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 L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]

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Le danseur de motsNombre de messages : 409
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MessageSujet: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 28 Sep 2013 - 16:42

Avertissement:
 


Les forêts  sont uniques. Il faudrait être stupide ou aveugle pour en douter. A moins de ne pas y être sensible, elles sont une. Pour le danseur de mots, Fangorn est inimitable. Il y a vécu, de longues années, entouré par les Ents qui avaient fini par l’adopter, pour la beauté de ses rimes et leur sobriété. Ils avaient appris à aimer ce style ramassé, poésie de l’instant, comme un souffle dans les feuilles. Et puis, chacun en est revenu à ses préoccupations. Lui a quitté Charnu-Yeuse, le maître des arbres dans la partie sud de la forêt. Et Charnu a couru après sa chimère.
Quand au détour d’une soirée théâtrale Egard apprit qu’un Ent avait envoyé un messager quérir son aide, il ne put refuser. Retourner dans Fangorn était une épreuve. Chaque carré de mousse portait encore les traces de Louve, la seule femme qui ait jamais vraiment pénétré son cœur. Mais on ne refuse pas l’aide que vous mendie un ami.
Leur discussion prit trois jours et deux nuits, ce qui restait en soi une performance - demeurer éveillé – peu commune. Au terme de ces soixante heures, Egard Cairn avait promis de tout faire pour retrouver Cano-, la femme de Charnu-. A son propos, l’ent avait dit « Elle est facile à reconnaître, un hêtre pleureur aux trois troncs ». Egard avait beau avoir vécu auprès d’eux tout ce temps, il ne voyait pas bien comment distinguer un ent d’un autre sans avoir à engager la conversation. Et puis… il savait que trouver un ent ne peut se faire que si l’individu se laisse découvrir. Aucune chance s’il décidait de rester caché parmi les autres. Ainsi, trouver un Ent en fuite, femelle, farouche aux dires de son mari, dans une forêt connue pour son grand âge, synonyme d’impénétrable il fallait en être conscient… Une mission impossible, assurément.
Cela tombait bien, Egard en avait assez de la civilisation. Il lui fallait un défi, une raison de continuer la route à sa manière. Une fois déjà il était sorti de Fangorn avec en tête de retrouver l’être perdu. On ne peut échouer à chaque tentative… Afin de ne pas froisser l’Ent, il utilisa la formule entique ancienne ; « la terre donnera aux racines la vie dont elles ont besoin ». Une façon élégante de promettre tout son possible, sauf d’attenter à sa vie. Car une terre morte assassine ses habitants.

La sève monte
Toujours
mieux les jours
de fonte.


Ainsi s’était-il retrouvé à arpenter la vieille forêt d’Arnor. Echapper aux animaux sauvages qui en étaient les maîtres ne posait pas de problème différent de Fangorn. Il savait faire, sans fanfaronner. Le soir de son deuxième jour dans les lieux, il fut interpelé par une odeur de tabac particulière, un goût satiné, fort en musc. Intrigué, il en pista l’origine…


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 28 Sep 2013 - 18:18
Personne ne pouvait passer inaperçu aux yeux de Bombadil dans sa Vieille Forêt, bien que rares étaient les personnes qui attiraient son attention. Tom laissait les hobbits qui s'aventuraient courageusement dans cette grande forêt lors des cueillettes et il laissait les hommes de Bree se perdre et comprendre que cette forêt n'était pas à pénétrer, avant de leur montrer le chemin du retour. Tom n'intervenait que lorsque certains se dirigeaient vers les hauts de Galgals, prévenant les personnes que rien de ce qu'ils cherchaient ne s'y trouvait.

Mais ce jour-là, l'homme qui était entré dans la Vieille Forêt ne venait pas de Bree, il venait de plus loin, de par-delà les Monts Brumeux sans doute, à en suivre son apparence. Celui-là cherchait définitivement quelque chose dans la forêt, et il s'agissait d'une chose bien plus affective que des champignons. Par ailleurs, si l'homme était étranger, il ne l'était pas tant vis à vis de la Vieille Forêt car il savait s'y aventurer et se comporter avec les animaux sauvages qui le guettaient de derrière les buissons et arbres.

Tom Bombadil n'eut pas à faire beaucoup de pas puisque, perché sur un vieux chêne dont les branches étaient bien habituées à la présence du vieux Tom au point à prendre la forme d'un siège et fumant sa pipe dont les herbes provenaient du quartier sud, il vit la silhouette de l'homme s'approcher jusqu'à en arriver au pied de l'arbre.

L'étranger avait flairé l'odeur de la fumée qui se dégageait de la grosse pipe du vieux Tom, ce dernier enleva l'objet de sa bouche et, laissant s'échapper un petit nuage épais de fumée blanche, il annonça :


Est-ce l'herbe du quartier sud qu'un étranger venant de loin vient rechercher dans la Vieille Forêt ?

L'étrange petit homme se leva sur sa branche et continua :

Mais Tom Bombadil ne le pense pas, car on ne trouve pas le vieux Tom en cherchant de l'herbe à pipe.

Il descendit ensuite de l'arbre et se déplaça vers l'étranger, puis il lui dit encore d'un ton jovial :

Tom est enchanté de votre présence et vous souhaite la bienvenue dans la Vieille Forêt !


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyVen 4 Oct 2013 - 23:00
A tout le moins, la fumée venait du feu, et le feu de la main d’une créature intelligente. Egard s’en était douté dès les premières fragrances. Et ce n’était de l’ent. Quant à savoir la composition exacte des herbes brûlant au cœur de cette cheminée pour bouche…

Brûme d’été
au matin.
La têtée
des gredins.



Cette fois, il n’était pas chez lui. Le danseur de mots se devait d’exercer une politesse minimum. Mais tout de même. Quel accoutrement, digne d’une cérémonie de mariage ou peut-être un adieu. Mais du bleu intense, en pleine forêt... Un tapis de myosotis. Ou mieux encore, des blue bells, par centaines. Les cloches sonnaient la venue d’un ange chaotique, sautillant comme un hobbit enivré par l’abus de champignons. Et ces chaussures… sous la terre humide, un jaune dissimulé achevait d’égayer l’accoutrement. Pour un peu, le danseur de mots aurait pensé à un costume de scène. Mais quelque chose l’étonnait ; les vêtements étaient sur mesure, parfaitement, il ne pouvait s’agir que de frusques quotidiennes.
A y regarder de plus près, L’être qui se faisait appeler Tom avait tout d’un lutin indéfinissable. Derrière sa barbe, on ne distinguait pas les traits d’un homme, ni ceux d’un hobbit. Encore moins un cavalier du Rohan. Avait-il trop dépensé sa jeunesse par monts et par vaux ? Dans quelle mesure les saisons avaient-elles buriné ce corps au point de le rendre inclassable parmi le bestiaire des vivants ? On avait appris au danseur de mots à ne pas juger de prime abord les gens. « Donne à l’autre le temps de te surprendre ».
Entre le devoir de tendre la main naïvement et l’instinct de méfiance du fils du tueur de Worgs, Egard ne choisit pas, préférant une troisième voix, la courtoisie distante. Feignant la fatigue, il prit sa gourde, la porta à sa bouche, but ce qu'il fallait pour donner bonne impression et en la refermant, il osa :

- Un bien subtil mélange que celui grillant dans votre pipe…

Les yeux d’en face pétillaient comme deux feux d’artifice, l’insouciance de la folie, à moins qu’il ne soit préférable d’y voir la paresse de la sagesse. A ce stade, le danseur de mots se demanda si l'idée n’était pas à tiroir…. Sagesse de la paresse… Les vapeurs sans doute… et si les arbres avaient, ici aussi, un effet inconnu sur sa créativité ?

-… Mes amis m’appellent Egard.
Spoiler:
 

Il ne fallait pas tendre la main, dans bien des contrées, ce geste était mal perçu. Il avait énoncé plus de dix mots, c’était au moins cinq de trop selon les codes de Fangorn. En tout cas pour une première fois…


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 12 Oct 2013 - 19:58
Un bien subtil mélange que celui grillant dans votre pipe…

L'étranger continua en se présentant :

-… Mes amis m’appellent Egard.

Tom Bombadil rétorqua de suite :

Rien de bien subtil, l'herbe de la Comté n'est que simplicité parmi tant d'autres choses en ces terres mais il est bon de vivre innocemment des simples choses de la Vie, cependant un homme venant de bien plus loin que Bree vit sans doute à un rythme bien différent de celui-là.

Rangeant sa pipe, car plus rien ne fumait à l'intérieur, Tom Bombadil se retourna et commença à sautiller vers un arbrisseau desséché et se mit à chanter gaiement :

Vents et marées dépassés,
Par les neiges et les pluies traversés,
Holà voici que la vie est la même !
Cœur pur et innocence d'un enfant :
Et le bonheur est de mise,
Riez à votre guise !


Ainsi vit-on dans la Vieille Forêt,
Baie d'Or et son fidèle Tom Bombadil,
Vivent, et ceux depuis de bonnes années,
Entourés de leurs animaux,
Venez, riez derry dol !

