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 La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]

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UrkeuseNombre de messages : 75
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MessageSujet: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyVen 25 Juil 2014 - 16:05
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« ...Ils ont réveillé les arbres, t'entends mon gars ? Ils ont réveillé les arbres... »

    La paume posée à plat contre le tronc d'un Châtaignier, Ephalak pensait au murmure du vieil homme. Sa façon de remuer ses lèvres, laissant apparaître brièvement une langue dodue. Tremblant d'une voix unanime, comme lorsque l'on évoque des choses longtemps tues. Il était descendu de sa monture, un Poney d'aspect fort robuste si son regard ne lui jouait quelque tour. La paupière close il tendait son corps entier, attentif aux bruits du bois.

« caul… einior… faeg ! »

     Plusieurs instants s'étaient écoulés avant qu'il ne s'en retourne vers le poney, encore ses mots prononcés avec lenteur et précision répercutaient leur écho dans la voûte feuillue Affliction, vieux et mauvais traduits dans la langue commune. Sans jeter aucun regard de côté il s'enfonça dans la forêt, rempli d'une appréhension nouvelle. Familier des choses de la terre le Rôdeur devait reconnaître qu'elles lui étaient mauvais hôte d'entrée de jeu. Les formes imposantes du haut de leurs cimes semblaient fixer l'étranger, préparant quelque mauvais tour avec le vent furieux et la racine endormie. De fait Ephalak sentait le poids d'yeux malveillants partout autour, chacun de ses mouvements lui était un effort considérable et une offense aux choses tapies dans l'ombre. Aussi sa monture craignait la brindille cassée et le rongeur de passage, qui sous les ramures tortueuses devenaient autrement inquiétants.

     Le soleil était proche de son zénith lorsque Ephalak abandonna le parterre moussu des sous bois pour un chemin entre les arbres. Apparition au goût amer puisque ici plus qu'ailleurs la canopée s'éclaircissait pour révéler le cavalier au grand jour. Nu comme une bête prise au piège, l’œil fou jetant des éclairs alentours. Il ne put opposer aucune résistance à la volonté de ses observateurs, combien même sa raison le poussait au demi tour quelque force extérieure l'empêchait de prendre l'initiative. Ainsi son errance devait durer un certain temps, où chaque coup de sabot était une civilisation grondante à ses jeunes heures, s'éteignant avec l'écho de la forêt. Si bien qu'à la nuit tombante Ephalak ne sut dire qu'une journée s'était écoulée. Alors émergeant de ses marmonnements grotesques il leva l’œil sur les environs et s’aperçut sans trop de surprise qu'il se trouvait exactement là où il s'était tenu avant de sombrer dans un état semi conscient, en début d'après midi. Devant des marques de sabots du même genre que ceux du fier Poney n'offraient qu'une preuve trop évidente de son récent passage. Pour la première fois depuis son départ de Fornost le Dunedain se sentit absolument perdu, abandonné par sa propre détermination d'avancer plus encore. Le chemin des bois est fourbe et mène celui qui le foule vers sa perte, comme toute chose en ce lieu maudit. Maudissant la terre et le ciel Ephalak sauta de sa monture et entreprit de grimper quelque escarpement au bord du chemin, il ne pouvait plus supporter l'étouffement là en bas. L'escalade apporta de la vigueur au moral du Rôdeur, qui retrouvant sa force d'antan atteignit le sommet de la butte sans problème. Là haut il eut loisir à contempler les dernières lueurs du jour, soudain jetant un coup d’œil vers le sud ouest  il aperçut une fumée noirâtre voilant le couchant. La vision eut l'effet d'un éboulement suivant le jeter de caillou, la brume se dissipa et Ephalak comprit le signe sans avoir à y penser sérieusement.

« ...il y a pas longtemps qu'on y voit des fumées noires au dessus des cimes... »


     Surpris d'avoir évoqué haut et fort ses pensées les plus secrètes il fut pris d'un mouvement de recul qui lui fit perdre l'équilibre, en un rien de temps le pauvre bonhomme se retrouva sur le plancher des vaches, empêtré comme un insecte que quelque vilain gamin aurait retourné pour le plaisir. S'agitant pour se mettre sur son séant une toute autre source d'étonnement se trouvait à caresser le poil du Poney, alors Ephalak chuta de nouveau mais pour une toute autre raison.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptySam 26 Juil 2014 - 1:51
Cela faisait maintenant 3 bonnes heures que Kerran marchait dans la forêt, Edon à ses côtés. La bête s'étant fatigué du long voyage elle l'avait soulagée de son poids en restant elle aussi sur le sol. Les sentiers tortueux ne leur facilitaient pas la tâche et ils se perdirent quelques fois, revenant sur leur pas indéfiniment.

"On n'avance pas beaucoup..."

L'Elfe marmonnait entre ses dents, son optimisme étant resté dans ses chaussettes au moment où ils avaient découvert la forêt. Cette forêt était oppressante et la faune se faisait rare parmi les arbres. Aucun oiseaux ne chantait et seul le craquement des feuilles venait parfois briser le silence atroce de la Vieille Forêt.
"Père aurait du me prévenir, c'est pire que de se retrouver à une réunion elfique ici!" pensait la pauvre malheureuse désormais coincée entre des arbres qui semblaient vouloir la dévorer.

Plusieurs fois elle voulu s'arrêter afin de manger mais elle ne trouva aucun petit coin assez rassurant que pour s'y poser. Et puis elle n'avait pas vraiment faim: le décor lui coupait l'appétit.
L'Elfe était encore plus mal à l'aise qu'elle savait sa capacité à se battre proche de zéro. Elle espérait que son petit couteau de poche pourrait lui être d'un quelconque secours, mais dans une forêt magique, rien n'était fort utile au final.
Elle se surprit à parler toute seule, essayant de briser le silence et la solitude de la forêt, mais rien n'y faisait. Il n'y avait personne dans les environs, personne qui pourrait l'aider et en plus elle n'étais pas sûr de trouver la sortie. Elle se savait dans de beaux draps et pria très fort que quelqu'un, ou quelque chose de gentil croise son chemin.

Il ne lui fallut pas longtemps avant d'entendre des bruits de pas à quelques mètres d'elle.

"Edon, viens par ici!"

Elle tira son cheval afin de l’éloigner du sentier: on ne sait jamais que ce soit une bestiole ignoble dont son père lui avait parlé auparavant. En silence, elle attendit et plus les pas se rapprochaient, plus elle pu apercevoir l'ombre de ce qui semblait être un homme, accompagné de toute évidence d'un poney, vu le gabarit de l'animal. Cela rassura un peu l'Elfe qui, naïvement, pensait que les poneys ne restaient qu'en présence de bonnes personnes. Elle suivit à pas de loup l'homme, qui avait sa taille voir un peu plus grand. Il était à l'évidence tout aussi perdu que Kerran car il avançait avec sa monture de manière assez vague, comme si il ne savait pas trop vers où se diriger.
Soudainement, il descendit du poney et s'écarta du chemin pour escalader une butte. Il était assez comique à regarder et Kerran profita de son absence auprès du poney pour s'en approcher.

"Bonjour toi."

C'était un magnifique poney taché qui avait l'air relativement jeune. Le cœur de Kerran s'emplit de joie à la vue de cette bête. "Enfin un être pur dans cette forêt lugubre!" se disait-elle.
Edon s'était aussi approché et reniflait le poney. Il était lui aussi heureux de rencontrer un autre animal et hennit joyeusement, hennissement auquel se joignit le poney. Kerran rit de bon cœur de cet rencontre inattendue mais grandement appréciée. Elle en oublia les arbres malicieux et les sentiers qui tournent en rond, l'ambiance surnaturelle qui les suivaient partout où ils allaient et ce silence de mort. Elle profita de ce moment de pur bonheur, bien qu'il fut de courte durée car l'homme qui accompagnait le poney venait de tomber du haut de sa butte, s'écrasant au pied de l'Elfe.

Il semblait assez surprise, rien de bien étonnant après une chute, et il tenta tant bien que mal de se relever. Kerran l'observait en souriant: cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus vu un homme attisant sa curiosité sans avoir ouvert la bouche. Il ne l'avait pas encore remarqué, lui qui tentait de se dépoussiérer de sa chute. Mais il lui fallut un regard vers Kerran pour retomber sur ses fesses, ce qui ne manqua pas d'étonner l'Elfe.

"Vous allez bien?!", s'exclama-t-elle en s'approchant.

De plus près, elle remarqua qu'il était borgne. Rien de très étrange en Terre du Milieu où les aventuriers finissaient bien souvent avec une jambe en moins, ou un œil dans le cas de ce bonhomme là. Il semblait surpris de voir un être se promener dans la Vieille Forêt, ou peut-être n'avait il jamais vu d'Elfe. Kerran n'en perdit pourtant pas ses moyens, elle qui était habituée aux rencontres après avoir traversé les plaines de nombreuses fois.

"Laissez-moi vous aider", murmura-t-elle

Et joignant le geste à la parole, elle aida l'homme à se relever. Comme elle avait supposée, il était grand, assez grand pour être un elfe. Mais ces traits étaient plus durs et de toute évidence il avait vécu. Voyageur à coup sûr, ses bottines montraient des kilomètres de marche à son actif. Elle s'étonna de rencontrer un homme qui avait pour monture un poney. En général c'était plutôt un truc d'hobbits, les voyages à poneys.

"C'est un bel animal que vous avez là."

