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 Chasse gardée dans les Monts Brumeux.

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Idril Felagund
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MessageSujet: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Sam 26 Déc 2015 - 19:22

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 


Quelque part au Nord-Est dans les Monts Brumeux...

Inondant la pierre de son feu doré, le soleil était sur le point de se coucher. Le paysage était splendide, et je montais souvent dans les hauteurs après la chasse pour admirer ces flambées sauvages qui venaient couronner les pics hardis des Monts Brumeux.
Mais en ce moment, l'heure n'était pas à la contemplation.
J'étais arrivée trois jours plus tôt après quelques sacrées bonnes heures de marche, pour préparer soigneusement la partie de chasse que j'avais prévue. Je m'étais confectionné un abri dans une petite grotte, qui me coupait parfaitement du vent furibond qui cinglait de ses larges bourrasques tout ce qui se trouvait à découvert, pour mon plus grand malheur.

Après pas mal de traque et d'heures d'affût, un nombre incroyable d'appâts, j'étais parvenue à dénicher et abattre un ours mâle superbe. Sa fourrure était magnifique, et je remerciais l'animal du cadeau qu'il m'offrait en me donnant sa vie. Avec ce que j'avais réussi à avoir, je n'aurai pas froid cet hiver, et Lenwë aurait une couverture bien chaude à son retour d'Arnor. Transporter mon butin jusqu'à mon abri ne s'était pas fait sans mal. Même si ma tenue habituelle était confortable et pratique, et mon corps fort et bien entraîné, je n'avais pas la force surnaturelle de mon mari ! Aux efforts que j'avais dû déployer pour ramener tout ce que j'avais récupéré sur l'animal, c'est à dire quasiment tout, il me fallait ajouter la vigilance.

Ces montagnes étaient habitées par des créatures que je n'avais aucunement envie de rencontrer...Malheureusement, l'odeur du sang, transportée très loin par le vent, ne m'avais pas aidé du tout.
Elle s'était infiltrée par les anfractuosités diverses des rochers alentour dans quelque sombre caverne de Troll, et alors que j'avais réussi à regagner mon abri, je n'avais pas tardé à ressentir un horrible malaise.
Le vent soufflait et sifflait à s'époumoner...mais un grand silence s'était soudain étendu dans l'air. Mon instinct me criait que quelque chose n'allait pas. Qu'il fallait partir tout de suite, et c'était ce que j'avais fait.

Effaçant du mieux que je le pouvais mes traces, j'avais laissé le gros de mon butin dans la petite caverne, en espérant que l'odeur attire ces monstres. Malheureusement, l'Elfe frais devait se trouvait en première place sur leur carte du menu de ce soir. Si une fraction des Gobelins s'était en effet détournée sur le chemin de mon abri, la plus grande partie m'avait traquée. Imitant les stratégies des renards, je multipliais les écarts, tournant parfois en rond, montant et descendant un arbre, sautant maintes et maintes fois au-dessus d'un même cours d'eau à divers endroits, sautant dans celui-ci et le descendant pour qu'ils perdent ma trace...Usant et abusant du vent pour jouer avec mon odeur, essayer de les tromper...et cela avait très bien fonctionné avec les gobelins, qui n'était pas assez malins pour déjouer mes astuces. Malheureusement, des Wargs avaient été alertés par le remue-ménage causé par les Trolls, et ils n'avaient pas tardé à découvrir l'odeur de leur proie favorite du moment...Moi.

Déjà bien fatiguée par le poids que je portais et la course que je venais d'effectuer, les pieds trempés et gelés par mon chemin dans l'eau, battue par le vent qui me fouettait sans pitié, je commençais à manquer d'idées pour les semer, ou les abattre. J'étais revenue sur mes pas, pour donner l'impression que je venais d'une direction opposée et que je me dirigeais vers le sud, puis j'avais refait quelques détours, mais au bout d'une demi-heure d'attente à l'affût, j'avais compris que le stratagème n'avait pas fonctionné. Pis encore !
Visiblement, ces wargs n'étaient pas sauvages...ils étaient dirigés par un petit contingent d'Orcs. Je ne savait pas s'ils étaient isolés et je ne comptais pas le découvrir trop tôt, quoique je l'espérais. Je ne me voyais pas du tout finir entre les mains de sbires du Mordor !

Je me recouvris de la peau de l'ours, et continuais à écouter un petit moment. Les grognements rauques des Trolls se mêlaient aux sons claquants de la langue gutturale des Orcs et des glapissements de leurs bêtes, dont certaines poussaient des hurlements d'excitation...Je compris qu'ils se rapprochaient extrêmement vite, et cette nouvelle me fit blêmir. Je sentis mon sang se figer en un quart de seconde dans mes veines. Plus de subterfuges, plus de pièges...Ils m'avaient retrouvée !
Malgré mes jambes qui commençaient à tirer douloureusement, je me mis à courir. La plaine qui se trouvait face à moi ne recelait pas beaucoup de cachettes, mais je ne pouvais aller nul part ailleurs, ils me cernaient de tous les côtés, et je ne tardai pas à ouvrir les yeux sur leur stratégie...

Ils étaient trente fois plus nombreux que moi, et ils avaient gagnés. En vérité, je ne pouvais plus leur échapper...Je n'allais plus là où je pensais avoir une chance de leur échapper...J'allais précisément dans la direction vers laquelle ils me dirigeaient en toute conscience car je n'avais plus d'autre choix. Si je prenais n'importe quel autre voie, je tombais droit sur eux.

Je n'était plus la chasseuse, j'étais la chassée. Je n'étais plus le limier, j'étais le gibier. Et je n'avais plus aucun autre désir que celui d'en réchapper vivante. Je défis le paquet contenant les restes de l'ours, et j'enlevais la peau en pleine course pour m'alléger. Haletante, je les entendais encore se rapprocher, et mes jambes torturées se mirent à miraculeusement courir encore plus vite, alors que je pensais cela impossible ! Tournant rapidement la tête pour jeter un regard en arrière, je vis une bonne dizaine de wargs montés, accompagnés de quelques trolls. Visiblement, ils s'étaient entendus pour me chasser ensemble.

Désespérée, je compris que j'allais mourir. Je ne me faisais pas d'illusions...Devant moi, un surplomb rocheux s'élevait à ma droite, et de grandes cavernes se situaient sur ma gauche...nul doute que ma situation ne s'améliorerait pas si j'y entrais.
A la pensée que Lenwë et Idril ne retrouveraient jamais ma dépouille, et que je ne les reverrais pas sinon dans les grottes de Mandos, mon cœur se fissura. Une larme, si rare chez moi, fit son apparition au coin de mon œil droit, coulant un peu sur ma joue avant d'être figée par le vent. Puis mes dernières réserves de force se déployèrent, et je stoppai ma course folle et perdue d'avance pour faire face à mes traqueurs, dans un accès de courage rebelle. Ces monstres de barbarie avaient déjà le sourire aux lèvres, et les wargs bavaient tout en accourant. Saisissant mon arc, je me mis à les tirer. Je savais parfaitement que même si je parvenais à en tuer une dizaine avant qu'ils ne m'aient rattrapés, je mourrais. Ils étaient si nombreux !

Les flèches firent leur effet un temps, et quelques trolls, surpris de cette résistance ultime, ralentirent. Mais les orques et leurs wargs étaient plus tenaces, et je fus obligée de sortir mon épée. Ils tournèrent autour de moi, et formèrent un grand cercle. Je parvins à en tuer quelques-uns, mais ils se resserrèrent. Celui qui semblait être leur chef s'avança, un air triomphant sur le visage. Ses acolytes se tenaient immobiles, impatients de me tenir entre leurs bras répugnants, mais le spectacle que promettait ma mise à mort par leur chef était suffisamment savoureux pour les garder obéissants. Le grand Orque planta son regard satisfait dans le mien, qui le supporta sans broncher.

"Vas-y, tues-moi. Je ne me rendrais pas sans combattre !" pensais-je. Nous nous regardâmes un moment d'un air de défi. Il savait parfaitement que j'étais à sa merci, et il le savourait pleinement en me faisant attendre. Ne supportant plus d'être leur jouet, je levais ma lame, qui étincela de l'éclat rougeoyant des dernières lueurs du jour, et l'abattis sur l'Orque, qui para en ricanant. J'étais essoufflée de ma longue course, et à bout de forces. Le combat ne s'éterniserait pas longtemps, et c'était bien ainsi. Tuez-moi...ne me soumettez-pas... Je ne mourrais pas sans me battre... même si c'est peine perdue...me répétais-je à chaque coup.
Le dernier combat de ma vie se jouait maintenant, et j'allais le perdre.


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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Gaël
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Mar 29 Déc 2015 - 10:06

Quelques temps avant dans le domaine de La Cohorte.

Lachar se rend dans les quartiers du chef de la guilde, Olgierd Everec. Il est tendu et pressé, sur son épaule semble se reposer un crébain :


- Olgierd, les Crébains sont revenus. Et ce ne sont pas de bonnes nouvelles qu'ils nous ont rapportés. Des Orcs rôdent dans les montagnes, et je ne pense pas que les laisser tranquille serait une bonne idée.

- Tu penses vraiment qu'ils oseraient s'attaquer à nous ?
, Olgierd rit avant de continuer,Franchement, je ne vois pas l’intérêt d'aller se risquer à protéger un territoire qui n'est pas le nôtre.

- Non, mais autant ne prendre aucun risque et puis, s'occuper d'un territoire qui n'est pas le nôtre justement, cela nous permettrait, si cette nouvelle descendait à Imladris, de rehausser nôtre mauvaise réputation, du moins légèrement.[/b]

- Je n'avais pas vu la chose comme ça... De toute façon, tu es bien plus doué que moi quand il est question de relations et de stratégies.

Puis le chef de La Cohorte s'approcha d'une grande vitre, joignit ses mains dans le dos et déclara en observant les pics rocheux au loin :

- Dans ce cas, nous vous attendrons pour commencer le repas !


- Merci bien, de toute façon, tu t'en doute, je n'attendais pas ton approbation, j'y serais allé dans tous les cas.


Olgierd fit un soupir :

- Je m'en doute... Bonne route.

Plus tard, Au Nord-Est des Monts Brumeux.

Une elfe semblait être en grande difficulté face au chef de la troupe d'Orcs tracée par La Cohorte, mais la guilde n'était pas là. Il n'y avait personne pour entendre les échos d'un combat désespéré entre une proie essoufflé et le chef d'une meute n'attendant que la mise à mort... Personne.

Mais soudain, du haut du surplomb sembla se dresser une créature, imposante et terrifiante, empêchant les rayons du soleil d'atteindre la crevasse dans laquelle se trouvait les Orcs. Ils étaient là, les archers et cavaliers de La Cohorte, attendant patiemment les ordres. Et soudain, d'autres cavaliers surgirent derrière l'elfe tandis que ceux postés en hauteur commençaient à tirer ! Les Wargs obéirent à leurs maîtres et prirent la fuite pour se retrouver dans un lieu plus propice à l'affrontement... Mais c'était trop tard, déjà lors de la retraite de ces Orcs, La Cohorte s'occupait de former un cercle large autour d'eux, les forçant à s'arrêter et à se resserrer. Dès qu'un Orc tentait de charger, lui et sa monture se faisait abattre. Et d'un coup, le cercle de cheveux s'élargit puis tous les archers se mirent à tirer sans s'arrêter, les chevaux agrandissant le cercle très rapidement. Les Orcs étaient prient au pièges, ils n'avaient pas le temps de s'approcher de leurs ravisseurs qu'ils étaient déjà transpercés de toutes parts. Bientôt, tous furent au sol. Morts.

Les cavaliers ralentirent jusqu'à s'arrêter totalement, c’est là qu'un des hommes se démarqua des autres, il s'approcha de l'Elfe au trot. C'était Lachar, vêtu d'un pantalon large au motif orientaux, de bottes de fer entourée de bandeaux de cuir et son torse était protégé par une veste faite de cuir et de fer. Il s'arrêta tout près d'elle, mit pied à terre et s'agenouilla à ses cotés, la prenant par les épaules :

- Vous allez bien ? Je ne sais pas si vous avez une monture, mais dans tous les cas, je vous conseille vivement de venir avec nous, une tempête de neige risque de frapper les montagnes cette nuit. Et vous n'êtes pas en état de repartir seule.

Puis il se remit debout, ne sachant pas s'il fallait aider l'elfe ou pas. Il remonta en tout cas sur son cheval et lui tendit une main ferme et sympathique, le sourire aux lèvres :


- Montez, je peux vous assurer, que de tous mes compagnons, je serais de très loin le plus fréquentable.

Puis il fit un signe de son autre main... C'est là que les crébains qui volaient depuis au-dessus depuis un moment s'en allèrent. Les autres guerriers étaient descendus de leur chevaux, les caressant, les nourrissant; tandis que d'autres s'étaient allumé des pipes et discutaient, se mettant de grosse tapes amicales dans le dos qui en désarçonnerait plus d'un... Ils étaient orientaux, hommes du Nord, Rohirrim mais pas de nains ni d'elfes dans le tas.

Et puis, le ciel se couvrit très rapidement, il devint blanc. Le vent se levait.


- Montez, la tempête semble être prête. Et nous n'avons pas envie de nous retrouver bloqué ici.

Son cheval devint nerveux et se mit à s'agiter... Il était temps de quitter ces lieux.


