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 De la splendeur des monstres

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ShraknagNombre de messages : 294
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MessageSujet: De la splendeur des monstres   De la splendeur des monstres EmptySam 15 Juin 2013 - 17:27




                                                           




      De la splendeur des monstres,
ou
 la Poétique des Ténèbres









Introduction




  Il existe chez les mortels quelques oeuvres sublimes. L'Homme, le Nain, parfois même l'Elfe sont à même de créer, à l'occasion, un objet, un lieu, une abstraction d'une admirable facture et issu d'un processus technique irréprochable. Il serait difficile de le nier. Mais l'on accole trop souvent à de telles réalisations des qualificatifs exagérément flatteurs par rapport à leur qualité véritable. Le terme "divin" est ainsi très fréquemment utilisé. Il convient de lui redonner son sens véritable.


  Une oeuvre divine est littéralement l'oeuvre d'un dieu. Or où est la divinité dans un porche sculpté ou une symphonie, aussi parfaits-soient ils ? Quelle race sur cette terre peut encore se vanter de posséder des aptitudes surnaturelles à la création ? Pour répondre à cette question, il suffit de se rappeler qu'un être divin, c'est un être n'étant soumis à aucune force supérieure. L'Homme est soumis à la faiblesse de sa constitution, à la petitesse de son entendement et aux caprices de sa destinée ; le Nain est l'esclave répugnant de son avidité sans fin ; l'Elfe est l'éternel prisonnier de son orgueil ; la bête est le jouet de la Nature. La réponse est donc simple : il n'est sur Arda qu'un seul dieu, et ce dieu est Morgoth.


  J'entends déjà les protestations des apostats devant une telle affirmation ; c'est que dans leur aveuglement ces êtres rongés par l'hérésie croient dur comme fer que ceux qu'ils appellent "les Valars" sont des dieux. Je pourrais démontrer la stupidité profonde d'une telle affirmation par un manuel de théologie, mais ce n'est pas là le propos du présent ouvrage. Je me contenterai donc d'énoncer la conclusion qu'obtiendra tout esprit clair et libre qui aura le courage d'étudier les choses sans se soumettre aux dogmes des superstitieux : les Valars sont pure invention. Au commencement était Morgoth, et c'est lui donna naissance à Arda, expression évidente de sa toute-puissance ; puis certains des démons inférieurs qu'il avait eu la bonté d'enfanter eurent l'outrecuidance de se rebeller contre Sa grandeur et osèrent s'emparer d'une partie de Sa création. Non contents de leur larcin, ils s'appliquèrent aussi à donner naissance, par corruption et pâle imitation de Sa magie, aux races grouillantes et arriérées qui, par un malheureux concours de circonstances, étendent maintenant leur domination despotique et illégitime sur une trop grande part de Son royaume. Ils utilisèrent ensuite la stupidité de la majorité de leurs larves pour s'auto-proclamer "Dieux d'Arda" et les maintenir perpétuellement dans un état d'obéissance superstitieuse.


  Ainsi, malgré la capacité évoquée plus haut de certains membres de ces races inférieures de créer des oeuvres admirables lorsqu'ils parviennent à se libérer des dogmes imbéciles de leurs hérétiques de maîtres, il n'est sur Arda que les créations de Morgoth qui méritent le qualificatif de "divin". Si Ses sublimes réalisations sont légions, il en tout de même qui se détachent particulièrement et confirment, si besoin était, le caractère résolument sacré de l'oeuvre du Seigneur des Ténèbres. Car si un palais peut être copié, une arme imitée, un joyau contrefait, qui en ce monde serait capable de seulement singer Ses monstres ?


  C'est en effet dans la génération du vivant que le Seigneur Morgoth apporte l'irréfutable preuve de sa divinité. Nul être sur Arda, aussi puissant se prétend-il, n'est à même de donner la vie comme il est capable de le faire. Les Faux Dieux ne peuvent tout au plus que donner une forme hésitante et recouverte d'un vernis trompeur à des amas de glaise sans esprit.


