Forum RP : Le Seigneur des Anneaux
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 La cité de Miniriath

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Dolan
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MessageSujet: La cité de Miniriath   Sam 6 Nov 2010 - 18:24

Alors qu’il approchait de la cité de Miniriath, Dolan se fit la réflexion que c’était la toute première fois qu’il chevauchait à la tête d’une si imposante armée. Trois cent hommes. C’était pourtant relativement peu, il en était conscient, mais bien assez dans ces régions paisibles. Et l’effet était garanti. Les armures brillaient au soleil, leur pas était régulier, martial, leurs visages fermés et sérieux. Les hoplites se déployaient avec précision, étendards fièrement brandis, leur réputation les précédant.

Dolan, avec Sandar à sa droite, ne s’était jamais senti aussi puissant que face à cette cité portuaire qu’était Miniriath. Ses éclaireurs avaient annoncé sa venue. Simple politesse puisque personne ne pouvait avoir manqué la longue colonne de cavaliers qui avait défait plusieurs milices sur son passage. Le campement avait été établis dans la plaine à quelques pas de la cité et c’était à pieds que Dolan et ses hommes comptaient entrer à Miniriath.
La question qui taraudait le jeune comte était la façon dont allait le recevoir le seigneur des lieux : Norval de Miniriath. Allait-il prendre conscience du fait qu’il était allé un peu trop loin, ou bien se braquer plus encore contre lui en s’offusquant de la manière violente que Beldorn avait de régler ses problèmes.

La première chose qui frappa le comte d’Arnor lorsqu’il approcha de la cité fut l’absence de garde. En effet, aucun soldat n’était posté aux portes de la ville. Cela était pourtant courant et même primordial pour une cité qui désirait seulement exister. Il ordonna immédiatement au sergent qui se trouvait derrière lui d’instaurer un poste de garde à chacune des portes de la cité.

-Vous n’avez pas peur de paraître trop entreprenant ? demanda alors le général Sandar tout en laissant faire ses hommes sans broncher.

-Trop entreprenant ? s’étonna Dolan avec un sourire quelque peu forcé. Vous ne me trouviez pas trop entreprenant en pénétrant dans la cité accompagné de trois cent hommes en arme mais en laisser une poignée surveiller une porte est trop entreprenant ?

-Miniriath est sous la juridiction de Norval, répondit Sandar sans se dérider. C’est à lui de surveiller ses portes.

-Et c’est à moi qu’il appartient de veiller à ce que Norval assure la sécurité de sa cité. Je lui ai fourni des soldats de l’armée, c’est pour qu’il s’en serve intelligemment. Regardez autour de vous, nous n’en voyons aucune trace. Je n’ai pas l’intention de me laisser marcher sur les pieds par un homme aussi négligent.

Dolan était réellement agacé. Durant tout le voyage, il avait vainement cherché à retrouver ce bien être qui caractérisait auparavant la moindre de ses chevauchées. Mais rien à faire. Depuis quelques jours, ses maux de tête avaient repris de plus belle. Il se sentait comme si sa tête était enserrée dans un étau chauffé à blanc. L’air avait beau être frais, il avait terriblement chaud. La journée, il n’avait pas une seconde de repos. Et la nuit des rêves l’assaillaient. Des rêves confus où deux esprits se disputaient pour mettre la main sur un troisième. Le premier était tout de fureur et de sauvagerie tandis que le second était beaucoup plus mauvais et vicieux. Ce qui était certain, c’était qu’aucun des deux ne voulait de bien au troisième, plutôt craintif et perdu ; ils ne désiraient que le posséder entièrement.

Le jeune homme n’était que bien trop au fait de la signification de ce rêve, et cela l’effrayait d’autant plus. Il restait cependant curieux de la nature du second esprit. Celui-ci était noir, venimeux comme un serpent et vif comme une lame. Par certains côtés, il était beaucoup plus terrifiant que la Bête. Mais il aidait Dolan à lutter contre cette dernière. Il repoussait à sa place les assauts incessants de la Bête. Et de cela, le jeune homme lui était reconnaissant même s’il savait pertinemment qu’il y aurait un prix à payer un jour où l’autre pour cette aide.

Mais il aurait été très inconfortable de se transformer en un ours monstrueux au beau milieu d’un campement de trois cents hommes aguerris au combat… C’est pourquoi au cours de ce voyage, il laissa une place grandissante à cette nouvelle personnalité qui venait l’habiter. Il n’aurait qu’à ne pas lui donner trop souvent la parole en public, ce qui ne devrait pas poser de problème particulier.


