Forum RP : Le Seigneur des Anneaux
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 Le Livre des Keupins

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Nilù
Curio'Noob

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MessageSujet: Le Livre des Keupins   Dim 8 Fév 2015 - 21:38





Le Livre des Keupins


La bombe des Keupins livre des gages à ceux qui la font exploser ! Les gages ont été réunis, les voici !


Url ~ Tarkin ~  

La Guerre


Aujourd’hui, au matin, le mal s’est réveillé
D’ici on entend les rugissants orages
Expliquant simplement les violentes rages,
De ces créatures maudites aveuglées.

Aujourd’hui la sublime paix doit revenir
Les peuples libres doivent à nouveau s’unifier
Elfes et Nains, oubliant les erreurs du passé
Pour éviter à la liberté d’agonir.

Aujourd’hui les épées claqueront fortement,
Les courageux soldats s’amasseront ici
Ils resteront, affaiblis devant l’ennemi
Et la liberté sera tachetée de sang.
______________________________________

Url ~ Idril Felagund ~
Chapitre 1


Il était temps de partir. Après avoir astiqué mon vieil atelier de fond en comble, après l'avoir embrassé du regard une dernière fois, après avoir respiré une grande bouffée de l'air de la vallée cachée qui m'abritait depuis bientôt un siècle, après avoir préparé Arùn, et enfin, après avoir poussé un long soupir, je me décidais à prendre la route. Passant les portes d'Imladris, je me mis à chantonner une vieille chanson que me chantait ma mère quand nous voyagions lorsque j'étais petit...
" La maison est derrière, le monde est devant, nombreux sentiers ainsi je prends, à travers l'ombre jusqu'à la fin de la nuit jusqu'à la dernière étoile qui luit. Brume et nuages noyés dans l'obscurité tout va se mêler ohhhh... tout va...ah ahahaa... se mêler."
Mon cœur était imprégné de nostalgie, mais malgré l'amour profond que je portais à la vallée, je sentais mon esprit se tourner vers les forêts qui m'avaient vu grandir. Mon cheval hennit. Il n'avait pas connu les bois de Mirkwood, ni les mellyrns majestueux de Caras Galadhron...
« Tu sais mon ami, il est fort dangereux de sortir de chez soi. On prend la route, et si l'on ne regarde pas où l'on met les pieds, on ne sait pas jusqu'où cela peut nous mener" dis-je soudain à Arùn, songeant à quel point mes voyages m'avaient poussés à vivre là où je n'aurai jamais cru aller un jour. Ma monture s'en fichait bien, elle. Tant qu'elle avait son avoine et son eau, et tant que je la laissais se reposer, elle était tout disposée à être le meilleur compagnon du monde, et à aller où je voudrais bien la mener. Je décidais de rejoindre le Bruinen, et de le longer jusqu'à l'embranchement de la rivière Mitheitel. Nous voyageâmes durant trois heures, puis le besoin se fit sentir, à la fois pour moi et Arùn, de faire une pause. La journée était chaude, et je décida de m'arrêter au bord de la rivière, où le courant vif des eaux apportait une agréable fraîcheur. J'alluma un petit feu, et prit la décision de faire cuire quelques tomates. Une bestiole s'était logée sur l'encolure d'Arùn, qui se secoua violemment, créant ainsi un courant d'air qui déposa une bonne couche de cendre sur mes tomates.
« Ho j'te remercie, de la cendre sur mes tomates ! » M'écriais-je. Je prit les tomates avec mes manches car elles étaient encore chaudes, et alla les laver dans la rivière. Finalement, voyant qu'Arùn ne cessait de se secouer et de faire son petit spectacle malgré que l'insecte soit parti, je décidai de les manger froides avant qu'il ne m'envoie de nouveau de la cendre dessus. Je comprit soudain son manège, et prit d'une des sacoches un fagot d'herbe que je lui donnais parfois pour le récompenser de ses efforts. Satisfait, il cessa de remuer, et se mit à mastiquer son foin. Amusé par sa réaction, je l'observer mâcher son herbe avec gourmandise. « Il peut déployer des trésors d'ingénierie quand il veut obtenir quelque chose... » songeais-je.
« Bon, il est temps de repartir. Va boire à la rivière maintenant si tu as soif, car nous reprenons la route. ». J'enlevai les traces de notre halte, et voyant que le soleil était déjà haut, je comprit que notre pause n'avait que trop duré. J'avais prévu d'arriver aux environs de l'embouchure de la Mitheitel un peu avant la nuit, et la mâtinée était déjà bien avancée. Arùn s'avança vers moi, et je montais sur lui, m'assurant que je n'avais rien laissé par terre. Nous reprîmes notre chemin, continuant toujours de garder les berges du Bruinen non loin de nous. Nous ne pouvions pas le longer en le gardant sans cesse à vue, mais il n'était jamais loin, et je pouvais toujours entendre le bruit de ses flots courants lorsque je tendais l'oreille. Finalement, nous continuâmes à nouveau pendant environ 3 heures, puis mon cheval étant fatigué, et mes jambes et mon dos me faisant assez souffrir, j'éprouva le besoin de descendre et de marcher à ses cotés. Cette petite promenade me fit grand bien, et je m'arrêta quelques minutes pour boire de grandes gorgées d'eau.
« Tu en veux ? » demandais-je à Arùn en lui tendant la gourde. Celui-ci ne sembla pas avoir envie de boire. Je supposa que l'excellente eau du Bruinen avait suffit à combler son besoin pour un certain temps. Nous continuâmes encore un moment à marcher et une certaine fraicheur se mit à tomber. Alors le soleil commença à disparaître dans le ciel, qui se para de ses couleurs du soir. Quelques légers nuages s'étaient formés, qui dessinaient dans le ciel de larges courbes et qui reflétaient les teintes orangées et violettes du soir, comme de grands traits d'argent que l'on aurait tracés sur le pétale d'un cosmos. Je me mit alors à songer à Arwen Undómiel, notre étoile du soir.
Les tresses de ses cheveux sombres n'étaient touchées d'aucun givre, ses bras blancs et son clair visage étaient lisses et sans défaut, et la lumière des étoiles brillait dans ses yeux, gris comme une nuit sans nuage... Elle était la représentation terrestre des astres souverains de la nuit, et la splendeur de son visage était dans toutes les étoiles qui fleurissaient dans le ciel. Je jetait un coup d'œil à ma harpe, bien accrochée à une sangle près de la croupe d'Arùn, avec l'envie de m'arrêter pour jouer un petit air et chanter la grâce d'Arwen Elerondiel, mais je me contenu. Il fallait avancer encore. Cependant, je ne pus marcher bien longtemps, de même qu'Arun, dont les longs soupirs laissaient clairement entendre qu'il désirait se reposer un peu à présent. Je me mit alors dans un petit bosquet, au creux de deux pics des montagnes que nous longions, et me décida à monter le campement. Je sortis deux étoffes de mes sacoches que je fixa aux branches d'un arbre. Puis je redescendit pour apporter sa couverture à Arùn, et pour allumer un petit feu qui nous réchaufferait. Il n'y avait pas grand danger pour nous ici, mais je prit tout de même le soin de disposer quelques pierres pour masquer un peu la lueur du feu, et pour atténuer sa fumée. Je sortit une pomme  et quelques amandes d'un sac, ainsi qu'un peu de lait de soja, et je prit mon repas assis en tailleur contre le flanc d'Arùn, près du feu. J'étais perdu dans mes pensées, et je fixais les flammes tremblotantes d'un œil pensif. Je sentis soudain la fatigue déferler sur moi comme une cru du Bruinen, et éteignant le feu, je grimpa jusqu'à ma couche, dont il me semblait presque entendre l'appel irrésistible. « Je n'ai qu'a fermer les yeux, et imaginer que je suis bien dans mon lit, avec un oreiller en plumes et un bon matelas moelleux » me dis-je, tout en me balançant un peu. Je tendis l'oreille pour m'assurer que tout allait bien, jetant un dernier coup d'œil en bas à Arùn, et laissa enfin le sommeil me prendre et m'emmener loin de cette terre.

