Soyez les bienvenus sur la Terre du Milieu !
Venez voter sur les top sites !

Partagez
 

 Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyLun 1 Juin 2015 - 7:45
Lieu : Dol Amroth
Situation temporelle : En respect du post des autorités (7-05-15 sur le contexte nouveau du forum), nous nous situons au début de cette période.




Dubitative. Pour ne pas dire suspicieuse. Ainsi l’avaient laissé les dernières paroles de Sœur Graccia, avant l’extinction des feux. L’idée instillée dans son esprit filait à un train d’enfer dans son cerveau fertile, il n’était pourtant pas la peine d’en rajouter… malgré tout….

Depuis son arrivée à Dol Amroth plusieurs mois plus tôt, Jes’ avait eu le temps de s’habituer. La responsable locale des feuilles mortes, un titre bien long au regard de ses pouvoirs réels, avait comme autre manie de finir ses journées par une phrase donnant à réfléchir, une façon d’occuper les insomnies si celles-ci se présentaient. Du moins était-ce l’impression qu’éprouvait Jes’Aoma à chaque fin de journée. La sœur lui indiquait ce à quoi elle devait occuper son temps d’avant sommeil, ces minutes si douces où l’on s’enfonce progressivement dans les draps, après avoir quitté la robe devenue rêche au terme d’une journée de labeur. La fatigue l’épuisait au point d’avoir grand peine à trouver ce sommeil, et c’était ainsi depuis le premier jour. Jes’ n’avait eu aucun repos, entre les six enfants, Sœur Assandra dont l’âge dépassait sans doute celui du plus vieil elfe jamais rencontré (elle s’en occupait en tout)… et ses « leçons de cuisine », elle n’avait pas une minute à elle. Peu de gens se rendent compte de ce que représente ce genre de vie. Aucun homme, bien évidemment. Trop occupés à faire la guerre, du moins le prétendent-ils. Mais les femmes à ce point exténuées par les tâches récurrentes, il en existe peu. Il faut être rompue à cette vie, n’avoir connu qu’elle pour parvenir, jour après jour, à la supporter sans broncher. Un sourire fugace, au coin du regard perdu dans les âges, un éclat de rire d’enfant, parfois une mixture réussie à en recevoir un compliment…Il arrive qu’une journée concentre trois de ces pauses mais la norme ne dépasse pas deux succès pour un passage du soleil dans le ciel.

Assandra lui demandait beaucoup de temps mais c’était, et de loin, la partie la plus légère de son travail. Car la vieille s’y connaissait en onguents et elle ne ratait pas une occasion pour assister Jes’Aoma dans ses « travaux pratiques ».

La Reine Mère, c’est le surnom que Sœur Graccia utilisait quotidiennement pour désigner Mère Jossèphe, avait donné ordre à Graccia de la former. C’était un bien grand mot pour une confrérie qui ne dépassait pas 6 membres et qui « rayonnait » sur trois cités du Gondor, quand les nécessiteux se comptaient par milliers. Chez les seuls enfants… Aucune de ces femmes n’avait de talent de magicienne, ni même d’apothicaire en fait. Elles pratiquaient ce que l’on pouvait appeler du charlatanisme mais leur tendresse envers les enfants, leur compassion pour les plus faibles parmi les fragiles était sans égales. Les feuilles mortes, poignée d’enfants recueillis par sept doigts de fées, n’existaient pas aux yeux des autorités politiques. Ce qui dans certaines circonstances constituait un avantage. Mais cette clandestinité avait aussi ses inconvénients. Aucun puissant détenteur du savoir ne viendrait les aider afin de soutenir activement leur combat contre toutes les formes de douleur infligées aux enfants. En fait, sans jamais le dire, peut-être tout au plus en l’éprouvant par moments, elles étaient les mères de ces petits qui en étaient dépourvus, leur talent tenait autant en la douceur de leurs attentions que dans l’efficacité des pommades qu’elles confectionnaient. A la limite, elles auraient tout aussi bien fait de fabriquer des parfums, tant l’odeur était l’unique pouvoir réel de leurs mixtures. Une caresse, des senteurs inconnues et le tour était joué. Les petits avaient raison quand ils parlaient de la magie des dames aux robes sans couleur, sauf qu’il était davantage question d’illusionnisme que de savoirs réellement mis en œuvre. En fait, Jes’ apprenait la cuisine dans les cours magistraux de Graccia et faisait des travaux pratiques avec Assandra.

Pour la crème contre l’eczéma, de l’écorce de Nessamelda, pilée puis séchée au feu de bois mais Assandra avait suggéré à Jes’ de ne pas laisser la poudre plus d’une heure sur le côté du feu. Sans cela, les parfums se repliaient sur eux-mêmes, réduisant l’efficacité olfactive du produit.
Un autre secret, l’écorce de Nessamelda ne brule jamais vraiment. « Parler de l’usage des cendres de cet arbre est une niaiserie ». Une vérité assénée autant qu’elle le pouvait par la vieille. Sans doute pour imposer par la couardise une opinion que son âge ne lui permettait plus de défendre autrement. A ce titre, Jes’ se posait beaucoup de questions sur l’équilibre des forces existant entre les deux sœurs. Etaient-elles à ce point adversaires ? Jamais un sujet ne les rassemblait. C’en était étouffant. Mais en son for intérieur, Jes’ subodorait une entente illicite, comme si elles s’étaient données pour tâche de multiplier les temps d’apprentissage de la novice. Une façon sournoise mais efficace de lui faire apprendre plus, et plus vite ? Peu lui importait d’avoir raison ou de délirer, l’étrangeté de sa relation avec Assandra lui convenait. De toutes les sœurs, elle était la plus atypique. Et l’âge n’en était pas la cause…

Cette vie lui plaisait, malgré l’énormité des tâches quotidiennes. Alors apprendre que ce quotidien serait bousculé par l’arrivée d’une personne inconnue ne lui plaisait pas vraiment. D’autant que les mots pour le moins obscurs qui avaient été prononcés par Sœur Graccia lui avaient fortement déplus. Ce soir-là, Jes’ ne pensait pas avec sa clairvoyance coutumière. Si elle parvenait à chasser  de sa conscience cette inconnue, le fantôme d’un être pas encore né pour elle rôdait dans un coin de son esprit. Et secouait son inconscient au point de brouiller les leçons apprises tout au long de la journée. Avoir rangé son corps dans la chemise de nuit n’avait rien modifié sur ce plan…

Se souvenir des conseils d’Assandra, s’en imprégner, tourner les mixtures en faisant un huit avec la cuiller en bois pour éviter les grumeaux… ce visage inconnu, comment serait-il ? « Quelqu’un viendra, il faudra lui faire bon accueil »… Se souvenir des conseils…. Et puis d’abord, n’était-elle pas habituellement ouverte aux autres ? Se pourrait-il que Je’sAoma Arlaine soit méchante ? Si Sœur Graccia avait parlé ainsi, était-ce parce qu’elle redoutait l’attitude de sa novice ? Le ton n’avait pas été chaleureux, procédurier tout au plus. On l’informait d’une rupture dans le quotidien, à elle de s’adapter, tout du moins à elle de faire avec, de se plier. D’obéir. Pour la première fois, Jes’ se sentait désavouée, le pire étant qu’il lui était impossible de mettre un visage sur ce danger. Quelqu’un vient, forcément une femme. Jamais aucun homme, et sur ce plan toutes les nations se rejoignaient, n’était entré dans la tanière des feuilles mortes, ni à Minas Tirith, ni à Dol Amroth. C’était une femme, il ne pouvait s’agir d’autre « chose ». Le cerveau de Jes’ avait oublié depuis de longues minutes la litanie des conseils d’Assandra, bloqué qu’il était sur l’énigme en cours. Pourquoi lui recommander une attitude naturelle chez elle ?... Il ne pouvait s’agir que d’une concurrente. Une autre Jes’. S’il avait été question d’une adulte, le problème n’aurait pas été abordé ainsi. C’était une question de formulation. « Quelqu’un vient » revenait à dire « une jeune fille comme toi va intégrer notre vie, tu dois t’y faire ». En fait, elle retombait dans une enfance qu’elle n’avait pourtant jamais connue. Brutalement déconsidérée, infantilisée, ‘Aoma sentait une chaleur monter en elle, le tourbillon des sentiments noirs contre lequel elle luttait parfois. Il fallait intervenir pour ne rien montrer, repousser la facilité d’une émotion compréhensible mais qu’elle savait inefficace. Sœur Graccia manquait à ce point de foi en sa novice, il faudrait montrer l’inverse. Et si le lien de confiance, au-delà de la dureté de son existence, avait été fragilisé en une seule phrase, elle saurait passer outre, sauver de ce naufrage ce qui comptait le plus pour elle, l’idée qu’elle se faisait d’elle-même. Puisque Graccia craignait sa réaction, puisqu’elle ne voyait en elle qu’une gamine, elle ferait en sorte de lui démontrer le contraire. Mais dans quelle mesure sa confiance en les adultes avait été fragilisée, cela personne ne pouvait le dire. Un vent nouveau balayait Dol Amroth, les dégâts seraient irréversibles, Graccia était la première victime. D’autres suivraient, assurément. On ne provoque pas le changement de saison impunément.

« Quelqu’un viendra ». Comme si la maison délabrée était une curiosité pour amateurs de pittoresque. Le cœur replié sur lui-même, étouffée par le délire et l’incapacité à accueillir la nouveauté, ‘Aoma, son seul vrai prénom, commençait tout juste à fermer les yeux. Exténuée par une journée de plus, elle baissait les bras, avec dans le cœur une tristesse qu’elle ne comprenait pas vraiment. Le départ de Minas Tirith avait constitué pour elle un déracinement, salutaire et nécessaire. Il lui avait fallu bien des mois pour prendre racine dans sa nouvelle demeure. Et c’était au moment où les premières branches allaient enfin pousser qu’on les lui taillait. Aucune larme n’était sortie de son corps, juste un peu de sève.

‘Aoma ne déchiffrait pas ce qui lui arrivait, et les rêves de la nuit ne l’aideraient en aucune manière. L’être humain n’aime pas le changement, se révèle incapable d’en anticiper les bienfaits. Et lorsqu’on dort comme une souche, le sommeil ne donne aucun conseil.


© Gab MacFarland



ADD-ON:
 



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 12 Juil 2015 - 21:56
Ses paupières se fermaient automatiquement, sans que Nilù puisse les en empêcher. On pouvait commencer à distinguer les premiers bruits de la nuit, entre les chants des grillons, le son du vent dansant dans les brins d'herbe et les hululements mélodieux. Il ne manquait plus que les crépitements des flammes pour que la jeune fille se sente bien dans cet environnement. Seulement, elle n'avait produit aucun feu, et cela par pure logique : elle voulait se rendre invisible. Au cas où certaines personnes viendraient dans les parages, il ne fallait pas qu'elles la voient, sinon il pourrait lui arriver malheur. Bien sûr, il est évident que dans cette situation, faire apparaître un feu brillant et  visible à des lieux de là était très risqué.

L'avantage lorsqu'on voyage à deux est qu'on peut alterner les tours de garde la nuit. Toute seule, Nilù ne pouvait pas profiter de ce luxe et devait donc s'interdire de s'endormir entièrement afin de surveiller sans cesse les alentours et s'assurer que tout se passe bien. Elle luttait contre le sommeil qui l'attirait d'heure en heure, l'assommant de coups de fatigue. La nuit passa on ne peut plus lentement pour la fillette qui fut heureuse d'apercevoir les premières lueurs du matin. Le ciel avait commencé par se pourprer peu à peu, puis le soleil était apparu derrière le paysage monotone que la marchande voyait depuis des jours et des jours. Elle avait parcouru de longues distances, toujours avec le même panorama banal devant ses yeux. Ce panorama, elle l'avait déjà vu lorsqu'elle était encore en compagnie de Thenar, Fëascalen, le diplomate et le peintre il y a un peu plus de deux ans. Ils avaient foulé les terres du Gondor jusque les connaître par cœur, et une fois qu'elle les eût quitté, la jeune fille s'était mise à la recherche de son frère, parcourant à nouveau ce royaume de long en large. En somme, elle croyait perdre son temps à marcher au même endroit sans avancer, sans que cela ne lui apporte rien de nouveau. C'est la raison pour laquelle, ce matin-là, Nilù rechignait à se remettre en route pour la énième fois.

Rien d'extraordinaire ce jour-ci, elle marchait toujours en mettant un pied devant l'autre. La seule chose plus motivante que les journées précédentes est que sa destination approchait de plus en plus et elle savait qu'elle n'était plus bien loin à présent. Cette cité près de la mer, assez discrète en Arda pourtant bien forte, se dressait à quelques lieux de Nilù. Il s'agit bien évidemment de Dol Amroth, la principale ville de Belfalas. Ce lieu était assez inconnu pour la fillette et c'est pourquoi elle y est allée. Son frère ne s'y était pas non plus rendu, en tout cas pas avant s'être séparée de sa sœur, il aurait donc très bien pu y aller pour y trouver un travail correct et continuer sa vie là-bas. A la recherche d'Aréqua et ayant déjà cherché partout où il aurait pu se trouver, la gondorienne avait choisi de continuer sa quête à Dol Amroth.