Thème du Concasseur:
 


Thème de Gaël Azra:
 
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Mer 30 Déc 2015 - 1:16

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 

Mes bras épuisés et douloureux venaient de se relever une fois de plus, pour parer un énième coup. Mes jambes, qui ne m'offraient pas davantage de sensations que deux tiges métalliques rouillées, puisaient dans mes ultimes ressources pour essayer d'absorber la force des attaques de l'Orc sans que je ne perde l'équilibre vacillant que je réussissais encore à maintenir pour garder un semblant de vitalité. Mais la créature en face n'était pas dupe le moins du monde, et je sentis qu'elle ne tarderait pas à se lasser de ce petit jeu, d'autant plus que ses compagnons commençaient à trépigner d'impatience sur leurs wargs.
Alors que je relevais mon arme une nouvelle fois, le chef Orc ayant décidé d'en finir donna un grand coup, et je fus instantanément désarmée. Le plat de sa lame vint s'écraser violemment contre mon estomac, et ce fut la fin. La douleur me coupa le souffle, et un hoquet s'échappa de ma poitrine, remuant tout mon abdomen, ce qui me fit grogner faiblement. Je n'avais même plus la force d'élever la voix. Tant mieux...tant pis...Brisée, je m'effondrais à terre comme un chiffon que l'on aurait laissé choir misérablement, la moindre once d'espoir n'ayant pas subsisté.

Ma tête était vide de toute pensée. Seul mon amour pour ma famille résidait encore en moi, et je relevais le regard pour le planter dans celui de l'Orc, sans cesser de penser à Lenwë et Idril. Il leva bien haut son épée, et ses compagnons l'acclamèrent en riant grassement. Me toisant avec une lueur carnassière dans les yeux, il abattit la pointe de son arme droit vers ma poitrine dans un grand  mouvement théâtral...sans terminer son geste.
Je ne me sentais pas bien du tout. Mes oreilles bourdonnaient, je voyais trouble...j'allais m'évanouir, trop harassée, et pétrifiée par la peur. Mais quelque chose dans les yeux de l'orc me fit reprendre un peu mes esprits. Ses acolytes et moi le fixâmes, stupéfaits. Lui aussi d'ailleurs, semblait abasourdi. Et alors seulement, je remarquais la flèche qui venait de se planter dans son cœur ! L'expression sur son visage ne dura qu'un quart de seconde, avant qu'il ne s'étale à terre.

Soudain, ce fut la débandade. Complètement perdue, tremblant de tous mes membres, je ne comprenais absolument pas ce qui se passait. Des cavaliers étranges surgissaient de partout, comme des fantômes de brume qui se seraient matérialisés grâce à une force surnaturelle. Les wargs et leurs maîtres tentaient de se retourner, mais ils étaient pourchassés et abattus froidement. Ceux qui restaient furent vite encerclés. Dès que l'un d'eux faisait une tentative de sortie, il était tué. Les archers eurent tout loisir de tirer sur les Orcs, prisonniers du cercle, et ce furent finalement mes chasseurs qui périrent avant moi. Il n'en restait plus un seul sur pieds !
Je n'étais pas assez en forme pour en prendre pleinement conscience et me réjouir, mais je remarquais cependant que mes sauveurs de dernière seconde s'étaient arrêtés. L'un d'entre eux ne s'avançait-il pas vers moi ? Mince, si ! J'eus un mouvement de recul involontaire, mais il ne put qu'être amorcé, car mes membres engourdis m'empêchaient de faire des mouvements trop brusques. J'avais vraiment dépensé toutes mes forces dans ce combat, et même davantage.

Je distinguais sa monture en premier. Puis parvenant à lever la tête, j'avisais l'homme qui la chevauchait. D'abord, des bottes. Cuir et fer apparemment. Puis un pantalon. Tiens, j'ai déjà vu ces motifs quelque part...ça me rappelle mes voyages avec Lenwë dans le Rhûn...Ah, la tunique en revanche, est plus dans le même style que les bottes...Mais !...Qu'est-ce qu'il fait ?
Le cavalier descendit de sa monture, et vint s'agenouiller près de moi.
...allez, reprends tes esprits...Arrête de trembler comme une feuille en automne...Tu sens bien que tu peux lui faire confiance...ça émane de lui comme l'eau qui jaillit de la roche...
J'essayais de respirer profondément, de calmer cette peur désormais sans raison qui continuait de m'étreindre. L'Homme me prit par les épaules, et ce contact chaud et rassurant me fit penser à Lenwë. Oh, comme je le désirais auprès de moi en ce moment ! Mais il se battait en Arnor...Il fallait que le revoie vivant ! Je ne pensais pas y survivre sinon. Mon cœur avait des ratés à la simple idée d'apprendre un jour sa mort.

-Vous allez bien ? Je ne sais pas si vous avez une monture, mais dans tous les cas, je vous conseille vivement de venir avec nous, une tempête de neige risque de frapper les montagnes cette nuit. Et vous n'êtes pas en état de repartir seule.

Il rompit le contact, et se releva. Je sentis qu'il hésitait à m'aider pour me mettre debout...je ne savais trop quoi en penser. Là tout de suite, cela m'aurait été utile, mais une petite partie de moi était trop fière pour accepter de l'aide...cette même partie de moi qui m'avait poussé à faire face à mes traqueurs.
Ce qu'il avait dit sur la tempête de neige me mit en alerte. Je fermais les yeux un court instant pour me concentrer tout à tour sur chaque partie de mon corps, et la réveiller pour la pousser à se remettre au travail. J'entendis l'homme remonter à cheval.

-Montez, je peux vous assurer, que de tous mes compagnons, je serais de très loin le plus fréquentable.

Je rouvris les yeux. Il me tendit une main, et me gratifia d'un sourire. Je fut alors certaine du genre de personne qui se trouvait face à moi. C'était un homme bien.
Ses compagnons autour de lui me rappelaient un peu les rôdeurs, et je me sentis mieux. Une chaleur nouvelle m'envahissait, et une confiance nouvelle coulait en moi. Comme c'était doux... Je trouvai enfin la force de lui rendre son sourire.

-Montez, la tempête semble être prête. Et nous n'avons pas envie de nous retrouver bloqué ici.

Me relevant tant bien que mal, les jambes encore en coton, je saisis sa main et parvins à me hisser derrière lui. Le cheval était nerveux, et je sentis qu'en effet, le temps s'était considérablement alourdi.

«Merci » articulais-je doucement. Ma voix avait encore du mal à revenir...Je suppose qu'il me faudra un peu plus de temps pour m'en remettre...Alors que la pointe de la lame de l'Orc s'abattait vers ma poitrine, une sorte de résignation horrible s'était emparée de moi en un éclair. C'était une sensation que je n'oublierai jamais, je le savais. Mon corps continuait de trembler par à coups, et ce n'était pas à cause du froid !
Cependant, ma vision reprenait peu à peu son acuité habituelle, et mes oreilles percevaient enfin de nouveau correctement les sons alentour. Je remarquai que la respiration de l'Homme était profonde, calme...sereine. Une force tranquille. Sa monture en revanche piaffait d'impatience, elle était nerveuse.
Lorsque tous furent prêts, le groupe prit enfin la route.
Il était grand temps. La neige commençait à tomber en d'épais flocons, et en jetant un regard en arrière, je constatai que les traces de l'affrontement étaient déjà bien recouvertes.

Le vent qui m'avait accompagné tout au long de la journée reprenait de l'activité...et il avait décidé de se surpasser !
Terminé, les bourrasques d'opérettes. Manwë lui-même n'eut pas fait mieux s'il avait eu pour dessein d'ôter aux Monts Brumeux les plus solides de ses sommets !
Chaque nouvelle rafale semblait vouloir concourir avec la précédente, et c'était à qui des deux parviendrait à déplacer le plus gros tas de neige. Tout autour de nous se déroulait un véritable ballet aérien. Les flocons étaient rassemblés par le vent qui leur donnait des formes spectrales. Elles dansaient quelque temps dans l'air, puis s'affaissaient en petits tas inertes. C'était envoûtant, et je fus un instant comme hypnotisée. Je me surpris à me tenir fermement à l'homme devant moi.

Un nuage blanc au loin attira soudain mon attention. Dressant les oreilles, je me rendis compte que ce n'était ni plus ni moins qu'un éboulement ! Sur un des nombreux flancs, un pan entier de la montagne venait de se détacher, qui se morcelait en une multitude de blocs...C'était impressionnant, mais cela se déroulait si loin que nous ne risquions rien ici. Et heureusement !

D'ailleurs, où était-ce, « ici » ? Pour l'instant, il m'importait peu de savoir où nous nous rendions, car n'importe où était préférable à ce blizzard. En revanche, maintenant que j'avais repris pleinement mes capacités de réflexion, je me demandais qui étaient ces hommes qui étaient apparus soudainement pile à temps pour me sortir de ma désagréable (et le terme était faible) impasse.
J'essayais de me concentrer sur les choses dont j'avais pu entendre parler à Imladris, mais rien ne me revenait...c'était comme brouillé. Physiquement, j'allais mieux, mais j'étais épuisé mentalement, et cela commençait à se répercuter...Finalement, je décidais qu'il ne servait à rien de se creuser la tête. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais confiance en cet homme à qui je me cramponnait à présent pour ne pas glisser à terre. Question d'instinct. J'avais sans cesse suivi mon instinct pour faire confiance ou non à quelqu'un, et il s'était toujours révélé excellent !

Les hommes avançaient avec précaution. Malgré la situation, et l'inconfort de ma position (je n'avais pas vraiment l'habitude de monter à cheval), j'étais bercée par le mouvement de la croupe de l'animal, et j'eus un court instant d'absence, durant lequel ma tête s'affaissa légèrement en avant, fortement tentée par le dos du cavalier devant moi, qui prit quelques instants l'apparence d'un oreiller au confort extraordinaire...
Avant qu'un gargouillement sonore de mon ventre ne me réveille ! Le vent soufflait si fort...Personne n'avait rien entendu, n'est-ce pas ?


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Sam 2 Jan 2016 - 18:58

La troupe était reparti depuis déjà quelques minutes. Lachar cria d'une voix cassée pour tenter de couvrir le sifflement assourdissant et effrayant du vent :

- Allez ! On se dépêche !

Les chevaux hennissaient et trébuchaient, glissaient sur la neige qui venait d'être déposé au sol. Tous les cavaliers s'étaient couvert le visage à l'aide de tissus et chiffons, Lachar avait fait de même, passant une couverture à la passagère.  Peu à peu, le convoi devint un bloc galopant à toute vitesse, un nuage sombre que l'on apercevait tant bien que mal à travers les rideaux de neige...

Et le vent s'intensifiait encore et encore, Lachar sentit l'inconnue l'enserrer, il fit une moue satisfaite et redoubla l'allure ! L'Oriental ne savait que faire de cette elfe, ne savait pas ce qu'elle pensait de la Cohorte, ne savait pas ce que les autres allaient penser d'elle... Olgierd ne verrait sûrement pas d'inconvénient à se qu'elle se repose quelques temps au Château, de toute façon, la tempête empêcherait l'invité de rentrer chez elle. Mais pas le temps de tergiverser, les destriers et les cavaliers fatiguaient, souffraient du froid. Il fallait arriver avant que le soleil se couche, sans quoi il serait impossible de se retrouver dans la montagne, et avec ce temps, atteindre le lendemain en vie serait un miracle !

Le reste du trajet fut assez calme, et enfin, une gigantesque masse sombre apparut non loin du groupe. Elle s'élevait haut et semblait massive. Une montagne ? Non... Un château, ou plus précisément, un domaine, le Domaine Everec. A présent, on pouvait détailler à quoi ressemblait ce château. Il était bâti sur une colline, et son architecture mélangeait différents styles. A coté du château se trouvait des dizaines de petites maisonnettes et tout cela était entouré d'imposantes remparts. Le château semblait être un empilement de tour, chacune d'elles étaient dotés de cheminées, celles-ci laissaient s'échapper de longs filets de fumée. Les vitres étaient presque toutes éclairés par les lueur d'un bon feu reposant.



Lachar s'avanca face à la colline, car pour rentrer dans le château, il fallait entrer par celle-ci. Il utilisa ses mains comme porte-voix et cria la tête levé vers les remparts :

- Ouvrez la porte !!


Des têtes casquées se penchèrent au-dessus des remparts, puis disparurent. Et le pont-levis tomba, les cavaliers s'empressèrent de rentrer, au bout de quelques temps passés à trotter dans les couloirs rocheux, tous déboulèrent sur une cour. Chacun mit pied à terre et amena son cheval là où il ne serait pas dérangé par la neige : une écurie couverte et chauffée. Lachar fut le dernier, il descendit et tendit à nouveau une main vers sa passagère après avoir sorti l'écharpe qui lui recouvrait le visage, malgré ça, sa barbe et ses sourcils étaient légèrement recouvert de neige.

- Bienvenue dans le Domaine Everec ! Siège de La Cohorte ! Et je suis Lachar ! Enchanté de faire vôtre connaissance.

Les archers partirent tous rentrer dans le château par une gigantesque double porte. La tempête se déchaînait, mais dans l'enceinte du domaine, tout semblait plus calme, plus chaleureux, au point d'en oublier le danger. Une fois rentré dans le château, Lachar soutenant l'invité, ils purent tous les deux admirer l'immensité de la salle ! Il y avait de grands pilonnes, d'immenses cheminées, et des guerriers par-ci par-là, discutant au coin du feu, dégustant quelques casse-croûte ou buvant une bonne bière revigorante ! Des échos de voix et de chants parvenait aussi aux oreilles de chacun.