Quand enfin la colonne de hoplites pénétra dans la cité, les badauds s’approchèrent. Une foule nombreuse et compacte se pressait sur la voie principale. Les hoplites furent obligés de dégager le passage et de parfois hausser le ton pour laisser passer le comte sans trop d’encombres. L’impression était assez étonnante pour Beldorn. Il lui semblait que plus il s’enfonçait dans la cité, plus il se rapprochait du centre et des riches maisons, plus le climat lui était hostile. En effet, à son entrée, ce furent des vivas qui l’accueillirent. Les pauvres habitations qui tenaient à peine debout ainsi que l’odeur nauséabonde du poisson et de l’eau stagnante, dénotaient la condition misérable de ce secteur de la ville. Mais plus il avançait, plus les maisons s’espaçaient, plus l’air devenait respirable, plus les hourras s’estompaient. Quand il parvint à la demeure seigneuriale de Norval de Miniriath, un silence de mort régnait.

Devant la porte, Norval se tenait droit. Il avait l’allure du vieil aristocrate qu’il était. Joufflu, le teint rougeau, les épaules affaissées, engoncé dans un entrelac de soierie et autres tissus, il n’en gardait pas moins la prestance de sa jeunesse. Il avait du être un solide gaillards quelques années en arrière car sous la graisse de ses bras, Dolan savait distinguer des muscles fermes et sûrs. De même, quand il avança, le jeune homme reconnu en lui le soldat expérimenté.

Il le considéra du haut de ses deux mètres avant de s’avancer, seul. Il avait été convenu que Sandar ordonnerait à ses hoplites de s’arrêter lors de cette rencontre, afin de ne pas donner l’impression à Norval d’être emprisonné. Mais allait-il seulement incliner la tête en signe de bienvenue ?
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MessageSujet: Re: La cité de Miniriath   Dim 7 Nov 2010 - 18:20

Norval de Miniriath fit un pas en avant. Ses yeux croisèrent ceux du comte Beldorn pendant quelques secondes. Il le dévisagea ainsi sans rien dire. De nombreuses pensées traversaient son esprit. La satisfaction de voir que son message avait eu l’effet escompté d’abord, puis l’inquiétude et la colère de le voir à la tête de cette importante troupe, en conquérant. Enfin, il s’inclina devant son souverain. Le dos courbé, il prononça les paroles usuelles de bienvenue et l’invita à le suivre à l’intérieur de sa demeure.

Dolan salua son hôte d’un signe de tête et le remercia de son hospitalité. Le seigneur de Miniriath et le comte d’Arnor avaient tout deux bien pris soin de parler à voix haute et forte pour que chacun puisse entendre et se rassurer. Mais avant d’entrer dans la somptueuse habitation, Dolan pencha la tête vers Sandar et lui murmura à l’oreille :

-Faites courir le bruit dans la cité que je prononcerais un discours demain quand le soleil sera le plus haut dans le ciel, sur cette même esplanade. Je veux qu’il y ai le plus de monde possible.

-Vous n’avez même pas commencé à discuter avec Norval et déjà vous voulez discourir ? s’étonna le général.

-Demain matin, j’aurais sans doute eu tout le temps de discuter avec Norval. Je saurais alors ce que j’aurais à dire. Ne vous faites pas de soucis, mon discours s’écrira de lui-même, répondit Dolan en souriant.

Sandar hocha la tête et fit passer le mot au hoplite le plus proche. Dolan le regarda s’éloigner en houspillant ses hommes. Il n’aimait pas quand le général doutait de lui. Comme s’il le prenait pour un imbécile. Mais il devait remettre la résolution de ce problème à plus tard. Pour le moment, un soucis de bien plus grande ampleur et beaucoup plus immédiat réclamait toute son attention. Il sourit à Norval qui l’attendait à la porte de sa demeure et le rejoignit d’un pas preste.

Les portes se refermèrent derrière eux dans un claquement qui résonna sinistrement aux oreilles du général Sandar. Il se retourna vivement et soupira. Tout pouvait arriver derrière ces murs. Bien entendu, Beldorn lui avait répété mille fois qu’il ne risquait rien dans la demeure de Norval. S’il voulait l’assassiner, il se garderait bien de le faire dans sa propre demeure, ou bien de toute autre manière qui pourrait relier le meurtre à lui. Mais cela ne suffisait pas à calmer entièrement l’inquiétude du général. Il lui semblait que ce comte là, bien qu’il fut nommé par Denethor, pouvait faire l’affaire en temps que chef d’état. Il avait les épaules solides et le cœur bien placé, il savait prendre les décisions difficiles lorsqu’elles s’imposaient… l’Arnor avait besoin de lui. Sandar pria donc pour que Norval ne soit pas aussi stupide qu’il en avait donné l’impression dans sa dernière missive.