« Encore quelques pas...Encore quelques pas » se disait-elle sur le rythme de ceux-ci. Elle espérait arriver au chaud avant la tombée de la nuit, évitant une nouvelle nuitée à s'efforcer de rester éveillée. Nilù ne s'arrêta seulement pour les repas, et se déshydrater régulièrement. Dans sa tête se préparait tout un plan précis et réfléchi de ce qu'elle allait faire une fois sur place. Premièrement, faire un tour complet de la forteresse, observer les rues et s'y repérer. Deuxièmement, trouver tous les lieux où Aréqua pourrait être, à commencer par les forges et à finir par les tavernes. Troisièmement, se rendre dans tous ces lieux et guetter tous ceux qui pouvaient se révéler être lui, et demander aux passants les plus avenants s'ils pouvaient le connaître. Tout dépendait de la taille de la forteresse, mais globalement la fillette pensait y passer pas plus de trois voire quatre jours.  

Bien sûr, le soulagement se lisait dans les yeux de la marchande lorsqu'elle vit le pic gris embrumé qui s'élevait au loin. Elle estimait que le soleil se coucherait dans environ deux heures, ce qui correspondait parfaitement au temps qu'elle allait mettre à rejoindre la forteresse. En effet, au bout de ce temps interminable, elle s'écroula juste après avoir franchi la porte. Presque plus personne ne se promenait dans la cité à cette heure tardive, et les rares gens qui passèrent à côté de Nilù ne la remarquèrent même pas. A vrai dire, elle était totalement recroquevillée sur elle-même, enveloppée d'une couverture, si bien qu'on ne pouvait pas réellement deviner qu'une personne se cachait dedans au premier coup d’œil.

Cette nuit-ci, elle profita pleinement de plonger dans un sommeil profond et agréable, sans se soucier de quoi que ce soit. Certes, elle n'était pas totalement en sécurité, mais son manque de sommeil l'incitait à ignorer le danger pour se recharger pleinement d'énergies. Elle se réveilla en même temps que le soleil, réveillée par les bruits des premiers à s'activer dès le matin. Comme prévu, Nilù commença par faire le tour du port fortifié. Elle retint assez facilement l'organisation des rues et apprit rapidement comment s'y orienter. Elle repéra les ruelles, que l'on pouvait presque considérer comme des passages secrets qui reliaient de grandes allées. Son œil enregistra les situations de quelques forges, ainsi que deux ou trois tavernes. Elle avait aussi croisé une sorte d'école, haut bâtiment banal mais qui pouvait abriter Aréqua...pourquoi pas ?

Après avoir fini son repérage, la fillette se rendit dans une de ces forges et interrogea le propriétaire à propos d'un jeune garçon qu'il aurait pu croiser. Malheureusement, le vieil homme ne semblait pas avoir toute sa tête avec lui et comprenait difficilement ce que Nilù lui disait. Celle-ci abandonna au bout de quelques explications vaines et fit un tour des lieux sans que le forgeron ne lui dise quoi que ce soit, mais ne trouva rien d'intéressant : aucune trace d'Aréqua...

En sortant à l'air libre, la jeune marchande se concentra pour retrouver à l'aide de sa mémoire la position de la deuxième forge à aller voir. Une fois le chemin mentalement retrouvé, elle prit l'allée en descendant la pente, que la fameuse école touchait. Elle s'arrêta devant la porte d'entrée, observant le bâtiment en se demandant ce qu'ils pouvaient bien apprendre là-dedans, et surtout est-ce que son frère faisait partie des élèves ? Ce fut lorsque la fillette fut en pleine réflexion que les battants en bois devant elle s'ouvrirent, la figeant sur place.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyMar 14 Juil 2015 - 11:03
Le repos est une denrée rare et capricieuse. On croit souvent qu’il suffit de temps pour retaper un corps fatigué par l’accumulation. Il n’en est rien. Car si nous fonctionnons avec de la chair, nos esprits sont mus par une force aux contours indéfinissables. L’élan, l’énergie, la foi… certains parlent de magie ou de soubresauts du destin pour expliquer les écarts d’humeur qui nous caractérisent.

Toute la journée, Jes’ avait trainé derrière elle sa fatigue comme un poids. Il fallait bien la masse de son ardeur pour y résister. Et avancer malgré tout. La fatigue d’une nuit pourtant calme au dehors. Mais des questions l’avaient hanté, comme autant d’insectes cherchant à vous piquer pour une goutte de sang. On dort mal dans ces conditions. Et personne n’était venu. Bête, elle l’avait été de prendre les propos de Graccia pour argent comptant… « Quelqu’un viendra »… « quelqu’un viendra »… Rien ne permettait de croire que cela serait immédiat. Peut-être Sœur Graccia venait-elle d’être informée, peut-être le voyage serait-il aléatoire… Jes’ était bien placée, elle qui avait vécu tant de péripéties avant d’arriver à Dol Amroth, pour savoir que les voyages sont difficiles à prévoir sur les longues distances. Tandis qu’elle frottait les carreaux de la salle commune, elle maudissait cette impatience qui faisait d’elle le jouet de ses émotions.

Résolue à ne plus se laisser dominer par des questions n’ayant pas lieu d’être, elle reprit progressivement pas sur sa vie et la journée passa finalement plutôt vite, comme rythmée par un tempo immuable, entrainant, entêtant même, jusqu’à l’étourdissement. Une journée ponctuée de deux sourires du rugueux Beylon. Un enfant nain recueilli depuis de nombreuses années, à peine plus jeune qu’elle, aux élans de jalousie répétés. « Il n’a pas encore connu la bière… », disait souvent Graccia à son propos. Jes’, à chaque fois, se demandait si c’était un regret préventif ou un soulagement à venir. Comme beaucoup, Graccia croyait en les vertus apaisantes de « certains breuvages sur certaines personnes ». Jes’ Aoma Arlaine ne pouvait quant à elle se résoudre à admettre les vertus positives de l’alcoolisme. Comme antidouleur, on faisait mieux et les chants lui semblaient plus à même de construire la gaité d’un lieu. Mais elle était jeune. Les bourrasques provoquées par les pulsions masculines, elle n’en avait qu’une vision théorique. Jes’ parvenait à cacher son désaccord à Graccia. Sans se rendre compte que la plus jeune des vieilles agissait ainsi pour construire en elle un guide des savoirs rudimentaires à ne jamais oublier. A Assandra les connaissances liées à la pharmacopée, à Graccia les proverbes populaires. Avec ça, ma fille, débrouille-toi au mieux dans ce monde…

Le soir venu, une fois les enfants couchés, elle eut envie de bavarder avec Assandra. Elle devait faire vite car la plus âgée des sœurs avait, à cette heure de la journée, deux activités possibles, tout aussi incompatibles avec sa présence l’une que l’autre. Qu’elle se mette à rechercher de nouveaux mélanges ou qu’elle dorme, Assandra n’était plus libre d’esprit passés neuf heures du soir. Montant discrètement les escaliers, Jes’ s’y rendait, presque fébrile. Une hérésie d’avoir laissé Assandra au premier tant elle avait du mal avec les étages. Mais le clos, ainsi nommait-on les demeures des feuilles tombées, n’était pas assez grand pour laisser une chambre au rez-de-chaussée, raisons secondaires ou pas. Une fois parvenue devant la chambre, elle comprit qu’il lui faudrait revenir un autre soir. La porte était fermée à clé, et Jes’ renvoyée à une autre nuit.

Déçue, elle reprit la direction de l’étage inférieur, les derniers rangements du jour l’y attendaient encore. La fenêtre de l’escalier donnant sur la rue l’en distraya néanmoins. S’arrêter le temps d’un regard vers la mer, le soir, quand l’horizon est encore marqué par des traces de rougeur solaire. Jes’ aimait le « clos de Dol Amoth ». Sa petitesse posait bien des problèmes au quotidien, pour le même nombre d’enfants, toujours neuf. Jamais plus, six filles et trois garçons. C’était le maximum permettant un avenir à chacun. Et les enfants étaient éduqués dans l’idée que dès qu’ils seraient jugés autonomes, ils devraient laisser leur place. A leur choix. C’était une logique impitoyable, dure au possible. Les gens issus des clos étaient le plus souvent de bons agriculteurs, des boulangers hors-pair, voire des forgerons. A chaque fois des métiers durs, manuels, ancestraux. Il était d’autant plus facile aux sœurs d’obtenir des gens du métier des places pour leurs enfants que chaque partie y gagnait. Pour les sœurs, un enfant de placé, pour les artisans, une main d’œuvre volontaire, endurante et pleine d’envie de s’en sortir. Neuf enfants, deux ou trois sœurs au mieux, quatre clos dans tout le Gondor… Une bienfaisance qui périclitait mais existait, c’était déjà beaucoup. Un espace réduit, où l’on suffoquait vite d’être entassés. Mais un espace de vie. De sa fenêtre elle regardait la ville s’éteindre et la nuit s’allumer. Soudain, dans la rue, une forme, du genre inconscient des dangers de la nuit, à moins qu’elle n’y soit préparée… La personne venait du bas de la ville, s’était arrêtée dans une échoppe, en était ressortie, se tenait là, comme si une collision d’étoiles allait se produire à cet endroit précis… Quelqu’un viendra… Son sang ne fit qu’un tour. Jes’ descendit le reste des escaliers à la vitesse d’un cheval dressé par les hommes du Rohan. C’était elle, l’inconnue. A son allure, sa taille, ce ne pouvait qu’être une fille. Dans la nuit, on voit mal mais les yeux de Jes’ savaient distinguer une démarche légère et une autre lourdaude. La forme était petite, indice non décisif mais l’allure…
La clé mit un temps infini à se décider à tourner dans la serrure.

- Bonsoir, nous vous attendions, entrez, ne restez pas là….

Et Jes’ de lui prendre le bras, l’attirer à l’intérieur, dans la cour minuscule où les enfants jouaient le soir, avant le diner. Une fois dans l’entrée, son premier réflexe fut de refermer derrière elle. Sans s’en rendre compte, Jes’ venait de la kidnapper, croyant la soustraire aux dangers d’une ville le plus souvent paisible. Vint en un éclair le doute. Et s’il ne s’agissait pas de la personne espérée par les sœurs des feuilles. D’un coup, un frisson la traversa, et si elle s’était trompée, le ridicule serait la moindre des punitions envisageables. Jes’ ne savait rien, elle s’était montée la tête toute seule alors que la personne qu’elle avait en face d’elle était… une fille, comme elle, blonde, à peine plus grande qu’un poney… Une … sœur… des yeux verts, son rêve depuis toujours, elle dont le noir intense repoussait tant les curiosités à cause de la puissance de ces billes. Il fallait agir, vite. Mais la jalousie peut se mêler à l’attirance. Jes’ Aoma ne se maîtrisait pas assez, l’envie d’en savoir plus l’emportait et peu importaient les conséquences. Elle n’était pas au clair de ses intentions, l’évidence sautait aux yeux, la surexcitation poussait Jes’ dans des territoires inconnus, l’improvisation risquée, due au contact violent avec le monde extérieur. Certains âges permettent une libération, la rupture d’avec les conventions, le saut dans le vide. Sans le moins du monde en percevoir l’imminence, Jes’ parvenait au point d’inflexion. Son enfance venait de prendre fin, la première migration vers les rivages lointains était entamée. Combien de poussins meurent lors du premier envol ? Et ceux qui résistent sont-ils vraiment les plus aguerris ? Jes’ traversait une frontière de l’existence comme on fait un pas. Et si la vie avait raison de ne rien lui laisser comprendre ? Torture des secondes cruciales dont on ne cerne les contours que des années après leur occurrence. Douleur inséminée en douceur, incidemment, le venin aux effets retardés, l’accélération de la course vers la fin du chemin. On ne remonte jamais en arrière.
Qui était-elle ? Pourquoi venir, comme elle, dans ce lieu qui n’attirait que le mépris et les enfants laissés sur le côté du chemin ?
Elle l’avait apparemment prise de cours, l’inconnue aux yeux verts ne trouvait rien à répondre pour le moment, il fallait combler le silence…

-… je… pardon… Je suis Jes’Aoma Arlaine… pardon de vous avoir brusqué…

La vie est parfois terrible. La veille au soir, l’angoisse l’avait entrainé vers des côtés noirs qu’elle n’aimait pas en elle. Et là, la joie de rencontrer autrui, de découvrir une nouvelle amie, il ne pouvait en être autrement aux yeux naïfs de Jes’… cette irrépressible volonté de faire avancer le temps plus vite, l’énergie incontrôlable en somme, l’avaient emporté.
Elles étaient face à face, comme séparées par un film métallique générant le reflet. Jes’ souriait, la chose la plus facile pour elle. Sa méfiance avait disparu. Une fois encore, elle ne savait être autre chose qu’une plume offerte au gré du vent.
Sa robe sans couleurs était usée, sale de la journée et ses cheveux partaient dans tous les sens, on ne voyait que ses yeux avides de vivre. Ses jambes tremblaient de plus en plus, seules ses mains sauvaient les apparences.
Désormais, Jes’ attendait, les secondes sont longues parfois.



