Forum RP : Le Seigneur des Anneaux
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 Deux paumées et un infirme

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Ciara
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MessageSujet: Deux paumées et un infirme   Lun 27 Juin - 0:32

Je restai là, mes tresses ses mêlant à l'humus, pendant ce qui me sembla un long moment, perdant toute notion du temps. Mes pensées tourbillonnantes se calmèrent lentement, tandis que se ralentissait peu à peu la folle cadence de mon coeur. L'une d'elles prit bientôt le pas sur les autres, obsédante : j'avais fui, laissant mes amis derrière moi. La honte me submergea, m'étouffant à demi et me laissant encore plus pantelante. Ce sentiment nouveau s'opposant à la peur viscérale qui m'avait poussée loin de l'horreur des combats, je me redressai et finis par m'asseoir, adossée contre un arbre, tentant de remettre mes idées en place.

Après être restée prostrée ainsi des heures durant, Ciara finit par se relever tant bien que mal, les muscles noués d'avoir ainsi été crispés après un effort intense. Elle leva les yeux, regarda autour d'elle avec des yeux suspicieux et finit par faire quelques pas hésitants. Dans l'élan de peur panique qui l'avait soulevée, elle n'avait pris aucun point de repère. Egarée dans la vaste forêt de Mirkwood, des orcs rôdant sans doute encore dans le coin, ayant perdu ses guides et seules connaissances dans ce vaste monde depuis qu'elle avait quitté Erebor... elle soupira et remercia seulement Aulë d'être encore en vie. Ramassant sa hache, elle rajusta son inséparable sac à outils sur sa hanche et se mit en marche au hasard, espérant trouver un chemin dépourvu d'orcs qui la mène hors de ces bois le plus tôt possible. La jeune naine fascinée par la forêt au point de quitter sa mine pour y vagabonder avait vécu, et si elle avait eu la chance de tomber sur l'entrée d'une galerie, elle s'y serait sans doute engouffrée sans beaucoup réfléchir. Mais en plein bois, peu de chances de rencontrer le réconfort d'un tunnel autre que celui des lapins, aussi la petite rousse saisit l'extrémité de sa tresse et continua de tracer son chemin.

Elle regrettait ses compagnons de route, mais sans beaucoup d'espoir de les revoir un jour elle préféra ne pas s'attarder sur leur sort. Une nouvelle fois, elle chercha à faire le vide dans ses pensées. Sortant un morceau de bois et son couteau de sa sacoche, elle se concentra un moment sur sa sculpture, mais elle réalisa bientôt que marcher les yeux baissés sur son ouvrage n'est pas une bonne idée. Encore une fois, elle avait eu un réflexe nain qui se trouvait peu compatible avec la vie au grand air. Elle rangea donc à regret ce qui occupait ses mains et ses pensées et se trouva de nouveau en conflit avec elle-même. Finalement, comme cela lui arrivait parfois lorsqu'elle était contrariée ou attristée, elle commença à fredonner doucement.

"Pluie froide ou soleil rayonnant
Gel et froidure ou chaleur moite
Qu'importe donc aux nains le temps ?
Leur route est dure, ferme et droite.

A grand coups de pelles et de pioches
Et à travers tous les obstacles
Passent les nains malgré la roche
Mettant l'ennemi en débâcle

Couverts de pierres et de joyaux,
Maîtres de tous les métaux,
Les naugrims règnent sous la terre

Point ne désirent le moindre envol
Au contraire des peuples frivoles
Ils vivent et meurent sous les pierres"


Bien que toujours basse pour ne pas avertir stupidement de sa présence un éventuel ennemi, sa voix se raffermit au fur et à mesure qu'elle reprenait confiance. Bien que ce chant lui donne une poussée de nostalgie de sa Montagne natale, il lui insufflait aussi la fierté de sa race et la poussait à avancer. Elle finit par tomber sur un sentier de terre battue, bien moins large que les routes sur lesquelles elle avait cheminé jusqu'alors, mais bien assez clair pour qu'elle puisse espérer aboutir quelque part. "Quelque part", hors de cette foutue forêt infestée de foutus orcs montés sur leurs foutues bestioles puantes, s'entend. Un endroit de préférence peuplé de créatures hospitalières, elle n'envisageait pas sans effroi une nuit passée seule au beau milieu des bois. Pressant le pas, elle poursuivit donc sa route, toujours tripotant sa natte droite et marmonnant des chants guerriers.


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La Renarde
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Lun 27 Juin - 0:45

--§--

Fête de la musique oblige, restons dans le thème! Bien que c'était là un tout autre registre tenant plus de la chanson de comptoir que des nobles odes guerrières.

"♪ En passant par la Loriën avec mes nabooots
En passant par la Loriën avec mes nabooots ♫
J'ai violé Galadriel avec mes nabots dondaine
Hohoho!
Avec mes nabooots ♪♫
Car je suis le capitaine de la neuvième légion naine
Hohoho! ♫
Et j'ai des nabots ! "


La voix de femme, sans doute une suicidaire car entonner cela en territoire elfique tenait plus de l'envie d'en finir au plus vite avec la vie que du récital, venait du sud et remontait vers le nord. C'est alors que tout lecteur se dit " ah ah ! je parie qu'ils sont sur le même sentier et vont se croiser. Comment c'est trop bateau comme rencontre."  Et bien non! Rien que pour vous décevoir je ne ferais pas cela ! Voilà, c'est dit !

Ce point étant éclairci, revenons donc au rp. Témoa, la fameuse cantatrice suicidaire, était une elfe. Comme toutes les elfes, la nature l'avait gâtée, pour ne pas dire allégrement pourrie, en lui offrant de multiples dons, entre autres, une belle voix. Mais la nature n'avait pas prévu que l'adolescence rebelle de l'elfe durerait plusieurs millénaires et que, comme toute ado en crise, Témoa prenait soin de gâcher son potentiel en jouant les délinquantes dans la bande du mauvais Maia ou, dans le cas présent, chantant a tue-tête le plus mal possible. Si la guitare électrique existait, elle aurait inventé le Death Métal, rien que pour casser les pieds des autres fayots elfiques!

Et oui, un long paragraphe pour simplement dire qu'elle prenait grand soin de chanter très mal. Que ne ferait-on pas pour arriver à ses 10 lignes obligatoires? Mais ce détail était, somme toute, important pour la suite.

-- § --

" BREEEEUWWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH"
Non, ce n'était pas Témoa qui chantait, quoi que la confusion aurait pu être faite.
" BWAAAAAAAUUUUUUUUUUUUUUURRRRRRRRRRR"
Ce son provenait de la chose noire qui trottait en direction d'une naine. Une chose qui, à l'horizon semblait être de la taille d'un poney, grandissait au fur et a mesure qu'elle approchait, étalant ses 2m de poils bouclés, de bave issue d'une gueule béante dont la langue pendante fouettait le vent, de hurlements dignes d'une agonie de dragon ayant avalé un klaxon et de déhanchement pouvant filer le mal de mer au plus marin des Sindar!
C'était un cheval .. à bosses? Non, ça ne pouvait pas être cela... ou alors ce cheval avait croisé la route de l'Innommable et subit d’étranges expériences?

En fait, il s'agissait d'un Chameau, animal courant dans le Khand et le Harad, mais beaucoup plus rare dans la Forêt Noire. Sans conteste le premier de sa race à fouler ces bois ou, plutôt, à les fuir pour l'heure.

" Grognard! REVIENS! Promis, j'arrête de chanter !"
Beuglait une voix au loin... Et oui, je vous ai menti, c'était sur le même chemin qu'elles allaient se croiser.

" BLEWBLEWBLEWBLEWBLEW"
Visiblement, il n'accordait aucun crédit à ses promesses.

--§--
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Lun 27 Juin - 2:11

Vêtu de mon ample manteau gris, j'avançais lentement, marchant aux côtés d'Arùn pour l'épargner. La joie n'étreignait pas mon cœur. Cet entretien avec le Roi ne m'avait pas laissé indemne...
« J'ai un endroit qui m'attend... » songeais-je, encore frappé par ces paroles du Souverain.
Les vieux souvenirs remontaient sans cesse, tournoyant à la surface de mon esprit telles des feuilles mortes sur l'eau d'un lac que vient troubler le vent qui se lève...

Comme pour valider mon existence, je relevais un peu les longues manches de mon manteau, découvrant une tunique de soie brune, dont je soulevais également le tissu ouvragé.
Sur la surface de mon avant-bras, fine mais néanmoins blanchâtre et visible, une cicatrice courait depuis la base de la main jusqu'à quasiment l'avant-bras. Elle avait perdu beaucoup de sa laideur avec le temps, une bonne médecine ayant fait son œuvre. Néanmoins, elle avait perduré. On dit souvent que l'esprit et le corps vont de pair... Et si les elfes étaient réputés pour leurs facultés de guérison, il faut croire que l'état de dépression dans lequel m'avaient autrefois plongé ces conflits entre Mirkwood et le Seigneur Noir m'avait suffisamment affaibli pour que mon corps garde ces marques à jamais. Sur mon bas-ventre apparaissait également toujours le trait qu'avait laissé l'épée en s'enfonçant dans mon corps...

Arùn piaffa, sensible à ma triste humeur, et je remis mes manches en place. Après tout, nous vivions en bonnes voisines, mes vieilles blessures et moi, et j'avais enfin accepté le passé. Savoir que mes actes n'avait pas été oubliés, et avaient été reconnus par le Seigneur Thranduil en personne avait remis en fonction une petite pièce chez moi. Une petite pièce qu'on aurait oublié, et qui pourtant nous fait sentir à quelle point elle nous avait manqué tandis qu'elle retrouve enfin sa place...

Retrouvant le sourire, je caressais Arùn, grattouillant son encolure et le derrière de ses oreilles comme je le faisais depuis que je l'avais eu. Il adorait ça.

« Tu sais ce que nous ferons, dès que nous serons de retour en Lorien, mon ami ? Tu auras un bon box fourré de la meilleure paille, et je resterais à tes côtés des heures durant pour te faire une grande toilette ! Tu seras brossé, nettoyé, dépoussiéré, chouchouté comme tu ne l'auras jamais été ! Et tu obtiendras tous les câlins que tu me demanderas. Ce sera ma manière de te faire mes excuses pour tous ces voyages que je te fais encore subir ! » chuchotais-je à l'oreille de ma vaillante monture, qui écoutait attentivement mes paroles.
Il comprenait parfaitement quelles heures de délices il allait passer ! Et sa tête vint me caresser dans le dos, avec une force digne de ses plus belles années. Cela me fit rire aux éclats.
Nous étions entourés des verts-bois de mon enfance, guéris par la force de Radagast et l'aide du Seigneur Celeborn, et pour une fois, alors même que les temps  n'étaient pas sûrs, j'oubliais toute prudence. J'avais grand besoin de retrouver un peu de gaieté !

Ma charge de diplomate m'amenait quotidiennement à envoyer des centaines de missives, et apportait sans cesse son lot de problèmes...
Mon père était parti se battre en Arnor, et je n'avais pas d'autres nouvelles que celles que mon cœur me susurrait. Quant à ma mère, je savais qu'elle s'était engagée avec les rôdeurs, et qu'elle était aux environs d'Imladris, œuvrant discrètement pour la Lorien de son côté, en allant à la rencontre d'informateurs, et en transmettant régulièrement des informations sur les mouvements de troupes de quelques groupes ennemis que nous surveillions.

Tandis que nous descendions vers le Sud en direction de la Lorien, je ne pus m'empêcher de songer déjà aux diverses tâches qu'il allait me falloir accomplir. Tout d'abord, contacter Solaiman Organa, seigneur de l'Harondor, qui s'il n'avait pas autant attiré l'attention de nos sentinelles en envoyant tous ces pigeons, ne m'aurait pas averti involontairement que les portes des Halls allaient s'ouvrir à nouveau, et ne m'aurait donc pas permis de savoir que le Roi recevait.
Cela faisait déjà plusieurs jours que j'avais quitté l'enceinte du royaume. Je voyageais lentement pour épargner Arùn au maximum, lui qui avait tenu à m'accompagner jusqu'au bout...


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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Ciara
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MessageSujet: Le Chemeau et l'elfe Avar   Mar 28 Juin - 2:03

HRP:
 

Un beuglement à glacer le sang retentit soudain aux oreilles de Ciara, stoppant net sa chanson.

"OHOOOOO...AI..DÉÉÉ'ABOOOOOOOO"

Interdite, au lieu de se réfugier le plus loin possible la naine resta plantée au milieu du sentier. Sans savoir d'où venait le danger, elle ne pouvait de toute manière pas choisir une direction plutôt qu'une autre. Le coeur battant, elle saisit le manche de sa hache tout en pivotant sur elle-même en scrutant les frondaisons et fourrés qui l'entouraient.

"BREEEEUWWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH"

Aïe. Bien plus grave et rauque, le deuxième cri était pire encore : plus effrayant, plus bestial et surtout beaucoup plus proche. Cette fois, elle savait d'où venait le brui, et elle savait aussi que vu la distance séparant le premier du deuxième cri elle n'avait aucune chance d'échapper à ce qui manifestement fonçait sur elle. Elle choisit donc de s'enfoncer un peu dans les fourrés bordant le chemin, en espérant voir sans être vue, tout en sachant au fond d'elle-même que ce qui arrivait n'avait rien d'humain et qu'elle n'avait que peu de chances de lui échapper.

"BWAAAAAAAUUUUUUUUUUUUUUURRRRRRRRRRR"

Un troisième braillement retentit tout près, semblable à celui d'une bête qui renâcle. Ciara se figea dans son fourré, n'osant plus faire un geste, et fixa l'autre bord du chemin en attendant de voir surgir le ou la responsable de tout ce boucan. Quelle qu'elle soit, la créature devait être bien sûre de sa supériorité pour attirer ainsi l'attention. Sûre d'elle ou stupide. Mais dans ce cas, une stupidité allant à contresens de tout instinct de survie... les fourrés face à elle s'écartèrent soudain, laissant place à un animal pour le moins inattendu. De la taille d'un cheval, pourvu de deux protubérances sphériques sur le dos, le cou comme étiré par un enfant facétieux jouant avec de la pâte à modeler, il dégageait une odeur pestilentielle.

"Un... Chemeau ?"

Ciara avait entendu parler de ces étranges bêtes dans des histoires de voyageurs, mais jamais elle n'aurait imaginé en croiser un en pleine forêt. La situation lui semblait si irréelle qu'elle sortit de son bosquet. Après tout, d'après ses souvenirs, ces bestioles ont un sale caractère mais ne mangent pas de chair humaine... un nouveau beuglement retenti alors, tout proche, la faisant sursauter une nouvelle fois :

" Grognard! REVIENS! Promis, j'arrête de chanter !"


Cette fois, elle se détendit et son visage s'éclaira d'un demi-sourire. "Grognard" ? "J'arrête de chanter" ? L'être qui approchait, probablement une femme vu le timbre de la voix, ne pouvait être totalement mauvais. Ciara, soulagée, retint un éclat de rire lorsque le Chemeau lâcha un ultime "BLEWBLEWBLEWBLEWBLEW", apparemment pas du tout décidé à obéir à la voix rieuse qui le suppliait, et commença à trottiner sur le chemin de terre sans plus se soucier de rien. C'est alors qu'émergea du bois une immense silhouette (aux yeux de la naine, les gens étaient souvent très grands, mais là le qualificatif d'immense lui vint immédiatement à l'esprit), coiffée d'un tricorne et dotée d'une peau sombre. Réalisant malgré tout le danger potentiel, Ciara ne rangea pas sa hache et recula d'un pas, encore sur la défensive.

"Qui êtes-vous ?", demanda-t-elle à l'inconnue. Elle faillit ajouter "Ami ou ennemi ?" comme elle le faisait lors des jeux avec son frère à la mine, mais se contint de justesse et réussit à garder contenance en fixant la propriétaire du bien-nommé Grognard, qui gambadait sur le sentier en furetant dans les fourrés, indifférent à l'incongruité de la situation.


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La Renarde
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mar 28 Juin - 22:09

Hrp : A 3minutes près! Tout ça pour être sure que je ne puisse pas poster hier, avoue! Laughing
Note : j'ai fait une boulette, le chameau ne fait pas 2m mais 3 ( j'ai compté au garrot)

-- § --

La silhouette jugée comme immense baissa son visage sur ce qui était devant elle. C'était un visage à la peau ambrée comme celle des Haradrim mais aux yeux d'un bleu lagune si éclatant qu'ils ressemblaient à deux joyaux dotés d'une myriades de facettes. Ses traits étaient racés, pour le voyageur lambda, elle ressemblait à une ou un beau humain, mais pour celui ayant déjà rencontré des elfes, elle avait quelques chose d'eux... mais différent. Peut-être les dents aux crocs plus accentués? Ou alors l'absence d'oreilles pointues alors cachées sous un couvre-chef corsaire?
C'était courant chez Témoa de devoir regarder en dessous de sa ligne d'horizon, car si parmi les siens elle était de taille normal, ici, à l'Est, elle dépassait allégrement les normes humaines et elfique.

Après s'être attardé sur le visage se voulant impressionnant et assurée de la Naine, elle remonta son regards sur le manche, puis la hache.. bon, ok, là il y avait beaucoup plus d'arguments convaincants. La femme -puisque sa voix avait vendu la mèche bien que son physique semblait androgyne grâce à son ample chemise blanche- écarta les pans de sa longue redingote bleu nuit et posa ses points sur les hanches. Profitant par la même occasion pour dévoilée qu'elle n'était pas sans défense puisque à la taille elle arborait d'un côté un sabre d'abordage Corsaire et de l'autre une armé qu'on aurait pu croire sorti d'un énième volet des Transformers tant les rouages et l'acier s’entremêlaient pour composer sa garde.  