De son côté, Dolan suivait le seigneur Norval de Miniriath dans son palais, écoutant vaguement les descriptions qu’il lui donnait sur l’âge de telle tenture, l’histoire de tel meuble, l’importance de telle armoirie. Tout objet dans cette maison semblait relié de près ou de loin à la famille de Norval. Il était le descendant d’une longue lignée d’arnoriens qui avaient toujours gouverné cette région du sud du pays, sans que le pouvoir central ne s’en préoccupe outre mesure.

Enfin, Norval convia le comte à s’asseoir à une table pour que le dîné soit servi et Dolan se rendit compte à cette occasion à quel point il était affamé. Il avait peu mangé pendant le voyage. Il se levait le matin et la tête encore pleine de ses cauchemars, il n’avait envie de rien. Et la journée se déroulait tellement vite que le soir arrivait et qu’il n’avait rien ingurgité. Mais à peine sentait-il l’odeur des rations de soldat qu’il s’était promis de partager avec les hoplites que son estomac se soulevait et que des nausées le prenaient. Il avait fait de son mieux pour cacher son mal-être. Il était même allé jusqu’à enterrer une partie de la nourriture qui lui était destinée. Il était mauvais que ses hommes le croient en mauvaise santé. Et en vérité il ne l’était pas. Il se portait bien. Outre ses rêves perturbants et ses quelques migraines, il se portait comme un charme. D’ailleurs à présent, il avait la tête claire et indolore. Il lui restait uniquement la faim.

Les mets qui lui furent servis furent somptueux et en quantité. Dolan se régala. Le seigneur Norval tentait de l’amadouer, il en était bien conscient. Mais cela importait peu, tant qu’il pouvait se rassasier. D’autant plus que pour l’instant, il s’abstenait bien de mettre aucun sujet fâcheux sur la table. Il se contentait d’émettre quelques amabilités et banalités, auxquelles Dolan répondait brièvement, sans chercher à engager vraiment la conversation, et sans pour autant froisser son hôte. Le jeune homme ne retint qu’une chose : il était invité à une chasse demain matin si cela lui convenait.

-Une chasse ? Quelle idée intéressante ! Et bien je ne dis pas non. Serons-nous revenus pour midi ?

Norval ouvrit la bouche en rond, ne pouvant cacher sa surprise. Croyait-il que Dolan ne voulait manquer aucun repas ? Alors qu’il se préoccupait simplement d’assurer sa présence lors du discours qu’il avait fait planifier à Sandar.

-Oui, ce devrait être tout à fait envisageable, comte Beldorn, ne vous en faites pas, fit-il en souriant. Voulez-vous vous joindre à moi au salon ? J’ai une liqueur de verveine dont vous me donnerez des nouvelles. Et puis nous y serons plus à l’aise pour évoquer la raison de votre venue.

-Avec plaisir, seigneur Norval.

Le jeune homme était enfin rassasié. Il se leva et suivi son hôte dans le petit salon qui jouxtait la salle à manger. Il s’agissait d’une pièce occupée par deux imposants fauteuils et éclairée par un feu de bois qui lui donnait un aspect très chaleureux. Norval s’assit dans l’un d’entre eux et tendit ses mains vers le feu pour les réchauffer. Dolan lui n’avait pas froid. Cela ne l’empêcha pas de s’installer confortablement dans le second fauteuil en soupirant d’aise.

-Seigneur Norval, merci pour ce repas exquis. On peut dire que vous savez recevoir.

-C’est tout à fait normal, comte Beldorn. Après tout, vous êtes mon suzerain…

-Exactement, répliqua Dolan. Je pensais que cet état de fait impliquait également le paiement des impôts demandés.

Norval soupira. Ca y est, nous y étions.

-Certes, mais vous passez également pour un homme juste. La justice est quelque chose qui me tient énormément à cœur. Et cet impôt militaire… est tout ce qu’il y a de plus injuste. Vous voulez que nous payions une armée qui ne nous défendra jamais puisque aucune invasion ne parviendra jamais jusqu’à nous.

-Si aucune invasion ne parviendra jamais jusqu’ici, c’est justement grâce à l’armée que je dois entretenir, Norval. Notre pays est en paix actuellement, quoique certaines de vos milices se comportent comme si ce n’était pas le cas… Mais personne ne sait combien de temps cela va durer.

-Humpf, fit Norval dédaigneux. Vous avez toujours peur de l’Angmar ? Allons, même ce pays de dégénérés a évolué. Ils ont un roi et une organisation économique stable. Ils ont plus besoin de commercer que de guerroyer. J’ai entendu beaucoup de choses sur l’Angmar ces derniers temps, ce ne sont plus les sauvages à demi-orc que j’ai combattu dans mon jeune temps.

-Vous avez entendu que Toranur d’Angmar souhaitait faire alliance avec le Gondor, Norval ?

-Vraiment ? Non, je ne savais pas cela. Mais je ne suis pas étonné. Cela me donne raison : l’impôt que vous demandez pour votre armée est excessif et injuste.