Pièce n°3, un indice...:
 


© Gab MacFarland


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyLun 24 Aoû 2015 - 14:09
« Nous vous attendions ». Cette phrase, ces trois mots, ces dix-huit lettres tournaient dans la tête de Nilù depuis quelques temps. Comment ça, ils l'attendaient ? Elle-même avait décidé il y a peu de venir ici. Elle eut quelques secondes pour y réfléchir...

Il se pouvait qu'on l'ait espionnée depuis son arrivée à Dol Amroth et qu'on avait remarqué sa solitude. « on », bien sûr, correspondrait aux personnages dirigeant cet immeuble et ayant l'intention de l'y amener. Était-ce un orphelinat ? Ce n'est pas une suggestion à laisser de côté, si l'on voyait la fillette qui avait accueilli Nilù : seule aussi, sans parents qui seraient venus dès qu'elle ouvrit la porte. Aucun adulte ne fit apparition, d'ailleurs personne tout simplement. Mais il semblerait que le lieu  n'était pas le toit de cette seule humaine, car quelques bruits surgissaient de plusieurs côtés. Peut-être des voix, en tout cas il y avait un peu d'activité. Si l'on suit cette hypothèse, il est probable qu'Aréqua vive ici, lui aussi. Peut-être avait-il été recueilli et lancé une recherche après Nilù. Celle-ci ayant mis les pieds à Dol Amroth, on l'aurait de suite reconnue et rejointe à son frère.

A vrai dire, cette supposition se rapprochait du rêve pour la jeune gondorienne. Ce serait si facile, si  simple qu'elle retrouve Aréqua si aisément...il se pouvait aussi sur la fillette ait tout deviné sur cette endroit, sauf que son frère n'y habite pas. Et ainsi, elle pourrait demander aux responsables du lieu de se lancer à sa recherche. En tout cas, il semblerait que dans une manière ou d'une autre, elle pouvait gagner en faisant connaissance avec les habitants de cette bâtisse. A commencer par une prénommée Jes'Aoma Arlaine.

« Ah, il n'y a pas de mal. Je m'appelle Nilù pour ma part. »

La marchande abandonna donc son air inquiet et opta pour un visage plus décontracté, couronné par un sourire des plus sincères d'une jeune enfant naïve. La fille qu'elle avait devant elle était un peu le même type de personne que Nilù elle-même. A quelques centimètres près, elles faisaient la même taille. Leurs âges devaient aussi être proches si on tient compte de ceci et de la maturité qu'on pouvait distinguer dans les deux paires d'yeux. Leurs chevelures  possédaient la même teinte, contrairement à leurs iris qui s'opposaient presque. Des yeux plus que sombres pour l'une, dont on ne différenciait pas la pupille de la couleur, et un iris vert d'eau pour l'autre, lui donnant un regard beaucoup plus clair. Cela ne faisait pas de l'une plus redoutable que l'autre, mais cette différence pouvait sauter aux yeux comparée aux traits plutôt similaires de leurs visages.

Un silence suivit pendant lequel Nilù observa le lieu. Elle se trouvait dans un minuscule endroit ouvert, qui semblait être foulé à longueur de journée. Le bâtiment l'entourait, s'élevant à plusieurs mètres de hauteur et régulièrement décoré de fenêtres, à certaines pendaient quelques fleurs fanées, à d'autres ces plantes se tenaient droites. Les pierres étaient vieilles et usées, mais si imposantes que les murs ne risquaient pas de s’effondrer.

Le regard de la fillette ayant fait le tour, il se reposa sur Jes' qui restait à côté d'elle. Il était temps de parler, de lui demander si elle connaissait Aréqua, quel était ce lieu...pourquoi avait-elle dit qu'on l'attendait ? A vrai dire c'en était même surprenant que Nilù soit restée muette jusque là malgré toutes les questions qui vagabondent dans sa petite tête. Elle ouvrit la bouche une première fois, puis remarqua qu'elle ne savait pas par où commencer, elle la referma donc en attendant de trouver ses mots. L'autre jeune fille ne semblait pas vouloir l'aider en prenant la parole en premier, la gondorienne dut donc se débrouiller seule afin d'arriver à son but.

« Vous m'attendiez ? Excusez-moi...mais je ne vous connais pas et je ne pense pas connaître quiconque habite ici. D'ailleurs, je ne connais pas cet endroit, mais serait-il possible que mon frère y vive ? Aréqua, se prénomme-t-il. Auriez-vous déjà entendu parler de lui ? »

C'était encore un peu bancal, mais Nilù n'aurait pas pu attendre plus longtemps sans que le silence se fasse de plus en plus gênant. A présent il était brisé et la conversation commencerait certainement... la marchande en aurait certainement beaucoup à apprendre et à comprendre, maintenant. L'interlocutrice se retrouvait avec un amas de questions sur les bras dont elle devait apporter les réponses. En tout cas, c'était le souhait de Nilù qui avait utilisé un ton doux malgré l'inquiétude et la curiosité qu'elle laissait paraître à travers ses mots. Il ne fallait surtout pas effrayer Jes'Aoma Arlaine, celle-ci pourrait prendre peur et décider de ne pas lui répondre. Ce serait un premier échec dans la recherche de la gondorienne, recherche à peine commencée et qu'elle ne pouvait se permettre d'échouer. Elle devrait certainement s'y prendre délicatement, par la suite, pour obtenir des informations de l'inconnue aux yeux sombres. En tout cas, si celle-ci savait quelque chose d'intéressant aux yeux de Nilù.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyLun 24 Aoû 2015 - 19:17
Une infection. Cette sensation qui la traversait si quotidiennement, elle la voyait comme une infection virulente. Et plus elle la sentait monter, plus elle s’installait en elle inexorablement. Jes’ avait trop orienté sa vision des choses, jusqu’à prêter au futur une voie qu’il n’emprunterait pas. Alors cette fille n’était pas attendue !?! Elle avait introduit dans leur maison une étrangère au lieu de… Elle rougissait, tant et plus. « J’ai honte », se dit-elle. « Je suis une idiote ».
Il fallait pourtant agir, se pincer le nez ne serait d’aucune utilité. Il était trop tard pour faire machine arrière. Et puis, les feuilles mortes avaient une tradition d’accueil qu’il fallait honorer. Dans la pénombre, peut-être l’inconnue ne remarquerait-elle pas le feu ayant embrasé ses joues…

- Nilù, c’est… joli…

Quelle gourde… Et puis quoi encore, « votre coiffure est aussi resplendissante que les nuages dans le ciel ». Il fallait trouver les mots….

- …enfin, Aréqua… cela ne me dit rien. C’est un nom qui m’est étranger.

Tout cela allait vite, d’autant qu’elle n’était plus très sûre d’avoir eu raison de la faire entrer. Le loup ne venait-il pas pénétrer dans la bergerie ? Il était trop tard pour avoir des regrets, et puis, cette Nilù n’avait ni les épaules d’un troll ni l’aspect mielleux des voleurs qui s’infiltraient si aisément dans les maisons des beaux quartiers. Elle était comme elle, au kilo près…. mais…en plus adulte. Parce que ses questions étaient précises, elle savait exactement quoi dire et comment le dire. Jes’Aoma n’était pas née avec ce talent-là….

- Suivez-moi…

Il fallait bien faire quelque chose. Ce nétait pas dans ses habitudes de laisser  sur le seuil de la porte quelqu’un qu’elle venait d’inviter. La seule issue était de boire le bouillon jusqu’au bout.
Elles montèrent au premier, Jes’ prenant soin de demander à Nilù de faire le moins de bruit possible. « Les enfants dorment à cette heure-ci », dit-elle comme s’il s’agissait d’une évidence de la nature. Mais Nilù pouvait-elle deviner qu’elle venait de mettre les pieds dans un orphelinat qui ne disait pas son nom ?
Etait-ce le silence qu’elle avait réclamé d’elle qui expliquait son absence de réponse ? Son idée était de réveiller Sœur Graccia pour la lui présenter sans plus tarder. L’intrusion  d’une étrangère serait punie, Jes’ en ferait les frais tôt ou tard mais d’ici là, c’était la seule chose à faire. Elle ne pouvait cacher sa présence.

- Je vais vous présenter à Sœur Graccia. C’est la responsable de ce lieu. Elle connaît la ville bien mieux que moi, peut-être saura-t-elle pour votre frère !?!

Elle avait chuchoté aussi doucement que possible. Comme pour entrer en complicité avec Nilù. Lui dire quel worg était Graccia, quel était son caractère, son exigence, sa dureté vis-à-vis d’elle ne servirait à rien. Jes’ savait qu’elle paierait tôt ou tard sa précipitation. C’était ainsi. De ses questions sur la raison de cette annonce, de ses angoisses nées d’une jalousie inconsciente, de toutes ces idées qui polluent nos existences, il ne restait rien. Jes’ était emportée, inexorable pente forçant le cours de la rivière.
Dans quelques instants, sa main frappant à la porte allait briser le silence si précieusement entretenu. Pour le moment, elle semblait enkystée, comme en suspens *



Gab précise:
 


© Gab MacFarland


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyMer 26 Aoû 2015 - 15:42
L'inconnue brisa rapidement le rêve de Nilù. Elle ne connaissait pas Aréqua, n'en avait jamais entendu parler. La gondorienne aurait bien aimé trouver une lueur de mensonge dans son  regard mais il n'y en avait aucune, Jes' semblait parfaitement sincère. On aurait pu penser que le recherché se soit glissé dans la peau d'un surnom, mais sa sœur le connaissait assez bien pour savoir qu'il n'aurait jamais fait ça. S'il était passé par un orphelinat, il aurait donné son vrai nom puisqu'il n'y risque rien. C'est ce que Nilù venait de faire.

Elle était prête à repartir d'ici, apparemment elle ne pouvait rien apprendre d'intéressant en tirant des informations à Jes'. La mine déconfite, la jeune gondorienne resta bouche cousue, puis l'autre reprit la parole avec des dires réconfortants. Un brin d'espoir ressurgit dans les pupilles de la marchande. Il était possible qu'Aréqua soit quelque part à Dol Amroth et cette dénommée Soeur Graccia pouvait le lui dire ! Cette nouvelle redonna sourire à Nilù alors qu'elle suivait Jes'Aoma. Elles arrivèrent bientôt devant une porte et l'individue aux yeux sombres leva le poing à quelques centimètres du panneau de bois. Un vide suivit, pendant lequel la gondorienne chuchota :

« Tu peux y aller. Non ? »

Après tout, elle ignorait si Jes' appréciait Soeur Graccia ou non, même s'il semblait plus probable qu'elles s'entendent plutôt bien. Pourtant, l'hésitation de la fillette laissait à douter un instant. C'est presque si Nilù ne commençait pas à redouter la personne qu'elle allait rencontrer. Peut-être l'autre pourrait la rassurer un peu si elle répondait à ces questions angoissées que la marchande lui posa :

« Elle est gentille Soeur Graccia ? Je ne voudrais pas l'ennuyer avec mes recherches si elle a autre chose à faire... Surtout si elle est quelqu'un d'assez effrayante...Au fait, elle est la seule responsable du lieu ? Il y a qui d'autre ici, que des enfants ? »

Jes' confirmerait peut-être l'idée de l'orphelinat qu'avait eue Nilù. Mais un orphelinat tenu par une seule adulte, c'était tout sauf normal. Un lieu comme celui-ci avait certainement besoin d'un bon nombre de personnes majeures pour s'occuper des pauvres enfants, non pas d'une seule et unique responsable. A moins qu'elle soit terrifiante, et c'est plutôt cela que la jeune gondorienne redoutait...

En attendant, la porte n'était toujours pas ouverte et Nilù ne savait plus si elle le souhaitait ou non.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyJeu 27 Aoû 2015 - 19:35
Il est des jours où, sans en prendre conscience, on inverse le cours de sa vie. Qui sait le destin qui eut été le sien si elle avait agi comme elle en avait l’intention. Quel atome était intervenu conduisant à la mutation de cette fille moulée depuis son plus jeune âge dans l’obéissance docile ?
Sans le vouloir, Nilù venait de la pousser dans la pire des situations. Car en ne prenant pas la décision d’interrompre le geste, tout en instillant un soupçon de doute, elle avait ouvert une route nouvelle à la jeune Arlaine. Ainsi, elle sentait ce nouveau cristal se solidifier en elle ; le pouvoir de décider par elle-même. C’était comme si on lui soufflait à l’oreille de ne pas  demander la permission à sa mère. Pour se tirer en beauté, avec Nilù, il lui suffisait de franchir le cap. Bien sûr, le geste n’était pas encore amorcé sur le terrain mais elle le sentait, la décision était tranchée.

- Nous n’avons pas forcément besoin d’elle.