Kerran avait dit cela d'un ton enjoué tout en caressant la monture de cet homme qui demeurait silencieux, un air fermé sur le visage. "Ça va pas être du gâteau d'en apprendre un peu plus sur lui..." se disait-elle, affichant une moue boudeuse tout en câlinant le poney qu'elle se promit de ramener avec elle à Mirkwood, par n'importe quel moyen possible.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMar 29 Juil 2014 - 14:04
« Une Elfe si je me fie aux apparences, sont-elles seulement vilaine amie à celui qui voit au delà »

        A peine remis sur pieds Ephalak sentit ses chevilles défaillir sous le poids de la fatigue. L'extase de l'escalade s'était dissipée et chuter d'une telle hauteur devait avoir fragilisé ses membres déjà éreintés par la route. Les idées brouillées par la soudaineté des choses il leva le regard et eut alors tout le loisir d'observer l'étrangère. Étrangère elle l'était certes, des belles gens que l'on conte dans maintes chansons de chez lui. Haute et fine comme la brindille agitée par le vent, le regard emprunt du feu éternel et sage de bien des années. La dame des bois appartenait aux Elfes, la pensée émerveilla le Rôdeur aussitôt. Jetant un second coup d’œil plus affirmé il lui trouva une certaine beauté, celle que l'on apprend à connaître avec le temps. Incapable de détourner son attention il se perdit dans ses nuances exotiques et lorsque sa voix perça le silence ambiant, il parut qu'aucun autre son n'eut jamais existé sinon en un tumulte décadent. Ephalak devait oublier un peu de son malheur et du triste endroit dans lequel il s'était perdu, la dame des bois enrobait ses sens de quelque miel sans pareil. Cependant le moment n'était pas à l'insouciance et à la flânerie, le danger était bien réel et d'un vilain coup dans la nuque le Rôdeur revint à lui. La dame des bois parlait alors de son fidèle Poney, en de bien belles paroles comme les gens attentifs aux choses qui poussent et qui foulent cette terre savent le faire. L'idée lui vint de s'approcher de l'animal sans trop savoir la suite de l'action, soutenant le regard de l'Elfe il grimpa d'un geste désinvolte sur la bête, malgré sa jambe gauche empêchée dans quelque bandage. Une fois en scelle et prêt à partir, un murmure se fit entendre d'entre ses lèvres :

« Peu sont les belles gens à venir s'aventurer de par ces terres, j'ignore la raison qui motive vos pas aussi m'importe-t-elle peu. (plus bas, sur un ton inquiétant) Le vent se lève à l'ouest, de la fumée, noire comme une nuit sans étoiles. La promesse de l'aube devient rumeur, jamais le jour ne brillera plus si ce n'est en minces filets striant autant de ténèbres.(reprenant une expression plus sympathique) M'accompagnerez-vous ? »

        Ses mots de malheur s'étaient échappés de son esprit enfiévré d'une traite, alors Ephalak reprit son souffle et détourna le regard de la belle. Il fila à travers les bois comme l'ombre portée en fuite devant le crépuscule. En vain puisque la lumière s'était décidée à suivre sa trace, au galop s'il est expression adaptée à telle course. Ainsi la femme des bois prenait route vers l'ouest aux côtés du Rôdeur et l'on devait entendre sur leur passage le rire étouffé de quelques branches réveillées par le vent colporteur. Bien assez vite la purée de pois força l'étrange compagnie à bivouaquer dans un renfoncement surplombé d'arbres hauts à l'allure sévère. Le feu même n'aurait pu percer les ténèbres alentours, aussi les deux voyageurs n'en allumèrent point. Alors Ephalak le corps étendu sur le parterre de feuilles mortes eut souvenir de quelque poème pour l'occasion.

« La pierre taillée dévore l'esprit vagabond,
Pars loin là où son ombre n'est pas connue
Homme libre, cours vite sur l'herbe drue
Aux collines sauvages, tu trouveras consolation »


         Se mettant sur son séant l'homme affligé aperçut la mine attentive de l'Elfe, elle semblait perdue loin là où il ne pourrait jamais la suivre, sous l'emprise de réflexions échappant aux mortels les plus sages. Ephalak devait être pris d'un élan de curiosité puisqu'il abandonna l'expression de la douleur pour un faciès autrement plus amical. Et le ton de sa voix réchauffait l'air de la nuit pour un temps.

(Murmurant) « Je vois sur votre visage un mal qui ne m'est pas étranger, allons dites m'en plus sur vous. Veillez seulement à ne pas contrarier les choses de la forêt, allons parlez, je vous écoute. »
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMer 30 Juil 2014 - 1:25
« Je vois sur votre visage un mal qui ne m'est pas étranger, allons dites m'en plus sur vous. Veillez seulement à ne pas contrarier les choses de la forêt, allons parlez, je vous écoute. »

L’homme avait dit cela avec un léger sourire sur les lèvres qui de toute évidence se voulait chaleureux. Kerran sourit elle aussi, trouvant la situation plutôt incroyable.
Du lieu de rencontre, ils avaient chevauchés à travers la forêt un petit moment dans un silence incertain, sans se regarder une seule fois. On pourrait penser que l’atmosphère était étrange et que tous deux aurait espérer ne jamais se croiser, mais dans l’air traînait un calme doux et rassurant, ce qui changeait du froid cynique que les arbres portaient sur leurs branches courbées.
L’homme lui avait parlé d’une fumée au-dessus de la forêt, et très vite ils s’étaient retrouvés à ne pas voir plus loin que le bout de leur nez. Les deux comparses et leurs bêtes s’installèrent donc à l’écart de la route, et c’est en cette occasion que l’Homme engagea la conversation avec l’Elfe.

Cette dernière prit le temps de réfléchir à la question qui n’était pas simple. Parlez de soi quand on a plutôt l’habitude de poser questions à autrui pouvait  relever de l’impossible. Alors elle gratta vaguement le sol,  espérant que ce dernier lui dirait qui elle est. Elle leva les yeux vers Edon mais ce dernier ne daigna point l’a regarder, trop absorbé par la contemplation de corneilles se battant sur les branches d’un arbre proche. Alors l’Elfe se retrouva seule face à elle-même pour répondre à cette question qui à première vue semblait simple mais ne l’était point. Elle jeta un coup d’œil à cette homme dont elle ne savait ni le nom ni l’origine. Il l’a regardait toujours avec cet air amicale, un joli sourire pendu aux lèvres.

« Eh bien, c’est une bien étrange question, ma foi plus compliquée que je ne l’imaginais…, marmonna-t-elle entre ses dents, on m’appelle Kerran et je viens de la forêt de Mirkwood. »

Elle respira un coup comme si elle venait d’avouer un terrible secret. Elle entoura une mèche brune entre ses doigts et de l’autre main écarta un insecte passant près de son visage quelque peu endormi par la longue route. Elle était hésitante à parler de ce mal qui semblait émaner de tout son être, surtout à quelqu’un qu’elle venait de rencontrer. Mais cet homme-là semblait lui aussi proie à quelques démons et autres tourments alors dans une confiance un peu aveugle elle lui conta ses nombreux voyages pour échapper à son pays d’origine et les gens qui y vivaient, ses échecs en matière de combat et les nombreuses moqueries que cela entraina…

Pendant de longues minutes  l’homme l’écouta attentivement et jamais ne l’interrompit, hochant d’un air solennel de temps à autre. Et plus Kerran parlait, plus elle se sentait à l’aise, ajoutant détails et autres tourments,  s’emportant sur certains faits jusqu’à frapper du poing dans le vide en signe de colère. L’Elfe n’avait pas la grâce de son espèce, ou alors très peu, et cela pouvait se ressentir dans son langage un peu rustre et ces gestes brusques. Elle se forçait parfois à paraitre élégante en se tenant droite mais assise le dernière dans l’herbe boueuse il était difficile de l’associer aux êtres de la forêt. Se rendant compte de son manque évident de délicatesse, la demoiselle se tut et se redressa d’un coup sec, frottant ses vêtements désormais tâchés. Un silence s’installa qu’elle finit par briser d’une petite voix.

« Enfin voilà… et si je suis si proche de mon père c’est sûrement parce que ma mère nous quitta bien trop tôt. »

Elle se racla la gorge, prenant soudainement conscience de tout ce qu’elle venait de dire. « Vite, un autre sujet ! » se dit-elle quelque peu stressée.  L’Elfe se tourna vers Edon, faisant dos à l’homme toujours assis dans l’herbe. Un vent frais s’était levé et l’atmosphère semblait se glacé quelque peu, entourant la compagnie d’un silence pesant.

« Et vous dites-moi… vous n’êtes pas ici par plaisir n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui vous a traîné dans cette forêt lugubre ? »


Elle se tourna à nouveau vers l’homme désormais debout et lui faisant face de toute sa hauteur. L’Elfe n’avait pas fait attention à ses autres blessures, de guerres possiblement, et elle constata une jambe entourés de bandages vieillit par le temps et l’usure. Cela donnait un certain charme à cet étranger, et curieusement  Kerran se sentit rassurée de se trouver en sa présence. Elle afficha un sourire niais et observait ce nouveau compagnon d’aventure qui semblait désormais lui aussi absorbé par cette question faussement simple.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyVen 1 Aoû 2014 - 14:02
      Des ombres fantomatiques dansaient sur les visages des voyageurs las, une nuit sans repos les attendait dans sa toile finement tissée. Étendus l'un devant l'autre à quelques pas de distance l'Homme et l'Elfe venaient rompre l'atmosphère viciée partout autour de leur campement. Et les branches là haut se taisaient pour la première fois, prêtant attention aux douces paroles inconnues à leur mémoire. L'expression sereine Ephalak avait écouté en silence la dame des bois tantôt s'empourprer de gêne tantôt se répandre en paroles passionnées, et ce fut pour lui comme une marée forte de caractère, remplissant son être de quelques vents marins. Alors sa voix lui fut aussi familière que le chant des oiseaux, qui sont dotés d'ailes pour se reposer sur le branchage de la terre. A cet instant Ephalak comprit qu'elle devait trouver  quelque répit en lui, vieux Chêne des temps de malheur, et l'idée le peina car il prévoyait déjà son envol prochain. Plongé dans ses pensées du demain il laissa les syllabes se perdre en sons voluptueux et lorsqu'il posa à nouveau son regard sur l'Elfe celle-ci lui tournait le dos. Se levant avec brusquerie il accusa le coup à son attitude nonchalante et ne sut que dire si ce n'est un marmonnement inaudible. Puis la femme des bois se retourna l'air quelque peu embarrassé pour le questionner à propos de sa présence ici-bas.

