prudent, à n’en pas douter. Afin de n’effrayer personne, Dolan rangea son épée au fourreau avant de s’avancer dans la lumière.

Il y découvrit un homme en piètre état. Sale, le visage fatigué, une cheville bandée avec les moyens du bord, il se tenait néanmoins debout et pointait une lame affûtée dans sa direction. Un seul coup d’œil suffit à Dolan pour savoir qu’il savait s’en servir.
Il écarta prestement les mains de sa ceinture afin de montrer qu’il ne lui voulait aucun mal.

-Bonsoir messire. Navré de vous avoir dérangé. Je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici… Je rentre chez moi, à Minas Tirith après avoir visité de la famille non loin d’ici. Et j’ai comme l’impression que l’endroit n’est pas sûr. Accepteriez-vous de partager votre feu ?

*La stricte vérité* songea Dolan, s'étonnant lui-même.

Jetant un coup d’œil au maigre sac contenant les vivres de l’homme, il ajouta.

-J’ai assez de provisions pour partager mon repas de ce soir.

Observant plus attentivement son vis-à-vis, le jeune homme parvint enfin à reconnaître l’individu. Bien sûr… Sefir de Dol Amroth. Cela faisait longtemps, mais c’était bien lui, il en était certain. L’arrogant cavalier de la bataille de Minas Tirith. Il avait bien moins fière allure aujourd’hui. Reconnaîtrait-il l’insignifiant Gaerlin de Lond-Daer qu’il avait croisé alors ? Le minable prisonnier dont il n’avait voulu entendre aucun mot ?
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Sam 4 Sep 2010 - 12:43
    Il ne pourrait pas aller plus loin ce soir. Son cheval soufflait bruyamment, la sueur coulant ses flancs montant en fumerolles dans l'atmosphère de plus en plus froide de la nuit. Il mit alors pied à terre, grimaçant à cause de cette entorse qui le ralentissait. Quelle idée stupide! Utiliser un serviteur pour amortir sa chute n'était définitivement pas une tactique viable, même si elle avait fonctionné. Cette fois-ci, il ne s'en était tiré qu'avec de la chance, et il n'aimait pas ça. N'importe qui pouvait avoir de la chance... Il revint à l'instant présent en s'enfonçant dans le sous-bois, jusqu'à parvenir à un creux dans le sol. La nuit ne s'annonçait pas pluvieuse, et les buissons aux alentours aideraient à le cacher... C'était parfait. Il dissimula de quelques poignées de terre les traces de son arrivée, avant de construire rapidement un feu de bois, disposant les branches de manière à ce qu'elles brûlent longtemps, sans créer trop de lumière. Il laissait sa monture brouter les herbes autour de ce camp on ne pouvait plus improvisé, attachée qu'elle était à une longe. Il serra à nouveau le bandage autour de sa cheville, sachant pertinemment qu'il ne pouvait rien faire de plus pour le moment. Il souffla un moment, avant de se décider à manger une nouvelle part de ses trop maigres provisions. Trop mal en point pour chasser, et encore assez éloigné de tout lieu fréquentable... Il ne donnait pas cher de sa vie. Il eut un sourire triste à cette pensée. Survivre à tant de combats, à tant d'embuscades, et mourir de faim dans une forêt à cause d'une cheville blessée... Si les dieux avaient de l'humour, ils le manifestaient en cet instant même!
    Et Sefir ne croyait pas si bien penser. Le bruit que fit Dolan et avançant dans les fourrés le fit se retourner vers cet intrus, épée en main. Il était chancelant, et à son grand déplaisir, du constater que l'homme en face de lui était un géant, qui plus est bien bâti. L'inconnu était vêtu de vêtements de voyage, déjà sales, qui indiquaient qu'il venait lui aussi de faire une longue route. Une épée, visiblement de très bonne facture, pendait à sa ceinture, et les quelques runes qui étaient visibles sur le pommeau ne pouvaient pas tromper l'assassin: l'épée était de fabrication naine. Ce qui pouvait dire deux choses: soit cet homme était riche, mais alors que faisait-il seul dans cette contrée? Soit c'était un pillard, un opportuniste, peut-être même pire... Le nouveau venu écarta prestement les mains de sa ceinture quand Sefir pointa Morteflamme sur lui...

    "Bonsoir messire. Navré de vous avoir dérangé. Je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici… Je rentre chez moi, à Minas Tirith après avoir visité de la famille non loin d’ici. Et j’ai comme l’impression que l’endroit n’est pas sûr. Accepteriez-vous de partager votre feu?"

    Messire? Ce voyageur ne manquait pas d'humour... Et Sefir en aurait bien rit s'il avait été en mesure de se défendre comme à son habitude. Mais tel que le voyait ce voyageur, il ne pouvait pas se laisser aller à la moindre imprudence. Il portait sur lui son armure de cuir, qui accusait sérieusement l'usage intensif qu'on en avait fait. Et le manque d'entretien des derniers jours n'avait rien arrangé. Il avait simplement jeté par dessus ses épaules un morceau de toile de tente trouvé dans le paquetage, et son allure n'en était que plus suspecte...
    Et pourtant, il n'avait pas vraiment le choix... L'homme proposait de la nourriture, et c'était toujours ça de prit. Il abaissa sa lame, bien loin de se douter que son vis-à-vis connaissait son nom. Car si Sefir, malgré ses cheveux plus longs et emmêlés, ainsi que la crasse sur son visage, restait reconnaissable, en partie grâce à la cicatrice qui lui barrait le visage.

    "Je n'ai pas grand-chose à vous offrir, voyageur. Seulement un maigre feu et du danger. Vous feriez mieux de passer votre chemin. Vous ne savez pas ce que je fuis..."

    Lui-même était effrayé. Il avait semé ses Quatuors, qui avaient abandonné la poursuite, mais en se retournant depuis une hauteur, il avait pu voir un petit groupe de cavaliers Wargs se disperser, à sa recherche sans aucun doute. Et affronter les Orques et leurs loups de guerre dans son état n'était pas une idée qui lui plaisait particulièrement... Ceci étant dit, il pourrait apprécier un peu d'aide, quand bien même elle était inattendue. Il s'assit près de son feu, avec des difficultés évidentes.

    "Vous ne m'en voudrez pas si je vous laisse décharger seul votre monture, j'espère? Tenez, si vous avez le coeur de rester ici, prenez place... Vous êtes la première rencontre amicale que j'ai faite depuis dix jours... Il faut croire que je me suis frotté à quelque chose d'un peu trop gros pour moi, cette fois-ci..."