Dans le même temps, l’eau venait de prendre en glace. C’était acté, Jes’ venait de lancer un sort, à moins qu’elle n’en soit la victime. En tout cas, elles avaient pénétré un autre univers, entre l’action et la vérité, Jes’ avait ouvert une voie nouvelle fusionnant les deux.

- … Plus haut dort une sœur encore plus âgée. Elle n’a plus sa tête alors…Nous allons devoir chercher seules j’en ai peur…

Quand deux âmes se rencontrent, il est des coups de foudre. Parfois, on croit pouvoir dire amour. Il se peut aussi que la foudre touche à l’amitié. Ou alors ce sont les circonstances… Dans les escaliers d’une bâtisse sans âge, cette nuit-là, une étrange substance venait de souder les âmes. On aurait dit une sirène aux lèvres de feu, Jes’ suait d’un coup comme ces danseuses frénétiques les soirs de fête dans les rue de Minas Tirith. La vapeur  inondait tout son corps, le sentiment d’enfreindre toutes les règles que les années lui avaient patiemment imprégnées le corps. Et son cœur battait fort.

- Viens.

A nouveau, elle la tirait, et cette fois d’une manière presque violente, impossible à éviter en tout cas. Comme si le feu les poursuivait, elles dévalèrent les escaliers et se retrouvèrent dehors.

- …ici, nous serons mieux pour parler.

Jes’ était entré dans le monde de l’incohérence, avec passion ; éprouvant des zones de son cœur jusque-là restées dans l’ombre, elle vivait enfin ces instants pour elle seule. A ceci près qu’elle était accompagnée.

- Pour le trouver, nous avons besoin d’indices. Commence par tout me dire de lui.

Elle venait sans plus ni moins de fuguer, sa première action égoïste en quatorze ans… des allers-retours…chaque fois que je vous quitte…

Cinquième aide :
 


© Gab MacFarland


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptySam 29 Aoû 2015 - 17:59
Nilù se détendit lorsqu'elle vit la main de Jes' s'éloigner de la porte. Elle venait probablement d'échapper à un moment des plus angoissants et longs en compagnie d'une vieille inconnue terrifiante. C'était réconfortant.

Elle ne savait pas où elle avait mis les pieds et la direction que prenait ce chemin. Ce chemin pour l'instant dénué d'obstacles mais ils ne sauraient tarder, et la fillette les redoutait. Elle avait l'impression d'avoir emprunté un de ces chemins sinueux dont on ne trouve pas la sortie facilement. Mais avec un peu de chance, Jes' représenterait celle qui la mènerait vers cette issue. Et ce fut pour cette raison que Nilù tenta de lui faire confiance.

Les deux jeunes filles dévalèrent l'escalier le plus rapidement possible et atterrirent tout aussi vite dehors. Il faisait sombre, mais quelques lumières passaient à travers les fenêtres des maisons voisines. Une multitude d'ombres plus ou moins allongées se dessinaient près des individues qui n'avaient rien à faire dans la rue à ces heures. Ses pupilles étaient dilatées par ce manque de luminosité lorsque Nilù demanda à Jes'Aoma en chuchotant pour ne pas réveiller les dormeurs des maisons  :

« Tu ne veux pas qu'on aille autre part ? »

En plein milieu d'une rue, la gondorienne ne se sentait pas à l'aise pour papoter à cette heure tardive. En regardant vaguement autour d'elle, elle trouva un recoin où posaient quelques rochers. Nilù alla s'asseoir sur l'un d'eux en invitant l'inconnue à faire de même sur le gros caillou d'à côté. Puis elle réfléchit aux principales informations à livrer à Jes' à propos d'Aréqua.

« Aréqua est un forgeron qui doit maintenant être assez doué, je suppose qu'il a quitté son poste d'apprenti. Il a un goût pour les dagues ou petites épées qui peuvent ressembler à des objets elfiques, car il prends soin de l'apparence de ces armes en les décorant d'ornements fins et élégants... »

Elle s'interrompit, comprenant qu'elle s'éloignait complètement du sujet. Ses premiers mots étaient censés aider si Jes' connaissait un forgeron et qu'elle pouvait le différencier d'un autre. Mais ses paroles s'étaient emmêlées et elle s'était laissée embarquée dans des détails inutiles. Il était temps de  revenir au principal :

« Enfin bref, c'est un garçon qui a toujours un air gentil et patient sur son visage, ce qu'on voit tout de suite grâce à ces yeux et son regard bienveillant. D'ailleurs, en parlant de son physique, il est brun avec des iris de la même teinte. Il n'est pas très grand et porte sur lui une cape marron foncé. »

Nilù avait donné les principaux traits de caractère avec lesquels on pouvait reconnaître son frère. Pour le reste – les expressions, certains traits du visage, la façon d'agir – il était rien de plus qu'un frère. Ces choses-là étaient souvent communes dans une fratrie, d'autant plus si le frère et la sœur en question ont toujours vécu tous les deux à se soutenir l'un à l'autre. La jeune marchande précisa ce détail qu'il lui semblait évident, et important :

« Voilà, j'ai à peu près fait le tour maintenant...sinon il reste mon frère, je pense que rapidement on peut trouver une ressemblance entre nous dans l'apparence et les réactions qu'on donne. Après tout, l'apparence est une chose importante qui nous aide à identifier autrui. »



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyLun 7 Sep 2015 - 17:11
Jes’ entendait toutes ces informations avec une impression mitigée. Il lui apparaissait clair qu’il serait impossible sans autre élément de retrouver le garçon. Soit dit en passant, courir après un garçon était pour elle une activité tout à fait nouvelle, qui n’allait pas sans comporter un danger. Mais comme ces affaires-là relevaient du fantasme total, elle ne savait pas bien de quoi avoir peur. Et des considérations bien plus terre à terre la taraudaient. Nilù n’avait aucun indice concret. Et si sa description était aussi fiable que ses derniers mots le sous-entendaient, elles n’auraient définitivement aucune chance.
Elles avaient avancé vers le cœur de la ville, parler de centre-ville pour Dol Amroth aurait été exagéré, un centre-bourg tout au plus… Il fallait en tout cas s’approcher d’une zone plus fréquentée. Mais pas trop non plus pour ne pas attirer les ennuis. Jes’ savait devoir se frayer un chemin entre les dangers de l’obscurité et ceux de la lumière nocturne, toujours synonyme de soudards malintentionnés. L’endroit où elles s’étaient finalement arrêtées était idéal. Un rebord de mur, surplombant la suite de la rue qui faisait un retour sur elle-même après une épingle à cheveu. Trois soldats, peut-être plus, dominaient l’ensemble du haut des remparts. Même s’ils avaient l’intelligence d’un troll, ils sauraient agir au bruit de cris féminins. Plus ou moins consciente des limites de cette protection, elle faisait le tour des descriptions de Nilù. Et voyait un premier point à éclaircir urgemment.

- Je ne suis pas du tout d’accord avec toi quand tu dis qu’on peut se fier à l’apparence d’une personne. Tu t’attends peut-être à le retrouver en guenilles, signe de difficultés à survivre seul dans un tel lieu. Mais il pourrait tout aussi bien avoir été enrôlé de force dans une guilde, qui l’habille, le nourrit, le traite apparemment bien mais en occultant extérieurement la réalité de son esclavage.
Excuse-moi mais tu te trompes si tu penses cela.


Jes’ avait la colère facile quand on abordait ces sujets. Trop d’enfants croyaient pouvoir s’en sortir en suivant cette voie. Et les plus crédules étaient encore les fils de bonne famille qui cédaient à ce genre de sirènes au simple argument qu’ils allaient vivre une vie exaltante, enfin. Ce qui revenait à dire sans les parents, l’autorité des maitres ou des supérieurs. Ce genre de guildes avait elles aussi leur hiérarchie, savamment effacée derrière un voile d’égalité.
Elle tremblait légèrement après avoir dit ça. Comme si elle savait avoir pris des risques en faisant face à une réalité qu’elle ne connaissait que trop bien. Ses yeux scrutaient les alentours, comme dans l’attente de la riposte qui viendrait de l’ombre. Mais à chaque fois que l’on se fait surprendre, c’est parce que le danger ne vient pas de l’endroit prévu… Oui, l’habit ne fait pas le moine….


Sixième aide :
 

© Gab MacFarland


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyLun 21 Sep 2015 - 21:29
Nilù prit le soin d'écouter attentivement les paroles de Jes'. Il était plus poli, plus respectable, de prêter attention à ses propos. Propos que la marchande ne put entendre sans grimacer. L'inconnue la contredisait avec des arguments qu'elle semblait trouver sur le moment. Elle paraissait assez hésitante, mais après tout le ton de sa voix s'était fait clair, et non pas tremblant comme elle aurait pu le croire.

En réalité, la gondorienne avait compris le point de vue de Jes'Aoma dès le début et n'avait rien contre. Après tout, chacun son avis. Nilù commença juste à froncer les sourcils à la dernière phrase. « Excuse-moi mais tu te trompes si tu penses cela. » Elle ne se trompait pas, elle avait tout simplement ses propres pensées, en l’occurrence opposées à celles de l'autre fillette. Sa langue ne fit pas sept fois le tour de sa bouche avant que les mots sortent :

« Non, c'est ton avis. Moi j'ai le mien, mais cela ne veut pas dire que j'ai tort ! Je pourrais dire  dans ce cas que c'est toi qui as tort. Pour ma part je pense qu'on peut savoir l'état de vie d'une personne à sa mine, tu ne penses pas ? Quant à mon frère, je n'ai aucune idée de l'état dans lequel je vais le retrouver, je pense juste qu'il aura toujours le même air sur son visage et que je pourrais le reconnaître à ses gestes et mouvements. »

Mais Nilù percevait derrière les paroles de Jes' que celle-ci parlait plutôt de la tenue que d'autre chose. Or la marchande parlait de toute autre chose, puisque pour elle, il était question de personnalité visible à l’œil nu. Elle finit par faire cette remarque, se demandant si l'autre y avait songé :

« Je ne pense pas qu'on ait la même vision des choses, ni d'ailleurs qu'on parle exactement de la même chose... »

Sur ce, la fillette aux yeux verts fixa celle aux yeux sombres en attendant sa réponse. Elle espérait ne pas la déstabiliser, car son but était tout simplement de voir si elle trouvait un contre argument rapidement ou si le « débat » s'arrêtait là. Et après tout, la gondorienne n'avait pas spécialement envie d'y passer des heures, car elle était bien évidemment hâtive de repartir bel et bien chercher son frère. Sa préoccupation première n'était donc pas de se battre sur une question qui avait, pour elle, déjà sa réponse.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyMer 23 Sep 2015 - 18:26
Les mots de Nilù résonnaient dans sa tête comme une cloche battant aux quatre vents. Entêtante contradiction qui nuisait à sa concentration. Après tout, elles devaient en théorie être à la chasse au disparu. Et des considérations secondaires les freinaient.
Jes’ détestait être contrariée sur ce qui lui semblait tenir de l’évidence. Selon elle, il n’existait pas de place pour ces contraintes. En outre, Nilù avait l’art de clore la discussion par des mots sirupeux renvoyant chacun dans son coin, comme si l’échange pouvait se limiter à une confrontation sans recherche de fusionnel. Le monde selon Jes’Aoma Arlaine ne se construisait que par le mélange et peu importait s’il fallait y passer une vie. Le sang bouillait dans le corps de la « gamine », comme la surnommait le voisin des feuilles mortes qui avait plus d’une fois cherché lui aussi à la pousser dans ses retranchements.
En plus, elle s’était d’elle-même collée dans cette situation sans échappatoire. Revenir chez elle n’était plus possible. En tout cas pas sans explication. Il lui fallait donc suivre cette intruse dans son monde bien ordonné, petit bulle d’eau dans sa mer d’huile intime.
Au-dessus d'elles, des animaux nocturnes faisaient leur marché. Jes’ aimait observer les chauve-souris voler d’un papillon de nuit à l’autre. Elles étaient faciles à repérer une fois qu’on savait anticiper leurs changements de trajectoire à première vue imprévisibles. Elle fixa longuement le vide céleste, donnant peut-être une mauvaise image d’elle-même, boudeuse, renfrognée. A sa décharge, mais Nilù ne pouvait le savoir, Jes’ était habituée à écouter de longues démonstrations sans avoir le droit de répondre. Elle recevait en effet de la part des sœurs leçons de vie et cours magistraux, qui sur les travers des hommes, qui sur les vertus des Niphrédils. Elle s’était peut-être cru dans la cour de l’école. Et si, finalement, elle était dans une salle de classe déguisée ?
A ce moment précis où la détresse aurait pu l’envahir, du bruit vint de la ruelle qui débouchait sur la base des remparts, dix mètres plus bas. Instinctivement, les deux filles se baissèrent, il faut dire que les voix n’avaient rien d’engageant. Deux rouleaux de rochers fracassant une pente de montagne. On aurait dit qu’il faisait jour tant les soudards négligeaient l’élémentaire discrétion qui décrit en théorie les mauvais hommes sévissant la nuit.