- Je vais vous conduire dans une chambre vous pourrez vous reposer.

Ils traversèrent un dédale de couloirs montèrent des escaliers, Lachar faisant attention à ne pas que l'elfe se blesse. Puis ils entrèent enfin dans une chambre assez spacieuse, chaude avec une fenêtre recouverte de gel.

- Voilà, vous pouvez rester ici quelques temps. Ce soir, nous allons manger et festoyer, si vous voulez vous joindre à nous, vous n'aurez qu'à suivre le chemin inverse, je pense que vous vous y retrouverez. En tout cas, bienvenue ! AU fait, quel est vôtre nom ? Et je n'ai qu'une chose à vous recommander n'allez pas fouiller le château.

Puis il partit.


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Dim 3 Jan 2016 - 22:24

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 

L'épuisement et l'action du vent combinés commençaient à avoir raison de moi.
Mes membres semblaient avoir été emprisonnés dans la glace, et l'immobilité forcée commençait à devenir insupportable ! Heureusement que le cavalier m'avait passé une couverture...Elle parvenait au moins à éviter que je ne me transforme en bonhomme de neige.
Je passais le reste du trajet à me trémousser tant que je le pouvais pour combattre les courbatures qui avaient envahies l'ensemble de mon corps, en faisant néanmoins bien attention de ne pas déranger l'homme devant moi, lorsqu'enfin, le groupe arriva face à...une colline rocheuse.
Etions-nous bloqués ? Perdus à cause du blizzard ?
Levant la tête au maximum de mes capacités, je vis avec surprise que nous étions apparemment arrivés !
Une énorme forteresse, que je n'aurais jamais soupçonnée dans ces montagnes, se dressait fièrement face à nous, nous surplombant avec une élégance hautaine depuis son perchoir.
Avisant les nombreuses fenêtres éclairées, j'en déduisis qu'elle était loin d'être inoccupée, et que les hommes formaient certainement au complet un groupe bien plus important que je ne l'avais imaginé ! Adossées au château, des toits de maisons dépassaient des fortifications épaisses qui ceinturaient le complexe, et de leur cheminées s'échappait une fumée qui apportait jusqu'à moi d'alléchantes odeurs...Mon estomac se remit à gargouiller...

Roooh, chuuut là-dedans ! Intimais-je à mon ventre silencieusement.

- Ouvrez la porte !!
J'entendis alors un son puissant qui provenait de devant nous, mais je renonçais à me pencher sur le côté pour voir ce qui se passait car vu mon état, je n'étais pas certaine du tout de pouvoir rester en selle sinon. Le groupe se remit en marche.
Nous franchîmes l'entrée d'une caverne qui avait été creusée à même dans la colline, et en passant, je pus constater que l'objet du récent vacarme n'était autre...qu'un pont-levis.
Les cavaliers parcourent quelques minutes des couloirs souterrains, sombres, et qui semblaient en plus, au vu des nombreuses ouvertures et directions possibles, avoir été conçus pour perdre les étrangers !
Enfin nous débouchâmes dans l'enceinte des remparts. La cour était large et splendide, et les chevaux furent ramenés par leurs maîtres vers les écuries. Celles-ci étaient chauffées, et la chaleur sur mon visage me fit une sensation curieuse...comme si je n'avais connu que le froid et l'humidité pendant des siècles !

Mon aimable cavalier se découvrit le visage, et si je n'avais pas été dans cet état de semi-sommeil, j'aurais certainement éclaté de rire ! Ses sourcils et sa barbe étaient quelque peu blanchis par la neige, et cela lui donnait facilement une dizaine d'années de plus. Il me tendit la main, et cette fois, ma fierté se mit une grande claque, et s'enterra sous la neige.
Heureusement, car seule, je ne serais jamais parvenue à descendre de cette pauvre bête. S'il fallait rire maintenant, c'était bien de mes efforts comiques pour remuer mes membres crispés et courbaturés à l'extrême. L’Homme eut la courtoisie de ne pas faire de commentaire.

J'étendis la couverture sur la barrière de l'enclos de sa monture pour qu'elle sèche.

-Bienvenue dans le Domaine Everec ! Siège de La Cohorte ! Et je suis Lachar ! Enchanté de faire vôtre connaissance.

« Moi de même...Je vous...remercie ! »  articulais-je avec application pour combattre la rigidité de mes muscles. Nous nous dirigeâmes vers la gigantesque double-porte qui marquait l'entrée du château. Dés lors que nous quittâmes la chaleur des écuries, le choc fut tel que je faillis bien m'écrouler. « A ce point … ? » pensais-je, effarée de me trouver si faible. Je ne m'étais jamais retrouvée dans ce genre de situation, mes jambes ne supportaient plus mon poids ! Alerte, Lachar passa un bras sous mon épaule pour me soutenir, et nous rentrâmes ainsi dans la gigantesque demeure, moi claudiquant de ma démarche de canard boiteux. Envolées, la grâce et la la souplesse elfiques ! Je n'avais guère plus d'aplomb qu'une humaine de 90 ans.

Une fois à l'intérieur, mon cœur se réchauffa. Lorsque les grandes portes se refermèrent ne resta plus de la tempête dehors que la neige sur nos vêtements, et les hurlements du vent étouffés par les murs épais et la bonne humeur générale qui régnait en ces lieux. Bière, rires, chants...On trouvait de tout chez les hommes rassemblés près des grandes cheminées où ronflaient de bons feux.

-Je vais vous conduire dans une chambre vous pourrez vous reposer.

Jamais pareille suggestion ne m'avait fait autant d'effets ! Mon esprit embrumé visualisa tout de suite un lit, et l'attente avant d'arriver jusqu'à ce dernier me parut la plus longue que j’aie jamais eu à subir...Des couloirs et encore des couloirs, des escaliers...Ma curiosité naturelle me fut bénéfique, car l'environnement nouveau qui recelait tant de détails parvenait à me réveiller un peu. Je sentis que Lachar prenait grand soin à ce que je ne me blesse pas, et je lui en fus silencieusement reconnaissante. Les obstacles sur le chemin étaient nombreux...Outre les marches que j'avais le plus grand mal à monter, les tables aux pieds farceurs et les tapis aux coins retournés étaient légions, et n'attendaient que de me faire chuter.
Enfin, Lachar ouvrit une porte, et me fit entrer dans la pièce que je désirais le plus à cet instant : Une chambre avec un lit et une cheminée dotée d'un brasier aux flammes joyeuses, le tout ayant des dimensions plus qu'honorables ! Il y avait aussi une fenêtre, derrière laquelle le vent continuait ses caprices.

-Voilà, vous pouvez rester ici quelques temps. Ce soir, nous allons manger et festoyer, si vous voulez vous joindre à nous, vous n'aurez qu'à suivre le chemin inverse, je pense que vous vous y retrouverez. En tout cas, bienvenue ! Au fait, quel est vôtre nom ? Et je n'ai qu'une chose à vous recommander n'allez pas fouiller le château.


«...Celebrindal... » dis-je, avec un peu plus de vigueur. L'homme ôta son bras, et partit. Je parvins jusqu'au lit, sur lequel je m'assis un peu lourdement malgré moi. Les couvertures étaient chaudes et sentaient bon...N'y avait-il vraiment que des hommes ici ? Ils étaient extrêmement soigneux alors ! A moins que Lachar, plus raffiné selon ses propres dires, ne supervisât lui-même le ménage dans le château...En tout cas, j'étais si épuisée que j'aurais pu dormir dans du fumier !
J'ôtais tant bien que mal mes bottes enneigées, que je mis à sécher. Puis après quelques minutes passées à écouter pour vérifier que personne ne m'espionnait, j'ôtais mes vêtements, trempés par la neige et m'enroulais dans une grande couverture que j'avais trouvée pliée au bout du lit. Je m'allongeai sur le côté, posant ma tête sur cet oreiller tant désiré, et laissai mes pensées vagabonder, le regard perdu dans les flammes crépitantes. Peu à peu, mes jambes se réchauffèrent, mon dos se détendit...La chaleur et le calme faisaient leur effet. Je fermais les yeux un court instant, et entrai dans un profond état de méditation. Mon esprit atteignit bientôt son état de repos, et ma conscience s'éteignit.

)> - _ * _ - <(

Lorsque j'en sortis, j'étais parfaitement reposée. Enfin ! Comme mes pensées me semblaient claires ! Je quittais le lit, toujours enroulée dans la couverture, et eus le plaisir de constater que mon corps n'était plus douloureux et grippé. Un grand sourire satisfait se fit sur mes lèvres. J'attrapais mes vêtements, les tâtant pour voir s'ils étaient secs...et ils l'étaient ! Ma parole, tout était parfait ici ! Quel était donc cet endroit ?

Ah oui...Domaine Everec...je me remémorais les paroles de Lachar tout en m'habillant. Où avais-je déjà entendu ce nom ? Fatiguée ou en pleine forme, je n'arrivais décidément pas à m'en rappeler. En revanche, il avait mentionné quelque chose à propos de...C'était le domaine de la Cohorte. Et ce nom là, j'en m'en souvenais très bien ! C'était Idril qui m'en avait parlé, quand nous nous demandions avec Lenwë si nous quitterions ou non la Terre du Milieu pour rejoindre nos semblables sur les Terres immortelles. La question s'était finalement posée de savoir par quels moyens nous pouvions combattre le mal qui s'abattait un peu partout, et Idril avait suggéré que nous rejoignions les rôdeurs, ou que nous recherchions une sorte de guilde dont il avait entendu parler lors de ses voyages, la Cohorte.
Lenwë ayant un ami rôdeur, nous avions pris contact directement avec lui.
Mais selon Idril, l'histoire autour de cette confrérie recelait quelques faits étranges...Il n'en savait pas davantage, n'ayant prêté qu'une demi-oreille aux dires du voyageur un peu saoul avec qui il avait fait connaissance au Rohan.
Voilà où mes connaissances s'arrêtaient pour l'instant ! Songeuse, je m'assis un court instant devant la cheminée, et fermai les yeux pour mieux ressentir ce que les pierres pouvaient me dire...mais ce furent les boiseries qui me chuchotèrent que cette sorte de manoir datait de bien avant la confrérie.
L'endroit était vieux, certaines parties plus que d'autres. Il avait certainement été agrandi par ses nouveaux occupants.

Soudain, mon esprit eut un sursaut. Le festin ! Je l'avais oublié, celui-là ! Si mon corps était parfaitement en forme dorénavant, mon estomac lui, restait bel et bien vide, et un nouveau gargouillement vint me le rappeler instantanément. Je me relevai et remit les couvertures en ordre. Jetant un regard par la fenêtre, je vis qu'il faisait complètement nuit désormais. Et chose amusante, je remarquais que le temps s'était bien dégagé durant mon sommeil. Dans le ciel noire luisaient les joyaux de la Dame d'Imladris, et les contempler me fit sentir à quel point j'étais redevable envers Lachar et ses cavaliers.

Quittant la chambre, je pénétrais dans le long couloir, et alors débutèrent les efforts de réflexion pour trouver mon chemin jusqu'à la salle du repas. Je me rappelais des premiers couloirs que nous avions empruntés en partant de la grande salle, endroit où devait certainement se tenir le festin, et je me rappelais également quelques bribes du chemin avant d'entrer dans la chambre...Mais entre les deux s'étalait un trou de mémoire béant !
... n'allez pas fouiller le château...m'avait conseillé Lachar. Ce que je n'avais aucunement envie de faire, par principe, et parce que j'avais confiance en lui. Mais même avec toute ma bonne volonté, comment retrouver mon chemin sinon ?
Bon, procédons par logique ! Allons déjà à l'endroit que je sais rejoindre depuis la chambre...
Descendre les escaliers m'était d'une dérisoire facilité par rapport à tout à l'heure ! Je me sentais dans une forme exquise, et faire quelques bonds de joie ne m'aurait pas dérangée, tant je savourais d'avoir retrouvé mon corps. Rejoindre le lieu de mes souvenirs fut extrêmement rapide.
Mais une fois que ce fut fait, il me fallut bien songer au moyen de rallier les deux bouts de chemin que j'avais. Et j'eus la solution après quelques minutes de réflexion.
Je n'avais qu'à pister nos propres traces ! Me concentrant sur l'odeur du fumier de cheval, et sur les tâches de neige fondue éventuelles, je ne tardai pas à retracer nôtre parcours, qui me revenait peu à peu. Les couloirs et escaliers étaient bien plus frais que les pièces chauffées, et à certains endroits, la neige déposée sur la pierre par nos bottes et vêtements n'avait pas encore séchée, ou avait laissée des flaques d'eau.

Je me félicitai mentalement. La grande salle n'était pas loin, je pouvais désormais entendre des rires, et des relents de nourriture parvenaient jusqu'à mon nez. Enfin, je la trouvais.
Prudente et désirant me faire discrète parmi tous ces gens, je restai un peu en retrait à chercher Lachar du regard...


Mirkwood la Déclinante.