Une figure floue s'approcha de moi. Où étais-je ? Était-ce déjà l'heure de se lever ? Arùn ? Non, je ne la connaissait pas...Sa noirceur sembla m'étreindre dans un étau glacé, et elle se pencha sur moi doucement, comme la mort qui contemple son prochain voyageur en plein sommeil. Sa tête informe, qui ne semblait être qu'un trou béant vide de toute humanité, s'approcha de la mienne. J'essaya de lever les bras pour repousser la créature, mais ils ne voulaient pas bouger ! Mon corps tout entier semblait être immobilisé par la torpeur, et je me rendis compte que je ne pouvais pas même détourner mon regard de la chose ! Elle n'avait pas d'yeux, mais le puits d'horreur qui se trouvait face à moi m'attirait et me terrifiait. Elle posa une main dure et froide sur ma bouche, et appuya fortement, m'interdisant toute parole. Je tenta de protester, mais ma gorge ne réussit qu'a produire un son étouffé. J'étais paniqué. Penchant sa tête et l'approchant de mon oreille, le monstre me murmura d'une voix intemporelle et tremblante :
« Froids sont les mains, les os et le cœur. Froids sont les voyageurs loin de leurs demeures. Il ne voit pas quels mensonges sont cachés, quand le soleil et la lune sont couchés. »
Puis la créature se recula, et, ôtant sa main de mon visage, elle disparut. Ou plutôt, elle s'évapora... comme la brume qui s'écarte devant le soleil.

J'ouvrit alors les yeux, et me retrouva à contempler les aiguilles du sapin, et les branches qui m'entouraient. J'étais dans mon hamac, dans le sapin, et je pouvais entendre au loin le flot des eaux du Bruinen. J'avais fait un cauchemar ! Je me redressa lentement, encore légèrement épouvanté par mon songe. Jetant un coup d'œil, à terre, je vis Arùn, qui s'était levé et était en train de grignoter quelques feuilles d'un épais buisson. Je prit une grande respiration, et chassa le rêve de mon esprit. Je grimpa tout en haut de l'arbre, qui semblait assez grand, et put rejoindre les branches hautes d'un gigantesque orme qui avait poussé à flanc de la montagne. Du haut de celui-ci, je put voir qu'il me restait encore quelques heures de voyage pour rejoindre l'embranchement de la Mitheitel. Je redescendit à terre et mangea un petit pain fourré aux baies et au miel d'acacia. Je détacha les tissus de mon hamac et les rangea dans les sacoches, puis lorsque nous fûmes prêts, nous repartîmes pour une longue journée de voyage.



Chapitre 2


« Où sont le cheval et le cavalier ?
Où est le cor qui sonnait ?
Ils sont passés comme la pluie sur les montagnes.
Comme un vent dans les prairies.
Les jours sont descendus à l'ouest.
Derrière les collines, dans l'ombre. »