« Et vous dites-moi… vous n’êtes pas ici par plaisir n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui vous a traîné dans cette forêt lugubre ? »

      Pris de court par la soudaineté des événements Ephalak sentit sa jambe gauche plombée, prêt de perdre l'équilibre il se ressaisit avant le point de chute en fermant la paupière. Un long râle s'échappa de sa bouche et lorsqu'il vint à se mêler au silence de la forêt alors le Dunedain porta un regard triste sur le monde alentour. Se rasseyant à terre il avoua avec l'appui d'un sourire sardonique bien des choses sur sa vie de Rôdeur, et ces paroles devaient être comme le venin d'une vieille plaie car ce qu'il gagnait en souvenirs oubliés se payait durement. Et s'il était être à comprendre l'accablement de l'homme dans les parages alors il ne serait pas étonnant qu'il rapporte à qui veut ce genre de passages :

(l'air perdu, se parlant à lui même) « De plaisir je n'en ai pas la douceur au palet. Ni l'amertume non plus. Trop longtemps suis-je resté dans l'ombre où le froid perdure, marchant toujours loin des choses de chez moi. Aussi sont-elles mortes à m'attendre, je n'en doute point. (se rappelant soudain sorti de sa torpeur) Ce que je fais ici ? Je me le demande bien, puis-je toutefois affirmer que la folie et l'espoir sans garantie n'y sont pas pour rien. Mes pas m'ont guidé depuis Fornost  jusque dedans la forêt maudite. Une parente s'y trouve si j'en crois mon flair, voilà toute l'histoire... (avec douceur) Dormez à présent, si vous le pouvez. Une longue journée se prépare demain, je veillerai pour vous. »

       En vérité Ephalak avait dit plus long qu'il ne le souhaitait, entraîné dans le jeu des révélations de la nuit. D'habitude aussi silencieux qu'il se peut le Rôdeur avait la gorge sèche et la mâchoire fatiguée, jamais auparavant tel échange n'avait impliqué tant de mots durs à l'écoute. Et l'Elfe paraissait comprendre qu'aucune autre question ne saurait être tolérée, aussi garda-t-elle le silence, comme en introspection devant le regard sévère de l'homme. Le geste précipité Ephalak sortit sa pipe et la fourra d'herbe, alors tirant dessus avec force il s'enroula dans sa cape tandis que l'Elfe se résolut au sommeil agité. Ainsi la compagnie passa le reste du temps des ombres.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyVen 1 Aoû 2014 - 18:43
La question posée entraina une série de réponses un peu vague, parfois incertaines. L’Homme semblait lui aussi avoir dur à trouver les bons mots pour exprimer ses émotions aussi l’Elfe ne dit rien et se contenta d’écouter et d’en apprendre plus sur son curieux compagnon de route. Il semblait avoir plus de raisons qu’elle de s’être perdu entre ces sombre gratte-ciels de la nature. Une parente serait la raison principale de cette aventure, mais il n’en dit pas plus. Distant, il l’était. Mais l’Elfe était persuadé que ce silence cachait quelque chose de profond. Elle comprit cependant que d’autres questions en cette nuit froide n’aboutiraient à rien et elle garda donc le silence, par respect. Il lui murmura d’une voix douce de se reposer, assurant qu’il veillait sur elle dans cette forêt lugubre. Kerran était plus fatiguée qu’elle ne l’aurait imaginée et ne rechigna donc pas. Elle s’enroula dans sa couverture cachant tout son être du mieux qu’elle pouvait. Elle observa l’Homme un petit moment, lui qui était absorbé par la fumée qui se dégageait de sa pipe. Il avait l’air vraiment fatigué, une fatigue qui se traîne avec les années, une fatigue que même une nuit de sommeil dans le lit confortable d’un roi ne pourrait atténuer. Kerran réfléchit quelques minutes à cette situation, tentant de percer le mystère des paroles de cet homme mais la nuit continuait son chemin parmi les arbres et, exténuée, elle finit par s’endormir en marmonnant entre ses dents.


Le soleil perçait vaguement parmi les épais branchages quand l’Elfe sortit de ses rêves. Il devait être 6 heures du matin tout au plus, ce qui était une heure idéale pour se mettre en route. La nuit fut courte et le lit, fait d’un sol rugueux et irrégulier, eu tout le loisir de briser le dos de la demoiselle qui eut bien du mal à se lever tant ses muscles souffraient. Jetant un coup d’œil aux alentours elle remarqua que Edon et le poney était déjà réveillé et broutait l’herbe sombre tranquillement. Un peu plus loin, à moitié couché contre un arbre, l’homme dormait encore. Il semblait plus calme maintenant qu’il ne voyait pas le monde qui l’entourait. « Ses rêves doivent être plus jolis que sa vie de tous les jours… » se dit Kerran à elle-même.
Mais elle ne perdit pas de temps à la contemplation et farfouilla dans son sac à la recherche de nourriture. Sur son chemin vers la forêt l’Elfe avait fait le plein de provisions et elle sortit donc des œufs et des tomates. Un peu salé comme petit-déjeuner mais cela fera l’affaire.  Elle tenta tant bien que mal de préparer les deux assiettes en silence mais maladroite, elle fit tomber ses ustensiles sur les cailloux plusieurs fois dans un vacarme qui réveillerait un mort. Elle était en train de couper les tomates quand elle entendit des mouvements derrière  elle. Il était réveillé et semblait avoir passé une nuit un peu meilleure qu’elle. Il s’approcha en marmonnant ce qui semblait être un « Bonjour » un peu fatigué.

« Je suis pas très douée en cuisine et je mange souvent la même chose… mais j’espère que des œufs et un peu de tomates feront l’affaire ! »


Elle lui tendit une des deux assiettes en souriant, et mâchouilla une tomate un peu caoutchouteuse. L’homme s’était installé un peu plus loin, en silence. Contrairement à la veille où ils s’étaient retrouvés plusieurs fois confrontés à un silence gênant, celui-ci était agréable, presque rassurant. La forêt était moins lugubre de jour que de nuit même si elle gardait une atmosphère oppressante et inquiétante. La lumière du jour passait difficilement entre les arbres qui formaient un mur impénétrable à certains endroits. D’humeur joyeuse, Kerran fredonna cette mélodie que son père lui fredonnait tous les matins quand elle partait en forêt. C’était un air joyeux et très simple, comme un chant d’oiseaux au printemps.

« Ca ressemble à une belle journée » avait-elle murmuré un peu pour elle-même, mais assez fort pour qu’il l’entende.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyDim 3 Aoû 2014 - 21:26
Un homme court entre les larges troncs d'une forêt inconnue.

Un homme court entre le brasier ardent porté par le vent fougueux. Il respire avec difficulté les volutes de fumée et tousse et crache et manque de tomber à terre.

Un homme regarde devant lui et est ébloui par ce qu'il voit, une lumière immaculée. Alors il croit renaître et toutes ses pensées sont vierges de malheurs, le vide qui s'étend à ses pieds lui semble une sécurité infinie et immuable.

Un homme veut sauter dedans le précipice sûr d'y trouver la paix. Mais une poigne solide le retient, il ne peut pas sauter.

Sauter,

sauter où ?

Le point de chute s'entoure de brumes.

Sauter....

sauter !

Un homme lève le visage et aperçoit une forme floue.

Il lui demande nerveusement :

« sauter où ?! »


      Le réveil d'Ephalak fut accompagné d'une sensation de chute, et durant un temps il oublia même sa propre existence. Le dos posé contre la base d'un arbre solide le Rôdeur devait s'être assoupi sans le vouloir car sa pipe à présent éteinte gisait sur son torse comme si un rapide hochement de tête l'avait déposée là. La lumière du petit matin atténuée par les feuillages n'offrait que peu de visibilité aussi d'autres sens que la vue furent alors en œuvre. La dame Elfe préparait quelque petit déjeuner et l'odeur embaumait le campement, revigorant l'ardeur du voyageur. Ils mangèrent de bon cœur et apprécièrent le moment de paix qui s'offrait à eux, sachant qu'une dure et longue journée de marche les attendait. Et la forêt même profitait de l'aurore pour s'adonner à de belles réflexions sur les événements du jour. Sur le chant de la dame des bois la nature dansait gaiement selon le rythme des paroles,  insouciante des soucis de la nuit. A peine eut-elle achevé sa litanie qu'elle tourna la tête vers Ephalak, prévoyant un voyage dégagé et une réussite certaine. Une belle journée, pas plus que les autres si ce n'est dans l'ombre de nuits mauvaises, alors peut-être avait-elle raison en définitive. Elle était l'herbe douce après la pierre acérée, que l'on palpe comme un souvenir lointain. Une beauté entretenue par le fer et le feu. Oui cette journée était belle. Là dessus Ephalak prit soin de couvrir les cendres tièdes après quoi il quitta le renfoncement pour prendre de la hauteur. Guettant tout signe de mouvement loin devant et s'assurant qu'aucun curieux n’avait suivi leurs traces. Enfin il revint sans rien à signaler si ce n'est le calme et l'air vivifiant du matin. La dame Elfe était d'ores et déjà prête au départ et en l'entendant s'approcher la mine sereine celle-ci lâcha le soupir de celui qui sait le danger à bonne distance. Grimpant sur son fier Poney le Dunedain entama sa marche vers  le sud-ouest, le sourire aux lèvres de descendre tranquillement les hauteurs de la forêt.

      La journée était bien avancée lorsque les voyageurs de mauvaise fortune se heurtèrent à un obstacle et non des moindres. Depuis leur départ il y a quelques heures seulement le pas s'était montré rapide et aisé, le sentier suivi serpentait toujours en une légère pente. Pour mener finalement sur une trouée des plus abruptes par laquelle se pouvait voir le sommet de quelques arbres en contrebas. Alors Ephalak mit pied à terre et se pencha du mieux qu'il put de sorte à constater s'il était ou non raisonnable d'entreprendre une descente. Car aussi loin que son regard portait le sentier qui les avait conduit jusqu'ici épousait l'escarpement avant de se perdre parmi les brumes persistantes des basses terres. Juste assez étroit pour permettre une approche à condition d'y aller doucement et de prêter  attention au devant comme au derrière. Depuis son point d'observation le Rôdeur paraissait au sommet d'une haute tour des temps immémoriaux, partout alentour s'étendait une mer de nuages, abandonnés des leurs et qui dans leur chagrin auraient longtemps erré pour venir se perdre là en bas. Croupissant dans l'attente d'un signe du ciel, entretenant leurs maux dans le bois pourri et l'eau poisseuse. Alors Ephalak fut saisi d'une impression vague, la paupière close des images surgirent toutes en même temps et l'envie prit le dessus sur la raison. Ses membres se bandèrent, prêts à s'élancer dans le vide.

      Cette réalité le terrifia et rien n'aurait pu le tirer de cet état sinon un hennissement fort et cristallin derrière, loin des marées du temps dans lesquelles son regard s'égarait. A l'entente de tel appel Ephalak s'en alla rejoindre  la dame elfe pour lui expliquer les événements à venir, et prendre conseil car son cœur était troublé à présent.

« J'ai vu plus que je n'espérais, un brouillard qui ne dort jamais, cachant un mal sans visage ni pensée. Pour l'atteindre il nous faut suivre un sentier, c'est la voie la plus directe pour quitter les hauteurs de la forêt. Je crois en fait qu'il n'y en ait aucune autre à bien des lieues, mais rien n'est trop sûr ici... Enfin le temps est au repos, tant que la terre est dure et le soleil au dessus de la tête. Nous parlerons de tout cela plus tard. »

    Alors l'homme sortit de ses bagages quelque nourriture de la route et la dégusta contre les hautes racines d'un tilleul en fleur. Au dessus les abeilles volaient et chantaient leur amour à l'arbre, et ce fut pour Ephalak une joie immense. Se prenant à rire doucement avec l'Elfe, une lueur de compréhension parcourait leur regard. Aucun mot ne fut prononcé le temps du déjeuner, comme s'ils étaient superflus et tout à fait incapable de fixer clairement les pensées des deux compagnons. Et après avoir fumé tranquillement Ephalak se dirigea vers sa monture, lui caressant le poil par habitude.

