Forum RP : Le Seigneur des Anneaux
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 Un jour chez nous, les humains !

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Nilù
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MessageSujet: Un jour chez nous, les humains !   Mer 16 Sep 2015 - 16:22

Bonjour à tous,

Sur demande d'Aredhel et accompagné de plusieurs joueurs enthousiastes sur ce topic , voici un nouveau jeu. Le principe est de jouer son perso (même mentalité et même physique (même pour orques et autres créatures ragoûtantes, ça pourrait être drôle Cool )) sur notre petite planète Terre ^^ 

Je cite Aredhel pour les 2 principes de fonctionnement !

Aredhel a écrit:
1. Notre perso est envoyé dans notre monde et il y comprend genre riiiien dou tout.
2. Il y a toujours vécu, et c'est juste une journée de sa vie, peut etre banale, peut etre géniale ?

Amusez-vous bien ! sunny

(à poster sur ce topic Smile )





Dernière édition par Nilù le Mer 16 Sep 2015 - 18:22, édité 1 fois
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Ciara
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MessageSujet: Une nuit chez eux, les humains... un orc et une naine désorientés   Sam 26 Sep 2015 - 15:09

Ciara ne comprenait plus rien.

L'instant d'avant, elle se trouvait à la nuit tombante au milieu d'un bois, avec deux elfes et une intense fatigue, et voilà qu'elle se retrouvait au milieu de... d'un truc qui ne ressemblait à rien de connu, entourée d'Hommes étrangement vêtus. Le plus étrange n'était pas que le sol en dessous d'elle ne soit ni de bois ni de terre ni d'une pierre qu'elle connaisse (bien que les nains connaissent toutes les pierres...), ni qu'elle ne touche pas le sol, ni que loin de léviter elle soit accrochée solidement aux épaules d'un orc massif. Bien que tout ceci puisse sembler totalement inimaginable, cela semblait bien fade par rapport à ce qui se passait dans sa tête. Bien qu'elle ne l'ai jamais vu auparavant, elle connaissait l'orc au dos duquel elle se cramponnait, il s'appelait Burzûm. Sachant qu'elle n'avait jamais mis les pieds en terre noire de sa vie, et encore moins croisé d'orc, cela l'interpella assez vivement, mais elle n'en était plus à ça près.
Les informations s'entrechoquaient dans son cerveau comme si elles se cherchaient une place dans sa mémoire. Dans un éclair, elle apprit que la montagne de muscles, de graisse et de peau grise sur laquelle elle était juchée lui était comme subordonnée, et que ce monde n'était pas le sien. Elle eut le temps d'espérer que l'orc soit aussi perdu qu'elle, et qu'il soit en mesure de comprendre qu'il lui devait obéissance, avant qu'une nouvelle vague lui obscurcisse à nouveau l'esprit, envoyée cette fois par ses sens.

Les rares hommes qui l'entouraient, en cette heure apparemment matinale, ne semblaient pas la voir. Ils voyaient probablement encore moins l'orc qui lui servait de monture, étant donnée leur absence totale de réaction de frayeur, d'effroi, de panique ou tout autre synonyme de la peur que l'on ressent en général quand un orc surgit ailleurs que sur un champ de bataille. Elle convint au passage qu'il était assez agréable de dominer la situation et de ne plus avoir à lever les yeux. Elle balaya ce qui l'entourait du regard. D'étranges chars de métal coloré, mus par une énergie mystérieuse, avançaient sur une route très large. La route était faite d'agglomérat étrange qui ressemblait à un mélange de charbon et de résine, pour autant qu'elle puisse en juger depuis sa hauteur inhabituelle. Il ne semblait pas y avoir de nains aux alentours, ce qui n'était pas si étonnant, ni d'elfes, ce qui l'était déjà davantage. Elle devait se trouver dans une cité humaine, ce monde étrange ne ressemblant pourtant pas à l'image qu'elle s'en était faite. Les maisons étaient immenses, percées de nombreuses fenêtres et construites en un autre matériau inconnu. Quelques Hommes allaient à pied, d'autres dans ces chars bruyants et peinturlurés, un autre encore était assis sur un assemblage de métal, posé sur deux grandes roues qu'il faisait tourner. Fascinée par ces choses inconnues, par les couleurs, les sons, les odeurs étranges de ce monde, Ciara aurait voulu trouver quelqu'un à qui poser les mille et mille questions qui la tiraillaient. Juchée sur Burzûm, qui tournait lentement sur lui-même, comme pour évaluer la situation, ses yeux verts écarquillés ne savaient plus où se poser. Soudain, après une troisième rotation, l'orc se figea. Elle sentit les larges épaules rugueuses se contracter sous ses doigts et déglutit péniblement, mal à l'aise à l'idée qu'il décide de la faire descendre.