Tout en chantant, je me laissais bercer par le pas du cheval. Faire ce voyage et quitter Fondcombe était lourd à mon cœur, mais je me réconfortais en regardant le paysage autour de moi, en écoutant le bruit que faisait Arùn, en caressant son encolure, et en songeant aux bois de mon enfance. Je passerais par la Moria. Puis j'irais jusqu'en Lorien afin de rendre visite au seigneur des Galadhrims, et peut-être même ferais-je un détour par le Rohan...Arùn serait certainement heureux de croiser les siens là-bas. Il était né à Imladris et donc n'avait jamais vu les terres de ses ancêtres. Mais bon, encore fallait-il arriver aux portes de la Moria. « Le voyage s'annonce long » commençais-je à penser après deux heures de chevauchée. Jetant un coup d'œil à Arùn, je vis qu'il ne semblait pas trop fatigué. Le départ de la veille avait dû porter atteinte à son moral hier, et le fatiguer. Mais une bonne nuit de repos lui avait fait grand bien apparemment. Je fis quelques petites pauses, très courtes, juste pour le faire boire. Je vis que l'après-midi arrivait, et décida de me rapprocher du Bruinen. Comme hier, nous fîmes une halte pour déjeuner. Nous avions parcouru bien du chemin pour une matinée, et je décidais de faire une longue pause de deux heures. Nous étions enfin arrivés à l'embranchement de la Mitheitel, et ici le courant était si fort qu'un courant d'air permanent se dégageait du fleuve. Après mon repas, je m'allongea au soleil pour faire une agréable petite sieste. Nous reprîmes notre route tout à fait remis de notre fatigue, et heureux à l'idée que les portes de la Moria n'étaient plus bien loin. Nous approchions, lorsque plus loin, j'aperçus le lac de la Sirannon, à côté duquel une bande de nains, qui avaient des charrettes et des carrioles, faisaient leur repas. Approchant, je reconnus l'un d'entre eux. « Thoriijk ? » appelais-je, me demandant si mes yeux ne me trompaient pas. Mais non, c'était bien lui, puisque tournant sa tête vers moi, il s'écria, la bouche ouverte sous le coup de la surprise : « Idril ! Idril Felagund ! Toi ici ! Viens, viens ! Que fais-tu là ? Tu viens marchander toi aussi ? Ahahaha ! Ça faisait longtemps, n'est-ce pas ? Allez, viens te joindre à nous, viens boire un coup ! » dit-il en riant à gorge déployée. La compagnie de nains était bruyante, et ils riaient tous, assis en cercle autour d'un feu où rôtissait plusieurs poulets  et volailles en tout genre. Un tonneau dépassait d'une carriole, et Thoriijk s'en approcha, saisissant deux chopes et les remplissant à ras-bord d'une bière mousseuse si parfumée que je pouvais en sentir l'odeur d'ici. Je fis galoper Arùn et rejoignit Thoriijk. Sautant à terre de mon cheval, j'eus à peine le temps de le saluer qu'il se précipita vers moi et se jeta dans mes jambes, les étreignant avec puissance. Il s'écarta et me poussa vers le groupe, me faisant asseoir parmi le cercle, et apportant les deux chopes. « Mes chers compagnons, je vous présente Idril Felagund, un vieil ami qui m'a connu tout jeunot ! ». Tous les nains se mirent à rire, et levèrent leur choppe à mon intention. Je les salua d'un grand sourire, et but avec eux. Un grand brouhaha joyeux se dégageait du groupe de nains.
« Alors Idril, raconte-moi un peu ! Où vas tu comme ça ? » me demanda Thoriijk en me tendant une autre choppe.
« Et bien je me rend en Moria pour la traverser et aller en Lorien. Je viens de déménager, je quitte Fondcombe pour Mirkwood et la Lothlorien ! »
« Fondcombe ? La vallée cachée ? Je n'y suis jamais allé ! Un jour, je... »
commençait à expliquer Thoriijk, lorsque nous fûmes interrompus par une dizaine de nains, qui nous regardaient avec un grand sourire, et un énorme plateau sur lequel étaient posées des tas de chopes. L'un d'entre eux me prit l'épaule et annonça à tous, tout en me donnant une chopine :
« Ni pauses, ni gouttes renversées... ! »
« Ni régurgitation ! »ajouta Thoriijk, très sérieux.
« Alors, on joue à boire ? » demandais-je, curieux.
« Le dernier debout a gagné, héhéhé... » fit Thoriijk, sûr de lui. Les autres nains levèrent leur choppe.
« Hourra ! » crièrent-ils tous ensemble. Le nain qui avait lancé le concours me regardait d'un air intéressé. Thoriijk commença à boire sa bière. Intrigué, je reniflais un petit peu la bière, histoire d'analyser rapidement sa composition, puis je me mit à boire. Elle était...plutôt bonne ! Regardant du coin de l'œil Thoriijk, j'enchainais également les choppes de bières, finissant l'une d'une main et attrapant celle que me tendait un nain d'une autre. Thoriijk eut un rot, et le nain qui me tendait les choppes le regarda d'un air suspicieux, mais Thoriijk se mit à rire et prit une autre choppe, qu'il porta à ses lèvres et but. Nous avalâmes ainsi un nombre incroyable de choppes. Je finissais une énième bière lorsque Thoriijk lança une curieuse remarque : « Ahahah,..ce sont bien les nains qui aiment nager avec les jolies femmes poilues ! Aahahahah !! Ahah !... », qu'il fit suivre d'un énorme rot sonore, alors que je continuais de boire, bien décider à gagner ce concours pour montrer que je pouvais tout à fait être plus buveur qu'un nain. Pour l'instant, tout se passait bien pour moi. Cependant, Thoriijk était en train de finir une bière lorsque je m'arrêta de boire...j'avais une étrange sensation...
« Je sens quelque chose...un picotement au bout des doigts...je crois que ça me fait de l'effet ! » déclarais-je soudain, un peu inquiet. Thoriijk, l'air triomphant, posa sa choppe.
« Ahahahah ! Qu'est-ce que j'disais ! Il ne tient pas...l'alcooool... » dit-il, avant d'écarquiller les yeux et de tomber à la renverse, complétement saoul. Le regardant d'un air à moitié amusé, à moitié étonné, je déclara d'un ton tranquille :
« La partie est finie ! ».
Apparemment, le vin que l'on buvait aux fêtes du Roi Thrandhuil était bien plus fort que la bière des nains. Et avec des parents dans le milieu, je n'aurais peut-être pas dû m'étonner en fin de compte !
Nous attendîmes un moment que Thoriijk soit sur pieds, puis je finis de passer l'après-midi avec les nains dans une ambiance de fête. Certains venaient de Comté, et ils s'amusèrent à chanter près du feu une chanson qu'ils avaient apprise là-bas, tout en dansant :
«Tiens donne, n'ais donc pas peur, car il faut bien que je soigne mon cœur. Que le vent souffle et que la pluie tombe, Il faut partir...plus vite que les trombes ! Comme j'aime entendre le son de la pluie, Et comme j'aime regarder la colline sans bruit ... Mais mieux encore que ces éléments : C'est une bonne bière qui vous rentrera dedans ! ».
« Oh vous pouvez chercher loin voir et revoir dans tout les coins,
jamais bière n'aura si bon goût que celle que l'on trouve par chez nous
jamais bière n'aura si bon goût que celle que l'on trouve par chez nous.
Quelque soit votre chopine ou bien dans une bouteille divine quelque soit la taille de votre flacon.
Elle doit venir de notre Dragon ! ».
Les nains chantèrent longtemps, puis finissant par connaître un peu les paroles, je me mit à chanter avec. La soirée vint, et Thoriijk commença alors à se réveiller. Lorsque la nuit commença à tomber, nous pliâmes le camp, et les nains ouvrirent le passage vers la Moria.
« A vous l'honneur ! » dit un nain en se tournant vers moi. Je lu l'inscription qui était sur la porte.
« Ennyn Durin aran Moria: pedo mellon a minno... » prononçais-je à haute voix. Puis je compris l'énigme. « Mellon ! » dit-je à voix haute, en m'adressant à la porte. Celle-ci s'ouvrit, et les nains me sourirent. Nous entrâmes dans la Moria, et je fis mes adieux à Thoriijk et à ses compagnons, pour chercher un endroit où dormir. Le lendemain, je repartirais et traverserait la Moria pour rejoindre la Lothlorien.



Chapitre 3


"Fuyez, pauvres fous !" je me réveilla en sursautant. Regardant autour de moi dans la petite salle où j'avais passé la nuit, je vis un nain qui était entré avec une tête d'ahuri, et qui sautait dans toutes les directions en criant cette phrases à tout bout de champ. Un autre nain entra, puis, me voyant, s'écria en désignant l'autre nain:
"Il y a des blessures qui ne guérissent jamais, quand elles ne vous dévorent pas tout entier."

Que pouvait-il bien être arrivé à ce nain pour qu'il finisse dans cet état là, je n'en avais pas la moindre idée...je posais la question au nain, qui essayait avec maints efforts de contenir le malade.
-Que lui est-il arrivé ?
"Il a été poignardé par une lame de Morgul, c'est au delà de mes compétences de guérisseur, il faut la médecine Elfique. "
-Je connait un peu de médecine. Mais je n'ai pas ce qu'il vous faut. La Lorien n'est plus loin, emmenez-le là-bas, ils vous soigneront je pense.