« Que dites vous de partir maintenant ? Je n'ai d'ailleurs pas eu votre avis sur la question du partir, qu'en pensez vous après tout ? »
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyJeu 7 Aoû 2014 - 22:55
« Que dites vous de partir maintenant ? Je n'ai d'ailleurs pas eu votre avis sur la question du partir, qu'en pensez vous après tout ? »

L’Elfe mâchouillait une herbe en regardant dans le vague, l’esprit quelque peu à l’ouest. Elle leva les yeux vers l’Homme qui caressait sa monture, ce qui l’a faisait sourire. Un homme aussi grand et un poney comme monture…. Elle n’en revenait toujours pas. Il en fallait peu pour impressionner Kerran, aussi elle détourna les yeux de peur de paraitre malpoli face à tant de curiosités.

« Que dites vous de partir maintenant ?... » Avait-elle répétée entre ses dents, ses yeux toujours perdu dans les hautes herbes. « Eh bien… »

Un peu endolori, l’Elfe se releva maladroitement en prenant appui sur tout ce qui se trouvait à porter de mains. Époussetant sa veste brune, elle approcha du problème épineux qui s’était mis en travers de leur chemin. De toute évidence le chemin s’envenimait au fur et à mesure qu’ils avançaient ce qui stressa Kerran qui s’attendait désormais à devoir croiser le fer avec une quelconque créature sortie tout droit de la chambre de Satan lui-même. Mais rebrousser chemin n’amènerait à rien. La question de l’Homme fit son chemin dans l’esprit en ébullition de l’Elfe.

« Ce que j’en penses… Eh bien nous sommes partis il y a un moment, la question ne se pose plus. Si on met de côté ce chemin des milles démons s’offrant à nous de côté, c’est une promenade plutôt agréable parmi ces arbres lugubres. »

Kerran remit ses affaires sur Edon et refermant sa veste, monta sur le dos de ce dernier, qui n’attendait que de partir. Observant le chemin escarpé l’Elfe fronça les sourcils, tentant tant bien que mal de cacher son inquiétude face à cet imprévu.

« Reprenons la route, toussota-t-elle, il vaudrait mieux être sorti de ce sentier avant la nuit, ne pensez-vous donc pas ? »

L’homme hocha légèrement la tête en signe d’approbation et tout deux ils entreprirent la descente sans trop se presser. Ce serait malheureux de ralentir la compagnie à cause d’une chute.
Le sentier était parsemé de divers cailloux, pour la plus part pointus ce qui pouvait poser problèmes avec les bêtes qui avaient beaucoup de difficultés à se frayer un chemin sur le parterre déjà restreint.

L’Elfe s’était proposé en tête de convois, ayant l’habitude des forêts et leurs nombreux maléfices. Elle guidait Edon entre les crevasses, admettant un malaise sur cette route qui lui semblait encore plus difficile que ce qu’elle pensait. Les quelques hautes herbes masquaient des trous où le cheval manquait parfois de tomber et le sol semblait s’effondrer sous leurs pieds, comme sur un pont en bois mordus par les mites.

Il leur fallut bien une heure pour descendre ces mètres qu’ils auraient pu parcourir en une vingtaines de minutes, si la route avait été moins capricieuse. Autant Edon que le petit poney semblaient épuisés aussi l’équipe s’arrêta au pieds de cette descente de l’enfer.
Kerran s’étala sur l’herbe verte ce qui ne manqua pas de les surprendre eux qui étaient maintenant habitués aux dégradés noirs et blancs de la vieille forêt. Ils se reposèrent un moment dans un silence apaisant, pas peu fier d’en avoir finit avec ce sentier et cette journée, même. Cependant ils ne s’arrêtèrent qu’une quinzaine de minutes: la nuit montrant ses premières lueurs sombres, il valait mieux trouver un endroit plus sûr et caché pour passer la nuit.

«A vous l’honneur mon ami, murmura l’Elfe, je vous laisse nous guider à travers cette forêt aux multiples secrets.»

Elle  lui sourit, un sourire chaleureux et réconfortant qui redonnait du courage aux aventuriers lessivés. Cette journée, qui au premier abord semblait banale et ennuyeuse, s’avéra exténuante et longue, les forçant à quelques arrêts qui les ralentit. Mais l’homme a l’allure calme ne semblait pas s’inquiéter de ces imprévus, comme si il s’attendait à ce genre de détails. Autour d’eux les arbres semblaient former un voile de protection, abandonnant leurs allure de gardiens maléfiques pour un temps indéterminé, enveloppant les aventuriers d’une atmosphère féerique, chose qu’on ne s’attend à voir dans un lieu tel que la Vieille Forêt.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptySam 9 Aoû 2014 - 20:07
-Un marais de puanteur et de bois mort, je crains qu'il faille se mouiller un peu ! Regardez tout autour, les parois semblent s'être refermées sur nos espoirs de demi-tour, dit Ephalak le ton serein comme à la vue de belles prairies parfumées. La botte profondément enfoncée dans la boue après avoir sauté de sa monture.

    Ils avaient atteint les bas fonds de la forêt où tout ce qu'elle renferme de mauvais suinte depuis les hauteurs pour y croupir à jamais. Pris entre deux géants endormis là s'étendait la vallée grinçante, au centre de ses eaux stagnantes se trouvait un arbre gros et difforme parmi tant d'autres. Se tenant haut pour épier et si possible entraîner les pauvres gens égarés à ses pieds. Et d'aucuns ayant trouvé moyen de fuir son ombre devaient passer le restant de leurs jours la terreur sur le visage d'entendre plus jamais aucun son si ce n'est celui du vent hurlant et des branches agitées. Quelques mottes de terre moussue traversaient le marécage et dessous certains talus  des sources s'écoulaient en direction du sud, suivant l’inclinaison naturelle du terrain.Et tout autour en touffes éparses de l'herbe sauvage trempait dans le courant. Aussi la compagnie longea un certain temps la paroi Est par laquelle elle était descendue non sans difficulté. Il n'était de toute évidence pas question de s'attarder là et Ephalak dut peiner plusieurs heures tantôt à vadrouiller seul pour se faire une idée du terrain tantôt à encourager de mots doux son Poney empêtré dans la boue collante. Se retournant aussi de temps à autres vers le dame Elfe pour un sourire bienveillant et une parole échangée, néanmoins suffisants à conforter le Rôdeur dans son périple.

    Mais la nuit était sur eux et la promesse d'un repos bien mérité s'évanouissait dans l'air pestilentiel de la vallée. Alors non loin un hurlement comme sorti des profondeurs de la terre glaça le sang du Rôdeur et fit se cabrer le Poney d'un même coup. La forêt sortait enfin de sa torpeur et semblait ne pas apprécier la présence d'étrangers à son réveil. Des voix se firent entendre là haut, seuls les êtres d'écorce et de sève en ont la connaissance aussi parurent-elles fortes et graves aux oreilles d'Ephalak. Telles des menaces précédant quelque mauvais coup, il fit signe à l'Elfe de presser le pas mais avant d'avoir pu achever son geste l'homme fut projeté à terre avec violence. Alors l'obscurité envahit ses pensées et bientôt le temps et l'espace se mêlèrent en un brouillard fugace. Il ne perçut des choses autour qu'un vacarme lointain comme répercuté depuis quelque mont solitaire en multiples échos. Aucune réponse ne s'échappa de sa bouche fatiguée, seulement une grimace de douleur faisant s'étirer ses lèvres dans un tremblement pitoyable. Le rôdeur restait allongé au milieu de la boue froide à s'enfoncer lentement dedans les limbes de la forêt alors qu'à quelque distance de là se déroulait une lutte féroce où le bois entamait son chant guerrier fait de craquements et de grincements.
 
    Vint alors un cri qui perça la nuit d'un trait limpide et le cours des choses sembla s'être figé avec sa note finale, tel l'éclair dans le ciel empourpré qui s'abat sur l'arbre au sommet de la colline. Et le silence qui lui succéda n'en fut que davantage éclatant, électrisant l'air partout où le souvenir de son passage perdurait. L'appel ne fut pas ignoré par Ephalak, aussi trouva-t-il une force nouvelle pour se dégager de sa prison de puanteur. Portant le regard alentour il aperçut l'Elfe étendue près d'un talus et quelques enjambées suffirent au Rôdeur pour s'approcher du corps. La mine blafarde il scruta rapidement ses blessures, dont une à l'épaule gauche l'inquiétait  particulièrement. Alors sans hésiter un instant il sortit de son sac de voyage bandages, herbes médicinales et autres choses qu'exigeaient la situation présente. Ses gestes étaient sûrs et calmes, imprégnés d'un savoir façonné par le temps. Et lorsqu'il fit tremper quelques feuilles d'Athelas dans de l'eau bouillante préparée en toute hâte la femme des bois émergea de ses vilains délires car l'air à présent était vivifiant comme la brise de la mer sur le visage troublé. En lavant les blessures de l'Elfe Ephalak sentit toute peine l'abandonner et la réalité goûta à la douceur du rêve le temps d'un regard.

-J'aimerais savoir quel nom donner à l'herbe folle fraîchement coupée, car mon peuple n'a pas de mot pour pareille beauté,
murmura Ephalak tout en plongeant son iris bleu-gris dedans les puits éternels de l'Elfe, tout sourire devant son expression ébahie. - Comment vous appelez-vous ?
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMar 19 Aoû 2014 - 23:23

Tout se passa si vite que l'Elfe, pourtant aux aguets, ne vit rien venir. De toute évidence le calme des jours précédents s'était envolé avec la lumière du jour car la nuit, désormais menaçante, tenta de les amener dans les bas fonds avec rage. Mais autant l'Elfe que son compagnon de route éprouvèrent des difficultés face à cette tempête inattendue aussi ils finirent la tête dans la boue et des blessures béantes pleurant à flots en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

"C'est gluant... On dirait...On dirait..."

Kerran émit un petit grognement. Son corps entier lui faisait mal et le sol semblait vouloir l'absorber petit à petit. C'était gluant, comme si elle était couchée sur un nid de limaces. Et son corps! Enflammé, en agonie... mais parmi toutes ces peines l'Elfe renifla une odeur de plante bouillie qu'elle n'avait jamais sentie auparavant à tel point qu'elle sortit de sa torpeur petit à petit.

"Eeh..."

La bouche sèche, Kerran tenta tant bien que mal de marmonner quelque chose. Devant elle était accroupi l'Homme qui s’effarait sur une petite marmite d'eau chaude, marmite d'où s'échappait cette odeur de plante qui aida Kerran à se réveiller. Il l'observait, un air de soulagement dans le regard. Et entre deux murmures, il lui demanda son nom.