Lorsque Tom se retourna, son visage avait changé. A présent, derrière sa barbe, on pouvait distinguer un sourire qui se tirait jusqu'aux yeux. Cette apparence et sa manière, telle enfantine ou tirée d'un conte, révélaient le débordement de joie du vieux Tom car il devait être le plus heureux du monde, au plus loin des soucis de tous et vivant pour autant dans la grande simplicité entre ces arbres alors qu'au final là s'y trouvait sans doute toute la grandeur de la vérité. Tom regarda Egard et éclata d'un rire rauque puis il dis :

Venez, ami Egard, venez à la maison et vous raconterez ce qui ramène un aventurier en cette forêt


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 19 Oct 2013 - 10:21
Comprendre egard 2.0:
 

Croiser un individu qui chante spontanément n’est pas si courant. Et après tout, cet être-là le faisait avec un certain talent. Il aurait pu se trouver, en d’autres circonstances, que le danseur de mots se lance en une improvisation à deux. Mais où était le public ? Et, à vrai dire, il était fatigué. En outre, les intentions, louables à première vue, de sieur Bombadil, restaient à confirmer. Garder une distance raisonnable demeurait la meilleure option.
Egard y voyait un signe de l’impérieuse mission qui était la sienne. On ne part pas à la recherche d’un être cher comme on va aux champignons. Et il ne s’agissait pas non plus, encore moins se dit-il pour forcer le trait, de courir la gueuse. Cano-Yeuse, qu’il n’avait rencontré qu’au travers des dires de l’ent, était un être solide, épais, oserait-on dire rigide ?
Il est étrange de constater que les distances se créent d’elles-mêmes. Et si Tom avait été distant, Egard se serait-il assoupli naturellement ? Comme deux danseurs qui ne se connaissent pas assez pour fusionner leurs ventres, il maintint la distance qu’appelle la pudeur.


Explorez,
emmitouflés.
Sur le seuil,
l’écureuil.


Il suivit le bonhomme. Car après tout, il était joyeux et rien ne justifiait les instincts craintifs d’Egard. Dans la vraie vie, le barde était un animal farouche. Et rien dans les années qui venaient de s’écouler n’avait permis autre chose. Les êtres verts se perdaient dans ses fausses pistes, ils voyaient en lui un garçon direct, maladroit, sans doute. Et ils avaient des arguments. Lui s’en tenait à la prudence. On n’apprivoise pas le danseur de mots quand on veut atteindre Egard. C’était là son privilège, un agent double. Egard l’homme portait souvent le costume du bouffon. Et s’il s’y perdait parfois, laissant au passage des morceaux de son âme sur le bord du chemin, il parvenait mieux à se préserver. Etait-il pourtant question de cela ? Dans quelle mesure devait-il parler de Cano- ? Il était trop tôt, c’était impossible.
Alors que tom ouvrait le chemin, ponctuant la route de quelques marmonnements mélodieux, Egard se félicitait d’avoir croisé un être humain car son ventre avait soif d’un plat chaud. Les questions existentielles sont vite reléguées à l’arrière-plan quand les crocs poussent à votre estomac.

- Je ne dirais pas non à quelque ragoût, l’ami…

C’était plutôt audacieux. Réclamer avant que l’on vous offre. Ce n’était pas Egard, juste un homme finalement rattrapé par les nécessités naturelles.

-…manger chaud est toujours préférable…

Dans tous les cas, c’était dit, point de place pour le regret…


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyDim 20 Oct 2013 - 20:36
L'aventurier semblait affamé car tout en suivant le vieux Tom il demanda à être nourri. Bombadil sourit, sans se retourner ni s'arrêta et levant sa tête, il répondit :

Appréciez l’hospitalité de Tom Bombadil !

Tom emprunta le chemin par le bas de la colline, là où coulait le ruisseau qui abreuvait notamment le Vieil homme Saule. D'ailleurs, en parlant de ce vieil ami de Tom, il était là, grand, feuillu et son écorce épaisse, révélant son vieil âge. Ses imposantes racines ressortaient du sol et Tom les engendra. L'on pouvait entendre un grincement, tout comme si le bois mouvait. Tom s'arrêta et, se retournant vers Egard, il dit :

Voici un vieil arbre tel que nous n'en trouvons plus aujourd'hui, les arbres vivent, Monsieur Egard, et certains se perdent, le croyez-vous ?

Tom avait une voix bien plus sérieuse même s'il souriait tout autant, puis sautillant entre les épaisses racines du grand arbre, il se mit à chanter :

Hola Ho joli arbrisseau !
Quittant la forêt et sa terre,
En quête de paix éternelle.
Arrivé dans la Vieille Forêt,
Ce qu'il fallait tu l'as trouvé.
Aujourd'hui le jour se lève,
Épais sont tes branches et ton tronc,
Ô majestueux Vieil Homme Saule !


Une fois terminé, Tom se retourna vers Egard et se fit une réflexion à lui-même :

A quoi bon chanter puisque l'ami venant de loin a faim.

Tom s'éloigna du vieil homme saule et se dirigea vers le chemin relativement raide qui menait, après quelques centaines de mètres, au plateau où se tenait la demeure de Tom Bombadil et de Baie d'Or. Bien que l'endroit laissait une allure totalement sauvage, l'on pouvait distinguer que le chemin était relativement souvent emprunté, car l'herbe ne repoussait plus à certains endroits, laissant demeurer la terre nue. Tout en se dirigeant vers sa maison, Tom ajouta sans se retourner :

Sans doute qu'un tel aventurier a sa propre réserve de nourriture en s'aventurant dans une telle forêt, mais c'est un bon repas chaud qu'il lui faut, et Baie d'Or se donnera à cœur joie de préparer un tel repas à un voyageur venu de loin !


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMar 29 Oct 2013 - 8:32
Egard était frappé par la finesse d’analyse de cet homme sans âge. Car des vivres, essentiellement constituées de produits séchés il est vrai, il en possédait. Et prélever à la forêt une partie de sa production naturelle, il savait faire. S’il l’avait voulu, une auberge aurait pu voir le jour à Fangorn. Mais qui l’aurait visitée ? Cuisiner les meilleures soupes de racines au monde est une chose, si’ l’on a que les fouines et ragondins pour y goûter…

- Je me félicite d’avoir croisé votre chemin. Les forêts sont pleines de surprises heureuses pour qui sait les apprécier.

L’art du double langage est une des bases de la poésie. Egard venait une fois de plus de livrer deux messages. Voire plus. Et il était sûr de lui quant à la capacité de Tom Bombadil à les percevoir. On sait très vite, quand on rencontre autrui, à qui l’on a affaire, surtout si la personne s’avance sur votre terrain. Tom connaissait la forêt, il connaissait les mots. Savait danser avec eux comme il savait lui-même danser. Tout en goûtant à la soupe qu’on lui tendait, il réfléchissait.

Absence
d’autrui
indécence

Décidément, il n’aimait pas les rimes en « ui ». Lui qui inventait si vite des paroles en cas d’improvisation théatrale avait quelques résistances et le « ui » en faisait partie. Comme souvent, il perdit son idée première, ne voyant plus que cela à résoudre, comme une urgence impérieuse. Le buis était insensé pour décrire la situation. Egard cherchait à exprimer le désespoir de l’homme seul, sans personne pour donner sens à son cœur. Il pensait à la personne qu’il était venu débusquer.

Absence
d’autrui
indécence
de l’ent qui fuit

C’était ça mais ça n’allait pas. Trop long, trop explicite.

de celle qui fuit…
du temps qui fuit…

Non, non, non, se dit-il tout en avalant une cuillère de plus.

Absence
d’autrui
indécence
Entre elle et lui…

Non, décidément, il fallait partir dans une autre direction…. Enfouis

Absence
d’autrui,
indécence,
désirs enfouis.


Cela convenait mais point de postérité pour ces vers-là.
Egard n’avait jamais cherché à imaginer l’acte chez les Ents. S’il avait accepté de partir à la recherche de Cano, c’était sans doute parce qu’il n’avait jamais pu le faire pour lui-même. Louve était partie,  il n’avait pas su la retenir, et d’ailleurs, personne n’aurait pu. Il savait devoir la laisser vivre, et depuis chaque seconde sans elle était une torture. S’il pouvait faire pour autrui ce qu’il n’avait pas su faire dans sa vie. Le défi était de taille, à la mesure du barde.

- Cette soupe est un vrai régal…

Il aurait pu ajouter qu’il s’y connaissait mais auraient-ils mesuré la réalité de ses propos ?

- Avez-vous des conversations régulières avec vos voisins de la forêt monsieur Bombadil ?


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyVen 8 Nov 2013 - 19:11
Ils arrivèrent à la maison de Bombadil tous deux, Baie d'Or n'était pas là, sans doute était-elle quelque part aux alentours de la clairière. Néanmoins elle avait pris le soin de préparer la soupe que Tom servit au voyageur qui semblait content de la rencontre du vieux Tom mais également content du potage de la Vieille Forêt.
Tandis que l'homme mangeait, Tom s'était servit un peu, mais il n'avait pas très faim et se contentait de quelques bouchées tout en regardant Egard manger. Le voyageur semblait beaucoup réfléchir, des pensées se reflétaient à travers son visage, des idées poétiques.
Une fois qu'il eut fini de manger, Egard remercia Tom pour la soupe, ce à quoi Bombadil inclina légèrement la tête même si la soupe avait été le fruit de son épouse puis l'homme demanda :



Avez-vous des conversations régulières avec vos voisins de la forêt monsieur Bombadil ?