" Ils engagent des Nains, maintenant, dans le service des douanes de la Forêt Noire?"
Hm, entrée en matière peu diplomatique, cela va de soit, mais ni le Harad, ni le Mordor n'étaient réputés pour leur diplomatie.
" Je suis la Vala de la Poisse. C'est bon? Je peux passer sans me prendre un coup de hache? .... a moins que cela ne vous dérange pas que mon Chameau commence à grignoter vos effets personnelles? Comme actuellement il semble renifler vos sacs.. Et cela ne le dérange pas que vous les portiez. "
Indiqua-t-elle d'un index et avec un sourire géné suite a une veine tentative pour se retenir de rire.

Et dans la série Renarde aime ce qui est grand ( ayé, qui a eut des pensées sous la ceinture) une autre créature arriva de la démarche la plus trainante pour ce qui n'est pas un gastéropode. C'était un cheval noir, lui aussi, puissamment musclé à la longue crinière légèrement frisée. Son harnachement était assortie à la robe et flanqué de suffisamment d'ajouts de métal chromé, de plumes, de franges et de clous, pour en faire la Harley Davidson de son époque. Il pencha le cou, pour observer d'un oeil morne la raison de cet embouteillage et décida que le buisson d'à côté payerait pour cette attente puisqu'il l'attaqua telle une chèvre affamée.

-- § --
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mer 29 Juin - 1:42

Tandis que nous arpentions un simulacre de sentier parmi les épais fourrés de la forêt, nous prenions un plaisir incommensurable à écouter chanter le vent léger dans les feuilles...les oiseaux, aux stridulations si pures qu'elles vous emportaient l'esprit dans un monde parallèle...
« Quel bonheur ! Quelle tranquillité... J'aimerais pouvoir goûter toujours cet état d'insouciance ! » songeais-je avec délice en me laissant bercer par le chant d'une nature apaisée à mes côtés.
Quand tout à coup:

« ♪ En passant par la Loriën avec mes nabooots
En passant par la Loriën avec mes nabooots
J'ai violé Galadriel avec mes nabots dondaine... »

Je m'interrompis net. Avec Arùn, nous nous regardâmes de concert, atterrés.
« Alors ça ! C'est bien fort, tout de même...Mais qui peut donc chanter ainsi ? Et moi qui pensait pouvoir bénéficier d'un voyage tranquille... » soupirais-je en sentant venir très fort une de ces aventures rocambolesques que l'on ne pense jamais vivre qu'en lisant un livre.

-Et bien mon cher Arùn, il semble que tu ne doives pas goûter de suite le repos qui te reviens de bon droit... Lui chuchotais-je en tendant l'oreille.

Avec les sons de luttes que le bois transmettait parfois à qui savait écouter, et les clameurs guerrières qui flottaient dans l'air ces derniers temps, je ne devais pas m'étonner de tomber moi aussi sur un cas étrange. Et de fait, peu propice à la paix à laquelle j'aspirais particulièrement en ce moment...
«C'est une femme. » remarquais-je. « Une femme avec un joli timbre...et un drôle de caractère ! » concluais-je après avoir entendu le reste de la chanson.
« On dirait un vieux marin qui aurait passé plus de temps à côtoyer les remous des jupons féminins des tavernes malfamées que ceux de la mer. Ou alors, pas celle à laquelle on pourrait s'attendre... ».


Vu l'incongruité de la situation, je décidais de suivre cette voix. On ne m'avait pas repéré, j'aurais pu me contenter de suivre mon chemin. Et pourtant...j'eus l'intuition que j'allais bien rire si je continuais. « ça y est, je dois être fou pour me précipiter dans la gueule du loup...Avec toutes les responsabilités que j'ai en Lorien...L'ennui avec ce genre de cas, c'est qu'on ne peut absolument pas savoir à quoi s'attendre. » pensais-je tout en me faufilant silencieusement dans les fourrés avec Arùn, à qui j'ordonnais de rester un peu en retrait.

Progressant lentement, je finis toutefois par apercevoir sur un sentier une...une naine ? En étais-je certain ? Ma vue ne me jouait-elle pas quelque tour ? Je m'approchais encore un peu. Non ! Non, pas de doutes, c'était une magnifique naine à l'abondante chevelure rousse parsemée de tresses. Et qui semblait extrêmement méfiante. À la limite de la panique même, observais-je en la voyant pivoter sur place pour scruter les alentours. Avant qu'elle ne me voie, je me dissimulais derrière un épais tronc bordé de ces fameux fourrés que Mirkwood savait si bien produire. Mon manteau gris me confondait parfaitement avec le paysage. Cependant, quelque chose clochait...l'emplacement auquel je m'attendais à trouver la chanteuse ne correspondait pas...et puis, quand bien même, on pouvait dire ce qu'on voulait sur cette race, je ne pouvais croire que ce fut elle qui chantait ce genre de choses.

"BREEEEUWWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH"

« Ah, voilà qui correspond davantage à ce que j'ai entendu tantôt. » notais-je tout en manquant d'éclater de rire à la vue du visage encore plus inquiet de la naine. Je retrouvais vite mon sang froid moi aussi. Après tout, la situation avait beau être drolatique, j'étais tout de même en présence de deux personnes qui n'étaient pas censées se trouver ici, si l'on s'en référait à l'ordre habituel des choses. « Ooups ! » songeais-je soudain en voyant la Naine approcher. M'avait-elle vu ? Je ne pouvais le croire. « Ah non, elle cherche juste à se réfugier... » compris-je. Elle n'était plus qu'à une dizaine de mètres devant moi. Tout en la gardant dans mon champ visuel, je tendais l'oreille pour suivre la progression de l'autre intruse. Elle n'était plus loin.

"BWAAAAAAAUUUUUUUUUUUUUUURRRRRRRRRRR"

Là ! Je pouvais la distinguer assez bien. Une large...trop large... tâche brune parmi les feuillages, qui devait se trouver sur le sentier. «Un chameau ?  Mais qu'est-ce que cet animal fait ici ? Ah ben ça alors ! Je ne m'attendais tellement pas à en croiser un dans les environs, que je n'ai pas tout de suite reconnu le beuglement...Et comme ce n'est pas lui qui chantait...Il y a forcément... »

" Grognard! REVIENS ! Promis, j'arrête de chanter !"

« Grognard ! … Vraiment ? Ahaha, on ne peut mieux faire, comme situation rocambolesque ! Enfin bon, au moins nous y sommes, voilà la fameuse propriétaire ! » continuais-je de penser, hilare, tout en confirmant ma première impression qu'on allait bien rire.
Je devais bien être le seul elfe au monde qui s'accommodât sans trop de problèmes de se trouver à pareil endroit à pareil moment !

La Naine, qui avait quitté les fourrés visiblement rassérénée, contint difficilement un rire lorsque l'animal, facétieux à souhait pour convenir à la situation, usa d'un énième stratagème pour narguer la femme...

"BLEWBLEWBLEWBLEWBLEW"

La personne qui apparut alors dans mon champ de vision était vêtue elle aussi d'une manière peu conventionnelle. Du moins, peu conventionnelle dans ces contrées. Une taille qui devait bien dépasser la mienne d'un petite dizaine de centimètres, un long manteau bleu, des bottes montantes, une autre chevelure rousse...
« Eh bien, dans cette forêt est en train de se dessiner le tableau parfait d'une scène qui a toutes les qualités d'un songe fantastique ! ». Désormais, je suivais l'échange avec grand intérêt.

"Qui êtes-vous ?"

" Ils engagent des Nains, maintenant, dans le service des douanes de la Forêt Noire?" 

Là, c'en était trop ! J'avais une telle-envie-de-rire, ! que je dus me mordre les joues pour parvenir à me calmer un tant soit peu, et invoquer toutes les forces de la forêt pour que ma présence ne soit pas trop forte et me trahisse.
La réponse était moqueuse, assurément. Mais elle était d'une telle subtilité, si bien tournée, si éloignée des conventions fardées de la cour que voir la diplomatie ainsi revue en pleine forêt était pour moi d'une saveur exquise !

" Je suis la Vala de la Poisse. C'est bon? Je peux passer sans me prendre un coup de hache? .... a moins que cela ne vous dérange pas que mon Chameau commence à grignoter vos effets personnelles? Comme actuellement il semble renifler vos sacs.. Et cela ne le dérange pas que vous les portiez. "

« Cela ne le dérange pas que vous les portiez... » Cette phrase suffisait à représenter toute la particularité de ce qui se déroulait sous mes yeux. Rien ne tournait en ordre. Tout était inversé !

Qu'aurais-je fait, en temps normal ? J'aurais bandé mon arc, et leur apparaissant d'un coup, aurait lancé une phrase du genre: Pas un geste ou je tire ! Ou alors: Halte, qui va là ?
Pourquoi n'en fis-je rien ? Je ne saurais le dire. Peut-être parce que je pouvais très bien voir qu'il y avait là deux personnes, et que cette information me suffisait. Pour le moment.
Je n'étais plus dans l'armée du Roi. Je n'étais qu'un ébéniste devenu diplomate et par voie de fait, je ne les voyais pas avec les yeux de celui qui cherche à défendre son territoire.
Au lieu de ça, je restais un instant à contempler le magnifique cheval qui venait d'arriver, et ne me rendis compte qu'au bout de quelques instants que sa présence avait attiré Arùn, qui voyait enfin quelqu'un avec qui discuter de tous ces événements sordides.

Je fis signe à ce dernier d'approcher et de se rendre auprès de l'étalon noir. Tandis qu'il passait devant moi, je décrochai rapidement la petite harpe d'une sangle sur la croupe, et me mis à jouer un air que mes parents m'avaient appris, et qui me semblait tout à fait adapté pour me présenter tout en me tournant en dérision.

« Voilà, avec ça, la situation est parfaitement incongrue ! » me dis-je en souriant.

The Beardless Boy (Le garçon imberbe).:
 


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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Ciara
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mer 29 Juin - 16:04

La grande femme dévisagea d'abord Ciara sans répondre. La naine, qui détestait être ainsi toisée de bas en haut, spécialement par tout ce qui était de près ou de loin plus grand qu'elle, dévisagea la nouvelle arrivante en retour. Sous son tricorne fatigué, elle avait des cheveux d'un roux presque aussi vif que les siens. Cette couleur contrastait avec une peau bronzée, mais alors que le teint de Ciara était dû à la chaleur des forges celui de l'inconnue semblait naturel, accentué sans doute par une vie au grand air. Malgré ces similitudes, leurs visages ne se ressemblaient en rien : les traits fins et presque aristocratiques de la femme contrastait avec la figure ronde et presque enfantine de Ciara, et ses yeux étaient aussi bleus que le ciel là où ceux de la naine étaient du vert le plus profond.
Durant leur examen mutuel, la plus grande avait nonchalamment écarté les pans de son manteau, faisant s'écarquiller les yeux de la naine. Le sabre certes impressionnant qui pendait d'un côté de sa ceinture ne fit aucun effet à Ciara, habituée à voir passer et à manipuler toutes les lames possibles. En revanche, l'arme étrange accrochée de l'autre côté captiva son attention. Elle ressentit une brutale et soudaine envie de s'en emparer pour l'examiner de plus près. Sans céder à cet élan, elle considéra d'un nouvel œil la femme qui lui faisait face. D'une voix étonnée et amusée, celle-ci finit par répondre à sa question :

"Ils engagent des Nains, maintenant, dans le service des douanes de la Forêt Noire?"

Les bras ballants, tenant toujours sa hache d'une main, Ciara leva un sourcil et ouvrit la bouche pour répondre. Pour qui se prenait cette grande perche, à la toiser avec tant de sans-gêne ? Malgré le respect qu'elle avait ressenti en découvrant son arme étrange, elle n'allait pas se laisser marcher dessus ! La géante reprit cependant la parole avant qu'elle aie le temps de dire quoi que ce soit.

"Je suis la Vala de la Poisse. C'est bon? Je peux passer sans me prendre un coup de hache ?

Hum... que penser de cette folle qui se présentait comme une Vala et feignait en même temps de craindre le trenchant de sa hache ? Plus intriguée que mal à l'aise, Ciara dansa d'un pied sur l'autre, hésitant sur la conduite à suivre.

... a moins que cela ne vous dérange pas que mon Chameau commence à grignoter vos effets personnels? Comme actuellement il semble renifler vos sacs.. Et cela ne le dérange pas que vous les portiez. "

Ciara tressaillit, réalisant qu'en effet l'animal bossu, Chameau et non "Chemeau", semblait s'intéresser d'un peu trop près au contenu de sa sacoche. Il avançait ses lèvres contre la toile et elle entendit son précieux chargement cliqueter contre sa hanche.

"Hey ! dégage !", glapit-elle en faisant un pas de côté.

Elle fusilla du regard la propriétaire de la bête puante, qui semblait très amusée par la situation. Alors qu'elle allait lui lancer une pique bien sentie sur sa capacité à imposer son autorité à l'animal, un second cheval sortit de derrière les fourrés derrière elle et rejoignit le bel étalon noir au harnachement sauvage qui mâchonnait les feuilles d'un arbuste.

"Qui dit cheval, dit cavalier...", pensa-t-elle tout haut en jetant un regard alentour.

Elle était à nouveau sur ses gardes, tout en sachant pertinemment que le cavalier en question avait sans doute eu le loisir de les observer sans se faire voir tant elles étaient absorbées l'une par l'autre. Sans plus se poser de questions, elle pivota sur ses talons tout en commençant à se demander ce qu'elle avait bien pu ingérer pour se retrouver dans pareille situation. Une mélodie mélancolique se fit alors entendre, un son de harpe sortant du milieu des bois. Peut-être rêvait-elle ? Alors qu'elle cherchait le bout de ses nattes pour les tirer et vérifier qu'elle était bien éveillée, le contact de ses doigts avec une surface molle et humide la fit tressaillir. Profitant de sa distraction, le chameau récidivait son approche.

"Mais fiche le camp, toi !", fit-elle en poussant la tête aux grands yeux bruns qui la collait.

La situation se complexifiait, et elle commençait à se demander sérieusement si elle n'était pas en train d'halluciner : se retrouver en pleine forêt, avec un Chameau tout droit sorti d'histoire extraordinaires, une femme étrange et perturbante pourvue d'une arme fascinante de complexité, un cheval paré de métal et de plumes comme s'il appartenait à une tribu entière, un autre vraisemblablement âgé ou fatigué qui rejoignait le premier en trottinant, et pour couronner le tout cette mélodie sortie de nulle part...


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La Renarde
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mer 29 Juin - 19:43

-- § --


Témoa était aussi sensible à la musique qu'un crabe pouvait l'être à un championnat de tennis, aussi ne fit-elle pas grand cas de la beauté du morceau ou du talent de l’interprète.

" A moins que la forêt ne soit équipée d'une ambiance musicale de circonstance, je crois que c'est un Elda."
Fit amusée la voix de la femme se disant Vala de la poisse, en rythmant ses mots de mouvements de ses doigts gantées tel un compositeur marquant le tempo d'une mélodie.
" Il n'y a que les Elfes pour jouer de la harpe au lieu de dire "bonjours, que faites vous dans notre belle forêt par ce jour ensoleillé". Mais cette façon de se présenter n'est pas la pire, souvent ils disent bonjours de derrière un arc bandé dont la flèche fera mouche entre les deux yeux de la personne qu'ils saluent. Et le souci, c'est que les Sindar de ce coin sont aussi tolérant avec les étrangers que des Numénoréens Noirs constipés. Aussi... pour palier ce genre de problématique ...  "

Le timbre de Renarde venait de passer du joviale au pragmatique. Elle siffla un coup strident et ses deux montures partirent dans une embardée dans un sens et l'autre du chemin et, alors que celles-ci attiraient l'attention, elle tendit son bras gauche en direction d'Arùn et ferma le poing d'une saccade déclenchant ainsi le mécanisme à ressort à son poignet. Une arbalète glissa le long de son bras pour émerger de sa manche, dépliant les deux bras métallique formant l'arc. Elle était chargée d'une flèche d'acier luisant sous les rayons solaires.

" A cette distance, je fais mouche à tout les coups. Votre cheval semble bien vieux, donc il fut bien traité pour atteindre à cet âge si avancé. Donc vous y tenez. Alors ne faites pas de moi un être qui vous est hostile et montrez vous s'il-vous-plait. Ceci n'est pas une menace, ni un défit, seulement une prudence car de nous trois vous êtes le, les ou la seule, à avoir l'avantage du couvert des feuillages."
Déclara-t-elle, arbalète pointée vers le cheval mais corps et visage tournée vers le musicien.

D'un léger coup de talon en arrière, elle fit sauter Ôju de son fourreau qu'elle rattrapa de sa main droite pour la pointer en direction probable du musicien, formant ainsi un magnifique arc électrique au son des cliquetis des rouages de la garde de son arme. Peut-être était-ce la crainte palpable de la Naine qui rendait autant méfiante la Mocitl?
" J'ai mentit."
Fit-la créature, aux armes plus excentriques les unes des autres, le visage lègerement penché de côté vers la naine sur le ton de la confidence.
" Je ne suis pas Vala mais seulement Maia de la Technologie."
Même dans des situations à stresser un rôdeur, Témoa trouvait matière à plaisanter.
" Mais vu les circonstances, j'aurais pu continuer à vous faire croire que je portais la pouasse. Je ne vous propose pas de vous abriter derrière moi. Vous refuserez... votre fierté Naine et tout ça.