Le nain me remercia, et parvint enfin à faire ressortir son ami, qui continuait toujours de lancer de drôles de phrases. A un moment, j'entendis le nain hurler, sa phrases portée dans un long écho à cause de la forme des murs:
"Vous...ne passerez...paaas !!!!"..
Il est vraiment fou. songeais-je. Je prit mes affaires, les rangea, et nous partîmes jusqu'en Lorien.
"Ce n'est pas une mine, c'est un tombeau" songeais-je alors que je parcourais de longues salles, sombres et silencieuses. Elles semblaient former un labyrinthe. Heureusement, je connaissais l'endroit pour l'avoir déjà traversé.
Nous voyageâmes ainsi durant 3 heures, et je savais que la sortie n'était plus très loin.
Je vis enfin, au bout d'un long couloir qui montait, de la lumière se dégager. Elle semblait provenir de l'extérieur. Je vis enfin apparaître quelques bouts de verdure, puis je me retrouva enfin à l'extérieur.
Scrutant l'horizon de mes yeux, je décela un petit chemin qui me permettrait de descendre vers la vallée où plus loin au fond, je pouvais voir les premiers arbres de la forêt de la Lothlorien. Mon cœur se réjouit à cette vue. Je descendit le chemin, et une fois dans la vallée, je fis une petite pause. J'alluma un petit feu, dont je me doutais qu'il serait repéré par les sentinelles de la Lorien, et je fis cuire quelques pommes de terre que m'avais donné Thoriijk. Je sortis un peu de foin qu'il me restait pour Arùn, et je déjeuna. J'entendis soudain des bruits de pas. C'était un homme qui arrivait. Il m'avait vu, et se dirigeait droit vers moi. Je l'observa attentivement, mais il ne semblait pas avoir d'intentions belliqueuses. En revanche, il avait un air fatigué, et il n'avait pas de cheval.
"Holà, où marchez-vous donc ainsi ?" l'interpellais-je. Voyant que je l'avais vu, il se stoppa, puis semblant réfléchir, avança jusqu'à moi.
"Je me rend en Moria trouver un nain dont j'ai besoin pour mon commerce, or je n'ai pas de monture, et suis par monts et par vaux depuis longtemps."
"La route est longue pour traverser la Moria, et vous semblez fort mal. Partagez donc mon repas, et reposez-vous !" lui proposais-je, me disant qu'il allait se trouver mal s'il ne prenait pas quelque repos.
"Je vous remercie...Où allez-vous ?" me demanda t'il.
"Je me rend en Lorien."
"On raconte qu'une jeune ensorceleuse vit dans ces bois. Une sorcière Elfe, aux terribles pouvoirs. Tous ceux qui l'ont regardé sont tombés sous son charme. Et on ne les a jamais revus !"
"Est-ce sous ces termes que vous désignez Dame Galadriel ? Sa beauté surpasse celle de tous les joyaux qu'abrite la terre. Vous qui allez en Moria, gardez cette phrase en mémoire." lui dit-je calmement.
"Vous...vous êtes un elfe ! Ben ça...alors...!" Fit l'homme en écarquillant les yeux, l'air stupéfait.
Je m'étonnais de sa réaction. Cela ne se voyait-il pas du premier coup ?
"Vous ne vous en étiez pas aperçu ?" lui demandais-je en riant. L'homme se tut, puis il sembla perdu un moment. Enfin, il releva la tête, me regarda attentivement, puis déclara.
"Bon, je dois y aller. Je vous remercie de votre aide." puis il se leva précipitamment.
"Que votre route soit bonne. Ne vous fatiguez pas trop" lui dis-je. L'homme partit d'un pas précipité, et monta le long du chemin qui menait à l'entrée de la Moria. Il se retourna une fois, me regarda encore un peu, puis continua son ascension de plus belle. "Quel homme étrange", songeais-je.
Nous repartîmes, avec Arùn.
Du haut d'une petite colline où nous étions arrivés, je put profiter d'une vue surplombant la forêt, et j'aperçu au loin Caras Galadhon, le cœur du monde elfique sur terre. Royaume du Seigneur Celeborn et de Galadrien, Dame de Lorien. Je soupira, sentant mon cœur s'alléger. Puis je repris ma route, avec la hâte d'arriver. Enfin, les bois furent à portée. J'entrais et me dirigea vers le cœur du royaume, attendant que quelqu'un m'interpelle.
______________________________________

Url ~ Adëlli ~

Au bord du lac tout était calme, paisible, ennuyant. Les oiseaux chantaient de douces mélodies, le soleil couchant se mirait dans cette image bleutée.


______________________________________

Url ~ Needa ~

Je ne pense pas à la fin, même si tôt ou tard elle viendra,
Un jour, elle frappera, et peu importe qui nous sommes, elle nous emportera,
L'important est de ne pas y penser, et de vivre chaque instant comme si c'était le dernier,
Intendante, roi, empereur, personne ne peut y échapper,
On peut toujours se voiler la face,
Un être peut se forger une carapace,
Kamikazes ou stupides sont ceux qui espèrent la contrer.
______________________________________

Url ~ Kibilturg ~

Rouleaux gigantesques, telles étaient les vagues.
Inodore, l'air marin éveille les sens,
Vivifie les membres, l'âme et l'esprit,
Et offre une douc' sensation de fraîcheur...
Sur le sable doucement la marée monte.

D'où vient la mer ? Elle est la larme d'Eru.

Un vent froid souffle sur le sol sablonneux ;
Monte dans l'air une colère sans nom.
Bateaux et elfes en Faërie ne vont plus.
Au loin à l'Ouest une clameur retentit,
Rappel aux vieux elfes, du pays bienheureux.
______________________________________

Url ~ Meril Naure ~

La bombe, les Keupins !


Elfe mâle, tu es le soleil de cette terre,
Tu es l'étoile de mon espoir.
Devant notre amour, les orques autrefois tremblèrent.
Apparaît, je t'en conjure. Le soir,

Près de toi, je trouve mon repos,
Ta fidélité et ta constance m'exaltent.
Près de moi, tu dois trouver ton repos,
La vie ensemble serait comme un rêve.

Face à nous, ne pourrait rien même, le détestable.
A l'orée d'une nouvelle lune, pour nous chanteraient les loups.
Je serais toujours pour toi mariable.

L'exaltation de ma jeunesse serait ou ?
Grâce à la sagesse de mon père,
Nous serions compris par nos pairs.