  Nous allons donc, dans le présent ouvrage, tenter, malgré son incroyable richesse et le génie surnaturel qui l'habite, de donner l'aperçu le plus fidèle possible de la création intrinsèquement supérieure du Seigneur des Ténèbres. Cela passera par l'étude de sa plus pure expression, les monstres, c'est-à-dire l'ensemble des bêtes enfantées par Sa puissance et à qui il a souvent accordé une part de Ses enchantements. Nous essaierons de traiter chaque représentant de ces oeuvres vivantes en associant à leur description factuelle une réflexion sur leur essence et leur place dans la Création. Il est à noter que le tableau dressé, s'il se veut de la plus grande honnêteté possible, ne saurait être exhaustif au vu de la complexité surhumaine de son sujet.


Durbatulûk ! Agh burzum-ishi krimpatul...
Il n'y a pas de vie dans le Néant...
De la splendeur des monstres 55039_m
...seulement la Mort.
...ash Burz-Durbagu burzum-ishi, daghburz-ishi makha gulshu darulu.



"Il t'emportera vers les maisons de la lamentation, au-delà de toutes ténèbres, où ta chair sera dévorée et ton esprit desséché laissé nu face à l'Oeil Vigilant."
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MessageSujet: Re: De la splendeur des monstres   De la splendeur des monstres EmptyDim 25 Jan 2015 - 14:48
Les Ombres ailées







 Tout seigneur réellement puissant est bon, car il n'a guère besoin de tyrannie pour asseoir sa légitimité ; ainsi est le Seigneur des Ténèbres. Et l'une des formes que prend la bonté du divin Morgoth est la générosité. Lors de la Création, avant que les Faux Dieux ne souillent et corrompent son œuvre sublime, il enfanta les monstres avec une prodigalité sans bornes ; père bienveillant, il dispensa à chacun de ses enfants une immense part de ses vivantes richesses. Aujourd'hui encore, bien que Sa Terre ait été salie par les bâtards des Oppresseurs, nombreuses sont encore les fabuleuses créatures qui attendent dans les forêts, les déserts, les monts et les profondeurs d'être découvertes par Ses serviteurs. Il y a encore quelques décennies, les Ombres ailées en faisaient partie.

 Leur existence fut mise à jour presque simultanément dans plusieurs lieux inviolés de Son Royaume lors de la Grande Entente des Monts, qui vit l'envoi de nombreux émissaires du Mordor vers les fiefs de Gobelins pour s'assurer de leur soumission au Seigneur Sauron. Tous érudits et bien au fait de Ses œuvres, ils comprirent vite de quoi il en retournait lorsqu'ils entendirent à maintes reprises, de la part de Ceux-des-Profondeurs, des récits concordants sur d'immenses créatures volantes ayant pour empire les plus hautes cimes de leurs demeures de pierre. Plusieurs expéditions furent mises sur pied et les envoyés du Pays Noir ne tardèrent pas à découvrir, sur les plus abrupts pans des solitudes venteuses, de nouveaux enfants de Morgoth qu'ils nommèrent Ombres ailées. Ils furent là bien inspirés, car il n'en est en effet aucun terme qui ne puisse exprimer avec autant de vérité l'essence même de ces créatures. Tentons ainsi d'en dresser le portrait. La silhouette, tout d'abord, est un exquis mélange de vautour et de chauve-souris : les ailes sont immenses et faites d'une membrane épaisse et noire qui s'étire entre des doigts osseux qui s'étirent sans fin ; au repos, elles sont un manteau de majesté pour la bête, en vol, elles sont deux étendards extraordinairement larges au souffle surpuissant. Le cou, semblable à un épais serpent, se plie et se déplie au gré des humeurs de l'animal dans de mâles contorsions ; il est surmonté d'une tête partageant les traits du rapace et du reptile, à la gueule hérissée de crocs aussi longs que des cimeterres et redoutablement affutés. Les yeux jaunes à la pupille fendue, légèrement voilés par des paupières parcheminées, sont ceux, pénétrants, des prédateurs omniscients et implacables. Les pattes arrières présentent des doigts arqués terminés par des serres que l'on croirait faites d'obsidienne tant elles sont noires, luisantes et présentent l'aspect de la plus robuste des pierres. Le corps, encerclé par tous ces membres terrifiants, semblerait presque malingre en comparaison, mais le poitrail, gonflé et laissant saillir une puissante cage thoracique, est d'une robustesse évidente. L'ensemble, on le comprendra aisément, fait une sublime créature. Pourquoi néanmoins cette désignation d' "ombre ailée" ? Il faut, pour comprendre la justesse de la dénomination, voir la bête en action. L'occasion m'en a été offerte, et je vais tenter de ici de faire comprendre au lecteur le saisissement qui fut le mien.