Tom sourit derrière son épaisse barbe et faisant signe à Egard de laisser les couverts sur la table, il fit signe de sortir à l'extérieur.
La sortie donnait sur la grande pelouse de la plus grande clairière de la Grande Forêt, à quelques centaines de mètres se trouvait la descente de la colline vers le Vieil Homme Saule et le ruisseau tandis qu'aux alentours s'élevaient les grands et vieux arbres presque noirs. Le Soleil, comme à ses habitudes, éclairait la clairière et la maison de Bombadil.
Bombadil fit quelques pas en direction de la forêt jusqu'à ce qu'un lapin ne survienne d'un buisson et ne s'arrête devant les deux personnages tout en broutant un peu d'herbe fraîche de la clairière. Tom regardait attentivement avec grand sourire le lapin et répondit enfin à Egard :


Non pas des conversations régulières, ce sont des dialogues sans fin que l'on mène avec les amis de la Vieille Forêt !

Puis il partit en sautillant en direction de l'animal tandis que celui-ci leva la tête tout en avalant la bouffée d'herbe qu'il avait dans la bouche si bien que ses joues étaient largement grossies. Arrivé au niveau du lapin, Tom se retourna et demanda à Egard :

Mais ce n'est pas de ce genre de voisins dont vous parlez n'est-ce pas ?

Puis il s'exclama :


Les arbres ! Les arbres, ce sont des arbres qui parlent dont le voyageur parle !

Passant à côté du lapin qui n'avait toujours pas changé de place, Tom vint s'approcher d'un hêtre d'une dizaine de mètres dont le feuillage ne commençait qu'à plus de deux mètres si bien que le tronc épais était ce qui se voyait en premier. Puis touchant le bois de l'arbre, Tom repris sa voix calme en disant :


Les arbres de la Vieille Forêt sont vieux et ils se sont assoupis, seul mon ami le Vieil Homme Saule que vous avez eu l'occasion de voir précédemment est encore social, mais il est grincheux et il n'écoute que Tom pour ainsi dire.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMar 12 Nov 2013 - 18:58

- Je parle des Ents, oui… laissez-moi vous raconter l’histoire démesurée des Ents de fangorn. Des arbres millénaires, leurs racines chatouillent le cœur de la terre. Des nœuds énormes et des crevasses dans leur écorce. Certains mettent trois jours à soulever un pied tant leur poids est une infirmité. Vous les avez vus, comme moi, je le sens dans vos intonations. Ou peut-être est-ce juste leurs cousins, leur famille éloignée, leurs frères de sève. Ces êtres ont un terrible secret ; leur cœur, à se demander  où il se loge d’ailleurs, est desséché par l’absence de ce qui fait de nous des Hommes. Ils sont perdu la raison d’être de toute constellation, la lumière sans la nuit, la joie sans la douleur…

Il respira un peu mais les vannes, désormais, étaient ouvertes.

- Tom Bombadil, vous avez déjà, je le sens, parcouru la vie en quête de l’impossible. Seriez-vous prêt à tout quitter pour trouver ce que nul n’a déniché depuis des lustres ? Mon ami, Charnu-Yeuse, n’a plus vu les branches de sa déesse depuis des dizaines de lunes. Je crois même qu’il n’a pas osé avouer qu’il faut compter en centaines. Comment expliquer une telle évasion ? C’est proprement impensable. J’ai perdu mon amour, un jour de grand soleil. Je peux imaginer ce qu’il ressent… Mais tous… tous vivent ce que Charnu éprouve. Une nation entière décapitée, pire encore, condamnée à l’extinction. Quelle misère, quelle étrangeté pour eux qui sont les plus paisibles des habitants de cette terre. Leurs racines l’aèrent, elles modèlent le sol et le sous-sol, ils sont le trait d’union.

Les mots s’enchainaient sans relâche,  le danseur de mots prenait juste une louche de soupe par moments, une ponctuation.

- Je n’ai aucune chance de retrouver Cano-Yeuse et pourtant me voilà, aussi inexplicable que leur disparition. Je suis l’ami qui ne renonce pas, je suis celui qui croit en la force de la foi…

Errance
de l’esprit.
L’arrogance
pour prix.


La chose tenait si l’on prenait garde aux cadences. Mais il n’y prêta pas attention. Son souci était la vérité du ton.

- Tom, auriez-vous quelque idée m’aidant à la trouver ?

Parfois, il faut s'engager. C'était audacieux mais parfois on a raison de le faire. sans trop savoir pourquoi... est-ce juste le fatum ?



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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyVen 15 Nov 2013 - 16:15
Avec PNJ Baie d'Or

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Egard se déchaîna et dévoila à Tom toutes ses intentions qui l'avaient mené dans la Vieille Forêt. Un homme sans espoir en quête d'une ent-femme, il y avait une chanson à faire dessus, absolument ! 

Un vagabond derry dol !
Ho de son esprit errant,
Allant vers l'impossible,
Cherchant un arbre qui parle ;
Quels courage et patience,
Supérieurs à ceux d'un ent ;
Et quelle coïncidence,
Ses pas le mènent ici,
Loin de tout, proche des arbres ;
Auprès de Tom Bombadil,
Des arbres et des animaux,
Avec l'arrogance pour prix.


Il manquait une pointe d'humour à la fin de la chanson, était-ce pour refléter la tristesse du vagabond ? Tom adressa un grand sourire au voyageur et lui répondit :

J'ai déjà été en quête de l'impossible, à plusieurs reprises, et je l'ai obtenu.

De la forêt, sortit une lumière, ou si ce n'en était pas une, alors quelque chose qui était bien plus clair que les arbres sombres. C'était Baie d'Or, l'épouse de Tom, dont certains anciennes histoires oubliées racontaient comment Tom avait du combattre pour arriver à l'épouser. Ses cheveux blonds resplendissaient l'éclat du soleil et sa fine robe d'un gris clair lui retombait jusqu'à terre telle de l'eau ruisselante. Elle adressa un sourire à Bombadil et à son invité et fit un léger signe distingué de la tête en direction d'Egard, puis elle continua sa marche, en se dirigeant vers l'arrière de la maison.
Il fallait à présent trouver Cano-yeuse, la femme ent qui avait disparu, Egard ne savait où la trouver. Toutes les femmes ents avaient disparu de Fangorn, laissant les hommes ents à leur solitude. Tom regarda Egard dans les yeux et lui conseilla :


Un ent n'est pas très rapide, ni dans sa façon de pensée, ni dans sa façon de parler et encore moins dans sa façon de se déplacer. Pensez-vous que les femmes ents n'aient pas réfléchi longuement avant de disparaître de Fangorn ? Si c'est le cas et que vous trouveriez Cano-Yeuse, comment pourriez vous la faire changer d'avis à un choix bien plus que mûrement réfléchi ? A moins qu'il s'agisse non d'un choix mais d'un enlèvement...
On peut remédier à tout Egard, mais parfois les choses prennent plus de temps, votre ami Charnu-Yeuse vous le confirmera


Les âges ne connaissaient pas Tom et pour lui la patience n'existait pas. Mais Tom rebondit sur un autre sujet :

Fangorn ! Quelle belle et grande forêt, autrefois très vivante et loquace ! Nous avons des arbres ici, dans la Vieille Forêt, qui viennent de Fangorn d'ailleurs.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyJeu 19 Déc 2013 - 18:08
Dans les yeux d’Egard, un mage aurait pu voir le ciel s’obscurcir d’un coup. Tom et lui n’étaient pas faits de la même roche. Cet être étrange avait des fondations solides, une pierre à faire crever d’envie les nains. Le barde se donnait l’impression d’être en sucre en comparaison de cet homme si sûr de la route. Il repensa aux moments heureux de son existence. Les mains de Louve dans ses cheveux alors que le danseur de mots sentait l’odeur de la mort. A jamais gravés dans sa mémoire les paquets insensés de ces cheveux noirs, volontairement laissés libres de s’emmêler comme pour abriter des oisillons tombés d’en haut.
Il l’avait aimé dès le premier regard ; Qui d’entre eux le savait ? Des enfants, voilà ce qu’ils avaient reçu en héritage, la capacité à vivre avec un regard naïf ; A moins qu’ils n’aient jamais vraiment su comment grandir. Un artiste ne sait pas exprimer ce qu’il a en lui à la manière du commun des mortels. Il passe par des miroirs déformants. Comme elle l’avait abandonné à sa guérison, lui avait cru qu’elle ne reviendrait jamais. Il s’était enfui, avec l’espoir insensé de la voir revenir. Des mois, des années dans Fangorn. Et un jour, celle qui était devenue la fée, assemblage informe de ses souvenirs, lui était apparue. Pouvait-il y croire ? fallait-il faire autre chose que d’accepter ce cadeau temporaire en forme de répit. Egard avait aimé. Sans aucune retenue. Ils n’avaient fait qu’un. Plusieurs fois. C’est suffisant pour laisser des traces vivaces dans une chair sensible.
Après son départ, plus jamais il n’avait eu le sentiment de vivre. Par moments, une silhouette lui donnait l’impression d’exister, encore. Mais à chaque fois, il effarouchait l’intérieur par sa lumineuse expressivité. On n’est pas direct impunément quand il s’agit de relations humaines. Les gens ont peur des propos trop clairs. Ils se sentent déstabilisés. Egard ne pensait plus à rien. Ou plutôt si. Il se voyait comme le double de Charnu-. Ainsi il comprenait qu’en étant venu ici, il était venu jusqu’au milieu du gué de son fleuve intérieur. De tout cela, il ne pourrait parler à Tom. Et de toute manière, ce dernier n’en aurait que faire. Ses yeux demeuraient noirs comme un ciel nocturne dénué de lune. Entre le chagrin et le devoir de vivre, au moins pour les autres, Egard n’hésitait pas. Si au moins il n’avait pas mal. Dans certaines circonstances, rien n’est efficace. Pas même le temps. L’athélas n’a aucun effet sur l’âme.

