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 Le retour d'un mort vivant

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MessageSujet: Le retour d'un mort vivant   Le retour d'un mort vivant EmptyDim 22 Avr 2012 - 15:15
(hrp : finalement j'ai eu un peu de temps cet après-midi Wink par contre la suite ne viendra pas avant une bonne semaine!)

L’homme endormi frissonna dans son sommeil. Un rêve agité semblait occuper son esprit. Ses yeux se plissaient, ses dents se serraient par intermittence et il émettait d’intimidants grognements. L’air frais du matin soufflait sur son torse nu et il éternua violemment, achevant ainsi son réveil. Croisant les bras pour essayer de conserver un maximum de chaleur, il étreignit la grande épée qu’il tenait tout contre lui. L’homme ouvrit alors les yeux et il s’attarda à contempler la magnifique épée qu’il caressait tendrement, comme un homme étreindrait une amante.

Une lueur étrange brillait dans ses yeux fous. Il n’était vêtu que de pauvres lambeaux de vêtements, et du sang séché le couvrait de la tête aux pieds. Des blessures superficielles zébraient ses bras et ses jambes et son visage était horriblement mutilé. Une grande partie gauche avait été détruite par le feu et la cicatrisation semblait récente. On pouvait voir ses dents derrière sa joue partiellement arrachée. Avec son aspect aussi effrayant que répugnant, il ressemblait à un mendiant égaré, dont l’esprit embrumé cherchait à trouver une explication à son état actuel. Le genre d’homme à qui la vie n’avait jamais fait de cadeau. Mais alors qu’on s’attendrait à le trouver dans une ruelle sale des bas-fonds d’une grande ville, il était adossé à un arbre mort, sur une lande déserte, balayée par les vents, dans les colline du Pays de Nenuial, au nord du lac Evendim, presque à la frontière avec l’Angmar.

Dolan, s’arrachant à la fascination qu’exerçait sur lui Dormegil, contempla les environs. Les eaux grises du lac n’étaient pas si loin. Et de l’autre côté, la masse sombre de la ville d’Annuminas. Il lui fallait aller là-bas. Y retourner en réalité. Il avait encore le souvenir intact des contours du palais. Il les connaissait bien, pour l’avoir occupé pendant plus de cinq années. Son cœur se serra à ce souvenir qui lui semblait trop vague pour être vrai. Comment en était-il arrivé là. Lui, le comte Beldorn Lame-de-Vie, adulé de ses sujets, héros du Mur, à lui seul une raison de se battre pour les habitants de l’Arnor. Bien sûr… il y avait eu les terribles geôles d’Angband, puis celles non moins inhospitalières d’Angmar, et ses tortionnaires. Et parmi eux, Piotr. Ce nom revenait à sa mémoire, limpide. Un homme de la pire espèce, fou à lier et n’aimant rien plus qu’infliger d’intenses douleurs à ses victimes. Et de plus totalement voué au culte de Morgoth. C’était cette particularité qui avait probablement sauvé Dolan de la mort. C’était cela qui avait poussé l’angmarien à prendre l’initiative qui lui avait coûté la vie. Il avait sortit Dolan de sa prison, le prenant pour un serviteur de Morgoth. Puis, une fois éloigné de la forteresse, tout s’était accéléré. Dolan préférait ne pas y penser. Il sentait encore ses os craquer sous l’effet de la transformation. Puis des bribes. Le komissar à la fois effrayé et fasciné n’avait presque pas bougé quand des griffes avaient fouillé ses entrailles, quand des crocs l’avaient saisi à la gorge. C’était son sang qui maculait à présent le corps de Dolan redevenu humain.

Il éternua de nouveau et se leva. Il entendit un cours d’eau couler non loin et s’y dirigea pour se débarbouiller. La petite rivière qui courrait à flanc de colline se prêta bien à sa toilette. Mais il fut dérangé par un bruit qui mit tous ses sens en éveil. De l’autre côté, des voix s’élevaient, accompagnant le bruit des sabots. Dolan s’empressa de se cacher derrière un bosquet d’arbres buissonneux.

-Je te dis que j’ai déjà vérifié ce coin là Mark ! Plus aucune trace de ce foutu ours.

-Et comment vas-tu expliquer au Feld-General que nous avons perdu la trace d’un ours de près de dix pieds de haut ? Ne soit pas idiot, il n’a pas pu disparaître. Et ces traces sont aussi grandes d’une poêle à frire, on ne peut pas les manquer !

