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 [PV/FB] Mathilda et Blowir

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BlowirNombre de messages : 31
Age : 21
Date d'inscription : 23/08/2017

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Possessions: Un cheval géant du nom de Jörd. Une armure forgée par ses soins et un kabuto noir au croissant de lune scintillant. Une épée immense attachée dans son dos qui fait une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur et dont la largeur dépasse celle de deux têtes humaines.
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MessageSujet: [PV/FB] Mathilda et Blowir   Sam 16 Déc 2017 - 9:48

Prologue


Une main chaude et familière la tira brusquement du lit. Elle ne comprit pas ce qu’il se passait, se demandant pourquoi le visage de son père lui hurlait de se dépêcher ou pourquoi encore sa mère affichait une expression de terreur absolue. Une lueur écarlate et menaçante s’élevait par la fenêtre. De son point de vue elle ne pouvait en distinguer la cause. Tentant de se hisser sur la pointe des pieds, elle fut interrompue par un fracas assourdissant qui retentit contre la porte. Celle-ci, faite de simple bois, vola en éclats, faisant place à un orque.

Ce n’était pas tant le visage du monstre qui la surprit en premier lieu mais plutôt l’agitation à l’extérieur. Au-delà de l’épaule de l’agresseur, le toit des maisons opposées crépitait sous les flammes. Des cris de chaos et de souffrance retentissaient dans les environs.
Face à elle la créature affichait une rage perverse. Ses yeux étaient injectés de sang, ses cheveux en si mauvais état qu’on aurait pu douter de leur authenticité, sa bouche déformée arborait des dents pourries, presque noires. Bien moins noir que sa peau de jais recouverte partiellement de morceaux de fer et de peaux de bête. Son poing serrait une hache de bien mauvaise facture, mais suffisante pour couper en deux un nourrisson.

Il arpenta brièvement la simple bicoque d’un œil. Sa bouche se déforma en un sourire sadique en voyant la petite et innocente fillette. Sans prévenir Il s’avança d’un pas lourd, leva sa lame pour l’abattre sur elle. Au même moment, son père se saisit d’une chaise pour la fracasser dans le dos de l’orque. Celui-ci ne ploya même pas face au choc et se retourna face à ce héros éphémère. Il leva de nouveau sa lame et fît mouche cette fois-ci. Pour la première fois de sa vie, elle prit peur en voyant son père au sol tel un oiseau tombé du nid, un liquide rouge s’échappait de lui. Sa mère porta la main à son cœur et poussa un cri de douleur qui s’arrêta net lorsque la lame s’abattit sur elle sans la moindre once d’hésitation. Sans défense, elle ne put que regarder le monstre en dernier ressort, avec toute l’innocence du monde dans les yeux. Le sourire de ce dernier s’agrandit alors, levant sa hache plus haute qu’il ne l’avait fait pour les deux autres.

La lame toucha le visage de la jeune fille à une vitesse incroyablement lente. Elle ne comprenait pas ce qui venait tout juste de se passer. Se forçant à ouvrir les yeux, malgré le sang qui coulait sur ses joues, elle remarqua la pointe d’une arme dépasser du cou de son assaillant. La bouche de celui-ci laissait échapper quelques crachats de sang puis rapidement un ultime râle d’agonie. Tombant d’abord à genoux, puis s’écroulant totalement, sa lame se déroba et entailla au passage la joue de la gamine. Celle-ci toujours hébétée leva la tête, là où se tenait le monstre quelques instants plus tôt, se tenait désormais une grande silhouette floue. Les couleurs s’estompèrent, sa vision s’obscurcit et rapidement elle sombra dans l’inconscience avec pour dernier souvenir un bras la hissant du sol.
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MessageSujet: Re: [PV/FB] Mathilda et Blowir   Sam 16 Déc 2017 - 9:54

Chapitre 1 - Eau et sang



Une étrange sensation s’empara d’elle. Un inconfort grandissant la tira peu à peu de son sommeil de plomb. Elle se redressa péniblement sur ses coudes et entrouvrit ses lourdes paupières. Devant elle s’étendait son corps finement vêtu. Comme à chaque réveil, ses yeux se focalisèrent sur la marque qui décorait sa cuisse, un cercle avec trois points à l’intérieur. Elle ne connaissait pas la signification de ce symbole mais elle l’avait depuis aussi longtemps qu’elle pouvait s’en souvenir.
Sa peau blanche apparente affichait une certaine horripilation témoignant du froid qui s’était emparé d’elle peu avant son réveil. Pour cause l’édredon à l’écart, preuve d’une nuit agitée. Sa peau ruisselait de sueur en dépit de la température. Sa respiration haletante formait une buée à intervalles réguliers. L’aurore pointait le bout de son nez mais la jeune femme ne pouvait en supporter davantage.

Elle se redressa complètement tant bien que mal et se décida à se lever, s’équipant rapidement de ses effets trônant sur un meuble de fortune non loin de là. Elle recouvrit sa légère chemise de lin blanche d’un corsage à double boutonnage fait d’un cuir sombre et usé. Sa jupe à pli noire descendant aux chevilles vint recouvrir ses jambes longues et fines. Elle s’équipa d’une épaisse ceinture, dont on pouvait distinguer les pommeaux de sept à huit poignards dépasser de la couture centrale, et la plaça telle une bandoulière de cuir ventrale. Une cape touffue vint finalement recouvrir le tout. Sa tenue se voulait discrète, les couleurs tiraient vers le sombre malgré une légère nuance de vert. Une capuche ample lui retomba sur le front lorsqu’elle se décida à s’aventurer à l’extérieur de sa tente.

Au dehors, le ciel était teinté d’un bleu pâle, froid et grisâtre, rappelant les terres désolées du Khand. Le soleil n’était pas encore là. Exceptionnellement, la chaleur habituelle laissait place à un froid doux, presque appréciable malgré son anormalité. Le temps ne se couvrait que très rarement en ces lieux éloignés de tout. Pourtant quand il le faisait, il n’y allait pas de main morte, des nuages noirs se profilaient à l’horizon.

Tout un campement s’était dressé la veille. Un amas considérable de tipis faisait office de tentes. Le campement s’était organisé en cercle et des sentinelles s’étaient relayées toute la nuit pour protéger la compagnie. Au centre se trouvait un immense feu dont il ne restait plus que des braises rougeoyantes. Au-delà des tentes se trouvaient les chevaux et les chariots de marchandises. Les canassons étaient au nombre d’une trentaine, les chariots eux au nombre plus restreint de cinq.

Le campement se tirait peu à peu de sa léthargie matinale. Les marchands commençaient tout juste à sortir de leur abri alors que les mercenaires s’affairaient déjà à démonter le leur. La jeune femme s’empressa de démonter le sien avec une procédure quasi militaire. Aussitôt fini, elle se hâta vers sa monture blanche et noire et lui attacha avec soin son matériel. Alors qu’elle vérifiait attentivement les sangles de cuir, elle sentit une présence approcher dans son dos.

« Aujourd’hui Mathilda tu feras partie des éclaireurs. »

Elle pivota sa tête dans la direction de l’interlocuteur. L’homme se nommait Aldrik, il s’agissait du chef des mercenaires engagés pour la protection du voyage. Le capitaine faisait une tête de plus que tous les autres, sa carrure d’ours reflétait sa musculature colossale. Personne ne se serait risqué à l’attaquer de dos, et encore moins de face. Il avait la quarantaine, les cheveux en bataille tirant du brun au grisonnant, la barbe mal rasée et le visage dur. Il présentait une brigandine de plaque lourde. Dans son dos se tenait une immense épée longue à deux mains. Elle faisait aisément la taille de la jeune femme. Sa tenue restait simple mais sa silhouette impressionnante aurait suffi à déconcerter le plus féroce des ennemis. Ses bras nus montraient des cicatrices lourdes et terribles, témoignage d’un passé belliqueux. Difficilement apercevable à cause des gants de cuir, il lui manquait trois doigts.

De par ses prouesses, il était craint de ses ennemis et respecté, voir adulé, de ses compagnons. Souvent dur dans ses ordres, il se montrait toujours loyal face à ses décisions, un point important que Mathilda aimait chez lui. Elle ne le connaissait que depuis quelques mois, date à laquelle elle avait rejoint ses troupes.
Elle hocha la tête à son attention et celui-ci repartit en direction des marchands. Ils devaient les escorter jusqu’aux gués du Poros. Le voyage s’était déroulé sans accroc jusque-là mais le pire était à redouter à mesure qu’ils se rendaient vers les terres gondoriennes.

La compagnie se remit en route alors que le soleil, étouffé par les nuages, se levait à peine. La température grimpait le jour et chutait la nuit. Laissant souvent des maux désagréables aux plus faibles. C’était le cas de Mathilda, depuis aussi longtemps qu’elle pouvait s’en souvenir elle n’arrivait pas à s’accoutumer au climat, son nez coulait sans arrêt, ses courbatures ne voulaient pas partir et un certain mal du pays l’habitait. Cela avait peut-être un lien avec sa peau étonnamment blanche alors que tous les autres étaient bronzés. Elle aurait aimé être ailleurs mais elle aimait cette vie simple qu’elle menait, loin des gens et des villes.

Pourtant ce jour-ci elle faisait partie des troupes de tête, celles dont dépendait le plus la compagnie.  Son rôle était de faire des allers-retours incessants pour transmettre à Aldrik ce qui attendait le convoi au devant. C’est lui qui commandait à la troupe de Variags, les mercenaires qui escortaient les marchands.
Les nuages noirs se dirigeaient en plein sur eux et ils ne pourraient les éviter. Ce n’est que lorsque midi passa que le premier coup de tonnerre retentit loin au-dessus de leur tête. Le vent était aux abonnés absents et très vite une pluie diluvienne s’abattit sur eux, violente et incontrôlable. Les éclairs lancinaient les cieux de leur passage éphémère, une scène rare dans le Khand pour ne pas dire invraisemblable.

La jeune femme ne put que s’emmitoufler tant bien que mal dans sa cape touffue, manœuvrant son destrier d’une main tremblante. Elle rapporta ses mots à Aldrik, les lèvres tremblotantes, et s’élança une énième fois alors que la pluie battait son plein. Elle galopait à vive allure sous l’eau qui ne semblait vouloir s’arrêter. Menant son cheval loin devant, bien plus loin que ceux des autres elle s’aventura jusque dans des collines de terre rouge où des rigoles d’eau et de boue ralentissait sa progression. Un mauvais sentiment s’empara d’elle et aussi elle continua de s’avancer dans ces terres désertes où seule la pluie était maître. Aussi loin qu’elle allait, ce sentiment ne la quittait pas. Elle traversa maintes collines et alla par monts et par vaux, mais elle ne découvrit rien qui confirmait ses doutes. Inquiète d’être partie trop loin elle se hâta de revenir vers le convoi à toute allure.

En chemin une chose l’intrigua. En temps normal elle aurait croisé au moins un de ses compagnons éclaireurs mais cette fois-ci rien. Elle surplomba la colline la plus haute, pour se donner une vue plongeante sur la compagnie. Ce qu’elle vit la fit frissonner.
En contrebas, des corps par dizaines jonchaient le sol. Tout aussi bien des chevaux que des mercenaires ou des marchands. À ces corps se joignaient ceux des hommes que Mathilda reconnut instantanément, les Gens-des-chariots. Ils se livraient une guerre impitoyable avec les Variags dont la jeune femme faisait partie. Leurs ennemis arboraient des longues lances d’au moins 3 mètres ainsi qu’un grand bouclier de fer doré les protégeant intégralement.

La situation était alarmante, il ne restait plus qu’une demi-douzaine de mercenaires pour une vingtaine d’assaillants. Parmi les hommes encore debout se tenait Aldrik couvert de sang. Il tenait tête à quatre ennemis à la fois. Derrière lui, un mercenaire se fit embrocher d’un coup de lance qui lui traversa la poitrine.
Très vite il ne resta que trois hommes debout contre la vingtaine qui les encerclait. Les Gens-des-chariot formaient un cercle impénétrable et piquaient avec hargne les jambes des trois comparses. Mathilda était loyale mais pas folle. Elle tenait à la vie et se jeter dans le tas était la dernière chose qu’elle aurait fait. Elle regarda la scène avec effroi, attendant l’ultime dénouement.

Le capitaine des Variags, Aldrik, se saisit soudainement d’une lance qui le menaçait à mains nues et la tira vers lui avec une force telle qu’il fit vaciller en avant son attaquant. Il tira si fort que l’ennemi se retrouve à portée de main du capitaine. Ce dernier empli de rage attrapa l’homme par le cou de sa main gauche et le souleva de terre comme s’il ne pesait rien. Les plus proches purent entendre un vif craquement d’os, les bras de l’homme tombèrent flasques. Il venait de mourir en un battement de cœur.

Toujours d’une main de fer, Aldrik souleva le corps devant lui et s’en servit de bouclier contre les lances qui lui faisait barrage. Il s’avança ainsi, mètre après mètre, se rapprochant du cercle lentement. Lorsqu’il fut suffisamment proche il leva son épée longue d’une seule main et d’un coup fulgurant il décapita trois hommes d’un coup net. Ses assaillants firent un pas de recul et les plus hargneux vinrent se heurter à sa lame qui semblait couper de l’herbe. Les deux autres Variags se tenaient aussi proche de leur capitaine que possible.

L’un tenait un arc de fer d’une longueur ridicule. Il était si petit qu’il se servait d’aiguilles plutôt que de flèches. Avec une précision sans pareil il visait tour à tour les maigres interstices des armures ennemies. Moins démonstratif que son capitaine, il faisait tout autant de ravage. Touchant alternativement un genou, des yeux, un coude, il semblait anticiper les mouvements de chacun. Il tenait à distance ceux qui s’approchaient de trop près d’Aldrik.
Enfin le dernier Variag était désarmé. Proche du capitaine également, il ne portait aucune arme apparente. C’était lui que les Gens-des-chariots visaient le plus après le chef des Variags. Des lances de toutes parts se dirigeaient vers lui, et pourtant il les esquivait sans relâche. Tantôt se jetant au sol, tantôt d’un coup de rein. Aucunes armes ne semblaient pouvoir le toucher, elles déviaient toutes à son approche. Il ne faisait aucun dégât parmi les assaillants mais il les occupait pendant que les deux autres s’occupaient du gros des ennemis.