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

Quenér, Ile Nye tingilya sina ambar,
Ile Nye elen sina me estel.
Iré ta melya, orques tintile.
Ause, amin-ile canya. lome,

yo te ile, amen hylian ho estë,
Ile voronwë-ea Varda-ea.
yo te ile, te lantà hylian yle estë
Aure lanke nyera pana olor

nà ame, no tyela ali ve Sauron.
Aure ke min isil, per ta istelenil lye.
Amen nyera iluar per ile indison.

Varda di mil nessaoo nyera hya ?
Aian ire denotra mile atar,
Ta nyeros anetai per ita quenea.
______________________________________

Url ~ Meril Naure ~


Alors bien le bonjour amis elfes, humains, animaux, plantes, arbres et ennemis orques, corrompus et nains. Vous êtes tous là ? Nous pouvons commencer !
C'est une histoire, fiction, que me racontaient mes parents durant ma jeunesse dans la Lorien. Oui, moi, Meril Naure, je ne m'endormais jamais le soir, me posant tout le temps de grandes questions philosophiques. Je ne cherchais pas de réponse, simplement à embêter le monde.

Bref, mon père écrivait à ses heures perdues toutes sortes de nouvelles. Et il avait inventé une histoire. Cette fiction se passait dans notre monde, avec nos races et avec...tenez-vous bien...des anneaux ! Cocasse, non ? Ou allait il chercher cela, je me le demande.
Figurez vous qu'après un imbroglio très complexe, une vingtaine d'anneaux furent forgés en Terre du Milieu. Déjà moi j'étais pas emballée.. au bijoutier du coin dans notre forêt on en trouvait des très beaux à pas très cher...Enfin bref, ces anneaux étaient magiques ! Il y en avait 3 pour nous, 7 pour les nains et 9 pour les hommes. Allez savoir pourquoi on était moins récompensés que d'autre. M'enfin bref.

Un grand méchant, car vraisemblablement il en faut un dans toutes les histoires... Prénommé Sauron, le mec qui s'appelle "Le détestable", on a tapé dans l'originalité. Mais je ne critiques pas...c'était mon père attention.
Bref ce Sauron, créa un anneau unique, même si pas totalement unique puisqu'il en existait vingt autre. Mais cet anneau spécial pouvait gouverner tous les autres ! Et il s'en servit pour envahir la Terre du Milieu.
Déjà le cliché du méchant qui veut conquérir toute la planète, vu et revu. Mais bon, les hommes, elfes et quelques nains, encore réticents à sortir de leurs caves ceux là, s'allièrent et du coup, le bien triompha, le coup classique.
Du coup l'histoire me décevait vraiment, alors j'ai cassé les noix à mon père pour qu'il écrive la suite !
Donc, au final, on a vaincu le bien mais on a pas détruit l'anneau qui est trouvé par un hobbit, puis par un autre hobbit, puis par un autre hobbit, puis par un autre..Bref, pendant des siècles l'anneau circule en silence. En même temps un anneau qui parle c'est rare.

Sauf qu'un imprudent, assez débile et inconscient nommé Bilbon, utilise l'anneau pour faire une blague à ses potes ! Il devient invisible. LOL délire total. Nous on sait se camoufler aussi chez les elfes, on en fait pas tout un plat. Mais le pire arrive, comme l'anneau est utilisé, Sauron dont le corps était mort, l'âme aussi mais pas l'œil ! (Oui faut s'accrocher, ca c'est le genre de détail que mon père a écrit sous la pression à une heure du mat, bourré aux fleurs de pissenlits et d'hortensias).

Du coup Sauron comprends que l'anneau est encore  en vie et il envoie des terribles monstres le chercher, les Naz'Guls, qui sont les neufs hommes qui avaient eux par le passé neuf anneaux, preuve supplémentaire du fait qu'on ne peut rien confier aux hommes ! Bilbon, toujours dans la bravoure, se débarrasse de l'anneau et le file à son neveu, qui avec trois autres hobbits et Gandalf un vieux magicien tout gris, décide d'aller à Fondcombe ! Quoi de mieux quand on a des emmerdes, que d'aller les apporter aux elfes ! Encore une belle mentalité. Oui je suis rageuse et alors ? Dans toutes les histoires qu'on me raconte, les elfes perdent, mince à la fin !

On va sauter le récit d'un voyage durant lequel Frodon sera blessé..puis bourré dans une taverne ou Pippin fera des bétises...puis Frodon sera re-blessé et enfin tellement blessé que Aragorn et Arwen (quel couple <3) réussiront de justesse à le sauver. Au passage Arwen aurait pu tuer les Naz'Guls en les maîtrisant avec de l'eau mais non elle préfère les laisser partir... D'un autre coté ce serait moins drôle.
On peut d'ailleurs noter que les valeureux chevaliers noirs ont peur du feu avec Aragorn puis de l'eau avec Arwen, en gros ils sont tellement courageux qu'ils ont peur de tout ces mecs...

A Fondcombe, un nain, un elfe, deux hommes et les quatre hobbits (ainsi que Gandalf) décident de partir ensemble pour aller détruire l'anneau en Mordor, juste à coté de l'oeil de Sauron ! Aucun respect dans cette histoire !

Après un passage épique dans les Mines de la Moria ou on découvre que tous les nains sont morts (c'est mon passage préféré de l'histoire <3), le reste est quand même assez cliché. Frodon se fait re-blesser par un Troll, on fait une grosse page de pub pour le mithril qui lui sauve la vie et gna gna gna..Sois disant les nains l'ont miné, ça reste à prouver.

Ensuite ils arrivent chez nous. Galadriel les accueille superbement bien, sauf le nain qui respire très fort, passage drôle du récit. Après ils partent et voyagent en paix jusqu'à Amon Hen ou les méchants orques de Saroumane leur tendent une embuscade. A la fin, Legolas tue plus d'orque que Gimli (détail important dans la compétition elfe-nain), Frodon et Sam fuient comme des couards sans attendre les autres. Boromir est tué. Et voilà...
Je vous laisse, je vais voir mon père, je crois qu'il écrit la suite en ce moment. Il est parti dans un délire avec deux tours...
Quand je l'aurais entendue, je vous la raconterai c'est promis Wink
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Url ~ Idril Felagund ~


Ceci se déroule peu de temps avant que Mirkwood ne soit prise et que la guerre qui aboutira à sa purification ne se déclare. Mirkwood est alors un territoire de mystères et de créatures sombres, sous l'égide certaine de Dol Guldur, qui veille à ce que ses noirs desseins ne soient pas encore révélés aux yeux des peuples libres...