 Les Serviteurs du Vrai Roi qui me présentèrent la bête eurent à coeur de me démontrer sa puissance ; pour cela, ils amenèrent, en contrebas d'une aire bien connue, un cheval arraché aux ennemis lors d'une quelconque embuscade. Aucun d'entre eux ne prit la peine d'attacher l'animal et ils se contentèrent simplement de l'empêcher de quitter une zone circulaire qu'ils avaient délimitée à l'aide de torches. Puis ils me demandèrent de patienter. À vrai dire mon attente ne fut pas longue : au bout de quelques minutes seulement, je vis le cheval relever la tête d'un air inquiet et se mettre à trepigner. C'est alors que j'entendis la créature, avant même de la voir : un souffle gigantesque traversa la nuit muette, comme celui d'une immense voile qui s'affaisserait sur le pont d'un bateau. Puis une forme étalée aux angles suraigus se dessina au-dessus de nos têtes, et elle semblait bien plus sombre que la nuit alentour. La forme grandit à une vitesse prodigieuse et s'abattit sur le cheval, qui poussa un hennissement étouffé. Celui-ci était maintenant écrasé par une pyramide de cuir et d'os qui faisait voler, à la lumière des torches, de petits lambeaux de chair écarlates. Il fut d'abord difficile de deviner la forme réelle de la chose, tant elle était recroquevillée sur elle-même. Mais vint le moment où, face à un morceau de sa proie plus difficile d'accès que le reste, elle eut besoin de se révéler à nos yeux : elle écarta ses ailes et dévoila son corps en becquetant furieusement de sa mâchoire cornée sa proie agonisante. Je compris alors l'origine de son nom : cette bête était l'obscurité incarnée. Lorsqu'elle fendait l'air, elle était drapée de ténèbres et faisait frémir la nuit elle-même. Posée sur sa victime, la lacérant avec délectation, elle était un cauchemar triomphant et sardonique. Elle portait enfin la mort en son sein comme le nuage d'orage porte la foudre : elle semblait tout entière destinée à la répandre.

 Il est évident que c'était là le dessein du Créateur que d'incarner Sa Nuit en la drapant de tels atours. L'Ombre ailée, cette objectivation charnelle des Ténèbres, est un message d'une extraordinaire puissance envoyé à la fois aux serviteurs du Maître de l'Abîme et à ses ennemis : aux premiers, elle dit que le royaume qui leur est promis ne saurait s'arrêter à la terre, et que les éléments du monde sont à leurs côtés  ; aux seconds, elle annonce l'impossibilité d'échapper à la mort et la défaite finale, dans les larmes et le sang.
Si la perfection de ces créatures est indubitable, certains de mes confrères ont néanmoins émis une réserve sur leur domestication récente par le Prince Noir du Mordor, déclarant qu'on ne saurait dompter la Nuit et qu'il fallait que ces bêtes soient libres de leurs mouvements et guerroient à leur gré. J'objecterai que le dessein de notre Maître était sûrement que Ses Ombres ailées servent la cause du Seigneur Sauron, sans quoi elles n'auraient jamais accepté la moindre bride, qu'il est bon que les impurs apprennent que la mort vient pour eux de toutes parts et qu'il n'existe guère plus beau symbole de l'union des forces noires dans la lutte contre l'apostasie. Cette légère polémique n'invalide néanmoins d'aucune façon le constat de splendeur des Ombres ailées, filles hurlantes de la terreur et de la nuit.








