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 Un retour aux sources

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AragornNombre de messages : 1760
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MessageSujet: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 16 Fév 2011 - 9:29
Dans une taverne mal famée de Fornost, seul à une table, cet homme se tenait assis, devant une pinte et fumant tranquillement sa pipe. Il avait sa capuche sur la tête, et celle-ci baissée, de telle manière qu'il était impossible de voir son visage. Sur la table, il y avait une assiette avec des restes de poulets et quelques carottes dans une gamelle de fer, cabossée de toute part.
Un homme le rejoint, et s'assit en face de lui. Anarion était penché vers l'inconnu. L'ancien écuyer de l'Empereur était assez connu à Fornost, et c'était déjà un honneur pour le tavernier de l'accueillir chez lui. Il était entré vingt bonnes minutes après l'étranger, et l'avait tout de suite rejoint. Ils se firent une brève accolade, comme deux amis qui ne se sont vus depuis plusieurs années. Près de huit ans. Anarion s'était ensuite assis, et voilà que depuis trois heures, les deux compères se parlaient, Anarion haranguait le premier, ce que l'inconnu refusait.

Durant huit ans, Aragorn avait recherché Eldarion, son fils, et l'échec de ses recherches avaient décidé le vieil Empereur. Il approchait les cent vingt années, et, bien que pour son sang dunedain, c'était un âge moyennement avancée, l'ancien Empereur avait l'impression d'avoir tout donné à ce monde, et qu'il était temps, pour lui, de laisser la place en ce bas monde. Les Dunedains avaient la capacité de s'endormir à jamais, et Aragorn songeait à cela.
Mais il lui fallait, une dernière fois, voir Annuminas, Fondcombe et Minas Tirith, après quoi, il irait à Pelargir, s'embarquer vers Numenor et Rommena, d'où il rejoindrait Armenelos, et là, ayant avoué son identité, il se coucherait dans la crypte royale pour le repos éternel.

Cependant, il n'irait pas sans avoir terminé quelques "missions". Il se devait de parler une dernière fois à Gandalf le Blanc, à Sarouman et à sa fille, la princesse héritière Thais Lælias...


Dernière édition par Aragorn le Lun 21 Fév 2011 - 11:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyVen 18 Fév 2011 - 19:03
Dolan était assis à son bureau, dans la froide forteresse de Fornost. Le feu qui crépitait dans la cheminée ne semblait pas le réchauffer. Sur son visage pâle, ses yeux, soulignés par d’épais sourcils noirs, étaient les deux brasiers qui semblaient l’animer.

Il étudiait d’un œil morne sa vieille carte de voyageur, celle qui l’avait mené par monts et par vaux, jusqu’à son fief d’Arnor. C’était une carte qui avait vieilli avec lui, elle avait vécu des jours meilleurs. Les traits d’origine commençaient à s’effacer et il était en train de les repasser afin qu’ils ne disparaissent pas à jamais. Elle était pleine d’annotations personnelles, autant de traces de ses aventures passées, indiquant les meilleurs chemins à prendre, lesquels éviter à tout prix, les lieux les plus remarquables de la Terre du Milieu qu’il avait visité, ou plus prosaïquement, dans quelle taverne s’arrêter suivant la ville où l’on se trouvait. Cette carte était un trésor inestimable aux yeux de Dolan, car plus que tout autre objet, elle représentait l’ensemble de sa vie de voyageur.

Appliqué comme un élève devant sa copie, le comte d’Arnor termina la dernière ligne qu’il était en train de tracer. Relevant la tête pour mieux apprécier son travail, il déploya sa longue colonne vertébrale avec un soupir de contentement. Satisfait, il reprit sa plume et apposa sur le vieux parchemin la date du jour, avant de le rouler et le ranger soigneusement dans son étui.

Il se dirigea ensuite vers la salle d’arme, pour s’y entraîner avec le caporal Hadod. Depuis sa dernière rencontre avec Lame, plus jamais il ne s’était entraîné seul. Non par superstition, mais bien par pure et simple peur.

Le comte Beldorn aimait peu le général Hadod, même s’il savait en apprécier les grandes qualités. Il lui rappelait parfois son vieil ami Sandar, mais il n’en possédait pas la sagesse. En outre, la droiture de son esprit pouvait parfois devenir aveuglement. C’était un excellent soldat qui savait obéir aux ordres, mais il n’avait pas la carrure d’un commandant. De plus, il était aigri par les refus de ses multiples candidatures pour rentrer dans les rangs des hoplites. Il avait espéré qu’avec la mort de Sandar, une chance s’offrait à lui, mais il avait été rapidement déçu lorsque le général Egar, qui avait prit le commandement des hoplites à la suite de Sandar, lui avait opposé la même réponse que son prédécesseur.
Beldorn ne lui avait jamais dit que c’était à lui-même qu’il devait ce refus. En effet, Hadod possédait un sens du devoir et un charisme certain, ce qui était un atout indéniable pour le commandement des fantassins et des archers d’Arnor. Le comte préférant garder ses hommes aux postes où ils sont les plus à leur place en temps de guerre, il avait insisté auprès de Sandar, puis de Egar, pour qu’ils gardent le caporal en dehors du corps d’élite de l’Arnor, même s’il en possédait en réalité toutes les qualités nécessaires. Il se contente donc toujours aujourd’hui d’être un chef dur et acariâtre, mais d’une efficacité sans pareille.

Dolan trouva le caporal Hadod déjà au garde-à-vous, l’attendant devant la porte de la salle d’arme. Il le salua très protocolairement et entra dans la salle pour s’y entraîner. Malgré tout, il aimait ces séances éprouvantes pour le corps. Cela lui permettait de se vider la tête pendant quelques minutes et se laisser aller à penser que tout n’allait pas si mal.