Pour me rendre à Erebor, je devais passer près de Mirkwood. Ce territoire de mystères, que l'on disait peuplé d'Elfes et de créatures plus étranges les unes que les autres, subissait de sévères dommages, et le bois de ses arbres en portait la marque. Or je n'étais qu'un homme et tandis que je m'en approchais, je ne pus m'empêcher de contempler cette masse ténébreuse, dont les charmes noirs émanaient jusqu'à moi tels une brume aveuglante. « Ne pas se perdre, ne pas se laisser impressionner. L'imagination débridée est le plus grand danger que l'on puisse affronter en ces lieux » songeais-je. Ne lâchant pas des yeux l'impressionnante étendue végétale, je repris ma marche, fatigué mais plein d'entrain. Tout en pensant à ce que j'allais vendre au marché et à la façon dont j'en tirerais le plus de bénéfices, j'avançais vers ces bois de renom. Je passais la nuit non loin de sa lisière. Peut-être était-ce dû à l'appréhension que j'avais de Mirkwood, mais mon sommeil fut peuplé de curieux cauchemars sans queue ni tête.

Au petit matin, je m'éveillais un peu courbaturé et inquiet. Même si je ne comptais pas traverser entièrement la forêt, le fait d'y entrer et d'en traverser une petite partie me troublait. « Allons, j'ai une carte fiable, qui ne m'a jamais causée de soucis durant mes nombreux voyages, cela devrait aller. ». Prenant mon courage à deux mains, je passais les premiers arbres. Observant autour de moi, je fus frappé par la désolation du lieu. Les arbres semblaient...malades. La plupart étaient comme calcinés, quant aux autres, ils étaient tordus, affichant des troncs torturés et sinueux comme des labyrinthes. Ils s'étendaient de tous côtés, semblant grimper avidement vers le ciel, dont ils ne laissaient pas filtrer la lumière malgré leurs branches dénuées de toute feuille. Tout à mes pensées de mort et de ravages, je ne m'aperçus pas tout de suite qu'un épouvantable silence régnait. Arrêtant soudain ma marche, je levais la tête vers la cîme à peine visible, où une multitude d'oiseaux auraient dû chanter gaiment. Mais seul le sifflement étouffé du vent parsemait l'endroit. De plus en plus impressionné et inquiet, je continuais ma route, tête baissée pour me concentrer sur le relief du sol, et tenter d'oublier le paysage déprimant qui m'entourait. Les heures passèrent, épuisantes, mais surtout, démoralisantes. Je m'assis à quelques reprises, pour manger un peu et me redonner du courage. « Cette forêt n'a t'elle donc pas de fin ? ».

Alors que je marchais d'un bon pas pour traverser au plus vite cet endroit malsain, je faillis m'étaler à terre sous les orbites moqueuses d'un tronc revêche. « Mais comment peut-on vivre dans pareil endroit ? Ceux qui prétendent que des elfes vivent ici mentent ! je ne vois pas comment... Et pourtant, des marchandises proviendraient de cet endroit, selon certains marchands de vin... ». J'étais songeur, et j'avais raison de l'être. Aucune denrée comestible ne poussait dans ces bois putrides. Les seuls champignons qui grignotaient les troncs noircis affichaient une apparence mortelle, et je les connaissais. Ils ne m'apporteraient rien de bon... A moins que les elfes ne les trouvent à leur goût, je doutais qu'ils fassent leur cueillette en ces lieux.
Soudain intrigué par un son anormal pour l'endroit, je relevais la tête, avisant une pâle lueur non loin. C'était le bruit puissant d'une rivière. Courant jusqu'à la lumière, j'avisais avec stupeur le cours d'eau. Cependant, le plus impressionnant était les arbres. Ils semblaient moins ternes. En amont de la rivière, ils avaient l'air presque normaux. Cependant, en aval...je retrouvais la vision cauchemardesque qui m'avait accompagnée durant un bon moment. «Ce doit être la Nimrodel...Bon, ma carte. ». Sortant le parchemin d'une besace, je contemplais les indications qu'il m'offrait, jetant de rapides coups d'oeil au ciel pour me repérer. Je fus un peu découragé. Je m'étais aventuré trop loin au nord-ouest. « Bon alors...pour retrouver la bonne direction...Je dois... » réfléchissais-je, avant de m'interrompre pour mieux contempler la rivière, ahuri.
Une petite embarcation en bois, une sorte de jouet, était emportée par l'eau. Mais elle n'était pas ballotée, non, elle naviguait tout à fait bien ! Ses voiles végétales prenait le vent à merveille, et son gouvernail tenait parfaitement son rôle ! Le navire continua sa route impassiblement, sous mes yeux subjugués, lorsque je me décidai enfin à essayer de le rattraper. Laissant tomber les affaires qui m'encombreraient, je me mis à courir à toute vitesse à la poursuite de l'embarcation, tentant de ne pas me prendre les pieds dans les quelques branches noueuses qui baignaient dans l'eau. Parvenant à devancer un peu le bateau, je saisis une longue branche, et le mit à travers de sa route. Lorsqu'il arriva à la portée du bâton, je lui donnais de petits coups, l'orientant peu à peu vers moi. Ce ne fut pas sans difficulté à cause du courant, mais je parvins à l'attraper, même si je faillis bien verser tête la première dans l'eau. Tenant l'objet entre mes mains, et le contemplant avec émerveillement, je songeais qu'il n'avait rien à faire ici... « D'où peut-il bien venir ? Il n'a tout de même pas jailli des montagnes pour atterrir avec les eaux des fontes dans ce cours d'eau...mais alors... » j'étais complètement perdu.
Je pris la décision de remonter le courant. Quelqu'un avait bien dû l'y lâcher quelque part. Récupérant les affaires que j'avais abandonnées, je me dirigeais en amont du fleuve. Tout en marchant, j'observai le navire sous toutes ses coutures. Soulevant le pont, j'examinai avec curiosité l'ingénieux mécanisme qui permettait au bateau de naviguer droit malgré le remous de la Nimrodel. « C'est tout simplement stupéfiant, cette histoire ! » m'exclamais-je. Etudiant les arbres, je vis qu'ils semblaient plus colorés, plus joyeux. En tendant l'oreille et en marchant le plus silencieusement possible, je pouvais même entendre siffler quelques oiseaux. « Ils sont encore loin... »remarquais-je. Je continuais de marcher sans trop de bruit durant quelques minutes pour les entendre, lorsque j'aperçus à quelques mètres devant moi un petit tas de tissu, et de nombreuses brindilles.
Rejoignant la petite clairière, je saisis l'étoffe sous mes doigts, et la dépliais. C'était une tunique en coton doublé de soie à l'intérieur. La posant contre mon torse, je vis qu'elle était trop serrée pour moi de quelques centimètres. « Trop de bedaine ? » songeais-je en souriant intérieurement. Comparant les brindilles à celles du bateau, je compris qu'elles avaient bien été employées à sa fabrication.

