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 Après tant de litres de vin...

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AragornNombre de messages : 1757
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Ancien Empereur de l'Ouest

MessageSujet: Après tant de litres de vin...   Sam 30 Juin 2018 - 0:45
Voila plusieurs mois que la demeure d'Elessar,se réduisait à l'immense tour blanche d'Ecthelion.
Voila plusieurs mois que le grand Empereur de l'Ouest n'était qu'un ivrogne, un soûlard, un sac à vin.
Voila plusieurs mois que derrière les portes en chêne, que des cris inaudibles, des injures, des pleurs.

Mais il fallait que ça se termine. Pour le Gondor, pour son peuple, pour sa famille. Eldarion ne reviendrait pas. Il n'avait pas su lui inculquer le sens du devoir. Mais Aragorn avait d'autres enfants. Les fils et les filles du Gondor étaient ses enfants. Les fils et filles d'Arnor étaient ses enfants. Alors pour tous ses autres enfants, il devait revenir. Les lourdes portes de chênes s'ouvrirent...

Les gardes tournèrent la tête et s'attendait à voir le vieil homme demander du vin, comme il le faisait depuis tant de mois. Mais il n'en était rien. Il se tenait, droit. Oh, il avait vieilli, il avait une barbe teintée de blanc, ses traits étaient tirés. Il était sale, et il puait. Mais de sa noblesse, il n'avait rien perdu.

Il s'avança vers eux, puis se tourna vers l'un des deux gardes.


Faites appeler l'Intendant. Dites-lui de me rejoindre dans la salle du Conseil. D'ailleurs, faites y appeler tout le Conseil Royal.

Le jeune garde, un membre de la petite noblesse gondorienne eut un instant d'hésitation, puis sous le regard lourd de l'Empereur, il détala aussi vite que s'il avait vu un fantôme. Car c'est ce qu'était Aragorn aux yeux de son peuple. Un vieux fantôme, une rumeur, un souvenir d'un temps passé, glorieux, où le Gondor était le joyaux d'un empire, lui même le point névralgique de la Terre du Milieu.

Puis Aragorn continua son chemin, escorté par le second garde qui se demandait si ce qu'il vivait était réel. Anarion avait depuis lontemps quitté le service de sa majesté, ne supportant pas de le voir tomber dans une déchéance totale. Il avait probablement rejoint le Nord, et les anciens de la Compagnie Grise. Nul ne savait non plus où se trouvait l'Impératrice. D'ailleurs, son titre, comme celui de son époux, existait-il encore?

Aragorn allait d'un pas lent, et lourd. Lourd de toutes ces années, de tous ces mois passés à se saoûler. Mais à mesure qu'il s'approchait de la salle du Conseil, il semblait retrouver sa grâce d'antan. Bien sûr, il n'était plus jeune, le poids de ses années s'accumulait sur son corp. Mais il y avait toujours une petite chose de royale dans cette démarche. Etait-ce vraiment un retour?

Il entra dans la grande salle du Conseil, presque aussitôt suivi par quelques membres de ce cabinet. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous là, l'Intendant compris. Alors, Aragorn parla d'une voix grave.


J'ai abandonné mes enfants...

Il marqua une pause. Il observa l'assemblée, de son oeil toujours aussi vif. Puis il repris la parole.

J'ai abandonné chacun d'entre vous. J'ai oublié qui j'étais. J'ai laissé la perte de mon fils dicter ma conduite. C'est impardonnable. Je n'ai pas vu l'Empire se désagréger. Je n'ai pas vu mon peuple se sentir trahi. En cela, je suis impardonnable. Mais je ne peux quitter ce monde et laissé ceci comme souvenir. A partir d'aujourd'hui, et jusque mon dernier souffle, je jure de servir mon pays, comme il mérite d'être servi. Si c'est la décision du Conseil, je reprendrai ma place, celle que vous attendez tous que j'occupe. Je retrouverai le trône Blanc.
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Eru IlúvatarNombre de messages : 30
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mar 3 Juil 2018 - 15:15
Les gens du conseil s'était amassé rapidement, jamais ces dernières années ils ne furent plus prompt à rejoindre une réunion, car jamais depuis plus de 3 ans, une réunion accueillait le roi Elessar.
Certains vinrent par respect et amour à leur souverain, attendant sa venus, d'autres par curiosité aussi et d'autres venait pour se faire entendre sur leur mécontentement.