Donc, Nous optons pour quelle solution? "

Reprit-elle plus haut à l'intention du, de là, des, cachés.
" Des présentations comme des êtres civilisés ou un combat? Personnellement, j'ai une folle envie de faire pipi, donc j'aurais une forte tendance à expédier manu-militari l'une comme l'autre options.
C'est à cela qu'on voit que je ne suis pas une héro. J'ai besoin de faire pipi... contrairement aux héros qui peuvent courir des jours durant."



-- § --
 


Dernière édition par La Renarde le Mer 29 Juin - 19:59, édité 5 fois
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Jeu 30 Juin - 0:54

Tandis que la pauvre Naine avait à se battre contre un chameau brouteur de bagages ( "Mais fiche le camp, toi !") et ce qu'elle croyait être des hallucinations (je cru bien la voir tirer...un des ses tresses ? Venue d'une Naine, la réaction m'amusa), l'autre étrangère faisait preuve de beaucoup, beaucoup d'esprit...


" A moins que la forêt ne soit équipée d'une ambiance musicale de circonstance, je crois que c'est un Elda." 
« Oooh, quelle intuition !... » songeais-je, pris soudain d'une ironie que je ne me connaissais pas.

" Il n'y a que les Elfes pour jouer de la harpe au lieu de dire "bonjours, que faites vous dans notre belle forêt par ce jour ensoleillé". Mais cette façon de se présenter n'est pas la pire, souvent ils disent bonjours de derrière un arc bandé dont la flèche fera mouche entre les deux yeux de la personne qu'ils saluent. Et le souci, c'est que les Sindar de ce coin sont aussi tolérant avec les étrangers que des Numénoréens Noirs constipés. Aussi... pour palier ce genre de problématique ...  "

« Ahah, je savais bien, que vu la situation, me présenter prêt à décocher n'aurait rien amené de bon...Tandis qu'un petit air, voilà qui au moins a le mérite de changer ! ». Je terminais de jouer les quelques dernières notes. Un sifflement retentit juste à l'instant où je pinçais la dernière corde, qui fit partir les deux bêtes. Posant ma harpe au sol, je me relevais juste à temps pour voir Arùn visé par une sorte de mini-arbalète portative, un modèle que je voyais pour la première fois.

" A cette distance, je fais mouche à tout les coups. Votre cheval semble bien vieux, donc il fut bien traité pour atteindre à cet âge si avancé. Donc vous y tenez. Alors ne faites pas de moi un être qui vous est hostile et montrez vous s'il-vous-plait. Ceci n'est pas une menace, ni un défi, seulement une prudence car de nous trois vous êtes le, les ou la seule, à avoir l'avantage du couvert des feuillages."


J'allais répondre qu'en effet, j'avais pris grand-soin de mon compagnon, et qu'il me serait agréable qu'elle l'épargne, et que je n'avais également aucune mauvaise intention à leur égard sans quoi j'aurais pincé la corde de mon arc plutôt que celle de ma harpe, lorsque d'un coup de talon, la femme fit sauter dans sa main ce que je supposait être une épée, bien que je n'eu jamais vu d'arme comme celle-ci. L'arme fut pointée à peu prés dans ma direction, tous ses mécanismes actifs dégageant de petits éclairs bleutés.
« Eh bien, faut-il qu'elles soient terrifiées pour menacer de la sorte quelqu'un qui leur joue gentiment un petit air ? » songeais-je calmement. Il ne tenait qu'à moi de jauger convenablement de la situation. Me préparer au combat, ou me présenter tranquillement ?
Observant la dame tourner sa tête vers la Naine, je compris qu'elle lui disait quelque chose. D'ailleurs, le comportement de cette dernière m'intriguait...On aurait dit qu'elle ne savait plus où elle en était ! Je tendis l'oreille.

« Je ne suis pas Vala mais seulement Maia de la Technologie... Mais vu les circonstances, j'aurais pu continuer à vous faire croire que je portais la pouasse. Je ne vous propose pas de vous abriter derrière moi. Vous refuserez... votre fierté Naine et tout ça. » Je haussai un sourcil interrogateur devant cette déclaration...avant de sourire à l'évocation de la fierté Naine. 
Puis, se tournant de nouveau vers moi, à mon intention au vu du ton de sa voix qu'elle releva:

"Donc, Nous optons pour quelle solution?
Des présentations comme des êtres civilisés ou un combat? Personnellement, j'ai une folle envie de faire pipi, donc j'aurais une forte tendance à expédier manu-militari l'une comme l'autre options. 
C'est à cela qu'on voit que je ne suis pas une héro. J'ai besoin de faire pipi... contrairement aux héros qui peuvent courir des jours durant." 


Cette fois, je me laissais aller à rire à voix haute. Cette capacité à prendre du recul sur la situation était chez cette inconnue particulièrement cocasse.

-N'ayez nulle craintes mesdames. Je sors, et désarmé.

Lentement, je m'exécutais. Tout d'abord, j'exposais une main, puis un bras, ensuite, je jetais un rapide coup d'œil pour m'assurer qu'on allait pas me foncer dessus (Sait-on jamais hein ? Venant de quelqu'un qui vous sort toutes sortes d'armes extra-ordinaires, et se dit Maïa de la Technologie...Qu'il le soit véritablement ou non n'a aucune importance, seule l'arme en face compte vraiment dans ces cas-là !). Enfin, je sortis complètement de derrière l'arbre, et contournait les épais buissons à découvert.

-Vraiment Madame, je ne voudrais pas vous empêcher de procéder selon vos besoins. Puisqu'il en est ainsi, je me retournerai pour vous assurer de l'intimité dès que je serais certain que vous ne comptez pas me planter cette arme-là dans le corps...ou dans celui de mon cher Arùn, auquel je tiens fortement comme vous l'avez très bien constaté vous-même !  Fis-je en inclinant la tête devant cet intriguant personnage, avec lequel je brûlais d'envie de faire plus ample connaissance, et de lui poser tout un tas de questions sur ces objets qui m'étaient inconnus.
Me tournant vers la Naine, je la saluais aussi aimablement, et l'interrogeais sur sa présence en ces lieux.

-Recevez mes salutations, Madame. Si je puis me permettre, vous êtes bien loin de votre demeure ici ! Puis-je savoir ce qui vous y amène ? ...J'ai entendu il y peu des sons de lutte, et comme vous sembliez à fleur de peau lorsque je vous ais aperçue..je me demande maintenant si vous avez quelconque rapport avec l'affaire... demandais-je en terminant sur un ton légèrement abaissé, car je réfléchissais en même temps à la probabilité qu'une attaque ait pu avoir lieu. Peut-être après tout ces sons n'était-ils que ceux de bêtes jouant particulièrement fort à se mordre. En tout cas, la hache qu'elle avait sortie, bien que pendant mollement au bout de sa main, montrait cependant assez de présence pour que je me méfie encore, et me garantissait qu'attaque ou non, elle ne s'était pas laissée faire...


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C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Ven 1 Juil - 2:33

L'étrange grande femme commenta la situation avec ironie, suggérant que l'elfe (car ce ne pouvait être qu'un elfe) qui jouait ainsi se montrait plutôt pacifique. Elle déblatérait avec aisance, au grand effarement de Ciara qui se demanda soudain s'il existait un moyen de la faire taire. Comment pouvait-elle être aussi bavarde, entourée de dangers potentiels ? En pleine forêt, avec une inconnue porteuse d'une hache (bien que la naine ne se considère pas comme un réel danger tant elle était décontenancée) et un potentiel ennemi caché amateur de musique, elle trouvait moyen de comparer les habitants de la région à des Numénoréens Noirs constipés ?? Tandis qu'elle babillait, son ton changea soudain du tout au tout. Lançant un sifflement perçant, elle tendit son bras gauche vers le cheval inconnu et ferma le poing, tandis que son propre cheval ainsi que Grognard-le-chameau détalaient chacun d'un côté du chemin. Une petite arbalète, sans doute actionnée par quelque mécanisme, jaillit alors de sa manche pour se loger dans sa paume, carreau d'acier armé et prêt à partir.

"A cette distance, je fais mouche à tout les coups. Votre cheval semble bien vieux, donc il fut bien traité pour atteindre à cet âge si avancé. Donc vous y tenez. Alors ne faites pas de moi un être qui vous est hostile et montrez vous s'il-vous-plait. Ceci n'est pas une menace, ni un défit, seulement une prudence car de nous trois vous êtes le, les ou la seule, à avoir l'avantage du couvert des feuillages", fit la belle rousse avec un air de défi, son arme pointée sur le cheval, en s'adressant aux fourrées face à elle.

Précisons pour un lecteur inattentif qu'il s'agit bien sûr de la plus grande des deux "belles rousses" de notre histoire, l'autre n'ayant à sa disposition aucun mécanisme caché. Cependant, la seconde superbe créature aux cheveux de feu (et modeste avec ça), après quelques secondes de surprise, réagit en redressant sa hache qui était bien près de traîner dans la poussière. Elle rajusta sa sacoche délaissée par la créature bossue et baveuse et saisit la hampe de son arme à deux mains, tournée dans la direction de la musique. Glissant un regard à la compagne dont elle ignorait le nom, elle constata que celle-ci avait dégainé son arme étrange et la pointait cette fois vers le musicien toujours dissimulé dans le feuillage. Alors que Ciara allait reporter son attention sur la potentielle menace qui les unissait soudain, la grande étrangère lui jeta un rapide regard. La tension qui habitait la naine devait être clairement visible, pourtant cet échange fugitif l'apaisa.

"J'ai menti. Je ne suis pas Vala mais seulement Maia de la Technologie."

L'étrangère s'adressait à elle. En une seule phrase, elle décrispa la naine, lui donna envie de faire confiance, et surtout la fit sourire. En cette situation étrange et irréelle, cela ne lui sembla plus si incongru et elle retint même un petit rire. L'humour de l'étrangère commençait à lui plaire, à présent qu'il n'était plus condescendant à son égard...

"Mais vu les circonstances, j'aurais pu continuer à vous faire croire que je portais la poisse. Je ne vous propose pas de vous abriter derrière moi. Vous refuseriez... votre fierté Naine et tout ça."


Hum. Ciara décida de ne pas tenir compte du ton légèrement narquois de l'étonnante femme. Celle-ci se tournait d'ailleurs sans plus tergiverser vers la source de potentiel danger qui les avait rapprochées, pour s'exclamer :

"Donc, nous optons pour quelle solution? Des présentations comme des êtres civilisés ou un combat ?Personnellement, j'ai une folle envie de faire pipi, donc j'aurais une forte tendance à expédier manu-militari l'une comme l'autre option. C'est à cela qu'on voit que je ne suis pas une héroïne. J'ai besoin de faire pipi... contrairement aux héros qui peuvent courir des jours durant."

Cette fois, Ciara ne put retenir un léger gloussement tandis qu'un immense sourire se peignait sur sa figure. Un autre rire fit d'ailleurs écho au sien, un rire plus grave, en provenance des fameux buissons centre de tant d'attention depuis quelques minutes. Une voix mâle au ton amusé suivit le rire :

-N'ayez nulle craintes mesdames. Je sors, et désarmé.

Une main sortit alors de derrière un arbre. Ne nous attardons pas à la décrire, elle fut aussitôt suivie d'un bras, puis d'une tête blonde qui acheva de prouver aux deux rousses qu'elles avaient affaire à un elfe. Lorsque celui-ci se fut entièrement extirpé de sa cachette, il s'avança sur le sentier décidément plus si désert en s'adressant d'un air avenant à la femme la plus lourdement armée :

-Vraiment Madame, je ne voudrais pas vous empêcher de procéder selon vos besoins. Puisqu'il en est ainsi, je me retournerai pour vous assurer de l'intimité dès que je serais certain que vous ne comptez pas me planter cette arme-là dans le corps...ou dans celui de mon cher Arùn, auquel je tiens fortement comme vous l'avez très bien constaté vous-même !  Fis-je en inclinant la tête devant cet intriguant personnage, avec lequel je brûlais d'envie de faire plus ample connaissance, et de lui poser tout un tas de questions sur ces objets qui m'étaient inconnus.

Pivotant ensuite légèrement pour se retrouver face à Ciara, il poursuivit sans se départir de son amabilité protocolaire :

-Recevez mes salutations, Madame. Si je puis me permettre, vous êtes bien loin de votre demeure ici ! Puis-je savoir ce qui vous y amène ? ...J'ai entendu il y peu des sons de lutte, et comme vous sembliez à fleur de peau lorsque je vous ais aperçue..je me demande maintenant si vous avez quelconque rapport avec l'affaire...

"Madame ?"


La petite naine manqua de lui couper la parole pour lui ordonner de lui donner du "Damoiselle" et non ce titre réservé aux vieilles et aux épouses, mais elle se contint. La suite de la réplique lui confirma que l'elfe semblait bien curieux, mais aussi qu'elle ne s'était pas autant éloignée du champ de bataille qu'elle ne l'aurait souhaité, et enfin qu'il était assez discret pour l'avoir observée depuis un long moment et assez perspicace pour deviner qu'elle avait un rapport avec les combats récents. Elle opta donc, puisqu'on s'adressait directement à elle, pour une prise de parole claire qui lui permette de reprendre un peu le contrôle de la situation, puisqu'il faut bien le dire elle se sentait un peu perdue. Elle déclara alors, avec un ton légèrement ampoulé qui rappelait souvent à sa famille celui de sa chère mère lorsqu'elle était embarrassée :

"D'abord, c'est Damoiselle. Ensuite, puisque je n'ai pas encore eu le privilège de découvrir vos identités, sachez que je me nomme Ciara Til'Aliona, et que je suis originaire d'Erebor. Quand au reste, si vous le permettez, j'aimerai d'abord en connaître davantage sur chacun de vous..."


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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Ven 1 Juil - 3:36

--§--

" Et j'ai gagné, c'est une elfe."
Avait-elle fait exprès de dire une ou confondait-elle sincèrement?

Renarde abaissa son arbalète mais sans la ranger et manqua de poser son épée d'un geste nonchalant sur l'épaule.. Elle se ravisa rapidement sur ce dernier mouvement afin d'éviter l’électrocution et opta pour la rengainer tandis que la naine rectifiait l'elfe sur le madame.

Une fois l'affaire résolue, Témoa enchaina :
" Pour ma part le Madame me conviendra. J'ai été marié 3 ou 4 fois, évitons d'entrer dans le détail puisque le 3eme a tué le 4eme avant même que celui-ci finisse de prononcer ses vœux. Donc le doute peut toujours être admis sur la légitimité du dernier mariage."
Fit-elle avec une grimace et en jaugeant du plat de la mains ses dires.
" Moui, d'ailleurs la demoiselle TilAlo.. heu.. tialano... bref. La demoiselle ci-présente à raison sur ce point: Elle est où votre présentation comme un être civilisé? Je devrais vous embrocher pour cela ! "
Elle releva d'un index son tricorne pour dégager sa vue.
" Car hormis votre enquête de satisfaction sur la forêt et ses loisirs qu'elle nous offre aux travers des combats..."

Elle tourna son visage vers la naine pour s'offrir un aparté digne d'une pièce de Molière.
" C'est donc pour cela que vous sentez la warg? Je me demandais si c'était un nouveau parfum en vogue chez les Naugrims. Je vous aurais aussitôt conseillé d'en changer."
Les Mocitl avaient non seulement les dents mais aussi l'odorat plus accentué que la plupart des elfes, à croire qu'ils étaient la version sauvage des Noldor. Et surtout en plus bronzés et moins politiquement correct.

" ... et de me proposer de vous retourner pour faire pipi au milieu du chemin - franchement j'aurais cru que vous entreteniez un peu mieux vos bois! - on ne connait toujours pas votre nom ma chère."
Non sérieusement? Elle le prenait pour une femelle elfe?

Qu'ils soient humains ou immortels, il y avait 4 types de vieux croulant: Les rabats-joie expert en morale tel Elrond, les tyranniques ne voulant pas lâcher le pouvoir tel Sauron, les "c'était mieux avant" tel Galadriel et enfin la bande des petits plaisantins qui ne rataient jamais une occasion pour faire une bonne farce quitte à ce que celle-ci les fasses passer pour des fous. Inutile de préciser que l'Ex-intendante du Mordor, immortelle de son état et taquinant avec les 7500 ans faisait partie de cette dernière catégorie. Sans hésitation elle annonça:
" Pour ma part, je suis Rušuiniðil l'Espiègle."
Faisant preuve subitement d'un charisme tout masculin tandis qu'elle saluait d'un ample mouvement de tricorne tout en s'inclinant légèrement, une main -tenant toujours l’arbalète- posée en travers de la taille. Dévoilant sous son chapeau un foulard à damier rouge et jaune lui enserrant les oreilles qu'elle avait pointues.

... hors elle ne pouvait pas être une elfe, aucune elfe n'avait la peau aussi halée et des manières aussi grivoises sous peine de se voir refuser l'entrée du club privé de Mandos. Quand à son parfum, il n'était pas celui des sous-bois comme les elfes. Au-delà de la puanteur des longues chevauchés sans douche la veille et avec un Grognard de compagnie, elle sentait l'océan aux rouleaux indomptables s'écrasant sur des plages baignée par le soleil et bordée de palmier, les orchidées rares et le lait de coco. Elle avait ce parfum de corps enivrant qu'on tout les Mocitl mais nullement celui des elfes nés dans le froid ouest. Autant dire une odeur inconnue pour tous nez assez sensibles.