- Existe-t-il des déracinés chez les ents à votre avis ?


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyLun 23 Déc 2013 - 17:03
La dernière question du voyageur était étrange et en même temps la réponse de Tom Bombadil aurait pu paraître drôle pour certains, pour le vieux barbu elle l'était en tout cas, c'est dans une euphorie qu'il s'exclama :

Il n'y a pas mot plus approprié pour qualifier ce que vous recherchez. Vous et moi savons que les ents sont tous déracinés au sens premier du terme ; ils se mouvent !
Certains sont allés bien plus loin en revanche, mais sont-ils réellement déracinés dès lors qu'ils ont enterré leurs racines autre part ?

Mais Tom savait où voulait en venir le rohirimme, il s'agissait de savoir si les ents femmes avaient pu se déplacer ou se faire déplacer de la forêt de Fangorn ou si elles n'avaient pas tout simplement disparu. 
Peut-être que l'étranger voulait-il une réponse plus concrète, Tom continua, se rapprochant et baissant sa voix :

Parfois, il est conté que certaines forêts grandissent bien plus vite que ne leur permettrait l'ordre naturel. 

Le vieil homme se redressa et repris d'une voix haute :

C'est mon épouse Baie d'Or qui me l'a signalé.

Une de ces forêts se trouvait non loin d'ici, dans la Comté, en descendant le long du fleuve du Brandevin. Les hobbits des villages alentours s'étaient étonnés de la vitesse de l'augmentation du nombre d'arbres dans certains coins et les plus vieux disaient même voir des arbres apparaître du jour au lendemain, ce qui n'était que sottises pour les esprits vifs et jeunes des terres hobbites, mais comme disait Tom Bombadil, toute histoire a son origine dans des faits passés.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyDim 29 Déc 2013 - 11:58
Un gouffre séparait les deux lignes de vie de ces hommes. Et la différence était là, devant le danseur : Baie d’or. L’un avait construit sa vie autour d’un foyer, sans doute sujet comme partout ailleurs dans le monde aux vents inconstants du destin. La vie ne devait pas être rose tous les jours pour Tom. Avoir femme ne résolvait pas tout. Mais il partageait sa vie, avait autour de lui une aura protectrice, capable parfois de le remettre dans le droit chemin quand il divaguait, ou pire, désespérait. La vie de Bombadil était construite sur du roc, forte de cette chaleur entretenue en toutes circonstances. Là se trouvait assurément l’origine de ce dédain pour le fatum qu’il arborait comme un étendard. Egard n’en nourrissait aucune bile mais les choses semblaient faciles pour Tom. Et elles l’étaient. Tandis que lui, à peine avait-il gouté aux délices. Louve le poursuivait encore, des années après, comme deux mains qui se sont effleurées sans qu’on les autorise à se prendre pour de bon. Il avait encore au bout de ses doigts la sensation de sa peau, celle d’une femme ayant esquivé de nombreux coups, une peau douce si l’on prenait soin de survoler les cicatrices causées par des êtres sans conscience. Il fallait bien se rendre à l’évidence. Le danseur de mots n’était toujours pas guéri, il l’aimait encore, et à son avis, plus que jamais. A regarder Baie d’or, ça crevait les yeux. Egard aurait tout donné pour la retrouver. Et comme il savait la chose impossible, il était résolu à vivre la quête d’un autre. Finalement, il avait l’impression d’être un Ent lui aussi. Abandonné par sa raison d’être, inconsolable, saoulé par l’absence sans jamais plus avoir la possibilité de quitter cet état. Egard était devenu ivrogne au sens noble du mot.

- Quand nous aurons préparé nos affaires, je suis disposé à vous suivre là où vous semblez croire qu’elles demeurent.

Il était décidément facile pour Tom de jouer avec les mots, l’insouciance du bonheur érigé en principe. Et s’il était plus dur de générer des émotions avec un tel matériau, Tom avait ce talent, la légèreté. Ces dernières minutes, le danseur de mots avait oublié de conserver une partie de lui pour la création. Il n’avait plus le cœur à ça. L’artiste mortellement blessé gisait quelque part dans une forêt, comme au jour où elle était partie. Ce n’était pas le même lieu mais c’était le même lui. Egard prit sur lui de maquiller son chagrin. Il savait le faire, ce n’était qu’un effort parmi d’autres.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyLun 6 Jan 2014 - 23:17
Alors partons !

Egard et Bombadil reprirent le chemin de la maison et prirent leur affaires. Tom ne se contenta que de prendre un baluchon à vrai dire que Baie d'Or lui confia. A ce sujet, Tom avait remarqué ironiquement au voyageur :

Nous partons loin, pour des hobbits du moins !

Alors que Tom partit chercher quelques autres provisions, Baie d'Or s'approcha d'Egard et lui dit calmement :

Vous y trouverez peut-être ce que vous cherchez, mais vous ne récupérerez pas ce que vous désirez.

La voix de la femme était douce et ne ne donnait sujet à aucune crainte, seulement à réfléchir. Baie d'Or parlait-elle des femmes ents qu'Egard n'allait pas récupérer ou bien de sa bien aimée perdue à jamais ? Néanmoins, l'épouse de Bombadil n'était pas désespérante, elle adressa un sourire à l'homme en rajoutant :

Comme la vie d'un homme est limitée, son chagrin doit l'être également, ne désespérez pas éternellement.

Le bruit du parquet craquant sous le poids des bonds de Tom Bombadil qui s'approchaient des deux personnages près de l'entrée les interrompirent. Tom vint auprès d'eux et après avoir jeté un bref coup d'oeil à son épouse, il se tourna vers Egard.
Le chemin qu'il allaient emprunter excitait Tom puisqu'il allaient descendre le long du brandevin jusqu'à la frontière de la Comté, légèrement au dessus de la voie verte qui séparait le Cardolan et le Miniriath en se dirigeant vers le pays de Dun. Tom avait pris soin d'examiner les vêtements de son compagnon afin que celui-ci ne se retrouve pas mouillé, même si sa barque, qui était attachée au milieu de la forêt sur le Tournesaule, la petite rivière qui traversait la Vieille Forêt et se jettait dans le Brandevin.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 11 Jan 2014 - 16:04
Enonciation :

Dans les mots de Baie, le danseur perçut la moindre des nuances de son existence. Comme si les deux êtres tapis au cœur de cette forêt avaient le don extralucide de lire dans les êtres ce qu’eux-mêmes ne savent qu’à moitié. Bien sûr, on est parfois un mystère pour soi-même et nos proches sont mieux placés que nous pour lire la route sur laquelle nous sommes engagés. C’est  une prise de conscience qui nous est interdite, inaccessible si nous ne prenons pas le temps de le stopper, ce temps qui défile comme un torrent insupportable. Egard était gêné de la voir si proche du but. C’était même odieux comme impression. Mais après tout, être nu devant un auditoire était pour lui un exercice commun. Il retrouvait, d’une certaine manière, la scène. Les spectateurs n’avaient pas idée de la souffrance que cela constituait de devoir se livrer ainsi. Egard jouait une pièce autobiographique, sans le savoir. Baie d’or avait juste percé l’abcès, la bile suintait désormais par petites gouttes régulières. Comme un flash, le fils du tueur de worgs voyait sa vie défiler sous ses yeux comme s’il allait mourir.
Longtemps il n’avait été que la rognure d’ongle d’un homme protecteur de la vallée, arpenteur de contrées infestées de monstres violents que seule la connaissance de la chasse et une technique éprouvée permettait de contrôler. Egard était né fils de héros, sans prendre conscience du sens, encore moins de sa propre importance. Confié aux crocus, ces gens d’un autre voyage, saltimbanques insouciants, il avait, dans les premiers temps, rejeté la réalité. Parce qu’il avait pris l’habitude de haïr ces expéditions au cours desquelles l’odeur du sang était l’apogée d’une chasse au worg. Mais qu’elles avaient fixé en lui l’essence de la vie : sentiment de fragilité extrême de l’instant. Derrière le prochain arbre se cache peut-être l’animal qui mettra fin à votre existence. Egard avait appris à détester cette bataille-là mais sans en avoir compris les effets. Le danger avait marqué à jamais son esprit. Etre artiste, c’est offrir en pâture ce qu’on a de plus cher. De sa petite enfance, il comprenait enfin, en y repensant, l’origine du monde. Un chercheur ne doit pas s’obstiner à imaginer trait pour trait quelle sera sa découverte. Il doit juste garder l’esprit ouvert. Baie d’or ne savait pas tout ça et mieux valait ne pas s’attarder sur le premier pas, de risque qu’elle comprenne celui-là aussi.

Le père est le fils.