Burzûm avait beau tenter de recadrer ce qui se passait pour le faire entrer dans sa logique simple et rationnelle, ce qui l'entourait dépassait son entendement. Une naine sur le dos, dont il connaissait le nom sans savoir comment, et qu'il appréciait sans savoir pourquoi, il se retrouvait planté au milieu d'une foule d'humain qui ne semblaient pas le craindre. Il tournait lentement sur lui-même afin de s'approprier toutes les nouvelles données à prendre en compte quand il se figea soudain. Un char très largement plus grand que les autres, strié de vert et de blanc, s'approchait, et il sentait une présence connue à l'intérieur. Les informations qui traversaient son cerveau depuis quelques instants l'informaient qu'il s'agissait d'un être qui avait plus de pouvoir sur lui que la naine perchée sur ses épaules, dont les longues tresses lui caressaient le dos d'une manière très irritante. Elle se figea en même temps que lui. Il riva ses petits yeux caves sur le véhicule qui se rapprochait et sentit l'attention de Ciara, puisque tel était son nom, se concentrer sur le même point.
Le char les dépassa et une paire d'yeux rencontra un instant les siens. Il sentit long frisson les traverser, lui et sa cavalière. Il n'y avait là qu'une humaine banale, collée contre la paroi transparente du char - bus, lui soufflèrent ses nouvelles connaissances - aussi surprise que lui. Celle-ci au moins le voyait, contrairement à la foule banale et agitée qui les entourait. La vision fut extrêmement fugitive, comme un rêve totalement surréaliste, mais elle laissa une image très nette, comme marquée au fer rouge, dans sa mémoire. Un visage rêveur et surpris, une paire d'yeux à demi-fermés, des cheveux emmêlés, une écharpe qui semblait avaler le cou. Il garderait cette image imprimée pour toujours dans un coin de sa tête. Elle.



Intriguée, elle regarda ce qui pouvait avoir attiré l'attention de l'orc. Un grand char les dépassa et une paire d'yeux rencontra un instant les siens. Elle sentit un long frisson parcourir son dos et celui de Burzûm. Une humaine parmi les autres était assise dans le char, appuyée contre une surface de verre qui permettait d'en voir l'intérieur. Une humaine parmi les autres, mais qui les voyait. Plus encore, qui les voyait mais ne semblait pas effrayée, plutôt surprise. Une humaine qui les connaissait, et qu'elle reconnaissait d'instinct. Elle avait une tignasse brune attachée en un chignon fou sur sa tête, un étrange serre-tête bleu vif lui cachait les oreilles - un casque, selon les nouvelles connaissances qui s'emmêlaient dans son esprit - une écharpe lui mangeait le bas du visage. Un sourire rêveur se dessina sur les lèvres de l'étrange apparition, tandis qu'elle disparaissait à leur vue. Elle. Cette étrange rencontre s'incrusta, telle une gravure dans la roche, dans la mémoire de Ciara.

L'espace d'un battement de cils plus tard, ville étrange, orc et humaine avaient disparu, ne laissant qu'un visage flamboyant et des restes de rêve dans la tête d'une naine allongée à l'orée d'un bois.