Il ne restait plus qu’une dizaine d’ennemis et le cercle qu’ils avaient formé n’avait pas tenu bien longtemps face à la férocité d’Aldrik. Celui-ci abattit son épée d’un violent coup sur le crâne d’un pauvre malheureux dont les jambes étaient tétanisées. Sa tête fendue en deux laissa échapper un geyser de sang. Le capitaine balança de sa main gauche le cadavre-bouclier sur un autre et embrocha les deux corps de son épée longue avec rage.
Pendant ce temps-là l’archer était aux prises avec un adversaire récalcitrant. L’homme-des-chariots se tenait derrière son bouclier, se cachant des aiguilles meurtrières et tentant de piquer le Variag quand celui-ci bandait son arc. Alors qu’il le tenait en joue, un autre assaillant s’avança vers eux et chargea vers l’archer, celui pivota sur lui-même et d’un geste aussi précis que fluide, décocha une flèche au milieu de son visage. Il sortit de nouveau une flèche de son carquois avec une rapidité déconcertante et sans que son adversaire ne puisse faire un mouvement il le tenait en joue de nouveau.

Enfin le dernier mercenaire toujours désarmé, jouait des hanches pour esquiver les lames ennemies. Par mégarde, son pied glissa sur le sol et il se retrouva en difficulté face à deux lances. L’une s’approcha de lui mais fut stoppé net par Aldrik qui venait en renfort. Ce dernier en avait fini avec ses assaillants. Il se plaça entre la lance et l’autre mercenaire et se prit l’arme en plein flanc droit. Insensible au choc, il retira l’arme comme s’il ne s’agissait que d’une écharde et la jeta au loin. Il s’avança vers l’ennemi d’un pas déterminé.
Celui-ci se cachait derrière son bouclier et comme pour le premier, il fut saisi à la gorge. Sa vie le quitta de la même manière, si ce n’est que son corps fût envoyé sur le second individu qui tenta de fuir. Le corps lui tomba dessus tel un caillou au fond de l’eau et incapable de bouger il se fit transpercer par l’épaisse lame du capitaine.

Le seul et dernier adversaire debout était celui dissimulé derrière son bouclier que l’archer tenait en joue. Aldrik hurla de rage à son intention et planta son épée dans le sol, il s’avançait avec fureur vers l’homme. Ce dernier le vit arriver et pivota son écu pour lui faire face, laissant le champ libre à l’archer qui voyant son capitaine ainsi, baissa son arc et observa. L’homme planta sa lance dans le flanc ensanglanté du capitaine mais cela ne l’arrêta pas dans sa course, bien au contraire.
Il redoubla de rage et désarma l’homme à mains nues. Il envoya valdinguer le bouclier et la lance au loin et comme pour les deux précédents il le prit à la gorge et cette fois-ci, d’une puissance monstrueuse, il plaça une main sur sa tête et une autre sur son buste. Il tira les deux dans des directions opposées avec une telle force que ses muscles saillaient. La peau de l’homme se tendit et se déchira sous la pression, un hurlement atroce retentit à mesure que le capitaine lui tirait le crâne. Sa tête disloquée finit par se détacher de son cou après une longue minute d’effort. D’un ultime mouvement, Aldrik décolla sa tête et l’envoya au loin.

Mathilda ne pouvait en soutenir autant, elle détourna le visage et dû se faire bataille pour ne pas régurgiter. Le chaos venait enfin de cesser, la pluie elle continuait à tomber drue. La jeune finit par avancer au trot vers son chef. Celui-ci en l’entendant arriver la dévisagea un instant et reporta finalement son attention sur le carnage sanglant. Elle le regarda curieuse et voyant qu’il ne faisait aucun geste, elle se décida à lui appliquer un onguent sur ses blessures que la pluie nettoyait.
Le capitaine était en piteux état. N’importe quel homme aurait succombé à de tels maux mais pas lui. Il avait un trou béant dans le flanc où deux lances l’avaient perforé. Ses jambes également montraient de nombreuses marques de piques. Cela aurait suffi à tuer n’importe qui. Pourtant lui se tenait debout, la mâchoire serrée et le poing fermé.

L’archer quant à lui ne montrait aucune blessure sérieuse hormis ses cuisses, qui comme pour celles d’Aldrik portaient de nombreuses estafilades. Le troisième homme était comme miraculé, il n’avait aucune blessure apparente. Seulement quelques égratignures. Toutefois si le capitaine n’était pas intervenu il y serait certainement passé.

L’atmosphère se faisait lourde, pesante. Les trois mercenaires attendaient un signe de la part de leur chef mais celui-ci resta muet. Au bout d’un moment qui sembla une éternité il finit par se tourner vers Mathilda.

« Au moins tu es restée, les autres ont déguerpis en les voyant arriver. »

Elle ne comprit pas immédiatement puis elle finit par saisir qu’il parlait des autres éclaireurs.

« Je ne vous ai été d’aucune utilité, je suis resté dans mon coin comme une lâche, la peur au ventre, dit-elle craignant la réaction de son chef.
-Tu es là et c’est tout ce qui compte. Notre mission ici est terminée. Réunissez vos affaires, nous irons tout de même aux Gués du Poros pour apprendre la triste nouvelle à nos commanditaires. »

Les trois opinèrent et se mirent en quête de ce qui pourrait leur servir parmi les restes de la bataille. Aldrik resta à l’écart, contemplant le visage des hommes qu’il avait connus.
Mettant pied à terre, Mathilda marcha au milieu des corps à la recherche d’un quelconque objet utile. Elle prit soin de ramasser les bourses, elles lui seraient plus utile à elle qu’à des morts. Hormis des pièces elle ne trouva rien. Elle se dirigea finalement vers les chariots qu’ils devaient initialement escorter. Le premier ne contenait que des épices et des mets exotiques que la pluie avait déjà commencé à ravager. Le second chariot attira son attention, il contenait des armes en tout genre, en majorité des épées mais également des haches et des marteaux de guerre.

Alors qu’elle s’apprêtait à inspecter le troisième chariot, une arme retint son regard. Elle ressemblait à s’y méprendre à celle d’Aldrik, pourtant un sceau était inscrit sur la lame. Le symbole ressemblait trait pour trait à celui tatoué sur le corps de la jeune femme. Le même cercle avec les trois points noirs. Elle s’en empara et la dissimula avec le plus grand soin dans sa cape. Heureusement pour elle son vêtement était long, mais elle peinait à se déplacer à cause du poids de l’arme.
De retour à son capitaine, l’archer était déjà là, silencieux, sur son cheval. Tous les deux fixaient encore le carnage avec une mine fermée. Après plusieurs minutes, le dernier mercenaire les rejoignit, Aldrik se décida alors à parler de nouveau.

« Mettons-nous en route, avec un peu de chance nous pourrons arriver avant la nuit. »

Durant l’attaque, presque tous les chevaux étaient morts, seuls restaient celui de Mathilda et de l’archer. Ce dernier fit de la place pour aider son comparse à monter. La jeune femme se prépara à faire de même mais son capitaine hocha la tête de droite à gauche.

« Je ne pourrais pas monter sur ton cheval Mathilda, mon poids ferait chuter ton cheval au bout de dix minutes. Je vais courir derrière. »

Hébétée, la jeune femme s’apprêtait à rétorquer mais son commandant partait déjà au trot. L’archer le suivit aussitôt au même rythme. Elle regardait son capitaine qui évoluait ainsi.
De quel bois est-il fait, pensa-t-elle, blessé comme un mourant il cavalait comme si de rien n’était.
Abasourdie elle le regarda s’éloigner, il avançait à vive allure. Elle décida de s’élancer à sa suite, toujours tremblante de froid.
Alors que le soleil commençait tout juste à décroître dans le ciel, Aldrik ne présentait toujours aucune trace de fatigue, courant avec la même volonté de fer depuis des kilomètres. Durant ce trajet, Mathilda apprit que le nom de l’archer était Bjorg, le troisième homme lui s’appelait Crocker.
Ils étaient tout deux issus du même village et se connaissaient bien avant de s’être engagé auprès de la légion de mercenaire. Contrairement à Bjorg qui était une personne avenante, sociable et dévoué, Crocker était une personne froide qui parlait peu. La seule chose qu’il eut évoquée du trajet fut uniquement son nom lorsque Mathilda lui eut demandé.

Crocker avait une courte chevelure blonde qui lui donnait un air farouche. Cet aspect était renforcé par son regard froid qui ne le quittait pas. Comme Mathilda, Bjorg avait les cheveux de jais. Il était de trois ans l’aîné de Crocker et de six ans celui de Mathilda. Il avait une profonde cicatrice à la joue qui s’étirait à chaque fois qu’il parlait. Crocker lui ne présentait aucunes aspérités, seul son regard perçant dégageait une sensation de dureté.
Après des heures de chevauchée, la pluie cessa enfin. Le soleil en fit rapidement de même, disparaissant derrière l’horizon. Peu après le ciel entama sa coloration foncée. Au détour d’une énième colline, ils aperçurent des lumières au loin.

« Sûrement Arzawa, dit Aldrik essoufflé, dépêchons-nous ou bien nous ne pourrons pas nous arrêter pour la nuit ».

À ces paroles, ils redoublèrent l’allure, le capitaine peinait à suivre. Épuisé et blessé il arrivait difficilement à poser un pied devant l’autre. Au bout d’une heure ils parvinrent en vue des portes de la cité. Les gardes s’apprêtaient à fermer la herse. Hâtant le pas, Aldrik se dirigea vers le plus vieux d’entre eux.

« Holà, gardes d’Arzawa. Mes compagnons et moi-même aimerions passer la nuit en ces murs.
Le garde ventru le regarda avec un rictus hautain.
-Et on pourrait savoir pourquoi on vous ferait ce plaisir ?
-Allons allons mon ami, je suis certain que vous trouverez une raison suffisante pour nous laisser entrer, dit Aldrik en sortant une pièce d’or.
Le regard du garde étincela et un sourire niais naquit du coin de sa bouche.
-En effet je pourrais trouver une bonne raison mais cela risque de prendre du temps…
Aldrik sortit une poignée de pièce qu’il lui fourra dans la paume. Le regard abasourdi du garde en disait long. Regardant tour à tour sa main puis Aldrik, il finit par lancer un ordre à un autre garde et la herse se releva pour les laisser passer.
-Soyez les bienvenus à Arzawa mes seigneurs. »
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MessageSujet: Chapitre 2 - Sueur et savon   Mar 19 Déc 2017 - 20:03
Attention, certains passages peuvent ne pas convenir à un public jeune (mineur) ou sensible.
C'est pourquoi je déconseille fortement à ceux qui ne sont pas majeurs ou ceux qui sont fragiles de ne pas lire le texte dans les spoilers.


Chapitre deuxième – Sueur et savon


Franchissant le pas de la porte, la rue principale leur fit face. La ville, bien que fortifiée, était sale et l’on pouvait distinguer très clairement, malgré la nuit sans lune, des mendiants assis sur la chaussée. Une odeur immonde vint se frotter aux narines de la jeune femme. Comme d’un commun accord, ils se mirent tous à inspirer par la bouche, se refusant à utiliser leur organe nasal.

Des gens en tout genre déambulaient sur le pavé rendu moite par la pluie, des soldats, des pauvres en guenilles ou encore des femmes légères qui se collaient avec vigueur aux piétons les mieux habillés. Ils passèrent incognito dans cet amoncellement populaire, en effet ils portaient encore leurs haillons militaires que la bataille avait sus leur offrir. Seule Mathilda présentait une tenue respectable. Toujours sur leur cheval, ils suivirent Aldrik qui semblait connaître les lieux.

« Trouvons une auberge, nous aviserons de la suite là-bas. »

Ils suivirent leur capitaine sur ces mots. Après plusieurs minutes à se faufiler entre les gens le long de l’avenue principale, ils débouchèrent sur un quartier moins insalubre que ne l’était l’entrée de la ville. Le pavé était plus propre et plus aucun mendiant ne traînait dans les alentours. Également la présence des soldats était plus forte, presque à chaque coin de rue se trouvait au moins un troupier. Leur uniforme était doté d’une bourguignotte ornée d’une touffe de poils gris, des épaulières de cuir foncé, une cotte de maille surmonté d’une sorte de chemise de lin noire qui arborait le sigle de la ville. Une épaisse ceinture, à laquelle un glaive rangé dans un fourreau y était attaché, venait joindre le tout. Ils étaient tous armés d’une lance semblable à celle des Gens-des-chariots mais dont la pointe différait. On pouvait aussi apercevoir une bandelette grise accrochée à la hampe de l’arme.

Quelques patrouilles arpentaient les rues à un rythme militaire. À peine eurent-ils passés le seuil du quartier qu’un garde vint à leur rencontre. Curieusement il se montra courtois avec eux, un fait rare pour être souligné.

« Bonsoir messieurs-dames ! Puis-je connaître la raison de votre venue ici ?

-Nous cherchons simplement un toit pour la nuit, ni plus ni moins, répondit Aldrik.
-Sans vouloir vous manquer de respect je doute que vous ayez les moyens de passer une nuit ici sieur… ?
-Aldrik, répondit l’intéressé.
À ces mots il plaça de nouveau une poignée de pièce d’or dans la paume de l’homme qui aussitôt s’inclina face à lui.
-Veuillez me pardonner, je vous ai mépris pour des fouteurs de trouble. Si vous voulez bien m’excuser.
Il sortit une petite note de sa ceinture qu’il griffonna un instant d’une plume minuscule. Il termina par apposer un tampon sur le papier qu’il tendit à Aldrik.
-Voilà, ceci est un laissez-passer qui vous permettra de circuler librement dans ce quartier. Si un soldat vient à vous questionner montrez lui ce papier. Il est valable tant que vous séjournez ici. En cas de problème, demandez le capitaine Charles et je viendrais réguler la situation.
Jetant un rapide coup d’œil aux trois autres, il répéta l’opération et leur tendit à chacun le même mot.
-Puissiez-vous prendre du plaisir dans le quartier sud d’Arzawa messieurs-dames »
Il s’inclina et s’éclipsa rapidement. Mathilda le regarda s’éloigner jusqu’à un coin de rue. Elle était étonnée de voir avec quelle différence ils avaient été traités par ce garde par rapport à celui rencontré plus tôt.