-J’aimerais que ce soit le cas, Norval, répondit Dolan d’une voix douce. Malheureusement, si cette alliance se fait, nous aurons échangé un ennemi pour un autre… Il existe des frictions entre l’Isengard et le Gondor. Je reviens juste du Conseil Blanc et la guerre est sûr le point de commencer, à moins d’un miracle.

Le seigneur de Miniriath se leva brusquement.

-L’Isengard ! Mais c’est impossible, êtes-vous en train de vous jouer de moi, comte Beldorn ? Nous avons toujours pu commercer avec les gens de l’Isengard. Ils sont durs en affaires à ce qu’on m’en dit, mais les échanges sont fructueux pour nos deux pays, c’est absurde !

-C’est l’inconvénient de faire partir d’un Empire qu’on ne dirige pas, répondit Dolan avec un sourire amer. Denethor a été bien peu diplomate à l’égard de Saroumane et il a rendu la guerre inévitable. Si je refuse de lui prêter main forte, c’est son nouvel allié d’Angmar qui nous tombera dessus.

-Avec l’impôt que vous entendez prélever, vous auriez les moyens de vous défaire complètement du joug de Minas Tirith, si vous aviez un rien de courage, jeta Norval irrité en se rasseyant.

-Ne jouez pas à ça avec moi, seigneur Norval, fit Dolan entre ses dents. J’ai assez peu de patience avec les gens qui médisent de moi, quel que soit leur rang. Alors écoutez moi bien, demain à midi, en revenant de la chasse, je fais un discours sur votre propre esplanade, ne vous inquiétez pas, tout est organisé. Je vous donne une chance de vous racheter : soyez à mes côtés et annoncez publiquement que l’impôt sera payé. Je n’aurais pas la patience de visiter chacun des vos amis que vous aurez embrigadez dans votre folie. Cela s'arrête maintenant.

-Sinon quoi ? demanda Norval en souriant.

Son air confiant fit voir rouge à Dolan. L’espace d’un instant, il eu envie de se jeter sur lui et de lui arracher la gorge. Il était tellement certain que le comte Beldorn était impuissant. Bien entendu il ne pouvait pas le destituer ! Ce serait le début de la guerre civile ! Il se contenta de se lever et vint se placer devant le fauteuil de Norval. Le feu projetait son ombre sur le seigneur de Miniriath qui ne souriait plus.

-Sinon vous le regretterez… croyez-moi.

Brusquement, il se redressa et réajusta sa tenue.

-Je vous souhaite le bonsoir, seigneur Norval. Je ne voudrais pour rien au monde manquer la chasse de demain. Dormez bien, il paraîtrait que la nuit porte conseil…

Et sur ces paroles, il se retira. La faim lui tiraillait le ventre à nouveau.
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MessageSujet: Re: La cité de Miniriath   Lun 8 Nov 2010 - 20:01

Dolan sortit de la demeure de Norval d’un pas vif. La colère rougissait ses joues. Les mâchoires serrées, les sourcils froncés, il luttait pour garder son calme. Sous son gant, il sentait le tatouage en forme de patte griffue s’agiter. Il serra le poing, enfonçant ses ongles dans ses paumes. De rage, il donna un violent coup de poing dans l’une des opulentes colonnes qui ornait l’entrée de la maison du seigneur de Miniriath.

-Comte Beldorn, fit une voix hésitante dans son dos. Allez-vous bien ?

Dolan se retourna brusquement et foudroya l’imprudent qui lui avait adressé la parole. Quatre hoplites se trouvaient derrière lui.

-Le général nous a ordonné de vous attendre à la sortie afin de vous escorter jusqu’au campement.

Le soldat qui lui parlait était plutôt jeune. Un nouvel hoplite. Cela signifiait qu’il avait déjà fait ses preuves sur maints champs de bataille, malgré son air juvénile. Il avait l’air un rien effrayé. Sa mission simple d’apparence n’impliquait pas de devoir gérer un comte Beldorn hors de lui. Dolan avait décidé avec Sandar qu’il dormirait avec les hopiltes au campement établi dans la plaine. Il était poli de ne pas encombrer la maison du seigneur Norval de sa présence imposée. De plus, le général n’avait aucune confiance en Norval et n’aimait pas l’idée de laisser son comte dans la demeure de l’ennemi du moment.

Dolan inspira l’air frais de la nuit tombante avant de répondre d’une voix égale.

-Oui, merci. Je sais. Je suis juste… très fatigué. Et je ne suis pas parvenu à faire plier Norval.

Le jeune homme prit une nouvelle grande inspiration avant de poursuivre avec un sourire confiant.

-Mais ne vous inquiétez pas pour moi. Je trouverais bien un moyen. Allons, retournons au campement, je suis éreinté.