Le comte d’Arnor passait maintenant très peu de temps à Annuminas, dans son palais. Il préférait de loin habiter dans ses petits appartements dans la forteresse de Fornost où il n’avait pas à croiser le regard de sa femme. Depuis quelques temps déjà, il ne savait plus exactement ce qu’il ressentait pour elle. Le désir était toujours présent, mais il se surprenait plus souvent qu’à l’accoutumée à faire des efforts sur lui-même pour la supporter au quotidien. Ses manières l’exaspéraient. Pourtant, il savait pertinemment qu’elle n’avait pas changé beaucoup depuis leur rencontre. Il l’aimait toujours beaucoup, c’était certain, mais n’était pas tout aussi sûr de pouvoir appeler cela de l’amour. Mais en avait-ce déjà été entre eux deux ? Dolan l’avait courtisé comme il avait courtisé nombre de jeunes filles. Et il avait fini par l’épouser car c’était la chose la plus rationnelle à faire à un moment précis de son passé. Mais aujourd’hui, elle n’était plus que la mère de son fils. Cela n’était pas rien, mais il ne parvenait plus à l’imaginer être quelque chose de plus pour lui. Et pire que tout, il ne se sentait pas le courage de le lui avouer et préférait l’éviter silencieusement.
Les quelques fois où il l’avait croisée au cours des derniers mois, lors de réunion importantes avec ses ministres à Annuminas, ils avaient mangé ensemble et le dîné avait été lugubre. Il ne trouvait plus rien à lui dire et se contentait de l’écouter déblatérer son flot de paroles inutiles et vaines, jusqu’à ce qu’elle finisse par se taire, voyant le peu d’intérêt qu’elle suscitait chez lui. Quand ils allaient se coucher, elle lui tournait le dos. Peut-être avait-elle un amant à présent. Et à vrai dire, peu lui importait.

Son fils, Talman Sandar, était le seul à savoir le faire rire, par ses innocents gestes d’enfant. Il tentait de passer du temps avec lui, mais était beaucoup trop pris par ses activités guerrières pour être aussi présent qu’il le voulait. Néanmoins, l’enfant grandissait de jour en jour et accueillait toujours son père avec un large sourire lorsque celui-ci se présentait au palais. Dans deux années seulement, comme tous les enfants d’Arnor âgés de sept étés, il commencerait à apprendre à se servir d’une arme. La menace d’une guerre permanente avait poussé le comte à prendre cette décision. Et il ne pouvait pas décemment en exonérer son propre fils.

Comme à son habitude, il mit toute son énergie dans l’entraînement et en ressortit épuisé. Après avoir fait une rapide toilette, il se dirigea vers sa chambre quand un soldat l’interpella.

-Seigneur Beldorn ! On m’a dit de vous prévenir : le corbeau a frappé.

Dolan sourit en entendant cela et hocha la tête silencieusement. Il s’agissait là d’un code établit avec l’un de ses espions qui avait pour couverture l’humble métier de tavernier dans une des pires auberges de Fornost. Il se nommait Drogan et quand quelqu’un se présentait dans son établissement et lui semblait digne de l’attention du comte, il faisait passer ce genre de message afin qu’il puisse venir le rencontrer incognito.
Le comte d’Arnor revêtit donc ses vieux habits de voyageur, teinta légèrement sa peau à l’aide d’une poudre qu’il avait ramené de Dale lors de son dernier passage, et noircit rapidement sa barbe qui commençait à blanchir sérieusement. Il ajusta sa cicatrice artificielle sur sa joue droite et s’observa quelques secondes dans un miroir. Puis il descendit en ville par une porte dérobée. Il aimait beaucoup ces excursions qui lui permettaient d’échapper pendant quelques instants aux obligations de la charge de comte. Son épée était dissimulée sous les replis de son ample cape, ne laissant deviner que sa forme, ce qui était d’ordinaire suffisant pour décourager les éventuels truands qui rôdaient dans les bas-fonds de la cité vers lesquels il se rendait.

Quand il pénétra dans la taverne, une bouffée de chaleur bienvenue l’accueillit. L’atmosphère confinée de la pièce concentrait les effluves d’alcool et de fumée pour produire une odeur unique et reconnaissable entre toute : celle du bouge mal famé. Dolan avait toujours affectionné ces endroits. Ils étaient pleins de vie. Certes on y rencontrait les pires racailles, mais c’était aussi là qu’on y entendait les meilleures histoires. Dolan était un grand amateur de contes et légendes. Il savait les raconter comme personne, mais il appréciait également les écouter. En entendrait-il une bonne ce soir ?

Le comte se dirigea vers le comptoir et héla le gérant de l’établissement pour commander une pinte. Le grand barbu filiforme la lui servit et, tout en encaissant sa monnaie, indiqua discrètement la table où s’était assis les deux rôdeurs à celui qu’il connaissait sous le nom de Valgon. Le tavernier n’avait jamais su qu’il traitait directement avec le comte d’Arnor. Il était myope comme une taupe et Dolan gardait toujours son visage dissimulé sous sa large capuche lorsqu’il venait ici. Il pensait que Valgon était un espion au service du comte Beldorn et cela lui importait peu. Tant qu’il recevait son conséquent pourboire, il ne posait pas plus de question, et restait discret quant à ces activités.

Dolan regarda du coin de l’œil les hommes que lui désignait Drogan en saisissant sa boisson. Un mot était inscrit sur un bout de papier collé à la pinte. On pouvait y lire : « Anarion ». Dolan froissa le papier et le glissa dans sa poche. Anarion était bien connu ici à Fornost et c’était l’ancien écuyer d’Aragorn Tar Elessar. Sa présence dans cette taverne était une nouvelle particulièrement étonnante à elle seule. Beldorn recevait peu de nouvelles du Gondor. Seulement celles que l’impératrice Thais voulait bien laisser filtrer, et c’était généralement assez peu. Il avait donc demandé à ses espions locaux de récolter toutes les informations qu’ils pourraient, tout en leur interdisant formellement toute action illégale envers le Gondor. Aucune personne sensée ne tenait à froisser Thais Laelias. En cela, Drogan était un excellent espion.
La présence du rôdeur, à priori originaire de l’Ithilien si l’on se fiait à ses vêtements, excitait plus encore la curiosité de Dolan. Qui mieux que les rôdeurs étaient au courant des affaires d’un empire ? Quelques verres d’alcool suffiraient peut-être à lui délier la langue.