-Je le sais bien. Mais les traces s’arrêtent là.

Deux cavaliers vêtus aux couleurs de l’Angmar apparurent sur la rive opposée. Ils firent traverser la rivière peu profonde à leurs montures et mirent pied à terre. Ils scrutèrent le sol, marchant lentement et plissant les yeux. La main sur la garde de Dormegil, Dolan attendit, sans un bruit. L’un des angmariens s’approchait dangereusement de l’endroit où il se cachait. Il décida alors de sortir de son fourré pour affronter ses ennemis.
Le premier soldat poussa un cri quand il vit cet énergumène quasi-nu, défiguré et encore couvert de sang par endroits, tenant dans ses mains une immense épée, se dresser devant lui. Dolan ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps et passa à l’attaque. Le pauvre homme apeuré s’empêtra dans les rennes de sa monture qu’il menait par la bride et parvint de justesse à dégainer sa propre lame pour parer le premier coup de Dolan. Ce dernier regarda du coin de l’œil le second angmarien courir à la rescousse de son compagnon. Il lui fallait tuer les deux, pas question qu’il y ait une seule fuite. Il attendit donc que les deux soldats soient à sa portée pour se débarrasser du premier déjouant sa garde d’un bref coup de poignet pour permettre à Dormegil de pénétrer dans la gorge de l’homme comme un couteau l’aurait fait dans une motte de beurre. Remerciant mentalement le tristement célèbre Danseur de Mort qui lui avait jadis apprit ce coup mortel, il fit face à son second adversaire qui semblait aussi apeuré que son compagnon dont le corps s’écroulait lentement. L’angmarien esquissa un pas en arrière, tentant de rejoindre sa monture. Dolan ne lui en laissa pas le loisir et lui trancha net le bras au niveau du coude d’un puissant coup de taille. Le soldat contemplait encore son moignon, lorsque Dormegil le transperça pour se repaître de ses entrailles avant de transpercer ses poumons.
Dolan retira sèchement son épée du corps sans vie de l’angmarien. Pendant tout le combat, il n’avait montré aucune émotion. Rien qu’une froide détermination. Mais bien loin de l’exaltation qu’il avait ressentit dans ses précédents combats pour la défense du Mur, c’est un simple sentiment de satisfaction qui l’envahit. La poignée de Dormegil était chaude dans sa main et sur sa lame miroitait une belle lueur rougie par le sang. Dolan sourit brièvement. Qui était-il devenu ? Ce combat froid et méthodique ne lui ressemblait pas. Mais il était diablement efficace ! Sans plus s’interroger d’avantage, il entreprit de dépouiller les corps de tous les objets ayant une quelconque valeur, allant jusqu’à s’adjuger les vêtements du plus grand des deux angmariens pour se couvrir du froid qui devenait de plus en plus mordant. Il récupéra ainsi quelques piécettes d’argent, une dague en bon acier, une jolie bague de fiançailles et une lourde chevalière. Il prit aussi l’une des épées angmarienne. Il serait bientôt obligé de mettre Dormegil en lieu sûr. Il ne pouvait pas se déplacer impunément en sa possession, elle attirait bien trop les regards. Une banale lame de soldat ferait tout aussi bien l’affaire pour les plans qu’il avait en tête. Il emballa d’ailleurs Dormegil dans la cape de l’un des morts et alla la caler dans la selle de la monture la plus proche. Ainsi vêtu, il enfourcha la monture après l’avoir calmé par quelques caresses et mots affectueux. Il ressemblait à l’un de ces traqueurs angmariens et cela ne lui plaisait pas. Mais il n’avait pas beaucoup le choix.
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MessageSujet: Re: Le retour d'un mort vivant   Le retour d'un mort vivant EmptyMar 1 Mai 2012 - 21:42
Aux grands maux les grands moyens, affirmaient certains pour justifier les actes les plus terribles. Dolan n’avait jamais été un adepte de ce dicton mais il le trouvait fort à propos en ce moment présent. Dormegil gouttait encore du sang du fermier qui étreignait toujours farouchement dans la mort le manche de sa fourche. Son fils l’avait précédé de quelques minutes seulement dans l’au-delà.