Escorté par ses quatre gardes du corps, Dolan atteignit le campement alors que les dernières lueurs du jour s’éteignaient. Il savait que le général l’attendait dans la tente principale pour savoir comment s’était déroulé son entrevue. Mais il préféra se diriger directement vers les enclos où les chevaux se reposaient. Quand il approcha, Ecthelion le rejoignit au petit trot. Il avait été nourris et brossé par l’un des hoplites car Dolan n’en avait pas eu le temps. Le jeune homme passa la main sur son museau en guise de bonsoir. Il était étonné que le cheval ne se montre pas plus farouche. D’ordinaire, s’il lui arrivait par malheur de le négliger à ce point, Ecthelion lui faisait comprendre son mécontentement parfois pendant des jours. En renâclant à la tâche, en le poussant, en le secouant plus que nécessaire… Mais là, rien. Il se laissait caresser, acceptait les brins de paille que le jeune homme lui présentait. Sa présence amicale apaisa Dolan et la colère le quitta peu à peu. Il avait là un vrai ami. Cette tête de pioche savait quand être présent pour son cavalier. Sans s’en rendre compte, les larmes montèrent aux yeux du jeune homme. Pendant quelques minutes, le monde autour de lui n’existait plus. Il épancha ses chaudes larmes contre le museau d’Ecthelion, le corps agité de sanglots incontrôlables. Il ne savait plus où il était, ce qu’il était et ce qu’il devait faire. Sa vie lui semblait décousue, sans but précis. Unifier l’Arnor était un beau concept et Beldorn s’attelait à cette quête qui était primordiale à ses yeux. Mais l’était-elle à ceux de Dolan ? Non, loin de là. Dolan lui, voulait savoir qui il était. Trop de personnalités se livraient un combat sans merci dans sa tête. Et lui n’avait pas son mot à dire. Il n’était même pas certain de savoir laquelle de ces personnalités il préférait. Pendant un instant, il perdit espoir de jamais parvenir à se connaître vraiment. Le désespoir l’envahit et il regretta de ne pas avoir emporté avec lui assez de vin pour s’envoyer ce soir dans le pays des rêves éveillés où il parvenait parfois à trouver la paix de l’âme. Cet état dura pendant de longues minutes. Quand ses yeux furent secs, il finit par reprendre le contrôle de lui-même. Cela n’avait rien résolu. Cela lui avait simplement permit de se remettre sur pieds momentanément pour faire un bout de chemin supplémentaire. Jusqu’au prochain trébuchement.

-Merci, murmura-t-il à l’oreille d’Ecthelion avant de s’éloigner d’un pas plus léger.

Il se dirigea lentement vers la tente de commandement. Le général Sandar ne fit aucun commentaire mais Dolan sentit son agacement. Ses hoplites avaient dû lui faire un rapport mais il attendait des détails et n’appréciait pas de passer après le cheval du comte dans ses priorités.

-Veuillez m’excuser, je ne suis jamais tranquille lorsque je ne m’occupe pas personnellement d’Ecthelion.

-Vous êtes comte, il est normal que fréquemment vous soyez trop occupé pour vous occuper vous-même de votre monture. Mais peu importe. Alors Norval refuse toujours de collaborer ? Je ne suis pas surpris.

-Le seigneur Norval est têtu. Mais je lui ai donné à réfléchir pour cette nuit.

*Et même à faire des cauchemars*, ajouta-t-il en pensées.

-Il m’invite à la chasse demain. J’aurais donc la possibilité de l’entretenir encore un peu avant de discourir demain midi sur son esplanade. Je reste confiant.

-Une chasse ? Et vous avez accepté d’y participer ? Beldorn, je ne suis pas certain de pouvoir assurer votre sécurité dans ces conditions. Une chasse ! répéta-t-il comme s'il ne pouvait pas y croire. Si Norval voulait vous assassiner, il ne s’y prendrait pas autrement. En dehors de murs de la cité, il ne peut pas être tenu responsable. Un accident est très vite arrivé, dira-t-il.

-Je sais Sandar, répondit Dolan tentant de garder son calme. Mais je sais me défendre tout seul. Et si je suis tué par des armes de fabrication humaine, votre œil avisé saura s’en rendre compte, non ? Je vous donne alors carte blanche pour prendre toutes les sanctions qui vous sembleront appropriées. Sur ce, je vais dormir, je suis exténué. La journée à été longue et celle de demain s’annonce chargée également.

-Oui, vous avez une tête à faire peur, Beldorn. Vous n’avez pas beaucoup dormi pendant le voyage, ni beaucoup mangé. Reposez-vous et demain, je vous adjoindrais deux gardes supplémentaires.