Il se dirigea donc vers la table au fond de la taverne et tira une chaise à lui.

-Eh amis, cela vous conviendrait-il que je me joigne à vous pour un moment ? Les nouvelles du sud m’intéressent. Et mon petit doigt me dit que vous en venez. Je dois m’y rendre pour affaires dans peu de temps et j’aimerais savoir à quoi m’attendre. Voudriez-vous bien m’éclairer ?

En attendant une réponse, Dolan sortit une pipe à tuyau court et commença à la bourrer avec de l’herbe bon marché. Même s’il prenait souvent plaisir à se laisser aller à des goûts de luxe, cette herbe grisâtre à la saveur âcre pouvait parfois le contenter. Cela faisait aussi partie de son déguisement.
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyLun 21 Fév 2011 - 11:58
Hola, l'ami. Tu ne devrais pas rester avec nous! Mon ami sera dérangé par ta présence inopportune.

Anarion avait répondu avec une secheresse digne des nobles gondoriens. Il s'était levé, et se tenait de toute sa stature devant le Comte d'Arnor. L'écuyer du Gondor avait une taille impressionnante. Et durant les huit années durant lesquelles le Roi des Hommes cherchait son fils, Anarion avait été en Lorien, et avait exercé la charge de maître d'armes à l'épée.

Anarion, mon ami, as-tu oublié le sens de l'hospitalité de notre peuple? Rejoints nous, mon ami, et écoute...
Je ne peux pas te dire ce qui se passe chez les Grands de ce monde, car cela ne m'interesse guère. Mais j'ai parcouru les terres du Rhun ou de Harad, j'ai été reçu en Lorien, je suis allé en Erebor, dans les mines de la Moria. J'ai même pénétré en Mordor...
Quand à l'Empire, mon ami, je le connais mieux que quiconque.
Mais l'Ami, dis moi ton nom?


Aragorn savait que le voyageur n'était pas un simple vagabon. L'oeil acéré du Dunedain ne pouvait être trompé par un simple déguisement. Et puis, au fond de lui, il espérait que cela pourrait être un proche d'Eldarion. En huit ans, il n'avait jamais pu trouver la moindre piste le rapprochant de son fils.

HRP Désolé, vraiment aucune inspiration...

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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyLun 21 Fév 2011 - 19:51
Dolan fut surpris lorsque Anarion se dressa face à lui. L’homme était presque plus grand et large que lui-même qui était déjà une force de la nature. Il avait l’allure de quelqu’un habitué à manier les armes et très en forme physiquement. Quelques années auparavant, Dolan aurait sans doute eu peur de lui et aurait fait un pas en arrière. Aujourd’hui, il connaissait bien ses propres capacités martiales. Il savait que par les miracles de Lame, il était de taille à affronter presque n’importe quel homme. Mais il ne cherchait pas le combat. Il resta bien droit dans ses bottes, nez à nez avec Anarion, se contentant d’avoir l’air surpris.
Il allait présenter des excuses pour son intrusion quand le rôdeur intervint, l’invitant à s’asseoir avec eux. Chose étrange, Anarion obéit immédiatement à cette injonction et s’effaça pour laisser passer Dolan, quoiqu’à regret. Qui était donc ce rôdeur pour être capable de donner des ordres à Anarion de Gondor ? La conversation promettait d’être intéressante.

-Merci messire, fit-il en tirant prestement une chaise à lui. Je me nomme Valgon et je suis dans le commerce de soie… si l’on veut. A vrai dire, aujourd’hui, je passe plus de temps à défendre mes caravanes qu’à livrer mes clients. Les routes sont de moins en moins sûre et de nos jours, un commerçant se doit d’être doublé d’un guerrier s’il veut réussir. Mais vous savez cela si vous avez autant voyagé. J’avoue être impressionné par ce que vous dites. Je ne connais pas beaucoup de monde qui puisse se targuer d’avoir arpenté les Terres du Milieu, allant du Rhùn, en Lorien et en Erebor, et jusqu’au Mordor.

Il s’interrompit pour boire une longue gorgée de bière. Il s’essuya la bouche avant de poursuivre.

-Vous êtes passé en Moria récemment dîtes-vous, que pouvez-vous m’en dire ? J’ai entendu des rumeurs… Des troubles y seraient survenus. Savez-vous si les nains sont maîtres de leurs mines à ce jour ? J’hésite à y passer. Cela m’éviterais un long et périlleux détour que de passer par la cité de Khazad-dùm. Après ce qui s’est passé en Isengard… je ne sais pas à quoi m’attendre dans ce coin là. Il me faut aller à Minas Tirith, voyez-vous ?

Il se tourna vers Anarion, sachant que ce dernier était, ou tout du moins fut, un habitué de la Cité Blanche.

-L’impératrice Thais tient bien son royaume, n’est-ce pas ? On dit que depuis son ascension, les routes du Gondor sont plus sécurisées qu’auparavant, mieux gardées. Comment fait-elle cela ? Des troupes patrouillent-elles le long de la grande route ?

Le comte Beldorn savait finalement peu de choses des troupes gondoriennes. Et depuis les ravages perpétrés en Isengard, il s’en méfiait comme de la peste.