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les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Sam 9 Jan 2016 - 10:16

Dans l'immense salle à manger, des dizaines et des dizaines de guerriers mangeaient et buvaient, ils devaient au moins être plus de deux-cents ! Les feux chatoyant de la cheminée éclairait la salle d'une couleur chaude et chaleureuse. De longues tables avaient été disposé de façon qu'une grande allée permette à tout le monde de se mouvoir facilement, sur ces tables, de nombreux mets délicieux avaient été disposé : des chapons, de la viande bien cuite, mais pas de boisson. Car cela, les serveuses s'en occupaient, elles se faufilaient habilement parmi tout ce monde, tenant leur plateau vacillant rempli de chopes qui manquait de se renverser à chaque secousse. Lachar se trouvait de l'autre coté de la salle, assis sur un banc et plié en deux, prit d'un fou rire face à une histoire d'un nain qui semblait fier de son effet. Mais ils étaient loin, et les atteindre se révélerait être une tâche ardue...

Musique d'accompagnement (A ECOUTER):
 

Les musiciens avaient entonné leur mélodie, très dansante, mais n'ayant pas encore débarrassé la table de sa nourriture succulente, les fêtards ne pouvaient pas encore grimper dessus pour danser ! Cela ne tarderait sûrement pas. Puis soudain, l'un des guerriers vit Celebrindal et l'interpella :


- Eh ! Ma bonne dame ! V'nez donc vous asseoir sur mes genoux, histoire qu'on puisse discutailler un peu ?!


Son camarade rigola tandis qu'un autre semblait un peu gêné mais il n'osa rien dire, le "beau parleur" devait être un dur... Puis soudain, quelqu'un entra dans la salle. Il portait une tunique bleue et verte enserré autour de nombreuse ceinture constituées de tissus et de cuirs, ses manches retroussée laissaient apparaître des tatouages aux motifs divers. Il ne portait aucune épée, et ses mains étaient jointes dans son dos. Olgierd Everec.

Le chef s'approcha de la grande gueule et le fixa intensément avant de déclarer :


- On ne parle pas aux elfes de cette façon, ni aux femmes en générale. Tu devrais le savoir.


- Je... Euh... Mais...

- Non, tu n'as aucune excuse. Mais passons, tu as compris la leçon, tu as de toute façon intérêt. La prochaine fois, je ne serais pas aussi tolérant...

Puis il revint à l'invité et se plaça devant elle, se tenant bien droit :

- Bonsoir, maître elfe, dit Olgierd en inclinant la tête en guise de salutation, peut-être préféreriez-vous manger là où l'on ne vous parlerais pas comme l'a fait Igverd ? Suivez-moi.

Il partir se frayer un chemin à travers tout ce monde en en profitant pour se présenter :


- Mon nom est Olgierd Everec, je suis le chef de La Cohorte.

Ils avancèrent encore pour enfin atteindre la table où se trouvaient Lachar et le Nain, celui ne tarda d'ailleurs pas à se présenter, avec le fameux accent nain qui accentuait les "r" :


- Et bien, bonsoir !, il s'inclina devant l'elfe et continua, Vous avez l'air en meilleur forme que tout à l'heure. C’est une bonne chose, vous aviez vraiment choisi le mauvais jour pour partir en expédition. Je suis Arvin, trésorier de la guilde entre autre. Honoré de faire vôtre connaissance.

Lachar montra une place libre à l'elfe  en face de lui, sur un banc :

- Asseyez-vous, voyons, ne restez pas là.


Olgierd s'était déjà assis et buvait le contenue d'une chope bien remplie :

- Alors, racontez-nous donc, qui êtes-vous ?

Depuis le début, il émanait de cet homme une puissance étrange. Ses mots se voulaient sympathiques mais il semblait plus à l'aise quand il sermonnait Ygverd, comme s'il jouait un rôle.


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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Dim 17 Jan 2016 - 23:59

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 


Mon regard parcouru rapidement l'ensemble des fêtards qui peuplaient la grande salle, avant de tomber enfin sur la personne que je recherchais. Et accéder jusqu'à ladite personne ne serait pas chose aisée, au vu des nombreuses tables bien remplies qui trônaient un peu partout, et autour desquelles les membres de la Cohorte se bousculaient et riaient joyeusement. Un grand couloir avait été aménagé au beau milieu de toute cette cohue pour faciliter le passage des hôtes et des serveuses, mais dans mon souci de rester discrète, je rechignais à l'emprunter.
Cependant, après quelques minutes passées à évaluer les divers possibilités qui s'offraient à moi, je dû bien me résoudre à deux options: Emprunter ce couloir ou me faufiler sous les tables, où devaient se trouver réunies toutes les jambes possibles et imaginables, occupées sans nulle doute à se trémousser et à se donner des coups entre elles comme leurs propriétaires !

Si j'étais fine et habile à mouvoir mon corps entre les obstacles, je n'étais pas pour autant contorsionniste, et j'avais un minimum de dignité. Et comme il n'étais pas dans mes capacités de voler au plafond, il me faudrait passer au milieu de ces gens pour atteindre la table où se trouvait Lachar, qui semblait d'ailleurs passer un fort bon moment ! L'Homme était littéralement plié en deux, à côté d'un nain imposant qui affichait l'expression de quelqu'un qui vient de sortir une excellente plaisanterie, et se sent supérieurement drôle.
Même en me concentrant, je ne parvins pas à entendre ce qu'ils se disaient. Seul le rire de Lachar arriva jusqu'à moi, et visiblement, le pauvre avait du mal à s'en remettre !
"Bon, il suffit maintenant. Je ne vais pas hésiter plus longtemps. J'aurais aimé ne pas me faire trop remarquer, mais puisque ce n'est pas possible...".

Et sans plus attendre, je sortis de l'ombre d'un pas tranquille, et l'air sereine. Cela m'étais étrange de me retrouver à être la seule représentante des Elfes dans un lieu aussi peuplé. A la cour du Roi Thranduil, les fêtes somptueuses comptaient toujours plusieurs représentants des autres races afin qu'ils ne se sentent pas seuls. Mais ces réceptions étaient organisées à l'avance...Et lorsque j'avais quitté Imladris, je n'aurais jamais pu imaginer ce qui m'attendait ! Je n'avais même pas le moindre présent pour remercier Lachar de son aide.
Tandis que j'avançais, mes yeux se posaient sur le moindre visage, mais pour l'instant, personne ne faisait attention à moi, ils étaient trop occupés à boire et se donner de grandes tapes dans le dos en riant du plus fort qu'ils pouvaient. Cependant, il restait un bout de chemin à parcourir, et je ne tardais pas à être remarquée...

-Eh ! Ma bonne dame ! V'nez donc vous asseoir sur mes genoux, histoire qu'on puisse discutailler un peu ?!

Lorsque ces mots peu galants vinrent titiller mes oreilles sensibles à la grossièreté, je résistais à l'envie de lever les yeux au ciel. Je me tint immobile durant quelques secondes, puis mon visage, muni d'une expression dédaigneuse, se tourna lentement vers la bouche qui avait cru drôle de me confondre volontairement avec ces femmes humaines de bonne compagnie qu'affectionnent les homme en manque. La tête de l'injurieux bonhomme ne me fit aucun effet. Il n'avait pas de charme, et le fait qu'il puisse avoir recours à ces sortes de soulagement ne m'étonnait pas. Plutôt le plaignais-je. En revanche, l'air qu'affichaient ses compagnons de table faillit bien me faire perdre mon sérieux.
Si l'un était hilare, le dernier avait plutôt l'air gêné, et j'avais très envie de lui avouer qu'il m'était bien égal que l'on me parlât ainsi, car les mots sans action étaient pour moi comme la neige sans froid. Elle fondait en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire !

« Mais que croit-il donc, ce malappris ? Que je suis faible parce qu'ils m'ont sauvé la vie ?...C'est bien mal me connaître, et oublier que j'ai vécu bien plus longtemps qu'il n'en aura jamais l'occasion ! » songeais-je, sans pour autant en éprouver quelconque sentiment de colère ou de mépris. J'allais repartir, sans avoir échangé un seul mot avec l'incivile, lorsque j'eus une étrange sensation...Une sorte de présence dans mon dos...qui s'avançait rapidement. Ce qui se dégageait de cette personne que je savais humaine à son pas plus lourd que celui d'un Elfe, n'était pas courant, et à la fois apaisant et effrayant.

Intriguée, je me retournais pour voir qui possédait cette aura si particulière. C'était un homme, vêtu d'une tunique dans des tons bleutés, la taille enserrée dans de multiples ceintures, de cuir ou de tissu, épaisses et nouées les unes entremêlées dans les autres. Le crâne à moitié rasé, des cheveux comme les braises endormies recouvrant l'autre partie, et une barbe ainsi qu'une moustache plutôt courtes dans la même teinte lui donnaient un air sévère.
Manches retroussées, tatouages...L'homme avait dû avoir une vie marquée de coups durs, et ces détails contribuaient à ma lecture corporelle. Ses mains étaient jointes dans son dos, et aucune arme ne pendait à sa ceinture. Quant à ses vêtements, ils étaient trop serrés au torse pour qu'une dague qui y serait dissimulée soit aisément dégainable. Dans les bottes, peut-être ?

En dehors de cette apparence qui lui était propre, ce qui faisait la singularité véritable de cet homme était bel et bien son âme. Et la suite des événements ne fit qu'attiser ma curiosité insatiable, la même dont Idril avait hérité.

- On ne parle pas aux elfes de cette façon, ni aux femmes en générale. Tu devrais le savoir.
Sermonna-t'il son compagnon en le fixant d'un regard qui ne souffrait aucune protestation. Nulle doute qu'il était le chef de la Cohorte. Son pas si particulier suffisait à le démasquer, quant l'ouïe avait enregistrée tant de pas différents, et constaté ensuite le caractère de leur propriétaire.

- Je... Euh... Mais...

- Non, tu n'as aucune excuse. Mais passons, tu as compris la leçon, tu as de toute façon intérêt. La prochaine fois, je ne serais pas aussi tolérant...


«Mmm...il joue bien son rôle de chef. Ses hommes le respectent visiblement. » constatais-je.
Ce dernier se mit face à moi.

-Bonsoir, maître elfe, peut-être préféreriez-vous manger là où l'on ne vous parlerais pas comme l'a fait Igverd ? Suivez-moi.

Sans dire un mot, je suivis l'imposant personnage, qui se dégagea aisément un chemin parmi ses hommes dispersés un peu partout.

- Mon nom est Olgierd Everec, je suis le chef de La Cohorte.
Nous rejoignîmes enfin la table où se trouvait assise la seule personne que je connaisse un peu mieux parmi tous ces gens. Le Nain, qui avait une bonhomie agréable, et qui devait toujours sourire du fantôme de sa plaisanterie de tout à l'heure, se présenta

-Et bien, bonsoir ! dit-il en s'inclinant devant moi. Vous avez l'air en meilleur forme que tout à l'heure. C’est une bonne chose, vous aviez vraiment choisi le mauvais jour pour partir en expédition. Je suis Arvin, trésorier de la guilde entre autre. Honoré de faire vôtre connaissance.

« Moi de même », répondais-je en courbant légèrement mon buste, et souriant face à ce personnage amusant, qui me semblait bien sympathique. Toutefois, je fus étonné qu'il ait l'air de me connaître, car je ne me souvenais pas l'avoir déjà vu...Était-je vraiment à ce point en mauvais état, que mes yeux l'aient éclipsé parmi les cavaliers ?

-Asseyez-vous, voyons, ne restez pas là. Fit soudain Lachar. Observant autour de moi je me rendis compte qu'Olgierd avait déjà pris place, et que j'étais la seule à me tenir debout, à l'emplacement exact où je m'étais arrêtée tandis que le Nain me parlait. Je pris la place qu'il me désignait, en face de lui, et m'en trouvais bien aise, car il était reposant d'avoir face à soi une personne en qui l'on pouvait avoir un minimum confiance, et que l'on avait pas besoin de découvrir complètement.

-Alors, racontez-nous donc, qui êtes-vous ?

Je me tournais vers Olgierd, qui était déjà en train de savourer une bonne bière. Nouveau gargouillements de mon estomac...

« Eh bien je...euh, puis-je ?" Demandais-je poliment en désignant le plat gigantesque et encore bien rempli qui se trouvait quasiment à côté de moi, duquel se dégageait une odeur de poulet farci aux fruits secs qui commençait à me mettre sérieusement l'eau à la bouche.

Tout en saisissant une assiette et des couverts, je commençais à me présenter.
« Celebrindal de Mirkwood, Femme de Lenwë de Lorien. Tout d'abord, je souhaite vous remercier de m'avoir porté secours, et vous présenter mes respects. Ensuite... je fixais Olgierd dans les yeux avec le plus grand sérieux, eh bien...sachez que vous avez ma reconnaissance éternelle, et que je considère avoir une dette envers votre Confrérie ».

Ayant suffisamment rempli mon assiette, je commençais à manger. Le plat n'était plus très chaud, mais cela m'importait peu. La cuisson de la viande était juste, et les fruits délicieux et leur quantité bien dosée. De plus, cela faisait un moment que je n'avais pas mangé de viande, étant donné que son usage culinaire était peu répandu à Imladris.

« Mais...comment vous êtes-vous installés ici ? Si cela vous est possible, j'aimerais en savoir plus à propos de la Cohorte. Mon fils en avait entendu parler par un voyageur errant dans les tavernes du Rohan, mais lui-même n'avait pas beaucoup de détails..."