Ils reprirent leur chemin, s’enfonçant toujours plus profondément dans les dédales des rues. Ils s’arrêtèrent à une auberge d’où la lumière perçait à travers les fenêtres. On pouvait aisément deviner à la taille de la masure qu’elle abritait deux étages, peut-être même un troisième si les combles étaient aménagés. Le bâtiment en forme de U, abritait en son sein une cour de graviers blancs. Au centre de celle-ci se tenait un mât taillé d’un bois solide, à son sommet un écriteau contenait les mots « Le tonneau luisant ».

Aldrik leur fit signe de rester à l’extérieur. Il pénétra le bâtiment et après quelques minutes il en ressortit, accompagné de deux jeunes filles.

« Elles vont s’occuper des chevaux, entrez. »

Les jeunes filles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau à la seule différence que l’une était blonde et l’autre châtain clair. De la même corpulence que Mathilda, elles étaient d’une tête de moins. Toutes deux étaient coiffées d’un chignon dont dépassaient des baguettes de bois noir. Noir tout comme la mousseline de soie dont elles se vêtaient. Sur leur crâne se tenait une coiffe blanche en dentelle. La blonde avait des yeux d’un vert émeraude, tandis que ceux de la brune étaient un bleu perçant. Crocker aussi avait le regard affûté mais l’expression qu’il dégageait était diamétralement opposé. Lui ne renvoyait que froideur alors qu’elles débordaient de joie de vivre. Cela était renforcé par le sourire qu’elles affichaient à leur égard. À en juger par leur visage elles devaient avoir quelques années de moins que Mathilda.

Celle-ci mit pied à terre et tendit la bride de sa monture à l’adolescente qui lui faisait face. Elle suivit Aldrik et accompagnée de Bjorg et de Crocker elle franchit la porte de l’établissement. La salle était immense. Un comptoir courait le long d’un mur tandis que la majorité de la salle était emplie de chaises et de tables vides. Dans l’entrée se tenait une cage d’escalier de bois qui, sans équivoque, menait au deuxième étage. À l’autre bout de la salle on pouvait distinguer la bouche d’un couloir qui s’enfonçait dans le bâtiment. La salle principale était déserte et dégageait un silence religieux, presque mortuaire.

Au comptoir se trouvait une grande femme, d’une tête de plus que Mathilda et derrière elle une porte qui devait conduire vers les cuisines. Elle avait les cheveux bruns et portait la même tenue que celle des servantes, à la seule différence que la sienne était plus échancrée au niveau de la poitrine. À en juger par sa ressemblance flagrante, Mathilda devina qu’il devait s’agir de la mère des jumelles. Néanmoins sa beauté n’avait rien à leur envier, elle devait avoir la trentaine et pourtant elle renvoyait un sourire charmeur qui aurait fait tomber le plus pieux des hommes.
Avec une indifférence totale, Aldrik s’avança vers elle et sans même lui prêter attention il déclara :

« Concernant les chambres… »
Il s’arrêta et lança un bref regard à Mathilda.
« Concernant les chambres nous en prendrons deux. Un dortoir et une chambre à part. »
À ces mots il farfouilla l’intérieur de son manteau et en ressortit une bourse énorme qui faisait facilement deux fois la taille de celle de Mathilda. Il la posa sur le comptoir à l’intention de l’intendante. La femme regarda son interlocuteur et son sourire naturel s’agrandit. Elle empocha l’argent non sans avoir compté mentalement les pièces qui s’y trouvaient.
-Est-ce que ce sera tout ?
-Non, je vous règle avec cela la note pour les différents repas à venir, déclara le capitaine pensif.
Il sortit une seconde bourse, plus respectable cette fois-ci, et la tendit à l’aubergiste qui répéta son mouvement pécuniaire.
-Le dîner vous sera préparé d’ici une heure, s’exclama-t-elle d’une voix enjouée. Si vous désirez patienter dans vos chambres je viendrai vous chercher. Mes filles vont vous montrer. Ringa ! Anzu ! »

Sur ces paroles, les deux servantes rencontrées précédemment apparurent dans l’encadrure de la porte principale, celle aux cheveux foncés fit signer à Mathilda de la suivre, tandis que la blonde se chargea des trois autres. Elle se saisit d’un candélabre posé sur un meuble et accompagnée de la mercenaire elle grimpa les marches d’un escalier qui se trouvait non loin. La servante l’emmena au second étage. Contre toute attente, l’endroit se révélait plutôt luxueux, bien plus que ce à quoi Mathilda était habitué. Le sol luisait d’un parquet clair. Une plaisante senteur de bois flottait dans les airs. Le second étage était principalement constitué d’un long couloir où s’alignaient les portes d’une dizaine de chambres. Au bout du couloir, une porte à la couleur différente se différenciait du reste. La servante l’amena à une chambre située au milieu du couloir. Elle sortit de sa robe un trousseau de clefs et sans se tromper elle déverrouilla la serrure du premier coup.
« Vous voilà arrivée mademoiselle, annonça la servante.
-Je vous remercie, cela m’est plus que suffisant.
La domestique lui tendit son chandelier et alors qu’elle tournait les talons, Mathilda ne put se retenir et lui posa la question.
-Dis-moi hum…
-Ringa, rappela la servante.
-Ah oui ! Dis-moi Ringa, est-ce que vous possédez un endroit où je pourrais… disons… me laver ?
La servante sourit amusée et pointa du doigt la porte au bout du corridor.
-C’est là-bas mademoiselle, désireriez-vous prendre un bain maintenant ?
La mercenaire renversa sa tête en arrière un instant, songeuse.
-Non, après dîner si cela est possible.
-Très bien, je vais signaler cela pour que votre bain soit prêt à ce moment là mademoiselle… ?

-Mathilda, répondit la principale intéressé avec un sourire amusé.
-Votre bain vous sera préparé à l’heure mademoiselle Mathilda, je vous laisse à vos occupations. »

À ces mots la jeune servante pivota sur elle-même, non sans s’incliner respectueusement au préalable, et s’enfonça dans la cage d’escalier. La mercenaire n’était pas habituée à tant de courtoisie et de bienséance. Elle ne se sentait pas à sa place ici, elle aimait rester simple.
Pourquoi diable Aldrik m’a-t-il pris une telle chambre, pensait-elle en son for intérieur.

La jeune femme reporta son attention sur sa chambre, se demandant combien celle-ci avait coûté en réalité. Comme pour le couloir, le sol de la pièce était d’un bois clair, le même parfum ondulait dans les parages. Les murs de la chambre, mauves, contenaient différents tableaux en tout genre. Ils représentaient tous des paysages inconnus et lointain que Mathilda n’aurait su reconnaître. Au centre de la chambre, un grand lit imposant trônait. Il était si grand que l’on aurait pu y faire dormir trois Aldrik sans problème. Elle se sourit, pensant à cette situation improbable. En repensant à lui elle se demanda combien cela lui avait coûté en réalité. Elle finit par hausser les épaules, après tout dormir sur un lit était tout ce qui lui importait. Prenant soin de refermer la porte à clef, elle retira sa cape épaisse et la posa sur son lit. Elle déposa également l’épée qu’elle avait ramassée tantôt et massa son dos endolori par le poids de l’arme. S’aidant du candélabre elle examina la lame avec intérêt.

Le mystérieux motif qui l’ornait était sans aucun doute le même que celui qui se trouvait sur la jeune femme. Il n’était pas peint sur l’acier mais y était inscrit en un métal d’une couleur différente que celle du reste de la lame, comme s’il avait été forgé au moment de sa création.
L’arme était magnifique mais elle pesait son poids. À se demander comment Aldrik pouvait courir comme un forcené avec un tel paquetage, blessé qui plus est. Elle rangea l’épée dans son fourreau et la planqua parmi les plis de sa cape sur le lit. Elle s’avança vers la fenêtre et scruta la rue.
Au dehors, le calme régnait en maître. De temps en temps on pouvait apercevoir quelques soldats qui patrouillaient par-ci par-là mais en dehors d’eux, personne. Un quartier bien différent de celui se trouvant à l’entrée de la ville. Ses yeux revinrent à la pièce et elle se remémora l’horrible journée qui s’était déroulée. Des scènes du carnage allaient et venaient dans ses pensées.

Elle se remémora l’affrontement entre Aldrik et les Gens-des-chariots et toute la violence dont son capitaine était capable. Depuis qu’elle l’avait rejoint ils n’avaient jamais eu besoin de se défendre de la sorte mais maintenant qu’elle savait à quoi s’en tenir elle était contente de l’avoir de son côté. Si une vingtaine de soldats n’avait pu venir à bout d’Aldrik alors elle n’y parviendrait jamais. Surtout qu’il semblait être fait d’acier, ses blessures n’avaient eu qu’une très faible emprise sur lui lors du trajet jusqu’à Arzawa. Mathilda songea à ces blessures et espéra malgré tout que son capitaine en guérirait bien vite.

Elle reporta son attention sur la décoration se concentra à fouiller la pièce, pour une fois qu’elle dormait dans un endroit de luxe elle n’allait pas se priver. Dans l’armoire des habits de nuit, la commode ne contenait rien d’autre que le candélabre et quant à la table de chevet elle y trouva un bouquin de poche. Ayant appris à lire que très tard elle déchiffra difficilement le titre de « Sourde oreille et patte grise ». N’ayant aucun attrait pour la lecture, elle le feuilleta distraitement. Une feuille volante s’échappa du livre et tomba à ses pieds. Curieuse elle la ramassa, une écriture cursive et petite faisait mention de mots qu’elle n’arrivait pas à comprendre.
Un « toc toc toc » se fît entendre à la porte. Mathilda se leva et fourra le papier dans sa poche avant de se diriger vers l’entrée. Déverrouillant d’un tour de clef, elle l’ouvrit et se retrouva nez à nez avec la même servante qui lui avait fait visiter.

« Mademoiselle Mathilda, on me fait porter à vous que le dîner est servi, nous nous excusons du retard. »

Elle s’inclina encore une fois, et s’engagea dans le couloir. Mathilda lui emboîta le pas, non sans oublier de verrouiller sa porte. Elle l’emmena dans la même pièce où elle était arrivée. Déjà attablés, Bjorg et Crocker discutaient à faible voix. Lorsqu’elle vint s’asseoir à leur côté ils se turent. Bjorg lui lança un grand sourire amicale tandis que son comparse regarda ailleurs, gêné.

« Alors, la chambre est confortable, questionna l’archer.
-Oui je n’ai pas à me plaindre, mais qu’en est-il de vous ?
-Un simple dortoir tu sais ce que c’est, des lits camps ni plus ni moins, répondit Bjorg toujours souriant.
-Quoi ? Vous dormez dans un simple dortoir ? Pourquoi Aldrik m-a-t-il... »

Ses mots se transformèrent en un gazouillis inaudible lorsque l’intéressé fit irruption dans la grande salle. Il avait changé de vêtements et affichait une mine rafraîchie. Il s’assied à côté de Mathilda, posant ses bras massifs sur la table. Il dégageait un parfum musqué que la jeune fille ne lui connaissait pas. Cette puissante flagrance ne la laissa pas indifférente et elle dût se faire violence pour rester tranquille. Ses yeux rivés sur son capitaine, elle remarqua que ce dernier avait bandé ses plaies et qu’il ne témoignait d’aucun handicap. Tout comme Bjorg il la questionna sur sa chambre et alors qu’elle s’apprêtait à lui demander des explications, la domestique blonde s’avança vers eux, un plateau de chopine à la main. Elle le déposa sur la table avec le plus grand soin.

« Ma mère souhaiterait connaître vos goûts concernant le plat du jour. Avez-vous des objections au rôti de bouquetin ? 
Ils nièrent tous d’une même voix et la virent s’éloigner après une rapide courbette. Une fois hors de vue, Aldrik leva sa chope et déclara :

« Cette journée n’a pas été de tout repos et je m’en excuse. J’ai failli à ma mission de capitaine en laissant nos camarades mourir. Si vous désirez démissionner après ce qui s’est passé aujourd’hui, je comprendrais et je ne vous en tiendrais pas rigueur. »

Ses mots laissèrent place à un lourd silence. Entre Mathilda, Bjorg et Crocker, aucun ne désirait quitter la compagnie d’Aldrik.

« Vous avez fait votre choix et je m’en souviendrai. Je ne laisserai pas cette tragédie se réitérer et je ferai en sorte que nos compagnons ne soient pas mort en vain. Mes amis, faisons désormais une minute de silence, à nos frères tombés au combat. »

Ils levèrent leur chope  et baissèrent la tête gravement. L’instant fut si long que Mathilda en oublia ses questions au sujet de la chambre. Elle laissa ses pensées vagabonder. Elle pensait toujours au désastre. Ses sentiments étaient partagés entre la tristesse et la honte. Elle s’en voulait de ne pas avoir agi alors que ses camarades étaient tombés. Ce sentiment de trouble enveloppait chacun de ses raisonnements. Elle se jura intérieurement que jamais plus elle ne fuirait au combat, jamais plus elle n’abandonnerait ses alliés, et cela commençait par la volonté de devenir plus forte.

Elle repensa à l’épée qu’elle avait trouvée dans un chariot. Ce symbole était un puzzle qu’elle n’arrivait pas à résoudre. Toute sa vie elle avait regardé son tatouage avec curiosité, elle avait même demandé à de nombreuses personnes sa signification. À chaque fois la même réponse en ressortait : aucune idée. Avec cette épée l’énigme était relancée et elle comptait bien la résoudre, aussi longtemps que cela lui prendrait. Elle réfléchit à ce qu’elle pourrait entreprendre pour lever le voile sur ce mystère mais elle avait déjà tout essayé. Les bibliothèques, les érudits ou encore les archives. Elle s’y rendait dans chaque nouvelle ville qu’elle arpentait, mais le résultat avait toujours été le même jusqu’alors. C’était une des raisons qui l’avait poussé à rejoindre la troupe d’Aldrik, elle pouvait ainsi aller de cité en village tout en gagnant sa vie. Ses trajets l’avaient rendu plus forte, lui enseignant les durs travers du métier de mercenaire.
Alors qu’elle se perdait dans les méandres noueux de son esprit, Aldrik la tira de sa rêverie en reprenant la parole :

« Demain j’irais voir nos commanditaires pour leur apprendre la nouvelle. Il me faut aussi envoyer du courrier c’est pourquoi nous resterons ici quelques jours de plus. Vous avez donc quartier libre pour demain et pour les jours qui suivent. Je vous demanderai toutefois de me prévenir de vos occupations si jamais il m’arrivait à vous chercher. Mais nous en parlerons demain. Pour le moment, mangeons ! »

Les sœurs débarquèrent en trombe, soulevant péniblement une immense soucoupe d’acier blanc dont on voyait dépasser un morceau de viande conséquent. Avançant difficilement sous le poids de l’écuelle, elles menaçaient de chavirer à tout instant. Bjorg se leva de sa chaise d’un coup d’un seul et se précipita pour les aider. À eux trois ils parvinrent à déposer le plateau sur la table sans encombre. Les jumelles adressèrent de respectueux remerciements au mercenaire avant d’enchaîner avec le nom du plat.