    Dix jours! Dix jours passés à essayer d'échapper à des poursuivants qu'il ne parvenait ni à distancer, ni à perdre. Sefir plaça une branche de plus dans le feu, puis ficha son cimeterre en terre, à côté de lui, de manière à pouvoir le saisir rapidement, même s'il lui serait sûrement plus utile de se saisir de sa dague. Il avait commencé à parler de ce qui le préoccupait, heureux de faire enfin une rencontre amicale. La traque, il avait l'habitude. Il avait déjà chassé sa proie, seul pendant des lieues et des lieues. Mais ce n'était pas exactement pareil que se faire traquer, et il n'aimait définitivement pas ce renversement des rôles...

    "Je me nomme Almandar. Quel est votre nom, voyageur?"

    Il était plus courtois qu'avant, et aussi accueillant que pouvait l'être un fugitif blessé, avec une barbe de dix jours qui lui mangeait le visage et une couche de crasse sur le corps. Il n'avait pas quitté Dolan des yeux pendant toute la manoeuvre, tandis qu'il restait aux aguets.



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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Dim 5 Sep 2010 - 12:17
Dolan fut soulagé quand l’homme baissa sa lame et se rassit douloureusement. Il le remercia d’un sourire et entreprit de défaire son cheval. Le guerrier, car c’en était assurément un, était en piètre état et Dolan se demandait s’il faisait une bonne opération en se rapprochant de lui. Comme pour confirmer ses doutes, Sefir précisa qu’il fuyait quelque chose. Non, en effet, Dolan ne savait pas ce qu’il fuyait. Mais il réfléchit un peu plus loin et finit par se convaincre que quel que soit le danger qui poursuivait son interlocuteur, il ne s’arrêterait pas à lui…

-Allons, répondit-il avec un léger sourire. Je serais stupide de m’éloigner d’ici uniquement pour m’éviter des problèmes. D’une part je risquerais de briser une patte de ma monture dans ce noir. Et d’autre part, je n'aurais pas la certitude d'échapper à vos ennemis... De plus, un peu de compagnie ne me serait pas désagréable.

Tout en prenant soin de sa monture, il écouta avec attention les paroles de Sefir. Le jeune homme ne pu s’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction à l’écoute de ses ennuis. L’arrogant Sefir de Dol Amroth avait donc buté sur une racine ? Quel dommage ! Il s’était attaqué à quelque chose de trop gros pour lui et cela lui attira la sympathie du jeune homme. Dolan connaissait bien cette impression, pour en être familier. La plupart du temps, il essayait de ne pas y penser, et cela fonctionnait assez bien.

-Je me nomme Almandar. Quel est votre nom, voyageur ?

Achevant son installation par une caresse dans la crinière blanche d’Ecthelion, Dolan se retourna, tentant de cacher sa surprise. Ainsi, il n’était pas le seul à utiliser des noms d’emprunt. Sans trop comprendre pourquoi, cela le mit de bonne humeur.

-Mon nom est Dorman, dit-il tout en sortant de son sac un beau morceau de pain volé le matin même aux gens du Val d’Anduin, ainsi que du fromage, accompagné de quelques légumes séchés et épicés. Je suis un humble conteur de mythes et légendes. Encore jeune certes, mais j’ai déjà dans mon répertoire maintes histoires dont vous ne croiriez pas un mot si elles vous étaient contées par quelqu’un d’autre. D’ailleurs, votre histoire semble avoir un potentiel narratif et épique très intéressant. Vous êtes poursuivis, dites-vous ? Que diriez-vous de m’en faire part ? Laissez moi découvrir le héros qui est en vous et dans peu de temps votre nom sera scandé par les gens du commun qui vous citerons en exemple à leurs enfants.

Dolan souriait largement à présent. L'emphase qui imprégnait ses paroles était volontairement exagérée et une légère pointe de moquerie se glissait derrière elles.
Au fond de lui, Dolan savait qu’il jouait là le rôle avec lequel il était le plus à l’aise. Le rôle qu’il préférait entre tous car raconter des histoires était sa plus grande passion. Il aurait dû être conteur si la vie ne l’avait pas emmené vers des chemins de traverse moins sûr, plus obscurs, mais également bien plus tentants. Il avait toujours préféré être le héro de l’histoire plutôt que le compagnon du héro.

Alors qu’il souriait distraitement, il entendit non loin un bruit qui venait des buissons qu’il venait lui-même de traverser quelques minutes auparavant. Il tourna brusquement la tête dans cette direction, la main sur le pommeau de son épée. Il aurait pu le jurer, ce n’était pas un banal animal nocturne qui était responsable de ce bruit. Sans un mot, il se leva et attendit, tous sens en éveil.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Dim 5 Sep 2010 - 17:56
    Sefir eut un sourire et un hochement de tête approbateur quand le voyageur décida de rester. Après tout, les Orques n'étaient pas le même genre de tueur que lui. Ils étaient beaucoup moins subtil, beaucoup plus barbares, et tuer un voyageur sur leur route n'était pas une pensée qui leur déplairait outre-mesure... En somme, ils avaient l'un comme l'autre plus de chances de survivre en restant ensemble. Et c'était vrai, un peu de compagnie ne pouvait leur faire de mal... L'annonce de son nom fit se figer l'espace d'un instant le voyageur, qui se retourna ensuite, se présentant comme si de rien n'était, avec un talent d'acteur évident. Mais ce petit tressaillement n'avait pas échappé à l'assassin. Qu'en déduire? Que le nom d'Almandar ne lui était pas inconnu? Ou alors qu'il savait que ce n'était pas là son véritable nom? Et en quoi cela pouvait-il modifier le comportement de cet étrange voyageur à son égard? Lui qui venait de relâcher quelque peu fut à nouveau tendu comme la corde d'un arc, encore qu'il fit un violent effort sur lui-même pour tenter de ne pas le montrer.
    C'est alors que ce Dorman se présenta comme conteur, et l'encouragea à raconter son histoire, promettant de faire de lui un héros, tirant de Sefir un éclat de rire qu'il transforma en pouffement étouffé. Non, décidément, ce voyageur ne manquait pas d'humour, encore qu'il ne le fasse visiblement pas exprès. Et dans l'esprit de l'assassin, une petite sonnette d'alarme résonna, il lui semblait déjà avoir entendu cette voix quelque part.