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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Gaël
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Ven 22 Jan 2016 - 23:00

Olgierd attendait que l'elfe se serve, ce qui ne tarda pas :

" Eh bien je...euh, puis-je ? "

" Oui ! Allez-y ! C'ets pas là pour la décoration ", s’exclama Arvin.

" Celebrindal de Mirkwood, Femme de Lenwë de Lorien. Tout d'abord, je souhaite vous remercier de m'avoir porté secours, et vous présenter mes respects. Ensuite... "

Lachar, qui avait adopté une attitude bienveillante avec Celebrindal n'avait pas oublié qu'elle était étrangère et qu'il fallait rester prudent. Il écoutait donc ses propos avec attention.


" Eh bien...sachez que vous avez ma reconnaissance éternelle, et que je considère avoir une dette envers votre Confrérie. "


Mais c'était Olgierd qui semblait être le plus à l'écoute, et l'elfe avait prononcé un mot, un seul : Une Dette. Il n'était pas près d'oublier ces mots. Après cela, il la fixa intensément, buvant une gorgée de son hydromel, s'attendant à des questions, Celebrindal, après s'être apparemment régalé posa en effet des questions :


" Mais...comment vous êtes-vous installés ici ? Si cela vous est possible, j'aimerais en savoir plus à propos de la Cohorte. Mon fils en avait entendu parler par un voyageur errant dans les tavernes du Rohan, mais lui-même n'avait pas beaucoup de détails..."

Olgierd la fixa encore pendant quelques instants, comme s'il essayait de déceler quelques arrières-pensées. Puis il posa sa chope et son visage redevint neutre :

" Pour tout vous dire, et je ne pense que ça vous ait échappé, nous n'avons fait que fortifier et agrandir ce château. Nous ne sommes qu'une partie infime de son existence, il était là avant et sera toujours là dans des centaines d'années. Les rumeurs sont nombreuses à nôtre sujet, mais la plupart relatent plus ou moins la vérité : nous sommes tous des mercenaires, sans attaches, la plupart de ces gars sont d'anciens soldats, d'anciens prisonniers, d'autres étaient même qualifiés de vagabonds ou de voyous.  Mais nous sommes plus que de simples mercenaires. "


A la suite de ça, un grand vacarme monta peu à peu dans la salle, l'une des tables avait été rapidement débarrassé et deux types montaient dessus, pieds et torses nus. Arvin se leva et s'en alla en direction de l'évènement mais avant, il interpella Celebrindal :

" Si je peux me permettre, Celebrindal, rien de mieux pour la digestion qu'un bon vieux concours de combats à main nue ! "

Il parlait à l'elfe comme s'il la connaissait depuis trente ans, mais même lui, le nain bagarreur, avait écouté la conversation de tout à l'heure. Mais malgré tout, le combat semblait être devenu sa priorité. Lachar se leva lui aussi et partit pour combattre ou observer. Mais Olgierd restait assis, c'est là qu'un des festoyeurs s'approcha et posa une main sur la table :


" E-eh ! Cheef ! Ça vous dirait pas une belle petite bastonnade ? "


Olgierd répondit sans lever les yeux de son verre :

" Sans façon, merci. "


" Roooh, allez ! "

L’intéressé leva la tête et quelque chose d'infime, d'impossible à décrire se passa, le fêtard ivre fit un pas en arrière et partit rapidement d'une démarche mal assurée. Ensuite, Olgierd releva la tête et déclara à Celebrindal :


" Vous devriez aller là-bas, les tournois sont toujours divertissants, Arvin gagne à chaque fois . "


Puis il se leva nonchalamment, et avant de tourner les talons, il termina :


" Navré de vous fausser compagnie, mais je dois aller discuter avec quelqu'un. "


Olgierd disparut ensuite derrière les portes. Ce qui était étrange, c'était les émotions que dégageaient sa voix, comme un mélange de grande lassitude et de mélancolie, sentiments qui détonnaient avec son physique. Puis soudain, un cri résonna dans la salle :

" Alors alors ?! Qui va jeter Arvin à terre, qui va lui faire mordre la poussière ?! "

Les combats du tournoi se déroulaient sur une table rapidement débarrassée et nettoyée. Déjà plusiurs hommes étaient étalés par terre, dont un qui se faisait gifler chaque joues par Lachar. Un gros dur grimpa sur la table, il faisait deux fois la taille du nain, mais celui-ci était aussi large qu'un vieux chêne, son torse était couvert de cicatrices, de poils , sa barbe d'un noir de jais parsemée de mèche blanche était attachée par des liens de cuir.

Arvin attendit patiemment que son adversaire se jette sur lui pour entamer son attaque. Au lieu d'esquiver il fit un pas de coté et plaqua son adversaire au sol, celui-ci se releva et frappa le nain avec animosité. Le combat s'acheva très rapidement, le gros costaud chargea Arvin tel un ours enragé, mais ce petit combattant dur comme la pierre leva son pied et frappa tellement fort que l'adversaire fut éjecté !

Puis le "trésorier" croisa les bras et attendit son prochain adversaire.


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Dim 24 Jan 2016 - 23:20

Olgierd me fixa étrangement pendant quelques secondes pendant que je prenais mon repas. Je fis abstraction, mais je sentais que quelque chose dans mes paroles avait attiré son attention. Et mes questions sur leur installations ne firent rien pour changer cet état de fait. Tentait-il de jauger ma sincérité ? Mes pensées ?

" Pour tout vous dire, et je ne pense que ça vous ait échappé, nous n'avons fait que fortifier et agrandir ce château. Nous ne sommes qu'une partie infime de son existence, il était là avant et sera toujours là dans des centaines d'années. Les rumeurs sont nombreuses à nôtre sujet, mais la plupart relatent plus ou moins la vérité : nous sommes tous des mercenaires, sans attaches, la plupart de ces gars sont d'anciens soldats, d'anciens prisonniers, d'autres étaient même qualifiés de vagabonds ou de voyous. Mais nous sommes plus que de simples mercenaires. "

Je hochais la tête lentement. Le manoir m'avait parlé à travers ses planchers, ses poutres et huisseries. Il avait eu une histoire avant la confrérie, et même si ses secrets ne m'avaient pas tous été révélés, j'avais senti que la trame du conte de la demeure des neiges avait été tissée de mille fils aux teintes plus ou moins sanglantes. Je hochais la tête doucement aux propos d'Olgierd, affirmant inconsciemment que j'avais connaissance de l'ancienneté du lieu.
Soudain, un capharnaüm assourdissant se déclara plus loin. Quelques festoyeurs avaient débarrassé une table, et voilà qu'ils s'en servaient comme d'une scène en hauteur, où deux hommes s'étaient placés, torse nu et l'air prêts à se battre.
Arvin se leva. Son excitation était visible, il devait prendre un plaisir considérable aux duels.

" Si je peux me permettre, Celebrindal, rien de mieux pour la digestion qu'un bon vieux concours de combats à main nue ! "

« Décidément, ils ont tous une tendance à la familiarité, ici ! » songeais-je amusée. Je lançai un petit sourire à l'attention du Nain, qui partit avec Lachar en direction des joutes. Ne restait plus qu'Olgierd à la table. N'allait-il pas partager ce moment avec ses hommes ? C'était une manière de rire en s'imposant également comme le chef. Mais visiblement, l'Homme n'était pas de cet avis. Un des amateurs de pugilats, qui devait s'être bien imbibé et sentait l'alcool à plein nez, s'approcha de nous, posant une main sur la table.

" E-eh ! Cheef ! Ça vous dirait pas une belle petite bastonnade ? "

" Sans façon, merci. " Répondit son chef sans même prendre la peine de regarder la personne qui l'invitait ainsi à prendre part aux...réjouissances.

" Roooh, allez ! " l'homme insistait, l'air hilare, un semi-sourire vainqueur sur son visage. Olgierd  daigna finalement lever la tête...et je ne perdis pas la moindre miette de l'étrange manège qui se déroula alors sous mes yeux. Sans que je puisse vraiment voir ce qu'il se passait, je sentit qu'un...froid, littéralement, s'était installé entre Olgierd et l'homme. Un échange court, mais anormal. Mon instinct avait reniflé le lièvre. L'homme s'en alla d'une étrange démarche...Que venait-il de se passer ?

" Vous devriez aller là-bas, les tournois sont toujours divertissants, Arvin gagne à chaque fois . "

Mon visage était parfaitement innocent et serein, comme si je n'avais rien vu. Après tout, je n'étais sûre de rien...mais un pressentiment. Inutile de gâcher de bonnes relations (ou du moins l'espérais-je) naissantes, pour si peu.

" Navré de vous fausser compagnie, mais je dois aller discuter avec quelqu'un. " dit-il.

Je le regardais partir avec compatissance. Il semblait fatigué, détaché de ce qui l'entourait...Je me pris à me demander quelle avait bien pu être sa vie avant qu'il n'atterrisse ici. De grands cris enthousiastes attirèrent soudain mon attention.

" Alors alors ?! Qui va jeter Arvin à terre, qui va lui faire mordre la poussière ?! "

Je me levais à mon tour, et me dirigeais vers la table, autour de laquelle était groupés un nombre incalculable de soldats. J'ôtais ma cape, que je posais sur un banc, et m'approchais du groupe fourmillant et gesticulant. Et ça s'invectivait, et ça se battait, et ça pariait à tort et à travers...j'avais l'impression d'être au beau milieu d'une rixe de taverne !
Le nain se battait bien ! Il mettait ses adversaire au tapis, ou plutôt, à la table, avec une facilité déconcertante...mais il fallait aussi remarquer qu'ils ne s'y prenaient pas de la meilleure des manière... On ne gagnait pas contre un nain au corps-à-corps, voyons ! Plus petit que vous, avec un maintien plus proche du sol, donc plus équilibré, il pouvait vous basculer encore plus facilement !
J'imaginais un instant ce que je ferais à leur place, puis une vision d'Idril secouant la tête avec un air mécontent me déconcertai. Le pauvre ! Quelles complications diplomatiques ne risquais-je pas d'entraîner, si je me battais contre un nain ! Je souriais intérieurement à l'idée farfelue que mon combat pourrait entraîner des complications monstrueuses entre Nains et Elfes ! Arvin m'était sympathique, et l'inverse était plus que probable au vu de son accueil.
Non loin de moi, j'entrevis Lachar, qui semblait se débrouiller très bien, lui aussi ! Il baffait son adversaire avec tant de véhémence que c'en devenait héroïque ! « Eh bien, quand ils festoient, ils ne font pas les choses à moitié ! Voilà bien les humains ! » pensais-je en regardant Arvin éjecter son adversaire d'un seul coup de pied. Le pauvre homme fit un vol plutôt court, avant de s'échouer lamentablement sur le sol au pied de la table. Ayant vaincu une fois de plus son adversaire, le Nain croisa les bras dans l'attente du prochain qui oserait se mesurer à lui. Mais autour de la table, ou on se battait, ou on buvait, ou on n'osait plus l'affronter ! Avec ce qu'ils avaient dû boire, tous ceux qui ne s'étaient pas précipités sur Arvin avant n'était certainement pas en état de le faire. On pouvait lire un respect craintif dans les yeux de ceux qui restaient...Et Arvin attendait toujours, les bras croisés.

«Bon, il me semble que je doive faire quelque chose pour débloquer la situation ! Ahlala, Idril, heureusement que tu n'es pas ici... » riais-je intérieurement. Et d'un bond, je sautais face à Arvin sur la table.
« Ceux qui disent quoique ce soit sur le fait que je sois une Elfe, j'invite Arvin à leur régler leur compte ensembles... » songeais-je en défiant du regard les hommes autour de la table. Puis je m'avançais face à Arvin.

-Permettez que je me mesure à vous ? Je suis curieuse de nature. Et il semble que vous n'ayez plus d'adversaire capable de vous affronter sans s'écrouler avant même que vous ne l'ayez touché, parce qu'ils ont peur ou sont avinés ! Lançais-je à Arvin en faisant une petite courbette, avec un grand sourire. La situation était coquace. Allais-je m'envoler, moi aussi ?


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Lun 25 Jan 2016 - 22:03

" Permettez que je me mesure à vous ? Je suis curieuse de nature. Et il semble que vous n'ayez plus d'adversaire capable de vous affronter sans s'écrouler avant même que vous ne l'ayez touché, parce qu'ils ont peur ou sont avinés ! "

Arvin fut quelque peu désarçonné et ouvrit béatement la bouche puis se reprit ! Il rigolait souvent quand les elfes se joignaient aux festivités naines et humaines. Ils essayaient de se montrer le plus extraverti possible et Celebrindal se débrouillait plutôt bien, elle ne devait pas être aussi coincée que ses congénères ! Ce qui était sûr, c'est qu'elle serait sûrement un adversaire coriace !

Le combat débuta ! Chacun prenait le temps d'analyser l'adversaire, le nain observait chaque angles d'attaques possibles, l'elfe anticipait les mouvements de celui-ci. Cela dura un moment. Et soudain, Arvin sauta sur Celebrindal, mais elle esquiva avec légèreté et attendit une autre tentative ! Mais celle-ci échoua tout autant. La suite ne fut que plus désastreuse pour le nain, Celebrindal lui fit un "tacle" il s'étala sur le sol de tout son poids ! Il frappa du poing sur la table, se releva et grogna.