La créature se redressa et renfonça son tricorne, ravie d'avoir enfin trouvé une utilité au Valarin apprit auprès d'Annatar. Certes ils étaient des mots divins et de pouvoir utile pour la magie, mais ils étaient tout autant utile pour s'inventer un nom de Maia. Quand a l'espiègle... les Maiar aimaient les adjectifs: Mairon l'admirable, Sarouman le blanc et bidule-dont-elle-avait-oublié-le-nom le sage. Elle avait songé à "casse-bonbon", mais tout cela ne faisait pas très divin !

--§--
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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Sam 2 Juil - 1:57

"D'abord, c'est Damoiselle. Ensuite, puisque je n'ai pas encore eu le privilège de découvrir vos identités, sachez que je me nomme Ciara Til'Aliona, et que je suis originaire d'Erebor. Quand au reste, si vous le permettez, j'aimerai d'abord en connaître davantage sur chacun de vous..."

J'ouvrais la bouche pour me confondre en excuses, mais une phrase suffit à me stopper net.

" Et j'ai gagné, c'est une elfe." 

Je faillis presque me retourner, persuadé que l'on m'avait suivi à mon insu, mais je compris juste à temps. « C'est moi qu'elle prend pour une elfe ? Ah ben ça alors, c'est bien la première fois que ça m'arrive...! ». J'étais cependant dubitatif...Les Elfes avaient certes un visage fin, et étaient presque tous imberbes. A cette règle je n'échappais pas. Cependant, je n'étais pas doté d'un corps long et fin, mais plutôt grand et robuste, et le métier d'ébéniste que j'avais exercé de longues années durant avait achevé de me forger une belle constitution, plus masculine que féminine. Quant à ma voix, elle devait suffire de par son timbre à assurer les gens sur mon sexe. Avait-elle des problèmes de vue, d'ouïe ? Ou de diction, peut-être ?
Je jetais un coup d'œil à la demoiselle d'Erebor pour voir si elle avait relevé ce détail.

" Pour ma part le Madame me conviendra. J'ai été marié 3 ou 4 fois, évitons d'entrer dans le détail puisque le 3eme a tué le 4eme avant même que celui-ci finisse de prononcer ses vœux. "Peut-être a lui a t'il fait grâce d'un peu de tranquillité par cet acte, à son insu !.." songeais-je avec ironie. Donc le doute peut toujours être admis sur la légitimité du dernier mariage. Moui, d'ailleurs la demoiselle TilAlo.. heu.. tialano... bref. La demoiselle ci-présente à raison sur ce point: Elle est où votre présentation comme un être civilisé? Je devrais vous embrocher pour cela ! Car hormis votre enquête de satisfaction sur la forêt et ses loisirs qu'elle nous offre aux travers des combats..."

Elle se tourna vers Ciara.

" C'est donc pour cela que vous sentez la warg? Je me demandais si c'était un nouveau parfum en vogue chez les Naugrims. Je vous aurais aussitôt conseillé d'en changer." fit-elle, sans aucun essai d'épargner la jeune Til'Aliona. « Elle sent la warg ?...humm...Bof, non, pas vraiment je trouve...Une petite odeur très métallique surtout. Comme le fer des pioches un peu...Elle respire plutôt la montagne que le chien mouillé, de mon avis... » en profitais-je pour analyser. Je notais au passage que la grande femme avait un petit accent étrange.

" ... et de me proposer de vous retourner pour faire pipi au milieu du chemin - franchement j'aurais cru que vous entreteniez un peu mieux vos bois! - on ne connait toujours pas votre nom ma chère." 

« Ma chère ? Hahaaa, c'est vraiment trop drôle ! Voyons voir un peu... » réfléchissais-je, un sourire flottant au bord des lèvres.

" Pour ma part, je suis Rušuiniðil l'Espiègle."

Cette déclaration, faite avec assurance, me fit hausser un sourcil. Le nom était bien choisi, et correspondait parfaitement au caractère qu'elle semblait avoir. En revanche, la langue dans laquelle elle le prononçait n'avait rien de commun, et me fis me demander qui elle pouvait bien être, au-delà d'un simple nom. Rares étaient les humains, même bien instruits, qui connaissant le Valarin, langue des Valars. Le fait qu'elle se soit présenté comme Maïa pouvait expliquer à merveille ce nom. Si tant est qu'elle le soit vraiment, ce dont je doutais fortement. Mes parents m'avaient parlé d'eux dans des tons bien élogieux, et leur description ne correspondait pas du tout avec l'espèce de techno-mage excentrique et parleur à souhait qui se tenait devant nous. Et jusqu'à nouvel ordre, je faisais davantage confiance à mes géniteurs, dont j'avais appris à respecter et comprendre leur chemin de réflexion, qu'à cette étrangère, toute divine soit-elle.
« De toute manière, là n'est pas la question...pour le moment. » tranchais-je, puisque je n'avais pas encore assez d'arguments pour décider si elle disait la vérité ou non. Bien que mon instinct me criait qu'elle était surtout un formidable personnage, je me faisais un devoir de rester objectif...même si l'objectivité restait toujours partiellement subjective.

-Eh bien dites donc, quand vous êtes lancée vous, on ne vous arrête plus ! Lançais-je à Rušuiniðil, qui paraissait ravie d'elle-même, à la manière dont elle remit son couvre-chef en place. Bon. Tout d'abord, je vous fais mes excuses Mademoiselle Til'Aliona. Ou puis-je vous appeler Ciara ? Je suis ravi d'apprendre que vous venez d'Erebor. Lui dis-je avec sincérité en me rapprochant un peu d'elle.
J'ai fais mes études à Esgaroth un temps, avec pour ami et maître un Nain qui avait grandi là-bas, et si je ne me suis encore jamais rendu là-bas, cela ne devrait pas tarder à se faire, parce que tel est mon devoir, et mon plaisir.
Il en parlait avec une admiration sans faille, et j'aimerais que vous m'en appreniez davantage encore sur cette grande Cité ! Aucun des livres que j'ai lus n'a jamais réussi à étancher ma curiosité sur votre peuple. Sinon, pour répondre à vos demandes, je suis Felagund. Annonçais-je simplement.

Mon prénom, elles n'avaient pas assez d'intimité avec moi pour le connaître, et puisque je n'avais pas de qualificatif génialissime tel que l'Espiègle à rajouter après, et que je n'allais pas commettre l'imprudence de révéler que j'étais le diplomate de la Lorien, je m'en tins à mon nom d'usage. Plus jeune, je me présentais souvent comme Idril Felagund, mais avec le temps, j'avais abandonné cette habitude.

-Quand à la sauvegarde de la forêt...Puisque vous êtes assez malin pour vous donner un nom Valarin, je suppose que vous savez déjà qu'uriner sur le chemin ne dérangera pas l'ordre de ces bois. dis-je en me tournant à nouveau vers la femme.

-Si je vous demande où vous vous rendiez, trouverez-vous encore à redire, ou répondrez-vous simplement, Monsieur l'Espiègle ? Demandais-je en haussant légèrement la voix tandis que j'allais récupérer Arùn, qui avait déjà taillé un bout de chemin avec son compagnon harnaché pour le carnaval.

La journée ne tarderait pas à arriver à sa fin, et à moins que nos routes ne se séparent brutalement, ce que je trouverai dommage au vu de tout ce que ces personnes offraient à apprendre, nous devrions nous mettre en recherche d'un endroit sûr et à l'écart du chemin pour bivouaquer, ce dont je fis part à mes nouvelles connaissances.


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Dim 3 Juil - 21:34

La capacité de l'étrangère à passer d'un sujet à l'autre n'enchantait la naine que lorsqu'elle n'en profitait pas pour s'amuser à ses dépends. L'évocation d'un éventuel relent de warg sur elle ne la surprit pas outre mesure, étant donné son début de journée plutôt mouvementé, mais l'éventualité que ce fût un parfum nain lui donna la nausée ainsi qu'une furieuse et brève envie de frapper quelque chose, de préférence une certaine rousse... Cependant, le visage étonné et un peu vexé de l'elfe en s'entendant appeler "ma chère" valait son pesant d'or, et Ciara émit un nouveau petit rire satisfait. La carrure du nouveau venu, bien qu'il reste une sorte de grande asperge maigre et pâle, témoignait bien de sa virilité, mais il était tellement plus amusant de lui montrer à quel point il ne pouvait pas égaler la force masculine des naugrims, ou à l'extrême limite des hommes...

"Pour ma part, je suis Rušuiniðil l'Espiègle."

Un nom alambiqué pour une personnalité à l'avenant, la naine ne fut pas surprise. Cependant, l'étrange sonorité de ce patronyme accentua sa curiosité envers cette... Dame Espiègle au nom compliqué. "Ruzuynil... non, Rusinud... rah !" Après plusieurs tentatives infructueuses, la naine résolut de surnommer cette extraordinaire grande femme "Ru", lassée de retenir des noms complexes et refusant de se compliquer la vie. Elle se gênerait d'autant moins qu'en retour l'Espiègle avait déjà massacré son propre nom. A l'annonce de ce nom, le grand elfe blond haussa un sourcil dubitatif, puis il répondit :

"Eh bien dites donc, quand vous êtes lancée vous, on ne vous arrête plus !  Bon. Tout d'abord, je vous fais mes excuses Mademoiselle Til'Aliona. Ou puis-je vous appeler Ciara ? Je suis ravi d'apprendre que vous venez d'Erebor."

Hum, un autre beau parleur... mais celui-ci semblait avoir un peu plus de classe, et avait en tout cas la politesse et le tact qui manquaient à Ru-la-grande-espiègle. Satisfaite, Ciara se décida à abaisser entièrement sa hache, et sans la ranger elle la laissa heurter le sol, de manière à ne plus supporter son poids tout en la gardant disponible en cas de besoin. Quel que soit le tour que prendrait la situation, ce ne pouvait devenir aussi brusquement dramatique que dans la matinée, aussi elle s'autorisa à se détendre un peu, les épaules douloureuses sous la tension presque permanente des dernières heures.  

"J'ai fais mes études à Esgaroth un temps, avec pour ami et maître un Nain qui avait grandi là-bas, et si je ne me suis encore jamais rendu là-bas, cela ne devrait pas tarder à se faire, parce que tel est mon devoir, et mon plaisir. Il en parlait avec une admiration sans faille, et j'aimerais que vous m'en appreniez davantage encore sur cette grande Cité ! Aucun des livres que j'ai lus n'a jamais réussi à étancher ma curiosité sur votre peuple. Sinon, pour répondre à vos demandes, je suis Felagund."

En voilà un qui semblait bien curieux, et méfiant puisqu'il n'avait pas donné son nom complet. La méfiance naturelle que Ciara ressentait envers ce genre de personnalité ne fut pourtant qu'à peine éveillée, tant l'elfe avait un bagout civil qui poussait à l'amabilité. L'un comme l'autre de ces deux personnages, s'il s'avérait qu'ils poursuivent une route commune, seraient sans doute de très intéressants compagnons de voyage, remplaçant avantageusement ceux qu'elle avait laissés derrière elle. A cette pensée, une boule de remords lui obstrua la gorge, tandis que le sieur Felagund poursuivait à l'intention de l'Espiègle :

"Quand à la sauvegarde de la forêt...Puisque vous êtes assez malin pour vous donner un nom Valarin, je suppose que vous savez déjà qu'uriner sur le chemin ne dérangera pas l'ordre de ces bois. Si je vous demande où vous vous rendiez, trouverez-vous encore à redire, ou répondrez-vous simplement, Monsieur l'Espiègle ?"

Œil pour œil, dent pour dent ! Ciara affichait cette fois un large sourire. Telle une arbitre, il lui semblait presque compter les points dans cette joute verbale entre la grande femme brune et rousse et le grand elfe pâle et blond. Le lecteur notera au passage que les nombreuses occurrences des qualificatifs "grand" et "grande" ne font en aucun cas étalage d'un éventuel complexe de taille de la naine. Elle écouta avec ravissement la réponse de Ru, puis rangea sa hache à sa ceinture, décidant que ces deux énergumènes à la langue bien pendue feraient, sinon d'agréables compagnons de route, du moins des connaissances sympathiques. Une main posée sur son sac et l'autre jouant avec le bout de sa tresse, comme à l'accoutumée, elle sifflota trois notes pour attirer leur attention. Puis, compensant la différence de taille par une assurance bien réelle, elle s'exclama :

"Je ne sais pas d'où vous venez, ni où vous allez, mais si votre chemin suit le mien je serai ravie que nous fassions route commune un moment. Je descends vers le Sud, et si tout au moins l'un de vous pouvait m'en indiquer la direction cela m'arrangerait." Et, acquiesçant aux paroles de l'elfe qui suggérait de trouver un lieu où passer la nuit, elle ajouta : "En attendant, nous pourrions bivouaquer ensemble, la décision coulera de source demain matin ! Comme on dit : une nuit de repos vous rénove le cerveau."


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La Renarde
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Lun 4 Juil - 23:07

Hrp : en court de rédaction mais je suis un peu longue car je fais des tas de trucs en même temps. Ce sera posté avant 3h du mat Laughing

Edit : je ne vais pas y arriver pour ce soir. j'essayerai de poster dans la matinée mais quoi qu'il arrive avant demain 18h, il y aura mon rp ( the honte !! moi qui vous presse je n'arrive pas a tenir mon délais Embarassed)

Edit Idril:  Laughing SHAME ON YOU !!!! MOUHAHAHAHAAA Razz

Edit : Prêt a vous marrer? Ce matin j'ai eut le droit à un sabotage !! Panne de réseaux electrique Laughing j'ai pas pu passer sur le fofo ... mais sérieux quoi !!??


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-Eh bien dites donc, quand vous êtes lancée vous, on ne vous arrête plus !
" Je soupçonne même que ce soit la véritable raison d'Aulë pour ces vacances forcées."
Murmura-t-elle pour elle même, de façon presque inaudible en donnant une saccade à son poignet ce qui fit se replier l’arbalète avant qu'elle ne se rétracte dans la manche.

Témoa croisa les bras en écoutant les belles paroles d'un Felagun qu'elle qualifia d’enjôleuses à l'égard de la Naine. Un léger sourire, pouvant être qualifié de soupçonneux, se dessina sur son visage tandis que son index caressait sa lève inférieure dans une mimique songeuse. On ne devenait pas Intendante du Mordor -même si on était une ex - en accordant sa confiance au premier Elfe prenant soin de ne pas citer son nom en entier et s'intéressant fortement à Erebor au point que cet intérêt paraisse un interrogatoire déguisé aux yeux de l'ancienne seconde du Royaume des Ténèbres.
Tiens donc? Si il est espion, il n'est pas doué ni discret. Tu y vas trop directement, gamin. On fait parler un nain autour d'une bière et avec de la bonne humeur, pas en le chopant sur les nerfs, dans un chemin, après lui avoir joué un morceau de crincrin et le couvrant de compliments. Quoique... c'est une femme avant d'être une naine et toutes les femmes cèdent aux compliments.
Mais, au lieu de dire ses réflexions à haute voix, elle les garda secrètes. Après tout, elle apprendrait tout autant sur Erebor en ne sabotant pas la recherche de renseignements de cet Elfe.

Tandis que la vague de flagorneries s'abattait tel un Tsunamis verbale sur Ciara, la Mocitl parcourait les bois du regard.
Est-il vraiment seul?
Autant avouer: le pourcentage de confiance qu'elle accordait en l'elfe diminuait rapidement. Son peuple n'aimait pas leurs cousins qu'ils considéraient comme condescendants et manipulateurs. Bien que Témoa essayait de juger au cas par cas, elle partait toujours avec cette appréhension dans l'escarcelle. Une appréhension et une méfiance d'autant plus redoublée qu'elle fut leur ennemi un temps en servant le Mordor.

L'étrangère se tourna vers Maharley. Étant revenu lentement pour compter les morts, l'animal constata à son grand désespoir qu'il n'y en avait aucun. On n'était pas éduqué comme destrier de guerre sans en garder certaines séquelles. Il tourna sa massive tête vers Arûn semblant le suivre et lui adressa un regard soupçonneux. L'étalon noir ne put s'empêcher de penser de cet autre cheval le prenait pour une jument. Susceptible et acariâtre comme pas deux, il sentait monter en lui une furieuse envie de ruer. Il n'avait pas chevauché à la tête de l'armée du Mordor, au milieu des wargs et écrasant les ennemis sous ses larges sabots pour devenir une infirmière gériatrique! Il ébroua sa crinière et dû s'incliner en voyant feu-Loréalle lui demander de se calmer d'un mouvement vertical de la main. La frustration voila les yeux noir aux reflets de lave de Maharley tandis qu'il recrachait de ses naseaux des volutes de vapeur. Si il avait été doté de la parole, une insulte bien sentit aurait été à cet instant prononcée.

Puis vint le "assez malin pour vous donner un nom Valarin.."
Quel mépris dans cette phrase! Songea Témoa. C'est donc ainsi? Mademoiselle d'Erebor sera flattée à souhait pour obtenir des informations et l'autre femelle ne pouvant en fournir sera reléguée au rang du paillasson à piétiner pour prouver sa virilité et sa verve? Hm, voilà que je deviens susceptible comme un Maia! C'est bon ça . S'en réjouit-elle intérieurement.