Avec toutes ces émotions, l'Elfe avait perdu son aptitude à parler aussi elle sortit sa gourde d'eau en premier et s'hydrata un brin. Elle resta un peu stupéfaite face à la force de l'Homme qui ne semblait pas ressentir ses propres douleurs. Un silence rassurant s'était installé autour d'eux, comme si la forêt acceptait de leur laisser un peu de répit en ces heures avancées de la nuit. Il faisait doux et en même temps chaud et on pouvait entendre un hiboux hululer au loin.

"Kerran. je m'appelle Kerran."

Elle avait soufflée son nom entre deux bruissements de feuilles en espérant au fond d'elle qui ne l'entendrait pas. Elle s'empourpra et cacha son visage derrière ses mèches brunes. "Mais qu'elle impolie, j'ai oublié de lui demander le sien!" s'exclama t-elle intérieurement. Kerran se leva brusquement, ce qui ne manqua pas de lui rappeler ses nombreuses blessures et la douleur qu'elles enclenchaient. L'Elfe grommela en se tenant l'épaule douloureusement.

"Et vous? Je n'ai pas eu l'occasion de vous entendre prononcer le vôtre."

Elle se rassit à ses côtés, jouant avec le feu de la marmite avec ses doigts. Ses douleurs se firent plus calme et son sourire reprit son travail sur les lèvres roses de l'Elfe. L'homme, qui de ses douces paroles s'appelait Ephalak, souriait lui aussi et, chipotant dans son sac, sortit sa pipe en bois qu'il fourra d'herbes brunâtres. Ils échangèrent encore quelques paroles avant de reprendre la route pour trouver un recoin un peu plus douillet et à l'écart de la route. Ils installèrent un bivouac dans un petit triangle d'arbres et dormirent à poings fermés jusqu'au lever du jour.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptySam 23 Aoû 2014 - 17:51
"Et vous? Je n'ai pas eu l'occasion de vous entendre prononcer le vôtre."

« Au loin je suis allé me perdre,
Là où la nature est vierge et terrible,
J'y ai vu la main des dieux et tout l'impossible
D'une terre libre, au loin j'ai oublié un temps le foyer en cendres.
Ephalak, c'est ainsi qu'on me nomme de par chez moi »


     Calfeutré dedans sa cape de voyage le rôdeur mit un temps considérable à trouver le sommeil, travaillé par la discussion de la veille qu'il ne cessait de ressasser comme pour lui trouver la bonne intonation ou encore se demander s'il n'aurait pas été préférable de s'y prendre autrement. Et au fil de ses variations il en vint même à oublier quelle en avait été l'ordre et le contenu premiers, à la manière du rêve fugace qui s'évanouit à force d'être tourné et retourné en tous sens. Il finit par sombrer dans l'obscurité non sans un goût amer au travers de la gorge, résigné à laisser le temps reprendre son emprise. Et lorsque les pâles rayons du petit matin se frayèrent un passage entre les arbres hauts Ephalak gardait toujours cette impression de toucher au but sans y arriver vraiment. La paupière lourde il observait le camp et au delà, jetant de temps à autres un coup d’œil du côté de Kerran,  du moins croyait-il se souvenir d'un nom semblable. Les événements de la veille lui semblaient être tirés d'un temps lointain, où il ne trouvait sa place nulle part si ce n'est en misérable spectateur de sa propre perte. Aussi lui revinrent-ils par bribes, le réveil des arbres et la vacarme qu'il déchaîna, une douleur vive dans la nuque puis les ténèbres grandissantes. Le reste de l'action se confondit en gestes, mots et regards qu'Ephalak eut grande peine à mettre bout à bout, pour cela sans doute il interrompit son effort et considéra les choses à venir plutôt que les problèmes d'hier.

    Il devait être 6 heures tout au plus selon le niveau du soleil à l'horizon lorsque le rôdeur émergea tout à fait de ses réflexions, alors il entreprit de préparer quelque repas frugal pour Kerran, encore étendue dans un creux, la respiration paisible. L'entendant s'affairer celle-ci poussa un léger soupir, non de soulagement mais plutôt de douleur à en juger par l'intonation.

« Pas d'agitation inutile, restez donc couchée le temps du petit déjeuner dit Ephalak sévèrement, ce qui ne manqua pas de faire réagir l'Elfe en conséquence, surprise par ce regain d'autorité. Comment vous sentez-vous ? Finit-il par demander avec plus de sympathie.

    Des racines et d'autres plantes fraîchement cueillies pour l'occasion ou encore séchées constituaient l'essentiel du repas, étant donné les multiples maux de Kerran depuis l'attaque de la veille aucun autre régime ne lui pouvait être prescrit. Aussi Ephalak par souci d'équité fut logé à la même enseigne, s'efforçant d'y trouver satisfaction. Du moins jusqu'à ce qu'il voie la mine dépitée de l'Elfe, grimaçant comme jamais grimace n'a été faite, alors un fou rire le prit sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Ce à quoi répondit Kerran par un bougonnement, tout naturellement.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyLun 25 Aoû 2014 - 18:53
-Behh... ça va ça va je suppose...

Kerran mâchouillait son déjeuner fait de racines et plantes variées que l'Homme nommé Ephalak avait préparé alors qu'elle ronflait encore. Son corps entier hurlait de douleur mais l'Elfe se retint d'émir quelconques gémissements pour ne pas déranger son compagnon de voyages et d'infortunes avec ses maux. Mais il ne lui fallait aucun signe à cet humain aussi grand qu'un elfe, car il s’effarait toujours autant à panser les bobos de Kerran. Ses grimaces de douleurs instaurèrent, étrangement, une atmosphère bon enfant autour d'eux. Ils discutèrent un temps des événements de la veille et de ce qu'il était bon de faire maintenant. Tout d'eux approuvèrent l'idée d'avancer lentement mais sûrement en coupant au maximum à travers tout afin de rattraper le temps perdu.

- C'est un bon cheval, dit Kerran en désignant son fidèle Edon, et votre poney peux nous ralentir si vous le chevauchez, avec votre taille et votre poids! Alors soit on inverse les montures, soit on utilise Edon comme transport et votre poney comme... comme "bazaar". On lui mettrait nos quelques sacs sur le dos, ce serait toujours moins lourd que vous. On pourrait alterner les deux solutions aussi! 2 heures avec Edon, 2 heures avec les deux montures...

L'Elfe commençait à divaguer, son imagination débordant d'idées pour aller plus vite. "Pourquoi a t-il un poney et pas un cheval déjà?" pensa-t-elle plusieurs fois. Mais elle du admettre une certaine affection pour ce poney là, malgré ce choix assez crétin, il faut le dire. Ils décidèrent d'aller avec ce scénario de 50/50 qui pouvait leur faire gagner du temps sur celui perdu. On s'effara donc à déménager le matériel sur le dos de la petite bête et ils furent bientôt reparti sur la route. Ephalak guidait Kerran et Kerran, Edon. De promenade ils étaient passés à course à la montre, et ils tracèrent à travers l'oppression des arbres obscures aussi vite qu'il purent. Derrière eux le couloir d'arbres se refermait, comme si la forêt les empêchaient dorénavant de retourner en arrière. Il faisait noir et pourtant il n'était pas encore midi: ici dans la vieille forêt le temps n'avait plus d'importance, sauf quand vous en manquiez.
Prisent d'un doute idiot, l'Elfe tourna la tête vers Ephalak installé derrière et souffla:

- D'ailleurs, comment il s'appelle votre poney?

Elle le scruta, oubliant qu'elle dirigeait Edon à travers les arbres colériques et leurs branches qui tentaient de les gifler à la moindre occasion. Ils n'avaient pas eu beaucoup l'occasion de vraiment discuter et cette soudaine proximité était une bonne occasion d'en savoir plus sur cet étrange personnage à la recherche d'une proche disparue... Disparue où d'ailleurs? Kerran ne le savait pas vraiment non plus, elle qui avait suivit aveuglement Ephalak sans trop demander de comptes.
"Mon dieu si ça se trouve je vais finir en bouillie pour le marché!"
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMar 26 Aoû 2014 - 23:19

La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] Old_man_willow_by_lord_phillock-d3b56ei
~Le Vieil Homme Saule~

       A l'aube de leur départ les deux compagnons revirent l'organisation de leurs montures et des paquetages selon qu'ils soient portés par l'une ou  l'autre bête, du moins c'est ce qu'Ephalak put tirer des explications de Kerran, qui était à l'origine de cette initiative. Il ne vint pas à l'esprit du rôdeur de contester ces mesures  aussi eurent elles un effet considérable sur la progression de la compagnie par la suite, en effet jusqu'ici bien que robuste le poney de l'homme n'avait  que peu brillé par sa célérité. Souffrant à la comparaison, d'autant qu'Edon avait l'habileté et la grâce des gens  immortels, peut être même l'était il à sa manière se dit Ephalak sans trop y croire non plus. Et alors que le Dunedain s'occupait de charger ses affaires sur le dos du poney, laissant cours à ses fantasmes de vie éternelle, une pensée extérieure vint le ramener à la réalité du monde, celui où le Dunedain ne peut qu'admirer le beau sans y goûter jamais. Un regard timide lui donna raison, qu'est-ce qu'un homme de si haute stature se trouvait à monter le poney réservé d'habitude aux petites gens, c'était assurément ce à quoi pensait Kerran, en eut-il seulement la vague impression. Se détournant de l'elfe il s'empressa de finir sa besogne non sans maladresse, et enjoint la compagnie à quitter la clairière où elle s'était reposée le temps d'une nuit. Et préoccupé par sa monture il le resta le temps que dura leur course, plus que par celle-ci en fait c'était son voyage même qui venait d'être ébranlé par cette faiblesse apparente.
   Le matin était bien avancé et les deux voyageurs devaient avoir parcouru maints miles, laissant dans leur dos les eaux puantes et la mauvaise fortune pour pénétrer plus en avant le cœur de la forêt. A se risquer des regards de biais Ephalak eut l'impression d'un mouvement précipité sans le voir tout à fait, comme une  mâchoire d'acier se refermant dans une dernière étreinte, celle qui n'avait pour dessein que d’accroître la détresse de l'homme égaré. Aussi l'idée fixe continuait inlassablement son va et vient dans la tête du rôdeur, et ses pensées mêmes devaient irradier l'air tout autour de lui, trouvant écho dans la bouche de l'elfe.

-D'ailleurs, comment il s'appelle votre poney?