    "Faire de moi un héros? Quelqu'un qu'on citerait en exemple? Dorman, mon ami, vous êtes soit fou, soit vous avez une définition bien particulière de ce qu'est un bon exemple... Je ne suis pas un héros, et je doute que j'en serai jamais un. Tout ce que je souhaite, c'est rentrer chez moi, retrouver ma femme, vivre en paix, et laisser derrière moi un passé bien trop sanglant... Si vous saviez comment ils m'appellent, vous ne vous seriez même pas arrêté, ou alors vous m'auriez déjà transpercé... Le Danseur de Mort, voilà comment on m'appelle..."

    Appuyé contre le mur de terre de ce repli de terrain, une main posée sur le pommeau du cimeterre derrière lui, la tête rejetée en arrière avec un sourire mi-triste, mi-satisfait sur les lèvres, Sefir regardait cet homme. Peut-être n'avait-il jamais entendu parler de lui, après tout, mais il commençait à être connu, et c'était mauvais. Il ne pouvait plus approcher sa proie sans déclencher sa méfiance, et savait que l'assassinat serait bientôt loin derrière lui. Il avait perdu une bonne partie de son secret, et cela ne pourrait que l'handicaper. Il faudrait bien qu'il se résolve à être un guerrier, à se battre aux yeux de tous...

    "Vous n'avez rien à craindre de moi... Je suis fatigué de tuer, et je n'ai aucune raison de m'en prendre à vous. Je veux juste rentrer chez moi..."

    L'expression triste qui était apparue sur son visage était impossible à feindre. Il se tût, laissant le voyageur s'installer, semblant même se désintéresser de lui, attrapant une longue branche qu'il se mit à tailler en pointe. Il entendit le même bruit que Beldorn, mais resta plus tranquille. Après tout, il savait ce qu'il affrontait. Parlant beaucoup plus bas, mais sur un ton tranquille, il reprit:

    "Maître Dorman, avez-vous déjà affronté des Wargs? Ce sont des créatures imposantes, puissantes, mais désespérément stupides. Elles ne mangent que ce qu'elles tuent, ou reçoive de la main de leur maître, quand elles ne prennent pas cette main en même temps. Et bien souvent, elles servent de montures à des cavaliers Orques. J'ai au moins cinq de ces loups de guerre à mes trousses, mais un des cavaliers a fait une mauvaise chute, et depuis ils mènent sa monture par la bride. Je ne serais pas surpris qu'elle ait réussit à s'échapper..."

    Il resta silencieux, écoutant la bête se déplaçait autour du camp. L'instinct de Dorman ne l'avait pas trompé, ça n'était pas là un simple prédateur. Les fourrés craquaient légèrement sous le poids de l'animal...

    "Ils aiment bondir pour attaquer, et ils ont besoin d'élan pour cela... À votre place, je me méfierai de cette ouverture dans les arbres, à votre droite..."

    Plus de temps pour la suspicion. Une bête de l'envergure d'un Warg était un adversaire de taille, même pour un guerrier en bonne santé... Il ignorait ce que cet homme pouvait faire avec sa belle épée, mais il savait que lui-mêm n'était pas tout à fait dans les meilleurs conditions pour survivre. Prenant appui sur son épieu, il se releva, et planta son cimeterre dans le sol, à côté de lui, pour y accéder facilement, se plaçant dos au feu. Désormais, ils étaient dans la même galère.

    "Essayez d'éviter le premier bond, et de frapper de flanc... C'est comme ça qu'ils sont le moins dangereux..."

    Puis, plus aucun bruit. La bête se préparait à bondir...

    "Bonne chance, mon ami..."

    Et comme il disait ces mots, un Warg esseulé, sans cavalier, jaillit hors des ténèbres, ouvrant largement sa gueule, pointant ses griffes vers les deux humains dans un bon prodigieux. Avec une grimace de douleur, Sefir projeta son épieu, qui ripa, et se brisa contre le poitrail de la créature sans lui faire plus de mal qu'une écorchure. Il se laissa tomber, et la bête passa au dessus de lui, tombant sur le feu et projetant des braises un peu partout, avant de se rouler sur le sol pour tenter d'éteindre sa fourrure enflammée. L'assassin, hébété, trouva la présence d'esprit de rouler sur lui-même pour attraper son arme, avant de se relever péniblement pour faire face à ce loup de Mordor...



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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Lun 6 Sep 2010 - 19:52
(hrp : j'ai repris la scène un peu avant l'attaque et j'ai donc reprit un paragraphe de mon ancien message au milieu de celui-ci)


Dolan sentait bien que Sefir n’était pas tranquille. Ce qui était peu étonnant finalement quand on avouait être poursuivi. C’est ce qui avait amené le jeune homme à tenter de détendre l’atmosphère en ne lui proposant pas moins que de faire de lui un héros. Ce qui fonctionna plutôt bien puisque l’assassin s’esclaffa discrètement tout en l’appelant « mon ami ».
Dolan sourit à ce mot. Il n’aurait jamais pensé que le Sefir qu’il avait rencontré à Osguilliath l’appellerait ainsi un jour. Almandar était un homme différent.

L’homme ne pu cependant pas s’empêcher de lui apprendre qu’on l’appelait Danseur de Mort… Cette information permit à Dolan de cerner un peu plus le personnage. Il semblait se complaire dans l’anonymat et pourtant possédait un surnom à faire trembler le plus courageux des hommes. L’ancien capitaine de Dol Amroth était donc un assassin. Malheureusement sans doute pas le genre de tueur que Dolan aurait jamais les moyens d’employer…

*Danseur de Mort…* songea Dolan. Il fallait avouer que ce pseudonyme était réellement impressionnant et donnait un reflet, une certaine aura au personnage. Le jeune homme rangea cette réflexion dans un coin de sa tête. Il lui faudrait réfléchir à un titre du même goût plus tard. Un titre probablement moins effrayant, mais tout aussi inspirateur de respect.

"Vous n'avez rien à craindre de moi... Je suis fatigué de tuer, et je n'ai aucune raison de m'en prendre à vous. Je veux juste rentrer chez moi..."

Etrangement, Dolan n’avait pas une seule seconde douté de cela. Peut-être à tort, cet homme assis par terre, le visage à la fois triste et fatigué, les yeux cernés quoique vifs, la cheville bandée de tissu,… cet homme ne l’effrayait pas. Il était heureux d’être parvenu à le détendre pendant au moins quelques minutes. Dolan aimait que l’on se sente bien en sa présence.
Cependant, il ne pouvait s’empêcher de trouver cette situation infiniment injuste. Lui se démenait pour être enfin connu et reconnu comme un héros, sans pour autant y parvenir. Sefir quant à lui, ne désirait que rentrer chez lui, et pourtant, son nom, ou tout du moins son funeste titre, était connu dans presque toutes les Terres du Milieu. Il y avait de quoi grincer des dents ! Mais l’heure n’était pas à s’apitoyer sur son sort et Dolan s’en rendait bien compte.