« Rôti de bouquetin accompagné de betterave crapaudine à la vapeur, de carottes jaunes fumés et de tubercules de topinambour grillées au feu de hêtre. Le tout recouvert de feuilles de pourpier et saupoudré d’estragon. »

À ce nom verbeux se joignait un fumet exquis. L’odeur suffisait à mettre l’eau à la bouche aux quatre convives. Apportant avec précipitation un paquet de couvert et d’assiette en porcelaine, la brune renversa par étourderie une assiette sur Crocker. Elle se précipita sur lui pour s’excuser et retirer les morceaux de porcelaine qui s’étaient brisés. Le visage de la servante ne se trouvait qu’à quelques centimètres de celui du jeune homme lorsqu’elle eut fini. On vit le rouge monter aux joues de l’homme qui, comme à son habitude, détourna le regard. Il se reculait au plus profond de son siège, tentant d’échapper à la servante.

Elle s’éloigna avec sa sœur, non sans s’incliner d’abord, en direction des cuisines. Lorsqu’elles disparurent de leur champs de vision, Crocker poussa un soulagement perceptible à l’oreille de tous. Bjorg le regarda avec amusement et s’occupa de remplir les assiettes des uns et des autres.
Le repas se passa calmement, quelques mots furent échangés mais aucun débat n’enflamma la soirée. Mathilda apprit de la bouche d’Aldrik qu’Arzawa était une ville portuaire grâce au Poros qui traversait le quartier nord de la ville. Le quartier riche, où ils se trouvaient actuellement, se tenait au sud et le quartier pauvre, l’entrée de la ville, se trouvait à l’est. Lorsqu’elle posa la question, Aldrik lui répondit que le quartier ouest regroupait les bâtiments administratifs et culturels. Leur capitaine leur apprit qu’il avait vécu quelques années dans cette ville et qu’il la connaissait plutôt bien malgré ses travaux récents.

Une fois les verres vides et les ventres pleins, ils se levèrent de table et se dirigèrent vers leur lit respectif. Mathilda, désireuse de prendre un bain, se dirigea vers l’arrière de la grande salle où elle supposait que le personnel se trouvait. Étonnamment cette salle était déserte. Il s’agissait des cuisines. Des assiettes empilées et des étagères pleines de nourritures remplissaient la majeure partie de l’espace, sur les côtés, des fourneaux de toute taille et des ustensiles tous plus différents les uns que les autres décoraient les murs. Alors qu’elle s’apprêtait à quitter les lieux, elle sentit un objet sous sa semelle. En se penchant elle remarqua un ruban bleu, qui ressemblait à s’y méprendre à celui que portait les jumelles. Elle le fourra dans sa poche et retourna dans la salle principale de nouveau vide. Sans autres options elle grimpa l’escalier deux à deux et se dirigea vers sa chambre. Au passage elle s’aperçut que la porte du bout du couloir était entrouverte. Il devait s’agir très certainement des servantes qui préparaient son bain.

Elle déverrouilla la serrure et pénétra dans sa chambre. Elle se sentait repue et fatiguée, elle s’allongea de tout son long sur l’immense matelas et sortit de sa poche le ruban précédemment ramassé. Il était de plutôt bonne facture, agréable au toucher. Il dégageait une faible odeur fruitée, le même parfum que les deux servantes. Elle se demandait ce qu’aurait été sa vie si elle avait grandi comme elles, entourées d’une mère aimante et d’un cadre de vie confortable. Alors qu’elle se perdait dans ses pensées, ses paupières se firent lourdes et sans s’en rendre compte elle sombra dans le sommeil. Elle se sentait déjà partir pour le monde des rêves lorsqu’une main lui agrippa le poignet.

Se redressant d’un bond, sa main dégaina par réflexe un de ses poignards rangés dans sa ceinture ventrale et le brandit en avant, comme pour contre-attaquer. Face à elle, Ringa. La pauvre servante affichait une mine terrifiée et regardait avec stupeur l’arme que brandissait Mathilda à son égard.

« Je… Je… J’étais venu dire à Ma... Ma... Mademoiselle que son bain était apprêté... »
Elle bégayait sous le choc, butant sur chaque mot. S’apercevant du quiproquo Mathilda baissa aussitôt son arme, la rangeant dans son fourreau.
-Excuse moi, je ne voulais pas t’agresser. Un simple réflexe. »
La servante ne répondit pas, sa mine stupéfaite était devenue inquiète. Elle regardait toujours la mercenaire avant de grands yeux apeurés. Cette dernière détourna le regard et remarqua qu’elle tenait toujours le ruban dans sa main. Elle le tendit à Ringa.
« J’ai trouvé ça en te cherchant tout à l’heure. C’est à toi ?
Le visage de la servante se métamorphosa, un sourire radieux vint orner sa bouille.
-Oui c’est à moi ! Cela fait des heures que je le cherche partout ! Merci !
Sans prévenir, elle enlaça de joie la pauvre Mathilda qui en eut le souffle coupé. Elle n’était pas habituée aux embrassades. Mais passé le premier choc, elle dût avouer que cela n’avait rien de déplaisant, c’en était même plutôt agréable. Elle enlaça également Ringa et lui murmura.
-Ne le perds pas à l’avenir, d’accord ? »

Celle-ci acquiesça et toujours affichant un grand sourire, elle se leva et accrocha son ruban à son chignon. Un accessoire qui avait le don de la rendre plus mignonne qu’elle ne l’était déjà. Si Mathilda trouvait sa beauté en tant que garçon manqué aux cheveux courts, Ringa et sa sœur elles, excellaient dans l’art de se rendre adorables telles des petites poupées de porcelaine. Après cet événement, la domestique lui demanda si elle était prête pour prendre un bain et la mercenaire lui répondit que oui.

Elles se dirigèrent toutes deux vers la mystérieuse salle au fond du couloir. Une ambiance tamisée s’échappait par l’embrasure. Une grande cuve de bois, rempli aux trois quarts d’eau chaude d’où une légère vapeur se dérobait, se situait dans un coin de la pièce. La salle, recouverte des murs au plafond de bois souple, était si basse que les poutres apparentes frôlaient les cheveux de Mathilda. Alors qu’elle allait proposer à la servante de partir, cette dernière commença naturellement à lui retirer ses vêtements.

Bondissant en arrière, Mathilda la regarda les yeux exorbités.
« Mais qu’est-ce que tu fais enfin !
-Oh pardonnez-moi mademoiselle, je pensais que vous désiriez que je vous donne le bain.
-Oui je voulais un bain… Mais j’aurais préféré le prendre seule si tu vois ce que je veux dire. »


Ringa pencha la tête sur le côté, visiblement à côté de la plaque. Elle ne comprenait pas pourquoi son invité affichait tant de pudeur. Elle finit par obtempérer et laissa sa convive s’occuper d’elle-même. Elle sortit de la pièce laissant la jeune femme seule. La mercenaire attendit un instant que les pas de la domestique s’éloignent pour lâcher un soupir de soulagement.

Elle se débarrassa promptement de ses habits pour profiter du bain aussi tôt que possible. Toutefois elle garda ses poignards à portée de main, prudence était mère de sûreté. Elle trempa un orteil dans l’eau fumante, la température y était chaude sans pour autant y être brûlante. Elle plongea le pied droit jusqu’au genou lentement, laissant le temps à son corps de s’accoutumer à la chaleur. Sa première jambe passée, elle fit de même avec la seconde. Finalement elle réussit à s’accroupir dans la baignoire et laissa échapper un gémissement de satisfaction. Elle ne se rappelait pas du dernier jour où elle avait pris un bain. Des années peut-être. Fermant les yeux, son esprit vagabonda comme il aimait le faire. Derrière ses paupières closes, cette épée hantait son esprit, malgré ses efforts pour songer à autre chose, ses pensées revenaient sans cesse vers ce mystérieux symbole. Désormais assise dans la baignoire, elle ouvrit les yeux pour observer le pictogramme sur sa cuisse.

Elle avait imaginé des centaines de significations possibles à ces traits et ces points mais en dépit de sa volonté à comprendre, toutes ses conclusions finissaient plus farfelues les unes que les autres. Elle abandonna la question après une énième proposition absurde et se recroquevilla sur elle-même, entourant ses jambes de ses bras. Sans s’en rendre compte elle se mit à barboter dans l’eau, formant des petites bulles avec son souffle.
Tout à coup, un cliquetis la fit sursauter. Elle se précipita sur sa ceinture de poignards avant de s’apercevoir qu’il ne s’agissait en réalité que de Ringa. Elle lâcha sa bandoulière sur le sol et s’excusa à son encontre. Ringa la regarda un instant hésitante, puis elle se décida à avancer vers son invitée en affichant tant bien que mal un sourire légèrement diminué par la peur de se prendre un coup de couteau. Elle arriva au niveau de Mathilda qui se rappela tout juste de la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle cacha son corps immédiatement à la vue de la domestique qui ne se privait naturellement pas de regarder. La bonne était chargée d’un coffret de bois bien étrange, elle le cala sur le rebord de la baignoire avant de l’ouvrir aux yeux de la jeune mercenaire. L’intérieur renfermait une dizaine de pierres ovales de couleur différente.

« Voici des savons du Lindon, spécialement conçus par des haut-elfes de Valinor. Chaque pierre renferme la senteur d’un fruit qui saura envelopper votre corps des jours durant. Ce délicat et précieux présent vous est octroyé en raison de la suite luxueuse que vous occupez. Prenez le temps de choisir. »

Alors qu’elle parlait, les yeux de Mathilda s’élargirent avec une stupéfaction qui se faisait toujours plus grande.
Combien diable avait dépensé Aldrik pour cette foutue chambre ?, se demanda-t-elle encore une fois.
Elle se promit intérieurement de lui adresser deux mots lorsqu’elle le verrait. Pour le moment elle n’eut d’autre choix que de profiter de ce service qui lui était proposé. Elle s’empara délicatement d’une première pierre et l’approcha de son nez pour en relever le parfum. L’odeur lui était inconnu, elle n’avait jamais rien senti de tel. La flagrance des jumelles se rapprochait de celle du savon mais ce dernier était d’un tout autre niveau, sa puissance était décuplée et malgré elle, Mathilda ne put réprimer un gémissement de plaisir. Savourant cette agréable découverte quelques instants, elle reposa la roche avant d’en soupeser une autre d’une étrange couleur brune. Celle-ci laissait ressortir un fin parfum boisée. Mathilda ferma les yeux et concentra tous ses sens sur son organe olfactif. Elle se voyait courir entre les arbres d’une forêt de bouleau, ses pieds foulant le tapis de feuille que l’automne avait su dresser au sol. Elle n’avait été en forêt que quelques fois durant sa jeunesse il y a très longtemps et pourtant l’odeur lui rappelait des souvenirs qu’elle pensait oubliés à tout jamais.

Très vite absorbée par tous les parfums exquis qui l’entourait, Mathilda était déroutée et ne sut que choisir. La voyant hésitante, Ringa lui conseilla de prendre celui qui renvoyait des notes boisées. Après un ultime temps de réflexion la jeune mercenaire acquiesça.

La servante s’empara du savon d’une main et renferma le coffret qu’elle posa au pied de la baignoire. Elle plaça la pierre sur un linge et s’adressa à Mathilda :
« Je vous prépare cela aussi rapidement que possible mademoiselle.
À ces mots elle sortit de la pièce pour en revenir quelques minutes plus tard. Dans ses bras des flasques en tout genre, elle les posa près du linge où se trouvait le savon. Au passage, elle prit soin de refermer la porte à double tour.

18+:
 

Elles restèrent toutes deux à discuter un moment tandis que Mathilda se relaxait dans son bain.
« Dis-moi Ringa…
-Oui ?
-Pourquoi est-ce que cette auberge est vide ? Sommes-nous les seuls invités ?
-Oui vous êtes les seuls pour ce soir. Il est vrai que depuis quelques mois le quartier se vide et plus personne ne prend le temps de s’arrêter ici.
-Le quartier se vide ? Mais pourquoi ?
-Je ne sais pas trop, maman dit que c’est à cause des menaces du nord. Selon certains, les chefs de la cité vont bientôt changer. C’est pour ça que les riches se rendent vers le sud.
-Hmm… Je vois ! Ça explique aussi la présence des soldats dans les rues.


La jeune servante acquiesça silencieuse. Lorsque l’eau commença à devenir tiède, Mathilda se leva prête à retourner dans sa chambre. Ringa l’enveloppa d’une grande serviette chaude, elle en fit de même pour ses cheveux avec une serviette plus modérée.
Elle ne s’était jamais faite dorloter de sa vie mais elle adorait cela. Pour une fois qu’elle pouvait s’occuper un tant soit peu d’elle-même, elle n’allait pas se priver. La servante ramassa ses habits et elles se dirigèrent ensemble vers la chambre de la jeune femme.

« Désirez-vous être réveillée pour le petit-déjeuner, lui demanda Ringa.
-Hum… Oui pourquoi pas.
-Dans ce cas je viendrai personnellement vous réveiller mademoiselle, ajouta la servante d’un clin d’œil.
-Heu… Je… Je te remercie.
-Si vous avez besoin de quoi que ce soit cette nuit, n’hésitez pas à me faire signe. »

La servante accompagna ses mots d’un geste qui désigna une corde attachée à une petite cloche qui se tenait juste à côté du lit. Mathilda ne l’avait pas remarqué lors de sa première visite. La servante posa ses effets sur son lit et d’un grand sourire elle lui annonça une belle nuit. Elle tourna ses talons et s’engagea dans la cage d’escalier. Alors qu’elle allait descendre, Mathilda sentit le rouge monter aux joues et l’appela.