La veille, il avait accepté à contre cœur de laisser Dolan dormir dans sa grange. Il était l’heureux propriétaire d’une petite bâtisse construite sur un seul étage et de quelques champs. Malgré la proximité de l’Angmar et du Mur, c’était une région relativement paisible et il semblait ne pas prendre de précaution particulière pour se protéger des voleurs. L’ancien comte d’Arnor en éprouva une certaine fierté. C’était en partie grâce à lui que les vols de bétail avaient diminué dans cette région. Ses lois strictes avaient conduit la majeur partie des voleurs et des assassins jusqu’au Mur. Les honnêtes gens pouvaient vaquer à leurs affaires paisiblement et produire les quantités phénoménales de nourriture dont le Mur avait besoin pour assurer la sécurité de l’Arnor et de toutes les Terres du Milieu.
Mais ce même homme aujourd’hui presque borgne, ayant besoin de vêtements neufs, avait décidé de profiter de la nuit pour s’infiltrer dans la maison et en subtiliser quelques uns qui seraient à sa taille. Le fils du fermier était un solide colosse et il était persuadé qu’il trouverait aisément son bonheur dans les effets personnels du jouvenceau. Il patienta donc jusqu’à ce que la dernière lueur de torche de à l'intérieur de la ferme se soit éteinte pour se faufiler dans l’habitation en forçant la porte donnant sur l’arrière cour. Cela faisait très longtemps qu’il n’avait plus eu à utiliser ce stratagème, mais comme il s’en doutait, le loquet de la porte était confectionné de manière grossière et il n’eut aucun mal à l’actionner. Il entra à tâtons dans ce qu’il identifia rapidement à l’odeur comme la cuisine.
Dolan ne connaissait pas l’agencement de la maison, le paysan ayant refusé de l’inviter à entrer. C’est donc au plus total des hasards qu’il se dirigea à pas de loup vers la première porte sur sa droite. Un petit couloir menait jusqu’au hall d’entrée. De chaque côté du corridor, une porte devait forcément donner sur les chambres. Misant sur sa chance, Dolan choisit celle de droite. Dans la pénombre, il distingua une forme allongée sur le lit. Ce devait être le fils à en juger par sa taille. Il semblait respirer paisiblement, probablement endormi. Dolan avisa une chaise sur laquelle le jeune homme avait négligemment jeté ses effets personnels avant de s’effondrer comme une masse dans son lit de paille. Il s’en approcha, mais à peine avait-il mis la main dessus que le garçon bondit de son lit comme une furie et le plaqua contre le mur de la chambre, faisant un boucan de tous les diables. Dolan en eut le souffle coupé et crut son heure venue quand il distingua l’éclat d’une courte lame de poignard dans la main de son assaillant. Mais le corps du gaillard se raidit soudain et, sans un bruit, s’effondra sur Dolan. L’éborgné sentit bientôt le sang couler contre lui. Il repoussa d’un geste le corps qui tomba en arrière. Le regard de Dolan coula jusqu’à sa propre main et il fut surpris d’y trouver la garde de Dormegil fermement serrée. Il n’avait même pas le souvenir de l’avoir prise avec lui lorsqu’il avait quitté la grange pour s’infiltrer dans la maison du fermier. Mais elle était pourtant là, hors du fourreau, et dégoulinante du sang d’un innocent. Dolan aurait voulu la lâcher, pour exprimer l’horreur que lui inspirait cette vision. Mais un sentiment plus fort encore l’en empêcha. La fascination. Il ressentait plus qu’une simple curiosité pour cette arme singulière.
Il aurait pu rester plusieurs heures à la contempler, mais il fut interrompu par l’intervention du fermier qui, probablement alerté par le bruit, avait fait irruption dans la pièce, fourche dans une main, une torche dans l’autre. Son regard tomba immédiatement sur le corps de son fils ensanglanté. C’est sans une hésitation qu’il se jeta sur Dolan, tentant de la transpercer de son arme de fortune. Dolan esquiva sans peine ce coup pataud et abattit Dormegil à deux mains sur le crâne du pauvre homme. Il en ressentit à la fois une satisfaction cruelle mais dans le même temps, son sentiment de répugnance se renforça. Il était presque prêt à laisser tomber sont arme quand une troisième personne pénétra dans la pièce. Il s’agissait de la fille du fermier. A peine âgée de dix ans, elle avait des cheveux bruns bouclés tout entremêlés par manque de soin. Ses yeux ne s’attardèrent pas sur les corps immobiles de son père et de son frère aîné. Ils allèrent se fixer directement dans le regard de Dolan, incompréhensifs et apeurés. Ils se regardèrent pendant quelques secondes sans qu’aucun des deux ne fasse le moindre geste, ni ne prononce le moindre mot. Puis, la fillette finit par prendre ses jambes à son coup. Dolan la laissa s’enfuir. Il n’avait pas la moindre envie de la passer elle aussi au fil de l’épée. Il s’en savait incapable. Ou plutôt espérait-il ne pas en être capable, pas encore. Il avait par le passé eu de nombreux soupçons de la nature maléfique de Dormegil et aujourd’hui, il n’avait jamais été aussi près d’en être définitivement persuadé.
Le regard de Dolan s’attarda sur les corps avachis de ses deux victimes. Les victimes de Dormegil, corrigea-t-il automatiquement. C’était l’œuvre de l’épée, pas la sienne, cela n’était pas concevable. Non qu’il ai une haute opinion de lui-même, mais malgré ses nombreux défauts, il s’était toujours considéré comme faisant partie des hommes de bien. Comment un homme de bien en serait-il venu à décimer une famille de paysans ? Il devait sans tarder se débarrasser de cette Lame, sans quoi, il ne se reconnaîtrait bientôt plus lui-même.