Elle n'eut pas besoin de réflechir pour adopter l'attitude d'un Maia face à une fausse accusation. Il faut dire qu'elle l'avait vu maintes fois dans ses disputes l'opposant à Sauron. Il y avait deux choix possibles : imposer le respect par la force. Certes, mettre le feu aux vêtements d'Idril par la pensée aurait été amusant, elle garda cette option au chaud mais  adopta une attitude plus pacifique en optant pour les fameux yeux levés vers les cieux accompagnés de cette immuable sourire pincé qu'elle avait tant vu sur le visage du Maia Noir quand il avait raison, savait qu'il avait raison alors qu'elle était dans l'erreur et aurait sa revanche en temps et en heure quand elle découvrirait par elle même qu'il avait tellement raison, l'humiliation serait bien suffisante pour la punir de son erreur.

La disciple de Mairon nota le masculin employé et s'en émoustilla au plus profond d'elle. Felagund venait d'ouvrir la porte à un tas de possibilités par cette erreur vengeresse. Il est vrai que, bien que les maia préféraient un genre ou l'autre, ils étaient asexués puisque étant des esprits. Elle pouvait autant être un homme qu'une femme, ou se comporter comme une Mocitl, ne plus cacher son accent, ne plus s'habiller comme une créature de l'Ouest?  Hooo.. cette farce prenait une tournure de plus en plus plaisante. Qui pouvait prouver qu'elle n'était pas une maia? Les Istaris, oui, mais ils n'étaient pas des milliers. Et même eux ne connaissaient pas tout les servants d'Aulë. Quand a Sarouman, ce vieux chenapan la connaissant, s'amuserait avec délectation à confirmer son statut.

Elle songeait à tout cela quand la Naine proposa de bivouaquer ensemble.
Aie, les maia ne dorment pas et ne mangent pas.. enfin si.. parfois...
Elle repensa aux longues transes de Sauron mais elle ne l'avait jamais vu manger.
Comment réagirait-il? Hormis en les tuant tous...
Elle eut un rire intérieur.
Il déclinerait l'invitation.

" Merci pour cette proposition mais navrée, mais je ne peux accepter cette proposition."
Oui, c'est bien ainsi qu'aurait réagit un Maia. Il était rare que les dieux se compromettent longtemps avec les vivants, ils ne faisaient que passer sans s'attacher ou intervenir dans la vie d'autrui.
" Je vous souhaites un bon voyage, il est temps pour moi de reprendre le mien."
La femme alla vers sa monture à la selle de carnaval -selle d'origine Variag cachant habillement les ciselures ton sur ton représentant des dragons, des scènes de massacre et autres joyeusetés sous les plumes et de pompons - et se hissa dessus sans peine.

" Pour répondre à vos trois questions : Tant que c'est de l'urine le sol absorbe, espérons que ce n'est guère plus que vous semez sur vos chemins car ceux des chevaux sentent bon, mais ceux des humanoïdes n'ont guère un parfum ragoutant. Pour la troisième, où je vais n'est guère passionnant. Quand à la seconde, nul verbe ne remplace la preuve aux yeux des athées ."
Du haut de sa selle, elle retira son gant et tendit la main paume levée vers le ciel et dans le creux de celle-ci une flamme turquoise se manifesta accompagnée d'une aura magmatique semblable à celle d'un certain Seigneur du Mordor.
" Je ne ferais guère plus, je ne désire pas que mon frère détecte ma présence en Terre du Milieu. Et je devine que cette preuve ne vous suffira pas mais je ne suis pas en ce monde pour soigner votre scepticisme, messire Felagomme* l’orgueilleux. Vous devrez donc vous contenter de cela pour parfaire votre jugement.
Ah! Un dernier détail : songez à dire votre nom en entier avant que mademoiselle Tia'moro* ne décide d'user d'un diminutif pour vous désigner... diminutif qui serait de mauvais goût puisqu'il qualifierait une pratique sexuelle peu coutumière pour une personne de la Lorièn. Les motifs sur votre tunique et la texture des tissus."

Compléta-t-elle patiemment.
" Le métier a tisser est une technologie. Voilà, j'ai finit de vous agacer avec mes lancés si ennuyeuses à vos nobles oreilles elfiques. Bonne route enfant d'Aulë..."
Adressa-t-elle à Ciara.
"...Et rappelez vous que la personne la plus avenante aux premiers abords n'est pas toujours la plus honnête dans ses projets. Mais je vous crois assez mature et alerte pour savoir faire le tri entre ceux à qui accorder votre totale confiance ou non."
Finit-elle dans un léger rire et talonnant Maharley qui démarra, vers le Nord, dans un petit trot arrogant comme savent tant le faire les chevaux paradant.

* Oh rassurez-vous, tout le monde au Mordor s'était retrouvé avec des noms déformés. Tout comme il est dur pour un français de prononcer des noms allemands, il était dur pour une Mocitl de répéter les nom des Ouestien.

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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mar 5 Juil - 22:16

"En attendant, nous pourrions bivouaquer ensemble, la décision coulera de source demain matin ! Comme on dit : une nuit de repos vous rénove le cerveau."

La femme refusa notre proposition de faire camp ensemble, et nous souhaita un bon voyage. Fort aimable à elle. Ces paroles étaient bien paisibles comparées aux dernières ! Cela me fit plaisir, et pourtant, je restai en attente...Aussi ne m'étonnais-je pas quand la suite arriva.

" Pour répondre à vos trois questions : Tant que c'est de l'urine le sol absorbe, espérons que ce n'est guère plus que vous semez sur vos chemins car ceux des chevaux sentent bon, mais ceux des humanoïdes n'ont guère un parfum ragoutant. Pour la troisième, où je vais n'est guère passionnant. Quand à la seconde, nul verbe ne remplace la preuve aux yeux des athées ." 

Ôtant son gant, une étrange flamme d'un bleu turquoise profond jaillit de la paume de sa main. Ou plutôt, elle apparut simplement, comme dotée d'une vie propre et inaltérable. C'était une merveille et un prodige, et cela mit un argument de poids en faveur de la femme. Mais comment expliquer que l'une de ces fabuleuses créatures pleine de noblesse nous fasse l'honneur de se présenter à nous ? Je ne me pensais pas assez important pour recevoir la visite même d'un Istari. Alors d'un Maia...voilà ce qui pêchait. Je ne pouvais décemment le croire, c'eut été me placer au-dessus de tout. Si pourtant, malgré mon peu d'importance en ce monde qui laissait chaque jour moins de place aux nôtres, un Maia daignait nous visiter, alors il me fallait comprendre quelles en était les raisons. Et m'assurer que je ne faisais pas l'objet d'un jeu cruel qui m'eut blessé plus encore que ne l'avait fait cette épée qui m'avait un jour percé le ventre.

" Je ne ferais guère plus, je ne désire pas que mon frère détecte ma présence en Terre du Milieu. Et je devine que cette preuve ne vous suffira pas mais je ne suis pas en ce monde pour soigner votre scepticisme, messire Felagomme l’orgueilleux. Vous devrez donc vous contenter de cela pour parfaire votre jugement. 
Ah! Un dernier détail : songez à dire votre nom en entier avant que mademoiselle Tia'moro ne décide d'user d'un diminutif pour vous désigner... diminutif qui serait de mauvais goût puisqu'il qualifierait une pratique sexuelle peu coutumière pour une personne de la Lorièn. Les motifs sur votre tunique et la texture des tissus."

Alors les Maia n'étaient pas sans pouvoir faire d'erreur. Car je n'étais pas Athée. Je croyais, je savais, avec une conviction profonde que j'avais affinée et précisée au fil du temps, qu'il existait des êtres qui gouvernaient ce monde, qui avaient écrit avec nous l'histoire d'Arda, qui avaient composé la Grande Musique, et qui étaient dotés de plus grands pouvoirs encore que les Maia, ce qui incluait donc qu'eux aussi existaient. Mais peu importait leur rang, nobles parmi les plus nobles qu'ils étaient, car leurs dons étaient prodigieux, et d'une telle beauté que je leur vouait le plus grand respect, et que j'aimais lire les Arts fabuleux que ces êtres avaient inspirés à mon peuple.
C'était également en vertu de ce respect que j'avais du mal à croire qu'elle put être Maia. Outre l'étrangeté de ses manières, elle avait un comportement que j'avais du mal à accorder avec ce que j'avais lu de leur grâce. Ces dernières paroles, qui incluaient également une insinuation peu délicate aux actes sexuels qui selon elle ne se pratiquaient pas en Lorien (de cela, je n'avais pas la moindre idée, à mon grand regret ! Mais chaque chose venait en son temps) et qui correspondaient mal à ce qu'on m'avait dit des manières de ces êtres exceptionnels. En revanche, je n'avais pas compris l'allusion aux motifs de ma tunique...

" Le métier a tisser est une technologie. Voilà, j'ai finit de vous agacer avec mes lancées si ennuyeuses à vos nobles oreilles elfiques" 

Et maintenant, elle me tournait en dérision. Et elle s'étonnait que je ne puisse m'adresser à elle avec la déférence qu'imposait son rang, si véritable il était. De cela je doutais toujours.
Je n'étais pas de ces badauds qu'une étincelle d'origine inconnue éblouissait. Je savais qu'on pouvait faire bien des choses, avec ce qu'elle nommait technologie, même si je n'étais pas expert en la matière. Mais j'avais eu la chance de recevoir une éducation qui faisait de moi une personne qui réfléchissait un tant soit peu avant d'acquiescer ou de gober ce qu'une personne que je ne connaissais que depuis un court instant m'affirmait. D'où ma curiosité.
Et je ne savais toujours pas où elle allait. Peu importait qu'elle trouve sa destination peu passionnante. Si je lui posait la question ,c'est que cela m'intéressait. Autrement, je n'aurais pas pensé à le faire, même par simple politesse. Je m'étais ainsi fait rabroué de nombreuses fois par mes parents, parce que j'étais trop direct sans m'étendre à d'inutiles épanchements que les Noldors affectionnaient tant. Si mon sang était en effet noble, on ne m'avait pourtant pas appris à considérer les autres avec concupiscence, et si cette personne me voyait comme orgueilleux, il me fallait réfléchir et prendre du recul face à ma conduite.
Tandis que je restais ainsi debout à penser, le cheval et l'Espiègle nous tournèrent le dos, et s'en allèrent à petit trot. Me rendant compte de ce que cela signifiait, je me tournai vers la Naine.

-Vous n'avez pas de monture je crois...Accepterez-vous de monter en croupe derrière moi ? J'aimerais bien rattraper cette Dame, tout de même...vous aviez raison, à propos d'une bonne nuit de repos ! Et... ajoutais-je avant de siffler Arùn qui s'était un peu éloigné, vexé de la réaction hautaine du jeune étalon, ...mon nom d'usage en famille et avec les intimes est Idril. Je ne vous l'avais pas communiqué parce qu'au même titre que je ne vous suis pas proche, vous pouvez comprendre que vous ne m'êtes pas non plus intimes ! Fis-je avec un petit sourire désolé. N'ayez crainte, Arùn est très agréable à monter, de plus il est âgé et son trot est tout à fait stable !

« Voilà où le manque de connaissance de nos cultures respectives nous amène...Il va falloir que je rende visite au souverain d'Erebor, ou à ses diplomates...quoiqu'il me semble bien qu'il n'en ait pas, au dernières nouvelles... » songeais-je tout en faisant monter Ciara sur le dos d'Arùn, qui se tenait tranquille, ayant déjà reçu des Nains sur son dos, et sachant bien quelle aversion certains avaient à l'égard de tout ce qui était trop haut et de surcroit, vivant. En parlant de culture...les Elfes avaient souvent plusieurs noms, et ils n'étaient pas appelés pareil partout. Mais des peuples autres pouvaient avec raison l'ignorer, comme j'avais ignoré qu'on ne disait pas Madame, mais Mademoiselle à une personne comme Ciara.

-Bien installée ? Demandais-je en me retournant. Bon, on y va ! Je lançais Arùn à un trot assez rapide pour rattraper Rušuiniðil, qui avait déjà pas mal d'avance. 


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mer 6 Juil - 23:13

L'Espiègle avait écouté le dialogue avec un sourire étrange, faisant peser son regard sur l'elfe, puis scrutant les abords du sentier avec attention, pour enfin s'intéresser à son cheval qui revenait vers elle après son escapade momentanée. La dernière apostrophe du (grand) blond la laissa songeuse un moment, mais lorsque Ciara mentionna la suite des opérations elle s'empressa de décliner, puis se lança dans une des tirades dont elle avait apparemment le secret tout en se mettant en selle. Elle semblait malgré tout fort vexée qu'aucun des deux compagnons ne croie en son histoire de Maia, aussi elle ouvrit la paume, d'où sortit une flammèche bleutée. L'allusion à son frère rajouta à la confusion de la naine, qui fixa la furtive démonstration avec de grand yeux et se retint de justesse d'ouvrir une bouche béante. Les dernières piques de l'intrigante inconnue tirèrent un sourire mi-figue mi-raisin à la jeune rousse, qui sentait la situation lui échapper. Si la déformation du premier nom lui donna envie de pouffer, la désinvolture avec laquelle Ruimachin déforma le sien lui fit pousser un grognement de contrariété, aussitôt étouffé par la mention de pratiques sexuelles inconnues qui l'aurait fait rougir si son teint de brique ne l'en avait pas en partie préservée. La mention d'un éventuel surnom attribué à l'elfe la surprit : fallait-il que la (grande) femme ait lu dans ses pensées, pour comprendre que Ciara lui avait attribué un surnom ? Avant qu'elle n'aie le temps de démêler cet assaut d'informations pour déterminer la conduite à tenir, la femme-maia-au-nom-imprononçable s'adressa à elle :

"Bonne route enfant d'Aulë... Et rappelez vous que la personne la plus avenante aux premiers abords n'est pas toujours la plus honnête dans ses projets. Mais je vous crois assez mature et alerte pour savoir faire le tri entre ceux à qui accorder votre totale confiance ou non."

La mise en garde envers l'elfe n'était absolument pas déguisée, et bien que la (grande) femme ajoute à celle-ci quelques compliments, Ciara eut soudain envie de partir à sa suite sans plus réfléchir. Des milliards de questions se bousculaient dans sa tête, au sujet de l'Espiègle elle-même, quelle que fût sa nature, mais aussi à propos d'une grande partie des paroles qu'elle avait prononcées depuis leur rencontre. Cependant, fatiguée et les jambes loin d'égaler l'allure rapide de son étalon, elle ne pouvait en aucun cas espérer se maintenir à sa hauteur si elle n'en éprouvait pas l'envie. Elle la regarda donc s'éloigner au petit trot sur le sentier, d'un œil rond et se sentant légèrement stupide, le chameau déblatérant bruyamment derrière le cheval noir et sa cavalière.

"Vous n'avez pas de monture je crois..."

Les paroles de Felagund la sortirent de ses pensées tourbillonnantes.

"Accepterez-vous de monter en croupe derrière moi ? J'aimerais bien rattraper cette Dame, tout de même...vous aviez raison, à propos d'une bonne nuit de repos ! Et... mon nom d'usage en famille et avec les intimes est Idril. Je ne vous l'avais pas communiqué parce qu'au même titre que je ne vous suis pas proche, vous pouvez comprendre que vous ne m'êtes pas non plus intimes ! "

Ciara n'hésita pas longtemps sur la conduite à tenir. Malgré l'avertissement de la grande Espiègle, malgré sa méfiance personnelle vis-à-vis du mangeur de salade très poli, et par-dessus tout malgré son aversion pour la race équine, elle accepta la proposition du grand blond. Celui-ci, plus ou moins contraint par le dialogue précédent, venait de lui offrir son prénom, et ce détail la mettait à égalité avec lui : elle connaissait son nom, il connaissait le sien, il savait d'où elle venait, et elle en avait une idée grâce à celle qui s'éloignait sur le chemin et avait mentionné la Lorièn. Absolument pas désireuse de rester seule au milieu des bois, et voulant elle aussi rattraper la fuyarde, elle serra fugitivement contre elle sa précieuse sacoche puis s'avança vers le grand "très-beaucoup-trop-grand-holalala-Aulë-me-vienne-en-aide" étalon. Voyant son appréhension, Idril Felagund lui glissa :  

"N'ayez crainte, Arùn est très agréable à monter, de plus il est âgé et son trot est tout à fait stable !"

Âgé ? Et il pensait la rassurer avec des détails pareils ?? Un canasson passe encore, qu'il soit stable, encore heureux, mais la mention de son âge avancé faillit décourager Ciara. Faillit. Parce qu'après avoir été embarquée de force sur un mégalocéros*, poursuivie par des wargs assoiffées de sang, la perspective de monter à cheval ne pouvait pas l'effrayer... si ? Faisant taire son instinct qui lui hurlait de s'éloigner au plus vite de cette bête melkoriaque (oui oui démoniaque, vous avez bien compris), elle avala sa salive et laissa l'elfe l'aider à se jucher sur sa monture. Il s'installa ensuite devant elle et prit les rênes. Elle hésita puis attrapa maladroitement sa ceinture, priant de toutes ses forces pour descendre vivante de ce vieux palefroi bien trop haut à son goût.

"Bien installé ? Bon, on y va !"