« Ringa…
-Oui, répondit la principale intéressée de l’autre bout du couloir.
-M… Merci pour ce soir. »

Le sourire de la servante s’illumina, et pleine de joie elle lui adressa un second clin d’œil avant de disparaître. Mathilda seule, ferma la porte à double tour et à la lueur du chandelier, elle jeta un dernier regard sur l’épée. Ce symbole l’obnubilait. Profitant de sa solitude, elle laissa tomber les serviettes de bain qui recouvraient son corps et elle plaça sa jambe à côté de l’arme.
Cela ne faisait aucun doute, les symboles étaient rigoureusement identiques. L’évidence avait beau être là, elle n’en était pas plus avancée. Elle se décida à investiguer davantage le lendemain. Pour le moment, elle n’avait envie que d’une seule chose : s’engouffrer au sein de ces couettes qui lui faisaient de l’œil.

Un sommeil sans rêves s’empara d’elle cette nuit-là. Morphée l’étreignit si fort que son subconscient se laissa porter au gré de la nuit dans une quiétude longtemps inconnue pour la jeune femme. C’est une secousse qui la tira de sa rêverie insipide. La servante de la veille se tenait là, le sourire aux lèvres. Les rayons du soleil levant illuminaient son visage joyeux. Elle s’éclipsa de la pièce, non sans s’être assurée d’abord que son invitée soit parfaitement réveillée.

Mathilda ne s’était que très rarement sentit aussi bien. La banalité des jours et le courroux de Dame Nature avaient le don lui infliger mille maux de voyage, si bien qu’elle avait toujours pensé qu’il était de nature humaine que d’en souffrir. Ce jour-ci, ses membres ne lui faisaient pas mal. Elle ne ressentait aucune courbature. Elle se sentait déborder d’une énergie délicieuse qui transcendait son corps de part en part. Quelques secondes après le départ de Ringa, Mathilda enfila ses effets avec une célérité telle, qu’elle en resta un moment hébétée.

Lorsqu’elle rejoignit ses camarades, ceux-ci étaient déjà attablés. Ils étaient en plein repas, aussi étaient-ils trop occupés à engloutir qu’ils n’accordèrent qu’un hochement de tête à la jeune mercenaire en guise de bonjour. Seul Bjorg prit la peine de lui adresser quelques mots, arborant toujours son sourire qui lui était si indissociable.

À l’opposé de la veille, la salle n’était pas vide en dehors d’eux. Au comptoir se tenait deux gardes marmonnant à mi-voix. Mathilda se concentra sur leur discussion, tâchant d’ignorer tant bien que mal les bruits de mastication de ses congénères. Ils évoquaient avec dégoût le dur rythme auquel ils devaient se plier depuis peu. Les cadences de ronde devenaient à peine tenable, si bien que parmi les plus jeunes recrues, les plus inaptes avaient commencé à démissionner.

L’un des deux rétorqua qu’il courait des rumeurs au sujet des puissants de la ville. Un soi-disant coup d’État se préparait dans l’ombre, le gouverneur devenu parano avait ordonné à ses troupes d’arpenter les rues bourgeoises et d’arrêter quiconque comploterait contre lui. La discussion embarqua sur le quartier pauvre mais Mathilda ne parvint pas à en saisir le sens, le bruit de déglutition d’Aldrik couvrait son ouïe. Le gaillard se descendait une pinte d’une traite, ne se préoccupant pas du liquide qui dégoulinait le long de son menton. Les soldats partirent au moment où le mercenaire termina sa dernière gorgée. Ce dernier lança un regard interrogateur à Mathilda, se demandant pourquoi elle affichait une moue désespérée à son encontre.

Le repas avalé, Aldrik les questionna à propos de leurs activités du jour. Crocker passerait sa journée dans la partie nord de la ville, tandis que Bjorg se rendrait au camp d’entraînement des gardes, désireux de se perfectionner.

Mathilda elle ne savait que faire. Elle voulait en savoir davantage sur ce symbole, mais jusqu’à présent personne n’avait pu la renseigner. Maintenant que l’emblème se trouvait sur une épée elle allait essayer d’interroger les maîtres d’arme. Suivant ce raisonnement elle se décida à accompagner Bjorg au camp d’entraînement.

Aldrik se leva de sa chaise de toute sa hauteur et sans plus de cérémonie il les informa qu’ils se retrouveraient le soir même. Il fut le premier à partir, rapidement suivi par Crocker qui semblait pressé. Les deux autres, toujours attablés se regardaiten d’un œil perplexe, Bjorg finit par se lever à son tour, encourageant Mathilda à le suivre. Le ciel était d’un bleu éclatant, aucun nuage ne venait ternir sa superbe. À la lumière du jour on apercevait mieux la rue pavé qu’arpentaient au trot quelques soldats. Ils se mirent en route et grâce à l’aide de ces derniers ils purent se diriger vers ce camp.

À mesure que leurs pas les conduisaient vers ce lieu propre à l’endurcissement, les éclats de voix et les chocs de métal se faisaient plus bruyant à leurs oreilles. Au détour d’une maison ils tombèrent nez à nez à une immense place de terre blanche où se trouvaient une centaine de personnes. À mieux y regarder, on pouvait distinguer que le camp était coupé en quatre. La première partie était occupée par des soldats qui se combattaient à mains nues, luttant tantôt au sol, tantôt debout. La seconde partie ressemblait à la première à la différence que les hommes étaient armés d’armes de bois et de lourds boucliers. Mathilda remarque même un homme armé d’un trident. La seconde moitié du terrain laissait la place aux archers qui assenaient sans relâche des mannequins de paille immobile. Enfin le dernier quart était réservé à quelques ferronniers qui s’affairaient à réparer toute sorte d’armes et d’armures.

C’est vers cette seconde moitié que les deux comparses se hâtèrent, en ayant préalablement montré leur laissez-passer à un solide gaillard qui les héla alors qu’ils franchissaient le seuil. À en juger par son heaume doré, il devait s’agir du maître d’armes. Ce sentiment vint se renforcer lorsque ce dernier s’interrompit pour gueuler quelques ordres à des lutteurs. Ils n’eurent aucun problème à passer et sans se laisser démonter ils s’avancèrent sur les différents terrains.
Bjorg se dirigea tout naturellement vers les archers, Mathilda quant à elle, n’était pas intéressée par l’entraînement. Son esprit était focalisé sur le symbole, elle portait discrètement l’épée sous sa très longue cape, si bien que même Bjorg n’avait pu le remarquer. Elle alla vers le fond du terrain et questionna le maître forgeron, lui montrant l’arme au passage.

L’homme devait avoir la trentaine, le visage buriné par la chaleur et les mains solides que les années de pratique lui avait forgé. Lorsque la mercenaire lui dévoila le symbole, il renversa sa tête en arrière d’un air pensif comme s’il l’avait déjà rencontré par le passé. Néanmoins il finit par nier de la tête d’un air désolé. Aussi conseilla-t-il à Mathilda de se rendre à la bibliothèque, lieu où finissaient les informations dont bien peu se souciait réellement. Elle le remercia d’un sourire et alors qu’elle s’apprêtait à se rendre dans cette fameuse bibliothèque elle se surprit à espionner avec curiosité son ami Bjorg.
Ce dernier venait de dégainer son arc court, si court qu’il attisa la curiosité des autres gardes qui eux se servaient tous d’un arc d’une longueur respectable. Il les surprit davantage lorsque, avec ses aiguilles de métal il perfora un à un les mannequins situés à l’autre bout du terrain, le tout en un temps record. Le chef des archers se hâta vers lui, des questions plein les lèvres.

Mathilda n’avait pas le temps pour ça, elle préféra quitter le cour d’entraînement discrètement à la recherche de la bibliothèque. Elle se rappela que la veille, Aldrik leur avait dit que le quartier est contenait les différents bâtiments culturels et administratifs. C’était sûrement là-bas qu’elle allait trouver son bonheur.
Elle déambula un instant à travers les ruelles, s’éloignant du camp d’entraînement. Ses pas la conduisirent naturellement vers l’artère principale de la ville. L’heure matinale n’empêchait pas les gens de se presser sur le pavé. Prenant son mal en patience, elle aligna son allure à celle de la foule, tâchant de se remémorer le chemin qu’elle prenait. Sur le chemin, elle remarqua à plusieurs reprises des gamins qui au comportement étrange, tous avaient la même dégaine. Sales, entre sept et treize ans environs, bousculant les gens. Ce n’est que lorsque qu’un d’entre eux la bouscula qu’elle comprit. Il s’agissait de pickpocket et l’un d’entre eux venait tout juste de lui dérober sa bourse accrochée à sa taille. Le voleur à la tignasse rousse, disparaissait déjà entre deux chariots de marchandises sans qu’elle ne put réagir. Elle s’élança tout de même à sa poursuite à toutes vitesses. Elle peinait à le suivre, se raccrochant à ses cheveux carottes, elle le perdait régulièrement de vue pour le retrouver quelques secondes plus tard au hasard d’un passant. Elle courait aussi vite qu’elle le pouvait, mais l’épée qu’elle transportait la ralentissait. En temps normal elle aurait eut une chance de le rattraper, mais là, le poids de l’arme jouait en sa défaveur.
Alors qu’elle s’apprêtait à arrêter, elle le remarqua au loin, s’engouffrer dans une ruelle juxtaposant la route. Elle s’y engouffra à son tour essoufflée, le gamin n’était plus là. Elle s’avança sur la prochaine ruelle mais elle aussi était vide.

« Sale gosse, tu as de la chance d’être sur ton terrain, si je te choppe… maugréait-elle intérieurement »

Elle marcha, tout en reprenant son souffle, dans cette partie de la ville qui lui était inconnue. Elle était sans équivoque dans le quartier pauvre, le quartier à l’entrée de la ville. Les logements étaient sales, délabrés et dégageaient une odeur d’excréments.

Elle finit par retourner dans l’artère principale, les bras ballants et un air dépitée sur le visage. Elle n’était pas bien riche, mais elle tenait à son argent comme à la prunelle de ses yeux. Elle avait économisé ses pièces sur les maigres trajets qu’elle avait fait en compagnie d’Aldrik. Maintenant elle se retrouvait sans un sou.
Grâce aux indications d’un garde, elle emprunta le bon chemin, celui qui menait à la bibliothèque. Au terme d’une bonne heure de marche, elle arriva en vue du bâtiment. Celui-ci était vraiment petit. Encore plus bas que l’auberge. La façade blanche et décorée de motifs taillés dans les pierres de soutien arborait en son centre une ouverture sombre, contrastant avec la lumière vive environnante. Elle se décida à franchir le seuil, à la recherche de réponse à ses questions.



Qu'est-ce que ceci ? Un garde qui ne prend pas garde ?
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MessageSujet: Chapitre troisième – Bières et grimoires   Sam 23 Déc 2017 - 4:38

Attention, certains passages peuvent ne pas convenir à un public jeune (mineur) ou sensible.
C'est pourquoi je déconseille fortement à ceux qui ne sont pas majeurs ou ceux qui sont fragiles de ne pas lire le texte dans les spoilers.

Chapitre troisième – Bières et grimoires



L’odeur âpre lui agressa immédiatement les narines. Ses yeux peinèrent à s’accoutumer à la pénombre du lieu. Dehors la lumière était si vive qu’elle mit bien quelques minutes à s’habituer à l’endroit. Le bâtiment était si petit que depuis l’entrée on avait une vue sur tout ce qu’il renfermait. Des étagères à droite et à gauche, toutes en bois, qui montaient jusqu’au plafond et où les ouvrages fleurissaient. Des livres à la couverture impeccable aux parchemins décrépis en passant par d’innombrables feuilles volantes ternies par les âges, tout se mélangeait en un formidable fouillis qui aurait su ravir n’importe quel érudit. Entre les étagères quelques bougies accrochées aux murs, faisaient office de sources de lumière. Face à l’entrée se tenait un petit bureau où une montagne de parchemin s’amoncelait et où des colonnes de livres s’élevaient de ci et là.

« Curieux, il n’y a personne ici... »

Mathilda allait appeler lorsqu’elle remarqua que le tas de parchemin sur le bureau, gonflait et se dégonflait, comme s’il s’agissait d’une gelée à la géométrie incontrôlable et dont un souffle de vivant impossible s’était emparé. En tournant autour du bureau, elle comprit qu’en réalité, si le tas bougeait c’est parce que quelqu’un dormait en dessous. Elle distingua une silhouette, ou du moins ce qui s’en rapprochait, dissimulée sous les parchemins. Certainement un copiste épuisé dans sa tâche. Après mûre réflexion, elle se décida à le laisser en paix et s’éloigna dans les rayons.

Elle connaissait les bibliothèques pour s’y être rendue maintes fois. C’était devenu sa routine lorsqu’elle arrivait en ville. Désireuse de lever le voile sur le symbole qu’elle portait, ses seuls espoirs étaient dirigés vers les livres, recueils de connaissance et de savoir depuis des siècles. Elle avait mis au point une technique bien à elle pour dégoter les ouvrages qui auraient pu l’aider. Bien mauvaise lectrice, elle se contentait de lire le titre sur la tranche des livres jusqu’à en trouver un qui fasse mention de symboles ou d’icônes. Au début de ses recherches, quelques années auparavant, elle s’évertuait à lire et à relire les titres de tous les livres qu’elle trouvait. Cela lui prenait un temps considérable. Depuis lors elle avait compris, et surtout on lui avait expliqué, que les rayons regroupaient tous les livre d’un même thème. Cela faisait des mois qu’elle n’avait pas remis le pied dans une bibliothèque et elle mit un un long moment à décrypter le titre des premiers ouvrages.
Elle n’en trouva aucun qui évoquait le terme « symbole ». Alors qu’elle s’engagea dans la toute dernière rangée, la plus éloignée de l’entrée et la plus dissimulée aux yeux du copiste, elle remarqua avec surprise qu’un escalier menait vers un sous-sol insoupçonné. Elle descendit les marches grinçantes d’un pas de velours, prenant garde à ne pas tomber.

Au bout de sa course, elle déboucha sur une vaste salle, immense, dont la hauteur sous plafond était aisément de trois mètres. La salle était si grande que la mercenaire ne pouvait en distinguer le mur opposé. Des rayons de livre à perte de vue s’étendaient devant elle.