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Aredhel Culnamo

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MessageSujet: Re: Un jour chez nous, les humains !   Lun 28 Sep 2015 - 1:39

La brunette marchait dans la ville, sa ville, la ou elle avait toujours vécu. Elle avait son telephone a la main et ses ecouteurs dans ses oreilles, écoutant du bon vieu rock. Elle observait les differentes personnes s'entrechoquer a cause du manque de place. Il etait quinze heure, l'heure a laquelle tout le monde quittait le travail. La brunette venait juste de finir son cours de karate, elle devait se rendre a son entrainement de tir a l'arc dans une heure. Elle avait le temp de se promener un petit peu dans la grande ville avant de commencer a se rendre la ou elle devait aller. La jeune femme ne remarqua pas la personne en face d'elle, tellement elle était absorbée dans la contemplation de chez elle. Elle ne se lasserais jamais de cette ville. Tellement de choses a faire ici. Elle heurta violement un corp d'homme et se retrouva sur les fesses. L'homme en question grogna, remettant en place son costume d'homme d'affaire, il jetta un egard noir a la jeune femme et s'en alla, finissant par l'ignorer totalement. Aredhel lui fit un geste peu classe et se releva, ramassant ses affaires tombées.

Elle se retrouva a marcher dans le parc du coin, souriante, ayant deja presque oublié ce qui s'etait passé quelques minutes plus tot. Elle regarda sa montre et soupira. Seulement dix minutes avant de devoir aller a son entrainement. Elle ne traina pas et se dirigea vers l'imposant batiment qui regroupait toutes les salles de combats imaginables au monde. Toutes les sortes, vous avez juste a demander et vous pouvez y apprendre ce que vous voulez. La brunette se mit a courir dans les escaliers, etant consciente qu'elle etait largement en retard. Elle soupira de soulagement une fois dans sa salle et s'en alla se changer.

Une fois son entrainement fini, elle s'en alla chez elle, se changer et commencer a bosser sur son projet de dessin. Elle debait le rentre a son patron le lendemain, et la jeunette sentait bien qu'elle allait y passer toute la nuit. Elle se mit a dessiner. Trais fins, couleurs, ronds, details. Tous ces genres de trucs, c'etaient la branche. L'art et tout ce qui allait avec. La musique. La brunette alluma la radio et la mit sur la chaine de musiques du moments et se laissa bercer lentement par toutes les differentes notes tout en dessinant.


HRPG a écrit:
Bon bah chui la deuxieme a poster hihi :3 sinon c'est un RP totalemeng ennuyant mais on avait dit la vie de nos persos alors XD
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Argog le funeste

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MessageSujet: Re: Un jour chez nous, les humains !   Lun 28 Sep 2015 - 18:55

Argog semblait désorienté, il ne savait point où il se situer dans ce monde étrange, l'endroit où il était est un espèce de cône géant.

Il était en réalité au pied de la tour Eiffel ! Il pouvait voir une foule d'hommes vêtus d'habits étranges, c'est alors qu'une vielle dame lui demanda:

"Excusez moi jeune homme, est-ce le carnaval en ce moment ?" mais malheureusement Argog ne sut pas trop ce qu'était un "carnaval"

est-ce que c'est un truc qui se mange ? Se demander Argog dans sa pauvre tête qui ne comprenait rien à rien ...


Où suis-je ! Je vais tous vous tuer vermines ! Et je vais vous dévorer les oreilles m'aha !

Dit-il en prenant sèchement de sa main droite très musclée, une épée longue, il trancha alors la tête de la vieille dame donc.

Toute la foule semblait s'enfuir en courant donc, des voitures de police pénétrant dans la zone, un des policier envoyant une balle de son colt, dans les fesses de l'orc.

C'est alors que l'orc fonça sur les policiers, tout en leur découpant la tête et les bras, et en balayant ceux qui s'enfuyaient ...


Je vais tous vous tuer m'aha ! Vous allez mourir humains sans cervelle ! Et je vais vous mettre dans ma soupe pour ce soir !

Quelques minutes après ce massacre, Argog fut aller dans une maison à côté de là où il était, pour dévaliser toute la charcuterie ...

Un orage puissant gronder toujours ce soir. Des corps de policiers se décomposaient, ainsi que la tête de la vieille dame. Tandis que Argog manger toujours.

Le ciel semblait nuageux à Paris, dans cet soirée sanglante et déprimante. On voyait aux infos ce qui s'était passé avec Argog, au pied de la Tour Eiffel.

Il était recherché par les Êtats fédéraux, et on voyait sa tête dans tout les médias. Des chasseurs de primes partaient aux 4 coins du monde

pour trouver Argog, et ramener sa tête détachée de son corps pour un prix total de 100 000€ ...