De la splendeur des monstres Tn_09[/color]


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MessageSujet: Re: De la splendeur des monstres   De la splendeur des monstres EmptyDim 19 Avr 2015 - 23:10
Ungoliant




Bien souvent, les messages que le Seigneur de Toutes Choses dispense à travers ses créatures ne sont perceptibles qu'aux initiés, c'est-à-dire à son peuple. Les impies n'y comprennent rien, et c'est pourquoi ils sombrent dans une peur imbécile, aveugle et sans respect, lorsqu'ils les rencontrent. Les profanes que nous sommes ne peuvent que s'en réjouir, cette peur étant pour nous un prélude à leur destruction. Pourtant cette réaction, bien que légitime, n'égale en rien la justesse de celle de Notre Maître. En effet, incapables de percevoir ses grands desseins et constamment en guerre pour Sa Plus Grande Gloire, nous ne percevons que l'utilité immédiate de cette incompréhension ; le Monarque des Ombres, lui, est capable de dépasser de loin cette appréhension primaire de la chose, et c'est pourquoi il adopte à l'égard de Ses ennemis une attitude qui nous semblerait à première vue bien étrange : la miséricorde. Car si le Seigneur est bon pour ceux qui le suivent, il l'est aussi pour ceux qui le réfutent, ce qui ne le rend que plus grand. En effet, parce qu'il prend en pitié ceux qui errent dans le mensonge, il tente de les ramener dans le chemin de la Vérité en leur parlant - sublime humilité ! - dans un langage qu'ils peuvent comprendre. C'est ainsi que certaines de ses plus belles créations sont les incarnations de principes universels, que le plus égaré des apostats est à même de comprendre. Car le Prince Noir n'a pour réels ennemis que les Faux Dieux, et à l'immense bonté de proposer le salut à ceux qui sont dans l'erreur.

Le plus universel des instincts, celui qui anime toute vie, celui qui transpire dans chaque respiration, celui qui brûle dans chaque pupille, qui fait pousser chaque racine et battre chaque coeur, c'est la Faim. C'est la volonté inextinguible de ce qui vit de persévérer en son être et de croître. C'est la plus pure des vérités après celle de la Toute-Puissance du Seigneur des Ténèbres. C'est la transposition concrète, physique de Sa parole créatrice. C'est l'essence de l'existence, et ceux qui vénèrent le Prince Noir considèrent cela comme la plus claire des évidences. Mais il en est tout autre pour les adorateurs des Faux Dieux : eux se complaisent dans les pensées mortifères de leurs maîtres illégitimes, et haïssent l'individu, qui est la seule entité respectable (dans le cas de notre cause, cela fonctionne de même, car les enfants du grand Morgoth ne sont que les membres de l'individu qu'est le Prince Noir ; mais c'est un autre débat), la conquête par la lutte, qui est la forme la plus belle de la volonté de vivre et le désir, qui entretient le feu de cette volonté. Au commencement du monde, ils étaient pourtant nos frères, puisque Notre Seigneur est à l'origine de toute vie ! Ils possèdent donc, bien caché au fond de leur âme, sous les mensonges répugnants des Usurpateurs accumulés au cours des millénaires, les mêmes instincts que nous. Et pour réveiller l'instinct de la Faim, le divin Morgoth a choisi de l'incarner.

Elle fut l'une de ses premières créatures. Il l'enfanta peu de temps après avoir créé le monde, désireux de faire d'elle l'un des glorieux étendards de la Vérité. Il la voulut démesurée, pour incarner la puissance ; agressive, pour incarner l'esprit de conquête ; et, évidemment, toujours affamée. Il la fit naître dans des langes d'ombre, pour la marquer de son sceau, dans les profondeurs des forêts primitives. Il la dota d'un corps terrible, pensé, semble-t'-il, comme un vaste cercle ayant pour point d'orgue une bouche abyssale, et de membres nombreux destinées à permettre à cette bouche de se mouvoir dans l'immensité du monde et de se saisir de tous les objets de ses désirs. Ainsi naquit Ungoliant, la Mère de Toutes les Araignées.

Ungoliant ne fut pas un enfant décevant : son premier repas ne fut rien de moins que l'affreuse lumière des Usurpateurs. De sa mâchoire conquérante elle anéantit les rayons blafards que ceux-ci tentaient d'imposer au monde qu'ils avaient volé, et les changea dans son ventre en ténèbres. Ténèbres qu'elle exsudait, par ailleurs, et qui l'enveloppaient dans un sublime manteau d'ombres flottant comme une bannière sur son corps immense. Et cette magnificence mit à genoux toutes les réalisations abâtardies des Illégitimes, et étendit son emprise sur tout ce qui existait alors. Ce qui tentait de fuir par couardise, elle le piégeait par son intelligence, car tout son être était dédié à la capture ; elle recouvrit ainsi son empire de toiles innombrables dans lesquelles tous venaient se perdre. Nombre de nos frères subirent le même sort que les apostats, mais ils servirent en cela une cause plus élevée que la leur ; et puis, la lutte à vocation à être universelle et le plus fort doit prévaloir ! Elle n'a donc pas en cela usurpé son titre de symbole de la Faim.