« Bon sang je vais en avoir pour des heures, se dit-elle à elle seule »

Elle remarqua néanmoins un second bureau, semblable à celui du copiste du rez-de-chaussée. Elle s’avança vers lui, mais elle y trouva le même résultat qu’en haut, un vieillard en plein sommeil.

« Décidément ils se tuent à la tâche ici ! »

Elle entreprit d’effectuer la même opération que précédemment, lire les titres des livres dans l’espoir d’en trouver un en rapport avec des symboles. Elle commença par la première rangée qui lui faisait face, elle allait de rayon en rayon à une vitesse tellement lente qu’elle surprit son estomac à gargouiller au bout d’un temps qui sembla lui durer des heures. Pourtant elle était loin d’en avoir fini, elle ne n’avait même pas fait un quart des rayons. Elle se gratta la tête à la recherche d’une solution plus rapide mais aucune ne lui vint à l’esprit. Après tout ce n’était pas de sa faute si elle lisait lentement, la faute aux voyages incessants.

Le copiste quant à lui, dormait toujours, il ronflait même. Seul son grondement endormi résonnait dans la bibliothèque. Mathilda sursauta lorsqu’une toux faible se fit entendre à l’autre bout de la bibliothèque. Elle n’avait pas songé à inspecter le lieu, avec un peu de chance elle trouverait un troisième copiste qui pourrait la renseigner, avec un peu de chance il ne dormirait pas celui-ci !

Pourtant, pas de bureau à l’horizon, ni de copiste par ailleurs. Elle inspecta les rangées de livre à la recherche de ce tousseur mystérieux. C’est vers les rangées du milieu qu’elle le trouva.
Ses yeux s’agrandirent comment rarement ils s’étaient agrandis par le passé. Même sa bouche s’entrouvrit tant la surprise était grande.

« Si je m’attendais à ça ... »

Au fond de la rangée se tenait un homme immense, si grand, si colossale, si titanesque que Mathilda n’en avait jamais vu de tel dans sa vie. Sa taille démesurée devait avoisiner les deux mètres cinquante. Si Mathilda s’était assise sur ses épaules elle aurait pu toucher le plafond sans le moindre effort.
Sa taille n’était pas le seul facteur insolite. L’homme était entièrement recouvert d’une armure sombre où les morceaux d’acier tenaient les uns avec les autres grâce à des lacets solides. Cela lui permettait sûrement de se mouvoir, malgré ses dimensions incroyables, avec une certaine aisance que ne lui aurait pas apporté une bête armure de fer forgé rigide.

La jeune femme pouvait voir que dans le dos de l’inconnu se trouvait une longue épée, si longue que sa garde partait du haut de son dos et la pointe arrivait à ses genoux. L’épée était bien plus grande que Mathilda ! Même Aldrik qui paraissait imposant à la jeune femme aurait eut l’air bien pitoyable à côté de ce monstre.

« Bon sang c’est qui ce fou furieux, songea-t-elle sous le choc »

Il tenait ce qu’elle pensa être un casque sous son bras, tandis que dans sa main il soutenait un livre qu’il semblait lire avec attention. La lumière ambiante dissimulait son visage mais la jeune parvint à distinguer, non sans mal, que sa chevelure hirsute partait en tout sens comme si une mini tempête était née sur ses cheveux.
Mathilda se décida à avancer vers lui, tel un félin vers son festin, le bras dans sa cape, la paume sur un de ses nombreux poignards ventraux. Elle préférait être prête si cela venait à mal tourner. L’inconnu ne lui inspirait pas confiance, mais pour le moment c’était le seul à ne pas dormir et elle voulait en finir au plus vite avec cette bibliothèque.

Alors qu’elle s’approchait furtivement, le visage de l’homme lui apparut avec plus de clarté. D’une trentaine d’année, les traits burinés et le regard dur, il arborait la même expression que celle des grands généraux de guerre. L’expression qui est propre à chaque militaire, cette expression dure et froide témoin d’une rigueur supérieure au commun des soldats. Ses yeux gris, tirant vers le bleu, étaient concentrés sur le livre qu’il tenait de sa main gauche.

Alors qu’elle s’avançait vers lui, d’un pas feutré, l’homme lâcha d’une voix éraillée :
« Hm ? Je peux vous aider ?
- Qu..Que… Non… Je… Ou… Oui ! Je cherche un livre mais tout le monde dort ici alors je me demandais si vous auriez pu m’aider, répondit Mathilda d’une voix bégayante qu’elle tenta de raffermir.
« Mince il m’avait remarqué ! »

L’inconnu tourna la tête dans sa direction et la regarda avec toute son attention, plissant les yeux pour mieux l’observer. Ses yeux la scrutaient comme un rapace à des kilomètres d’altitude. Il la dévisagea avant de reprendre :
« Quel genre de livre ?
- Un livre sur des symboles !
- Quel genre de symboles ?
- Oh bah hum… Je ne sais pas moi… Des cercles… des ronds… »

Il la regarda, visiblement agacé. Ne sachant comment réagir, Mathilda dandinait d’un pied sur l’autre cherchant un moyen de gagner l’inconnu à sa cause. C’est alors que l’épée refit surface parmi ses pensées.

« Je sais ! Vous qui êtes un homme d’armes, peut être connaissez-vous ce symbole, demanda-t-elle en lui tendant l’épée qu’elle sortit de sa cape.
Il s’empara de la lame qui aurait fait office de glaive s’il s’en était servi et l’examina à la lueur de la bougie la plus proche, faisant luire et reluire le sceau qui s’y trouvait. Seulement quelques secondes passèrent avant qu’il ne hoche la tête, visiblement sûr de lui.

« Hm… Ce symbole… Oui je connais.
La poitrine de la jeune femme se serra et elle manqua presque de respirer tant elle fût surprise. Elle avait essuyé de si nombreux échecs qu’elle ne s’était jamais vraiment préparé à cette réponse.
- C’est vrai ? D’où vient-il ? Comment le connaissez-vous ? Pourquoi se trouve-t-il sur une épée ?
- Du calme ! Une question à la fois. Si je me souviens bien, ce symbole je l’ai rencontré il y a des années, dans le haut nord.
- Le haut nord ? Quel haut nord ?
Il prit un moment pour inspirer et expirer lourdement, faisant comprendre à la jeune fille que plus elle s’empresserait de lui poser des questions et moins il serait enclin à l’aider. Cette dernière le regardait, les yeux débordants d’espoir.
- Cette histoire et longue et je doute que tu aies le temps de l’écouter. La nuit ne va pas tarder. »

Ces mots tirèrent Mathilda de sa rêverie. Elle n’avait pas réalisé avoir passé autant de temps dans la bibliothèque. D’un côté elle trépignait de curiosité, de l’autre Aldrik et ses camarades allaient s’inquiéter si elle ne rentrait pas avant que le soleil ne se couche.
« Seriez-vous disposez à me narrer cette histoire une autre fois monsieur ?
Ses mots se voulaient respectueux et aussi désirait-elle soutirer toutes les informations de cet individu si singulier.
Il se massa le menton, d’un air pensif. Il finit néanmoins par acquiescer à la jeune femme.
- Demain j’ai à faire. Toutefois si cette histoire vous importe tant alors je vous autorise à m’accompagner sur la route. Demain dès l’aube il me faut partir vers l’ouest régler certains détails, puis si tout se passe bien alors je reviendrais ici dans la soirée. Qu’en dîtes-vous ?
La curiosité l’emportant sur tout le reste, Mathilda ne put se retenir de hocher la tête et tout de suite elle s’empressa :
- Où devons-nous nous retrouver monsieur… ?
Elle laissa planer la fin de sa phrase, attendant une réponse de l’inconnu.
- Appelez-moi Blowir. Quant au point de ralliement, je suggère la porte Est de la ville. »

La jeune femme confirma au géant qu’elle serait présente et après quelques formules de politesse, elle s’échappa à son regard, et se dirigea vers la sortie d’un pas rapide. Aldrik allait l’attendre et elle ne voulait pas décevoir ce meneur à qui elle attribuait un immense respect.
Elle repassa devant les deux bureaux des copistes et étrangement ils dormaient encore d’un sommeil de plomb. L’un d’eux laissait échapper des ronflements bruyants qui faisaient vibrer les parchemins autour de lui. Elle passa le seuil de la porte dans le sens inverse et déboucha dans la rue pavée.

Blowir ne s’était pas trompé. Il allait bientôt faire nuit, le ciel teintée d’un bleu grisonnant céderait sa place à la lune et à ses étoiles entourés d’une profonde noirceur bleutée, couleur si typique du Khand. Comme au dedans, au dehors le calme régnait et seul les pas vifs de Mathilda brisaient cet harmonieux silence.
Elle se hâta à emprunter le chemin de l’auberge et parvint malgré l’obscurité grandissante à atteindre le quartier Sud de la ville. Elle le reconnaissait aux gardes qui patrouillaient et à la richesse apparente des bâtiments. Malheureusement pour elle c’était la première fois qu’elle prenait ce chemin et aussi elle ne pouvait deviner dans quelle direction se situait l’auberge.

Elle remarqua qu’au bout de la rue se tenait le capitaine Charles, le même qui leur avait donné un laissez-passer. Il était accompagné de deux soldats, un à sa gauche et un à sa droite. Ils descendaient la rue et lorsqu’ils furent à la hauteur de Mathilda, le capitaine la reconnu immédiatement.
« Bonsoir Madame !
- Bonsoir capitaine Charles ! Dîtes-moi, pourriez-vous m’indiquer l’auberge du tonneau luisant ? Je crains m’être perdue…
- Dans ce cas suivez-moi ! Il n’est pas bon de traîner à la nuit tombée.

Il lui forca le pas, l’incitant à le suivre, ce qu’elle fit sans hésiter. Elle marchait à sa hauteur tandis que les deux gardes se tinrent en retrait derrière.
- Comment se passe votre séjour en ville ?
- Pour le moment bien malgré un léger incident.
- Un incident ? Quelque chose se serait-il passé ?
- Disons que j’ai fait la rencontre d’un chenapan ce matin. Il a eu la sale idée de me déposséder de mon argent.
- Oh vraiment ? Vous devez sûrement parlé des Exploiteurs. C’est comme ça qu’ils se font appeler. Je ne peux pas vous promettre de retrouver vos pièces mais je vais voir ce que je peux faire pour vous aider Madame. »

Mathilda le remercia alors qu’ils arrivèrent à l’auberge. Devant celle-ci se trouvaient Anzu, la jumelle blonde, affairée à nourrir les chevaux. Elle semblait particulièrement jouasse en la compagnie de Galette, la monture blanche et noire de Mathilda.
La servante se retourna en les entendant arriver et aussitôt elle vint les saluer.
« Bonsoir monsieur Charles, bonsoir mademoiselle Mathilda.
- Bonsoir, répondirent-ils à l’unisson.
- Dis-moi brave Anzu, est-ce que ta mère se trouve dans les parages, questionna le capitaine.
- Oui, elle est au comptoir en ce moment même.

Le capitaine se tourna vers les deux soldats et leur annonça qu’il leur payait la tournée. Visiblement ce n’était pas pour leur déplaire. Charles et ses comparses entrèrent en premier, puis vint le tour de Mathilda et d’Anzu.
Comme pour la veille, la mère des jumelles se tenait au comptoir, astiquant avec vigueur le bois vernis. Lorsqu’elle remarqua le capitaine, elle lui décrocha un sourire ravageur. Même si Mathilda possédait une bien piètre expérience amoureuse, elle pouvait deviner aisément que cette femme éprouvait des sentiments à l’égard de Charles. Quant au capitaine, il était évident que c’était réciproque.
Il paya le breuvage de ses camarades qui allèrent s’asseoir à l’écart tout en discutant bon train. Charles continua de converser avec la tenancière mais à voix basse, de sorte que nul puisse saisir ses mots.

Anzu tapota l’épaule de Mathilda, un sourire en coin.
« Nous ferions mieux de les laisser mademoiselle »
La jeune femme acquiesça à sa remarque. Elle pivota sur elle-même, et s’apprêta à remonter dans sa chambre lorsqu’elle se prit un mur.
« Regarde où tu vas Mathilda.
Elle se rendit compte qu’il s’agissait d’Aldrik, elle lui était rentrée dedans.
- Veuillez m’excuser capitaine, je ne vous avais pas vu.
- Ça ne fait rien. Dis-moi, aurais-tu vu Crocker ?
La jeune femme nia et lui demanda la raison de sa question.
- C’est le seul à ne pas être rentré et comme Bjorg est là j’aurais pensé que tu l’aurais vu. Apparemment il n’en est rien. Préviens-moi si tu le trouves. On va l’attendre pour manger. »

Mathilda opina et se dirigea vers le premier étage, désireuse de se débarrasser de cette épée qui lui pesait. Elle la jeta sur son lit à peine entrée dans sa chambre. Décidément les grandes armes ce n’était pas pour elle.
« Comment diable on peut se battre avec ce machin-là »
Elle songea à la force qu’il faudrait pour manier une telle épée avec une aisance suffisante qu’elle en deviendrait une arme redoutable. Aldrik en serait capable pensait-elle. Après tout cette épée avait exactement le même gabarit que la sienne.

C’est alors que ses pensées lui rappelèrent Blowir, le guerrier géant rencontré plus tôt.
« Bon Dieu, ce mec dépasse Aldrik de deux têtes. Je ne donnerais pas cher de ma peau s’il m’attaquait. »
Elle se demanda si c’était une bonne idée de l’accompagner le lendemain. Elle prit tout à coup conscience qui s’il était mal intentionné il aurait pu faire d’elle ce que bon lui désirait. Elle n’aurait certainement aucune chance d’échapper à un colosse pareil.
« Il faut que je demande au capitaine de m’accompagner... »
S’il y avait bien quelqu’un capable de la défendre d’un géant, c’était ni plus ni moins qu’un autre géant. Certes Aldrik était plus petit mais sa fougue sur le champ de bataille avait convaincu Mathilda que nul ne pouvait l’arrêter. Rien ne présageait qu’un accident arrive mais elle ne voulait prendre aucun risque.
Elle sortit de sa chambre et referma la porte derrière elle. Alors qu’elle marchait dans le couloir, elle entendit une voix sourde à travers le mur. En tendant l’oreille elle reconnut la voix de Crocker.