OMG a écrit:
Bon bah je vous laisse faire un carnage à Londres les amis hein ...
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Le danseur de mots
Barde Rohirrim

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MessageSujet: Re: Un jour chez nous, les humains !   Dim 25 Oct 2015 - 8:30

AWAKENING 1/3 : LES GENS.




Les nuits d’Egard, dans sa vie d’ermite à Fangörn, étaient régulièrement agitées. Il faut avouer que les ents y étaient souvent pour quelque chose. Leurs breuvages spéciaux, toujours à base de racines mais dont la fermentation relevait du grand art, provoquaient sur le psychisme du danseur de mots une série d’effets variables mais dont personne ne connaissait la teneur puisque ses rêves s’évanouissaient aussi vite que lui se réveillait. Parfois, il tentait de saisir par écrit leur contenu mais jamais il n’y parvenait. Tout au plus lui arrivait-il d’en conserver des bribes, suintant au travers de ses productions. Ni lui ni les ents n’auraient été aptes à en retrouver l’origine. Ainsi fonctionnait Egard.
Cette nuit-là, il avait été reposé au milieu de sa clairière par Charnu-Yeuse. Les branches de l’ent avaient manipulé ce petit corps avec leur douceur habituelle. Quel paradoxe. Un être si massif, capable de soigner des fleurs minuscules. Transporter Egard ne lui posait pas de problème, le voir l’allonger parmi les mousses donnait l’impression de regarder une mère coucher son bébé.
Les ents aimaient Egard, entre autres par ses écarts de comportement. L’alcool, l’herbe à pipe, tout ce qui créait la dépendance et la créativité leur paraissait un mal nécessaire. Pas de vers à méditer durant des jours si les verres n’étaient pas, en premier lieu, remplis. Et vidés… Mais à quoi avait-il rêvé cette nuit-là ?


Un parterre immense, aussi vaste que bien des villages, une foule indistincte, des milliers de jeunes adultes mus par la même vague extatique. Un océan de danseurs en transe, certains produisaient des sons stridents avec un objet en métal dans lequel ils soufflaient. D’autres agitaient des lucioles multicolores. Leurs bras semblaient avoir quitté le reste de leur corps. Et traçaient dans la pénombre des lignes invisibles, comme s’ils chassaient des papillons nocturnes, ou plutôt les évitaient, chacun participant à l’hystérie commune.

Leurs habits n’avaient rien à voir avec ce que lui connaissait, des vêtements fins, proches du corps. Et quelques-uns dansaient torse nu. Des femmes, des hommes… mais aucun enfant. Etrange public à vrai dire. On aurait dit qu’ils étaient tous issus d’un moule identique. Plus de sexe ni de différences entre eux. Quel pouvait être leur but, à se trémousser ainsi dans le noir ? Danse primitive, aux pas incohérents aux yeux d’Egard. Dans son rêve, il les survolait. Et s’il avait souhaité pénétrer le cortège, il n’y serait pas parvenu. Il n’était qu’un spectateur de ce monde inconnu.