La situation avait beau être grave, pendant quelques instants, il profita de la chaleur bienvenue du feu et de la nourriture revigorante, pendant que Sefir semblait se désintéresser de lui, s’occupant à tailler distraitement un long bâton en pointe. Dolan poussa vers lui le torchon sur lequel il avait déposé la nourriture.

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Alors qu’il souriait distraitement, il entendit non loin un bruit qui venait des buissons qu’il venait lui-même de traverser quelques minutes auparavant. Il tourna brusquement la tête dans cette direction, la main sur le pommeau de son épée. Il aurait pu le jurer, ce n’était pas un banal animal nocturne qui était responsable de ce bruit. Sans un mot, il se leva et attendit, tous sens en éveil.

A côté de lui, Sefir releva la tête, sans juger utile de s’alarmer pour autant. Dans un murmure à peine audible, il daigna enfin l’informer de la menace qu’il fuyait. Des orques monteurs de wargs… Qui plus est assez stupides pour laisser l’une de leurs montures leur échapper.
Hochant la tête, Dolan jeta un coup d’œil furtif à l’ouverture entre les arbres que Sefir mentionnait. Il ne lui proposa pas son aide quand il se mit maladroitement sur ses pieds à l’aide de son épieu, supposant qu’il l’aurait refusée.

Il se contenta de hocher la tête une nouvelle fois lorsque l’assassin compléta ses conseils. Il maintenait son attention fixée sur les environs. Ses mains tenaient Dormegil d’une poigne ferme et souple. Il la maniait depuis assez longtemps maintenant pour comprendre la manière sont les guerriers s’en servait. Il lui restait à savoir si la mise en œuvre de ses observations serait efficace. A mesure que la tension montait, il sentait son tatouage pulser sous son bandage, s’accordant sur le rythme de son pouls. Dolan prit une grande inspiration. Ce n’était pas vraiment le bon moment pour laisser la Bête s’exprimer. Si Sefir disait vrai, il aurait son comptant de bestialité dans quelques secondes.

"Bonne chance, mon ami..."

Ce fut les derniers mots que prononça son compagnon avant que la brutalité à l’état pur ne débouche des fourrés, exactement par l’ouverture qu’avait repéré l’assassin. Si Dolan avait projeté de frapper le flanc de la bête, il abandonna bien vite cette option, plongeant maladroitement sur le côté pour éviter la puissante charge qui s’acheva dans un nuage de braises. Dolan se releva prestement, se félicitant de ne pas s’être embroché sur sa propre lame dans le feu de l’action.
Il vit le warg se rouler au sol pour tenter d’éteindre les flammes qui embrasaient sa fourrure. Une horrible odeur emplit alors l’atmophère. Non loin, les chevaux hennissaient de terreur. Ecthelion tentait désespérément de ronger la corde qui le reliait à un arbre.

Secouant la tête pour sortir de son hébétude, il constata que Sefir faisait de nouveau face au loup. D’un bond, Dolan le rejoignit, attrapant au passage un bâton du feu dont une extrémité brûlait encore et s’en servit comme torche, à la fois pour s’éclairer, et pour blesser la monstrueuse bête.
Alors que le warg grognait et claquait des mâchoires dans leur direction, Dolan lui asséna un coup d’épée dans la gueule. Le choc de l’arme contre les dents fit trembler tout son bras et l’engourdit quelques secondes. Il eut cependant la satisfaction de voir le sang noir gicler et une canine acérée être délogée. Faisant rapidement un pas en arrière en maintenant sa torche à bout de bras en direction du loup de Mordor, il jura. Le warg ne se laissa malheureusement pas impressionner par ses imprécations et se jeta sur lui. A nouveau, Dolan se jeta sur le côté, laissant traîner sa torche derrière lui dans l’espoir d’enflammer à nouveau le pelage de l’animal. Il fut violemment renversé et sentit ses pieds décoller du sol.
Il retomba quelques mètres plus loin, par chance dans les fougères qui envahissaient la zone par endroits. Il resta quelques secondes allongé avant de se rendre compte qu’il n’avait aucun os brisé. Il se releva. La tête lui tournait mais la bête était toujours là. Et Sefir la combattait toujours. L’épée au poing, il retourna prestement vers le combat. Il se rendait bien compte que l’assassin était sa meilleure chance de survie. Il serait peu approprié qu’il meure si tôt.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Sam 18 Sep 2010 - 18:50
[HJ: Désolé du délai et de la longueur, je me rattraperai sur le prochain post Wink ]

    Tout était confus. Sefir peinait à faire taire les élancements de sa cheville, qui rendaient une situation déjà difficile à régler plus dure encore à résoudre. Le Warg avait réussit à s'éteindre, puis à projeter Dolan dans les fougères, après que celui-ci lui ait porté un coup d'épée. L'assassin avait grimacé en le voyant faire. Dorman était peut-être particulièrement grand et bien bâti, mais il semblait faire ses armes dans ce combat. Il se servait de son épée comme d'un gourdin, et avait frappé d'une manière assez élégante, peut-être, mais sans bloquer son poignet, et cela avait suffit à faire d'une blessure sérieuse quelque chose qu'un Warg pouvait supporter sans trop de soucis. Revenant à la situation, il fit un moulinet avec son sabre, jouant avec les reflets de ce qui restait du feu sur la lame pour désorienter la bête, habituée à la pénombre.
    Il avait participé à des jeux d'arène, durant son séjour au Mordor. Un des plus populaires consistait à opposer un Warg presque sauvage aux dresseurs. Il fallait être habile pour parvenir sur le dos de la bête, et là la fatiguer assez pour pouvoir briser sa volonté et la capturer... Il était descendu dans la fosse, et avait réussit à monter sur le dos de la bête. Y rester avait été une autre histoire... Pourquoi pas une deuxième fois? Il eut un sourire un peu fou à mesure que Morteflamme semblait s'éveiller à la lueur du feu. Et le Warg attaqua. Sefir se déporta avec peine sur le côté, faisant décrire à son cimeterre un arc de bas en haut quand la bête passe près de lui, faisant voler des poils et versant le sang. Boitant désormais de la patte arrière gauche, le Warg fit à nouveau volte face, babines retroussées. Avant de se tourner vers Dolan, et de faire un pas vers lui. Le sifflement d'une dague se fit alors entendre, et la bête bondit avec un jappement, une lame fichée dans les chairs de son cou. Il se dirigea vers l'assassin responsable du jet, qui cette fois ne s'écarta pas.