Tandis que le sieur Felagund lançait Arùn au petit trot derrière Ru l'Espiègle, la naine sentit remonter des souvenirs qu'elle croyait pourtant avoir réussi à confiner loin de ses pensées, et sa gorge se noua. Elle revit sa rencontre avec Araekin et Angharad, les deux elfes, ses premiers compagnons de route. Elle revécut en un clin d'œil leurs discussions animées le long des routes de Mirkwood, puis leur attaque par les orcs. Elle se revit cramponnée sur le dos de Sedryn, l'énorme monture d'Arae, lancée dans une course folle... et puis l'arrêt, la rencontre frontale et brutale avec le premier orc de sa vie, la première warg, elle se revit frôler la mort... des larmes coulèrent sur ses joues avant qu'elle puisse se ressaisir, et elle les essuya furtivement pour éviter qu'Idril ne la voie pleurer. Pendant qu'elle replongeait dans ce passé tout proche et encore vivement douloureux, Arùn avait commencé à combler la distance qui les séparait de Ru et de ses bêtes.

Bientôt, ils ne furent plus qu'à quelques mètres de la Maia-fuyarde-rousse-grande-bizarre, et sans hésiter Ciara lança :

"Ru ! Heu... Dame Espiègle ! Attendez !"

Presque aussitôt, elle regretta ce cri : à quoi servait-il de lui confirmer qu'ils étaient sur le point de la rattraper, alors même qu'elle ne savait pas si Ru accepterait leur présence, et encore moins quoi lui dire dans ce cas ? Elle se fit la réflexion qu'elle savait en réalité quoi lui dire, ça n'était pas difficile... il fallait plutôt trouver par où commencer ! Mais ce n'était certainement pas en dévoilant le surnom qu'elle lui avait attribué d'office qu'elle parviendrait à réfléchir posément. Confuse, elle attendit la réaction de celle qui les précédait, menant son cheval comme si de rien n'était...




EDIT HRP : 1° Je pars vendredi, donc à partir de jeudi soir jusqu'au 15 juillet aucune possibilité de répondre !
2° Foxy je suis absolument fan de ta bannière de signature Mr.Red


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La Renarde
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Jeu 7 Juil - 0:44

Hrp : Merki Very Happy Cela provient du blog de l'Odieux Connard! Un génie des mots et de la déduction à mes yeux.
Mais comment faisons nous alors pour la suite des rps?  Vu que je joue dans le présent m'autorisez-vous a fuir afin de garder libre mon perso? Laughing  


--§--

"Ru ! Heu... Dame Espiègle ! Attendez !"

La Rousse -non pas elle, l'autre- pencha son visage de côté pour laisser couler son regard derrière elle. Le duo insolite l'avait visiblement prit en chasse.

Quand à Grognard -dont la joueuse reprends méchamment le contrôle (c'est po bien de jouer les pnj animaux des autres ciara! Laughing) - il était aux abonnés absents. Il fallait juste espérer que d'autres voyageurs ne tombent pas sur lui, se dit Témoa, en imaginant le chameau au galop passer devant des Elfes de Thranduil abasourdis de voir un tel vaisseau du désert dans leur forêt.

La chose se disant Maia souffla à sa monture un mot:
" Nessroth."
Et le cheval accéléra adoptant la cadence d'une chevauché partant vers le champs de bataille et prenant un soin sadique de laisser entre Arùn et lui une distance permettant le dialogue mais non l'accolade, ni le face à face.

Visiblement la Dame désirait cela puisqu'elle flatta l'encolure de sa monture sellée pour le carnaval aux yeux du chaste Elfe. Après tout, il était excusable, étant un Elfe il ne pouvait pas connaitre l'artisanat de certaines peuplades du Harad, de même la Mocitl ne connaissait pas l'artisanat hobbit. Tout comme on pouvait le pardonner de croire que les Maïar savent tous. Heureusement qu'il n'avait guère fait cette réflexion à haute voix car une déduction toute logique de la part de l'étrangère aurait pu d'avantage le braquer à son encontre. Te toute façon, Témoa avait l'impression que le moindre de ses mots étaient perçu comme une agression de la part cet Elfe. Et en lui disant ceci : "Il est heureux que les Maiar ne savent point tout, sinon vous auriez un ennemi invincible en Sauron ". Sans doute lui aurait-elle déclaré la guerre!

" Rusul. Si cela vous est plus simple Mademoiselle.
Savez-vous qu'à chaque pas dans ma direction vous vous éloignez de votre propre route?"

Lança la Mocitl sans aucune agressivité, méchanceté ou moquerie, ni même hautaine. De cette voix monocorde et blasée dont use l'informaticien constatant que la panne de votre pc venait du fait qu'il n'était pas alimenté faute d'être branché.

Blasée était bien le mot.
Témoa voulait s'éloigner au plus vite d'eux, surtout de l'Efle pour tout dire. Elle s'entait que, même si elle avait été honnête, même si elle aurait été affable et polie, il l'aurait titillée, cherchant la confrontation. Elle le sentait s'imaginer qu'elle était le mal incarnée alors qu'il ne l'avait croisé que depuis quelques secondes mais il fallait comprendre la méfiance survivaliste de Renarde. Combien de Héros avait-elle croisé? C'était une constante chez eux de tout de suite voir en elle une personne à soupçonner, un méchant potentiel ou autres délires héroïque du genre la mettant dans la délicate position de l'être a abattre pour prouver sa valeur, que ce soit physiquement ou verbalement.

Alors, mentalement usée par ce type de réaction, elle préférait simplement fuir les Héros, se réfugiant dans la confortable et rassurante solitude, car elle n'avait pas quitté le Mordor pour s'engager dans une relation haine-haine avec le premier inconnu croisé fut-il elfique.
Rien qu'une envie de faire pipi avait faillit tourner au drame diplomatique! Alors elle s'imaginait mal passer une nuit à se faire questionner par un être dont le sens des convenances et de la politesse consistait à questionner les étrangers sans rien dévoiler de lui-même et exiger de son interlocuteur d'être moins bavard. Demander à Témoa de moins parler était comme lui demander d'arrêter de respirer... il fallait trouver une p*tain de bonne raison pour la soumettre! Et, pour le moment, cette bonne raison était son irrésistible envie de mettre des milliers de kilomètre entre elle et tout ce qui était Eldar!

C'était étrange comme les souvenirs pouvaient rejaillir sans prévenir et en de mauvaises circonstance. L'espace d'un instant Sauron vint à lui manquer, ou plutôt l'ancien Sauron, car avant sa perte de mémoire il ne s'était jamais plein du babillage de sa disciple. Elle soupira, sortant de sa veste une étrange monture d’orfèvrerie supportant deux disques de verre tintée brun qu'elle plaça sur son nez, cachant ainsi ses yeux.

--§--

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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Ven 8 Juil - 1:05

Tandis qu'Arùn se lançait à la suite de son jeune confrère, je songeai à l'étrangeté de ma journée. Depuis les lointains affrontements de ce matin jusqu'à...
Des images d'une incroyable rapidité se mêlèrent soudain à mes pensées. Un cheval lancé au galop...tout autour, des combattants qui surgissent, des cris...et la peur. Une peur immaîtrisable  me tenaille le ventre et me comprime la poitrine.
Je respire un grand coup pour recouvrer mes esprits, revenir au présent. Je tremble légèrement. « Mais qu'est-ce que c'était que ça ? ». Je suis effaré. C'est bien la première fois que ça m'arrive. Quelque chose continue de me serrer...je baisse le regard. « Ah, Ciara, c'est vrai. Je..je l'avais oublié ! ». J'ouvre de grands yeux étonnés. J'ai oublié ? « Mais enfin, comment peux-tu oublier qu'il y a quelqu'un derrière toi, que tu as toi-même aidé à monter ? Grand nigaud va. ». Je me sermonne.
Une drôle d'odeur, presque imperceptible, vient me chatouiller les narines. Intrigué, je me concentre tant bien que mal, toujours distrait par les étranges sensations passées, et je sens l'étreinte de Ciara se détacher un peu. Bruit de frottement. Un doute me vient à l'esprit...
« Bon, c'est pas le moment de penser à autre chose qu'à la personne que j'essaie de rattraper. » je me remets dans le droit chemin. «Rušuiniðil. »
Je l'entend devant moi, nous la rattraperons bientôt.
« Enfin ! La voici. »

"Ru ! Heu... Dame Espiègle ! Attendez !"
Surpris, je me tais. L'intéressée se retourne, prend note que nous sommes à sa poursuite, et bien sûr, augmente peu après la cadence. Je pousse un soupir inquiet. Je suis à deux doigts d'arrêter Arùn. « Tant pis, je ne veux prendre aucun risque avec lui. ». Mais le fringuant étalon ne presse pas davantage l'allure...je reste à ses arrières. Tant que nous pouvons avoir un échange, cela me suffit.
" Rusul. Si cela vous est plus simple Mademoiselle.
Savez-vous qu'à chaque pas dans ma direction vous vous éloignez de votre propre route?"
fait-elle remarquer d'un ton neutre, peut-être un poil traînant.

-Nous le savons. Peu m'importe les vigilances que vous avez envers moi, et que vous avez le souci de transmettre aux autres, je vous poursuis ainsi, avec toute l'impolitesse que cela représente, dans l'unique but de mettre les choses au clair avant que vous ne partiez définitivement. Car rien de ce que je dirai ne saurait vous convaincre de rester encore un peu en notre compagnie, n'est-ce pas ? Dis-je tristement avant de reprendre.
Je suis Idril Felagund, de mon nom complet, et je suis UN elfe, au masculin donc. Ne sachant pas si cette erreur était volontaire ou non, je préfère le préciser. Vous connaissez les ornements de la Lorien...je ne reconnais pas ceux-ci, en désignant ceux de la monture, ...vous avez dû voir beaucoup de choses, et devez avoir acquis une grande culture, ainsi qu'un nombre considérable de langues...Bien qu'assez tendus aient pu être nos échanges précédents, sachez que vous avez tout mon respect, et que je souhaite fortement que nos chemins se recroisent. Je tenais à vous le dire. Je vous souhaite bon voyage. ».

Ayant dit ce que j'avais à dire, je me tus, puis fit ralentir tout doucement Arùn, jusqu'à ce que l'Espiègle disparaisse de notre vue. Je sautais à terre pour alléger mon compagnon, et marchais à côté de Ciara jusqu'à ce que nous ayons retrouvé notre point de départ.

-Eh bien...quelle aventure ! Nous y sommes. Le soleil décline fortement désormais, il est grand temps de songer à trouver un abri. Cet endroit vous convient-il pour monter le camp ?

Je fis descendre la demoiselle, qui parut soulagée de retrouver la terre ferme. Je lui trouvais un teint pâle. Décidément, les chevaux et les Nains étaient faits pour s'entendre !


[H.R.P: Ciara, fais un post à ta convenance. Inutile de se presser, je peux tout à fait attendre ton retour Wink ]


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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Lun 8 Aoû - 14:42

Ciara posa les pieds au sol avec un immense soupir de soulagement. En son for interieur, elle remercia Aulë de lui avoir permis de s'en sortir une seconde fois, tout en se jurant de refuser désormais toute monture dont le garrot se situerait au-dessus de sa tête. Encore étourdie, elle se laissa tomber sur les genoux, sans se préoccuper de l'elfe qui attendait sa réponse. Sa tête bourdonnait, et elle commença à se demander si la cavalcade ne lui avait pas endommagé un ou deux bouts de cerveau, mais elle chassa cette peu appétissante idée pour se concentrer tant bien que mal sur les paroles de son compagnon de voyage.

"Heu... oui. Heu... à vrai dire... les conven..enfin..."

La naine se donna mentalement une grande claque. Comment pouvait-elle réagir comme sa mère l'aurait fait alors qu'elle s'était juré d'oublier toutes les sottises protocolaires que celle-ci avait tenté de lui inculquer ? L'elfe proposait un campement commun, chose bien normale au milieu d'un bois potentiellement dangereux, hostile et tout plein de grosses bêbêtes féroces et affreusement pas gentilles. Ciara se reprit donc rapidement, tout en se redressant pour s'assoir sur ses talons :

"Ce lieu me semble parfait, Sire Felagund. Puisque vous semblez d'accord pour partager votre bivouac avec moi, je propose de m'occuper du feu si cela vous sied."

Elle se donna une seconde claque mentale en réalisant que le ton ampoulé qu'elle utilisait toujours lorsqu'elle était méfiante ou mal à l'aise avait encore une fois triomphé, puis se leva et commença à rassembler ses affaires. Celles-ci étaient éparses autour d'elle, échappées de sa besace lorsqu'elle s'était écroulée à terre. Pour se donner une contenance, elle garda à la main un couteau et un morceau de bois, tailladant l'un avec l'autre en tentant de cacher sa nervosité.


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Dim 2 Oct - 19:40

Tout compte fait, la pauvre Ciara avait l'air complètement sonnée. J'éprouvais à présent du regret de l'avoir fait monter sur Arùn. Mais comment aurais-je pu faire autrement ?
Bien que l'envie me démangea de l'examiner afin de m'assurer que cette chevauchée ne l'avait pas rendue malade, je me contint. Nous ne nous connaissions que depuis peu et mon instinct me soufflais de la laisser reprendre ses esprits tranquillement, qu'elle n'avait rien de grave.
Elle peina à trouver ses mots un instant durant et la crainte qu'elle ne se soit cognée à une branche basse ou autre vint malgré tout troubler mes pensées.
Enfin, elle parut reprendre contenance, et parvint à répondre normalement, proposant même de s'occuper du feu. Rassuré, je la laissais rassembler ses affaires, qu'elle avait semées en sautant à terre. Ou plutôt, en s'effondrant à moitié sur le sol le teint plus crayeux qu'un bloc de calcaire.

Je gardais discrètement un œil sur elle tout en déchargeant Arùn, m'assurant qu'elle était remise de ses frayeurs. Elle n'avait de cesse de triturer de son couteau un morceau de bois que sa main ne voulait pas lâcher. Le geste, s'il était naturel, témoignait cependant dans sa vivacité sèche de la nervosité de la jeune Naine. Puisque nous devions être compagnons de route le temps d'au moins une nuit, je réfléchis à un moyen de l'apaiser.
Cependant, un détail urgent apparut soudain. Elle avait proposé un feu. Avec les troupes ennemies qui faisaient de plus en plus souvent des percées dans les bois, profitant du retranchement temporaire de Thranduil dans ses Halls, ce n'était guère prudent. C'était même extrêmement téméraire. Que nous dûmes souffrir du froid durant la nuit n'était qu'un détail regrettable. Je préférais mille fois cette gêne à celle que des fers glacés à mes poignets m'auraient procuré.

-Nous ne devons pas faire de feu. Excusez-moi, je vois que vous étiez déjà en plein préparatifs, je n'y ais pas songé tout à l'heure, soulagé que vous alliez bien, mais l'évidence se fait maintenant. Je me doute que vous en comprenez les raisons. Si nous voulons nous éveiller demain sains et saufs...m'exprimais-je avec gravité en me tournant vers Ciara.
A ce propos, si il vous plaît d'effectuer un quart plutôt que l'autre...je n'ai pas de préférences, je ne me sens pas vraiment fatigué. Tout au plus fermerais-je un œil. Rajoutais-je plus détendu. Pour le moment, tout allait bien et avec quelques précautions, il n'y avait pas de raisons qu'il n'en aille pas autrement.
Sans vouloir donner l'impression que je la considérais comme une jeune Naine encore assez inexpérimentée, je me questionnais sur son équipement. L'ensemble de son paquetage n'était pas bien gros...Avait-elle de quoi manger et dormir ? Au vu de mon expérience avec certains Nains, je craignais de la vexer en la secondant trop paternellement, aussi me contentais-je de lui dire:

-N'hésitez-pas à me demander quoique ce soit s'il vous manque quelque chose.

Puis songeant que la nuit allait se révéler bien longue si je continuais de me montrer si précautionneux dans mes échanges, je décidais de me fier à mon instinct qui me soufflait que Ciara n'avait pas l'air du tout d'être le genre de Nain à envoyer les gens de mon peuple voir ailleurs.
Ayant terminé les préparatifs pour la nuit (qui n'avaient pas consistés à grand-chose d'autre qu'accrocher mon hamac en hauteur et m'occuper d'Arùn), je m'assis à même le sol, attendant que Ciara soit prête.
Les dernières lueurs du soleil, pleines du feu ardent de ses rayons mourants, filtraient sur la litière forestière à travers le feuillage des chênes pédonculés millénaires. Je m'adossais tranquillement à l'arbre derrière moi et mit ma harpe, que j'avais récupéré tout à l'heure, sur mes genoux. J'hésitais à jouer, davantage plongé dans mes pensées, occupé à goûter lascivement une certaine quiétude que la forêt créait en moi. Mes doigts effleurait les cordes sans créer de son, un geste plus machinal qu'autre chose. Puis je songeais aux rencontres faites.

-Vous m'avez dit que vous veniez d'Erebor...Mais où vous rendiez vous donc, pour oser vous aventurer seule dans une forêt qui a incontestablement connu des jours meilleurs ? Vous sembliez épuisée et à fleur de peau lorsque je vous ais aperçu pour la première fois. Et...pour être franc...lorsque vous êtes montée à mes côtés, j'ai ressenti un étrange tumulte. Je crois que votre voyage n'a pas été de tout repos, je me trompe ?


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Comme des piliers en ruine,
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Jeu 3 Nov - 23:30



Ciara réalisa très vite que sa nervosité ne lui permettrait pas de donner forme nanesque à son ébauche de sculpture, aussi elle rangea l'un et l'autre et se mit à ramasser du bois. Elle pensa soudain qu'il vaudrait peut-être mieux avoir froid que d'attirer de potentiels ennemis avec un feu de camp, mais au moment où elle se tournait vers son compagnon pour lui faire part de cette réflexion celui-ci prit la parole :

"Nous ne devons pas faire de feu. Excusez-moi, je vois que vous étiez déjà en plein préparatifs, je n'y ais pas songé tout à l'heure, soulagé que vous alliez bien, mais l'évidence se fait maintenant. Je me doute que vous en comprenez les raisons. Si nous voulons nous éveiller demain sains et saufs..."