Dolan s’appuya contre le dossier de sa chaise, savourant le goût amer de la bière. Le vieux Drogan avait peut-être un établissement pouilleux, mais son ale était agréable au gosier. Il songea avec amusement que c’était la première fois qu’il jouait un double rôle. Ce soir, il jouait le rôle de Valgon le négociant en soies, afin de cacher son identité de Beldorn comte d’Arnor qui était elle-même usurpée. Pour la première fois depuis bien longtemps, il était tout à fait dans son élément.
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 9 Mar 2011 - 14:13
L'aubergiste passa près de la table, et Aragorn lui demanda trois pintes. Le vieil homme s'éloigna vers son comptoir. L'Empereur déchu se désaltéra des quelques gorgées de cervoise tiédies qui restaient dans sa chope. Anarion se rassit aux cotés de l'Empereur, et posa un oeil attentif sur le voyageur. Sa voix ne lui était pas étrangère, mais il ne pouvait encore se rappeler de l'identité de celui ci. Valgon, commerçant de soie... aucun souvenir. Non, ce devait être une couverture. Peut être était-il un espion de Denethor, car l'Intendant se méfiait de l'influence de la Compagnie Grise. Celle-ci n'avait d'allégence que pour l'Empereur, et depuis la fuite de celui-ci, elle ne recevait plus aucun ordre de la Tour Blanche.
Anarion avait été vexé de l'intervention sêche de Tar Elessar. Mais malgré son départ du trône, il restait légitime à la tête des Dunadans et la maison d'Elros, et d'Isildur et Anarion, de cette même maison, devait allégence à Aragorn. Et avouons-le, la grande amitié qui liait les deux hommes faisait qu'Aragorn aurait pu tout ordonner, et Anarion aurait obéit.
L'ex Empereur lui aussi se méfiait de ce Valgon. Mais il était décidé à le manipuler. Un marchand est un itinérant. Ainsi, en filtrant les informations qu'il lui divulguerait, Aragorn savait qu'il pourrait diffuser ce qu'il souhaitait. Par exemple, un retour du Roi...
Il se pencha alors vers le commerçant


Vous savez l'ami, Khazad-Dum ne reste pas sûr pour un homme, qu'elle soit tenu par un Nain ou par les Gobelins. Il me semble que les nains n'ont pas encore totalement repris la Moria. J'ai entendu les rumeurs qui nous viennent d'Orthanc. Serions-nous à nouveau maitre de la tour de Numenor? Cela serait une grande nouvelle. Le Magicien Blanc n'était pas un bon allié. Ainsi l'ami, vous partez pour Minas Tirith? Nous serions ravis de pouvoir vous y accompagner n'est-ce pas Anarion?

La mine de l'écuyer s'était transformée avec les dernières paroles de l'Empereur. Comment pouvait-il penser revenir à Minas Tirith après huit années d'absence. Il se tourna vers lui

Mais, comment pouvez-vous... Je veux dire... Les routes sont pleines de gardes. Vous n'y rentrerait pas sans qu'on sache que... Enfin...

Anarion n'avait aucunement adressé la parole au commerçant. Il regardait l'Empereur avec des yeux lui implorant d'abandonner, alors que celui-ci fixait le commerçant, redoutant qu'il ne se doute de l'identité du rôdeur...
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 9 Mar 2011 - 19:20
Dolan tirait sur sa pipe avec plaisir, absorbant la fumée chaude et la sentant descendre le long de sa trachée. Il se rafraîchissait régulièrement la gorge avec la bière ambrée servie par le tavernier. Mais malgré son attitude nonchalante, il était extrêmement attentif aux faits et gestes de ses interlocuteurs qui lui semblaient suspicieux. Evidemment qu’ils l’étaient ! Qui ne le serait pas si un individu encapuchonné venait s’asseoir à votre table et discuter de l’état des routes ? Mais Dolan n’en avait cure à l’instant présent. Il savait qu’il avait tort, mais il se délassait des dernières longues et dures journées de comte. Dans cette taverne, sous sa capuche, il était un inconnu. Un quidam à qui l’on s’adresse normalement, que l’on rudoie comme n’importe quel buveur, que l’on ne remarque pas.

C’était étrange en y repensant. Le roublard avait passé la plus grande partie de sa vie à vouloir se faire remarquer, admirer. Et à présent qu’il était réellement un héros, il regrettait son ancienne vie de voyageur, joueur et petit escroc. Il se rappelait le temps où il se faisait passer pour un marchand de reliques et était capable de vendre n’importe quoi à n’importe quel prix. Son esprit s’envola pendant quelques secondes avec les volutes de fumée qui s’élevaient au dessus de lui. Il saisit sa pinte et se redressa sur son siège afin de garder les pieds sur terre.

Le rôdeur lui disait les difficultés de Khazad-dùm. Mais il en était au courant, du moins dans les grandes lignes et il n’en avait pas besoin de plus. En revanche, le rôdeur ne semblait pas savoir grand-chose des derniers événements survenus en Isengard. Voilà qui était étrange car Dolan avait eu à peine à tendre l’oreille dans quelques endroits stratégiques pour en connaître le principal. Il avait vu de ses yeux les soldats angmariens rentrer dans leur pays, chargé du butin amassé lors du pillage du pays. C’était cette vue là qui avait enflammé sa défiance à l’égard de l’impératrice. Comment la descendante de Tar-Elessar pouvait-elle laisser faire cela, et même l’encourager ?

Le comte se perdait de nouveau dans ses pensées quand il entendit la proposition du rôdeur de l’accompagner à Minas Tirith. Il faillit avaler sa bière de travers et toussa. Il s’agissait là d’une manière peu élégante de cacher son trouble devant la réaction d’Anarion. Il fit même mine de ne pas avoir relevé, trop occupé à s’essuyer les lèvres du dos de la main.

-Pardonnez-moi, fit-il dans sa barbe. Je crois que je suis un peu fatigué.

Il n’avait pas rêvé. Anarion semblait supplier le rôdeur de changer d’avis. Sa première réaction avait été d’abonder dans le sens de l’écuyer. Il ne voulait en aucun cas aller à Minas Tirith. Mais peu à peu, une hypothèse naquit dans l’océan trouble de ses pensées. Anarion n’avait à répondre que devant peu de monde, et la plupart d’entre eux étaient morts… Etait-ce possible que… Non. Certainement pas.