Soudain, sans comprendre pourquoi ni comment, je me retrouvais face contre terre, les bras croisés dans le dos, un pied appuyant entre les omoplates, sans pouvoir remuer.
« Ne bouges pas si tu tiens à la vie. » me lança une voix indéfinissable, plutôt masculine. Elle semblait sérieuse, et...un peu hésitante. « Qui êtes-vous, continua-t'elle. Que faites-vous en ces lieux ? Répondez ! ».
« Je suis Yvan, d'Upbourn, je comptais longer la lisière de Mirkwood pour me rendre à Erebor, mais je suis monté un peu trop au nord. Je voulais me ré-orienter, lorsque j'ai vu le navire passer devant moi. Je ne vous veux aucun mal ! » tentais-je d'expliquer, lorsque l'homme me coupa la parole.
« C'est vrai ? Tu as vu mon bateau ? Il marche bien ? Et tu dis que tu vas à Erebor ? Tu voyages beaucoup ? Et... ». Celui qui me tenait immobile était jeune. Cela s'entendait. Mais que faisait-il seul ici ? Avait-il été abandonné dans ces bois ? Je sentis qu'il retirait son pied, et il lâcha mes bras. Quelle force il avait pour un enfant ! Me retournant pour le regarder, je retombai brutalement assis sur mes fesses, stupéfait de trouver devant moi un jeune garçon d'environ dix ans. « Un elfe ! C'est un elfe ! Par tous les saints ! Ils existent ! Dire que je voulais les trouver quand j'était petit, et que j'avais fini par ne plus y croire !  Un elfe ! Oh non, c'est impossible... Et pourtant !». Quelle que soit ma tête, elle devait afficher un drôle d'air, car le garçon me demanda, en me tendant une main :
« Tout va bien ? Ne craignez rien, je ne vous ferait aucun mal. Vous m'avez surpris, c'est tout. C'est la première fois que je rencontre un Homme.». M'aidant à me relever, il m'expliqua que ses parents avaient beaucoup voyagé, et qu'ils lui avaient décris ces êtres, qui étaient les futurs héritiers de la terre du milieu, mais qu'il n'avait jamais réussi à s'en faire une idée exacte, même en étudiant les illustrations des livres de biologie. Son attitude pleine d'entrain me fit sourire. M'époussetant, et tentant de m'habituer à l'idée que j'étais en train de parler à un elfe, je lui racontai mon voyage jusqu'ici, parmi les sombres arbres de Mirkwood. Pendant que je parlais, le garçon ne cessa de me tourner autour lentement, m'observant avec minutie. Lorsque j'eus terminé mon histoire, il se planta face à moi, et mit ses yeux dans les miens, que j'eus du mal à ne pas baisser tant son regard était perçant. « Est-ce qu'il est en train de lire mes pensées ? Quelle sorcellerie pratique t'il là ? » me questionnais-je avec appréhension, sans oser bouger, de peur d'être statufié, ou ensorcelé. On prêtait toutes sortes d'étranges pouvoirs aux elfes...Peut-être celui-ci était-il en réalité vieux de deux cent ans ! Dans ses yeux se lisait de la concentration ,et une légère méfiance.
« Je pense que je peux vous croire. Tout dans votre équipement semble confirmer vos dires... ».
J'osai enfin reprendre mon souffle.
« Cependant, vous ne pouvez aller plus avant. Les étrangers doivent être menés au palais. Restez ici, je reviens. » dit-il en effectuant quelques pas, avant de  retourner la tête vers moi. « Ne vous donnez pas la peine de fuir, nous vous retrouverions. Et si votre destination est bien celle que vous m'avez donnée, laissez-moi vous dire que ce n'est pas au nord que vous vous êtes trop enfoncé, mais à l'ouest...De toute évidence, vous ne savez pas lire une carte ! » ajouta t'il d'un air espiègle avant de disparaître entre les arbres avec la facilité d'un prédateur. J'hésitai un instant à partir, mais j'étais trop impressionné par ma rencontre et sa promesse de revenir pour oser fuir. Et si en plus je m'étais trompé de direction...Je repris ma carte et tentai de comprendre d'où venait mon erreur. Cette fois-ci, ma lecture confirma les dires de l'elfe ! « Mais alors...qu'est-ce que j'ai lu tout à l'heure ? » C'était à n'y rien comprendre ! Je ne m'étais jamais trompé auparavant !
Résigné à attendre qu'on vienne me chercher, je m'asseyais par terre en tailleur, et continuais de songer à mon erreur. « Il y a des sortilèges elfiques dans l'air, j'en suis persuadé ! Quelque maléfice qui rôde... » pensais-je, méfiant. Les minutes passèrent, puis l'elfe revint, accompagné cette fois de personnes plus âgées...en apparence du moins. « On ne sait jamais avec eux ». Je me levais à leur vue, et les saluais, tout en les regardant avec appréhension. J'étais sur leur territoire, qu'allaient-ils me dire ? Allais-je finir ensorcelé ? Jeté dans quelque geôle puante ? Deux elfes de grande taille, un mâle et une femelle, qui avaient l'air d'humains de 35 ans, me posèrent alors toutes sortes de questions sur ma venue ici, sous le regard amusé de l'autre face à mes réactions. Ils discutèrent un moment dans leur langue étrange avec les soldats qui les avaient escortés, puis tous se tournèrent vers moi.
« Suivez-moi » me dit la seule femme du groupe. Ils me conduisirent à travers d'épais taillis, et je remarquais que nous nous enfoncions petit à petit dans une forêt verdoyante et touffue. J'aperçus quelques buissons chargés de baies. Le jeune elfe suivait le groupe, tantôt les devançant, tantôt faisant une pause pour faire la cueillette. Sans un mot, il me tendit quelques mûres à l'aspect juteux, nichées au creux de ses mains, dont j'observais qu'elles étaient fines et longues. Bientôt, nous arrivâmes au cœur d'un village situé tout près d'une grotte à l'entrée large et béante comme un gouffre abyssal. Les gardes nous laissèrent après un court échange, et celui que j'avais rencontré en premier me désigna un homme et la femme :
« Ce sont mes parents, Tári Celebrindal et Lenwë Eledhwen. Vous nous êtes sympathique, et comme vous, ils ont beaucoup voyagés. Nous serions ravis de voir avoir comme invité le temps que vous pourrez vous permettre de rester, afin que vous nous contiez vos voyages ! » J'allais donner ma réponse, lorsqu'il me coupa la parole:
« Ah, j'oublie de me présenter... Je suis Idril Felagund ! Enchanté de vous rencontrer !...Moi, je n'ai encore jamais voyagé. Je n'ai que quinze ans après tout... » ajouta-t'il avec une pointe de regret dans la voix.
Cette dernière information eut le don de me clouer sur place. Il était très mature, pour son âge !  Et la force dont il avait fait preuve en m'immobilisant lors de notre rencontre était simplement stupéfiante... Tous les elfes étaient-ils ainsi ?