Dolan secoua la tête. Il devait absolument reprendre ses esprits. La fillette était partie en pleine nuit dans la campagne arnorienne. Il connaissait assez bien la région pour estimer qu’elle n’atteindrait pas un endroit habité avant le petit matin. Cela lui laissait donc un peu de répit, mais guère. En fouillant la maison, il mit la main sur des habits qu’il n’aurait jamais pensé trouver dans une ferme. Le fermier cachait-il plus de secrets qu’il n’y paraissait ? De solides habits militaires noirs étaient en effet rangés dans une armoire. C’était là à n’en pas douter l’uniforme du Mur. Mais dépouillé de sa rustique armure de cuir et agrémenté d’un chapeau orné d’une insigne que Dolan ne connaissait pas : deux sabres croisés. Une cape qui avait du être noire à l’origine mais qui tirait à présent sur un gris sale, complétait l’équipement. Par curiosité, Dolan releva le col de la tunique que portait le fils du fermier et y découvrit ce qu’il s’attendait à trouver. La marque au fer rouge des condamnés au Mur. Le fils était donc un criminel, doublé d’un déserteur. Dolan se sentit d’un coup moins coupable de sa mort sachant cela. Il rengaina fermement Dormegil. La Lame glissant sur le fourreau émit une plainte comme pour signifier son mécontentement. Dolan fit mine de ne pas en tenir compte, mais cela le renforça dans sa décision de s’en débarrasser. Oh, il n’était pas question de la jeter négligemment dans un fossé, non. S’il ne devait pas l’avoir, personne ne devait l’avoir. Il n’était pas non plus envisageable de la détruire, il n’était même pas certain que cela soit humainement possible. Il avait en plus le sentiment qu’il ne survivrait pas longtemps à la destruction de Dormegil. Non, il lui fallait la dissimuler, dans un endroit qu’il serait le seul à connaître. Un endroit sûr.

L’ensemble noir se révéla chaud et très bien adapté au voyage. Dolan hésita un instant avant de s’emparer du chapeau. C’était un risque, cet insigne pouvant aisément faire remonter la trace jusqu’à lui. Mais il avait toujours eu un faible pour les couvre-chefs extravagants. Et s’il souhaitait composer un nouveau personnage, il avait besoin d’un attirail de ce type.
Une fois convenablement vêtu, il se dirigea hâtivement vers la grange pour récupérer le reste de ses affaires et le cheval noir dont il avait délesté les angmariens. Il enfourcha sa monture et un sourire se dessina sur son visage. Ses nouveaux atours lui plaisaient beaucoup et il avait hâte de jouer ce rôle. Le cavalier noir piqua des deux et s’évanouit bientôt dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Le retour d'un mort vivant   Le retour d'un mort vivant EmptyJeu 3 Mai 2012 - 21:39
Dans la ferme qu’il avait quitté, Dolan s’était également équipé d’une pelle. Il avait décidé de se débarrasser de Dormegil au plus vite. Mais il lui fallait s’assurer que personne ne mette jamais la main dessus. Elle était bien trop dangereuse. Et elle était sienne… Mais cet endroit d’Arnor en valait bien un autre. Les collines au nord du lac Evendim étaient quasiment inhabitées. Et les voyageurs préféraient souvent passer plus au sud, vers Annuminas plutôt que de s’aventurer dans cet endroit aride, froid et triste, balayé de façon ininterrompue par un vent glacial.
Dolan fit grimper sa monture jusqu’en haut de la colline. En contrebas, les eaux grises du lac semblaient croupir au fond de la cuvette. Et derrière au loin, la masse informe de la grande cité d’Annuminas était plongée dans un nuage grisâtre à l’aspect nauséabond. Dolan se demanda comment il avait pu un jour trouver une quelconque beauté à cette ville. Bien sûr, le palais qu’il avait habité était somptueux, mais même dans son souvenir, l’air y était toujours irrespirable. Décidément, il préférait de loin les campagnes solitaires et leurs rares rencontres à l’amoncellement contre-nature d’hommes et de femmes qui se croisaient tous les jours sans jamais parvenir à vraiment se connaître.
Dolan mit pied à terre en grimaçant. Il avait peu dormi depuis son évasion et la fatigue commençait à se faire sentir. Des courbatures hérissaient son dos et ses jambes. S’étirant, il pesta intérieurement contre les méfaits de l’âge. Dans quelques jours, il aurait trente-sept ans.