Car oui, le Gondor avait changé ces dernières années ... et oui, le Gondor, l'Arnor ? Qu'en était-il ? Une terre emprunte de conflits, de raids et de barbarie sans nom que le Gondor avait abandonné. Ce fut le Surintendant, Gilnor Valtheran qui décréta impossible à défendre le reste de l'Arnor, certains avaient mal vue ce geste, mais ils étaient bien peu. Après tout, l'empire était dissout et le Gondor avait besoin de ses hommes pour défendre l'Ithilien et le Harondor.

Les conseillers étaient là, assis prêt à entendre leur roi, tous, sauf le Surintendant Valtheran. Hélas, l'actuel gérant du royaume était en mission officiel en Rhûn, invité à la demande du Prince Pourpre pour une importante affaire et devait être sur le chemin du retour aujourd'hui.

Aragorn parla, il parla et eux écoutèrent sans bruit, aucun ne murmura même un mot, tant les paroles de leur roi était rare. Ils buvaient ces parole comme un de ces nectars qu'on ne trouvait que dans l'extrême est et dont la rareté valait ici le prix de l'or.
Une fois qu'il eut finis, là ils parlèrent, les murmures s'élevèrent et quelques uns décidèrent de prendre la parole pour s'exprimer.

- Heureux de vous revoir mon roi, sachez que jamais je ne me suis sentis trahis par actes, le peuple du Gondor partage votre peine d'avoir perdu votre fils et est heureux de vous revoir prendre la place qui est votre !

- Heureux ? Notons tout de même que l'empire a été dissout entre temps, nous avons dépenser beaucoup pour maintenir le Harad au loin et sommes toujours menacé par le Mordor et entre temps nous n'avions pas notre roi !

- Nous n'avions pas notre roi, mais nous avions son coeur ! C'est le Surintendant qui l'a convaincus de revenir à Minas Tirith et c'est notre roi qui le nomma lui-même a ce poste ! C'est grâce à lui que nous ne nous sommes pas écroulé et que le Gondor a put récupérer ses terres ! Aujourd'hui l'Isengard est de nouveau nôtre pour ne cité que cela !

- Peut-être, mais combien avons nous payé pour sécurisé la frontière du Harad ! Regardé maintenant, le Harondor explose, des groupes de résistances n'ont de cesse de tenter de sapé notre autorité ! Pour ma part et cet avis est partagé, je me demande réellement ce que nous pouvons attendre d'un roi qui fut enfermé par sa propre fille et qui fut libéré seulement pour devenir un saoulard au fond d'une tour ! Est-ce cela la grandeur de Numenor ? Un roi ivrogne, abandonné par ses enfants et même abandonné par sa femme ?! Car plus invisible encore que notre roi, il y a notre reine, qui peut se vanter de l'avoir vue ces derniers temps ? Cela fait plus de 5 année qu'elle n'a pas foulé du pied notre cité.


Les mots étaient dur, et pourtant, beaucoup dans le silence et certains dans la discrétion hochèrent la tête. Trois camps alors se créèrent ceux plus neutre, ne sachant que choisir, ceux qui voulait le retour de leur roi bien aimé et les pessimistes qui eux voyaient cela comme un futur abandon de leur roi qui viendrait.
Les camps s'étaient levé, se hurlant dessus, certain allant au lèse majesté, d'autres scandant qu'il n'y avait là que la dur et pur réalité.
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Akasha IdrilNombre de messages : 54
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Impératrice Undomiel

Impératrice Undomiel
MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mar 3 Juil 2018 - 16:53


May it Be -Enya-

Une journée, les oiseaux s'envolaient surpris par une brise fraiche venant de l'ouest. Soulevant quelques cheveux ébènes, un frisson parcouru un corps diaphane revêtu d'ocre et d'argent. Un soubresaut suit les frissons, la silhouette se redressa lentement de son siège pour ouvrir les yeux. D'un gris constellé d'or, ce regard se fixa vers l'ouest et le visage qui possédait ces iris se figea, entrant dans une intense réflexion. Une pensée étrangère pénétra l'esprit de l'elfe éveillée.

*Galadriel: Il est temps pour toi de repartir marcher parmi les Hommes, Undomiel ... le soir n'est pas encore tombé.*

Akasha soupira, sortant d'une longue léthargie qu'il lui avait été nécessaire. La guerre ... l'avait profondément affaibli. Son empathie immense la rendait tellement fragile lorsque la mort frappait durement la Terre du Milieu. Et ces dernières années furent les pires. Plongées dans un cauchemars infernal, voyant le sang se répandre en aquarelle sur la seule toile qu'elle pouvait appréhender, la descendante de Luthien avait failli mourir ...