En passant du temps en leur compagnie, je découvris à quel point ces gens étaient un peuple à part. Tout dans leurs mœurs, leur mode de vie, en passant par leurs manières de voir les choses, tout était très logique et habile, et à la fois dédié au beau et au bonheur. La famille d'Idril était très chaleureuse, bien loin de ce que j'avais pu entendre dire à propos des elfes, dont on répandait partout leur attitude hautaine et dédaigneuse, et leur nature vaniteuse. Quelques-uns se montraient distants, mais je les comprenais, m'étant d'abord moi-même montré superstitieux et un peu méfiant à leur égard. Un jour que je rouvrais mon journal de bord pour écrire mes pensées, je pu constater que cela faisait déjà presque une semaine que j'étais ici. « Les jours passent si vite dans cet endroit...On a l'impression que l'on pourrait y vivre toujours sans jamais s'ennuyer ! ». Le moindre moment de ma journée était agréable.
Le matin, c'était un plaisir de se réveiller au côtés d'Idril et sa famille. Ils avaient une pièce de repos, garnie de sommiers de paille dans un coin, où ils s'allongeaient côte-à-côte, emmitouflés dans de moelleuses étoffes. Quand je m'éveillais, je n'ouvrais pas tout de suite les yeux, me contentant d'écouter les sons de la forêt majestueuse qui m'entourait. Puis je contemplais enfin les rayons de soleil qui perçaient la cime des arbres avant de venir se perdre à travers les fins voiles aux fenêtres. Je suivais Idril toute la matinée. Il m'emmenait dans toutes sortes de clairières, toutes plus reposantes les unes que les autres, avec leurs particularités. Puis il me faisait essayer ses jeux.
C'est ainsi qu'ayant emportés de quoi déjeuner, nous passâmes une journée complète à observer toutes sortes d'animaux. Je compris pourquoi il m'avait réveillé à l'aube lorsqu'il me fit approcher d'un troupeau de daims qui avait élu domicile dans une ravissante clairière baignée de soleil. Je restai alors immobilisé par tant de grâce. Idril me fit me baisser, et il présenta au vent la main qu'il venait de tremper dans un espèce de liquide nauséabond qu'il transportait dans une gourde en peau. Les daims s'approchèrent alors de nous, et je pus les voir de très près. Me prenant doucement la main, il l'enduisit de liquide et l'avança vers un daim qui semblait encore très jeune. Ce dernier se mit alors à me lécher, et sa langue râpeuse faillit me faire rire aux éclats, heureusement, je me put me contenir. Nous restâmes en leur compagnie un bon moment, puis ils finirent par s'enfuir, car des sangliers venaient de faire irruption dans la petite clairière, apparemment affolés par quelque chose. Des bruits curieux, à la sonorité lourde et mat, entrecoupés de sortes de succions, se firent entendre plus loin dans les fourrés.
Idril changea alors du tout au tout.
« Viens, vite. Suis-moi. » dit-il rapidement, la voix basse. Son visage était fermé, et il paraissait inquiet. Nous retournâmes rapidement au village, où il courut prévenir les gardes, ainsi que ses parents. Les sentinelles sonnèrent d'une sorte de cor au son très grave, et les portes du palais s'ouvrirent pour laisser passer un groupe d'une dizaines de cavaliers, armés pour le combat. Ce qui me laissa immobile cette fois, ce ne fut pas leur grâce, mais l'aura de puissance qui émanait d'eux. Nous choisîmes une activité plus reposante pour la suite, et ce fut la poésie qui l'emporta. Idril se mit à m'expliquer les subtilités de la langue elfique...ou du moins essaya-t'il !
Le soir, je racontais mes voyages, et ses parents me parlaient alors de leurs découvertes. Ils étaient cultivés et raffinés et avaient un caractère jovial, plus ouvert que certains autres elfes que j'avais pu croiser au cours de ces derniers jours. Peut-être leurs voyages y étaient-ils pour quelque chose...Nous ouvrîmes une bouteille de vin, et je fus étonné de constater qu'Idril en buvait également. Son père m'expliqua qu'il était œnologue ainsi que sa femme, et qu'ils avaient la chance d'avoir un fils qui s'intéressait à ces choses. Je mis en cause son jeune âge, et le père se mit à rire.
« Les bonnes choses se savourent avec tempérance, que l'on soit jeune ou vieux. Chez les elfes comme chez les hommes ! » déclara la mère en me souriant. Pourtant, je constatais à la fin de la soirée qu'ils avaient vidés deux bouteilles à trois. « Quel peut bien être le sens de Tempérance chez les Elfes ?»  me surpris-je alors à penser. Pourtant, ils ne semblaient pas être le moins du monde affectés par la boisson. J'allais me coucher, rompu de fatigue. Lorsque je me levai le lendemain, cinq bouteilles vides trônaient sur la table.
Il n'y avait personne. Je profitai de ma solitude pour réfléchir un peu. Il fallait que je songe au départ. J'arriverai tard au marché sinon. Je me mit à chercher mes affaires, que j'avais dispersées un peu partout, et fit mes bagages. Lorsqu'Idril revint, il n'eut pas l'air étonné de voir mes sacs scellés.
« Je me doutais que tu penserais à organiser prochainement ton départ. Aussi j'ai construit ceci pour toi. C'est un modèle unique ! » fit-il en souriant, en me tendant un petit navire, constitué de trois mâts avec des voiles en chanvre, et des petites rames. Soulevant le pont, il me montra le mécanisme.
« J'ai fait en sorte qu'il puisse naviguer même s'il n'y a pas de courant, comme je sais qu'il n'y a qu'un lac à Esgaroth... ». Je le remerciai avec émotion, et rangeai soigneusement le bateau dans un sac où il restait un peu de place. Le soir, nous partageâmes un dernier repas, et je quittai tôt la forêt le lendemain, accompagné d'Idril et ses parents, qui me conduisirent à la lisière des bois et me remirent quelques présents avant de se séparer.
« Pour protéger le corps » dit le père en me tendant une petite dague.
« Pour protéger l'esprit » dit la mère, en me tendant une bouteille de vin d'un air entendu.
Un dernier rire fut partagé, puis je pris congé d'eux. Comme lors de notre rencontre, ils disparurent très vite dans les fourrés, et je n'entendis soudain plus que les sons de la forêt solitaire.
Mes pensées se tournèrent bientôt de nouveau vers le trajet qui me restait avant d'arriver, et je repris la route.
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En attente : Glorfindel





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