-Comme je vous l’ai dit, reprit-il, je sais peu de choses sur ce qui s’est passé en Isengard. Simplement, j’ai entendu dire qu’une longue colonne de soldats angmariens en revenait. Et qu’ils étaient chargés de victuailles. Et depuis qu’ils sont nos alliés…

Dolan laissa sa phrase en suspend. Malgré son déguisement, il ne parvenait pas à cacher son dégoût à cette idée. Il préféra laisser ses interlocuteurs tirer les conclusions qui s’imposaient.

-Ce que vous dites ne m’enchante guère. Je crois que je vais retarder mon voyage. Quoique… si vous m’accompagnez, mes chances d’arriver entier à Minas Tirith augmentent sensiblement, je pense. Anarion de Gondor, vous n’êtes pas n’importe qui et votre nom a un poids non négligeable. Et vous-même, messire rôdeur ? Quel est votre nom ? Si une seconde légende vivante se dévoile, je ne pourrais refuser votre compagnie.

Cet homme qui ne s’était pas plus dévoilé que lui-même ne cessait de l’intriguer. Il avait toujours cette idée derrière la tête, cette petite voix qui lui murmurait un nom légendaire à l’oreille, mais il s’efforçait de l’ignorer.

*Non. C’est impossible. La coïncidence serait bien trop grossière. Les valars sont d’ordinaire plus fins que cela. Et pourtant si c’était vrai…*
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 16 Mar 2011 - 16:57
L'aubergiste avait resservi les trois hommes à la table, et c'est Anarion qui donna les quelques pièces nécessaires à la tournée commandée par l'Empereur. Ils trinquèrent, mais si l'Empereur avait légèrement tourner la tête vers son écuyer, il avait tout fait pour que Dolan ne puisse voir son visage. Le visage d'Aragorn était de tout manière recouvert d'une belle barbe bien fournie, poivre et sel. Une barbe qui le dissimulait à ceux qui ne le connaissait comme souverain, mais ses proches aurait immédiatement reconnu son regard perçant.
Anarion ne cessait d'observer l'Empereur avec des yeux implorant de renoncer à la folie dont Elessar était pris. Il sentait qu'il ne pourrait pas le dissuader, aussi avait-il décider d'accompagner Aragorn et le marchand.

L'Empereur pris une gorgée de sa belle cervoise mousseuse, et en bu quelques gorgée, laissant malencontreusement le soin à son hôte le soin d'entrevoir son visage, s'il avait été attentif. Après quoi, devant les yeux ébahit d'Anarion, il se découvrit. Sa longue chevelure légèrement grisonnante, comme sa barbe, lui tomba sur les épaules. Il tira lui aussi sur sa pipe, et sortit la vieille boite que lui avait vendu Alfirin. Il fourra à nouveau sa pipe avec de la feuille de Longoulet, et la tendit à son hôte.


C'est de la feuille de Longoulet, un vieil ami m'a dit que c'était tout bonnement la meilleure de toute la Comté. C'était un Hobbit, je ne pouvais le contredire, voyez vous...
Je m'appelle Thorongil . Je suis né il y a plusieurs années ici. J'ai fait parti de la Compagnie Grise. Je suis un ami de longue date d'Anarion


Anarion le regardait avec cet air toujours aussi appréhensif. Ceux qui connaissait bien la légende d'Aragorn aurait su que Thorongil était le nom qu'il avait pris pour servir la maison du Rohan lorsqu'il était encore à la tête de la Compagnie Grise, et pas encore l'Empereur des Hommes de l'Ouest.

Aragorn était contrarié par les nouvelles qui venaient d'Isengard. Comment sa propre fille avait-elle pu accepter une alliance avec les Angmariens, et surtout avec celui qui, parmi les Hommes, haïssait par dessus tous, Toranur, le fils de la Bouche de Sauron.


Vous me parliez de l'Imperatrice. Mais qu'en est-il du reste de la famille royale. A-t-on des nouvelles du prince Eldarion et de leurs parents, l'Imperatrice-Mère Akasha "Arwen" Idril, et l'Empereur Elessar?
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 16 Mar 2011 - 21:26
(hrp : je répond rapidement en ce moment parce que je suis super motivé pour RP, mais ça devrait se dégrader dès la fin de semaine à cause de mon déménagement, je m'excuse d'avance)


L’aubergiste semblait avoir été payé à resservir les trois hommes dès qu’ils avaient terminé leur pinte. Ce qui était en réalité exactement le cas. En effet, le comte Beldorn savait que l’alcool pouvait délier les langues plus facilement que bien des tortures. Drogan avait donc reçu l’ordre de se tenir non loin de l’endroit où s’était attablé celui qu’il connaissait sous le nom de Valgon, sans avoir pour autant l’air de les surveiller trop intensément. Dolan se faisait confiance pour tenir debout et rester lucide beaucoup plus longtemps que la plupart des gens qu’il rencontrait.

Il saisit donc sa nouvelle pinte pleine et en but une longue gorgée, sans perdre le rôdeur de vue. Ce dernier se désaltérait également et, malgré les précautions évidentes qu’il semblait prendre pour garder son visage sous l’ombre de sa capuche, Dolan pu pendant un instant distinguer ses traits. Ils lui parurent familiers même s’ils étaient recouverts d’une barbe grisonnante bien fournie. Mais à sa grande surprise, le rôdeur releva alors sa capuche et dévoila entièrement son visage. Avait-il surprit le regard de Dolan et estimait-il que ses précautions ne servaient plus à rien ?

Dolan ne pouvait s’empêcher de trouver ces traits familiers. Était-ce là une folle émanation de ses fantasmes délirants ou bien la pure et simple réalité ? Il n’aurait su le dire. Ces derniers temps, il avait appris à ne plus s’étonner de rien et à accepter l’incompréhensible plus facilement que la logique.