« Je l'ignore dit Ephalak après un temps de réflexion, il m'a été offert sans que je sache rien le concernant. Aussi je me garde bien de lui trouver aucun nom. La tâche ne m'appartient pas, à personne d'ailleurs sauf peut être celui là même qui est concerné justifia-t-il l'expression tout à fait calme avant de se fermer dans un silence penseur. »

     Alors le poney dont il était question poussa un hennissement, chose rare à en croire par son tempérament effacé ces derniers jours. Et il aurait réussi à attirer l'attention des voyageurs si une bourrasque ne s'était engouffrée dans le renfoncement  où ceux-ci se trouvaient. Déferlante suivie d'une brise chaude qui emportèrent l'appel de la bête pour l'étouffer absolument. Toutefois l'animal contourna le problème et s'agita comme un diable, ce qui ne manqua pas de faire réagir Ephalak,  signifiant à Kerran d'arrêter sa course. Le rôdeur considéra le poney l'expression grave, et tout en s'approchant de lui il prit une grande inspiration comme s'il s'apprêtait à plonger sans avoir connaissance de la profondeur à parcourir. Au moment du contact tout l'air aspiré fut relâché en un râle rauque qui laissa bientôt place à maintes syllabes se suivant selon le même rythme monotone.

« bâ...bâ...bâ, BA ! cria Ephalak tout en s'écartant de l'animal dans un soubresaut, échappant au contrôle de la raison qui pour un temps l'abandonna. L'air est rempli de malice, gare à celui qui ne prend pas garde car ses pas le mèneront là où il l'entend, lui qui pourrit au dedans comme au dehors. Psalmodia le rôdeur sans pause aucune, l’œil  fou. »


     Reprenant ses esprits Ephalak aperçut la mine affolée de l'elfe, la pauvre ne devait rien comprendre de tout ceci, ce qui n'était pas une si mauvaise chose en soit. Car ce qu'avait vu -ou plutôt cru voir- le rôdeur donnerait pour ainsi dire la chair de poule au plus hargneux des maîtres nains. Alors il entreprit de la rassurer du mieux qu'il put, en profitant par là même pour lui expliquer les choses à venir. Dont la plus importante était sans conteste le but même de cette entreprise, sa mère volatilisée  et la piste qu'il avait suivie le menant au beau milieu de la Vieille Forêt. Enfin à force de parler il oublia sa peine toute récente, du moins l'accepta-t-il avec plus de bon sens qu'auparavant. Et lorsqu'il en vint à la démarche à suivre, Ephalak réalisa que malgré tous ses efforts pour suivre la trace de la fumée et sûrement du camp qui en était l'origine, au final il n'avait réussi qu'à se perdre davantage dedans le labyrinthe d'arbres et de ruisseaux. Ruisseau... maintenant que ses sens avaient recouvert toute leur acuité il lui semblait entendre parfaitement clairement le clapotis d'une rivière non loin. Par précaution il préféra partir en reconnaissance là où tout indiquait qu'un cours d'eau trouvait son lit. Laissant dans l'expectative Kerran qu'il lui fallait avant tout préserver de tout danger, étant toujours en convalescence malgré la grande capacité de régénération dont elle faisait preuve.

       Quelques minutes suffirent au rôdeur pour repérer ladite rivière, positionné sur une bute surélevée par rapport à celle ci il eut tout le loisir de contempler ses environs. L'eau s'écoulait nonchalamment entre deux hautes parois aux pieds desquelles de l'herbe et des roseaux se trouvaient en abondance, et tout à fait au dessus maints saules se penchaient vers l'avant, faisant pendre de cette manière leurs branches au dessus même du courant. Plus loin un arbre de la même espèce dépassait de bien tous les autres, si bien qu'Ephalak ne put en voir le bout. Il semblait avoir été modelé par les caprices du temps, entremêlement de racines rampantes sur lesquelles s'élevait un tronc tout tordu et aux multiples ouvertures. Son ombre emplissait l'endroit d'une terreur sans nom, à la fois attirante et repoussante se dit le rôdeur. Il se tenait en fait devant le Vieil Homme Saule, mais il l'ignorait tout naturellement. Toutefois l'idée qu'il fut la cause de ses tourments -dont le poney avait lui même eu le pressentiment- lui traversa l'esprit. Aussi il ne put résister à s'en approcher quelque peu, du moins suffisamment pour se rendre compte qu'un vilain bougre se trouvait empêtré entre ses racines, inconscient ou endormi, il ne put le dire avec précision. Alors Ephalak lui donna une pichenette sur le visage, et le doute fut aussitôt dissipé. En effet le diable entrouvrit ses persiennes non sans peine et poussa un faible cri à la vue du rôdeur. Aussi bien assez vite se rendit-il compte qu'il était tout à fait emprisonné par l’enchevêtrement de racines, alors sa stupeur laissa place à un intérêt certain.

« -Hey toi là, ça t'dirait de m'venir en aide ? J'sais pas ni comment ni pourquoi mais me vla tout ficelé comme tu peux le constater par toi même articula avec peine le terrible bougre tout en se débattant inutilement 

-Je le ferais volontiers si j'avais connaissance du mauvais tour en question. D'abord cessez donc de gesticuler, puis dites moi... marmonna Ephalak en remarquant à qui il avait affaire, l'habit ne trompait pas, se trouvait là en position délicate un brigand d'un bien bête genre. Dites moi où se trouve votre camp et ce que vous êtes venus traîner ici, ensuite je penserai à vous sortir de là. Dit Ephalak sur un ton se voulant plus autoritaire, inquiétant même.

-Alors ça veut marchander comme ça ? Pour sûr qu'ça veut marchander quand le pov type se trouve les quattre sabots en l'air, seulement moi j'dis vous auriez pas tenu l'même discours en face d'un brave gaillard tout droit dans ses bottes ! Postillonna le brigand sur un ton provocateur. Au nord à l'ouest, longez un peu l'eau puis y'a un sentier qui grimpe un peu, là y'a tout ce que vous réclamez murmura-t-il d'un air résigné, ayant visiblement compris toute la détresse de sa posture.

-Bien, mais qui me garantit qu'il n'y a pas là tromperie et mensonge, la bouche de l'homme qui vole n'est pas des plus sûres m'est avis, dit Ephalak en conservant son calme habituel, bien qu'au fond il soit rempli d'extase de se trouver en position de force.

-J'vous le jure msieur, qu'est-ce que vous allez croire que j'vais mentir quand un gentil bonhomme peut m'tirer d'affaire ! Tenez z'avez qu'à me prendre avec vous pis j'montrerai le chemin à suivre, dès que j'ai l'air de vous mener en bourrique, un coup dans la nuque et on en parle pu ! Supplia le pauvre bougre, la voix agitée par l'émotion.

-Tu m'as l'air tout à fait honnête, ou bien tu es un fin comédien, ce dont je doute sérieusement répondit Ephalak sur un ton amusé, s'apprêtant à libérer le brigand. »

     Avant tout Ephalak prit soin de lier les poignets du prisonnier au cas où il lui vienne à l'esprit de chercher la bagarre, à tout hasard. Se faisant il cherchait un quelconque moyen de venir à bout de ces larges racines sans offenser d'aucune manière l'arbre auquel elles appartenaient. Il vint finalement à fermer sa paupière, se concentrant pleinement afin de raisonner le vieux saule. La lutte devait durer quelques instants après quoi les racines s'espacèrent pour laisser passer le brigand. Se saisissant de lui il le dirigea avec précaution là où Kerran était restée à attendre. Et en voyant arriver cet étrange défilé l'elfe devait pousser un cri que quiconque se trouvant à moins de 10miles à la ronde aurait entendu non sans surprise.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMar 2 Sep 2014 - 23:09
Kerran plissa les yeux à la vue du nouvel ami d'Ephalak: mal habillé et la gueule balafré, il n'était certainement pas de bonne compagnie mais l'Elfe conclut que si l'Homme le ramenait avec c'est qu'il devait être dans les normes. Elle ne put s'empêcher de laisser s'échapper un cri étrange et mal habile ce qui surprit le bonhomme en question. Il ne s'attendait probablement pas à telle réaction ou peut-être cela faisait longtemps qu'il n'avait croisé le chemin d'un être des bois.

-En v'là une jolie damoiselle que vous avez-là mon ami! rigola le bonhomme.

Kerran déglutit difficilement: cette situation lui rappelait étrangement le genre de bonhommes qu'on pouvait croiser dans le fin fond du Harad. D'instinct elle mit sa main sur son petit couteau de voyage qu'elle transportait ce qui la calma quelques peu. Elle marmonna un vague "Bonjour" en jetant un regard noir à son compagnon d'aventures. Son sixième sens féminin l'alertait que cette rencontre n'était pas de bonne augure mais elle se tut, gardant les sourcils froncés en croisant les bras sur son torse.

-Il va nous indiquer le chemin.
murmura Ephalak.

-Le chemin vers où? Vers son camp de malfrats malfamés afin qu'on puisses servir de dîner?

Kerran s'était fermée à toute discussion depuis l'arrivée du brigand. Elle agrippa son ami par la main et approcha son visage assez près du sien pour que seul lui puisse entendre ce qu'elle avait à dire:

- On est dans la Vieille Forêt, vaguement perdus, à la recherche de quelqu'un on ne sait où et vous piochez le premier venu comme guide?! Dites-moi, depuis quand n'avez vous plus dormi? Faut vraiment pas avoir les idées claires pour prendre telle décision... Mais ainsi soit-il, suivons le. J'espère pour vous... non, pour NOUS, que vous avez raison.

Elle le repoussa avec un dernier regard froid et prépara sa monture en silence. Ephalak discutait vaguement des événements à venir avec le personnage étrange et semblait avoir conclus un marché. Ils se retrouvèrent vite sur le chemin, vers on ne sait où sans savoir ce qui pourrait s'y passer, guidé par un homme à l'air tout sauf sympathique au goût de l'Elfe.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptySam 6 Sep 2014 - 22:12
      La voix de Kerran parut dure à l'oreille du rôdeur, pourtant n'était-elle que trop vraie. En choisissant la miséricorde Ephalak assumait par la même occasion le risque de l'ingratitude et de la fourberie, traits communs aux hommes qui pillent à tour de bras, ignorants et peu décidés à y changer grand chose. Aussi le doute l'envahit comme une forte marée mange le bout de sable resté indemne, alors plus personne  n'aurait su dire qu'une plage s'étendait là. De la même manière Ephalak doutait de tout ce qu'il avait cru juste de faire ou non, ne sachant que répondre à Kerran. Enfin un faible marmonnement s'échappa d'entre les lèvres du rôdeur qui s'étonna d'y découvrir sa propre voix, aux accents étrangers et dissonants. Ce à quoi Kerran répondit par un regard des plus lugubres, achevant ainsi toute tentative de justification de la part d'Ephalak. Soudainement mis à nu l'homme se détourna vers le Brigand pour y trouver quelque consolation dans ses manœuvres prochaines. Puisque son seul espoir d'aboutir à ses fins prenait l'aspect d'un sale bougre pas même digne de la confiance de ses paires, il fallait être animé d'un espoir de fou, ce qui était tout à fait le cas d'Ephalak.