- T’as vu ça, on aurait dit un chaton en train de miauler, dit l’un.

- Et encore, on n’a même pas cogné son crâne. Il a mouillé son bas le mioche, ça c’est sûr.

- Carewgaleen ne devrait pas embaucher des si jeunes. Ils n’ont pas les os pour.

- Ah ça, mon….


Mais elles n’en entendirent pas davantage. Si elles avaient craint un instant que les deux brutes ne remontent vers elles, ce ne fut pas le cas. Jes' en fut surprise, il n’existait aucune rue dans la zone d’où les derniers éclats leur parvinrent.
En acceptant de suivre Nilù, elle avait embrassé le risque de devoir se frotter à des gars comme CarewGaleen. Certains disaient qu’il dirigeait les voleurs de la ville. Mais la plupart du temps, les gens évitaient de prononcer son nom, par crainte ou par superstition.
Le même son de cloche lui vrillait l’esprit. Mais la raison n’était plus la même. Le frisson du danger avait éloigné les petites mesquineries dues à l’enfance.  Toujours accroupie, elle scrutait Nilù. Pensaient-elles la même chose ? les probabilités étaient faibles. Mais il en suffisait d’une, une chance sur un million, c’est toujours une chance.

- On les suit ?

Un orage sec, sans pluie, ni aucun signe avant-coureur. Elle venait de dire trois mots, trois syllabes improbables. Ni raison, ni logique, ni rien de ce qui la définissait en théorie ne les expliquait. Inconsistance, inconstance, insistance dans l’égarement… Encore un peu et elle se perdrait définitivement. Il suffit de si peu pour se perdre.


© Gab MacFarland


Septième aide :
 


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyVen 9 Oct 2015 - 22:27
Nilù eut la patience d'attendre quelques secondes avant de comprendre que Jes' ne répondrait pas et que la conversation en finissait là où elle en était. Tant mieux, elles avaient mieux à faire que de débattre à ce sujet, qui n'avait pas réellement d'intérêt dans leur aventure.

Par contre, les contrarier n'était peut-être pas une bonne idée. Certes, il était utile de connaître la façon de penser de l'autre, mais elles avaient commencé à se rendre compte qu'elles n'avaient pas les mêmes points de vue sur les choses. Espérons que cette tension qui commençait à naître n'était pas encore assez présente pour créer une distance entre les deux fillettes. Il fallait à Nilù l'aide de Jes' afin de trouver son frère, et la gondorienne était l'excuse pour l'autre gamine de s'être enfuie de son orphelinat. En somme, chacune avait besoin de l'autre pour le moment, il fallait donc qu'elles apprennent à échanger sans se crêper le chignon.

Au moment où la marchande réalisa purement ceci, elle se tourna vers Jes' en lui adressant un sourire timide mais sincère, comme pour se faire pardonner de ce petit accrochage. Puis, aussitôt, la rue bougeait. Des voix d'hommes se faisaient entendre. Nilù suivit le mouvement de l'étrangère, en se baissant pour se cacher. Leur discours fut perçu par l'ouïe des fillettes qui restèrent silencieuses. La gondorienne fronçait les sourcils, affichait une mine plus qu'étonnée. Ce qu'elle entendait la révoltait, l'horrifiait. Mais elle restait immobile tout à côté de Jes'. Les voix partirent.

Comment pouvaient-ils maltraiter des enfants ainsi ? Et en parler ainsi ? Tout cela n'avait ni pitié, ni aucun sens. Agissaient-ils comme ceci avec beaucoup de jeunes ? De nombreuses interrogations pouvaient s'empiler de cette manière sans recevoir de réponses. La jeune marchande menait une minuscule révolution mentale à l'intérieur de sa tête. Jusqu'à ce que l'autre fillette prononce trois mots, qu'elle assembla pour en faire une question, qui engendra un tilt sous le crâne de Nilù. Aréqua ! Était-il l'un de ces enfants maltraités ? Elle se mordit la lèvre...pourquoi n'y avait-elle pas pensé avant ? En tout cas, Jes' avait certainement raison. Nilù hocha la tête, puis elles s'élancèrent à pas feutrés sur les traces des hommes.

Elles ne savaient pas où elles allaient : elles suivaient. C'était risqué mais chacune d'elle le savait et pourtant, continuait. Il était pratique d'être petite, agile et rapide dans ces situations. Avouons aussi que la nuit les aidait bien pour être difficilement visibles.

Elles s'arrêtèrent au coin d'une rue, et la gondorienne en profita pour stopper l'autre en lui attrapant le bras, et lui demander :

« L'homme qu'ils ont évoqué, Carewgaleen, tu en as déjà entendu parler ? »

Peut-être était-il un personnage reconnu à Dol Amroth, Nilù ne pouvait pas savoir, c'est pourquoi elle le demandait à Jes'. Comme quoi elle avait réellement besoin de son aide pour sa quête.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyVen 23 Oct 2015 - 10:54


Spoiler:
 


Carewgaleen… Sœur Graccia comme sœur Assandra avaient été souvent d’une limpidité quand il fallait en parler. Dures comme du diamant même, tranchantes comme une lame de Roi. « C’est un ignoble personnage ». Elles qui ne faisaient jamais dans l’emphase donnaient presque l’impression d’y prendre du plaisir quand ce Carewgaleen était l’objet d’une conversation. Jes’ n’en savait pas beaucoup plus, il se disait qu’il dirigeait un groupe de malfrats, et comme souvent dans ce genre de situations, elle aurait pu ajouter « de la pire espèce ». Comme s’il existait réellement une hiérarchie dans ce type d’activités. Pouvait-elle seulement imaginer les strates constituant cette puanteur appelée criminalité ? Pour elle, la vie s’était résumée depuis toujours à l’aide insouciante, sécurisante aux petits, réfugiée avec eux derrière ces hauts murs, que même les puissants n’osaient franchir de peur de s’attirer les défaveurs divines.
Par défi, inconscience sans doute aussi, elles allaient pénétrer en territoire ennemi ; l’exact opposé de sa maison. Mais encore fallait-il prévenir Nilù.

- Il se dit que Carewgaleen est à la tête d’une organisation criminelle. Il recrute essentiellement parmi les enfants des rues…

En tout logique, il n’en fallait pas plus pour appeler cela une piste. Deux hommes raillant l’arrivée d’un minot parmi eux, les malfaiteurs de Dol Amroth.
Jes’ n’avait aucune expérience dans le domaine de l’infiltration. Son intention se limitait à l’envie de se faufiler, en espérant demeurer discrète. Espionner, trouver le garçon, lui permettre de s’échapper et on n’en parlerait plus. Cela semblait si facile. Les souris ne pensent jamais que les vieux matous endormis sont les pires chasseurs des intérieurs de manoir.

- Il ne peut s’agir que de lui. Allons-y.

Comme si la lune avait une influence sur ses sens, Jes’Aoma Arlaine prit la main de Nilù et l’entraina sur les traces des deux brigands. Ils avaient pénétré par une porte presque souterraine aux soubassements d’une bâtisse aux allures de ruine entretenue par magie architecturale. Volets clos, absence totale de lumière, son cerveau bouillait presque à l’idée de toucher la porte. Il faisait nuit noire dans cette ruelle, rien ne transpirait de ce que l’envers du décor, derrière lequel elles s’apprêtaient à passer, cachait.
Toucher la porte aurait pu représenter l’audace absolue. Il n’en fut rien pourtant. Jes’ était animée par une énergie insensée. Elle prenait le pouvoir sur sa vie, d’un coup, grisée par le vent qui soutient l’oiseau tombé du nid. Aucun mécanisme, il lui suffit de pousser pour la faire s’ouvrir sur un long couloir descendant, juste éclairé par des lucioles vertes, qui dégageaient une odeur de soufre épicé. Nilù la suivait, et jusqu’ici cette dernière n’avait pas bronché. La spirale de la liberté enivrante faisait son effet. Deux poussières laissées à la volonté des courants aériens, inconscientes des dangers, sûres de leur bonne étoile.

- La voie est libre…

Il suffisait de le dire, cette affirmation contenait en elle-même la suite. Ce n’était pas une question, du genre « On y va ? », Jes’ suggérait d’avancer, comme si elle avait besoin d’une ultime incitation avant de faire le grand saut, avant son dernier pas d’enfant.
© Gab MacFarland


Huitième aide :
 


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyVen 23 Oct 2015 - 23:43
Organisation criminelle... Ce n'était donc pas une chose anodine que de se lancer à la poursuite de ces deux hommes. Tant pis, elles étaient parties sur leur voie et certainement rien ne les arrêterait en si mauvais et étroit chemin. Nilù en avait des frissons en courant sur le pavé froid. Jes'Aoma Arlaine semblait persuadée que le garçon évoqué dans la conversation des deux individus était obligatoirement Aréqua, ce qui n'était pas une certitude dans l'esprit de la marchande. Elle avait encore espoir que son frère ne soit pas tombé dans de mauvaises mains et soit à l'abri, tout autre part. En revanche, s'il s'agissait bien de lui, Nilù le retrouverait bientôt, ce qui ne pouvait que la réconforter. Elle commençait à peine de peser le contre et le pour entre ces deux hypothèses quand elle s'arrêta afin de se rendre compte qu'elle n'avait aucun intérêt à le faire : l'histoire était faite,  qu'elle la découvre ou pas, la vérité ne changerait pas. Cette réalité la frappa de plein fouet et la ralentit un moment, avant que la main de Jes', accrochée à celle de Nilù, continua sa route en entraînant l'autre.

La gondorienne se taisait alors que son amie poussait le pan de la porte en prononçant des paroles qui poussèrent Nilù à avancer en premier. Elle passa à côté de Jes', s'attendant à ce qu'elle la suive cette fois, et descendit l'escalier doucement. Peu à peu, ses pupilles s'habituèrent à l'obscurité verdâtre du lieu. Elle longea le mur en vérifiant qu'il n'y avait pas de portes qui pouvaient s'ouvrir malencontreusement sur leur passage. Ce fut le cas, c'est pourquoi elles arrivèrent  en bas de l'escalier sans encombre. Le silence devenait de plus en plus oppressant, alors que Nilù regardait la porte en bois qui se trouvait juste devant elle. Lentement, elle rapprocha son oreille et écouta ce qui se disait de l'autre côté.

« On l'emmène, c'lui-là ? Paraît qu'il sait forger ! »

Forger. Comme Aréqua. La fillette tremblait en entendant la voix qui se rapprochait et s'éloignait du pan de bois qui les séparait. En attendant, aucune réponse ne venait de l'interlocuteur.

« C'est ça ou on te r'jette dans la rue, mon p'tit. »

« Emmenez-moi alors, je ferais mon possible. »

Peut-être que quelques années s'étaient écoulées depuis que Nilù avait vu son frère, peut-être qu'il avait beaucoup changé, mais le ton de sa voix restait le même et sa sœur le reconnut aussitôt. Ses yeux s'écarquillèrent et elle resta figée un instant, avant de s'apercevoir de deux choses. L'une, l'homme allait donc saisir Aréqua et le sortir de cette pièce. La deuxième, ils allaient sortir par le couloir où se trouvaient les deux jeunes filles, figées. Certes, il fallait sauver Aréqua, mais pour le moment ces deux fillettes ne pouvaient pas affronter l'homme ou les hommes étant dans cette pièce. Apeurée, Nilù saisit brusquement le bras de Jes' et, le plus silencieusement possible, la tira dans l'escalier en courant, puis la lâcha afin d'avancer plus rapidement. Elles entendirent les bruits derrière elles qui prouvaient qu'Aréqua avait été libéré et arriverait bientôt dans ce couloir avec le malfrat. Arrivée en haut, la marchande hésita à pousser la porte. Rien ne dit que la rue était déserte de l'autre côté. Aussi, elle se sentait horriblement seule dans ce stupéfiant vide sonore. Sa voix, apeurée et éraillée, chuchota :

« Jes'Aoma ? »