" Ola ! Arvin serait en mauvaise position ? "


Et celui-ci redoubla d'effort, et il décida tout simplement la solution radicale, premièrement, il laisserait sa place aux autres et deuxièmement, c'était son plan de secours même en cas de combats mortelles : le plaquage de volée comme on l'appelait parfois, ou plus simplement le "Casse-Gueule". Il attendait pour le coup que Celebrindal tente une frappe, mais celle-ci était bien trop maligne pour tenter quoi que ce soit. Alors, il se mit à courir, lourdement mais sûrement et sauta, tendit les bras pour les referme autour de la taille de l'elfe ! Les deux s'envolèrent de façon... Plus ou moins gracieuse et atterrirent sur le sol de pierre. Arvin roula sur le coté. Puis il se mit debout et fit un mouvement brusque du bras, ce qui émit un craquement sonore absolument répugnant.

" Ah, quel beau combat !, s'exclama-t'il, il enfila ensuite sa tenue, allez, vous autre ! Rangez-moi donc ces tables et ces bancs ! "

Il alla s'allumer une longue pipe de bois et s'assit près de la cheminée. La soirée semblait prendre fin, chacun vaquait à présent à ses occupations, des groupes plus calmes se formaient, buvant et fumant. D'autres sortaient de la salle. Les musiciens jouaient un air plus calme. Cette fêtes avait été plus courte que les autres, en ce moment, l'entraînement se faisait plus intensif et ils prenaient donc plus le temps de se reposer.

Lachar était parti discuter avec les femmes qui s'étaient occupées du service, il semblait assez exténué, lui aussi en ce moment se démenait pour La Cohorte, de plus il avait traversé la tempête et n'avait pas eu le temps de se reposer comme Celebrindal.


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Sam 30 Jan 2016 - 0:25

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 


A ma proposition de duel, le Nain eut une expression stupéfaite. La bouche ouverte, les yeux écarquillés, il semblait prêt à gober les mouches ! Mais il fut prompt à reprendre son sérieux, et nous nous mîmes en garde.

Les premières minutes furent dédiées à l'analyse. J'examinais ses faiblesses et points forts, et en élaborait une stratégie. A son air concentré, il devait en faire de même. De petits tentatives, destinées essentiellement à jauger notre temps de réaction respectif, furent entreprises qui n'aboutirent à aucun corps-à-corps.
Soudain, mon adversaire se décida en une fraction de seconde.
Il me sauta dessus, prêt à donner ce fameux coups qui envoyait ses adversaires au tapis habituellement, mais je n'étais pas dupe. J'avais compris son truc, et son attaque manquait de rapidité, me laissant largement le temps d'esquiver d'un petit saut.
Afin de narguer le Nain, j'esquissais un large sourire, et continuait de lui tourner autour avec encore plus d'insistance. Sa réaction ne se fit pas attendre longtemps...et échoua tout autant !

Désormais, j'avais véritablement envie de rire, ce que je ne fis pas par politesse. A sa manière de se battre face à moi, je n'en pouvais conclure que deux fait:
Ou il ne s'était jamais battu contre un elfe, ou ceux qu'il avait affrontés se battaient comme des chiffonniers !

Tout ce qu'il avait hérité de son éducation de noble, Lenwë me l'avait patiemment appris.
Dans ma famille, on ne se battait guère qu'avec les vignes qui ne voulaient pas donner assez de raisins, et apprendre à manier les armes n'était pas dans nos projets. Aussi n'avais-je jamais manié un arc ou une épée, avant de rencontrer Lenwë !
Mais aujourd'hui, c'était une autre histoire, et le pauvre Arvin ne parvenait pas à me toucher. Je n'avais pas grand-chose à faire. Il me suffisait de le laisser attaquer, fonçant comme un bourrin sur moi, et d'esquiver, en le narguant de plus belle à chaque essai raté. Il ne tarderait plus à se fatiguer et bientôt, je pourrais le mettre au sol très facilement, sa masse épuisée n'étant alors plus un obstacle.
Ce que j'avais prédit se déroula comme prévu.
L'occasion se présenta, parfaite. Dans son souci de parvenir à me toucher, moi qui ne tentait rien contre lui, Arvin baissa sa garde un court instant, que je mis aussitôt à profit pour faire un saut arrière en me réceptionnant sur les mains, et d'un grand coup de pied, lui mettre un tacle bien placé, qui le fit s'étaler sur la table de tout son long.

" Ola ! Arvin serait en mauvaise position ? " entendis-je un homme brailler, tout excité.

Le Nain tapa du poing sur la table. Visiblement, il était mécontent de s'être ainsi fait avoir. Surtout qu'il n'était pas parvenu à me mettre un coup depuis le début du combat ! Sa réaction m'amusa, mais je restais concentrée, les nains étaient particulièrement réputés pour leur opiniâtreté, et je doutais que celui-ci échappe à la tradition. Arvin se remit debout, absolument pas prêt à abandonner. Cependant, je ne changeais rien à ma façon de faire, par curiosité. Qu'allait-il advenir ? Le Nain semblait attendre que j'attaque, ce que je ne ferais pas.

"Vu son air décidé, je sens venir l'heure décisive..." songeais-je. Mon adversaire, petit par la taille mais grand par la volonté, se mit à courir vers moi. "Non...il ne va tout de même par réessayer une fois de plus ses coups qui ne fonctionnent pas avec moi ? Il n'est quand même pas idiot...mais que tente t'il, alors ?" me demandais-je, perplexe. Je me préparais une fois de plus à esquiver, mais Arvin se jeta sur moi, et au lieu de tenter de me décrocher un uppercut, referma rapidement ses deux bras puissants autour de ma taille, m'empêchant de bouger. Sa course musclée nous emporta tous deux plus loin au sol. Arvin effectua une roulade pour nous éviter de prendre le choc de front.

"Ah...je savais bien qu'il n'était pas idiot du tout !...voilà ce qu'il préparait...ouf...ouille..." songeais-je les yeux fermés, étendue sur le sol tandis que le Nain se relevait, en faisant craquer horriblement son bras. J'ouvris les yeux et me mis debout sans trop de mal. Le corps légèrement endolori, mais rien de cassé ! Ainsi c'était donc ça, de se faire rentrer dedans de plein fouet par un Nain ? ça valait le coup de risquer un incident diplomatique !

" Ah, quel beau combat !, s'exclama-t'il, en se rhabillant. Allez, vous autre ! Rangez-moi donc ces tables et ces bancs ! ".

Les quidams qui avaient regardé notre combat se séparèrent et commencèrent à former de petits groupes pour ranger la salle. Il se faisait tard désormais, et la soirée devint plus calme. Pas mal de membres étaient partis dans leurs appartements, et ceux qui restaient bavardaient à voix basse. La fatigue ralentissait les gestes de chacun, et je sentait une certaine torpeur s'abattre peu à peu sur le manoir. Les humains ne tarderaient pas à quitter complètement les lieux pour aller se coucher, dans deux ou trois heures, il ne resterait quasiment plus personne.
"Bon, ce n'est pas tout, ça, mais moi, il me reste encore beaucoup, beaucoup de questions à poser..." réfléchissais-je tout en guettant Lachar et Arvin, chacun de leur côté.

"Oh, puis après tout, chaque chose en son temps..." me ravisais-je soudain en avisant une harpe sur l'estrade à côté des musiciens. La musique adoucissait les mœurs, et j'avais constaté son aspect bénéfique sur les vibrations qui régnaient dans tous lieux. Celui-ci n'échappait pas à la règle. Et parfois, quand on était doué et que l'on avait certains savoirs, on pouvait traverser l'espace et le temps grâce à un simple instrument, et de la suite dans les idées !

J'allais m'asseoir sur un petit tabouret, qui je réglais confortablement, et lorsque les musiciens eurent terminé de jouer leur air, je demandais au chef s'ils pouvaient m'accompagner pour le chant que je souhaitais exécuter ensuite, ce qu'il accepta sans difficultés.
"Parfait...absolument parfait !". La harpe était bien accordée, et le son qu'elle avait était absolument splendide.

Je prit une profonde inspiration, et me concentrai sur les émotions que je voulais transmettre.
Mes doigts effleurèrent quelques cordes, puis je commençai à jouer.
Tout d'abord, ce furent quelques notes qui sortirent de l'instrument, douces et aériennes.
Une légère respiration...et la mélodie s'envola. L'oiseau qui la portait n'était autre que Thorondor le Grand Aigle. Son esprit puissant emportait le son, haut et loin jusque dans le cœur des gens.
Et ces derniers purent, à mesure que je jouais, voir au plus profond d'eux-mêmes ce que ma harpe leur susurrait.
Vibrant d'émotion, et apaisant en même temps, le chant m'enveloppait, et à travers lui, j'existais autrement. J'étais presque immatérielle, et mon corps continuait à jouer guidé par la mélodie d'outre-temps, qui semblait avoir pris le contrôle sur tout le reste, tandis que mon esprit passait outre les murs. Je ressentais chaque âme, chaque mœurs, et je désirais ardemment leur apporter le bien-être. Les blessures que ces hommes avait subies, je voulais les guérir jusque dans leur cœur au travers de la musique.

Il n'était nulle être vivant autour de l'enceinte du manoir qui put échapper à l'esprit de Thorondor.
C'était là le pouvoir des cieux de couvrir d'un regard de longues étendues. Et toute personne pouvait voir, en entendant le chant, une histoire qui pourrait apporter réponses et paix intérieure à qui saurait écouter les voix du fragment hérité de la Grande Musique des Ainurs.
Comment pouvait t-on, en transe, s'accorder sur ce chant disparu ? Quelles magies oubliées ce monde pouvait-il receler ? Malgré toute mon expérience, ces choses m'étaient encore cachées, mais je savais que des chemins secrets liaient entre eux les êtres vivants aux grandes consciences de l'univers, et par le biais de cette ancienne mélodie héritée de mes ancêtres, je tentais de montrer à tout un chacun un bout du sentier.
Mes doigts courraient, tremblaient, sautaient de corde en corde, et je n'était plus certaine de n'en avoir que dix. Cette étrange mélopée, je ne l'avais jouée qu'une seule fois, et seulement par bribes, sur le conseil de ma grand-mère. Elle, savait. Mais ses connaissances s'étaient tues à jamais avec son décès, et désormais, je comprenais que j'étais passée à côté de savoirs incroyables sans le vouloir.

Les musiciens qui m'accompagnaient étaient reliés à moi par le chant.
Eux aussi étaient absorbés entièrement par le morceau, et même le feu dans la cheminée paraissait se mouvoir avec la trame de la mélodie. En y jetant parfois des coups d’œil, il me semblait voir des formes qui me rappelaient des personnes que j'avais autrefois connues. Mais mon esprit ne me jouait-il pas des tours ?
Je ne pouvais le savoir. Bientôt, je sentis que le chant arrivait à son terme. J'atterrissais, je regagnais  mon corps. Doucement, je commençais à reprendre conscience des barrières physiques de ce monde. Enfin, mes doigts égrenèrent quelques notes, puis je m'affaissais légèrement sur le tabouret, assez fatiguée, mais revigorée mentalement. Je me sentais plus vivante que je ne m'étais sentie ces dernières années.

L'expérience était inédite...et absolument incroyable. Je savais que la musique pouvait apaiser les mœurs, mais je n'avais jamais compris véritablement ce que ma grand-mère avait tenté de m'enseigner. Et je m'en voulut terriblement. Comment pourrais-je espérer regagner le temps perdu ? J'eus alors un instant un aperçu de ce que pouvaient être les peurs des humains face à la mort, d'eux-mêmes ou d'une être cher. Regagner le temps perdu...je ne m'en était jamais soucié auparavant, et envisager que je ne puisse jamais me rattraper m'effraya.

Je me levais, et remerciais les musiciens de m'avoir accompagnée. Ils avaient ressenti un trouble, je le voyais à leur visage, qui portait un air poli et à la fois stupéfait. Ils ne devaient pas y comprendre grand-chose. Moi-même, je me rendais compte que ce que je venais de faire était en quelque sorte dangereux, ce que je n'aurais jamais cru. Mais en voyant toutes ces mines tranquilles bien que surprises, je compris qu'ils avaient été rassérénés par mon chant, pour quelques temps au moins.

J'allais trouver Arvin, assis auprès du feu qui paraissait être redevenu un simple feu. Je lui jetai un rapide regard, curieuse d'apercevoir un visage familier, mais plus rien n'apparaissait dans les flammes crépitantes. J'étais songeuse sur ce qui venait de se produire, mais les questions que je me posais sur la confrérie revinrent en tête au triple galop, et j'examinais Arvin avec impatience. Avait-il quelque chose ? Il était trésorier, j'avais déjà plus de chance d'obtenir des réponses qu'avec le premier soldat venu.

-Je me demandais...Est-ce que vous connaissez bien Olgierd ? Il semble sympathique, et un chef craint et respecté, mais j'ai parfois eu l'impression au cours de la soirée qu'il n'était pas heureux, et le fait cela puisse s'avérer vrai m’emplis de souci pour lui. Et comme vous et Lachar paraissez lui être proche...j'aimerais que vous me confirmiez qu'il va bien. Vous devez certainement savoir que quand un elfe a un pressentiment...

Je ne terminais pas ma phrase, il avait compris l'idée. Parfois, on ressentait des choses qui n'était pas encore arrivées, mais je savais parfaitement que ce n'était pas le cas. Lui en revanche, pourrait le croire, et cela l'exhorterait peut-être à se poser davantage de questions.