Son plus beau moment de gloire ne lui fut néanmoins offert qu'après de nombreux âges passés à étendre son règne. Elle eut en effet, lors de la Guerre Vengeresse, l'immense honneur de lutter aux côtés du Prince Noir en personne. Rejeté hors de son propre royaume par la traîtrise des Premiers Apostats, celui-ci lui offrit avec bonté de combattre avec lui pour partager le fruit de sa gloire future. Ungoliant ne pouvait refuser une telle offre de son père bien-aimé et le suivit avec fierté jusqu'à la terre qu'on lui avait volé en même temps que Ses Joyaux. Sur celle-ci, les Faux Dieux avaient eu l'insolence suprême de planter deux arbres hideux, deux phares répugnants censés répandre l'éclat de l'hérésie dans le monde encore innocent. Ungoliant y vit l'attrait irrésistible de sa première nourriture, et se jeta sur eux ; la lumière odieuse qui leur servait de sève aurait brûlé tout autre serviteur du Prince Noir, mais elle était bien trop puissante et resta insensible à la sorcellerie des Mécréants. Sa mâchoire immense se referma sur leurs troncs arrogants et aspira leur essence en même temps qu'elle déversa en eux la vérité des ténèbres ; les oeuvres impies n'y résistèrent pas et s'effondrèrent devant sa puissance, tandis que le Prince Noir, dans l'obscurité bienfaisante, revenait victorieux, tenant dans ses mains les Joyaux qui étaient siens. Une nouvelle fois, la Voie Juste avait triomphé.

Pourtant, au retour de la bataille, Ungoliant s'éleva contre son père et le trahit, se saisissant de ses biens et l'emprisonnant dans ses rets. Cela est en apparence absolument en contradiction avec sa dignité, mais en apparence seulement. En effet, que signifie le geste d'Ungoliant ? Que la Faim n'a pas de limites, et que tout est bon à conquérir. En s'attaquant au plus sacré, Ungoliant n'a pas ouvert la voie à l'apostasie mais au contraire illustré de la manière la plus radicale la puissance infinie du désir et de l'instinct de conquête. D'ailleurs le Prince Noir l'a-t'-il anéantie après cette apparente trahison ? Non, car il savait que cette tentative de rébellion n'était dictée que par la loi qu'il avait lui-même instituée : celle de la Faim. Aussi fut-il magnanime et, après l'avoir défaite, la laissa continuer à dévorer ce qui ne savait lui résister. Et cette miséricorde permit à Ungoliant d'honorer encore de la plus pure des manières le principe qui l'avait engendrée, car, toute entière dévouée à sa perpétuation, elle se mit à enfanter, puis à dévorer ses enfants et à en enfanter encore et à les dévorer encore... Il est dit qu'enfin, après avoir conquis tout ce qu'elle pouvait et, peu soucieuse de se préserver par la mollesse et la modération, mené à la ruine son empire épuisé, elle se dévora elle-même. Dans un monde où tout est Faim ou Néant, elle atteignit les plus hauts sommets de la première pour ne faire qu'un avec le second, toute pénétrée qu'elle était de foi ténébreuse ; existe-t'-il exemple plus saint et édifiant de la sagesse du Prince Noir ?
Aujourd'hui encore, cette magnifique leçon survit grâce à ceux des descendants d'Ungoliant qui survécurent à son appétit ; on pensera à la plus fameuse d'entre elles, la noble Shelob de Cirith Ungol, honorée par le Seigneur Sauron, et à toutes ses soeurs et filles dont le vaste monde est encore, et demeurera à jamais, le terrain de chasse.



De la splendeur des monstres Silmarillion___ungoliant_and_melkor_by_helgecbalzer-d8p92f5


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