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyJeu 29 Oct 2015 - 12:46
Jes’ posa le doigt sur les lèvres de Nilù, c’était un geste dicté par la survie, signe qu’elles entraient dans une zone où la prolongation de la vie devient la seule urgence. Les deux filles devaient être aussi silencieuses qu’une nuit au cours de laquelle la neige pose son manteau avec lenteur et ténacité. Jes’ ne voyait pas bien mais au regard de ce qu’il lui était parvenu aux oreilles, elles allaient bientôt se retrouver nez à nez avec une brute en tecK et ce garçon que finalement, elle n’était venue chercher que par bonté d’âme, selon une logique qui défiait tout instinct de conservation.
Et ce fut la réalité. Une immense masse sombre, on aurait dit un troll tant il frottait souvent le dessus de son crâne contre ce qui tenait lieu de plafond dans ce couloir… cette immense masse noire se profila, précédent un être dix fois plus petit, aux contours indéfinissables. Ils ne se parlaient plus, le gamin suivait, elles auraient pu décrire sa résignation si elles avaient croisé ses yeux. Mais un mur, plutôt une muraille, les séparaient. Le premier réflexe de Jes’ fut de se blottir contre la paroi, dans ce qui lui sembla l’anfractuosité la plus proche. Montrant par un geste du bras à son amie qu’elle devait faire de même, elle espérait ainsi devenir la souris qui, tapie dans le noir, laisse passer le gros chat paresseux, à moitié endormi, qu’il ne fallait surtout pas réveiller sous peine de se donner à lui en un festin aussi délicieux que facile. Ils étaient encore à au moins cinq mètres quand elle eut accès aux odeurs. S’il n’était pas un troll, le mastodonte en avait le parfum. Elle dut presque se retenir de ne pas vomir. Il était pieds nus, elle pouvait distinguer la séparation entre chaque doigt lorsqu’il soulevait une jambe. Son pantalon, court, laissait voir des jarrets poilus, gras mais musclés, cet homme devait avoir du sang de géant, ce n’était pas possible autrement. Et il se raclait la gorge à chaque pas ou presque, comme si une machinerie infernale vivait dans son poumon et le contraignait à la suralimenter en air. Puis elle vit l’énorme masse attachée à sa ceinture, de quoi vous réduire en bouillie en un seul coup. Une masse tellement frustre qu’on pouvait y voir un gourdin…  si ce n’était les trois pointes, définitivement dissuasives. Que pouvaient-elles tenter dans ces conditions, à part les laisser passer en espérant ne pas se faire prendre, Jes’Aoma n’avait aucune idée brillante sous la main. Et puis, il était tard pour y penser mais elle était terrorisée. C’était la meilleure garantie de son immobilité en fait. La terreur la paralysait, au point d’avoir envie de se faire sur elle. Des années de travail auprès des enfants, à s’occuper d’eux dans des conditions parfois délicates, ne l’avaient pas préparé à cela. Jes’ tremblait, et quand ils furent juste devant eux, au moment où elle avait enfin accès aux yeux du garçon, il suffisait d’attirer son attention, elle ne put rien faire. Tétanisée, elle regarda le duo passer, puis son amie, qu’elle ne devinait plus dans la pénombre, quelque part derrière elle.
© Gab MacFarland


Neuvième aide :
 


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16


Dernière édition par Jes’Aoma Arlaine le Jeu 29 Oct 2015 - 22:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyJeu 29 Oct 2015 - 22:29
Aucune réponse ne vint. Le silence complet de la part de Jes'. Nilù se plaqua donc dans l'angle du mur, tout près de la porte en attendant l'arrivée d'Aréqua et de l'homme qui l'emmenait on-ne-sait-où. Ceux-ci arrivèrent, montant l'escalier sur un rythme lourd. Le malfrat faisait presque trembler les murs avec ces gros sabots qu'il tapait contre les marches avec tant de violence et aucune délicatesse. Quant à Aréqua, il se faisait silencieux, tout autant par la parole que par les pas. Un mince trait de lumière éclairait l'escalier et la fillette distinguait quelques traits du visage de son frère. Elle le reconnaissait bien, même si les traits s'étaient affinés avec le temps. Nilù se fit statue le temps que le grand et costaud humain passe, puis, lorsque le gondorien passa à quelques centimètres d'elle, son bras fit un mouvement vers l'avant afin que sa main agrippe le poignet du garçon. Elle ne voulait pas l'effrayer, c'est pourquoi le plus rapidement possible, elle lui dit à voix basse :

« C'est moi. »

Certes, ce n'était peut-être pas très malin comme phrase pour qu'il la reconnaisse, mais en tout cas il n'avait pas eu le temps d'avoir peur de ces doigts qui tenaient fermement son bras. S'il se fut arrêté un instant pour entendre les mots de sa sœur, Aréqua reprit sa marche à la suite du scélérat. Nilù était sûre d'une chose : il l'avait reconnu. Même s'il n'est pas de nature violente, rencontrer un ou une inconnu dans un couloir ainsi l'aurait probablement fait agir. Or, le forgeron avait intelligemment continué sa route en toute impassibilité.

Les deux garçons passèrent la porte et se retrouvèrent dans la rue bien trop rapidement. La jeune marchande se retrouvait au dépourvu. Elle n'avait pas réussi à sauver son frère, et Jes' était toujours invisible. Oh non, que dis-je, Nilù aperçut bien vite un éclat blond produit par une minuscule source de luminosité sur la chevelure de Jes'Aoma en bas de l'escalier. La gondorienne descendit les marches à nouveau et l'attrapa pour la conduire bel et bien tout en haut de l'escalier. Maintenant qu'elle était sûre que son amie était à côté d'elle, Nilù se sentait déjà plus rassurée.

« On va dehors. Aréqua doit être en train de parcourir les rues pour être conduit à l'endroit qu'on a vu tout à l'heure. »

Tellement dans le feu de l'action qu'elle oublia de demander à l'autre si elle était d'accord. Tant pis, la voilà ouvrant la porte et sortant au dehors, courant sur le sol une nouvelle fois. Elles firent le chemin inverse et rattrapèrent bientôt l'homme et Aréqua. Elles se tinrent à une distance suffisante pour rester dans l'ombre mais les suivre en douceur. Nilù aurait bien voulu courir et prendre son frère au passage en s'enfuyant rapidement, mais la masse corporelle du bandit la calmait rapidement, ainsi que l'arme tout aussi effrayante qu'il portait sur lui. Ce fut la deuxième fois qu'elle se retrouvait bloquée, incapables d'agir malgré sa volonté.  Elle se tourna vers Jes' avec un air désemparé, qui la suppliait presque de trouver une solution. Pouvaient-elles, à deux, et par leurs pauvres moyens, éloigner l'attention de l'homme d'Aréqua ? Ou devaient-elles faire passer une aide au jeune garçon pour l'aider à s'enfuir de lui-même ? La fillette en était toute affolée.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 1 Nov 2015 - 18:43


- Comme tu veux.


Jes’ avait suivi tout du long, se rendant compte à chaque minute un peu plus que leur entreprise n’avait aucune chance d’aboutir. Mais elle était de même convaincue qu’il n’y avait pas de retour en arrière possible. En quittant la bâtisse des sœurs, elle avait fait un pas irrémédiable.
Suivre ces hommes était une activité angoissante mais aussi captivante. Elle se sentait vivre, c’était nouveau. La peur devait représenter le prix de cette liberté, il suffisait d’en être conscient. Comment s’y prendre pour frapper une telle masse ? Jes’ tentait de trouver des solutions mais l’expérience des combats lui faisait totalement défaut. Et de toute manière, comment deux poids plumes dénuée de méthode pourraient y parvenir. La ruse constituait la seule alternative imaginable. L’idée devait venir vite, et les opportunités ne seraient pas nombreuses. Le temps venu, il faudrait agir comme la foudre dans un ciel d’été. Passant d’un côté de la rue à un autre, en fonction des zones d’ombre les plus avantageuses pour le duo, les deux filles restaient à distance, ne pouvant rien faire lorsque la brute, c’en était une de premier choix, cognait le gosse pour qu’il marche droit. Ils prirent bientôt à droite, une ruelle inconnue de Jes’, qui pourtant passait dans le coin une fois par semaine pour le linge. Le passage, cela tenait plus d’un couloir que d’une véritable ligne sur le cadastre de Dol Amroth, comme s’il s’agissait d’une allée privée dans un domaine qui l’était tout autant, le passage descendait rapidement, aboutissant sur une lueur encore indéfinissable à cette distance.
Ils devaient se rapprocher de leur destination car la brute semblait se rhabiller, comme pour se préparer à rencontrrer un chef impitoyable en affaire. Il se racla même la gorge, projetant le résultat de son essorage sur le côté, une bave infecte qui attirerait bientôt tous les cloportes alentour. Jes’ et Nilù se regardaient par moments, comme pour se parler. Leurs yeux traduisaient la même impuissance. « On fait quoi ? ». « Et là, où vont-ils ? ». La forge, la forge, c’était une forme d’évidence mais…
Au-dessus de ce qui était peut-être l’entrée de cette usine à fondre les métaux, une lampe à huile constituait le seul éclairage potable de l’endroit. Une lampe à huile… Et si son contenu se déversait par inadvertance sur le double quintal décérébré ? C’était la première idée concrète de Jes’. Risquée, le liquide pouvait tout aussi bien tomber sur le frère de Nilù. Mais c’était imaginable. De son point de vue, entrer dans une autre souricière serait une erreur. Elles avaient plus de chances de ne pas y rester si elles se tenaient en dehors. Jes’ avait souvent joué à un jeu de quilles aux règles évoluant en fonction de la mauvaise foi du « directeur » de la partie. Sa capacité à envoyer la boule exactement là il le fallait était grande. Les enfants ne s’en rendaient pas compte, elle faisait en sorte de manquer ses cibles à certains moments pour équilibrer les victoires. Elle seule savait que même manqués, ces coups étaient réussis. Au moment où l’homme à la tête de troll fut sous la lampe, Jes’ prit une pierre de taille suffisante, fit un signe à Nilù puis tenta ce qui ne pouvait être qu’une réussite.
La lampe vacilla, produisant un bruit métallique inattendu. Ainsi, il apparaissait improbable qu’elle explosa, répandant son contenu sur la cible. Mais le mouvement fut suffisant pour qu’une partie de l’huile se mette à couler d’un coup, comme un bol à moitié renversé. Le fruit de son essai s’étendit sur le dos du mastodonte, qui ne sentit d’abord rien. Son vêtement de cuir devait faire écran. Mais bientôt, il stoppa son mouvement, juste avant de mettre la main sur la poignée de la porte. Puis il hurla, comme un buvard enfin conscient de devoir imbiber un produit imprévu…
© Gab MacFarland


Dixième aide :
 


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16


Dernière édition par Jes’Aoma Arlaine le Dim 22 Nov 2015 - 12:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyMer 11 Nov 2015 - 19:54
Nilù resta sans voix devant l'idée de Jes'. La jeune marchande aurait certainement été incapable de trouver une stratégie aussi futée que celle-ci. Elle se tourna vers l'autre avec un air surpris et réjoui à la fois, avec un petit hochement de tête en guise de remerciement. Bon, maintenant, la seule chose à éviter est qu'Aréqua se fasse brûler en même temps que l'homme.

La fillette observait la scène. Son frère avait eu un mouvement de recul et regardait avec frayeur la masse à côté de lui qui s'agitait dans tous les sens. Malheureusement, Aréqua ne pouvait pas totalement s'éloigner de lui car l'homme lui agrippait fermement le bras. Le garçon faisait de son possible pour s'en débarrasser, en vain. Les flammes dansant sur le manteau du malfrat se propagèrent et atteignirent l'épaule d'Aréqua. Celui-ci hurla au contact du feu, et la brûlure, apparemment, commença à s'étendre sur son bras. Nilù n'attendit pas qu'il soit couvert par les flammes pour lui venir en aide. Elle enleva le manteau cotonneux qui lui recouvrait les épaules et l'enroula autour de son bras. Puis, elle rejoignit son frère et l'homme et d'un coup sec, abattit son avant-bras sur la main du malfrat qui tenait le jeune garçon. Celui-ci se tourna rapidement vers sa sœur alors qu'il était enfin libéré de son emprise. Le plus vite possible, elle s'empressa d'enlever le blouson d'Aréqua afin de le jeter au sol et d'étouffer les flammes qui le rongeaient avec le tissu que Nilù avait.

La redoutable bête était maintenant au sol, criant à la mort dans son dernier instant de vie. Les deux enfants le regardaient, immobiles, avec un regard malheureux et horrifié à la fois devant ce spectacle macabre. Ses cris se faisaient de plus en plus rares quand un homme venu de nulle part, d'une même carrure, d'une même démarche, comme si c'était son jumeau, venait jeter un large seau d'eau sur le corps brûlé. Celui-ci était noir, déformé, mort. Et celui qui avait essayé de le sauver était fou de rage. Mais on distinguait au fond de lui qu'il était accablé de tristesse. Les enfants furent plantés sur place pendant un moment plus que silencieux dans cette ambiance noire, puis l'homme releva son regard du corps et le fixa sur eux. Lentement, il s'avança vers eux en leur prononçant quelques mots menaçants :

« Vous...vous allez le regretter. Vous trois, je vous emmène tout de suite aux cachots. »

Eux trois ? La jeune marchande se retourna rapidement afin de voir où était Jes'. Celle-ci était juste derrière eux, et Nilù se rendit compte qu'elle n'avait pas fait attention à elle depuis qu'elle était venue en aide à son frère. En tout cas, elles n'eurent pas le temps de parler ni même de se comprendre d'un seul regard qu'elles furent saisies, ainsi qu'Aréqua, par le col et traînées jusqu'aux cachots. L'homme tenait les deux fillettes d'une main et le garçon de l'autre, ses gros doigts presque aussi  épais que le poignet de Nilù lui permettant d'avoir une bonne prise sur chacun d'eux. Aucun ne chercha à se débattre, et ils furent jetés dans des cellules individuelles avoisinantes. L'inconnu prit soin de fermer tout à clef et s'en alla. Les trois jeunes gens furent ainsi délaissés, sans savoir ce qui les attendait.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 22 Nov 2015 - 12:07
Dans l’élan de violence, Jes’ était tombée. Jetée comme une ordure, la force en plus, elle ne put protéger sa tête. Qui heurta une pierre, provoquant dans l’instant son évanouissement. Et le temps passa.
Elle ne se rendait compte de rien, comme un combattant sonné par un coup d’épée donné non pour trancher mais frapper. Frapper fort, frapper là où l’on est sûr de couper le souffle, ou plus si l’on est vraiment un mastodonte. Jes’ était évanouie. Mais pas seulement. Une bosse naissante marquait sa tempe. Une bosse encore vierge des couleurs de l’arc en ciel, il faut plusieurs jours pour en arriver à explorer la palette des couleurs. Mais avoir un bleu, une excroissance, c’eut été insuffisant. Du sang commençait à couler. Un mince filet, presque un fil. C’était grave, enfin, qui pouvait le dire ?