18+:
 

La jeune femme descendit les marches de l’escalier grinçant à la recherche d’Aldrik. Celui-ci se tenait à une table en compagnie de Bjorg. Ils semblaient inquiets et lorsque Mathilda s’approcha, l’archer ne put s’empêcher de lui demander :
« Tu as vu Crocker ? Il est introuvable et même le capitaine Charles ne l’a pas vu.
À ses mots il pointa du doigt le comptoir où se tenait toujours le capitaine discutant secrètement avec la tenancière. Les soldats eux n’étaient plus là. Les seuls restants dans la salle étaient la tenancière, le capitaine Charles, Aldrik, Bjorg et Mathilda. Cette dernière regarda ses deux camarades avec un sourire.
- Ne vous en faites pas, Crocker va arriver. Il est à l’étage. Je pense qu’il aura une faim de loup.

Bjorg la regarda, les yeux pleins de question, mais il se contint et n’en posa aucune. Mathilda se tourna vers son capitaine et lui demanda :
- Capitaine Aldrik, êtes-vous occupé demain ?
- Oui, j’ai des personnes à voir. Pourquoi cette question Mathilda ?
- Disons que j’ai une rencontre avec quelqu’un demain et que je ne le connais pas bien. J’ai peur que s’il me tend un piège je ne puisse me défendre. Il est plutôt costaud et j’aurais pensé que seul vous auriez pu rivaliser avec lui.
- Malheureusement Mathilda je ne pourrai pas t’aider. Mais tu es forte et je sais que tu sais te défendre alors ne sois pas si craintive. Je suis certain que si quelque chose arrivait tu t’en tirerais comme tu l’as toujours fait jusque-là. Avec brio.

La jeune femme ne croyait les mots de son capitaine qu’à moitié. La taille de Blowir l’effrayait plus qu’elle ne pouvait l’expliquer.
- Moi je peux venir t’aider si tu veux.
Bjorg lâcha cette phrase d’un ton simple. Mathilda le regarda et se remémora ses actions sur le champ de bataille. Certes il n’avait pas fait autant de dégâts qu’Aldrik mais elle reconnaissait que c’était un archer hors pair et qu’il saurait aisément su viser les yeux d’un géant s’il le fallait.
- Très bien, allons-y ensemble dans ce cas Bjorg. »
C’est ce moment que choisit Crocker pour apparaître, le visage serein et la démarche tranquille. Il arborait un sourire incontrôlable qui s’étirait presque aux oreilles. Il s’avança vers ses compagnons et alors que Bjorg le questionna sur la cause de son retard et sur son expression béate, Aldrik appela de sa voix tonitruante la pauvre Anzu qui passait à côté.

« Servez-nous à boire et à manger, il est l’heure de dîner pardi ! »
Sa voix prit la servante au dépourvu, qui s’inclina face à eux et courut précipitamment vers les cuisines. La tenancière et le capitaine Charles avaient disparus. La salle était redevenue déserte comme lors de leur arrivée. Anzu réapparut, une immense marmite à bout de bras dont s’échappait une vapeur au fumet exquis.

« Ragoût de lièvre du désert au curry, accompagné d’une robe de radis noir et de pâtissons orange à la sauce musquée des landes de Falathlorn, le tout cuisiné à l’étouffé. »

La mixture ne disait rien qui vaille à Mathilda mais l’odeur lui ouvrit l’appétit. La servante leur remplit leur auge et à peine s’en fût-elle retournée en cuisine que ses convives attaquèrent leur repas avec hargne. Il fut bien vite avalé malgré la température du plat et tous semblèrent pressés de se coucher.
Mathilda passa une nuit des plus mouvementées. Des images du symbole, de Blowir et d’Aldrik virevoltaient dans sa tête. Elle se sentait incroyablement mal à l’aise. Lorsque l’aube pointa, elle n’avait que très peu dormi. Bjorg lui, avait dormi sur ses deux oreilles et il fit remarquer les cernes de la jeune mercenaire alors qu’ils prenaient le petit-déjeuner ensemble.

Ils sortirent de l’auberge pour prendre leur cheval qui se reposaient dans l’écurie en face. Galette, la monture de Mathilda, semblait heureuse de revoir sa maîtresse. Visiblement elle n’appréciait pas rester à l’écurie. Les deux mercenaires montèrent leur canasson respectif et ensemble ils se rendirent à la porte Est comme l’avait indiqué Blowir à Mathilda.

Comme pour la veille, malgré l’heure matinale beaucoup de monde s’agitait au dehors, surtout au dehors du quartier riche. Ils arrivèrent en vue de la porte Est en quelques minutes. Mathilda remarqua immédiatement Blowir. C’était simple, sa taille incroyable le faisait dépasser de la foule. Il montait un cheval aussi hors norme que lui. Le destrier était si massif que tous les autres chevaux semblaient être des poulains à côté.

« Bonté divine, lâcha Bjorg malgré lui en apercevant Blowir. C’est quoi cette chose ? »

Les passants regardaient Blowir avec crainte, ils marchaient en le fixant avec insistance. Pour eux il s’agissait d’une attraction, une sorte de bête de foire qui aurait rapporté gros dans un cirque. Les gardes eux, se méfiaient et certains ne se cachaient pas d’avoir la main sur le pommeau, prêt à réagir s’il le fallait.
Mathilda s’avança vers Blowir à la vue de tous, suivi de Bjorg. Le géant la regarda et jeta un coup d’œil à l’autre.

« C’est qui lui, demanda-t-il en donnant un coup de tête en direction de Bjorg.
- Lui c’est un ami. Il vient avec moi. »

Blowir ne sembla n’avoir rien à y redire. Il fit pivoter sa monture gigantesque et s’avança vers la porte de la ville.

« Allons-y ».



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MessageSujet: Re: [PV/FB] Mathilda et Blowir   Sam 13 Jan 2018 - 14:25

Chapitre quatrième – Têtes et lames



Le soleil commençait son ascension quotidienne et immuable dans le ciel azuré et avec lui s’élevait la température si caractéristique du Khand, chaude et étouffante. Le vent se faisait absent, rendant l’atmosphère plus sèche que du bois mort, une journée comme une autre dans cette contrée désertique.
La maigre compagnie, formée de Mathilda, Bjorg et Blowir, avançait sans un mot depuis des kilomètres déjà. Les deux mercenaires se contentaient de suivre Blowir comme le feraient deux chiots après leur mère. Ils peinaient à accorder leur allure sur celle de l’homme lourdement armurée. En effet, pour la monture de l’homme une seule enjambée suffisait là où il en fallait trois pour celle d’un cheval ordinaire. Il faut dire que pour supporter un homme d’un tel gabarit il faut un  équidé à sa mesure. En plus de son cavalier, la bête supportait un fourbi conséquent et ni Mathilda ni Bjorg n’aurait pu s’accorder à dire ce qui se trouvait enveloppé dans ces morceaux de tissus bordeaux et grenats qui se ballottaient au gré des flancs de l’animal.
Mathilda en espérait beaucoup de cette sortie, elle n’attendait qu’une chose, connaître la vérité sur ce symbole. Pourtant Blowir restait silencieux, il n’avait rien dit d’autre que quelques consignes brèves sur la tenue des chevaux et sur la route à emprunter. Impossible de deviner ou de prédire où ils les conduisaient, si ce n’est qu’ils se dirigeaient vers l’est depuis Arzawa.
Durant le trajet, Bjorg s’était empressé de poser des questions à Mathilda sur ce mystérieux personnage qui les conduisait vers l’inconnu. La jeune femme lui raconta l’épisode de la bibliothèque en omettant volontairement les passages sur le symbole et en modifiant la vérité quant à la raison de ce qui la poussait à accompagner Blowir dans une étrange mission dont elle ignorait tout.
Des kilomètres de paysage défilaient les uns après les autres et après un bon nombre d’entre eux, une vingtaine selon Mathilda, les montures tiraient la langue et perdaient leur rythme sous la fatigue et la canicule. Malgré cela Blowir maintenait l’allure jusqu’à ce que prenant pitié de son cheval, Bjorg l’interpelle :

« Hé ! Il faut faire une pause ou bien les chevaux vont y passer !

Le meneur s’arrêta et acquiesça dans sa direction. Il posa pied à terre et défit un paquetage accroché à son destrier. Les tissus tombant au sol dévoilèrent une étrange jarre de terre cuite dont la capacité devait être de dix ou quinze litres. Le couvercle du récipient était équipé de gonds de bois qui s’articulèrent sous les mains de Blowir pour dévoiler un liquide qui se révéla être de l’eau. Il plaça la jarre devant sa mule et en décrocha une seconde plus petite et fit de même en la posant face à Mathilda et Bjorg.

- Vous allez partager, je n’avais pas prévu que vous seriez deux, s’exclama le colosse d’une voix qui se voulait incontestable.
- Tu nous prends pour qui ? Des nains des montagnes ? On voyage dans ce désert depuis des lustres et on s’est préparé, s’impatienta Bjorg.

Ce dernier mit pied à terre à son tour et d’un geste ferme il détacha un des nombreux petits sacs de cuir qui pendouillaient à l’armature de son cheval. Bien plus petit que celui de Blowir il le vida dans une écuelle qu’il tendit à sa monture qui s’empressa de laper goulûment jusqu’à la dernière goutte. L’animal visiblement insatisfait poursuivit sa descente hydraulique avec la jarre du colosse. Il en avala les deux bons tiers avant de se retirer.

- Au moins mon aide n’est pas de trop, s’exclama Blowir sous son casque de fer noir.
Mathilda répéta la même opération que son camarade et elle laissa Galette finir ce qui restait dans la jarre. La jument semblait revigorée, elle lâcha même un hennissement de reconnaissance à l’égard de sa maîtresse une fois l’eau avalée.

Chaque mercenaire de la compagnie d’Aldrik avait pour ordre de transporter ses propres provisions d’eau lors des traversées dans le désert. Cette consigne permettait à chacun d’être indépendant et si l’un d’entre eux venait à disparaître, à déserter ou bien à mourir le reste de la troupe continuait son chemin sans se préoccuper de la question de l’eau.

Une fois chaque cheval rassasié, y compris celui de Blowir, et d’un commun accord ils se remirent tous en selle et jugeant la discussion entamée, Bjorg ne put s’empêcher de poser la question :

- Sinon, on va où comme ça ? Il y en a pour longtemps ?
- On va régler un léger souci que quelques-uns posent depuis un petit moment.
- Quelques-uns ? On pourrait savoir de qui il s’agit ? Ils sont nombreux ?
- Des fouteurs de trouble c’est tout ce qu’il y a à savoir. Quant au nombre aucune idée, peut-être beaucoup, peut-être pas, on verra, répondit Blowir accompagnant ses mots d’un haussement d’épaules.
- Vous savez au moins où on va n’est-ce pas ?
- Hm… Oui. Enfin environ.
- Quoi ! Comment ça environ ? Qu’est-ce… commença Bjorg mécontent.

Le mercenaire se tût au signe de Blowir qui leva le poing à la verticale et le ferma, signe universelle parmi les soldats pour indiquer le silence. Il désignait du doigt un point minuscule à l’horizon. Mathilda et Bjorg avaient beau plisser les yeux ils ne voyaient rien. Ils avancèrent en file, et après quelques dunes ils remarquèrent que le point en question était en réalité un oasis comme peu ils en existent dans le désert.

Souvent ces lieux s’avèrent être des mirages, folies causées par la soif, mais cette fois-ci le point d’eau était bel et bien réel. Autour de l’étang, des plantes au teint vert rafraîchissant ornaient la berge.
En temps normal, la flore n’était pas la seule à accompagner ce lieu de vie. Il était fréquent que la faune, nombreuse, se prélasse aux alentours. De son point de vue Mathilda reconnu des formes qui se mouvaient entre les plantes et les rochers.

Quelques dunes encore après, des voix et des formes humaines se distinguaient de ce décor sorti de nulle part. Très vite il se fit évident qu’une trentaine d’individu allaient et venaient autour du point d’eau. Les hommes qui s’y trouvaient, arboraient des tenues de cuir sombre pour la plupart. Tous étaient armés, et arboraient au moins un fourreau à la taille. La plupart des individus discutaient entre eux, d’autres allongés et d’autres encore s’entraînaient à l’escrime.

Blowir se retourna vers les deux autres et toujours aussi incontestable il dit :
- Laissez-moi parler et tout ira bien.

Il descendit de sa monture et avança d’un pas lourd, ne prenant aucunement la peine de se dissimuler. À peine avait-il marché quelques mètres qu’un cor d’alarme retentit au loin. Le grondement sourd fit décoller quelques oiseaux qui devaient sans doute se reposer dans l’étang.

Cela n’avait pas arrêté Blowir dans sa lancée. Il s’approchait des inconnus qui formaient maintenant une troupe disparate agglutinée.
Ils avaient tous sorti leurs sabres et ne s’en cachaient pas. Au contraire, une bonne partie d’entre eux brandissait leurs lames haut dans le ciel, comme un défi lancé. Le reflet du soleil sur le fer ennemi aveuglait Bjorg et Mathilda à intervalles irréguliers. Le soleil tapait également sur le casque de Blowir, ce dernier orné d’un grand croissant de lune d’or sur sa partie frontal, réfléchissait la lumière avec une telle puissance qu’une bonne partie des ennemies se plaçaient la main au-dessus des yeux pour mieux l’observer.

« Déclinez votre identité et votre intention ou périssez !
Blowir progressa dans leur direction sans une once de crainte et de sa voix tonitruante il répondit :

- Mon nom est Blowir, négociateur du Khand. Je suis ici pour m’entretenir avec votre chef, s’il existe. »

Un homme, à la dégaine légèrement plus noble que ses camarades, se détacha du troupeau. Il arborait un bicorne noir, une veste de cuir marron, qui laissait entrevoir une cotte de mailles, un pantalon ample au niveau des chevilles et des bottes quelconques. À sa ceinture pendaient deux sabres identiques. Il devait avoir la quarantaine à vue de nez. Le teint halé par le soleil, les yeux plissés et la mâchoire carrée, il se tenait droit et fier.

« Avance donc Blowir, soi-disant négociateur du Khand. Nous allons converser. »

Il arborait un sourire malsain qui en disait long. Il ne fallait pas être mentaliste pour deviner qu’il n’avait pas les plus pures des intentions. Néanmoins cela n’arrêta pas Blowir qui toujours se dirigeait vers la troupe. Lorsqu’il fût à une vingtaine de mètres d’eux le visage du chef, si fier au premier abord, se déforma en une grimace de surprise. Il n’avait pas estimé à quel point son adversaire était grand. Sa taille, indistinguable de loin, grandissait anormalement à mesure qu’il apparaissait.