    "Allez, viens mon joli... Viens voir..."

    Le Warg, avec un hurlement sauvage, se jeta à nouveau sur Sefir. Et Dolan eut un aperçu de ce que "danser la Mort" signifiait. Une technique ancienne, élégante, raffinée. Des années de pratique et d'entraînement condensées dans quelques secondes de combat. Une discipline éprouvante, fatigante, mais d'une efficacité redoutable. L'assassin pivotait sur son pied valide, usait de cette jambe unique pour sauter, grimaçant de douleur quand il ne parvenait pas à maintenir sa cheville blessée en place. Les pans de sa tunique, qui n'étaient pas maintenus dans son armure, volaient à chacun de ses mouvements. Et Dolan eut alors une autre information, importante: la technique de l'ancien Capitaine de l'Empire reposait essentiellement sur la contre-attaque ou les feintes. Face à cette bête, tout ce qu'il mettait en oeuvre était loin de très bien fonctionner. L'antique lame du Sud avait tracé plusieurs sillons dans la fourrure du loup de Mordor, mais sans jamais s'enfoncer assez pour le stopper. À nouveau, les deux ennemis se retrouvèrent face à face.
    Deux prédateurs, tout deux blessés, luttant pour leur survie. Ce n'était pas une question de tuer pour vivre, mais bien de vivre pour tuer encore, cela ne faisait aucun doute. Les yeux verts de Sefir semblaient littéralement luire d'une lueur malsaine, un grain de folie qui semblait germer à la vue du sang déjà répandu. Et entre ses mains, Morteflamme semblait presque vivante, impatiente de plonger à nouveau dans la chair, d'ôter la vie dans un souffle, un vrombissement de son fil aiguisé... Et Sefir qui continuait de crier sur le Warg, le provoquant ouvertement. Le défi. La plus ancienne forme de communication. Même les animaux se défiaient entre eux.
    Alors que la bête, excitée par les cris de l'homme qui lui faisait face, s'apprêtait à bondir, malgré sa patte blessée, l'assassin sauta dessus, la prenant de vitesse. Le Warg fut sans doute le premier surpris de la manoeuvre, quand les doigts de Sefir se refermèrent sur la bride. L'assassin n'eut que le temps de se positionner sur la selle, enserrant les flancs de la bête de ses genoux, avant que le loup de Mordor ne se cabre en tout sens, tentant de le déloger. Heureusement que ces animaux n'avaient pas le réflexe de se rouler sur le dos, car cela aurait grandement réduit l'espérance de vie de l'assassin. Il leva bien haut son cimeterre, mais au moment de l'abattre sur le cou de la bête, celle-ci fit un bond plus violent que les autres, qui fit glisser la lame des doigts de Sefir.Après plusieurs instants de lutte, il parvint enfin à faire se dresser la bête sur ses pattes arrière, hurlant à Dorman:

    "Allez-y! Transpercez-le!"

    Entre l'odeur de roussi, les bruits du combat et les cris, ils auraient décidément de la chance de ne pas attirer le reste des Chevaucheurs jusqu'à eux... Et si c'était le cas, quelles étaient leurs chances de survie? Les Orques ne se montreraient pas particulièrement doux avec Sefir, même s'ils avaient pour mission de le ramener vivant (ce dont il était à peu près sûr) et entier (ce qui était déjà moins sûr), ou du moins fonctionnel (ce sur quoi il n'aurait pas parié). Et Dorman? Il n'était rien pour ses poursuivants. Sans doute avait-il quelque influence dans le monde civilisé pour porter une si riche épée, et de tels atours, mais les Orques n'avaient cure de ce genre de détails... Le monde était souvent un endroit étrange. Quelques semaines auparavant, il aurait sans doute assassiné cet homme s'il en avait reçu l'ordre, sans état d'âme, et pour le plus grand bénéfice des Orques. Aujourd'hui, ils faisaient face ensemble, contre les séides de Sauron.
    Sefir était peut-être la meilleure chance de survie de son compagnon d'infortune (après tout, il restait quoi qu'il en soit celui qui avait la plus grande expérience du combat et de la survie), mais cet homme était à peu près aussi essentiel à l'assassin. Il avait beau être un des meilleurs, il pouvait être battu, trois personnes l'avaient déjà prouvées. Et s'il pouvait être battu, alors il pouvait être tué. Ce Warg pouvait très bien avoir sa peau. Il avait bien plus de chances de survivre en faisant bloc avec cet inconnu pour atteindre un endroit civilisé et trouver des soins plutôt qu'en continuant sa route seul...
    En attendant, l'un comme l'autre pouvaient très bien ne pas passer la nuit.



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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Dim 19 Sep 2010 - 10:30
(hrp : pas de sushis Sef)

Alors qu’il retournait vers le combat, l’épée au poing et le souffle court, Dolan se demanda un instant qu’est-ce qu’il faisait là. Le warg le contemplait de toute sa monstruosité. Après s’être défait rapidement d’Almandar, il se dirigeait grognant et bavant vers Dolan qui se sentit alors plus petit et plus insignifiant que jamais. Pourquoi Sefir n’était-il pas venu à bout de ce warg pendant qu’il était sonné ? Qu’attendait-il donc ?

*Danseur de Mort…* grommela Dolan entre ses dents qui s’entrechoquaient. *Bien la peine d’avoir un tel pseudonyme si c’est pour se vautrer par terre au premier warg venu !*

Dolan avait toujours été plus intransigeant avec les autres qu’avec lui-même. Il lui semblait que les personnes qu’il rencontrait n’étaient jamais à la hauteur de ce qu’elles clamaient. Pour autant, cela ne les empêchait pas de se draper d’un manteau d’honnêteté qui pouvait aveugler n’importe qui et surtout eux-mêmes…

Mais alors qu’il n’y croyait plus, le jeune homme entendit distinctement le sifflement d’une dague et la bête poussa un cri de surprise et de douleur tout en faisant volte-face d’un bond. Elle se dirigea alors vers son adversaire le plus dangereux.
Les moments qui suivirent restèrent gravés à jamais dans la rétine de Dolan. Danser la Mort… Si le jeune homme avait jamais eu un doute sur la définition exacte de cette expression, ce doute partit en fumée en quelques secondes. Le spectacle était effrayant, et pourtant d’une beauté à couper le souffle. Une danse… oui, le mot était exact.