*****

Condamnation :

Jamais ils n’avaient évoqué sa mère. Egard n’en connaissait même pas le prénom. Chez les Cairn, les mots étaient comptés. Alors pour évoquer les sujets douloureux… et encore eut-il fallu en avoir le courage. Ou plutôt... Car il n’était pas question d’audace. Le passé était une chose inutile. Seul le présent avait un sens. Pour peu, on aurait dit qu’ils vivaient comme les worgs qu’ils poursuivaient ; en animaux sauvages guidés par les seuls instincts du moment. Cela avait une forme de simplicité qu’Egard ne reniait pas. Il y avait pris le goût de la nature initiale, celle qui vous contraint à aimer les racines et leur amertume sous peine d’y laisser votre dernier souffle. A regarder ce couple, il mesurait la différence énorme entre leur insouciance, construite ou fondatrice, et la rudesse de sa vie à lui. Les deux se rejoignaient dans une égale indifférence aux apparences. Il se sentait proche de Baie et Tom. Mais quelque chose les séparait. Lui avait fait métier de sa légèreté. Ils pouvaient vivre dans cette apparente frivolité. Ils l’avaient décidé, plus que par posture. Pour Egard, c’était instinctif. L’animal en l’artiste. Voilà pourquoi il souffrait, quelque soient les circonstances. Parce que même quand son public l’applaudissait à tout rompre, même quand les femmes se dénudaient en signe d’approbation sous les yeux de maris ébahis et oublieux de leur jalousie car eux aussi avaient été transportés par le danseur, lui n’était pas satisfait. Il aurait pu mieux faire encore. Toujours. Ce sentiment le poursuivait, comme s’il traquait le goût d’un sang worg à jamais impossible à recréer. Le sang du premier worg, une fois encore l’origine du monde. Fallait-il donc qu’il remercie son père, après toutes ces années passées à le maudire, de lui avoir transmis cet élan ? Son existence ne se résumait pas à l’énergie née de la fusion des sèves de ses parents. La vie avait trouvé son sens dans le musc des expériences de la petite enfance, avant qu’il ne soit membre de la troupe des crocus. C’était une révélation terrible. Baie d’or avait soulevé un couvercle intime et dévoilé un bouillon limpide. Rien d’un cloaque. Juste une eau frémissante, pure, dans une gamelle profonde comme un océan. En s’y plongeant, on entrait dans le noir, ni chaud ni froid. Juste incompréhensible pour qui n’était pas lui. Egard, à sa manière, était encore plus impitoyable chasseur que son père. Egard chassait Egard.

Le père et le fils

*****

Renonciation :

Mais cette fulgurance dans la compréhension ne rendait pas le danseur plus lucide. Il avait fini par admettre que les vies n’étaient qu’un fil plus petit qu’un cheveu. Et pas plus solide. La disparition de son père, il l’avait accueillie comme on accepte l’arrivée de l’hiver.  Le cycle de la vie. Que les hordes incontrôlées aient décimé les crocus, cela avait été bien plus douloureux. Tous ses amis, ses compagnons, dont certains avaient été de talentueux professeurs, il n’avait jamais vraiment refermé la blessure de leur disparition. Comme l’une des attaques avait entrainé sa rencontre avec Louve, Egard concédait une bienveillante rédemption à ces événements tragiques.  
Le plus insupportable, une fois encore, avait été la solitude juste après le bonheur. Comme la dernière gorgée d’eau du supplicié, avant son exécution. Mais cela aussi, il en avait fait en partie son deuil. A voir ce passé défiler en lui juste après les mots de Baie, il voyait la noirceur de son âme. Egard ne supportait pas d’avoir à sa manière marché sur les traces de son père. Au bout du chemin était la même volonté d’aider les siens. Il vivait de son art pour mieux atteindre ce but intime, apaiser le quotidien des habitants de son monde ; et tant pis si ce dernier avait de drôles de citoyens. Au final, sa vie n’avait rien de particulier, il se bornait à être une poussière insignifiante prise dans la toile d’une araignée géante, sans même s’en rendre compte. Prisonnier d’un ensemble trop imposant pour détecter sa présence, ce qui lui permettait de respirer. Mais incapable d’autonomie. Egard comprenait que sa vie se limitait à être l’automate du grand dessein. Quelle place Louve occupait-elle dans cette construction divine ? Et quel était le sens de cette rencontre avec Baie et Tom ? Egard n’existait que par les autres. Et son arrogance à croire le contraire l’enfermait dans une lutte sans fin. Comme toujours, il regrettait d’avoir donné de lui, un peu. Car en retour le miroir avait parlé, frappant l’homme au cœur de sa fragilité. Voilà pourquoi il aimait plus que tout les Ents, incapables de faire le mal, pesant tant et plus chaque respiration de leurs phrases, dérivant à l’infini la mécanique des mots et des idées pour ne jamais heurter la sève du compagnon de terre. Uthein Cairn avait appris le monde à son fils. Mais ce monde n’incluait pas les Hommes.

Le fils hait le père

***

Expiation :

Et de fait, s’entendre dire par Baie la sagesse dont il aurait aimé être capable était à la fois un réconfort, à la fois une torture définitive. Etait-elle une réminiscence de cette mère inconnue ? Fallait-il y voir un signe ? Baie ne voulait évidemment pas se substituer à elle. Cette préscience-là était aux yeux du danseur de mots impossible. Etait-ce juste le destin ? Ou cherchait-il finalement à donner du sens à ce qui n’en avait pas ?
Le danseur sentait en lui l’impuissance monter comme une bulle putréfiante. Il s’avérait en incapacité de dire tout ce qu’il avait en lui. Egard Cairn avait approché plusieurs femmes mais toutes s’étaient révélées des icônes sans profondeur en comparaison du gouffre qu’avait constitué ce manque originel. Voilà la vérité, nue, implacable. Il avait aimé Louve car elle se rapprochait le plus de ces contours à jamais flous, les formes d’une maman qui n’avait existé que le temps d’un cordon. Baie d’or avait les talents d’une mère, les attentions et les intonations. Mais ce n’était pas la sienne. Ces trois-là avançaient sur le chemin avec un souci précieux de l’autre. Entre eux, à bien y réfléchir, pas de réelles énigmes. Les seules questions irrésolues étaient enfouies au plus profond des êtres, dans la vérité des consciences émergentes. Baie d’Or avait déplacé le problème. Louve masquait une autre absence, incomplètement digérée.
Les yeux du barde retrouvèrent un peu de vivacité, il consentit un sourire mais en lui, la vérité dévastait son âme en éclatant enfin. Il n’acceptait pas d’avoir causé la mort de sa mère en venant eu monde. C’était pour lui le péché primordial, impossible à réparer, la douleur qui le poursuivrait jusqu’au terme. La faute était sienne et quand on faute, on doit expier.
« Louve, pourquoi m’as-tu laissé dès le début ? ». Un prénom en avait chassé un autre. Elles étaient les deux pans d’une même entité, l’âme d’Egard Cairn, ami des Ents, porteur de leurs derniers espoirs car il n’y avait plus de place pour le sien propre. Le danseur de mots avait disparu de lui-même.

La mère tait le fils

A quoi sert donc la poésie si nous ne sommes que les échotiers d’un passé qui nous enchaine ? Egard avait perdu le goût d’écrire, celui de dire et celui d’incarner. S’en rendait-il vraiment compte ?
Enfin, après toutes ces heures qui durèrent secondes, il lui répondit, finalement.

- Je vous comprends.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMar 14 Jan 2014 - 20:18
Quelques phrases échangées, deux regards croisés avaient causé la déstabilisation du temps et les secondes ne firent aucun effet sur Baie d'Or ni Egard, du moins jusqu'à ce que le vieux Bombadil ne vint rétablir le rythme, ce à quoi le voyageur ne répondit à l'épouse de Tom seulement :

Je vous comprends.
Le visage de la belle femme aux cheveux blonds et bouclés, dans sa clarté déjà bien présente, s'éclaircit d'un sourire adressé au voyageur qui était loin dans ses pensées, mais cela, personne ne pouvait s'en rendre compte car Egard était en même temps pleinement conscient de sa présence sous le toit de Bombadil, dans la Vieille Forêt.

Tom, alors que quelques heures auparavant était perché dans un arbre à fumer sa pipe, était prêt pour l'aventure ou l'expédition. Il replaça correctement le balluchon sur son épaule et s'exclama :


Allons jusqu'au Tournesaule où nous trouverons ma barque qui descendra jusqu'aux arbres légendaires.

Pendant ce temps, le sourire de Baie d'Or n'avait pas quitté le visage de la femme.
Il semblait que Baie d'Or possédait bien plus d'informations que n'elle le révélait ni l'avait signalé son époux. Elle et Tom avaient toujours été proches de la nature et ils chérissaient les arbres et ne prenaient à la légère aucun phénomène qui les touchait. Ce n'était d'ailleurs pas pour rien que le Vieil Homme Saule, rejeté de tous pour sa folie et son air farouche, avait été recueilli par Bombadil. Mais Tom n'avait jamais réussi à socialiser le vieil être qui était, semble-t-il, vexé à tout jamais contre quiconque viendrait le voir, et il n'obéissait qu'à Tom tel un chien enragé obéissant à son maître. Même les animaux l'arbre ne les aimait pas. Il secouait ses branches lorsque des écureuils montaient sur lui, et même frappait par terre de ses racines lorsque les moineaux venaient béqueter dans la terre près de lui. Pourtant, l'arbre était un fidèle compagnon des deux époux et un très bon voisin qui nombreuses fois avait défendu la Vieille Forêt de brigands ou autres hommes mal intentionnés.