Il comprenait leurs réactions. Quand ce qui les agitait dépassait une certaine puissance magique, tous sautaient en même temps, comme pour témoigner d’une pulsation collective. Alors les bras en l’air, ils tentaient de toucher les étoiles, pour un instant. Une minute… Soldats en campagne, ils obéissaient en cadence à l’homme de base mais ces moments alternaient avec d’autres ou l’harmonie s’évanouissait, chacun reprenant son butinage individuel. Des corps se collaient à d’autres corps, assemblages mixtes le plus souvent. Mais pas toujours. Et les duos d’un même sexe étaient de loin les plus frénétiques. Baisers discrets, baisers fougueux, mains suivant les courbes de la nature de l’autre. Rien n’était indécent aux yeux d’Egard mais la foule était plongée dans un lit immense où les barrières n’existaient plus depuis longtemps. Une masse informe d’âmes en quête de l’oubli de soi, sans qu’il s’agisse d’une aliénation mentale. Et  ces petits bijoux, tressés, multicolores, comme une alliance entre eux tous. Ce public-là n’avait rien de commun avec le sien. Où avait-il bien pu atterrir pour se retrouver au-dessus d’eux, parmi eux, en eux. Une langue inconnue, peut-être même plusieurs. Et à quoi pouvaient bien servir ces ustensiles posés sur tant de nez ? Des objets munis de minuscules fenêtres, reliés aux oreilles par des fils ? Etait-ce un filtre ? Un moyen d’amplifier les perceptions ? De mieux… « voir » ? Quasiment tous avaient abandonné leurs cheveux, surtout les hommes. Les têtes nues étaient même nombreuses, comme s’ils avaient désiré effacer la noblesse de cet attribut. Etaient-ils des prêtres d’un culte nouveau ?
Bientôt, Egard remarqua de petits objets, le plus souvent rectangulaires, épais comme une tranche de pain, plats. Ils lui apparaissaient comme un prolongement d’eux-mêmes. Certains le tenaient en l’air durant plusieurs minutes. Puis regardaient la lumière restituée en leur centre. D’autres se tenaient face à l’objet le temps de voir une explosion de lumière. Puis ils jetaient un œil sur la même zone lumineuse de la chose. Egard était trop éloigné pour voir ce carré de lumière. Mais tous en avaient un, qu’ils rangeaient dans une sorte de poche, à l’arrière du corps, ou l’avant. Cela dépendait de la partie basse de leur tenue. C’était insensé, ce pays n’existait pas. Comment le danseur de mots pouvait-il en être arrivé là ? Lui-même, pris dans le flot de ce moment, ne cherchait pas à s’assurer de la nature de ce qu’il vivait. Il arrive parfois qu’on ait conscience de rêver. En l’occurrence, il n’en avait pas le temps. Tout était trop différent, il fallait d’abord s’imprégner d’eux.

Au centre, mais aussi au sommet de cette marée humaine, une petite femme s’agitait, étrange marionnette munie de machines improbables. On aurait dit une pince lui enserrant les oreilles, un collier dont les deux perles recouvrent les orifices par lesquels nous entendons. Elle tourne, saute par moments, regarde le public, sourit. Autour d’elles, des courtisans, à l’affut d’une faveur, ce langage-là, je le comprends, j’y suis habitué. Elle est l’artiste. Je l’ai compris. Mais eux, comment expriment-ils leur humanité ? Pas de danse collective, ils ne semblent reliés que par des fils invisibles,  pantins aux mouvements saccadés, fascinés d’une manière intérieure par le spectacle auquel ils assistent et dont, peut-être suis-je obligé de l’admettre, ils sont acteurs.

Les gens… pourquoi viennent-ils nous voir ? Qu’est-ce qui les poussent à sortir de leur maison pour assister à nos représentations ? Je ne comprends pas ce monde terré dans le noir, sans enfants, ni vieillards, ce monde aux respirations primordiales.
Je ne suis pas d’ici, et pourtant, je ne veux pas quitter ce rêve.

Gab Mc Farland, sous Egard.


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MessageSujet: Re: Un jour chez nous, les humains !   Dim 25 Oct 2015 - 19:53

AWAKENING 2/3 : LES LUMIERES.






Tout à son émerveillement, Egard Cairn poursuivait l’étude systémique du lieu dans lequel son esprit l’avait immergé. Tous les artistes ont une tendance à l’observation de ce que font les amis, souvent proches, souvent concurrents. Une insidieuse jalousie parcourait son ventre, après tout, il serait lui aussi capable s’il en avait les moyens, de les transporter dans son univers. Mais comment produisaient-ils de tels effets ?

Le rideau d’étincelles, c’est la chose qui l’avait le plus impressionnée. La place était ronde, Les magiciens, car il ne pouvait en être autrement, tout cela relevait d’une magie très puissante… les magiciens avaient disposé leurs feux d’artifice dans la partie supérieure des murs et les avaient déclenché à un moment précis, propice à l’explosion des énergies vitales. Et de partout était apparu un rideau d’étincelles dorées, on aurait cru un torrent d’or ruisselant vigoureusement jusqu’à les noyer. Mais à la base, les étincelles s’envolaient, comme pour signifier aux spectateurs qu’elles les épargnaient, une nuit encore… mais qu’elles pourraient demain les emmener définitivement au-delà de l’océan de la vie.