La fascination exercée par les mouvements gracieusement meurtriers de l’assassin n’empêchait pas le fin observateur qu’était Dolan de comprendre une infime partie de la mécanique si bien huilée de cette technique de combat. Elle avait pour principales composantes les contre-pieds et les feintes. Mais les coups portés par Sefir avaient finalement peu de puissance. S’ils étaient largement suffisants pour transpercer et découper les chairs humaines, face au cuir épais du loup de Mordor, ils paraissaient presque ridicules.

Au bout de quelques secondes qui semblèrent s’étendre interminablement, les deux adversaires se retrouvèrent face-à-face, se défiant mutuellement du regard. Et pour la première fois, Dolan sentit son poil se hérisser en contemplant le visage de Sefir. Il avait beau être blessé, fatigué, et même un rien blasé, il restait un assassin sans pitié que la folie guettait à chaque recoin. Elle était présente à cet instant même dans ces yeux verts de glace.

Le plus impressionnant cependant, était la hargne que Sefir mettait dans ses cris dirigés vers l’animal. Qu’essayait-il de faire ? L’énerver ? Selon Dolan, il n’en était point besoin. L’impressionner ? A la vue des crocs découverts et du grognement puissant qui s’échappa à l’instant de la gorge du warg, le jeune homme conclut qu’il n’y parviendrait pas.

Mais alors que Dolan se perdait dans ces considérations qu’il convenait lui-même somme toute bien inutile en un tel instant, le combat reprit brusquement. Le warg chargea une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, au lieu de se projeter de côté pour éviter de se faire piétiner et déchiqueter, Sefir sauta sur l’échine de la bête et parvint à s’y agripper. Mieux encore, il saisit la bride et s’installa sur la selle à une vitesse telle que lorsque le monstrueux loup se cabra en tout sens pour se débarrasser de cet indésirable, il était déjà bien accroché et évita une chute qui lui aurait été sans doute fatale. Mais les incessants sauts du warg finirent par lui faire perdre sa lame. A partir de ce moment là, Dolan crut que la situation était perdue. Quand il vit alors la bête se cabrer juste au dessus de lui, son sang se figea. Son heure était venue.

"Allez-y! Transpercez-le!"

Les mots de Sefir coulèrent sur lui comme l’eau sur les rochers. Il l’entendait comme un écho lointain. Sa vision était brouillée, son odorat était empli de l’odeur fauve de la bête, ses oreilles de son souffle rauque. L’obscurité de la nuit avait laissé la place à une lumière faible, de ton rouge sang. Dolan avait du mal à respirer et une chaleur agréable l’entourait. Il entendait sa propre respiration qui ressemblait de plus en plus à un grondement sourd. Quelque chose en lui sentit alors le danger, l’urgence de la situation. Il leva son épée et la pointa sur le ventre offert du loup de Mordor. Il vit ses pattes avant griffer l’air devant lui et les évita habilement.

Puis, soudain, tout redevint normal. Sa vue redevint nette, son souffle plus régulier, et le froid de la nuit le piqua au vif. Prenant Dormegil à deux mains, il l’enfonça de toutes ses forces dans la poitrine du monstre, tout en poussant un hurlement pour donner plus d’impact à son cou. Ce hurlement lui vrilla les tympans comme jamais. Ce n’était pas un hurlement qui pouvait sortir d’une gorge humaine. La fureur et la bestialité y étaient presque palpables. Jamais un humain n’aurait pu produire un tel son, et un tel volume. Pourtant, Dolan était certain d’être resté humain pendant tout le combat. Il n’avait pas ressentit la douleur inhérente à toute modification de son squelette.

Heureusement, son hurlement fut aussitôt couvert par celui du warg, de douleur lui. Le monstre tomba de toute sa hauteur et Dolan n’eu que le temps de se jeter à nouveau sur le côté pour ne pas être écrasé sous son poids. Il contempla le corps affalé de la bête. Elle ne respirait plus, ne grognait plus. Elle était morte, Dormegil avait frappé au cœur. Le jeune homme se demanda un instant s’il lui fallait attribuer son coup de chance à sa si chère épée ou bien à la Bête qui avait poussé ce terrible hurlement. Il était certain d’une chose, il ne connaissait pas du tout l’anatomie d’un warg avant cette rencontre. Mais il n’avait pas le temps d’apporter dès à présent une réponse à cette question.

Il chercha Sefir du regard. Pendant la chute, il avait probablement été projeté. Dolan le trouva assis contre la carcasse encore chaude. Il avait dû parvenir à glisser le long du dos du warg car il était en plutôt bon état compte tenu du combat qu’il venait de mener. Le jeune homme remis sa lame au fourreau et tendit la main à l’assassin pour l’aider à se remettre sur pieds. Il dit dans un sourire :

-Je savais que je faisais bien de m’arrêter à votre feu. Cette bête aurait très bien pu me tomber dessus alors que j’étais seul. Ou inversement…

Sefir saisit la main tendue et se releva. Ensemble, ils se dirigèrent vers le feu duquel le combat les avait éloignés. Dolan avait les os douloureux et redoutait l’arrivée des courbatures qui ne manqueraient pas de le martyriser, mais il savait qu’il s’en tirait bien. Aucune blessure, aucun membre brisé. Mais cette violente rencontre semblait l’avoir affecté. Il était plus silencieux qu’auparavant.

Sans un mot, il se dirigea vers Ecthelion pour rassurer la pauvre bête qui cachait bien sa terreur par une mine hautaine. Mais quand Dolan posa une main sur son encolure, il sentit qu’il tremblait de tous ses membres. Il caressa sa crinière tout en prononçant quelques paroles réconfortantes. L’étalon finit par se calmer. Dolan commença alors à rassembler ses affaires et à harnacher Ecthelion de nouveau. Il avait voyagé assez souvent pour savoir qu’il était extrêmement imprudent de rester à proximité du lieu d’un combat récent, et plus encore à proximité d’une charogne.
Du coin de l’œil, il observait Sefir faire de même, avec une économie de mouvements qui trahissait l’habitude de ce genre de situation. Après l’avoir vu se battre, Dolan appréciait bien autrement de s’être entendu dire que l’assassin ne s’en prendrait pas à lui. A vrai dire, le jeune homme ne se sentait pas tout à fait en confiance avec cet être à proximité. Il le pensait pourtant sincère dans son désir simple de rentrer chez lui. Dolan connaissait trop bien le mensonge pour ne pas reconnaître la sincérité non feinte. Il avait même finalement une certaine sympathie pour cet homme détruit qui ne cherchait qu’à se reconstruire autrement. Mais malgré tout, il lui faisait froid dans le dos… même s’il restait de toute manière sa meilleure chance de survie jusqu’à ce qu’ils aient rejoint un semblant de civilisation.