D'aucuns auraient pris Egard pour un fou. "Pourquoi se chercher des amis parmi les arbres lorsqu'il y a tant d'hommes ici-bas ?" auraient-ils remarqués. Certaines créatures de la Terre du Milieu avaient saisi un sens plus large de la vie qui leur était offerte et s'étaient ouverts aux autres. Les elfes, enfants d'Illùvatar avaient fait leur rapprochement de la nature depuis longtemps et cela valait leur sagesse. Dans son désespoir, Egard s'était rapproché de la sagesse et c'était sans doute pour cela que Tom avait accepté de l'accompagner, l'avenir allait dire si le voyageur rohirrim allait être satisfait de ce qu'il allait trouver en compagnie du vieux Bombadil.

Ils sortirent dehors, le soleil se couchait tout doucement derrière les arbres. La petite rivière du Tournesaule en contrebas se faisait entendre par son long écoulement harmonieux.
Baie d'Or avait raccompagné les deux hommes sur le pas de la porte sans le quitter. Elle adressa un dernier signe de la main et un dernier sourire en direction d'Egard et Tom prit les devants, reprenant le chemin inverse d'auparavant, c'est-à-dire en descendant la petite colline, en suivant le chemin qui menait au Vieil Homme Saule, non loin duquel se trouvait la barque, cachée derrière d'épais buissons.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMer 15 Jan 2014 - 19:14
Tom savait ce qu’il faisait. Il ne traversa pas l’esprit du danseur de mettre en doute son guide. Les deux hommes connaissaient les sciences de l’orientation en forêt mais Egard ignorait tout des subtilités de la vieille forêt, encore plus s’il fallait suivre une route précise. Aussi était-ce raisonnable de faire confiance. Cela tombait bien. Il avait toute confiance en cet homme.
Ils ne parlèrent pas durant des heures. Parfois, on se tait pour mieux se concentrer sur la façon de poser ses pieds, à flanc de montagne ou dans des marais. Mais il arrive aussi qu’on  s’en tienne à contempler la nature.

Vérité du souffle…

Ah non, là il n’allait pas y arriver avec une telle rime. Mais pourtant, il appréciait à nouveau ce qui l’entourait. Etrangement, il se sentait bien depuis plusieurs jours. Et la douleur sous la cicatrice n’était qu’une manifestation de plus de la vie qui animait encore le danseur de mots.

Vérité de l’instant,
souffle du vent
sur les joues
des fous.


Le rythme lui plaisait. Comme il prenait goût à imaginer tom danser sur les pas d’une poésie dont le nœud sont les pieds. Il repensait à Baie, et puis non, il n’y pensait pas vraiment. En fait, il goutait chaque pas comme un retour à sa marche de pèlerin. Peut-être l’arrêt lui avait-il pesé. Bien sûr, il avait trouvé plus qu’un compagnon de voyage. Mais Egard Cairn était un voyageur dans l’âme. Il avait constamment des fourmis dans les pieds. Et puis, on en apprend beaucoup sur autrui en faisant équipe. Tom, indéniablement, avait les compétences de celui qui s’économise dans l’effort. Il reconnaissait tous les trucs que lui-même appliquait pour ne pas s’essouffler. Des pas réguliers, jamais de grandes enjambées, la souplesse du cuir et son endurance.
Ils étaient partis en fin de journée mais à une telle allure qu’ils enfilèrent le chemin comme de vrais éclaireurs, rapides et silencieux. Egard aimait ces minutes. Et comme il réfléchissait, lui vint l’idée des comètes. Il est dit que parfois, dans le ciel, une étoile passe en laissant une marque fugace dans son sillage. Certains prétendent qu’elles reviennent périodiquement. L’idée faisait son chemin en lui, comme un sujet de conte, une chanson peut-être.

- Votre femme… elle a de l’amour pour vous. Laisser son homme partir ainsi… sans savoir quand il reviendra. Serait-elle amoureuse de la lune ?

Il s’était passé au moins trois heures depuis leur départ, étrange façon de lancer la conversation.  Mais après tout, l’astronomie est une source de métaphore plutôt délicate se dit-il…


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 18 Jan 2014 - 19:32
Les deux hommes gagnèrent les berges de la petite rivière au cours tranquille. Tom indiqua à Egard d'attendre le temps qu'il aille chercher la barque. L'étrange être se faufila derrière un buisson, laissant Egard quelques instants seul près du cours d'eau. Soudain, les branches se plièrent et la pointe de l'avant de la barque fit son apparition. Tout doucement, sortit Bombadil, assis sur l'embarcation et poussant d'une rame contre le fond encore peu profond de la rivière afin de se diriger vers le rohirrime. Egard monta dans la barque et Tom donna un coup de rame et de suite, la barque suivit le Tournesaule. L'allure n'était pas d'une grande rapidité, mais ce moyen évitait de couper la forêt à marcher en slalomant entre les gros et nombreux arbres sombres de la Vieille Forêt ou de prendre le chemin et regagner Châteaubouc duquel il fallait suivre le Brandevin pendant de longues heures.
Le voyage sur la barque était silencieux, seule le doux bruit de l'eau qui s'écoulait le long de la barque et le bruitage de la forêt environnante atteignaient les oreilles des deux hommes. Ils voyageaient ainsi pendant de bonnes heures, échangeant de rares paroles. Egard demanda :


- Votre femme… elle a de l’amour pour vous. Laisser son homme partir ainsi… sans savoir quand il reviendra. Serait-elle amoureuse de la lune ?

Tom éclata de rire, un rire qui raisonna dans tous les endroits alentours et acquiesça d'un signe de tête :

Vous pouvez interpréter comme cela en effet ! Mais il ne m'a pas été aisé de la garder vous savez, j'ai du passer par des combats également !

La légende racontait que Baie d'Or avait fait chuter dans l'eau Bombadil en le tirant par sa barbe alors que ce dernier pour se venger l'avait capturé puis épousé par la suite. Si telle était la réalité, aucun des deux époux ne semblait insatisfait de l'heure actuelle. "Qui aime bien, châtie bien", ô combien cette expression était alors applicable à ce couple de la Vieille Forêt.
Le silence d'installa à nouveau et les deux tournèrent leurs yeux vers l'avant, vers la même direction que prenait le cours de la rivière, même si la fin de la forêt n'était pas visible, car les arbres, saules pleureurs notamment, mais aussi d'autres épais buissons dissimulaient le bout de la rivière. Il fallait même parfois passer à travers d'épais feuillages que les voyageurs devaient repousser sur le côté à l'aide de leurs bras, les branches se reformant derrière leur passage, dissimulant alors le chemin qu'ils avaient déjà parcouru. Parfois, des poissons étaient visibles dans l'eau claire mais ombragée, certains sortaient rapidement pour récupérer un morceau de nourriture qui flottait sur le Tournesaule.
Le vieux Tom se mit à fredonner un air au rythme de l'écoulement de la rivière sur laquelle ils se trouvaient. Bombadil se retourna ensuite vers Egard et lui dit :


Je pense que vous savez chanter, vous avez vu suffisamment de choses afin de parvenir jusqu'ici pour pouvoir les conter en chantant n'est-ce pas ?

Tom prit un sourire indéfinissable et regarda, tel perdu dans ses plus profondes pensées, fixement les arbres lointains de la Vieille Forêt :

J'aime chanter car la musique semble apporter tout ce qui nous manque, le chant est divin.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyJeu 23 Jan 2014 - 17:14
Que vas-tu faire de cet amour ?
Sauras-tu le garder toujours ?
Le chérir et le faire grandir
Le nourrir, ne rien t’interdire
pour qu’elle porte sur son visage
Ni le temps ni le poids de l’âge

Sauras-tu remercier la vie ?
Sauras-tu éviter l’ennui
Qu’est l’habitude, l’agonie
des amours partis infinis.
Elle est si belle dans tes bras
Oui… Heureuse, elle y restera…

Sauras-tu donner cet amour ?
Celui après qui l’on courre ?
Mélanger les chairs des amants
Te donner pour créer l’enfant
Mon cœur n’est pas raisonnable
L’amour est-il insatiable ?

Sauras-tu vieillir avec elle ?
La soigner, réparer ses ailes
si le temps amène un malheur…
Le destin des amours d’un jour
Est-il de l’être toujours ?...
…Sauras-tu goûter ce bonheur ?



Egard s’était mis à réciter ce texte spontanément. Une production qu’il n’avait jamais mis en musique. Forcément, cela aurait pu paraître fade. Mais Il ne savait pourquoi, l’idée lui était venue que peut-être Tom… pourrait proposer quelque chose. Ce qui bloquait le danseur, dont les talents de mélodiste étaient reconnus unanimement au sein des crocus, c’était l’essence même des mots. Ils étaient par trop autobiographiques. Jamais il n’avait présenté cet alignement à quiconque auparavant. Mais cela, Tom n’était pas sensé le savoir. Et il ne montrerait rien de sa gêne à évoquer l’origine de ces mots ; Tom Bombadil comprendrait sans doute mais Egard n’en dirait rien. Acteur, c’est aussi être capable de cacher ses sentiments. Voilà pourquoi notre barde fit comme si de rien n’était ; à la fin de son dernier couplet, il s’arrêta d’humeur joyeuse, fixant Tom comme s’il venait de cueillir une fleur.

- Elle n’a pas encore de musique.

A quoi pouvait-il penser, cet homme érudit, subtil amateur d’art et de culture ? Quand on prétend être l’ami des formes d’expression indirectes, on se doit d’être soi-même un créateur. Amateur. Oui, nous sommes tous des amateurs, plus ou moins éclairés. Quelle était donc la fabuleuse coïncidence les ayant réunis ?