-Sinon, félicitations pour tout à l'heure, ce genre de combats était nouveau pour moi. Croyez-le ou non, mais je ne m'étais jamais battue ainsi avec un Nain ! Ni avec qui que ce soit peut-être, mis à part mon partenaire.


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les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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Gaël
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Mer 3 Fév 2016 - 16:10

Arvin sentit soudainement l'air se réchauffer, comme s'il se remplissait peu à peu de quelque chose d'apaisant et de réconfortant. Le temps semblait s'être figé, les musiciens jouaient, et semblaient découvrir quelque chose de magistral, Celebrindal était dans le même état. Les spectateurs étaient dans un état entre la fascination et une la fatigue agréable. Très difficile à décrire. Cela dura quelques minutes…

Quand ce doux moment prit fin, Arvin resta un peu dans le vague mais il se reprit et après avoir tiré une bouffée de sa pipe, il marmonna :

- Merde, je déteste les rites elfes ! 

Il détestait par dessus tout perdre le contrôle, et là, il l'avait en quelque sorte perdu. Celebrindal le tira définitivement de sa semi-transe :

-Je me demandais...Est-ce que vous connaissez bien Olgierd ? Il semble sympathique, et un chef craint et respecté, mais j'ai parfois eu l'impression au cours de la soirée qu'il n'était pas heureux, et le fait cela puisse s'avérer vrai m’emplis de souci pour lui. Et comme vous et Lachar paraissez lui être proche...j'aimerais que vous me confirmiez qu'il va bien. Vous devez certainement savoir que quand un elfe a un pressentiment...


Arvin trouvait cette invité très curieuse. Trop ? En tout cas, elle tentait même de bluffer, pourquoi se montrait-elle si insistante ? Car oui, Arvin était au courant du lourd secret que portait Olgierd Everec.

-Sinon, félicitations pour tout à l'heure, ce genre de combats était nouveau pour moi. Croyez-le ou non, mais je ne m'étais jamais battue ainsi avec un Nain ! Ni avec qui que ce soit peut-être, mis à part mon partenaire.


- Merci. En effet, Olgierd est un ami de longue date. Et vous n'avez pas besoin de vous occuper de ses soucis, vous n'êtes qu'une invité, je ne vois pas en quoi cela vous concerne ? Olgierd n'a pas la tête à rire en permanence, comme tout chef de n'importe quelle organisation. En ce moment, nous avons quelques problèmes concernant l'un de nos contrats et demain va se dérouler un bien triste événement, triste mais inévitable, voilà tout, ma chère…

Il observa le feu crépiter quelques instants. Ensuite, le trésorier examina quelques parchemins qu'il avait récupéré avant d'aller s'asseoir, sûrement des papiers concernant des livraisons ou des comptes rendus.


- Je vais devoir lire ces quelques papiers, je ne vous jette pas, mais j'aimerais bien réfléchir sur ces parchemins un instant. Eh au fait ! Beau morceau que vous nous avez joué, même si c'est pas trop mon genre, je dois dire que vous vous débrouillez ! J'ai jamais appris à jouer d'un instrument, mais je sais reconnaître de la belle musique.

Maintenant, la salle était presque vide, plus aucun fêtard, seul quelques serveuses restaient encore, Lachar venait à peine de passer la porte et Arvin était absorbé par son travail, au coin du bon feu.


Thème du Concasseur:
 


Thème de Gaël Azra:
 
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Sam 6 Fév 2016 - 23:55

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 


La réponse du trésorier à ma question sur Olgierd ne tarda pas, et correspondait tout à fait à la franchise des Nains que j'appréciais.

- Merci. En effet, Olgierd est un ami de longue date. Et vous n'avez pas besoin de vous occuper de ses soucis, vous n'êtes qu'une invité, je ne vois pas en quoi cela vous concerne ? Olgierd n'a pas la tête à rire en permanence, comme tout chef de n'importe quelle organisation. En ce moment, nous avons quelques problèmes concernant l'un de nos contrats et demain va se dérouler un bien triste événement, triste mais inévitable, voilà tout, ma chère…

Je restais muette un moment. "...quelques problèmes concernant l'un de nos contrats et demain va se dérouler un bien triste événement, triste mais inévitable ?". Ces paroles imprimèrent en moi un mauvais pressentiment. Contrats...guilde...triste événement inévitable..."Je ne sais pas quels genre de contrats ils passent dans cette compagnie, mais en tout cas, les paroles de ce très estimé Arvin me laissent penser qu'une sorte d'arrangement n'a pas été rempli, et que quelqu'un va en payer les frais...de sa vie, vu la froideur qui règne dans ces paroles." réfléchissais-je tout en restant concentrée sur les paroles du Nain.

- Je vais devoir lire ces quelques papiers, je ne vous jette pas, mais j'aimerais bien réfléchir sur ces parchemins un instant. Eh au fait ! Beau morceau que vous nous avez joué, même si c'est pas trop mon genre, je dois dire que vous vous débrouillez ! J'ai jamais appris à jouer d'un instrument, mais je sais reconnaître de la belle musique.

Ce compliment me fit grand plaisir. Plus tard, peut-être oserais-je lui proposer de lui apprendre quelques bases, s'il le désirait ? Mais pour le moment, il semblait s'être absorbé dans ses tâches administratives qui paraissaient tenir de la plus haute importance, et mon regard resta posé sur lui un court instant, le temps que je me demande si je devais ou non le déranger une toute dernière fois. Cette événement inévitable qu'il avait mentionné tourbillonnait dans mon esprit.

-Je vous prie de m'excuser pour ce dernier dérangement, mais...cet événement dont vous me parlez, est-il grave au point qu'on ne puisse le retarder ? Sans que j'en connaisse les détails, j'éprouve peine et tourments à l'endroit de cette triste échéance que vous dites inévitable...

Ayant confié ce malaise qui m'avait prit avec ses révélations imprécises, je put enfin prendre congé, non rassurée, mais au moins, fixée, ce qui m'épargnerait une nuit entière de réflexions solitaires.
Lachar était déjà parti, et pour ce soir, je renonçais à poser mes questions. Le Nain m'avait aimablement fait comprendre que ce n'était pas en position d'être curieuse, et si je n'abandonnais pas pour autant, j'avais l'étrange sentiment que le lendemain saurait apporter son lot de réponses aux interrogations qui me taraudaient. Aussi décidais-je de quitter la grande salle à mon tour pour rejoindre ma chambre. Cette foi, le chemin était resté parfaitement inscrit dans ma mémoire, et je n'eus aucun mal à retrouver la pièce. Le feu avait dû être maintenu durant la soirée, car il brûlait toujours d'une magnifique flambée, et pas un seul coin de la chambre n'était oublié par la bienveillante chaleur qui émanait de la cheminée.

La couverture que j'avais repliée tout à l'heure me faisait de l'œil depuis son coin de lit. Je la saisis, et quittai la chambre pour arpenter le long couloir où des dizaines de portes comme celles de ma chambre se faisaient face. Tout au bout se trouvait une sorte de porte-fenêtre avec un avancement qui formait une sorte de balcon. A travers elle, je pouvais apercevoir les plus hauts sommets des Monts Brumeux, couronnés de neige et auréolés par la lumière purifiante de la lune qui régnait haut dans le ciel. Doucement, je m'approchais, et ouvris les huisseries. Un courant d'air gelé pénétra sournoisement dans le couloir, sifflant insidieusement ses gémissements miséreux qui se répercutaient sur chaque pierre. Je m'avançais sur le balconnet, et rabattis les portes fenêtres de sorte à stopper les courants d'air sans pour autant m'enfermer dehors.

Je m'assis sur le rebord, laissant mes jambes pendre au-dessus du vide, bien emmitouflée dans la couverture. Le paysage lunaire était splendide, et sa contemplation m'emmena bientôt aux portes du songe. Les forêts enneigées qui couvraient ces montagnes apparurent dans mon esprit, qui entra dans une sorte de fusion avec elles. Je les visitait inconsciemment durant de longues heures, entièrement absorbée par cette promenade immatérielle. Soudain, je me rendis compte que le soleil s'était levé, et que je le contemplais par la fenêtre de ma chambre, assise sur le grand lit.
Je me souvins alors m'être en effet levée, avoir fermé la porte du balcon, et être retournée dans ma chambre. Cependant, il était encore tôt. Quelques émanations d'une agitation matinale parcouraient le manoir, mais ce dernier était toujours plongé dans un épais sommeil. Je posai la couverture sur le lit, et sortit de la chambre, à la recherche d'une bibliothèque ou d'une salle d'archives.

J'étais en quête d'informations sur le manoir ou la Cohorte, et même si je n'oubliais pas que des réponses me seraient certainement données par cet événement dont Arvin m'avait parlé, je trouvais toujours utile de prendre de l'avance. Et même si je ne trouvais rien sur le sujet, j'avais faim d'un bon livre, et cet appétit-là était souvent dur à satisfaire lorsqu'on avait déjà lu tant de livres sur tant de sujets tous différents. Malgré mes recherches, que je ne voulais pas mener avec trop d'indiscrétion, désireuse de respecter les recommandations de Lachar, je ne parvins pas à mettre la main sur la bibliothèque. En revanche, je finis par tomber nez à nez avec une grande armoire, postée seule dans un couloir (encore un, il y en avait vraiment dans tous les sens, ici ! L'architecte ne s'appelait-il pas Dédale ?), et qui recelait quelques livres poussiéreux. Un livre sur les légendes du Gondor attira mon attention. Je le saisis, et soufflai la poussière qui s'était accumulée dessus. Visiblement, on ne lisait pas beaucoup ici !
Je m'assis en tailleur sur le sol froid, et commençai à lire. J'aimais bien les légendes humaines, elle contenaient souvent une poésie propre à cette espèce, fragile et puissante à la fois, pleine de caractère comme ces personnes incroyables.


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Dim 7 Fév 2016 - 14:56

Celebrindal était tranquillement assise sur le sol quand soudain, des sons de pas retentirent dans le couloir : un homme seul s'avançait, Olgierd Everec. Il était cette fois-ci vêtu d'une longue cape de fourrure l'enveloppant presque entièrement. Mais ce n'était pas tout, à sa ceinture était accroché une épée impressionnante, son fourreau était dorée, entouré d'un cuir presque neuf, sur lequel étaient accrochés de petites fioritures, de ce fourreau pendait aussi une ficelle rouge où était accroché un petit "pompon". Le fourreau indiquait aussi que l'épée devait être recourbée et son pommeau était fait dans bois qui semblait encore neuf et brillant.

Illustration de l'épée:
 

Il parla d'un ton froid dont l'écho emplissait ce long et grand couloir :

" Personne ne vous a fait fait comprendre que vous n'aviez pas à visiter seule le château ? "


Il croisa les mains dans son dos et attendit une réaction de l'elfe avant de reprendre :

" Suivez-moi, nous allons dehors. "

Ils marchèrent pendant quelques minutes pour finalement arriver devant une grande porte, qui fut ouverte de extérieure par deux gars costauds. Elle s'était ouverte sur une grand cour dans laquelle était rassemblé encore une fois bon nombre d'hommes, tous étaient en cercle, au milieu, un grand espace avait été laissé mais de là ou se trouvait Olgierd et Celebrindal, on ne pouvait pas voir ce qui s'y trouvait. Justement, le chef de La Cohorte se fraya un chemin à travers la foule et posa une main sur l'épaule de l'elfe pour lui faire signe de ne pas le suivre.

A présent, on pouvait clairement voir ce qui se trouvait au milieu de ce grand cercle. Il y avait un rondin de bois, taillé de sorte à ce qu'on puisse y poser quelque chose dessus et juste en-dessous se trouvait un sceau de bois. La neige venait de commencer à tomber, tout était déjà recouvert, tout le monde avait froid mais cet évènement était un passage obligé. La Cohorte semblait réunie. Le château était beau avec son manteau de neige étincelante qui lui donnait un air majestueux et vivant, comme s'il  régnait sur ces montagnes depuis la nuit des temps... Cette cour était immense, on se demandait d'où pouvait sortir tout les lieux de ce domaine ! Comme s'il était plus grand à l’intérieur qu'à l’extérieur ! Mais elle était vierge de tout objet qui se trouvent normalement dans c egenre d'endroits : forge, ateliers. Elle n'était pas destiné à ces activités.

Musique d'ambiance:
 

Deux hommes émergèrent de la foule, ils traînaient un homme qui semblait fatigué, ses pieds trempaient dans la neige et son visage était mou, il fixait le sol. Il le laissèrent tomber, cet homme semblait résigné à son triste sort. Olgierd prit la parole en s'approchant du type :


" Orgnar... "

Il l'attrapa par le col, puis s'adressa à la foule d'une voix forte, quelque peu enroué :


" Vous savez tous qui est cet homme ! "

Il le traîna rudement au sol en continuant de parler :

" C'est l'échevin du village de Baifleur ! Ce village que nous étions censé protéger ! Et vous savez tous qu'en réalité, cet homme à été payé par d'autres pour nous tendre un guet-apens ! Nous avons tous été trahi par cet homme. "


Le coupable fut jeté sur le rondin, la tête appuyé dessus.

" Nous l'avons retrouvé, nous l'avons enfermé, et il a tenté de s'évader. "

Olgierd porta la main à son fourreau :

" Nous tous ici présent savons quelle est la sentence. "

Il sortit l'épée.

" Et elle n'est pas discutable. "


Il la leva haut.