En quelques minutes, ils furent prêts à partir. Le feu était éteint et la seule lumière venait désormais du ciel étoilé. Dolan bénit les valars d’avoir écarté les nuages pour leur permettre de se diriger aisément. Mais alors qu’ils marchaient, tenant leurs montures par la bride jusqu’à atteindre une piste, le jeune homme surprit un mouvement dans les buissons qu’ils venaient de dépasser et se retourna. Peut-être avait-il rêvé…
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Jeu 17 Nov 2011 - 1:06
[HRP: Y'a l'inspiration qui m'est revenue en lisant ton RP dans les voyages, où tu faisais référence à ce sujet... Donc j'ai saisi l'opportunité! ^^]



    La vision de Dolan ne l'avait pas trompée. L'instant d'après, plusieurs Orques bondissaient dans la clairière. Deux d'entre eux se jetèrent sur Dolan, le plaquant à terre, avant de lui asséner plusieurs coups de bottes, confisquant son arme dans la foulée. De son côté, Sefir avait subit le même traitement, et fut bientôt traîné vers le feu, près duquel un Orque, plus imposant que les autres, attendait, un air satisfait sur son visage difforme.

    "Et bien, on vous a finalement attrapé, Khaedril de Mordor… Vous faites moins le fier, maintenant, n'est-ce pas?"
    "J'aurais du vous reconnaître à votre odeur, Graznâk… Vous empestez la charogne à dix lieues…"
    "Je vais t'apprendre le respect… Je dois te ramener vivant, mais je veillerai à ce que tu me supplies de te tuer avant la fin du voyage… Et avec toi, nous avons…?"
    "Pas la moindre idée, chef… Sûrement un complice!"
    "Khaedril?"
    "Un complice, oui… Mais pas seulement…"
    "Quoi alors?"
    "Plus près… Trop important comme information…"


    Vomissant quelques insultes, le capitaine Orque se pencha vers l'assassin.

    "Il y en a d'autres, pas loin…"
    "Où ça?"
    "Près…"
    "PRÈS OÙ???"


    L'Orque était alors accroupit presque à angle droit après d'un Sefir ventre à terre, qui semblait avoir de la peine à relever son torse. Et de là où il était, Dorman pu voir la lueur malsaine de ses yeux prendre vie à nouveau dans la lueur des flammes. Et il sut ce qui allait se passer. Deux Orques le tenaient en respect, deux autres étaient auprès de Sefir. Et il y avait ce Graznâk…

    "Dans ton cul."

    Vif comme un serpent, l'assassin attrapa alors une cheville de l'Orque, se projetant avec sa jambe valide pour le renverser. Sitôt son adversaire eut-il heurté le sol que l'humain tira une dague, ou plutôt un bout de fer vaguement aiguisé, de la botte de l'envoyé de Mordor, qu'il planta furieusement à deux reprises dans le torse et la gorge du chevaucher de Warg. Il n'y avait plus de place pour un quelconque art du combat ici. Juste la nécessité de tuer, ou bien d'être tué. Les deux Orques alentours réagirent alors, se jetant vers lui. L'un d'eux avaient une lance, qu'il projeta en avant. Gracieusement, Sefir s'enroula autour du manche, plantant la dague dans le cou de son agresseur. Beaucoup moins gracieusement, sa cheville blessée se déroba sous lui, et il s'effondra. Grognant, il parvint à rouler sur lui-même, et à relever la lance assez vite pour que le deuxième Orque s'empale dessus.
    Il avait presque réussit à se relever quand un des deux "gardes" de Dorman le jeta à nouveau au sol, et leva son arme sur lui. Le réflexe de l'assassin ne se fit pas attendre, et prit la forme d'un violent coup de pied dans les parties de l'Orque, qui s'effondra de douleur. Sefir prit le temps de remercier les Valars que le cimeterre ne l'ait pas transpercé avant de briser la nuque du combattant d'un mouvement sec. Puis il se dégagea du cadavre, la lame du mort à la main. Le dernier Orque, maintenant seul contre deux, pris le parti de s'enfuir. Tentant le tout pour le tout, l'assassin envoya voler son arme dans sa direction, sans résultat, avant de s'effondrer au sol, haletant, épuisé. Il rampa comme il pu vers Dorman, le visage encore plus effrayant qu'avant maintenant que du sang d'Orque le recouvrait. Il avait également une plaie au front, et sa lèvre inférieure, ouverte, commençait à enfler, stigmates du court passage à tabac qu'il venait de subir.

    "Vous allez bien?"

    La question, dans de telle circonstances, paraissait ridicule, et tout aussi déplacée que la cheville de Sefir. La flamme meurtrière qui s'était allumée dans les yeux de ce dernier n'était plus qu'un faible éclat, comme une braise n'attendant qu'un souffle pour provoquer un incendie. Il n'y avait pas à s'y tromper. L'assassin avait combattu le Warg avec ses dernières forces, et il venait de livrer celui-ci avec l'énergie du désespoir, le dernier instant de vigueur du noyé. Il se laissa tomber sur le dos, toujours haletant.

    "Le pire est passé… Pour vous au moins. Dorman… Je comprendrais que vous me laissiez ici. Je ne ferais que vous ralentir, et même si je ne pense pas que cet Orque revienne en chasse… Les Wargs, ils finiront par se libérer. Je… Je n'ai même plus la force de lever une arme… Je ne vous servirai à rien…."

    L'homme avait visiblement du mal à construire son propos, mais dans de telles circonstances, qui lui en aurait voulu?

    "Si vous me laissiez… Achevez-moi avant de partir. Ne perdez pas de temps à me mettre en terre si vous êtes pressé. Juste… Tuez-moi proprement. Et puisque vous êtes conteur, faites de ma mort le récit que vous voudrez… Essayez de retrouver celle que j'ai aimé. Elle fait partie de la noblesse de Dol Amroth. Maya. Une Elfe…"

    Il eut un rire bref, et un sourire, tandis qu'il contemplait les étoiles, loin au-dessus de lui.