Sandar fixait Dolan d’un regard étrange. Souvent, le jeune homme se demandait ce que savait le général. Il était manifestement de son côté et l’aidait et le soutenait en toutes circonstance, c’était un allié précieux. Il allait même jusqu’à être soucieux de son bien être, presque comme un père envers son fils. Mais par moments, il l’observait de cet air bizarre, comme s’il soupçonnait quelque maléfice ou supercherie.

Dolan hocha la tête avant de sortir de la tente pour gagner son propre couchage. Son ventre gargouillait mais il se retint d’aller dévaliser les réserves des hoplites. Il n’était même pas réellement fatigué mais s’il voulait être en forme le lendemain, il devait dormir. Il s’astreignit donc à s’allonger sur son matelas de campagne et ferma les yeux. Le sommeil fut long à venir mais au matin, quand il se réveilla, il se sentait mieux que jamais. La faim avait disparu.
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MessageSujet: Re: La cité de Miniriath   Jeu 18 Nov 2010 - 22:25

Quand il sortit de sa tente et aperçut le général Sandar, Dolan su que quelque chose n’allait pas. Il soupira. Il venait de passer une nuit parmi les plus reposantes depuis plusieurs semaines, il se sentait vraiment bien, il n’avait pas faim, ni mal au crâne, il se sentait libéré de tous ces maux qui se succédaient depuis quelques jours. Et voilà que ce rabat-joie de Sandar s’apprêtait à lui annoncer quelque mauvaise nouvelle. Il en était certain, il avait assez côtoyé le général pour le rendre prévisible à ses yeux. Et cela ne manqua pas.

-Beldorn ! l’interpela le gradé. Nous avons un problème.

-Vraiment ? fit Dolan en s’étirant. Vous me surprenez tous les jours, général.

Sans relever le sarcasme, Sandar poursuivit.

-Vous devez annuler la chasse prévue ce matin.

Dolan cessa brusquement de s’étirer. Pourquoi venait-on encore une fois le contrarier ? Il était comte après tout ! Pourquoi fallait-il toujours que le général vienne lui dire ce qu’il avait à faire. Il avait donné son avis, Beldorn l’avait écouté et avait pris sa décision. Cela aurait du suffire à Sandar.

-Général, répondit le comte mécontent. Nous avons déjà eu cette conversation hier, vous souvenez-vous ? J’ai besoin de mettre Norval dans de bonnes dispositions, je dois prendre ce risque. Je ne reviendrais pas sur ma décision.

-Cinq troupeaux de montons ont été attaquées cette nuit. On déplore plus de quinze bêtes dévorées, répondit Sandar avec aplomb.

Dolan se retint de rire.

-Général… Vous voulez m’empêcher de participer à cette chasse car quelques… moutons ont été mangés ? Allons, je vous ai connu plus vaillant, mon ami.

-Ne me prenez pas pour un imbécile, comte Beldorn, s’emporta Sandar. La bête qui a fait cela a déjà frappé, non loin d’Annuminas. Un ours immense, haut de plus de dix pieds. Les fermiers des environs l’on vu décimer leurs troupeaux. Il s’agit sans aucun doute possible du même monstre qui agissait dans les environs d’Annuminas il n’y a pas si longtemps. Gorlois disait qu'il agissait étrangement pour un animal.

-Je ne crois pas à cette histoire d’ours monstrueux. Il s’agit sans doute d’une bête comme une autre, peut-être un peu plus grande que la moyenne, mais pas plus dangereuse. Les paysans exagèrent toujours ce qu'ils voient. Et il n’y a même aucune preuve pour que ce soit la même bête. Les ours ne sont pas tous uniques. Même les gros.

-Il n’y a jamais eu d’ours dans cette région, Beldorn. Je vous en prie, entendez raison. Norval n’a pas jugé utile d’annuler la chasse, je trouve cela suspect.

Dolan regarda Sandar au fond des yeux. Il ne laissait paraître rien de son trouble. Bien sûr qu’il s’agissait de la même bête qu’à Annuminas. Et cela l’inquiétait énormément. Une nouvelle fois, il avait perdu le contrôle de son pouvoir. Il avait une nouvelle fois eu beaucoup de chance que seuls des moutons aient été tués. Et plus encore de ne pas avoir été abattu par un paysan téméraire. Pas étonnant qu’il se sente rassasié après ce qu’il avait apparemment ingurgité en une nuit. A croire qu’il était réellement affamé.

-Je dois le faire, Sandar, dit-il d’un ton convaincu sans quitter son interlocuteur du regard. Pendant cette chasse, j’aurais une chance unique de parler avec Norval, d’attirer sa sympathie, de lui faire comprendre la nécessité de cet impôt. Si je n’y vais pas, pour quel genre d’homme passerais-je ? Je ne suis pas devenu comte pour me cacher derrière des prétextes politiques afin d’éviter le danger, Sandar. Je n’ai pas peur de cette bête. Elle fera un excellent trophée de chasse.