L’homme bourra à nouveau sa pipe et proposa son herbe au comte. De l’herbe de Longoulet. La meilleure herbe de la Comté, en effet, il pouvait en témoigner. Dolan avait fait plusieurs voyages en Comté pendant ces dernières années. Les événements tragiques qui étaient survenus à leurs portes semblaient glisser sur les pieds velus des hobbits comme l’eau sur les rochers. La plupart d’entre eux gardaient un calme souverain et continuaient à vivre leur vie pittoresque, sans se préoccuper de la menace derrière le Mur. La Comté restait un havre de paix que le comte Beldorn s’était efforcé de préserver. Les hobbits lui en étaient pour cela très reconnaissants.

Il accepta avec plaisir l’offre et saisit la boîte qu’on lui tendait. Il n’avait pas manqué de remarquer l’air de plus en plus angoissé qui s’était peint sur le visage d’Anarion lorsque Aragorn avait découvert son visage pour de bon. Cet homme était sans doute excellent dans sa partie, mais il demeurait absolument inapte au secret.

Dolan vida le contenu éteint de sa pipe dans le petit cendrier posé au centre de la table et la fourra avec la feuille de Longoulet. Puis, saisit d’une intuition, il se découvrit à son tour avant d’allumer sa pipe. Il avait prit le soin de se grimer avant de quitter la forteresse et il avait donc le teint plus foncé que naturellement. Sa barbe aussi était plus sombre, et une vilaine cicatrice barrait sa joue droite. De plus, la table où ils étaient assis était située au fond de la taverne et il tournait le dos à la salle pendant que ses interlocuteurs étaient adossés au mur. Peu de gens pouvaient donc le voir et il était peu probable qu’il attire l’attention sur lui. Il était néanmoins curieux de voir si Anarion et le rôdeur allaient le reconnaître.

Il aspira la fumée douce et la rejeta dans l’air, en élégants cercles aux contours fantomatiques. Le rôdeur lui avait donné le nom de Thorongil. Dolan rangea ce nom dans la catégorie des noms d’emprunt, aussi facilement ajustables qu’un manteau. Il pouvait sembler familier à n’importe qui.

- Vous me parliez de l'Imperatrice. Mais qu'en est-il du reste de la famille royale. A-t-on des nouvelles du prince Eldarion et de leurs parents, l'Imperatrice-Mère Akasha "Arwen" Idril, et l'Empereur Elessar?

Dolan sourit. Enfin ils y étaient.

-La famille royale ? Ma fois j’en sais peu de choses. Le prince Eldarion semble avoir disparu de la surface de la Terre, même si des échos font mention de son nom dans l’Empire de l’Est. Quant à ses parents… Cela fait très longtemps que l’impératrice-Mère n’a pas fait d’apparition publique. Je suppose que les agissements de sa fille la désolent et qu’elle préfère se retirer au plus loin de ces affaires.

Il prit le temps de produire de nouveaux ronds de fumée avant de poursuivre.

-Pour ce qui est de son père, j’ai été convaincu, comme la majorité des hommes de l’Empire, qu’il était mort. Aucune nouvelle de lui depuis tant d’années. S’il était vivant, ne serait-il pas venu au secours des hommes quand ils en avaient besoin ? Ne serait-il pas venu protéger son Empire quand il était attaqué, sur le point de céder face aux immenses hordes venues de l’ouest. Aurait-il laissé le Beleriand, terre de ses amis elfes être ravagé comme il l’a été ? Le héros que nous avons connu est mort, pour sûr. Quant à l’homme, qu’il continue à se terrer s’il est toujours vivant. Il est trop tard maintenant et nous n’avons plus besoin de lui. Nous avons sa descendance. Sa fille, bien entendu, qui malgré les nombreux reproches qu’on peut lui adresser a tout de même contribué à sauver l’Empire de l’anéantissement. L’idée de la construction de ce Mur vient d’elle, dit-on.
Et nous avons également son fils, le comte Beldorn. Ce fils qu’Aragorn n’a même pas eu le courage de reconnaître et qui pourtant est d’après moi son plus digne héritier. A voir ce qu’il a fait de l’Arnor quand il a été nommé comte, je regrette qu’il n’ai pas prit les rênes de l’Empire dans son ensemble. Il a le cœur plus pur que sa demi-sœur. Et c’est un meneur d’homme, comme le fut Tar Elessar dans le passé. Pour l’avoir vu combattre à la bataille du Lindon, je peux vous le dire. Non seulement il faisait des ravages dans les rangs orcs armé de sa grande Lame, mais il insufflait le courage dans le cœur de ses hommes, les haranguant quand ils semblaient prêts à reculer, les soutenant quand il les voyait en difficulté. Sans lui, les rangs de l’Arnor auraient été percés et l’Ennemi serait sans doute en train de festoyer ici même à notre place.


Dolan avait prononcé ces phrases avec tant de conviction qu’on ne pouvait se tromper sur son allégeance. Pour lui, c’était comme une libération de dire ces mots qu’on ne lui avait jamais dit. Ses soldats lui avaient rendu hommage à la fin du combat, les arnoriens restés en arrière l’avaient encensé également. Mais aucun mot de ses pairs, les dirigeants. Pas un mot de félicitation la part de Thais Laelias, ni des elfes, ni des nains. Une certaine aigreur s’était emparée de son cœur à cette occasion. Il avait réalisé un exploit, il le savait et il était déçu que cela soit si peu reconnu. Depuis le début, il était considéré comme un hobereau beau parleur à ne pas prendre au sérieux et il lui semblait que cela n’avait pas changé. Pourtant, il considérait avoir énormément changé. Mais ses paroles étaient toujours aussi peu considérées en dehors de l’Arnor. Il était toujours le dernier à avoir la parole et quand il élevait la voix, on lui faisait sentir qu’il se conduisait en enfant capricieux. Il était las de tout cela et avait besoin qu’on lui fasse ce compliment qu’il venait de se faire.