Vexée de n'avoir pas parlé en premier mais contente qu'ils tombent d'accord, Ciara se contenta d'un signe de tête et déposa les quelques branches à côté de ses affaires. Lorsque l'elfe parla du tour de garde, elle se figea un court instant. Il avait beau être poli et bien présenter, il restait un inconnu, et ses belles manières de mangeur de sal...elfe n'y changeaient rien. Elle se promit de ne pas dormir, sauf si elle parvenait à lui faire suffisamment confiance pour cela. Elle se contenta alors pour toute réponse d'un "Nous verrons" qui n'engageait à rien, assorti d'un sourire pour adoucir la sécheresse de ses paroles.
De même, alors qu'il mettait à sa disposition ses propres affaires s'il lui manquait quoi que ce soit, elle se contenta d'un regard aimable et d'un demi-sourire. Sa pèlerine de voyage lui suffirait, la saison n'étant pas encore trop avancée. Elle avait été habituée à dormir dans des alcôves au hasard des galeries, bien qu'elle se soit plus souvent encore endormie dans la douce chaleur qui émanait des forges.

Se rendant bien compte que Felagund l'observait, sans chercher à s'en cacher mais sans trop d'insistance, elle hésita : fallait-il l'observer en retour ou faire comme si de rien n'était ? Finalement, elle se rapprocha un peu de l'elfe, installé non loin d'elle, sa monture à quelques pas d'eux, et détailla à son tour ce compagnon de voyage. Il était adossé contre un arbre, une harpe sur les genoux. Son père aurait esquissé un demi-sourire devant ce tableau si caricatural du parfait elfe. Ses cheveux étaient blonds comme la paille à la fin de l'été, et son visage avait la finesse propre à sa race, avec un port de tête digne et fier qui lui donnait un air noble malgré sa fatigue apparente. Il promenait machinalement ses grandes mains sur les cordes de la harpe, l'une d'elles bloquant le son tandis que l'autre effleurait l'instrument, comme jouant une mélodie silencieuse. Alors que la naine était plongée dans son examen, la voix de son vis-à-vis brisa soudain le silence.

"Vous m'avez dit que vous veniez d'Erebor...Mais où vous rendiez vous donc, pour oser vous aventurer seule dans une forêt qui a incontestablement connu des jours meilleurs ? Vous sembliez épuisée et à fleur de peau lorsque je vous ais aperçu pour la première fois. Et...pour être franc...lorsque vous êtes montée à mes côtés, j'ai ressenti un étrange tumulte. Je crois que votre voyage n'a pas été de tout repos, je me trompe ?"

Surprise par ces questions, Ciara se racla la gorge avant de répondre :

"Je suis d'Erebor, oui. Je me rends..."

Elle réfléchit un bref instant. Son voyage n'avait en fait pas de but bien précis, mais cela semblerait par trop étrange de l'annoncer de but en blanc. Par ailleurs, les semaines qui la séparaient de son départ de la mine lui avaient bien fait comprendre qu'il ne faisait pas bon errer à l'aventure, surtout lorsque l'on croisait des inconnus, même avec une allure à peu près recommendable.

"... je me rends à Khazad-Dûm. Effectivement mon voyage n'est pas exactement un long fleuve tranquille."

Elle hésita encore, mais puisque le sieur Felagund semblait disposé à discuter, autant rompre la glace. Sa mère lui avait toujours donné l'exemple de la naine parfaite qui mène une discussion aimable et agréable avec n'importe qui, tandis que son frère aîné lui répétait de ne pas parler à tort et à travers. Aussi, elle enchaîna en choisissant ses mots :

"En réalité, c'est la première fois que je fais un voyage aussi long. Mes compagnons et moi avons croisé par malchance une troupe d'orcs il y a deux jours, nous avons été séparés dans le feu de l'action et ne connaissant pas la forêt je crains de m'être égarée."


En attendant une réaction de son interlocuteur, elle s'administra une énième claque mentale. Elle venait, en deux phrases, de préciser bien naïvement qu'elle était novice, seule et égarée. Au moins, cette fois, elle pouvait être certaine que l'elfe ne se méfierait pas d'elle ! Ecoutant sa réponse d'une oreille, elle s'accrocha à cet humour noir pour ne pas le couper en racontant n'importe quelle sottise qui la fasse paraître un peu moins godiche.


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Dim 12 Fév - 22:55

[Enfin une nouvelle réponse de rp ! Elle me fait sentir à quel point ça m'avait manqué ! *Emotion* Encore mille excuses pour tout ce retard ! N'hésites pas à me mp si il me faut modifier quoi que ce soit ou l'étoffer un peu ! Wink]

A ses dernières paroles, je hochais la tête, peu étonné de ses mésaventures. Un trajet comme le sien l'amènerait à avoir encore des surprises à l'avenir.

"Il n'est malheureusement pas surprenant que vous ayez fait de telles rencontres...Les chemins qui mènent à Khazad-dûm ont rarement été sûrs...Vous faites preuve de beaucoup de courage en entreprenant ce voyage, à pied qui plus est. C'est une qualité que je reconnais aussi à mes amis longues barbes. A ce propos,le nom de Thoriijk vous dit peut-être quelque chose ? C'est un vieil ami qui est né à Erebor et y a passé son enfance. Il est marchand de bière et voyage énormément...Je ne m'étonnerais pas que vous le rencontriez un jour, il est toujours sur les routes !

Je m'interrompais un instant, en pleine réflexion.
...Si le problème de la sécurité se pose lors du retour, voyagez avec une caravane marchande. Vous ne couperez pas à travers champs, mais vous aurez sécurité et compagnie ! La plupart emploient des mercenaires chargés de veiller au bon déroulement du voyage. C'est plus sûr en ce moment, que l'on soit habitué ou non à la route...Je ne sais quelle valeur ont à vos oreilles les conseils d'un Elfe, mais en voilà un qui mérite d'être suivi !
Quant à la forêt, nous verrons demain à en sortir. Je suis né ici, je connais ces sentiers mieux que quiconque..."


Tandis que nous parlions, la nuit avait achevé de couvrir la terre de son manteau d'étoiles. Sans feu pour nous éclairer, il faisait bien sombre, mais la lune ce soir était gibbeuse ascendante. Sa lumière scintillait sur les feuilles des arbres et les cheveux roux de la Naine se détachaient comme une petite flamme parmi la végétation. L'humidité commençait à descendre, j'allais ranger ma harpe avant qu'elle soit trop désaccordée. Je retournais m'asseoir au pied de mon arbre et attendit que Ciara décide si elle me faisait assez confiance ou non pour me laisser prendre la garde.

Un détail de ses paroles me revint en tête. Elle avait parlé de compagnons...Je lui jetai un coup d'œil soucieux. Avaient-ils été pris par l'ennemi ?
Une mauvaise rancœur me saisit. Accompagné comme toujours par cette souffrance muette de voir des innocents taraudés par le malheur. Nains, Hommes, Hobbits, Elfes...Qu'importait les races et les vieux griefs qu'elles entretenaient ! Mon esprit saturait de rencontrer chaque jour de nouvelles personnes qui avaient dû subir une attaque ennemie. Voir tant d'âmes endurer les tourments des forces du mal me fatiguait un peu plus à mesure que le temps passait.

Me sentant basculer dans la tristesse, j'ouvris un petit bout de la feuille qui emballait ma dernière moitié de Lembas et détachais un morceau de celui-ci. Je le consommais sans hâte, savourant l'équilibre qu'il réinstaurait en moi. Mon corps n'était jamais vraiment fatigué, mais mon âme en revanche...
Je songeais souvent à la Dame de Lorien. Comment supportait-elle encore le poids des siècles, des millénaires qu'elle avait vu défiler ? Je n'avais pas mille ans et je sentais déjà une certaine lassitude s'instaurer en moi par moments. Je savais que j'étais extrêmement sensible, même pour un Elfe. Était-ce cette trop grande émotivité qui m'usait à ce point ?

Pleinement rasséréné par ma bouchée de lembas, je me repris. Ciara me paraissait être une Naine encore assez jeune, comme je l'étais moi-même pour les miens et je ne voulais pas lui communiquer sans le vouloir cette tristesse qui m'étreignais parfois le cœur. Être lié à la terre d'Arda par les sensations était la bénédiction et la malédiction des Elfes à mon sens.
Quelques grognements lointains me firent tendre l'oreille. Même si la Naine m'annonçait qu'elle prenait la garde, je pensai que je ne pourrais pas prendre de repos...

Je me décidai à lui poser la question.
"Qu'est-il advenu de ceux qui vous accompagnaient ? ".


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Lun 3 Avr - 15:18

Emerveillée, Ciara leva les yeux vers la voûte étoilée et admira la lune, dans le silence restauré. Les paroles de l'elfe lui avaient semblé empreintes d'expérience et plutôt sages, aussi n'avait-elle rien objecté. Le spectacle simple et incroyablement beau à la fois de ce ciel sans nuages la remuait plus qu'elle n'aurait su le dire. Du fond de la mine, elle avait peu d'occasions d'admirer la nuit étoilée, et certainement pas avec ce délicat lacis de feuillage qui découpait des ombres étranges sur l'étendue céleste. L'obscure clarté qui tombait des étoiles effaçait les difficultés de ces derniers jours et donnait à ses multiples découvertes une coloration nouvelle.

Il ne lui fallut que peu de temps pour oublier sa lassitude, les yeux écarquillés pour ne pas perdre une miette de la splendeur nocturne. Elle sentait son habituel optimisme reprendre le dessus, chassant les derniers relents d'effroi et de méfiance du jour.

Intriguée, elle observa l'elfe avaler un morceau de quelque chose et détendre légèrement son dos, se laissant aller totalement contre l'arbre sur lequel il était adossé. Après ses réflexions, elle prenait tout juste la mesure de l'étendue de ses lacunes, mais elle n'osait pas poser trop de questions, de peur de sembler à la fois innocente et indiscrète. Dans le silence de la nuit, les multiples bruissements de la forêt prenaient des proportions énormes, et le moindre froissement de feuilles semblait répercuté entre les troncs. Quelques cris résonnaient de temps en temps, plus ou moins éloignés. Lorsque les grognements se firent modulés, Ciara sut que jamais elle ne pourrait confondre ces notes gutturales avec quoi que ce soit d'autre. Orcs. Son cerveau prenait ce réflexe primaire d'identification de l'ennemi. Elle reporta son regard vers l'elfe, qui n'avait pas bougé. Il était tendu et semblait lui aussi attentif aux sons rauques, par delà les arbres.

Il prit soudain la parole :

"Qu'est-il advenu de ceux qui vous accompagnaient ?"

Ciara se racla la gorge, prit une grande inspiration et répondit :

"Je l'ignore. Je ne les connaissais que peu. Nous avons été surpris par des orcs. Après avoir été momentanément secourus par un contingent elfe, les mêmes orcs, ou d'autres, je ne saurais le dire, nous ont attaqués et j... je... j'avoue n'avoir pensé qu'à sauver ma vie. Je ne sais donc pas ce que sont devenus les autres."

Elle acheva sa tirade en relevant légèrement le menton, comme pour défier l'elfe d'oser réprouver son comportement. Elle était loin d'être fière d'avoir fui comme une lâche, d'avoir laissé là ceux qui l'avaient pris sous leur protection durant ses premiers jours sur les routes d'Arda pour prendre ses jambes à son cou. Elle craignait aussi, au vu des grognements qui figeaient la forêt entière, que les immondes créatures ne soient encore sur ses traces. Si cette pause sous les étoiles l'avait quelque peu apaisée, la tension sommeillait toujours et restait prête à ressurgir, comme en cet instant. Elle était fatiguée, et bien qu'elle ne puisse se résoudre à se l'avouer elle regrettait par moments la sécurité monotone de la mine.

"J'espère les revoir en vie, si Aulë me l'accorde."

Cela la rongeait de ne pas savoir ce qu'il était arrivé à ceux qu'elle considérait comme ses amis. Où se trouvaient Araekin et Angharad ? Un vague sourire erra un instant sur ses lèvres en pensant qu'elle venait de penser à deux elfes comme à des amis. Son frère aîné serait catastrophé de l'entendre dire des choses pareilles ! Penser aux elfes la ramena au présent et à son interlocuteur. Elle pouvait presque entendre Mokhtar* pester : "Encore un mangeur de salade ! Folle que tu es de t'enticher de cette race frêle et aérienne !" Elle adressa un sourire d'excuse au sieur Felagund, sans réaliser qu'il ne pouvait en aucun cas avoir connaissance de ce qui venait de se dérouler dans son esprit emmêlé.

o~O~o

La nuit avait passé, les deux membres de l'étrange duo restant dans un silence entrecoupé de courtes phrases relativement banales. Ciara avait somnolé de temps en temps, se réveillant chaque fois en sursaut, en proie à un cauchemar récurrent qui voyait un orc s'approcher d'elle en ricanant et lui couper les tresses. Au matin, en sueur, elle tenta de se lever et retomba lourdement sur le sol, des étoiles dansant devant ses yeux.




*Grand frère de Ciara

Pour rappel des péripéties vécues par Ciara...:
 


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Idril Felagund
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Mer 5 Avr - 20:43

La Naine était plus tendue qu'un arc. Lorsqu'elle m'avait expliqué ses déboires, les mots avaient été accompagnés d'un petit relevé du menton, comme pour me mettre au défi de trouver à y redire.
Mais je n'étais pas de ces elfes qui content les guerres sans jamais les avoir menées.
Je savais quelles émotions la bataille apportait à vos pieds. Je ne pouvais blâmer personne de prendre ses jambes à son cou, même un membre de la race des Nains, pourtant si fière et opiniâtre au combat. La jeune Ciara semblait tout à fait solide, malgré son inexpérience. Elle paraissait vive et robuste, mais même le plus fort des hommes ne pouvait pas toujours résister à l'instinct.
Je ne tentai pas de lui expliquer qu'il n'y avait pas là de honte particulière, et qu'en ces moments-là, l'instinct qui prenait les devants pouvait aller jusqu'à effacer toute pensée envers autrui. Je me contentai de l'écouter sans émettre la moindre parole, paisible sous les joyaux du ciel. Le souci qu'elle avait pour ses compagnons se lisait dans ses paroles, et flottait même autour d'elle comme une légère ombre. Ses émotions devaient être puissamment sensibles.
Un petit sourire coupable apparu soudain sur ses lèvres, et je me demandais si cela était dû à son ressentiment suite à sa fuite, ou éventuellement, au fait que les deux races souvent en désaccord que nous représentions se trouvaient présentement assis sous la lune, à parler tranquillement sans méfiance l'un de l'autre.

La nuit ne fut pas extrêmement mouvementée. Nous n'échangeâmes guère davantage, nous contentâmes de courtes paroles. Comme prévu, je ne pris pas le moindre repos. Mes pensées revinrent bien souvent vers l'entretien que j'avais eu avec le Seigneur Thranduil. Elles allaient également vers les projets que j'avais pour la Lothlorien...Mon fil de réflexion formait des courbes dans mon esprit, allait de sujets à d'autres, et de petites ramifications naissaient, poussaient grâce à mes décisions, plongeaient dans les eaux de mon passé. Divers sentiments, impressions, souvenirs vagues éclataient alors en un houppier fourni pour s'abreuver des doux rayons lunaires.
J'étais encore remué par le fait de savoir que l'on n'avait pas oublié les sacrifices que j'avais faits pour Mirkwood, tandis que j'avais à peine 200 ans. Oui, j'avais connu l'horreur de la guerre, la souffrance amère de voir des amis tomber au combat. Je savais qu'on ne pouvait pas tout guérir, pas tout contrôler, malgré toutes nos capacités. Et parce que j'avais bien conscience de ces mécanismes complexes, je savais qu'il était impossible de juger une personne sur ses actes en pareil moment.
Si j'avais jusqu'à présent réussi à me maîtriser, il n'était pas pour autant impossible qu'un jour vienne où quelque chose me pousserait également à fuir...de plein grès ou non.

De temps à autre, Ciara s'assoupissait pour se réveiller en sursaut, parfois après juste quelques minutes. Je supposai que les récents événements qu'elle avait dû supporter devaient avoir un impact sur la qualité de son sommeil. Elle avait une sacrée bonne résistance au stress remarquais-je. Je connaissais peu de personnes qui se remettaient aussi vite d'une attaque d'orcs !
Je failli partir d'un grand éclat de rire en me remémorant la hache qu'elle tenait si fermement lors de notre rencontre. C'est qu'elle n'aurait pas hésité à m'en asséner un coup !

Plusieurs fois dans la nuit, des grognements que je ne connaissais que trop bien retentirent, fort heureusement à des kilomètres. Mon ouïe était assez bonne pour m'avertir suffisamment à l'avance de tout danger, mais on n'était jamais assez prudent. Je passais le reste de la nuit plongé dans mes pensées à effectuer une lente et attentive ronde aux alentours...