Il sourit à cette dernière phrase, comme pour enlever un peu de gravité à ses propos. Sur ce, il tapa amicalement l’épaule du général et se dirigea sans plus attendre vers une table où l’attendait un frugal petit déjeuner. La voix du général le suivit dans son dos.

-Je sais que vous n'êtes pas un pleutre, Beldorn. Mais ne confondez pas courage et témérité. Mais pensez à cela : et si Norval avait dressé cette bête ? Et qu’il l’avait envoyé après vous ? J’ai pu me rendre compte qu’elle se manifestait uniquement aux endroits où vous vous trouviez.

Occupé à enfourner une tartine de pain dans sa bouche, Dolan faillit s’étouffer. Il avala péniblement et se retourna. Le général approchait dangereusement d’une piste qui pouvait le mener à la vérité s’il la creusait trop. Il ne fallait pas y donner trop d’importance : c’était le meilleur moyen pour qu’il persévère.

-Il n’est pas apparut lors de mon voyage à Fondcombe. Je dirais qu’il se manifeste uniquement aux endroits où vous VOUS trouvez, général. Mais je trouve toujours cette éventualité absurde.

-J’ai fais envoyer un message à Gorlois pour qu’il vienne traquer la bête en personne. Son aide nous sera utile. Il sera là dès demain.

-Faites ce que bon vous semble, j’ai d’autres chats à fouetter en ce moment. Comme rattacher définitivement à l’Arnor cette région renégate et éviter la sécession d’autres régions. Sur ce, ajouta le comte en attachant sa cape de couleur verte, il me faut aller chasser.

Dolan saisit son arc et s’en alla à grandes enjambées vers Ecthelion. Il avait rendez-vous avec Norval et ses chasseurs à la lisière du bois qui s’étendait au sud de la ville. Alors qu’il détachait sa monture et caressait son museau, il vit du coin de l’œil Sandar donner des ordres à un petit groupe de hoplites. Il aurait encore droit à son escorte aujourd’hui.
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Dolan
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MessageSujet: Re: La cité de Miniriath   Mer 1 Déc 2010 - 22:02

Dolan se dirigeait au trot vers le petit groupe de cavaliers l’attendant à la lisière du bois. A leurs pieds, des chiens aboyaient bruyamment. Le jeune homme soupira : il n’avais jamais aimé ces bêtes là. Les chevaux d’ailleurs renâclaient, à l’évidence dérangés par la simple présence de leurs bruyants voisins. Il jeta un coup d’œil derrière lui pour constater la présence d’une dizaine de hoplites armés pour la chasse. Sandar les menait. Le général avait tout fait pour donner l’air de chasseurs à ses guerriers mais rien à faire : ils ressemblaient toujours désespérément à des gardes du corps. Dolan espéra que Norval n’en prendrait pas ombrage.

C’est le seigneur de Miniriath en personne qui l’accueillit. Juché sur un magnifique destrier, il ne parvenait pas pour autant à avoir la moindre prestance. Son teint rougeau, avivé par le vent vif qui soufflait sans discontinuer depuis le levé du soleil le desservait beaucoup trop. Il ressemblait à un porc qui rôtissait lentement à la braise et dont la graisse exhudait de tous les pores de sa peau. Dolan fronça les sourcils en retenant un sourire. Par moments, il se demandait d’où lui venait ce genre de pensées. D’autant plus qu’il ne pouvait s’empêcher d’éprouver malgré tout un certain respect pour cet homme.

-Ah ! Comte Beldorn, j’avais peur que vous ne vous désistiez considérant les nouvelles de ce matin !

-Jamais je n’aurais manqué cette occasion, seigneur Norval. Pour rien au monde, croyez moi.

-J’imagine que vous avez entendu parler de cet ours monstrueux dont on me rebat les oreilles depuis ce matin. Me croirez vous si je vous dit que certain de mes conseillers m’ont suggéré que vous puissiez être à l’origine de ces attaques ? Que cet ours serait en quelque sorte votre animal de compagnie et que vous chercheriez à m’éliminer par ce moyen. On m’a fortement déconseillé de maintenir cette chasse, savez-vous ?

Dolan s’esclaffa de bon cœur. Un rire franc, sincère et joyeux, dénué de tout arrière pensé.

-Ha ha ! Et bien cela nous fait un point commun. On m’a également conseillé de ne pas prendre part à cette chasse. Cette bête, voyez-vous, pourrait très bien avoir été envoyé à mes trousses par vous, Norval. Enfin c’est ce qu’on m’a avancé comme hypothèse. Et j’ai répondu que je la trouvais absurde, et que je vous tenais en bien trop grande estime pour vous soupçonner d’ourdir ce genre de plan. Et vous, qu’avez-vous répondu à vos conseillers ?

Le seigneur de Miniriath sourit. Était-il sensible au compliment ?