Dans le même temps, il ne s’était pas gêné pour déprécier l’ancien empereur dont il considérait la conduite comme lâche et peu reluisante. Si cela ne faisait pas bondir Anarion de son siège, il aurait de la chance.

Pour couronner sa tirade, il termina sa bière d’une seule longue gorgée et fit signe au tavernier de les resservir en laissant quelques pièces sur la table.
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyVen 18 Mar 2011 - 23:15
(hrp : j'apporte un peu de piment au milieu de cette discussion, ne m'en voulez pas. Mr. Green)

[Précédent topique : Forêt autour d'Annuminas et de Fornost]

[MJ]

Comme Elson l'avait supposé, ou les brigands croyaient avoir éliminé la menace qui leur était tombée dessus peu après la sortie d'Annuminas ou ils avaient pressé le pas pour échapper à des survivants ou des renforts et, en conséquence de l'une ou l'autre situation, ils avaient fait des erreurs qui rendraient le pistage plus facile. Il s'avéra rapidement que la première supposition était la bonne, Desilmur et Elson supposant à l'allure de leurs empreintes et leurs positions qu'ils étaient pleinement sereins et ne cherchaient ni à s'écarter des routes principales ni à dissimuler leurs traces. Les suivre avait alors été un jeu d'enfants pour deux Rôdeurs expérimentés qui, finalement, n'étaient plus bien loin d'eux alors que Fornost d'Arnor se dévoilait à leurs regards. Sur la route, ils n'échangèrent que peu de paroles sinon pour interpréter les traces laissées par leurs "proies". Elson n'avançait pas vite, certes, mais sa vie entière passée en tant que Rôdeur lui donnait une allure, même blessé, plus rapide que celle d'un citoyen lambda. Il s'autorisa finalement quelques paroles pleines de franchise alors qu'ils approchaient de leurs cibles.

« Je sais ce que vous vous dites, annonça-t-il subitement. Je ne suis pas assez rapide. Je n'aurais pas dû continuer après avoir subi cette blessure. Je vous ralentis... Je sais que vous le pensez. Croyez-moi, je suis bien conscient d'être un fardeau. Mais il ne s'agit pas de moi aujourd'hui... Il ne s'est jamais agi de moi depuis plusieurs dizaines d'années, seulement du peuple d'Arnor. Cela ne changera pas parce que je ne peux pas lever mon épée de mon bras le plus fort. J'userai de mon autre bras, je mordrai assez fort dans le manche de ma dague s'il le faut pour parvenir à entailler l'ennemi et rien... »

Elson cessa tout aussi soudainement de parler, son corps et son regard en alerte alors que Desilmur pouvait voir, lui aussi, dix hommes qui n'inspiraient aucune confiance marcher avec grand bruit vers les portes de Fornost. Les Rôdeurs les avaient finalement rattrapé !

« Mince... J'espérais que nous les retrouverions avant qu'ils n'arrivent en ville. Ils sont déjà trop près des portes, cela impliquerait trop d'honnêtes citoyens qui vont et viennent de Fornost. Nous n'avons pas le choix... Suivons-les jusque dans les rues. »

Un Rôdeur n'était pas aussi habile pour se camoufler en ville qu'il était en pleine nature, c'était bien connu mais c'était pour autant leur seul choix s'ils voulaient ne pas perdre les brigands de vue. Ils s'engouffrèrent donc dans Fornost, les suivant à bonne distance et se séparant même entre eux de quelques mètres pour ne pas éveiller le moindre soupçon. Si Elson trahissait sa présence, du fait de son bras blessé, Desilmur aurait toujours une chance de rester inconnu et de frapper au moment opportun. Mais une telle occasion ne se présenta pas et ils virent tous deux les hommes rentrer dans une taverne malfamée d'un quartier pauvre de Fornost.

Arrivant avec grands bruits, visiblement déterminés à fêter un évènement et se congratulant les uns et les autres "d'en avoir un gros paquet", les dix hommes pouvaient difficilement faire une entrée plus remarquée. A leur vue, parce qu'ils étaient plus ou moins connus dans le quartier, certains préférèrent sortir de la taverne tandis que Drogan, le tavernier, expédiait lui-même quelques hommes dehors pour coupler trois tables et faire de la place à ces gars qu'il ne valait mieux pas énerver. Compte tenu de l'épée qui pendait à chacune des dix ceintures et les cicatrices visibles sur leurs visages ou leur peau non protégée par des habits qu'on devinait matelassées (sûrement volées à des gens bien plus riches qu'eux), Drogan se débrouillait remarquablement bien pour ne rien perdre de son assurance tandis qu'il se pliait plus ou moins à leurs quatre volontés. On ne le connaissait pas de toute façon pour être particulièrement loquace... Des pintes furent commandées, deux par homme pour commencer avec la promesse d'en prendre d'autres et qu'ils en mettraient peut-être bien le prix si on leur servait la meilleure. Ce n'était pas tous les jours qu'on tuait deux Rôdeurs, tout de même ! Avec un tel exploit, non seulement l'homme d'Annuminas leur livrerait de l'argent pour l'éternité sans plus jamais protester mais leur réputation grandirait sans commune mesure...

A l'extérieur, Elson s'approcha de Desilmur, le visage dur et grave des temps où la plaisanterie n'avait pas sa place, où le sang coulait souvent à flots et où l'on décidait de la vie ou de la mort d'un homme. De dix hommes, pour ce cas précis...

« Nous n'avons pas le choix. Tu l'as vu comme moi, ils sont partis pour fêter ça toute la nuit. Je ne crois pas qu'on puisse attendre jusque-là... »

Comme pour venir apporté du poids à ses paroles, un porteur de caisses passa par là et, n'y voyant pas grand chose du fait du chargement qui pesait dans ses bras, heurta de plein fouet le flan droit d'Elson, lui arrachant un râle de douleur et rouvrant sa plaie. L'homme s'excusa avec empressement et détala, préférant ne pas goûter à la colère de ce qu'il avait reconnu comme étant un Rôdeur. Jetant un coup d'oeil angoissé à la blessure, Elson vit le sang teinter à nouveau le bandage et son vêtement par-dessus.