Mathilda et Bjorg restèrent en retrait à côté de la monture de leur camarade qui demeurait étrangement calme. Les deux mercenaires observaient avec curiosité la suite des évènements. L’homme arriva à quelques mètres de la troupe et de sa voix il annonça :

- Le dignitaire d’Arzawa, Almôn Prazul m’envoie, moi, Blowir négociateur, afin de vous soumettre un marché. Vos agissements sur ces terres nuisent depuis des semaines au bon passage des caravanes marchandes venues échanger à Arzawa. Mon employeur désire votre départ ou à défaut, un tribut de la valeur des marchandises dérobées.

L’homme regarda Blowir un instant, incrédule, et sans prévenir il se pencha en arrière et ria à gorge déployée. Sa réaction fût suivie par ses soldats qui l’entouraient.

- Et on pourrait savoir ce qui se passerait si on refuse ?
- Dans ce cas, le prix sera vos têtes. Toutefois je vous laisse le choix. Fuyez vivant ou venez mourir.

Les lèvres du chef ennemi restèrent closes des dizaines de secondes. Son front plissé témoignait d’une hésitation sûrement posée par la carrure du négociateur. Il finit par secouer la tête de gauche à droite d’un air embarrassé et lâcha :

- Eh bien Blowir, soi-disant négociateur, tu transmettras à monsieur Prazul mes amitiés mais ce n’est ni dans mes projets de partir d’ici ni de lui donner la moindre piécette.

À ses mots Blowir posa lentement son énorme main gantelée sur le pommeau de son épée dans son dos. Il la dégaina progressivement, faisant tinter le son de l’acier contre son armure. Il n’en avait pas sorti la moitié que comme d’un commun accord, un bon nombre se jeta sur lui dans un chaos assourdissant. Ils voyaient en ce moment opportun une ouverture simple pour se débarrasser d’un ennemi à l’allure menaçante. La masse l’encercla et l’assenèrent de coups violents. Pourtant le colosse continua de dégainer son arme avec la même lenteur. Une fois l’arme tirée il marqua une pause malgré les assauts répétés des lames ennemis sur son armure impénétrable.
D’un mouvement spectaculaire, il plia les genoux et tourna sur lui-même à toute vitesse, sa lame à l’horizontale. Ce coup dévastateur trancha une dizaine d’ennemis en deux.

- Il n’est pas humain ce type… murmura Bjorg qui n’en croyait pas ses yeux.

Un mouvement de recul de la part des bandits se fit sentir et l’hésitation dura quelques secondes pesantes. Le capitaine, l’écume aux lèvres, se jeta vers Blowir, une épée dans chaque main. Il était suivi de quelques courageux. Blowir répéta son mouvement circulaire et en toucha deux dont les morceaux de corps volèrent dans les airs à des mètres de distance. Les autres ayant prévu le coup se jetèrent au sol avant que la lame ne les touche. Une fois esquivée, ils se dressèrent à l’unisson et suivant l’exemple de leur chef ils s’attaquèrent aux jambes du géant dont les protections étaient moindres. À force d’acharnement, ils parvinrent à trancher certaines lanières de cuir reliant les morceaux d’armures de Blowir, si bien que ses jambes furent laissées sans protection.

C’est cet instant où réapparut l’épée de l’homme qui fit de nouvelles victimes qui ne purent se baisser à temps cette fois-ci. Le chef lui, tenta de parer le coup, ses deux armes en avant. Toutefois la violence de l’impact était telle qu’il fût éjecté à plusieurs mètres de là.

Il restait encore une quinzaine d’assaillants en comptant le capitaine à l’écart. Deux bandits, moins enclins à se battre, prirent leurs jambes à leur coup vers leur monture respective. Ce détail n’avait pas échappé à Blowir qui malgré l’agitation lâcha :

- Vous n’avez plus le choix !

Des dizaines d’épées et de sabres traînaient à ses pieds, lâchés par les bandits vaincus. Il en ramassa une et d’un coup spectaculaire, il envoya l’arme avec une telle force qu’elle traversa l’air d’un sifflement aigu et alla se planter dans le crâne d’un des deux fuyards. Le choc fut tel que la tête se décrocha avec la lame et s’enfonça dans le sable des dizaines de mètres plus loin, aux pieds des chevaux. Les animaux prirent peur et le chaos s’empara d’eux si bien qu’un bon nombre d’entre eux se défirent de leur bride avec de longs hennissements plaintifs. Ils galopèrent vivement dans la direction opposée du combat. En quelques secondes à peine, tous les chevaux s’étaient enfuis.

Quant au second fuyard qui courait désespérément après eux, il redoubla de vitesse pour ne pas subir le même sort que son camarade. Malheureusement pour lui, en dépit de la distance conséquente qui le séparait du colosse, sa vie le quitta de la même manière sans qu’il ne put y changer quoi que ce soit. Son corps tomba lourdement une fois privé de sa tête et son sang s’engouffra profondément dans le sable brûlant.

Les bandits restants n’étaient pas du genre à fuir. Il s’agissait des plus hargneux et des plus féroces. Ils esquivaient les coups d’épées gigantesques que Blowir maniait lentement. Lorsqu’une ouverture se présentait ils attaquaient les jambes mais cela n’affaiblissait en rien ce géant infatigable.Ils étaient une douzaine à l’encercler et pourtant aucun n’arrivait à lui porter de coup sérieux.

Quant au chef des bandits, il revint à la charge les deux sabres en avant. Il se faufila parmi ses hommes qui entouraient le géant de toutes parts. Contrairement à ses sous-fifres, il ne jouait pas la carte de la sécurité. Il invitait Blowir à l’attaquer, se rapprochant dangereusement de lui. Le négociateur n’était pas dupe, il comprenait parfaitement le manège de son adversaire. Sans crier gare il lança son immense épée dans la direction du chef. Ce dernier fit un pas de côté instinctivement. S’il s’était battu contre un homme normal il s’en serait échappé indemne, mais il se battait face à un colosse dont l’épée était si grande qu’en dépit de son mouvement il se fit couper le bras gauche.

Le chef hurla de douleur. Son cri se mua en gazouillis quand le souffle lui manqua. Ses yeux, injectés de sang, invectivaient avec hargne Blowir. Il se jeta en avant, son bras droit encore valide pointé vers le géant. D’un bond d’un seul il se propulsa dans les airs et frappa vers la tête de son adversaire avec brutalité.
Sa lame fut saisie au vol, Blowir l’attrapa de sa main gauche comme s’il s’agissait d’un bout de bois qu’on lui tendait. D’un coup de poignet il plia l’arme qui était désormais inutilisable. Le chef couina de rage et s’empressa de sortir un poignard de sa botte. Il se précipita derechef avec la ferme intention de faire souffrir ce géant. Énervé par l’énergumène, Blowir décocha un puissant coup de pied, digne des plus grands joueurs de football, et frappa le chef à l’entrejambe. La puissance du coup était telle que l’homme décolla dans les airs et alla s’écraser des mètres plus loin.

Voyant leur chef hors d’état de nuire, les soldats restants marquèrent une pause, hésitant à continuer un combat qui semblait être perdu d’avance. Cette seconde d’hésitation fût fatale pour deux d’entre eux qui se firent soulever de terre comme des oisillons et fracassés l’un contre l’autre avec violence comme deux fleuves se heurtent l’un à l’autre.
Il jeta un corps sur un bandit tandis qu’à l’aide de l’autre carcasse inerte il fouetta l’air, frappant tour à tour les derniers soldats. Ce dernier assaut eut raison d’eux et à peine quelques minutes s’étaient écoulés depuis le début du combat que tout était déjà fini. Un véritable carnage décorait les lieux, du sang, des morceaux de chair et des têtes traînaient à droite et à gauche.

- Il est définitivement pas humain ce type… Murmurèrent Bjorg et Mathilda à l’unisson.
- Venez ! Hurla Blowir à leur égard.

Ils s’approchèrent de lui au trot, tandis que la monture du géant, toujours d’un calme olympien, s’affairait à mastiquer des touffes d’herbes mortes. Le carnage était encore plus saisissant de près. Mathilda eut de grandes peines à contenir ses hauts de cœur.

- Toi, remplis-moi ce sac. Découpe les têtes et mets-les dedans, ordonna Blowir à Bjorg.
- Pardon ? Premièrement je ne suis pas un barbare et secondement je n’ai pas d’ordre à…
- Silence ! Tu as voulu venir alors maintenant que tu es là rends-toi utile.

Le géant lui tendit un sac qui contenait déjà deux têtes. Le dégoût sur le visage du mercenaire montrait qu’il n’était pas à l’aise avec toute cette carcasse. Il se mit pourtant à exécuter les ordres sans rechigner davantage.

- Toi, suis-moi, dit-il à l’intention de Mathilda.

Il l’emmena à l’écart du champ de bataille à une distance suffisante de Bjorg pour qu’il ne puisse pas l’entendre. Il sortit de sa cuirasse une gourde de cuir qu’il absorba avec avidité.

- Bon. Mon travail ici est terminé. Demain je dois partir pour le sud où des affaires plus urgentes me pressent. Ces affaires sont en relation avec l’épée que tu m’as amené hier. Te raconter tout dans les moindres détails me prendrait des semaines et je n’ai pas ce temps. Tout ce que je peux te dire c’est que si tu es prête à tout pour avoir des réponses alors fais un bout de route avec moi.
Par contre il te faut savoir Mathilda que je ne suis pas un mercenaire, ni un soldat d’Arzawa. Je n’ai ni code d’honneur ni règlement. Je serais très certainement amené à répéter le genre de chose dont tu as été témoin il y a quelques minutes. Et encore je pense que cela s’est passé plutôt paisiblement cette fois-ci.
- Paisiblement ? Vous appelez ça paisiblement ?

Le guerrier retira son casque et le garda sous son épaule. Son visage arborait un étrange sourire.
- Ma foi, contrairement à d’habitude je n’ai pas eu à trancher du bambin.
- Vous me dégoûtez… Répliqua Mathilda en tournant la tête sur le côté.
- Il fallait que je t’amène avec moi aujourd’hui pour que tu comprennes que si tu veux la vérité alors tu dois endosser la vue de ce genre de chose et bien pire encore.
Un silence s’installa entre les deux individus. Mathilda éprouvait une haine grandissante contre Blowir qui semblait prendre un malin plaisir à raconter ses méfaits.

- Alors ? Ça t’intéresse ou non ? Je pars demain, et je ne t’attendrai pas.
- Soit ! Je viendrai ! Mais je ne participerai pas à vos agissements ! Je ne vous aiderai pas dans vos combats ou quoique ce soit ! Tout ce que je veux moi c’est vos informations.
Le géant émit un petit rire à la remarque de la jeune femme.
- J’espère bien que tu ne m’aideras pas. Tu me générais plus qu’autre chose.
Alors que Mathilda allait répliquer, Bjorg s’avança, tenant devant lui le sac plein dont dégoulinaient des gouttes de sang.
- J’ai fini, déclara-t-il une expression dégoutté sur le visage.
- Bien, dans ce cas rentrons !

Blowir s’empara du sac et siffla sa monture qui galopa vers lui au pas de course.
Le trajet de retour se déroula de la même manière qu’à l’aller à l’exception des vautours tournoyant au-dessus de leurs têtes. Les animaux sentaient l’odeur de viande qui émanait du sac que portait Blowir. La chaleur n’y arrangeait rien. Lorsque la ville fut atteinte, le géant lança à la jeune femme :

- Bon, si tu es partante rendez-vous ici même demain aux aurores. Sinon tant pis.
Il les laissa seuls sur la place principale et s’éclipsa au détour d’une ruelle.

- Qu’est-ce qu’il a voulu dire ? Demanda Bjorg à Mathilda.

- Viens, allons voir les autres, j’ai quelque chose à vous annoncer.



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MessageSujet: Re: [PV/FB] Mathilda et Blowir   Lun 15 Jan 2018 - 3:55

Chapitre cinquième - Tracas


L’épisode se passe des jours plus tard. Mathilda a quitté Aldrik et les autres pour se joindre à Blowir avec qui elle se rend vers le sud. Ensemble ils font voile vers la cité libre d’Yggil. À mesure qu’ils s’avancent vers les terres brûlantes et désertiques, Mathilda souffre de maux plus douloureux les uns que les autres. Mal habituée aux températures extrêmes du sud lointain, elle lutte contre elle-même pour continuer ce voyage.


Cela allait faire une semaine que les deux compagnons avaient quitté Arzawa. Le soleil allait achevait sa course céleste une septième fois lorsque Blowir ordonna une halte.

« Arrêtons-nous ici »

L’endroit ressemblait à n’importe quel autre. Des rochers et du sable, c’était tout. Pas un signe de vie à des kilomètres à la ronde, pas la moindre trace d’un quelconque végétal. Même les vautours boudaient les aventuriers.
Le guerrier descendit de son cheval et défit de sa monture une jarre parmi les trois restantes. Il la posa devant Jörg, son cheval de guerre, qui s’empressa de tout boire à grande lampées. Puis le géant sortit de son armure sa gourde personnelle, mais à la différence de son cheval il n’avala que quelques gorgées.

« Combien d’eau te reste-t-il Mathilda ? »

Sa question resta sans réponse. Il se tourna vers la jeune femme et découvrit avec stupeur qu’elle demeurait inconsciente sur le dos de sa monture. Pensant qu’elle dormait, il la secoua vivement de sa main gigantesque.

« Hé, ça va ? »
Mathilda entrouvrit les yeux, incapable de décocher un mot elle fixait Blowir, les yeux dans le vide. C’est à cet instant qu’il remarqua que la jeune femme avait épuisé toutes ses provisions d’eau. Toutes les gourdes d’eau accrochées à Galette étaient vides, même celle pendouillant à la ceinture de la jeune femme. Il allait l’engueuler lorsqu’elle lui attrapa la main de ses doigts tremblants, le visage livide.

« Tu te sens bien ? »

Elle ne parvenait pas à répondre, c’était au-dessus de ses forces. Elle parvint tout juste à secouer la tête de gauche à droite.

« Non je me sens horriblement... »

Sa vision se troubla et très vite tout devint noir autour d’elle. La dernière chose qu’elle entendit fut la voix de Blowir beugler son nom.



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