- Ce n’est pas figé, on peut modifier des passages si besoin, comme pour toute ritournelle bien sûr…

Mais le danseur n’aimait pas trop s’aventurer dans ce genre de modifications. On peut dénaturer les choses par un simple mot, qu’il fasse défaut ou qu’il alourdisse. Dans le même temps, certains morceaux lui paraissaient puérils, Egard était très exigeant avec ses productions. Quand on chante dans sa langue maternelle, l’intransigeance est supérieure. Peut-être traduit en elfique… çà et là on y gagnerait… mais elle était née ainsi, il en acceptait l’allure.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMer 29 Jan 2014 - 16:36
Egard avait récité son poème qui n'attendait que d'être chanté, volonté tout autant partagée par son auteur d'ailleurs qui dit ne pas avoir encore la musique pour ce texte, proposant éventuellement de modifier des passages s'il fallait. Tom sourit derrière son épaisse barbe et enleva son chapeau qu'il posa sur le banc de la barque. Il continua à ramer légèrement afin de donner la direction à l'embarcation qui suivait doucement le cours du Tournesaule.
Tranquillement, Bombadil commença à fredonner un air joyeux et quelques instants après, il chanta sur ce même air :


Que vas-tu faire de cet amour ?
Sauras-tu le garder toujours ?
Le chérir et le faire grandir
Le nourrir, ne rien t’interdire
pour qu’elle porte sur son visage
Ni le temps ni le poids de l’âge

Sauras-tu remercier la vie ?
Sauras-tu éviter l’ennui
Qu’est l’habitude, l’agonie
des amours partis infinis.
Elle est si belle dans tes bras
Oui… Heureuse, elle y restera…

Sauras-tu donner cet amour ?
Celui après qui l’on courre ?
Mélanger les chairs des amants
Te donner pour créer l’enfant
Mon cœur n’est pas raisonnable
L’amour est-il insatiable ?

Sauras-tu vieillir avec elle ?
La soigner, réparer ses ailes
si le temps amène un malheur…
Le destin des amours d’un jour
Est-il de l’être toujours ?...
…Sauras-tu goûter ce bonheur ?

Élances-toi, jettes toi à l'eau !
Tout t'es donné ne soit pas sot !
Saisis le chemin de la joie,
N'hésites pas, prends la bonne voie.
Tends la main à la bonne surprise,
Dance et rires seront de mise !

Gai dol, derry dol, hoho !


De façon incroyable, Tom Bombadil avait réussi à retenir mot à mot les paroles du poème d'Egard et avait ajouté un dernier couplet afin de n'apporter aucune modification au texte lui-même. Tom avait chanté ces paroles sur un air joyeux, un air qui avait peut-être étonné l'artiste voyageur, le dernier couplet avait permis, selon Tom, de rajouter une joie supplémentaire.
A peine le vieillard avait fini sa chanson que la lumière éclata à travers les feuillages des arbres couchés vers la petite rivière. Tom se retourna vers Egard et dit :


Nous quittons la Vieille Forêt ! Nous allons bientôt nous engouffrer dans Baranduin, rivière bien plus grande que mon petit Tournesaule.

La lumière du soleil s'était posée sur la barque et reflétait même sur l'eau de la petite rivière. Au fur et à mesure qu'ils quittaient la forêt, les deux hommes purent apercevoir la verdure des collines hobbites de la Comté et entendre le cours du Brandevin qui était bien plus bruyant que celui du Tournesaule. Les oiseaux s'étaient levés de leurs branches et volaient au dessus de l'embarcation comme s'ils accompagnaient les voyageurs le temps d'un instant, car ils ne voulaient pas quitter non plus leur Vieille Forêt.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyVen 31 Jan 2014 - 20:58
En scrutant les immenses territoires qui s’offraient à ses yeux, Egard se dit qu’il aurait pu souffrir d’agoraphobie tant ce monde lui semblait vaste. Pour lui, les seuls territoires ayant le droit à l’infini étaient les mondes intérieurs. Alors se retrouver sur une coquille de noix au milieu d’une artère naturelle, c’était comme un saignement. Douloureux et fascinant. La vue du sang, la première fois, a toujours une dimension envoutante. D’une certaine manière, il reconnaissait aux ignobles amateurs de son odeur une raison de l’aimer, après tout on fait couler le sang de l’animal avant de le cuisiner, et parfois même on peut en tirer des plats dignes d’un festin.
Le bruit des efforts de Tom quand les prolongements de ses bras fendaient la surface se renforcèrent un peu quand les contours de la vallée liquide devenaient plaine. Nécessaire était cet épisode, s’il en fallait passer par là, soit. Mais Egard n’aimait pas l’eau, enfin… pas en telle proportion. Aux immensités bleues, lui préférait les espaces verts. Ses cheveux, si longtemps colorés par un mélange de mousses et autres variétés de lichens, en gardaient encore les marques, pourtant il avait arrêté depuis plusieurs années les teintures. L’homme aux cheveux verts l’était resté, malgré sa volonté de s’effacer. Bien des choses peuvent se diluer dans l’eau mais pas les tatouages dus à l’existence.
Il était agréable de se laisser conduire par Tom. Guide calme, sachant vous faire admirer les alentours sans vous abreuver de mots, éclaireur éveillé et compagnon paternel… Egard aurait favorablement envisagé une vie de troupe avec un frère d’arme tel que lui. La mélodie qu’il avait improvisée tenait la route. En homme du métier, le danseur savait quand une ritournelle promettait, même si des retouches pouvaient être apportées. En outre, chaque génération modifie les mélodies pour les mettre au goût du jour, c’est un morceau de l’art que de savoir faire écho tout en créant. Tom, sans doute par respect, n’avait rien touché à  ses mots. Egard en était presque déçu, lui qui aurait aimé voir les passages modifiés, ceux que lui-même trouvait faibles. Et puis, ce qu’il avait rajouté ne lui plaisait guère même si c’était du Tom pur jus. Tant pis, il n’en montra rien. Tout au plus se dit-il qu’un rôle les séparait. A Tom le maquillage du bateleur joyeux, Egard prenant celui du chanteur triste. C’était bien ainsi, la joie du chant contre la tristesse des sentiments confisqués par nos inhibitions. Un costume par acteur, c’était somme toute la formule magique. Ils iraient ensemble, le danseur de mots le sentait. Parce qu’ils étaient un couple fondé sur la meilleure recette, celle des complémentaires.

- combien de jours d’ici le lieu des possibles ?

Il pensa à cette phrase qu'il avait dite un jour à Louve. "Je me suis demandé si ce que je disais pouvait garder la même valeur à tes yeux si je le répétais souvent."
Combien de jours d'ici les possibles, en effet...


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyJeu 6 Fév 2014 - 11:52
Combien de jours restait-il, Tom ne l'avait pas dit. Contourner la Comté était chose aisée et ne prenait pas longtemps, aussi bien en descendant le Brandevin sur une barque qu'en passant sur le chemin longeant le fleuve à pied, car ces terres ne posaient aucun obstacle à la marche, les basses collines n'interdisaient nullement le passage et rares étaient les rochers qui bloquaient les passages.

Le soleil se couche et il nous faudra établir un campement près du Brandevin en attendant que la lumière ne revienne et nous supporte pendant notre traversée de la Comté. Si nous partons demain aux alentours des huit heures, nous serons à l'endroit convenu aux alentours de midi. Mais vous savez cher ami Egard, la Comté ne se laisse jamais traverser par plus d'une journée en principe, ce qui rend aux voyageurs service, mais les hobbits ferment leurs portes dernièrement aux inconnus, de crainte que la guerre ne vienne les toucher.

Comme annoncé, lorsque le soleil commença à se cacher derrière les horizons dessinés par les collines, les deux aventuriers posèrent l'embarcation sur le côté et la tirèrent plus loin du bord afin qu'elle ne puisse reprendre les eaux suite à une montée du fleuve. Alors que la nuit tombait rapidement, ils sortirent de leurs sacs de quoi prévoir un abri, quand bien même il ne faisait pas froid et que le ciel était totalement dégagé et laissait même entrevoir les premières étoiles. Il était possible de distinguer les lumières des villages qui éclairaient les collines hobbites. Parfois même, des chariots de marchands de semi-hommes étaient éclairés et il était possible de suivre leur cheminement sur quelques kilomètres.
L'ambiance nocturne et calme des plaines de la Comté changeait de celle de la nuit de la Vieille Forêt, c'était différent et Tom appréciait aussi bien l'un comme l'autre, bien que la vie ne pouvait se faire simplement sur une plaine, à l'abri de rien. Tom devait veiller sur sa forêt et les animaux l'habitant, mais il aimait aussi prendre l'air et du recul pour prendre des nouvelles de la Terre du Milieu. A ce propos, des nouvelles il en avait, plus que quiconque et des contrées il en avait visité bien plus que le plus grand des nomades.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptyMar 18 Fév 2014 - 18:27

- Si…

« Vite », pensa-t-il…
Tout à sa joie profonde de découvrir ces lieux jusque-là inconnus, empli de ces odeurs sauvages, ces bruits de la nature primaire, Egard en venait à regretter l’avancée si rapide de son projet présent. Toutes ces contrées, avec leurs dangers, leurs poisons et d’infinies sources de souffrances constituaient sa seule maison encore acceptable. A la simple idée de devoir raccourcir le séjour, il en venait à regretter la régression des menaces potentielles.
Le fil était tendu, le rompre en faisant mine d’être déçu aurait été maladroit. Le danseur de mots ne voulait pas passer pour un intrépide. Ce qu’il était pourtant, d’une certaine manière. Tom était comme son double, un frère spirituel, sans être non plus un jumeau aux pensées identiques seconde après seconde. Parcourir les bois, ce mot avait une dimension plus naïve que Forêt, avec lui, s’apparentait à une ballade. Alors oui, l’idée d’une traversée de plusieurs mois ne lui aurait pas déplu outre mesure.