« Je serai mort d'ici demain matin..., dit-il en serrant les mâchoires et avec une grande colère dans la voix. »

Il expliqua très brièvement le plan d'action : rentrer, en tuer neuf sur les dix en empêchant qu'ils s'enfuient et interroger le survivant pour découvrir où Baldrir, neveu de celui qui avait lancé Elson dans cette quête, était retenu prisonnier. Les murs de la taverne confineraient la bataille pour qu'elle ne touche pas les citoyens de Fornost. Pour ceux qui se trouvaient déjà à l'intérieur du bâtiment, Elson ne voulut rien entendre sinon qu'ils étaient probablement mêlés dans des affaires louches également et qu'ils ne seraient pas de grosses pertes en cas de dérapage. La mort commençait assurément à prendre le dessus sur le Rôdeur qui ne réfléchissait plus comme tel, il avait soif de sang. Sans écouter de possibles objections de Desilmur, Elson se précipita vers la porte de la taverne et la fracassa. De toute façon, les brigands l'auraient reconnu à son visage et sa blessure s'il avait essayé d'y aller discrètement... Autant mettre fin à tout ceci au plus vite. Portant son épée de son bras gauche, celui encore en état, Elson se rua vers les bandits...


(hrp : ce qui vous laisse pleinement de quoi, Aragorn, Dolan et Desilmur, prendre part ou non à la boucherie. Desilmur, puisque tu attends depuis un moment, je propose que tu postes tout de suite. Fais simplement en sorte de ne pas mettre fin tout de suite au combat histoire de laisser à Aragorn et Dolan le temps de décrire leurs réactions.)
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyMer 30 Mar 2011 - 9:30
HJ: Etant donné que Desilmur ne poste pas, je vais faire un petit post

Aragorn allait répondre à Dolan lorsque les dix hommes entrèrent dans la taverne. L'Empereur de l'Ouest releva son capuchon, et observa du coin de l'oeil la probable réaction du Comte d'Arnor. Il se redressa légèrement sur sa chaise, et chuchota quelques mots vers Anarion. L'Ecuyer de Gondor se recouvrit lui aussi la tête. Les deux Rôdeurs étaient prêt à intervenir en cas de besoin. Le tavernier avait bien jeté un coup d'oeil appeuré en direction d'Anarion, lequel avait juste hoché la tête en signe de négation. Les dix arrivants avaient effrayés quelques clients de la taverne qui étaient sortis. Aragorn avait la main posé sur son épée.
Lors de son abdication, l'Empereur avait laissé Anduril comme relique. Elle était exposée dans la tour d'Echtelion, prête au sacre d'un membre de la lignée royale. Lui, il portait Aranrúth. Elle avait été forgée par un nain, un élève de Telchar. Elle fut l'épée de Thingol, et confiée aux rois de Numenor lors de leur départ pour l'ile bénie. Elle portait le nom de "Colère des Rois" en langage commun. Aragorn l'avait reçu lors de son sacre numénoréen. Peu étaient ceux qui connaissait l'existence de cet artefact en Terre du Milieu, car l'Empereur avait, lors de son exercice du pouvoir, comme arme officielle Anduril.
Aragorn se pencha alors vers Dolan, et dit en souriant


Je pense que, d'ici peu, je pourrais vous montrer si je suis une légende de ce monde...
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MessageSujet: Re: Un retour aux sources   Un retour aux sources EmptyVen 1 Avr 2011 - 17:11
(hrp : c’est court également mais donnons un peu de grain à moudre à notre ami Desilmur, puisse-t-il nous revenir rapidement Wink)

Alors que Dolan attendait impatiemment une réponse de la part d’Aragorn à sa provocation, une troupe bruyante et assez effrayante pour faire fuir la plupart des clients de la taverne. Et pourtant, il ne s’agissait pas de saints pour traîner dans ce taudis. Dolan comprit donc qu’il avait affaire à des habitués, probablement les plus violents des malfrats regroupés ici. L’attitude obséquieuse de Drogan était d’ailleurs révélatrice.

Instinctivement, le comte d’Arnor tendit l’oreille pour écouter leur conversation. Ils venaient apparemment de réussir un excellent coup et avaient tué selon leurs dires deux rôdeurs. Il grimaça. Comment cette racaille pouvait-elle se féliciter d’un tel acte alors que la guerre faisait rage à seulement quelques lieues de là ? Sa main glissa vers la garde de Dormegil. Il hésitait à intervenir. Il ne doutait pas qu’Anarion et l’homme qu’il soupçonnait être rien moins qu’Aragorn Tar-Elessar, ancien empereur d’Ouistrenesse, bouillaient eux aussi de donner une leçon à ces truands. Mais comment faire pour ne pas jeter aux orties son camouflage dans le même temps ?

Alors qu’il réfléchissait à cette question vitale, la porte de la taverne fut fracassée et un homme vêtu comme les rôdeurs y pénétra en hurlant, bientôt suivi d’un second. Les brigands attablés bondirent comme ils purent sur leurs pieds, mettant la main au fourreau. Le tavernier lui, résigné, alla se terrer derrière son bar en jetant un regard chagriné à sa salle pour l’instant encore intacte mais dont l’état ne semblait pas devoir perdurer très longtemps.

Aussitôt, Dolan vit Aragorn se lever l’épée au poing, prêt à aider les deux rôdeurs, Anarion suivant évidemment son exemple.

Je pense que d’ici peu, je pourrais vous montrer si je suis une légende de ce monde, lui dit-il en souriant.

Dolan lui sourit en retour et hocha la tête. Sans plus d’hésitation, il se leva également, sans prendre la peine de rabattre sa capuche et dégaina Dormegil, faisant face aux truands, éberlués et rageurs.
Ces derniers étaient cernés, sans aucune possibilité de fuite. Mais toujours supérieurs en nombre.
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