-Bientôt un vieil homme, soupira-t-il en attachant sa monture à la branche d’un arbre desséché.

Il flatta l’encolure du la bête, songeant à lui donner un nom. C’était un superbe hongre à la robe noire soyeuse et parfaitement dressé. La rigueur angmarienne n’y était sans doute pas étrangère. L’impétuosité d’Ecthelion lui manquait toujours, mais il pensait à présent que ce cheval-là était plus en adéquation avec ce qu’il était devenu aujourd’hui. Un homme d’âge mûr, plus calme, plus sage, moins attiré par les chatoiements de l’or, ayant appris la dure réalité de la vie de manière très douloureuse. Regardant le hongre frotter son museau contre l’arbre sec pour en chasser les mouches, Dolan sourit.

-Melorn, murmura-t-il à l’oreille du cheval. L’amoureux des arbres.

C’est avec le sourire aux lèvres qu’il s’empara de la pelle et l’utilisa pour déloger une grosse pierre du flanc de la colline. Il avait bien étudié l’endroit avant de le choisir. Il était éloigné de tout chemin et la pente de la colline plongeait directement dans le lac, de plus en plus abruptement quand on s’éloignait du sommet. La seule manière d’accéder à cet endroit était l’ascension par le nord. Elle était plutôt aisée, mais présentait peu d’intérêt pour le quidam. La vue qu’offrait la colline était ridicule par rapport à celle que l’on pouvait obtenir en gravissant sa grande sœur qui se trouvait juste à côté. Dolan l’avait gravie et avait observé que l’endroit où il se trouvait actuellement était précisément le seul endroit des environs qui échappait au magnifique panorama offert.

Il s’y échina donc pendant près d’un quart d’heure à faire levier avec sa pelle, avant de parvenir à la faire bouger. Suant et haletant, il la poussa avec précaution sur le côté, s’assurant qu’elle ne dévale pas la pente. Puis il entreprit de creuser. Il creusa pendant plusieurs heures. La nuit tombait lorsqu’il s’estima satisfait. Un large trou d’un bon mètre de profondeur.
Jetant la pelle, Dolan se dirigea vers Melorn et saisit Dormegil qui pendait à la selle. Il l’enroula dans un grand morceau de cuir et recouvrit le tout d’un lourd tissu. Délicatement, il positionna le paquet au fond du trou. Pendant quelques secondes, il resta à genou à la contempler. Il était sur le point de renoncer à son projet. Mais les images de la petite fille s’enfuyant devant lui repassèrent dans sa tête et il se leva brusquement et saisit la pelle. Sans jeter un regard de plus à l’épée, il la recouvrit de terre. Puis il replaça la pierre par-dessus et jeta la pelle à terre.

Dolan alla chercher sa gourde dans les fontes de Melorn et but longuement. Il était épuisé mais satisfait. En revanche, il lui était impossible de passer la nuit ici. Le risque qu’il lui prenne l’envie de déterrer Dormegil était trop grand. Il ne se faisait pas confiance sur ce point là. Il remonta donc en selle et piqua des deux. Il voulait mettre le plus de distance possible entre lui et Dormegil. Quand le vent froid de la nuit fouetta son visage, il sentit qu’un poids venait d’être retiré de son cœur. Mais il le sentait toujours prêt à le reprendre à la gorge, à la poindre faille.
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