La salle ressemblait à une immense assiette aux contours régulièrement définis par ces effets de lumière. A d’autres moments, des comètes traversaient la foule, survolant de quelques mètres les danseurs surexcités de voir autant que d’entendre. C’était bel et bien un spectacle multiple.

Par contraste, le noir dans lequel la salle était plongée, quand aucun effet ne se manifestait, n’était qu’une manière de mettre en valeur chaque jeu scénique. Ils savaient ce qu’ils faisaient les bougres. Mais combien étaient-ils à gérer ce déroulant ? Car, et c’était une évidence à ses yeux, cette partie du travail des artistes suivait un ordre précis, rien n’était le fruit du hasard. Et c’était d’autant plus manifeste à ses yeux que tout semblait naturel, presque chaotique. Cela sentait trop l’absence de calcul, ce vide était provoqué.

Derrière ce petit bout de femme qu’il continuait de surnommer la marionnette se trouvait un immense mur noir, différent du reste de la structure du bâtiment. Des images y passaient, plus ou moins en boucle. Des images animées, certaines dessinées, d’autres semblables à ce que l’œil voit… elles aussi animées, parfois trafiquées selon un processus qu’il aurait adoré comprendre pour le maîtriser, l’utiliser. C’était une sorte d’agora sensorielle, une extension de la marionnette, trop éloignée d’eux pour qu’ils la voient vraiment. Montrer des images d’elle sur ce mur ensorcelé était une excellente manière de la rapprocher d’eux. Et elle en jouait, avec ce feu dans les yeux noirs de la prêtresse…Décidément, le danseur de mots se trouvait face à une concurrence déloyale. Elle était belle, jeune, incandescente, sa joie communicative en devenait presque irritante. Il ne le reconnaitrait pas mais la jalousie ne disparaissait pas de son ventre. L’émerveillement le sauvait de cet enfantin comportement. Il rêvait, c’était certain, aucun artiste des terres du milieu ne saurait produire un tel spectacle. Ce n’était que la torture nocturne des ents, dont il se savait victime, consentant à ce jeu en échange de la bonté de leur accueil. Et d’une certaine manière, c’était un moment schizophrène, il ne comprenait rien mais c’était bien son esprit qui fabriquait cela. D’où tenait-il ces idées inconscientes ? Ne risquait-il pas de les chasser en se suggérant à lui-même de les dompter ? Le mieux était encore de poursuivre son observation, il en resterait peut-être quelque chose.

Le mur produisait par moments des formes mouvantes aux couleurs primaires changeantes. Des cubes bleus, se transformant en ronds, triangles, parfois des formes plus complexes, et leurs mutations donnaient lieu à un changement de couleur. Et au plafond, de très nombreux lustres aux lumières en tous points coordonnées au mur, ce qui donnait alternativement à l’ensemble des couleurs uniques, rouges, vertes, bleues, comme si le navire et ses passagers subissaient régulièrement un toilettage voulu par un peintre espiègle. Noir, orange, bleu, rouge, des effets répétitifs, à la durée variable mais toujours en cadence avec les sons. D’où provenait toute cette force ? Aucun magicien ne serait capable à lui seul d’autant de puissance ? Et même à plusieurs, Egard avait du mal à imaginer la possibilité de ce miracle.

Tout comme il ne comprenait pas le fonctionnement de cet énorme cube duquel jaillissait de manière pulsionnelle des éclairs, alternance invariable de jour et de nuit, transformant les lieux en instants arrêtés à chaque éclatement de soleil. Cet effet se cumulait aux autres, du coup, par moments, les gens semblaient immobiles dans une mer turquoise, puis c’était la nuit, et encore le jour, forestier, et la nuit, et le jour sanglant… nuit, aurore jaunâtre….Toutes les nuances y passaient. J’étais hypnotisé. Au point de ne pas me rendre compte de ma transformation progressive. Tel un nuage, d’abord omni présent au-dessus de la foule. Mais pas un mécanisme irréel, les particules élémentaires se séparent donnant de la brume, une fumée si diffuse parmi eux, renforçant les contours des faisceaux de lumière. Les rayons le transpercent mais jamais ils ne le déchirent vraiment. Le danseur de mots se disperse, chacune de ses cellules devient un corps indépendant, aux volontés propres. Je me répands comme les étamines des crocus au printemps. Je suis le nouveau crocus, dans un monde parallèle, le chaînon manquant entre mon univers et le leur.