    "Mais si vous choisissez de vous encombrer de moi, je ne m'en plaindrai pas… Et vous trouverez une façon pour moi de m'acquitter de la dette que j'aurai envers vous, j'en suis sûr…"



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MessageSujet: Re: Quelque part dans le Val d'Anduin [Flashback PV Sefir]   Sam 19 Nov 2011 - 13:37
(oh! ben si je pensais que j'écrirais la suite de ça^^)



Tous les sens de Dolan étaient en éveil. Mais malgré cela, l’attaque des orcs le prit totalement par surprise. En un rien de temps, il se retrouva jeté ventre à terre et bourré de coups de pieds. On le déposséda également de Dormegil. Par réflexe, le jeune homme tenta de se soustraire à la prise des orcs et en envoya valdinguer deux par la seule force de ses bras. Mais les immondes créatures devaient étaient bien trop nombreuses et il sentit la pointe rouillée d’un cimeterre lui chatouiller le haut de la nuque, lui faisant brusquement cesser tout mouvement. Une voix nasillarde lui souffla à l’oreille.

-Je te conseille de te tenir un peu mieux. C’est Kaedhril que nous voulons, mais ses amis devraient se méfier…

*Kaedhril, tiens donc, un autre identité*, pensa Dolan.

Il fut tenté de répondre qu’il n’était pas de ses amis, mais il ne savait pas vraiment si cela lui sauverait la vie pour autant. Il valait mieux attendre de voir ce que voulaient exactement ces orcs.
Le jeune homme reporta son attention sur Sefir qui était étendu au loin. L’orc qui semblait être le chef de la troupe était penché au dessus de lui et l’interrogeait. L’assassin paraissait connaître ces créatures. Dolan devait-il en être étonné ? Quoi qu’il en soit, elles n’étaient sûrement pas de ses amis, considérant la lueur malsaine qui animait ses yeux sombres. La même lueur qu’il avait remarquée lors du combat contre le warg. Cela n’augurait rien de bon pour les orcs, il le savait. Et comme pour confirmer ses pensées, ce fut à ce moment là que l’assassin se déchaîna.

La mêlée qui s’en suivit fut aussi sauvage que désordonnée. Mais d’une efficacité irréprochable. La rapidité de Sefir était tout bonnement incompréhensible pour Dolan. Il avait déjà vu des hommes se battre contre des adversaires multiples, mais jamais de cette manière là. Sefir se battait comme un diable. Et il avait beau trancher dans de l’orc, il n’en demeurait pas moins aussi effrayant que ces derniers.
Dolan sentit l’un des deux orcs le maintenant au sol s’éloigner pour aller prêter main forte à ses congénères. Ne restait plus que l’orc au cimeterre qui le menaçait toujours. S’arrachant au spectacle du combat, Dolan se retourna brusquement sur lui-même et asséna un formidable coup de poing dans la mâchoire du garde qui tomba à terre. Alors qu’il se relevait, Dolan put constater que le combat était terminé. Ne restait debout plus que l’orc qui l’avait gardé. Ce dernier se frottait la mâchoire et regardait autour de lui d’un air terrifié. Il prit la décision de fuir et Dolan le laissa faire. Qu’il aille au diable ! Sefir en revanche tenta de l’arrêter en lançant dans sa direction l’arme qu’il venait de récupérer sur l’un de ses adversaires. Sans succès. Après cette dernière tentative, il s’effondra.

Dolan contempla la scène, les yeux écarquillés. Comment un seul homme avait-il pu éliminer autant d’orcs en si peu de temps ? Le jeune homme aperçut la garde de Dormegil et alla la ramasser pour la replacer fermement dans son fourreau. Il se sentait déjà mieux. Puis il retourna auprès de Sefir qui rampait vers lui.

*Quelle vision pathétique*, ne put-il s’empêcher de penser.

-Vous allez bien ? lui demanda celui qui se faisait appeler Almandar.

La question avait de quoi faire rire et Dolan ne s’en priva pas. Mais s’il espérait que son interlocuteur partagerait son hilarité, il en fut pour ses frais. Le pauvre diable était bien mal en point. Il semblait même commencer à délirer, parlant de l’abandonner ici, et même de l’achever. En réalité, c’était cette solution qui était la plus sûre et Dolan fut tenté de la mettre en œuvre. Mais il savait qu’il était absolument incapable d’exécuter un homme de sang froid. Évidemment, il pourrait toujours le laisser crever ici, il finirait bien par rendre son dernier soupir. Mais pas question d’aller à Dol Amroth pour retrouver une quelconque elfe. Et si jamais par quelque hasard il s’en sortait… Dolan n’avait aucune envie d’avoir un nouvel assassin sur le dos, surtout celui-ci. Un certain Revan voulait déjà sa peau et c’était un miracle qu’il n’ait pas encore retrouvé sa trace. Mais Sefir de Dol-Amroth, c’était une autre paire de manche. Non, s’il le laissait ici, il devait le tuer. Et il s’en savait incapable. Il n’avait donc pas d’autre solution que de l’aider.

-Arrêtez de déblatérer des sottises. Vous avez partagé votre feu avec moi. Cela ferait de moi un piètre homme si je vous laissais ici. En revanche, j’avoue ne pas trop savoir quoi faire pour vous aider. Minas Tirith est l’endroit où je vais, mais c’est encore loin d’ici, je ne sais pas si vous tiendrez jusqu’à là-bas. Dites moi où vous pensez trouver des amis. Je vous y mènerais.
Peut-être chez les elfes, vous avez dit avoir aimé une elfe. La forêt de Lorien n’est pas si loin d’ici. Ou même Fondcombe, quoiqu’il nous faudrait traverser les montagnes.

*Et ce n’est pas ma route*
ajouta-t-il mentalement.

-Avez-vous de quoi vous soigner dans vos affaires ? Je dois avouer que je suis dépourvu de tout matériel médical, hormis quelques bandages et une lotion pour apaiser les douleurs musculaires. La vie d’un conteur n’est ordinairement pas aussi… palpitante que cela.


Dolan ne savait pas vraiment quoi rajouter.

-Mais n’ayez crainte, fit-il tout de même. Je ferais une histoire de ce jour-là. Peu importe la fin pour l’instant. Elle dépasse en héroïsme et en bravoure tout ce que j’aurais pu simplement imaginer par moi-même. Il faudra bien sûr embellir certains aspects, mais ce sera peu de choses. Peut-être rajouter cette elfe dont vous m’avez parlé. Les femmes aiment les histoires où le véritable courage est celui d’avouer son amour.

Il eut un large sourire dans l’espoir qu’il soit partagé.

-Et je n’aime rien de plus que régaler les femmes des histoires qu’elles aiment.
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