Flou dans les arbres.
Dispersion.
Clous dans le marbre.
Occlusion.


L’inspiration revenait, invariablement comme à chaque fois que l’air emplissait de nouveau ses poumons sous dimensionnés.

- … si nous allons trop vite, ne risquons-nous pas de les effrayer ?

Egard pensait aux hypothétiques femmes Ents. Et des pensées étranges le traversaient. A quoi pouvait-on distinguer celles-ci ? Leur voix était-elle plus grave ? Leur feuillage mieux ordonné ? Jusqu’à quel point se différenciaient-elles de leurs conjoints ? Comme souvent, face à la difficulté, Egard constatait qu’il s’était mal préparé. Les questions qu’il aurait dû poser à Charnu-Yeuse s’entassaient comme un monceau de regrets.
Parlaient-elles avec autant de passion des constructions poétiques des phrases prononcées par tout être vivant ? Combien de temps une scène de ménage pouvait bien durer entre deux Ents ?
Comme souvent, il ne perçut pas l’incompréhension possible entre ses propos et ceux d’autrui. Lui pensait à Cano-Yeuse quand Tom parlait des Hobbits. Que ces gens ne les aident pas n’était pas en soi une question brulante. Seules les conséquences des propos de Tom avaient du sens mais tout à sa préoccupation de naturaliste, il ne la comprit pas. Ses pensées voguaient entre les questions de reproduction et celles, finalement plus essentielles, d’amour. Une chose lui paraissait évidente, l’amour transcende les espèces. Mais les formes qu’il prend sont aussi multiples qu’universelles.
Il n’entendit pas non plus les bruits de feuilles écrasées par le poids du worg.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 22 Mar 2014 - 13:15
Si... si nous allons trop vite, ne risquons-nous pas de les effrayer ?

Tom sourit.

Les questions du voyageur mystérieux étaient profondes. Egard connaissait beaucoup de choses et il connaissait les ents et leur façon de vivre patiemment. C'étaient des êtres du temps, les moins pressés de l'univers. La vitesse les effrayait-elle pour autant ?

Non...

Non, la vitesse n'effrayait pas les ents, le temps leur était pratiquement égal. Il ne se chargeaient pas de différencier la longueur de la rapidité, et puis ils n'étaient pas peureux. Cependant, les ents femmes, elles, avaient pu ressentir une crainte si elles étaient venues à quitter leurs demeures.

Mais nous pouvons prendre notre temps. Cependant, penseriez-vous qu'elles aient peur de nous ? Donnons nous l'air d'être malintentionnés ?

Autant le voyageur Egard avait une carrure d'aventurier et d'un homme venant de l'est, autant Tom Bombadil, du haut de son mètre et demi et avec son visage de joyeux luron ne pouvait faire peur qu'à ceux qui l'avaient opposé dans le passé, des bandits ou des bêtes noires.
En parlant de ces dernières, les deux voyageurs, plongés dans leur discussion, n'avaient pas entendu approcher un warg, un de ces loups des ténèbres qui ne répondaient qu'au dressage des forces du mal. L'indiscrétion du sombre animal avaient fait retourner subitement Tom Bombadil vers son immonde gueule. La bête se trouvait à quelques dizaines de mètres de leur petit campement. Elle était sur ses gardes, prête à sauter sur les deux compagnons à tout moment. La rage du warg se voyait dans ses canines qu'il présentait aux deux hommes tandis qu'un filet de bave noirâtre lui coulait sans cesse entre les dents.
Tom se releva et prit le bâton qu'il avait utilisé pour attacher son baluchon et, le mettant entre lui et la bête sauvage aux sombres dessins, il dit :


Une de ses bêtes qui n'a rien à faire sur ces terres...

Son visage avait changé, il ne souriait plus, il avait même pris un air sérieux. Puis sans trop articuler, il récita ce qui rappelait un conte :

Le loup noir sur l'herbe verte,
Mal et ténèbres sur la Terre.
La clarté vainc l'obscurité,
La nature, ce qui la détruit.
Puissances de notre monde,
Vents, orages, pluies, froids et chaleurs,
Combattez le mal qui arrive


Rien ne se produisit, hormis que la bête avait commencé à grogner et se rapprocher à petits pas. Tom n'avait cependant pas baissé sa garde et gardait le même air menaçant envers le loup des terres noires.
Alors que la nuit s'était installée correctement à présent, et que les animaux semblaient tous dormir, vint se poser sur le bâton du petit vieillard une hirondelle.


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MessageSujet: Re: L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots]   L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] EmptySam 29 Mar 2014 - 10:55

On ne plaisante pas avec la mort. Egard le savait, lui qui avait été au milieu d'une tuerie ayant transformé son univers en cimetière. Et s'il en était sorti le seul soleil de sa vie, il avait ce jour-là perdu tous les autres rayons.


Son père le lui avait appris, on doit regarder le worg très précisément si on veut anticiper son assaut. Une infime partie de sa tête bouge la première. Ce n'est pas la truffe, ou ce qui est fait office. Encore moins les yeux, qui pourtant indiquent les premiers le mouvement à venir. En théorie, quand un geste implique tout le corps, c'est le bassin qui est la source. Puis les épaules, le bras, la main. Facile à comprendre pour le jet d'une lance... mais chez le worg... D'où l'impulsion part-elle ? Pénétrer la psychologie de l'animal. Paradoxalement, c'est ce qui le rapproche le plus de l'humain, sa psychologie. Peut-être cela explique-t-il en quoi il est réellement dangereux... Regarder ses intentions, les crocs, devrait-on dire plutôt les aiguilles, tant ils sont fins et acérés. mais en amont, la mâchoire. Et son viseur, le regard. Et ce qui fait office de babines... juste avant, ses "joues"... l'impulsion vient de là, comme le point d'ancrage d'un projectile... Se concentrer sur la chair recouvrant le museau.  L'élan part de là, ainsi parlait son père, ainsi Egard avait appris... S'il lisait correctement l'impulsion, il saurait. Encore devait-il anticiper, prévoir une contre attaque, une esquive... le temps de trouver l'issue.
Mais l'un d'entre eux y laisserait sa vie. Tom avait introduit un facteur imprévu, le bâton à l'oiseau.

Malchance.
Déchéance
de l'existence.


Il savait. La survie impose parfois des choix cruels. Le hasard conduit le worg sur votre meilleur ami, le destin tranche la cuisse en épargnant l'artère... L'oiseau a l'élan de celui qui ne vous craint pas... Lui non plus n'a pas vu. Mais lui ne sait pas encore...
Pourquoi lui, pourquoi soi. Le signal venu, plus d'alternative. Plonger, pousser Tom dans les ronces, mettre le volatile devant l'oeil du fauve en espérant qu'il ait le réflexe de s'envoler à contre courant des muscles de l'encolure sauvage. Une chance sur deux, le hasard ou l'instinct. Il resterait ensuite à utiliser la diversion pour atteindre le coeur de sa petite dague toujours en bout de manche. Egard n'avait pas ce talent mais il n'avait pas les moyens de tergiverser, compter sur les dés était impossible. Agir, comme une bête. Sauver sa peau, jusqu'à la prochaine seconde.
Comme dans un rêve, l'action se mit alors à tourner au ralenti. Mouvement du muscle, de la peau, l'oeil qui se replit, puis la tête, et l'ensemble comme une masse métamorphosée en flèche elfe. Le bon, Egard qui se jette, pousse son ami dans le premier buisson, l'oiseau qui amorce un envol, la dague qui tombe dans la peaume du danseur, la main qui trace une ligne droite en direction du flanc du worg, s'enfonce comme le dard d'une abeille, ressort. Et les deux corps qui s'emmêlent, dans un souffle conjoint. Plus rien ne bouge, de longs instants. Tom se débat avec la nature, comme s'il était prisonnier d'une toile d'araignée toute fraîche... il ne voit rien, pour le moment du moins. Et l'oiseau, prisonnier de la mâchoire, mort sur le coup, déchiqueté, le prix à payer.
Quand il revient à lui, Egard est encore sonné. On ne prend pas impunément une telle masse en pleine figure. Mais la première sensation est celle de l'odeur insoutenable. L'haleine infâme, comme si tout allait ensemble. Cent kilos, deux cent ? A soulever, c'est dans tous les cas un effort. La dague, disparue dans les tréfonds de la bête... récupérer la dague... ils ne voyagent pas seuls,  récupérer la dague, reprendre ses esprits... Egard finit par jeter sur le côté le worg foudroyé, mort juste après l'oiseau.

- Je... je suis... ça va ?

Tout en s'asseyant, il regarde Tom.

- Vite, il n'est sans doute pas le seul....

la dague, récupérer la dague...


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L’épouse perdue [privé Tom Bombadil-Le danseur de mots] Edelwe12
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