« -Nous voilà proche de partir, pourtant le peu de raison qu'il me reste plombe mes membres,  marmonna Ephalak pour lui même, oubliant la présence du brigand qui se trouvait en face de lui. Que les choses soient claires entre nous, au moindre écart je n'hésiterai pas un instant à faire couler le sang s'il le faut, contente-toi de tenir ta parole et aucun mal ne te sera fait. A la fin tu recevras compensation pour le service rendu, sois bien tranquille à ce sujet  continua-t-il d'une voix forte tout en toisant le vilain bougre.

-J'aurais pas idée d'vous nuire en quoi que ce soit mon bon msieur, pour sûr que non ! S'écria le Brigand avant de jeter un bref coup d’œil du côté de Kerran, agité d'un rictus satisfait.

-Ton regard en dit plus long que ta langue, ne désire pas trop ardemment ce que tu sais hors de  portée, cela pourrait causer ta perte dit Ephalak sur un ton menaçant, avant de se décaler de manière à lui cacher la vue de Kerran.

      Sur ces paroles le rôdeur s'en retourna vers sa monture en quelques enjambées, grimpant sur celle-ci   le geste assuré. L'elfe se trouvait non loin sur Edon l'air renfrogné. Alors Ephalak lui esquissa un sourire des plus maladroits ce qui ne manqua pas de la faire rire doucement. Non un rire  que l'on peut entendre dans la bouche des enfants, il résonna comme le glas annonçant une fin imminente.
Les préparatifs terminés la compagnie entama sa marche menée par le vaurien qui avançait à pas de loups un peu en avant, suffisamment près des deux cavaliers pour être tenu en respect par ceux ci. Et tout le temps que le soleil était haut au dessus de leurs têtes les voyageurs et leur guide gardèrent bon rythme, le chemin décrit par le brigand s'étendait à leurs pieds le long du Tournesaules dessous l'ombrage qui bordait la rivière. Et l'air tiède  embaumait leurs sens de la douceur d'un rêve lointain, bientôt les paupières se firent lourdes et rester sur le dos des montures représentait une difficulté nouvelle. Le sommeil guettait les voyageurs plus que jamais.

« -Faisons halte ici, si je ne me repose pas maintenant ce sera sur le dos de mon poney par maladresse. Il est l'heure du manger, regardez donc, le soleil est à son zénith, bredouilla Ephalak avec grand peine, dodelinant un peu de la tête avant de bâiller vers le ciel. »

      Aussitôt ses deux compagnons imitèrent son geste et baillèrent en chœur, c'était le coup qui finit d'achever leur avancée, pour le moment du moins. Trouvant un endroit dégagé au pied d'un grand saule les cavaliers attelèrent leurs montures à son tronc avant de sombrer d'un coup dans la torpeur de la mie-journée. Et non loin le bruit de l'eau berçait calmement les dormeurs avec ses murmures tout en nuances suaves, alors ils se laissèrent emporter dans le courant des rêves. Tout cela sans prêter plus d'attention à leur guide qui lui aussi s'était joint à leur sieste un peu à l'écart.
Ephalak revoyait la cité d'Annuminas, tout à fait vidée de sa population, il était le seul homme à pouvoir la contempler depuis ses larges avenues. Quelle triste image, la ville toute entière était envahie par la végétation, et son éclat d'antan laissait place à la terre et à la mousse. Cette vision plut à Ephalak pourtant, lui qui avait passer son temps à lui préférer les forêts des collines, voilà qu'elles poussaient entre ses murs. Soudain un pan entier d'une haute bâtisse se pencha dangereusement vers lui sans qu'il puisse l'éviter d'aucune manière, se rapprochant toujours davantage jusqu'à ce qu'il se referme sur lui, alors un cri perça l'air et la vision se dissipa. Le rôdeur se trouvait étendu face contre terre, ignorant tout de ce qui lui était arrivé. Seules une légère douleur dans la jambe gauche et la voix affolée de Kerran semblaient indiquer qu'il avait fait une mauvaise chute. En fait Ephalak s'était assis sans y prêter trop d'attention sur une large racine, celle là même l'avait soulevé en hauteur avant qu'il tombe de son perchoir. Ainsi le tapage provoqué avait réveillé tout le groupe en sursaut, et bien qu'ils leur parurent que peu de temps séparait leur assoupissement de leur réveil le soleil commençait déjà à décliner vers l'ouest.

"-Il m'a semblé entendre crier, que s'est-il passé ? demanda Ephalak d'une voix endormie, ne sachant pas au juste s'il était réveillé ou s'il était encore plongé dans quelque mauvais rêve."
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyJeu 18 Sep 2014 - 14:59
Kerra s'égosillait en gesticulant, ne sachant pas ce qu'il se passait. La fatigue l'ayant embrumée l'Elfe s'était installée dans l'herbe mi-vert mi-brune dès que le Dunédain avait proposé de faire une halte. Ses pensées devinrent des rêves et elle s'imaginait chez elle, dans la sombre forêt de Mirkwood parmi ses animaux adorés. Une pointe au cœur et son subconscient lui fit comprendre par moult visions de bonheur qu'il était temps de rentrer à la maison parmi les siens. Les souvenirs agréables de ces après-midi dans son atelier semblaient lui assurer une sieste relaxante, mais ce ne fut pas le cas: l'herbe autour d'elle semblait s'agiter de façon étrange, réveillant la jeune femme qui eut à peine le temps de rouler sur le côté pour éviter une branche furieuse. De toute évidence le groupe n'avait pas choisit le bon endroit pour se reposer, dérangeant l'énorme saule en furie. Kerran s'écarta en tirant les monture avant de se diriger vers Ephalak qui venait de s'écraser au sol. Elle le tira lui aussi afin d'être hors de portée des racines, ne prêtant guère attention à l'autre bonhomme qui servait de guide. "Si il mourait ce serai idéal" avait eu elle le temps de remarquer.

-Ephalak?!

L'Elfe le remuait avec force, ne sachant que trop faire quand il s'agissait de soigner un humain. Elle courra vers le ruisseau proche avec un petit bol et ramena de l'eau qu'elle jeta au visage d'Ephalak. Ce dernier semblait émerger doucement tandis que l'arbre derrière eux s'acharnait encore à les atteindre. Edon et le poney perdaient contrôle d'eux-mêmes, pris d'une panique compréhensible. Constatant que le Dunédain se réveilla, elle lui expliqua entre deux cris qu'ils s'étaient visiblement pas installés au bon endroit.

-Et je ne sais pas où est l'autre gars!

"Et je m'en fout un peu..." marmonna-t-elle à elle-même. Elle laissa l'homme se relever, et accourue vers les montures qui s'échappaient presque. Elle tenta tant bien que mal de les contrôler, laissant à son ami le soin de retrouver le guide et de récupérer les affaires encore coincés près des branches: Kerran n'aimait pas le combat, ou toutes formes de mouvement violent et elle évitait les confrontations du mieux qu'elle pouvait. Sur ce coup-ci c'était raté et elle préféra donc s'écarter: maladroite, elle aurait sûrement entraîner la mort d'un de ces camarades. Edon finit par casser la corde qui le maintenait, échappant à la surveillance de l'Elfe qui ne savait plus où donner de la tête. Des gouttes de sueurs lui perlaient le front et son sang semblait se figer au fur et à mesure de l'action.

-Edon!

Le cheval s'était encouru dans l'autre sens, prenant dans sa fuite le poney d'Ephalak. Oubliant ce dernier, Kerran se mit à la poursuite des deux bêtes, trébuchant sur les branches. Derrière elle, le saule en colère semblait vouloir en finir avec la compagnie, prêt à tout pour se venger de cette présence non-voulue.
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyLun 22 Sep 2014 - 22:08
      Les choses allèrent comme dans un battement de cil, à moitié debout Ephalak assista à l'agitation sans y comprendre rien, se demandant toujours s'il traînait des images du rêve qu'il venait de faire. De l'eau fraîche l'avait aidé tout de même, maintenant il avait les idées à peu près claires. Kerran lui cria des mots de malheur et aussitôt la voilà qui filait derrière le cheval qui cabrait à tout va, ne tardant pas à briser ses liens, emportant dans sa fureur le poney du Dunedain. Bientôt tous se trouvèrent à courir la forêt, et Ephalak lui restait tout pantois, se disant qu'après tout la chose n'était pas si terrible. Et tout en formulant la belle idée une large branche de saule lui fendit les côtes, comme pour rappeler sa présence.

  A terre le rôdeur rampa loin de l'arbre, et la tête tout à fait contre le sol il aperçut en long et en large le cordage qui avait servi à ligoter le guide, cet imposteur qui profitant de la débâcle avait très sûrement pris ses jambes à son coup en fourbe de son espèce. Pour tout dire cela n'étonna pas Ephalak qui toutes les heures passées en sa compagnie avait attendu le coup bas venir, eh bien tout semblait lui donner raison à présent. Fourrant la corde dans une profonde poche il prit en chasse les traces laissées en toute hâte par le fuyard, elles descendaient vers le Tournesaules là où le courant était au plus fort. Le bout du pied mouillé Ephalak se pencha un peu pour regarder en aval de la rivière, n'espérant rien en tirer si ce n'est un amas de branches mortes. Et prêt à retourner sur ses pas le rôdeur crut voir du coin de l’œil un bout de cuir dépasser, là où l'eau était écume à se fracasser contre de la rocaille. Longeant la berge il arriva au niveau de l'étoffe pour y trouver le guide, la mine sereine au milieu des feuilles mortes,  la chevelure du saule lui caressait la joue, il était raide mort.  

« La mort révèle la beauté de la vie après tout, le souci s'en va du visage à présent froid, là où je ne peux aller et ce jusqu'à la fin de mon temps, murmura Ephalak le regard dans le vague »

  Ephalak se tint là quelques instants, jusqu'à ce que  la vision du cadavre le répugne et qu'il lui tourne le dos, le goût amer de la pitié, de l'envie même, au palet. Retrouvant la clairière où ils s’étaient assoupis il récupéra ses affaires et sans pause aucune continua sa course là où il se rappelait avoir vu Kerran, Edon et son poney se diriger. Se frayant un chemin tant bien que mal entre la végétation broussailleuse des bois il gardait toujours la tête basse, se repassant continuellement la scène dont il venait d’être témoin, sans réussir à s'en défaire, comme insatisfait que les choses aient pris cette orientation. Et tout en méditant sur la question il filait en de grandes enjambées sans considérer le monde autour, aussi ce qui devait arriver arriva. Ephalak cogna de plein fouet quelque chose, non, quelqu'un, le derrière au sol il vit que Kerran n'avait pas chômé de son côté, leurs montures se tenaient bien calmes à côté d'elle. Et sans aucun détour il déballa tout d'un trait :

« Notre guide est mort, je l'ai vu. »
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMer 8 Oct 2014 - 13:59
Kerran resta silencieuse. De toute évidence la mort du "guide" ne l'a surprenait pas mais elle ne s'en trouva pas moins choquée pour autant. Tout était arrivé si vite qu'il lui fallut 5 bonnes minutes pour se remettre les idées en place. Un arbre, quelqu'un qui tombe, les montures qui s'enfuient et... un mort. La forêt n'était pas de leurs côtés et l'Elfe s'estima heureuse qu'il n'ai pas eu le malheur de croiser le chemin de quelconque malveillant personnage.... même si le guide désormais sans âme ne lui avait pas inspiré grand chose dès son intrusion. Elle cacha son soulagement derrière une grimace de tristesse et se releva.