A partir de quel moment peut-on prétendre qu’une chose est véritablement grave ? Une peine de cœur, est-ce grave ? La perte d’un proche ayant dépassé le siècle, n’est-ce pas l’expression du sablier naturel qui nous rattrape tous un jour ou l’autre ? On ne sait la gravité d’un événement qu’en mesurant les conséquences alentour. Qui se souciait d’elle ? Avait-elle seulement une famille, des amis, au pire des connaissances ? Un père tremblerait-il d’apprendre qu’elle était tombée entre les mains des malfrats de la ville ? Des frères s’organiseraient-ils pour tenter de l’en extirper ? Et les sœurs, qu’elle venait d’abandonner, sans raison, les sœurs qui l’avaient accueillie, comme tous ces enfants des rues, pour que justement elle ne tombe pas entre leurs mains ? Et c’était finalement pour être dans ce cachot ? La déchéance, la déchéance… la déchéance, c’est une lente descente dans les entrailles de la terre, là où même les orques ne peuvent respirer. La déchéance est autant physique que morale. Il lui restait donc à payer le prix sur son corps car sa droiture venait de voler en éclats, il avait suffi d’une folie, une heure à peine, un enchainement de mauvaises décisions pour qui devrait le temps venu prendre du recul sur les événements. Son être avait failli, le corps commençait tout juste à en recevoir les premiers signes.
Et le fil déroulait peu à peu sa longueur, atteignant le sol, sans pour le moment générer une quelconque mare, impressionnante aux yeux des amateurs. Jes’, aux premiers temps de son sacerdoce, les sœurs ne lui avaient pas encore donné sa robe définitive, avait été inconsolable face à ce genre d’événements. Car les enfants passaient leur temps à se chamailler, et cela entrainait parfois des saignements abondants. Si l’on n’y est pas habitué, cela peut déstabiliser. Elle avait su ne pas tomber dans les pommes mais face à l’arcade ouverte, pissant un sang rouge foncé vous narguant de ses relents de mort, elle avait eu cependant toutes les peines du monde à stopper la rivière. On n’improvise pas l’idée du point de compression si l’on ne sait pas comment le pratiquer, surtout sur une zone comme le visage. Jes’ avait depuis appris à soigner, avec la douceur maternelle nécessaire. Elle avait ce talent, cette capacité à parler avec calme et autorité, précision et empathie. Jes’ était une bonne guérisseuse. Enfin, elle le deviendrait, si la vie lui en laissait le temps ce que rien dans la situation présente ne laissait présager.

Jes’Aoma Arlaine aimait la vie. Il n’est pas sûr que la vie le lui rende, ne serait-ce que dans un échange inéquitable.
© Gab MacFarland


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 20 Déc 2015 - 19:44
Nilù entendit un bruit sourd lorsque son amie fut jetée dans sa cellule. A son grand désarroi, elle ne pouvait pas voir ce qui s'était passé. Étant donné que leurs deux cellules étaient côte à côte. La brute était à présent partie, ce qui permit à la fillette d'interpeller Jes'Aoma. Celle-ci ne répondit pas, et la gondorienne avait beau insister que l'autre ne lui offrait toujours aucun signe de vie. Aréqua restait muet jusque là, puis il demanda à sa sœur d'arrêter et tenta de voir Jes' de son point de vue. La cellule d'Aréqua se trouvait de l'autre côté du couloir, et même s'il n'était pas en face de celles de Jes', il pouvait, malgré tout, voir dedans en se collant contre le mur. Il fit tout son possible, et il réussit à voir une forme sombre qui s'accompagnait d'une vague teinte blonde tirant vers le sol. Ce blond était parfois rougeoyant, ce que le jeune garçon ne vit qu'au bout de quelques temps. Il eut un mouvement de recul, car il comprit que du sang coulait du front de la jeune fille, s'entremêlait dans ses cheveux et s'écoulait par terre. Un moment de détresse le prit, pendant que sa sœur ne savait encore rien de l'état de Jes'. Nilù demanda plusieurs fois à son frère afin que celui-ci lui explique que la pauvre fillette se vidait peu à peu de son sang.

Piégés, les deux enfants ne pouvaient rien faire pour le moment pour le bien de leur amie. Si ce n'est préparer un plan qui pourra servir à la première occasion. Nilù et Aréqua parlèrent, à voix basse par sécurité, pendant plusieurs minutes avant que leur plan soit parfaitement préparé. Lorsque l'homme reviendra, la fillette suppliera qu'on l'emmène au lieu de son frère. Le sadisme de leur ennemi sera tel qu'il ira à l'encontre de sa demande et prendra donc Aréqua. Dans le cas contraire, le plan se déroulera en échangeant les rôles d'Aréqua et de Nilù. En tout cas, celui qui sera embarqué devra se débrouiller afin de dérober discrètement les clés au garde et de les lancer à l'autre, qui est donc sensé être Nilù. Celle-ci pourrait donc par la suite aller secourir Jes', en faisant attention à être retournée dans sa cellule lorsque leur ennemi et son frère seraient de retour. Elle déposerait les clés dans le couloir, comme si le garde les avait fait tombées en partant.

C'était un plan assez simple malgré tout, mais il valait la peine d'être préparé en détails car la survie de Jes'Aoma n'était pas une option. Les enfants attendirent, puis vint le moment tant attendu où le garde pointa le bout de son nez. Nilù commença par lui demander plutôt aimablement de l'emmener, puis se mit à hurler en toute hystérie afin de toucher le sommet de l'exagération. Leur ennemi se moqua d'elle avec un rire proche du machiavélique et prit plaisir à ne pas l'écouter et à déverrouiller la cellule d'Aréqua. Celui-ci jouait pleinement le jeu, en affichant un air paniqué et terriblement triste à la fois. Pour le moment, tout fonctionnait comme prévu. Puis vint le moment délicat où Aréqua devait prendre les clés. Celles-ci étaient attachées à la ceinture que portait le garde au niveau de la taille. Il prit fermement le poignet du jeune homme. Et de l'autre main, celui-ci put décrocher le trousseau. Il eut peu de temps pour faire cela, mais ce fut une mission accomplie. Sa sœur comprit ensuite qu'il ne pouvait pas lui lancer les clés sans qu'il y ait beaucoup de bruit. Elle qui s'était calmée reprit de plus belle en le suppliant de laisser Aréqua en paix, simplement pour couvrir le bruit des clés qui glissaient sur le sol en direction de sa cellule.

L'homme partit avec Aréqua. Nilù avait les clés dans ses mains en attendant le silence complet. Puis, elle déverrouilla sa cellule puis se dirigea à pas de loups vers celle de son amie. Celle-ci était en effet dans un état critique. Elle ouvrit la porte et alla lui relever la tête qui se vidait se son sang. Jes'Aoma était complètement inerte. La jeune marchande tira un tissu de sa poche et le compressa sur le front de son amie. Elle la posa sur le sol, en relevant légèrement la tête qu'elle cala grâce à sa cape qu'elle mit en boule et qui faisait office d'oreiller. Son pouls se faisait sentir au niveau de son poignet, et Nilù fut rassurée de voir que la fillette n'était pas morte. Elle essaya de lui parler afin de la réveiller, mais rien n'y fit. Le sang arrêtait de couler, sa respiration était lente mais régulière. Si elle n'était pas salie par son propre sang, on aurait pu croire que Jes' était paisiblement endormie. La marchande n'avait maintenant plus rien à faire, si ce n'est attendre le réveil de son amie. Elle referma la cellule de Jes' et s'enferma elle-même dans la sienne. Elle garda tout de même les clés en main, au cas où son amie aurait besoin d'elle. Puis le temps passa.

Des cris résonnèrent. Nilù se mit sur le qui-vive. C'était certainement des cris d'Aréqua, qui retentissaient depuis l'étage supérieur. Alertée, la fillette se libéra et se précipita vers l'escalier. Entre temps, elle eut le temps de voir que Jes' était toute aussi calme et que plus aucune goutte de sang ne coulait de son front. Elle espérait revenir indemne et la retirer de cette cellule. Si elle ne pouvait pas... la fillette ne préféra pas y penser. Elle posa les clés au sol et les fit glisser jusque dans la cellule de Jes'. Ainsi, celle-ci pourrait se libérer d'elle-même une fois remise sur pieds. Nilù monta les marches et arriva à l'étage. Elle eut un mouvement de recul lorsqu'elle vit la scène qui se présentait devant elle. Son frère, Aréqua, se trouvait tenu solidement par deux hommes de deux mètres de haut et de largeur chacun. L'un d'eux avait la main sur son cou qu'il tordait vers le haut, et l'autre posait une lame sur sa pomme d'Adam. Le pauvre s'égosillait tant il le pouvait, appelant à l'aide. Sa sœur fit de son mieux. Elle s'élança vers eux mais fut retenue par un tierce homme moins imposant. Il la tenait par la manche. Elle tira de toutes ses forces sur celui-ci qui exerçait la même force qu'elle dans le sens inverse. La stratégie voulut que Nilù le lâche soudainement et qu'il tombe sur le garde tenant le couteau. Sa manœuvre avait réussi pour le moment, car l'homme fut déstabilisé. La lame s'éloigna de la gorge d'Aréqua, s'éloigna progressivement...

Et dans un dernier acte de colère avant qu'il ne s'effondre, l'ennemi planta son arme au plus profond dans l'épaule du garçon. Celui-ci hurla à la mort tandis que sa sœur restait figée un instant par la peur. Aréqua fut lâché misérablement par l'autre garde et s'étala violemment au sol. Nilù accourut, mais fut immobilisée par ce qu'elle vit. Son frère avait la bouche ouverte d'où le sang coulait. Ses yeux étaient ouverts mais leur lueur s'en était échappée.  

Son corps était bien là, mais la vie s'en était échappée.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 27 Déc 2015 - 12:24
Lorsque l’on est malade au point de ne plus ouvrir les yeux, le monde alentour n’existe plus. Le corps et l’esprit se concentrent en totalité sur la lutte interne, par réflexe. L’instinct de survie choque autrui dans une situation sociale, les gens méprisent ceux qui reculent sentant les menaces s’accumuler contre eux, menaces que les autres ne perçoivent pas. Mais s’il s’agit de combattre un mal physiologique, le soutien de la terre entière est acquis. Encore faut-il que la terre se manifeste.
Une seule âme pouvait aider Jes’, cette amie de si fraîche date, l’amie d’un soir, la seule amie en fait… mais Jes’ n’avait aucun moyen de l’appeler. Les cellules de son corps avaient engagé une bataille terrestre féroce contre la coagulation sanguine, toujours dangereuse si le terrain de jeu se situait dans le crâne. Jes’ était un objet du hasard désormais. Et personne pour aider… Elle-même n’en avait pas la moindre conscience, son esprit ne rêvait pas, ni ne souffrait. C’était juste… le noir complet. Le vide. La mort au bout du chemin ? Le tunnel vers la suite dont personne ne savait le moindre élément ?
Les gens ont des peurs irraisonnées. Les maladies les plus visibles sont craintes alors que leurs effets sont insignifiants. Et qui sait, le choc frontal qu’elle avait subi n’était peut-être que spectaculaire. En ces instants, le plus dur n’était-il pas, finalement, d’être seule ? La maladie ultime, solitude, isolement, désert affectif… Nilù à elle seule ne pouvait suffire. Nilù, l’amie d’un soir, la seule d’une vie. C’était cruel mais Jes’ ne pouvait plus rien lui dire.
Rien ne se produit par le simple fait du hasard, dit-on. Quel serait le lendemain de cette escapade infructueuse ? Que resterait-il si ce n’était des corps devenus immobiles, des souvenirs de peur, d’effroi ? Seraient-elles encore ensemble ? Et de quelle manière ? La vie s’ingénie à imposer l’opposé de ce que nous souhaitons, comme si le moindre de nos désirs était coupable et que le mieux était de nous le faire comprendre par la punition contrariante, vexatoire… la seule réponse est l’abandon. Chose que Jes’ avait pratiqué chaque jour depuis son entrée chez les feuilles tombées. Mais elle n’en voulait plus. Jes’ préférait la liberté, quel qu’en fut le coût. Et le seul obstacle à cet élan constituait son état, statue de chair rougie en son sommet.
Un corps n’ayant jamais aimé, et que personne depuis si longtemps n’avait regardé comme le contenant du reste. La colline réapparaissait mais personne ne la verrait, la colline originelle, embroussaillée, animée de pulsions terrestres, un écartement, la déchirure primale. La vie est une ligne infinie, les êtres ne sont qu’une infime partie de ce réseau, prenant la suite, transmettant et s’évaporant. La colline avait accouché d’elle, la terre nourricière. Et la colline s’en était allée, avec le prince en son sommet. Jes’ ne les avait jamais vus, elle n’en avait même aucun souvenir. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Pourquoi…
Longtemps après, elle sut que les os de son crâne avaient des choses à lui dire.
© Gab MacFarland

Début de Soluce:
 

à P.I.N., amie de l'espoir et des temps de désespoir


Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptySam 16 Jan 2016 - 15:23
Il n'y avait plus de plafond, il n'y avait plus de sol. Il n'y avait plus les gardes, il n'avait plus le son, les bruits, les couleurs, les odeurs. Il n'y avait plus rien à part ce corps si jeune qui avait l'air de reposer paisiblement. Nilù tomba à genoux à côté de lui et prit son visage entre ses mains, comme pour essayer de le réveiller. Ses lèvres remuaient et même avec toute son intention, elle n'arrivait pas à faire sortir le moindre son de sa bouche. Elle lui racontait mille choses, dont elle ne se souviendrait plus quelques minutes plus tard. Elle pleura longtemps, puis s'effondra.

Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] 771350separationrp

« Prends-les tous les deux, et va-t-en loin, avant qu'on puisse te rattraper. »


Nilù ouvrit un œil, et vit une silhouette sombre et masculine disparaître derrière une porte. C'était cette personne qui venait de prononcer ces paroles à l'intention de la fillette qui venait juste de revenir au monde réel. Elle souffla un merci inaudible et inutile, avant de se relever, mouvement par mouvement, et essaya de trouver un équilibre une fois debout. Elle était étourdie, et ce n'est pas sans se guider grâce aux murs qu'elle parvint à revenir au sous-sol, devant la cellule de Jes'. Quelqu'un avait dû ouvrir la cellule volontairement, car la porte était grande ouverte. La fillette à l'intérieur était encore inconsciente, mais Nilù fut rassurée de voir que son cœur battait encore. L'adrénaline lui permit de trouver assez de force afin de soulever Jes' et de la porter un instant. Monter l'escalier, sortir de la pièce, la poser dehors. Ce fut laborieux, elle dut s'arrêter à de nombreuses reprises, mais elle parvint à bout. Elle retourna chercher le corps de son frère et le posa au sol aussi. Nilù était en dehors d'elle même, dans un état second, dans un cauchemar.

Sans en avoir le choix, la marchande se rendit sur la place de Dol Amroth et avec quelques pièces, acheta un  poney mal-en-point qui l'aiderait beaucoup. Elle attacha sur le dos de l'animal le corps d'Aréqua et Jes'Aoma grâce à des cordes. Puis, tenant le poney par une corde, elle se mit en route, sortant de Dol Amroth sans but, sans destination.

Elle s'arrêta en plein milieu de chemin, dans une plaine où l'on ne voyait personne à l'horizon. Un arbre, un grand arbre, majestueux, se dressait en haut d'une colline surplombant cette plaine. Il était temps d'enterrer le corps de son frère. Elle alla sur cette colline, et seulement avec ses mains, elle creusa dans la terre durant plusieurs heures. Elle y déposa le corps d'Aréqua enveloppé dans sa cape. Puis, Nilù chanta une complainte venant de son cœur souffrant. Puis elle resta quelques heures, jusqu'à ce que la nuit tombe, devant le creux qu'elle avait créé et où était posé son frère. Le poney à côté ne bronchait pas, Jes' ne se réveilla pas encore. Nilù fit son deuil, avant de recouvrir le corps de terre. Elle n'oublia pas de graver sur l'arbre les mots « Ci-gît Aréqua, bourgeon du printemps. », et cela avec l'épée qui lui avait créée et offerte quelques années auparavant.

La fillette reprit son chemin au matin-même avec le poney et une Jes'Aoma toujours inconsciente. La journée passa, avec son lot de mauvaises nouvelles qui furent la faim, le froid, la fatigue. Nilù ne savait pas où elle allait, elle tournait peut-être en rond. Elle n'avait pas eu comme idée de se réfugier dans une autre cité, mais simplement de s'enfuir de Dol Amroth pour enterrer son frère dans un endroit paisible et fuir l'horreur qu'elle avait connu à Dol Amroth. A présent, elle attendait le réveil de son amie avant de prendre la moindre décision.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Jes’Aoma ArlaineNombre de messages : 156
Age : 18
Date d'inscription : 28/04/2015

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Mes yeux te voient, et ils aiment te regarder.
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Jes’Aoma Arlaine
Embu
MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptySam 30 Jan 2016 - 16:46
Le temps est un élément variable que l’on aurait grand intérêt à classer parmi les primordiaux, au même titre que l’eau ou le feu. Il coule, il brûle, il passe au gré des vents. Et s’il permet aux graines de sortir de terre, il est aussi celui qui apporte l’hiver, et la mort.
Jes’ n’avait aucune conscience de ce qui s’était passé. Comment l’aurait-elle pu ? Dans son corps, le combat se poursuivait entre des forces contraires, la barque était ballottée comme une coquille de noix en pleine tempête. Elle ne pouvait rien faire, d’autant qu’elle n’aurait pas su quoi. On ne guérit pas une hémorragie cérébrale quand on n’en connait pas l’existence. Et encore faudrait-il savoir quoi faire…
Nilù n’y avait pas touché, un bien dans la situation présente. Agir aurait amplifié le mal. D’autres préoccupations l’avaient guidée, et d’une certaine manière, elle avait au mieux contribué à la survie du duo. Mais il fallait se rendre à l’évidence. Jes’ était intransportable, seul un magicien ou un guérisseur puissant auraient les moyens de faire quelque chose de positif. Mais à quelque chose, malheur est bon. Jes’ passait son temps à rêver, enfin, depuis que son cerveau subissait moins la pression sanguine. Les choses s’amélioraient, à la vitesse de l’escargot mais un initié aurait pu le dire. Elle rêvait, et son rêve, boucle, était celui de chaque nuit tempérée. Un visage d’homme, aux angles prometteurs, la douceur dans les yeux, une bonhommie. Quand elle parvenait à prolonger  le rêve, Jes’Aoma réussissait aussi à le retenir de la quitter. Il ne disparaissait plus au-delà de la colline, la laissant une fois encore seule au milieu d’un désert de cendres. Au contraire, il restait avec elle, la cajolant autant qu’on le peut sans étouffer le bien précieux que l’on a dans ses bras. Qui était-il, à la fin des fins, ce personnage improbable, en tenue de soldat ? Pourquoi seulement en rêve, et comment expliquer cette lancinance, un écho régulier, chaque fois qu’elle plongeait involontairement dans son passé ?
Au bout d’un temps incalculable, ses yeux finirent par s’ouvrir. Dans un univers dont elle n’avait pas conscience, entre le rêve et le monde des vivants, elle vit une forme au-dessus d’elle, si proche, tout était flou, son prince, son père, son sauveur se tenait là, au-dessus d’elle, les cheveux longs, en bataille. Image parfaite créée pour elle, par elle, halo de bonheur quand disparaissait le risque de la mort.

- Tu es là… si près de moi…

Il allait partir, c’était écrit. Le rêve virerait au cauchemar, par sa simple disparition d’un instant à l’autre. Jes’ le savait, ne pensait qu’à savourer cet instant de fusion. Qui ne durerait plus, puisque déjà trop long en comparaison des autres fois.
Elle n’eut pas la force de lui en dire plus. Craignant les mots de trop, elle ne lui souffla pas de rester avec elle. Jes’ savait que tout allait disparaitre derrière la colline, la personne, sa chaleur, son souvenir et même l’oubli de son souvenir.
La solitude reviendrait sous peu, ainsi les destinées sont-elles écrites pour chacun de nous, et la sienne tendait vers le néant. N’exister que par les autres, juste un peu pour eux, le temps d’une brise de printemps.
© Gab MacFarland

The mood in her mind:
 

à Toi, l'amie qui ne m'a jamais laissé de côté, merci.
Gab




Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Test_s16


Dernière édition par Jes’Aoma Arlaine le Sam 22 Juil 2017 - 12:18, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6734-jesaoma-arlaine
NilùNombre de messages : 2618
Age : 19
Date d'inscription : 31/05/2013

Feuille de personnage
Race: Humaine
Possessions: Épée et bagage
Statut: Joueur(se) inactif(ve)
Nilù
Curio'Noob

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] EmptyDim 7 Fév 2016 - 15:45
Une journée passa, puis une deuxième, et ainsi de suite. Nilù se nourrissait, se ressourçait comme elle le pouvait. Elle sommeillait très peu, souhaitant être éveillée lorsque Jes' se réveillerait. Celle-ci restait toujours dans un état second, ne bougeant pas d'un pouce mais toujours vivante. Sa blessure se soignait peu à peu d'après ce que Nilù voyait jour après jour.

L'air était frais lorsque Nilù ouvrit un œil après quelques minutes de sommeil. Elle s'était trouvé un endroit où dormir un instant, protégée par quelques rochers sur une plaine. Elle se releva à l'aide de ses bras et tourna le regard vers Jes' qui était posée à côté. A genoux à côté d'elle, la jeune fille regardait le visage toujours inerte de son amie. Cependant, elle fronça les sourcils d'étonnement lorsque l'inconsciente remua légèrement la tête. Nilù l'appela, lui prit le visage et le bougea de gauche à droite pas trop brusquement. Une poupée aurait davantage réagit que Jes' qui ne réagissait point. Déçue, Nilù posa sa tête sur ses genoux et souffla un moment, fermant les yeux.

« Tu es là… si près de moi… »

Nilù se redressa tout de suite et regarda Jes'. Elle bougeait très légèrement, remuant à peine sa tête de gauche à droite. La fillette n'hésita pas à la secouer sans pourtant être trop violente (afin de ne pas aggraver la blessure) mais l'inconsciente ne se réveillait pas. Elle avait néanmoins l'air de revenir à la surface de son sommeil pendant quelques instants avant de replonger dans un état second tout aussi effrayant qu'avant.

« Jes', réveille-toi, je t'en supplie... »

La jeune marchande perdit espoir une nouvelle fois. Dépitée, elle se releva en décidant d'aller chercher à manger. Elle laissa Jes' à l'abri, et parti dans les plaines avec sa dague pour attraper probablement des petits animaux, et un couteau pour couper les plantes comestibles.

Elle trouva un lapin déjà mort, des fruits à peu près mûrs et pas encore pourris, tout cela en deux heures environ. Après avoir recueilli la dernière pomme au sol, elle se décida à retrouver Jes'. Son regard tourna autour d'elle mais elle se rendit compte qu'elle n'avait aucune idée de la direction à prendre. Nilù observa le ciel et la position du soleil, mais celui-ci était caché derrière une épaisseur de nuages ce qui le rendait introuvables aux yeux de la fillette. Le vent ne l'aiderait pas non plus, sachant qu'elle n'avait pas fait attention à celui-ci avant de partir ; elle ignorait dans quel sens il allait.

Perdue ? Oui, Nilù était perdue, et Jes' tout autant. Elle avait abandonné Jes' sans savoir comment la retrouver. Les larmes lui montaient aux yeux pendant qu'elle faisait quelques part, cherchant désespérément un moyen de s'en sortir. Ce fut son défi jusqu'à la fin de la journée. Elle eut beau marcher pendant de longues heures, se repérant comme elle le pouvait, son refuge où était cachée son amie était introuvable.

Jes' allait, un jour, se réveiller... être affamée, avoir des difficultés pour se ressourcer en pleine nature, etc... Nilù avait l'impression d'avoir condamnée son amie à une mort longue et douloureuse. La culpabilité pesait sur ses épaules lorsqu'elle s'effondra de fatigue, de désespoir, de faim, de froid, de souffrance.
Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] 771350separationrp

Le lendemain matin, Nilù prit la route pour Minas Tirith, cité de son enfance qu'elle savait à l'Est, et décida d'y rester aussi longtemps qu'elle le pouvait.



Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Feaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Elroub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Eldaub10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Bardeu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Poldiu10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Zaza10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Sildau10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xsnar10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xtark10Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Xthran10
Revenir en haut Aller en bas
http://rpglordoftherings.forumactif.com/t6073-nilu-enie
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]   Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] Empty
Revenir en haut Aller en bas
 

Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Jeu de Rôle - Terre du Milieu :: Les feuilles mortes [PV Nilù-Jes'Aoma Arlaine] N448 :: Gondor :: Belfalas-