Alors je perçois tous les lieux en même temps, et m’imprègne d’ici, devenant jusqu’à la moindre de leurs pensées. L’esprit commun, la lumière présente en chacun, la respiration.

Ils sont ici dans un même but, une identique aspiration à la célébration de la joie. C’est un rituel, le feu, les lumières, la lumière, divine incarnation des esprits. En ont-ils seulement conscience, de ne former qu’une infime pièce de la termitière ? Comme la lave d’un volcan, ils s’épandent jusqu’à recouvrir la terre d’une aube nouvelle. Lépidoptères survivants à l’attraction mortelle du feu, animaux pourtant rendus prisonniers par les sortilèges de l’instant. Je suis, évanescent, le témoin de l’envoûtement.


Quand la fête s’achèvera, et que les jeux de lumière seront épuisés, chacun retournera, bouleversé, dans sa chaumière. Et les corps oublieront ce qu’ils ont traversés. Mais la nuit est loin d’être finie.


Gab Mc Farland, sous Egard.


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Le danseur de mots
Barde Rohirrim

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MessageSujet: Re: Un jour chez nous, les humains !   Lun 26 Oct 2015 - 7:57

AWAKENING 3/3 : LES SONS.





Des atomes dans l’atmosphère, une infinité de réalités dispersées en parfaite harmonie dans la salle. Egard ne le sait pas, il est un gaz, un euphorisant rendant tous les possibles concrets. Puis les sons provoquent, par leur vibration, une liquéfaction progressive. Pulsion des ondes, dans leurs zones les plus graves, transport invariablement efficace vers des régions de l’âme que nos yeux ne savent décrire. Tout simplement parce que nous voyons, à ce moment-là, avec d’autres sens qui ne les utilisent pas.
Egard n’avait jamais été un grand musicien, lui, son domaine, c’était l’écriture et même si, dans la compagnie des crocus, il était considéré comme un bon utilisateur des instruments à corde,  il n’avait jamais excellé au niveau qu’il aurait souhaité. Mais composer était un exercice plaisant. Oui, Egard savait écrire, et les paroles, et les compositions. Le solfège représentait un outil de mise en forme de ses mots. Les mélodies l’aidaient toujours à renforcer la puissance du discours. Qu’il écrive des textes réalistes ou plus poétiques, le résultat touchait au cœur. Dans ce lieu dont il ignorait tout, les sons lui semblaient si étrangers. Epais, gras, parfois clairs mais le plus souvent enveloppant comme une peau de worg, lourde et d’haleine repoussante. Cette musique hermétique contenait toutes les addictions possibles ; la répétitivité d’un rythme bien trouvé, les strates nombreuses, qui permettaient à chaque esprit de choisir le terrain de sa dépendance, la force née de ces énormes conduits d’où les bruits naissaient à chaque seconde, accouchement violent, vibrant, noir d’un sang coagulé depuis les origines.

Ils n’étaient même pas d’une qualité égale, certains contenaient tant de puissance qu’ils lui parvenaient saturés, comme si la marionnette voulait qu’on reçoive trop de cadeaux. Elle était toujours là, et le danseur de mots l’avait compris désormais, la petite femme aux cheveux courts, noirs, au regard dominateur derrière ses faux airs tendres, dirigeait la cérémonie.

Et déjà, les gouttes se rassemblaient, par une étrange chimie moléculaire, le gaz Egard n’était déjà plus que quelques milliards de goutte de lui. Et il sentait bien que d’ici au prochain virage, il serait reconstitué. Son âme avait explosé sous les effets des lieux, pour mieux se reconstruire sur de nouvelles bases.
Comme un puzzle à la volonté propre, il se rassemblait dans la partie supérieure des lieux, tout en subissant l’aspiration éternelle de la scène. Egard, homme de spectacle, ne connaissait finalement qu’un lieu, et chaque mise en scène le conduisait invariablement sur les planches, au sommet, en haut, ce qu’il appelait dans son for intérieur le centre du monde.