-Plus ou moins la même chose que vous, répondit-il. Nous pouvons y aller si vous êtes prêts, comte.

Dolan hocha la tête pour confirmer et ils partirent au grand galop sous le couvert des arbres, chacun suivi par leur escorte. Le comte rattrapa rapidement les quelques mètres qui le séparait de son hôte pour chevaucher de concert.

-Que chassons-nous par ici ?

-Mes rabatteurs m’ont signalé une harde de sangliers un peu plus loin à l’ouest. C’est notre but. Mais il va sans dire que si nous tombons sur les traces de cet ours dont tout le monde est si effrayé, nous nous ferons un plaisir de la traquer et de débarrasser la contrée de ce fléau !

Cela était dit sur le ton de la plaisanterie et Dolan, en invité modèle, s’esclaffa. Mais il espérait bien ne tomber sur aucune trace de ce genre là. Il avait bien trop peur de l’endroit où elles pourraient mener.

La petite troupe partit donc au grand trot pour s’enfoncer dans les profondeurs des bois. La chasse débuta. Peu de temps après, les rabatteurs de Norval revenaient vers leur maître. Plutôt que de rabatteurs, ils ressemblaient d’ailleurs plus à des soldats, mais Dolan s’abstint de tout commentaire désobligeant pour son hôte. Ils avaient découvert des traces non loin. En un rien de temps, ils furent dessus. Dolan sauta à bas de son cheval d’un bond souple et élégant. Norval se laissa glisser de sa selle pour le rejoindre.

-Qu’en pensez-vous Beldorn ?

Dolan fit mine d’examiner les traces avec la plus grande attention.

-Et bien, on dirait que nous avons uns harde de sangliers dans le coin. Enfin une harde, c’est un bien grand mot. Mais peut-être une femelle accompagnée de ses petits. Trois tout au plus. Mais nous devons être prudents, elle tentera par tous les moyens de protéger sa progéniture…

-Vous semblez connaître parfaitement ce loisir, Beldorn. Et même y être très doué, le félicita Norval en souriant.

-Pour moi ce fut bien souvent beaucoup plus qu’un loisir, mais une simple question de vie ou de mort, Norval, répondit Dolan en souriant à son tour.

Le jeune homme ne mentait pas. Lors de ses nombreux voyages qu’il affectionnait tant, il lui était arrivé souvent de chasser pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Il préférait néanmoins toujours être prévoyant et éviter de se retrouver dans ce genre de situation. Cette expérience lui était cependant utile encore aujourd’hui. Ainsi, il se rendait bien compte que les traces des sangliers avaient une particularité qui ôtait tout doute quant à l’organisation de cette chasse. En effet, elles étaient comme apparues au beau milieu de cette clairière, sans briser aucune brindille dans les environs immédiats. On les avait, sans aucun doute possible, lâchés précisément à cet endroit. Dolan était prêt à parier que s’il avait cherché quelques traces humaines autour de ces traces avant qu’ils n’arrivent tous sur le lieu, il aurait trouvé maintes évidences pour appuyer sa thèse.
C’était là néanmoins une pratique courante chez les châtelains fortunés pour qui la chasse n’était, comme le disait lui-même Norval, qu’un « loisir ». Afin de ravir leurs invités, certains allaient même jusqu’à provoquer directement la rencontre du gibier et du chasseur. Encore une fois, Dolan s’abstint de commentaire désobligeant pour son hôte. Ses bonnes dispositions lui étaient beaucoup trop précieuses. Aussi se contenta-t-il de taper amicalement dans le dos de son nouveau meilleur ami du moment et de remonter prestement en selle.

La « traque » se poursuivit pendant une bonne partie de la mâtinée. Norval ne semblait pas pressé. Il avait l’air d’apprécier de prendre du bon temps, prendre son bol d’air quotidien. Dolan lui, ne tenait plus en selle. Il tentait vainement de discuter de manière très légère tout en attirant son interlocuteur sur le sujet glissant de l’impôt militaire, sans pour autant y parvenir. Sans cesse, Norval se défilait habilement. Soudain, le seigneur de Miniriath leva le poing et tous les bruits provenant du petit groupe d’hommes cessèrent brutalement. Les chevaux stoppèrent leur avance. Norval mit pied à terre et se dirigea à pas de loup vers un buisson épineux. Il en enleva une fine poignée de poils qu’il inspecta un instant. Puis il la tendit à Dolan avec un sourire. Le jeune homme la saisit et comprit immédiatement le sourire de Norval. Le poil rêche était encore tiède. L’animal les précédait de peu. Le seigneur de Miniriath grimpa sur son cheval silencieusement et murmura tout en encochant une flèche à son arc :

-Seulement nous deux, comte Beldorn. Nous ne voulons pas que cette bête nous échappe.
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