- Il n'y a pas grand chose qu'on puisse faire pour lui et il faudra plus que compter sur nous pour nous y retrouver dans cette forêt d'enfer. Et pour couronner le tout, nous nous sommes éloignés des vagues sentiers pour nous enfoncer parmi les arbres grâce à ces deux idiots.

Kerran lança un regard noir aux montures, celles-ci broutant tranquillement comme si rien ne s'était passé. Elle soupira et tenta tant bien que mal de remettre ses affaires sur Edon qui se montrait quelques peu malicieux, gesticulant dans tous les sens afin de compliquer la tâche. L'Elfe ne perdit pourtant pas patience et elle eut vite rangée tout le matériel tombé. Elle jeta un coup d’œil à son compagnon d'aventure qui semblait quelques peu perdu suite à l'incident du guide. Elle ressentit alors un sentiment de compassion pour lui et, doucement, déposa sa main sur son épaule.

-On s'en sortira très bien sans lui tu sais. Et puis bon... la mort fait un peu partie de la vie non?

Kerran n'était définitivement pas douée pour consoler qui que ce soit. Elle barbouilla entre ses dents des excuses inaudibles et retourna à son cheval, gênée. Edon tenta à son tour de la consoler dans son désarroi mais il semblait encore moins habituée à ce genre de signe d'affection, aussi il hennissa juste en mâchouillant une mèche de cheveux qui dépassait de la capuche de Kerran. Le silence c'était installer parmi la compagnie déboussolée, un silence lourd et lent, tellement lent que le soleil finit par se coucher complétement, les plongeant dans un noir presque complet. Quelques lueurs rougeâtres  perçait parmi les feuilles, annonçant une de ces lunes étranges que Kerran n'appréciait guère. Elle murmura, dans un souffle:

-Nous devrions partir, il ne nous sert à rien de se reposer. Pas maintenant en tous cas. Qu'en penses-tu?
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyMer 29 Oct 2014 - 17:39
[HRP : désolé du temps de réponse, je suis impardonnable pour le coup]


        Ephalak s'oublia dans la contemplation des choses de la forêt, le bruissement de l'arbre descendit de ses hauteurs pour l'embrasser, timide voyageur des solitudes boisées, et le  murmure du Tournesaules lui revint loin en bas de la vallée, l'emportant en songe vers ses nombreux affluents. Une voix familière venait parfois lui dire des gentillesses sans arrière pensée, cela le touchait sur le moment et il voulait alors y répondre avec autant  de douceur si ce n'est davantage seulement une retenue l'en empêchait, une aigreur au palet qui faisait les mots doux des mensonges, des insultes d'un vilain genre. Aussi l'échec le fit grimacer et il préféra s'en retourner à ses images de collines vertes, vierges du souci des hommes. Le Dunedain resta ainsi longtemps, sans qu'il puisse pour autant évaluer la durée d'aucune chose, trop occupé qu'il était à fureter par delà la blanche montagne. Et lorsqu'il retrouva ses vieux membres, fatigué de ses multiples voyages intérieurs, le crépuscule gagnait les parages.  Son premier geste fut de tirer sur sa pipe, le regard curieux balayant les sous-bois, s'attardant sur l'arbuste et ses fruits violacés. A la vue des baies un sourire idiot s'accrocha aux lèvres  d'Ephalak,  il n'avait rien d'innocent, d'un genre qu'il vaut mieux redouter car il précédé trop souvent l'hystérie et la démence. Véridique, l'homme eut tôt fait de voir dans le rouge de ces billes autant d'images douloureuses, les événements déferlèrent sur le pauvre oublieux en une vague de sang. Le guide étalé de tout son long sur les roches du Tournesaules, son dedans au dehors, avec le plus de négligence du monde, Ephalak se rappela tout d'un même coup et tomba genoux à terre, la terreur dessinée sur le visage.

    A demi éveillée Kerran se trouvait un peu à l'écart avec les montures, prête au départ. La face tendue vers la lune nouvelle elle semblait dérangée à sa manière, et entendant Ephalak chuter sa pensée devait avoir fait son chemin puisqu'elle parla de la sorte au Dunedain :

-Nous devrions partir, il ne nous sert à rien de se reposer. Pas maintenant en tous cas. Qu'en penses-tu?

   Ephalak comprit son empressement, l'endroit par sa simple nature le justifiait absolument, les deux voyageurs ne trouveraient aucun repos ici. Un sommeil sans rêve, gouffre obscurci de miasmes sylvestres, petits esprits des bois qui rongent le tronc et murmurent au vent du soir, voilà ce qui les attendait là et là, partout où l'ombre se tapit dans l'attente de l'homme esseulé. Il comprit tout cela en même temps et sans détour dit le fond de sa pensée à l'elfe :

« Je pense à partir tout comme toi, à quoi bon rester sur ses fautes puisqu'elles sont l'affaire du passé ? A-t-on jamais défait le cours des choses par le remords et la honte après tout ? Je ne supporte pas de traîner plus longtemps dans les parages, partons au plus vite ! répondit Ephalak d'une voix sans pareil, l'expression aussi dure que le roc. »

    Et la volonté mise en branle le rôdeur s'approcha à pas de loup de Kerran et des montures, visiblement c'était là ce qu'avait secrètement espéré l'elfe car toute affliction quitta son visage, lequel parut alors d'une grâce folle à Ephalak, comme le ciel d'été après l'orage et la tempête, comme le bourgeon aux premières lueurs du printemps, recelant toute une beauté à venir entre ses timides couches. L'homme en passant devant l'elfe lui baisa le front, l'air serein et le sourire aux lèvres.

« Eh bien qu'attends-tu ? La nuit s'offre à nous et avec elle la promesse du petit matin, j'ai bon espoir d'arriver au camp avant l'aube, mais d'abord chevauchons ! Tonna Ephalak en grimpant sur son poney. »

    Joignant le geste au verbe Ephalak entama la marche nocturne, rapidement rattrapé par Kerran. Ils laissèrent ainsi derrière eux l'air vicié du Tournesaules pour les hauteurs de la vieille forêt et arrivés au sommet d'une colline de pins le rôdeur eut idée de prendre de l’altitude sur les alentours, ne sachant pas au juste où aller. L'escalade mit à rude épreuve sa jambe ankylosée, et posté sur la branche la plus haute, le souffle court, il vit à ses pieds une large clairière piquée de multiples tentes, rougeoyante et inquiétante au milieu de la forêt et de ses mystères. Aussi ne put-il s'empêcher de parler tout haut devant tel spectacle, ayant grand peine à se maintenir droit sur sa terrasse de fortune.

« J'y suis venu à bout enfin, mon calvaire est à son terme maintenant, l'espoir renaît ! Jubila Ephalak, manquant de chuter dans son emportement »
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MessageSujet: Re: La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran]   La Forêt enfumée [FB Privé Urkeuse-Kerran] EmptyLun 9 Fév 2015 - 17:41
[À moi de m'excuser pour le retard désormais erf ]

Kerran ne voyait pas le supposé camp d'un aussi bon œil maintenant qu'elle l’apercevait mieux. Ephalak semblait plus que soulagé, comme si il venait de rencontrer un magicien de quelque sorte. Pendant quelques secondes elle se perdit dans ses pensées, revenant à Mirkwood en ce beau jour où elle rencontra un bonhomme farfelu qui vouait un amour infini aux animaux, tout comme elle. "Peut-être était-ce un magicien?" se prit elle a penser. L'Elfe n'eut cependant pas plus de temps pour remuer ses souvenirs car Ephalak l'empressait de se joindre à lui pour la dernière marche de l'enfer vers le camp.

Plus ils se rapprochèrent et plus elle se sentait oppressée par une présence invisible. Ils n'étaient de toute évidence pas seuls et le simple fait qu'elle ne pouvait dire dans quel buisson se cachait un possible brigand de quelque sorte mettait l'Elfe en colère. Elle se tenue pourtant bien de montrer ses sentiments au Dunedain qui, quant à lui, trottait avec conviction vers les tentes étranges.

-Ephalak....

Kerran avait murmurée le nom de son compagnon avec une certain crainte, comme si le déranger dans sa quête de vérité bientôt atteinte semblait être une mauvaise idée. L'Homme ne bougea pas un cil, continuant à marcher comme si de rien n'était.

-Ephalak!

De plus en plus fort, Kerran l'appelait jusqu'à ce que finalement il se retourne, un sourire radieux au lèvre. Le silence régna cependant: l'Elfe ne trouvait pas ses mots et Ephalak ne semblait pas vouloir poser de questions pour savoir ce qu'il se tramait dans son esprit. Aussi Kerran descendit d'Edon et soufflant un grand coup déclara finalement qu'elle préférait attendre ici.

-Je n'ai pas vraiment d’intérêt à aller jusque là, aussi je peux t'attendre ici. Je suis juste à côté, si... quoi que ce soit se passe je peux intervenir.


"Bien que je doute être d'une grande aide." maugréa t-elle.
Ephalak ne dit rien pendant un moment. Kerran tenta de trouver divers arguments justifiant son choix mais rien ne vint aussi elle attacha Edon au tronc d'arbre, comme pour confirmer son plan quelque soit l'avis du Dunedain. Celui ci sembla comprendre et acquiesça avec un léger sourire. Kerran le vit partir vers ces tentes au destin étrange et elle l'observa jusqu'à ne plus voir qu'un petit point au loin. Elle était proche du camp, mais si quelque chose de mauvais se produisait elle était bien trop loin que pour intervenir. Elle fut soudainement prise de remords, comme si sa peur du danger l'empêchait d'agir en bonne citoyenne du Monde.

-Ah Edon... que ferais-tu à ma place? marmonna t-elle finalement à son cheval, qui broutait tranquillement l'herbe grisonnante de la Forêt aux mille secrets.
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