Quand ses yeux existèrent à nouveau, il put la voir travailler. Devant elle, une table avec deux soucoupes, qu’elle manipulait de façon à mélanger les sons. Lui n’y comprenait rien. Des dizaines de boutons qu’elle tripotait selon des logiques mystérieuses. Parfois, il voyait de suite l’effet. Plus d’aigüe, une saturation de basses… juste un insert de claquements, le temps du passage d’une ligne à l’autre. Cette table, cet instrument faudrait-il mieux dire, Egard aurait tant aimé en comprendre l’usage. Non dans ses résultats, au demeurant flagrants, mais dans ses principes. Ni caisse de résonnance pour amplifier le son, ni corde ni hampe… c’était si bizarre…
Il fallait avouer qu’elle savait y faire pour raconter une histoire au travers des sons. C’était une pièce de théâtre, un objet conçu pour donner à entendre des couplets, un objet structuré par des refrains… Les ruptures n’étaient là que pour autoriser l’auditoire à reprendre son souffle. Et les strates s’empilaient, plusieurs lignes de sons racontant chacun sa propre vision du monde. Voilà qui expliquait les mouvements par moments uniformes, à d’autres moments carrément chaotiques, des danseurs. Ils vibraient, chacun à leur manière, et chacun sur la ligne qui lui correspondait le mieux. Tissu construit sur plusieurs trames, tapis d’herbes folles uniquement guidées par leur code acquis dès avant l’entrée dans ce lieu.

Sans qu’il ne s’en rende compte, il était fait non plus de gouttes mais de plusieurs bulles se rapprochant toujours et encore. La synthèse d’Egard Cairn était proche, comme s’il incarnait à lui tout seul la fusion des particules en cours dans ce temple.
Les notes n’existaient plus, les compositions avaient pour seul principe de faciliter le transport de l’autre côté du miroir. Elle abusait de boucles, série de sons sans cesse répétés dont les effets s’avéraient immédiats désormais. Elle n’était pas une marionnette mais bien le maitre de cérémonie. Ses lèvres peintes en rouge foncé, provoquantes, désirables autant qu’inaccessibles. « Regardez-moi vous aliéner, laissez-vous prendre ». A moins qu’elle ne soit moins vénéneuse, pensant juste « Venez avec moi ». Mais le danseur de mots doutait de ses réelles intentions…

Et cette fois, l’homme était redevenu lui, énorme bulle rassemblée au-dessus d’elle, comme une distillation presque terminée, qui allait libérer son essence. La goutte finirait par tomber, non ? Il se vit pourtant tiré telle une pelote de laine, un mince fil pris à la bulle, se détricotant rapidement, pénétrant la femme, entrant en elle comme si Egard, à la fin, prenait d’assaut la forteresse. Et la chose était consommée, la bulle n’était plus. Tandis que les sons redoublaient de force, enlaçant les corps pour les contraindre à se mixer pour ne faire qu’un, lui était entré dans son être.

Il découvrit alors la sensation d’être femme, ces fluides propres à leur sensibilité, cette perception différente, tellement charnelle, d’une logique implacable mais d’une sensibilité insupportable. En un instant, il était devenu son propre public, tout en constituant son addiction et la primordialité de son existence. Egard était l’intention d’un son, le désir de vous amener dans un espace inconnu, le temps d’une note différente de la précédente, de la suivante. A ce stade, presque ultime, il accédait au sens. Les machines, les platines, les séquenceurs et autres compresseurs, les morceaux soigneusement rangés dans un fichier du laptop, classés par année, par artiste ou selon le rythme d’origine… EC, c’eut pu être son nom ici, oui, ici, EC… il suffisait de prononcer selon l’accent de cette langue universelle propre à son rêve… EC venait de comprendre tous les principes d’un « set ».


Le temps d’une nuit, il avait été... NINA KRAVIZ.
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Gab Mc Farland, sous Egard.


Une fleur vénéneuse inspire le "barde sylvain" dans sa quête

l'homme garde en lui ce qui le pousse.
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