" La mort. "


L'arme s'abattit sur le tronc, la tête d'Orgnar fut séparée du reste de son corps et tomba dans le sceau. Le corps s'affaissa.


" Qu'on envoie le corps a Baifleur, tout le corps. Et apprêtez mon cheval."


Olgierd essuya le sang sur l'épée en la passant contre le rondin puis il la rangea dans son fourreau. Ensuite, il s'engagea dans la foule et retourna dans ses quartiers. Le sceau et le corps furent emmené à l'intérieur eux aussi et peu à peu, la troupe se dispersa. C'est là que Lachar fit son apparition, il s'approcha de celebrindal et déclara :

" Ce n'est pas aujourd'hui que vous pourrez retourner chez vous, la neige est encore trop dense et la tempête pourrait repartir à tout moment, si tant est qu'elle est terminée. Vous devriez retourner à l'intérieur. Pour ce qui s’est passé, il méritait ça. "

Il termina :


" Il a voulu jouer. Et il a perdu. "


L'oriental retourna ensuite à l’intérieur.


" Vous pouvez vaquer à vos occupations, je dois aller faire mes adieux à Olgierd, il s'en va par delà les mers pour une raison qui nous est encore obscur. "


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Thème de Gaël Azra:
 
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Chasse gardée dans les Monts Brumeux.   Dim 6 Mar 2016 - 14:53

Tari Celebrindal
(Mère d'Idril Felagund).

Tari Celebrindal:
 



Je fus interrompue dans ma lecture par la cadence sourde de pas décidés qui s'approchaient de moi. Je n'eus pas besoin de me retourner pour deviner qui pouvait avoir ce genre de pas.
Un léger bruissement caressait le sol. J'en attribuais l'origine à une cape. Nous allions sortir, certainement. Une tension considérable gagnait les lieux. Je me levais doucement et reposait le livre à sa place, avec la seule différence qu'il état désormais dénué de poussière.

" Personne ne vous a fait fait comprendre que vous n'aviez pas à visiter seule le château ? "

-Sire Lachar, votre...second, s'en est chargé avec une telle prévenance que je n'aurais pas eu le cœur à briser sa confiance. Je ne fouinais pas, et si vous souhaitez me forcer à dire le contraire, ce sera à vos risques et périls. Assénais-je avec calme.

Pour une personne qui s'était la veille montré sévère envers l'un de ses hommes qui faisait preuve de goujaterie, Messire Olgierd n'était pas loin de devoir s'admonester lui-même aujourd'hui. Comme il l'avait fait remarquer en grondant le soldat : on ne parle pas aux elfes de cette façon, ni aux femmes en général. Pour toute réponse, il se contenta d'un :

" Suivez-moi, nous allons dehors. "

Soulevant un sourcil interrogateur devant cet ordre, je ne dis cependant rien et le suivit en silence...J'étais pensive. Dans un coin de ma tête, la prédiction d'Arvin était présente, et quelque chose me disait que je n'allais pas tarder à découvrir de quel événement il me parlait.
Olgierd me conduisit dans un grande cour, où tous les occupants du château devaient s'être réunis, au vu du tintamarre et de la foule qui régnait un peu partout !

« Bon, cette fois on y est...plus de doutes dorénavant. » Quelque chose allait se produire. Soudain, Olgierd posa une main sur mon épaule, m'intimant de ne plus le suivre. Je l'accompagnais un moment du regard, jusqu'à ce que le monde qui se trouvait réuni ici ne le cache à ma vue. Je continuais alors encore à avancer un peu, pour voir où il était parti, et je devinai bientôt une sorte d'espace dégagé au centre de la cour, que je ne tardais pas à découvrir dans son ensemble. Un objet bien trop macabre me sauta immédiatement aux yeux...un objet tout à fait anodin. Un rondin de bois. Accompagné du seau, son éternel voisin. Je compris alors pourquoi cette cour m'avait semblé étrange en y mettant le pied.
Il n'y avait absolument rien...Pas d'ateliers, de forge, d'écuries ou de grange...Juste cet horrible rondin de bois. Et une odeur sourde de mort. Il m'était très rare de trouver laid un rondin de bois. Habituellement, j'aimais les voir sécher, à l'abri ou exposés à tous les vents. Parfois, des fêlures se formaient, et les formes qu'elles prenaient dessinaient les étoiles du ciel. J'aimais leur odeur, leur couleur, leur écorce...Ce rondin de bois n'avait aucun de ces charmes.
Il semblait même vermoulu, comme si on avait trop souvent fait couler la vie dessus. Trop d'eau, trop de vent. Trop de larmes, trop de sang ?

J'en eus la confirmation.
Un pauvre hère que l'on traînait, misérable et sans espoir, fut bientôt emmené au centre. Olgierd s'approcha. En un éclair, la suite s'afficha devant mes yeux, sortie d'une imagination bien formatée, car je savais ce qui allait advenir de ce corps humain déjà presque éteint.

" Orgnar... " Le nom était prononcé comme un murmure, mais il sortit de la bouche parfaitement audible.

Saisi au col par Olgierd, l'Homme fut offert au spectacle de la foule vengeresse.
" Vous savez tous qui est cet homme ! "

Telle une marionnette désarticulée, il fut traîné au sol pour être amené jusqu'au centre du cercle, où l'attendait l'impitoyable mouroir.

" C'est l'échevin du village de Baifleur ! Ce village que nous étions censé protéger ! Et vous savez tous qu'en réalité, cet homme à été payé par d'autres pour nous tendre un guet-apens ! Nous avons tous été trahis par cet homme. "

Sa tête vint caresser brutalement l'affreux rondin. Pauvre bout de bois ! Il criait de concert avec l'âme de cet homme, car tous deux savaient ce qui allait advenir. Mais le visage du condamné restait  résigné. Sa bouche n'avait pas un tic de nervosité, ses paupières, pas un frémissement de peur. Ses yeux, plongés prématurément dans les abîmes, ne regardaient pas même la foule. Seul irradiait de lui le maigre témoignage de sa détresse, que je pouvais ressentir. Terrible don qui nous était accordé, de deviner avec notre empathie ce qu'aucun œil ne pouvait déceler.

" Nous l'avons retrouvé, nous l'avons enfermé, et il a tenté de s'évader. "

Le bourreau, incarné en la personne d'Olgierd, porta la main sur le côté, saisissant un objet que je n'avais pas remarqué outre-mesure quand il était venu me chercher...Un fourreau, travaillé comme une œuvre d'art, et qui contenait sans prétention autre que la démesure de ses ornements, la lame damnée qui scellerait le sort d'un pauvre humain, déjà doté naturellement d'une vie si courte que l'abréger à ce point prématurément était au choix une mesure d'une grande horreur, ou bien un acte négligeable et anodin puisqu'il serait mort de toute manière dans une petite soixantaine d'années.

" Nous tous ici présent savons quelle est la sentence. "

Il sortit l'épée. L'homme, toujours immobile, n'avait pas bougé d'un pouce. Qu'attendait-il ? Pourquoi ne se débattait-il pas ? Pourquoi n'implorait-il pas pitié, clémence ? Avec plus de cent hommes dans la cour, il n'avait certes pas la moindre chance. Mais alors que j'étais moi-même à la merci des Orcs, sans aucun espoir d'en réchapper, j'avais continué à me battre, jusqu'à ce que l'épuisement ait pris tous mes membres, sous les regards avides de la troupe affamée.

" Et elle n'est pas discutable. "

Avec appréhension, je regardai la lame s'élever au-dessus de la tête du chef de la cohorte. L'immobilité totale gardait toujours le corps du condamné.

" La mort. "

L'arme s'abattit dans un sifflement sur la nuque du malheureux. Sa tête, séparée en un instant de son corps qui s'affaissa instantanément, garda pour seule expression dans la mort les traits de la résignation. Elle tomba dans le panier, tout s'était déroulé parfaitement. En un quart de seconde, une vie s'éteignait.

" Qu'on envoie le corps a Baifleur, tout le corps. Et apprêtez mon cheval."

Olgierd essuya son épée en la passant contre le rondin taché de sang encore frais. Juste quelques gouttes. Ablation d'une main, pendaison, mise au pilori, j'avais assisté bien malgré moi à l’exécution de beaucoup de peines dans ma vie... Les humains rétablissaient et assuraient ainsi l'ordre. Et si les elfes avaient pu eux aussi être les instigateurs de guerres fratricides et d'actes impardonnables, il n'était cependant pas dans nos mœurs de punir ainsi quelqu'un, car qui pouvait affirmer qu'il était en son bon droit d'ôter ainsi la vie qu'il n'avait pas donnée ? En commettant cet acte, Olgierd venait de perdre à mes yeux toute valeur. Je le regardais passer, puis s'enfoncer dans la foule, en songeant qu'il était temps pour moi de commencer à organiser mon départ.

La dépouille fut emportée à l'intérieur sur une sorte de brancard, et les badauds commencèrent à rentrer eux aussi. « Le temps n'est toujours pas au beau fixe... » pensais-je attristée. Une présence plus familière se fit à les côtés...Lachar. Je me tournais vers lui, pensive et silencieuse.

" Ce n'est pas aujourd'hui que vous pourrez retourner chez vous, la neige est encore trop dense et la tempête pourrait repartir à tout moment, si tant est qu'elle est terminée. Vous devriez retourner à l'intérieur. Pour ce qui s’est passé, il méritait ça. "

Je le dévisageais toujours sans mot dire. Prenait-il mon expression pour un assentiment ?

" Il a voulu jouer. Et il a perdu. Conclut-il. Puis il se détourna. Vous pouvez vaquer à vos occupations, je dois aller faire mes adieux à Olgierd, il s'en va par delà les mers pour une raison qui nous est encore obscur. "

Le second de la Cohorte disparut entre les grandes portes. J'étais désormais seule dans la cour. Peut-être que l'on m'observait, depuis une de ces nombreuses fenêtres qui perçaient la face grise du grand manoir, je n'en savait rien. A vrai dire, cela m'était bien égal. La Cohorte aurait été une déception. Tant pis. Ce que la montagne cachait, elle pouvait le garder. Ces bâtiments ancestraux avaient vus défiler tant de gens et d'époques...Les combattants qui l'occupaient verraient leur temps s'achever, comme tous les autres.

Tout entière à mes pensées, je m'approchais du rondin inconsciemment. Je le fixais sans vraiment le voir... « Comme l'existence est imprévisible ! Hier, ils sauvaient une vie, et aujourd'hui, voilà qu'ils en volent une.... »
A quels principes moraux obéissaient ces hommes ? Leurs actes me rendaient inquiète à propos du devenir de la race des Hommes. Rares étaient ceux d'entre eux qui savaient voir, et plus rares encore étaient ceux qui savaient écouter. Sans ce sixième sens que nous avions et qui nous liait à nos forêts, à nos terres, à la terre et aux éléments, comment trouvaient-ils leur chemin ? Leur vie était si courte...et leur civilisation si florissante ! Cette flamme qu'ils possédaient, et qui se soufflait si facilement, où mènerait-elle le monde que nous nous partagions ?

Mes doigts effleuraient le bois. Il avait déjà bu le sang. Seules quelques tâches pigmentées témoignaient de l'acte brutal qui avait eu lieu peu de temps auparavant. J'eus le pressentiment que la nature serait toujours présente pour absorber les tâches humaines. Mais à voir l'aspect de ce rondin fatigué, usé par les intempéries et les violences qu'il avait dû supporter, j'eus aussi la conviction que l'alchimie de la vie était si complexe que trop de manquements à la nature de la part des hommes la rendraient aussi élimée que le bout de bois sous mes doigts.
Levant la tête au ciel, je priais Eru de guider ce peuple. « Donner leur le pouvoir de voir et d'entendre...je vous en prie, gardez-les de ce déclin que nous, Elfes, connaissons...Leur temps est venu, donnez-le leur pleinement...Et livrez-leur les clef de l'Equilibre. ». Je devais ma vie à ce peuple instable. J'avais une dette envers eux...

Je me levais doucement, et pardonnait au dit Orgnar tout ce qu'il avait pu commettre. Je ne le connaissais pas, je ne savais pas où se trouvait désormais son étincelle, mais je me prit à souhaiter qu'il ait la chance de mener un jour une nouvelle existence, meilleure et plus droite.

Me dirigeant à grands pas décidés vers l'entrée, je poussais les deux grandes portes de bois sans peine. Quand j'étais dans cet état d'esprit, rien ni personne ne pouvait m'arrêter.
Montant dans la chambre, je récupérais rapidement mon équipement, et remis tout en ordre. Je redescendit, et traversais la salle commune gigantesque où nous avions festoyés la veille, puis regagnait la grande cour aux écuries. Il me fallait un ballot de paille. J'avais besoin de me défouler.
Ne trouvant pas ce qu'il me fallait dans la cour, je me rendis dans la grande écurie principale, et cherchais un élément similaire, sans parvenir à mettre la main dessus.

Finalement, je dus me contenter d'enfiler mes gants, et de confectionner des boules de neige de plus en plus petites que je lançais en l'air à différentes hauteurs pour tirer dessus avec mon arc. Je prenais garde à ne pas semer mes flèches à touts vents, et ce jeu simple m'occupa assez bien pendant un temps...


Mirkwood la Déclinante.

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Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
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Comme des piliers en ruine,
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Mirkwood la Belle
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se sont jointes à l'azur,
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Chasse gardée dans les Monts Brumeux.
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