Lorsqu'au petit matin, les joyeuses stridulations d'une Corneille vinrent saluer le lever du soleil, je m'accordais un petit moment de méditation en attendant que Ciara ouvre les yeux, ce qui ne tarda pas.
J'allais lui lancer un énergique « Bonjour ! », mais je m'interrompis net lorsque, comme dans une déclinaison plus lente du temps, je la vis retomber à terre avec un air complètement sonné.
Ma joie s'évanouit aussitôt. Inquiet, je m'approchai de la Naine afin de l'examiner.
Je commençais par l'adosser avec précaution à un arbre en position semi-assise, et tâtai son front afin de ressentir la chaleur dégagée par une éventuelle fièvre. Aussi robustes soient-ils, les Nains pouvaient tout à fait tomber malade par leur corps. Puis, avec toute la douceur et le professionnalisme dont j'étais capable, je me mis en devoir de rechercher d'éventuelles blessures que je n'aurais pas vues et qui, aussi bénignes semblent-elles, auraient pu s'aggraver durant la nuit. Je ne trouvais rien.
Ciara avait une fièvre légère, mais je ne savais pas à quoi elle était due.
J'avais guéri des empoisonnements, des blessures plus ou moins profondes grâce au savoir médical que j'avais acquis durant mes études et au front, j'avais aussi soulagé douleurs et infections diverses par imposition des mains...et voilà pourtant que je me trouvais face à une impasse.
A force de cogiter, un éclaircissement se fit dans mon esprit. Pour le moment, juste une hypothèse...

«Dites-moi...qu'est-ce qui vous tourmentait autant cette nuit ? ».

La réponse de Ciara confirma mes doutes. Je n'y avais pas tout de suite pensé, car je n'avais jamais eu à m'occuper des maux post-traumatiques. Le mal qui l'affectait était dû aux dangers auxquels elle avait eu à échapper. Je ne savais pas exactement ce qu'elle avait affronté, mais une attaque d'Orcs montés, si elle était un poil organisée, avait de quoi vous retourner la tête pour au moins une bonne semaine, si vous parveniez à en réchapper.
Ciara s'en était sortie...mais ses compagnons ? Elle s'y était attachée, mais ne savait pas ce qu'il était advenu d'eux. Et cette simple incertitude voyait son effet triplé par la honte qu'elle avait d'avoir fui.
Je pouvais la remettre sur pieds momentanément. Je pouvais lui rendre le moral grâce à mes remèdes. Mais le travail effectué serait inutile si je ne guérissais pas la douleur à la source.
Elle retomberait malade, tôt ou tard. Son corps avait réagi très vite, ce qui était plutôt une bonne chose. Il valait mieux que le mal sorte au plus vite.

Toutefois, j'étais soucieux.
Premièrement, si je savais comment la remettre sur pieds, je ne pouvais pas le faire ici.
Je ne pouvais pas retourner à Mirkwood. Tout d'abord parce que c'était à quatre jours de cheval, et ensuite parce que j'étais attendu en Lorien, où j'avais laissé mes affaires pour partir précipitamment vers les Halls, lorsque j'avais appris que le Roi Thranduil ouvrait exceptionnellement ses portes pour un gouverneur d'Harondor.
Secondement, la question du transport se posait. Ciara était actuellement à peine en état de monter à cheval. A cela, je pouvais remédier assez bien.
Enfin...Par où pouvais-je bien passer ? Au vu du contingent d'Orcs qui s'amusait à mettre les frontières de la forêt sens dessus dessous, j'allais avoir du mal à passer vers la Lorien. Seul avec Arùn , nous n'aurions pas eu trop de difficultés à avancer sans nous faire repérer. Mais avec une Naine malade...L'affaire prenait une autre ampleur ! Et la pauvre jeune femme était déjà assez mal en point, sans avoir besoin d'une nouvelle altercation avec les Orcs, qui risquerait fort de l'enfoncer dans son trouble jusqu'au point de non-retour.

Un véritable casse-tête s'offrait à moi.
Je me félicitais d'avoir pris du temps pour méditer !
Puisque la matinée avançait, je ne perdis pas davantage de temps. J'allai récupérer une fiole d'un liquide clair, légèrement brumeux dont je m'humidifiais les mains, puis je prélevais une petite poignée d'herbes d'un sachet que j'écrasais avec mes paumes. Le tout fut mis dans un flacon vide.
Nous étions quelque part à mi-distance entre Rhosgobel et Dol Guldur, la lisière n'était plus très loin, mais il nous faudrait bien la journée pour la passer, avec tous les dangers que cela comportait. Je lavais mes mains avec de l'humus et de l'eau claire, afin de leur ôter la moindre fragrance de l'odeur que dégageait le soin que j'avais confectionné.
Je m'approchais de Ciara, toujours adossée à l'arbre. Elle ne devait pas en bouger si je ne la déplaçais pas moi-même, j'avais insisté la-dessus. Elle devait être et se sentir en sécurité. Là était l'essentiel.

« Inspirez ceci profondément. Vous aurez les idées plus claires, et retrouverez assez de tonus pour voyager pendant environ trois ou quatre heures. Cela dépend de chaque organisme. » expliquais-je en ôtant le bouchon de liège qui fermait le flacon.
Les herbes que j'avais broyées étaient un mélange de plantes de la Lorien et de Mirkwood que j'avais créé. Quant au liquide brumeux...sa composition ne m'était pas entièrement connue. Elle était mise à ma disposition en petite quantité seulement par les artisans de Lorien qui la fabriquaient. Il en allait de même pour les Lembas. Ces produits étaient très particuliers, et leur fabrication gardée secrète, confiée à quelques Elfes de compagnie seulement de l'entourage de Dame Galadriel.

«Vous vous sentez mieux ? Bon, à cheval maintenant ! Ne vous stressez pas inutilement, nous n'allons pas galoper. Je marcherais à vos côtés...la rassurais-je. Si vous commencez à vous sentir mal, appelez-moi tout de suite...Et si vraiment vous n'arrivez pas à parler, vous avez même le droit, pour m'alerter, d'agripper mes cheveux si rien d'autre n'est à votre portée ! » m'exclamais-je en riant. J'amenai Ciara près d'Arùn qui, sachant quelle aversion avaient les Nains pour tout ce qui était à plus d'un mètre du sol et sur lequel il fallait grimper, se tenait sage comme une image.

« Hop, voilà...le pied droit sur l'étrier. Parfait !  C'est parti. Ne vous inquiétez pas pour votre paquetage, je m'en charge... ». Je récupérai les affaires qui traînaient encore, que je ceinturai avec mes sacoches sur la croupe de mon ami.
Nous prîmes enfin la route, moi à pied à côté de la Naine sur Arùn.
Tout en marchant, l'étrange flash que j'avais eu lorsque Ciara était montée derrière moi à cheval la première fois me revint. J'avais vu un cheval au galop...des dizaines d'Orcs surgir des fourrés...et j'avais senti la peur. Une peur oppressante. Une peur que j'avais déjà ressenti, bien des années auparavant.
Je commençai à me demander si je n'avais pas vu et ressenti ce qui était arrivé à Ciara. Lorsqu'elle s'était tenue à ma ceinture, montée sur Arùn au galop, le souvenir de l'attaque avait dû lui revenir en tête avec une force destructrice, et elle m'avait involontairement communiqué ses sensations. Elle avait probablement dû essayer d'échapper à ses poursuivants à cheval. Se pouvait-il que je sois sensible à ce point ? C'était la première fois que j'avais une vision de ce genre...
J'avais encore tant à apprendre ! Il faudrait que j'en parle à ma mère, car ce genre de choses était rare, même chez les Elfes.

Mon esprit fut rappelé à l'ordre par un pressentiment. Sans m'arrêter pour ne pas inquiéter Ciara, j'écoutais avec attention autour de nous, le regard vif et alerte.
Seul les arbres me répondirent, paisibles. Le pressentiment s'évanouit. Malgré les nouvelles menaces qui rôdaient sur Mirkwood, Radagast et le Seigneur Celeborn avaient effectué un travail de titans. La nature leur en était reconnaissante. Les louanges qu'elle chantait se glissaient partout, et répandaient de bonnes énergies, qui apaisaient les corps et les esprits. Je fis mon possible pour les appeler à se concentrer sur Ciara. Elfe ou Naine, peu importait aux yeux des arbres. Un Orc eut-il été là, gisant et gémissant, que je me sentais capable de pardonner le mal qu'avaient fait les siens, et de le guérir également. Eru sait pourtant que seule l'action apaisante de la forêt me permettait pareils sentiments. Seul mon père possédait un amour véritablement inconditionnel des choses vivantes. Il pouvait accepter de guérir quiconque avait besoin de ses soins, même un Orc qui lui aurait ouvert bras et ventre. « Sauf peut-être Melkor en personne ! » pensais-je avec un sourire.

La journée passa assez paisiblement. Je sentais qu'il y avait des mouvements d'Orcs près de la lisière, mais ils étaient loin et montaient vers le Nord, s'éloignant ainsi de nous.

Nous fîmes une pause pour le déjeuner, profitant de ce que nous étions encore protégés par le couvert des arbres. Devant nous, des champs dorés s'étendaient, bordés au loin par un petit bois que Ciara ne pouvait certainement pas voir.

« Nous nous arrêtons pour manger un peu et nous reposer ! Comment vous sentez-vous ? » demandais-je tout en aidant une Ciara toujours assez mal en point à descendre. Son teint plutôt coloré la veille avait tourné au blanc crayeux, et sa démarche était mal assurée, même si cela était certainement dû à quelques heures passées sur un cheval. Quand j'avais commencé à monter, j'avais connu moi aussi les crampes du débutant ! Et mes parents riaient de me voir revenir de mes leçons d'équitation les jambes arquées et les épaules courbées. Ma posture fatiguée avait toujours son petit effet ! D'autant plus comique qu'on voyait rarement, ou pour ainsi dire jamais, un Elfe marcher comme un Homme âgé...
Je laissai la Naine trouver seule un endroit confortable pour s'asseoir, tout en la guettant discrètement d'un œil vigilant, prêt à accourir au moindre signe de chute ou de panique.

Tandis que je cherchais ma flasque d'eau fraîche, j'aperçus, sous quelques flacons, la feuille contenant ce qui me restait de Lembas. Notre pain de route était une chose extrêmement précieuse, dont le secret était jalousement gardé, au point que moi-même n'en connaissait pas la composition exacte. Ma charge me permettait d'en obtenir une petite quantité assez régulièrement, mais je n'étais pas censé la distribuer à mon tour. Ce que j'avais me suffisait d'ailleurs pile assez pour les voyages que j'avais à effectuer en tant que diplomate. Mais Ciara en avait besoin. Cela la soulagerait agréablement de son anxiété, pour un petit moment au moins. « Après tout, ce Lembas m'a été donné. J'en ferais ce que bon me semble. Oui, c'est une Naine, et alors ? C'est en gardant rancune du passé que l'on retombe dans les pièges de celui-ci. Comment voulez-vous que nos peuples se fassent une confiance mutuelle pleine si le partage d'un petit bout de trésor entraîne autant de complications. » songeais-je avec amertume. Parfois, ceux qui gênaient mon travail étaient les Elfes eux-mêmes. Certains étaient d'un aveuglement et d'une bêtise sans précédent !
Je disais bien souvent qu'on ne devenait pas diplomate lorsqu'on en obtenait officiellement la charge. On l'était bien avant, et certaines qualités étaient à mon avis nécessaires, que l'on ne pouvait pas acquérir par un apprentissage quelconque.

Je m'approchai de la Naine avec l'eau, la fiole d'herbes et le Lembas.

« Voulez-vous goûter à quelque chose que vous n'aurez certainement jamais l'occasion de remettre en bouche ? » Je montrai les derniers bouts de Lembas. « Ceci est notre pain de voyage, et je vous prie d'en accepter une bouchée !». Tout en lui proposant d'y goûter, mon instinct se mit en alerte. Quelque chose de mauvais descendait vers nous. Quelque chose qui était encore suffisamment loin...pour le moment. Une fois de plus, je ne laissai pas échapper le moindre signe d'inquiétude. Ciara devait garder l'esprit paisible le plus longtemps possible. Cependant, j'espérai que nous pourrions nous remettre vite en route. Je failli même prétexter d'aller cueillir quelques Simples pour courir sans bruit m'enquérir de la nature exacte du danger que je ressentais. Mais même si Arùn était capable de réagir et d'embarquer Ciara au cas où le besoin s'en ferait sentir, je savais qu'elle n'avait pas assez confiance en lui, et je craignais de la laisser seule avec mon ami.


Mirkwood la Déclinante.

Mémoire de mousse et souvenirs d'écorce
les relents du passé traînent dans la brume.
L'eau du fleuve charrie les morts,
leur dernière tombe se mêle aux racines.
Rappelez-vous, mes gens,
chaque pas que vous faites est une goutte de sang !

Verte-forêt, quel nouveau sort t'attend ?
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont chanté.
Combien de temps encore,
les arbres garderont-ils,
la trace d'outre-temps,
des gens de ces bois ?

Comme des piliers en ruine,
nos peuples sont déclinants.
Mirkwood la Belle
et Dame la Nimrodel
se sont jointes à l'azur,
qui s'éteint dans la nuit.

C'est si peu, de se souvenir. C'est si facile, d'en rire.
Les légendes que l'on conte encore, quelle âme leur reste-t'il ?
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MessageSujet: Re: Deux paumées et un infirme   Jeu 13 Avr - 23:02

Je flotte. Les limbes agitent au loin leurs ombres fantomatiques, cherchant à m'attirer dans le brouillard sans retour. Je flotte. La pesanteur qui me retenait au sol n'est plus. Je flotte...

~o~O~o~


Un haut-le-coeur saisit Ciara, et elle sentit avec soulagement son propre poids lui écraser le bras contre la terre meuble. L'elfe Felagund l'avait rejointe en trois bonds, et si elle fut effleurée par l'idée de repousser l'aide qu'il lui imposait, la caresse fut si légère qu'elle ne s'imposa pas à son esprit, aussi accepta-t-elle ce secours avec reconnaissance. Son compagnon l'adossa contre un tronc, tandis qu'elle ne pipait mot, confuse. Sitôt calée contre cet appui salvateur, elle enfonça ses doigts dans l'humus, réflexe khuzdul qu'elle expérimentait un peu trop à son goût ces derniers temps. Ce contact avec le sol lui fit du bien, mais son esprit demeurait fiévreux et embrouillé. Il lui sembla qu'une voix répétait en boucle "Ce sont les nargoles, ce sont les nargoles..."*, mais ces paroles obscures et incompréhensibles furent balayées par la question de son soigneur improvisé.

"Dites-moi...qu'est-ce qui vous tourmentait autant cette nuit ?"

"Je ne peux fermer l'œil au milieu d'une forêt ! Et mille questions me trottaient dans la tête au sujet de ces derniers jours..."

La première phrase avait été prononcée comme une évidence, la seconde plus bas. Sans rien ajouter, laissant l'elfe en penser ce qu'il voulait, la naine avait replongé dans un étourdissement agité et rempli d'illusions.
"Je ne flotte pas, cette fois. Je suis ballottée en tous sens, sans rien maîtriser, et je ne peux distinguer autour de moi que des faciès de cauchemar, des orcs armés jusqu'aux dents qui m'enserrent tandis que je suis toujours secouée comme un lebethron. Il me semble que cela dure des heures entières, comme si j'étais coincée dans une boucle maudite du temps, condamnée à revivre cette scène à l'infini."
Des mots intelligibles parvinrent alors à Ciara, sans qu'elle n'en saisisse bien le sens, en même temps qu'une fragrance pénétrante lui montait aux narines. De nouveau, elle sentit la terre sous ses doigts et la solidité du tronc contre son dos. Elle inspira de toutes ses forces le parfum étrange qui ranimait son esprit et chassait la brume de cauchemars.
La voyant éveillée, le sieur Felagund se mit à débiter un flot de paroles tout en la redressant. Elle tenta de ne pas trop s'appuyer contre lui, mais la mention de la monture démoniaque sur le dos de laquelle elle était condamnée à être perchée suffit à lui couper les jambes et elle laissa une bonne part de son poids reposer sur l'infortuné et volubile être sylvestre. Une fois juchée sur Arùn, "trop calme pour être honnête" à ce qui lui sembla, Ciara rassembla tout ce qui lui restait de forces, de dignité et de trouille pour se tenir droite et agripper ce qu'elle avait sous la main. Une fois l'ensemble de son équipement fixé derrière elle, l'elfe saisit la bride de la bête infernale et celle-ci se mit en branle.

~o~O~o~


La journée entière passa comme dans un rêve. Un rêve plein de malaise et de cahots, mais cela valait toujours mieux que les figures grimaçantes des orcs. Elle n'ouvrit la bouche que pour demander la direction prise par son guide, et la réponse lui suffit pour replonger dans un mutisme prudent. Le pain des elfes accepté à midi lui avait ôté toute sensation de faim, mais non pas cette affreuse nausée qui menaçait de lui faire rendre tripes et boyaux au rythme des sabots de sa monture.

Elle était cependant suffisamment remise pour comprendre que son guide était tendu. Le bavardage auquel il l'avait accoutumée la veille n'était plus d'actualité, et l'elfe jetait de fréquentes œillades à la végétation environnante. Sans relâcher de trop sa prise sur la bestiole à quatre interminables pattes qui la transportait, Ciara remua un peu de manière à sa caler plus confortablement, si l'idée même de confort pouvait exister lorsqu'on était assis sur un CHEVAL, en mouvement qui plus est. Ce faisant, elle jeta un œil à son paquetage, derrière elle, tâchant de passer outre le roulis de la croupe de l'animal. Au moins, en cas de mauvaise surprise, saurait-elle de quel côté lancer sa main pour saisir sa hache... dans l'hypothèse folle où elle oserait détacher ne serait-ce qu'un doigt de sa prise pour cela.


*:
 


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