*Akasha: Il est temps, en effet...*

*Galadriel: Une escorte t'attend, le monde a changé, ne sois pas surprise de ne pas le reconnaitre.*

Arquant une sourcil, la semi-elfe se leva pour faire les préparatifs de son prochain départ de Lorien. Vêtue d'un pantalon de cuir vert, d'une chemise blanche surmontée d'une veste verte rehaussée de brocards d'or, un simple diadème d'argent entouré son front blanc. Une résille d'électrum capturait le haut de sa chevelure, laissant le reste tomber autour de ses hanches. Elle portait de hautes bottes de cavalerie et Hadhafang à son côté, la lame défenderesse.

Ses pas descendirent les cents marches de Caras Galadhon, un dernier regard fut jeter vers le Palais de Galadriel et Celeborn.  Akasha revenait parmi les Hommes.  Devant elle attendait dix fiers guerriers Galadrims. Trois d'entre eux portaient des étendards: Un de la Lorien, le second de Fondcombe et de dernier du Gondor.  Prenant la main tendue qui l'aida à trouver la selle de son cheval, Akasha flatta la bête puis annonça son départ. Un cor retentit un instant, puis le cortège prit la route.

*Galadriel: Puisse Eärendil veiller sur tes pas, Undomiel.*

Un sourire triste parcouru le visage de la belle, était-ce un simple au revoir ?

Le voyage commença, les bannières flottantes éveillèrent quelques curiosités sur le chemin, mais qui pouvait bien sortir des confins de la Terre du Milieu pour partir vers l'Ouest ? Ils voyagèrent vite, c'était la volonté de la dame. Ils ne s'autorisèrent que les pauses nécessaires et évitèrent toutes les grandes villes. Frôlant frontières et postes de guets habillement pour que personne ne rapporte la prochaine arrivée d'Akasha à Minas Tirith. Une intuition lui interdisait de sourire, comme une ombre mortelle qui recouvrait une partie de son avenir ... un simple instant, une vision lui vint. L'arbre blanc en feu ... les cris et les pleurs. Serrant l'une de ses mains contre sa poitrine,  le commandant de l'estafette se rapprocha de la fille d'Elrond pour lui demander si tout allait bien, tracassait par son mutisme et son air sombre.

-" Continuons, il n'est pas temps de s'apitoyer, pas encore."

Le guerrier décoré s'écarta de l'étoile du soir pour faire accélérer le cortège. Akasha ne voyait aucune garde impériale pour la route ... n'était-elle pas enfin arriver dans les frontières de l'Empire ? Le Rohan était loin et quelques cavaliers les avaient même suivis à l'horizon pour disparaitre lorsqu'ils reconnurent les couleurs de la garde rapprochée. Ils n'avaient plus qu'à suivre l'Anduin jusqu'à la Minas Tirith.

Les premières lueurs du jour frappèrent les blanches murailles de la cité capitale du Gondor. Cette vision offrit un sourire à Akasha mais, il ne demeura que peu de temps. Terminant de s'approcher de la cité rapidement, le rythme de route diminua lorsque les portes furent en vision. Un cor sonna dans la ville, puis une seconde. Ce n'était pas bien difficile de comprendre qu'une délégation elfe arrivait, mais l'étendard du Gondor au milieu des deux autres fit réagir plus rapidement les soldats en garnison. Mais Akasha n'observait pas tout cela. Les gens qui tournaient leur regard vers elle, les soldats qui écartaient ces derniers. Non, elle n'avait d'yeux que pour les sommets de Minas Tirith et la Tour d'Ecthelion.

-" Finalement, je te revois ... "

Dit-elle en terminant de monter les escaliers, offrant un long regard vers le quatrième fils de Nimloth le beau de Nùmenor, l'Arbre blanc, symbole de cette cité.
Il n'était donc pas mort ...

Prenant des mains de l'un des Galadrims l'étendard de Fondcombe, la belle indiqua l'entrée de la tour pour prochaine destination. Les valeureux se mirent en formation et entourèrent la belle alors que les gardes de Minas Tirith s'écartaient sur leur chemin.  Un murmure parcouru les couloirs, aussi vif que le vent descendant des monts brumeux.  L'impératrice était de retour, accompagnait de combattants Galadrims. Les portes du conseil n'était plus très loin et déjà quelqu'un était entré rapidement pour prévenir le Roi d'une nouvelle.

-" Notre dame est  de retour, notre dame est à Minas Tirith."

C'est alors que s'ouvrir les portes de chênes massifs sur deux rangés de cinq combattants, deux d'entre eux portant à droite les couleurs de la Lorien, à gauche celui celles du Gondor. Au centre une main frêle et blanche tenait le bois blanc sculpté de l'étendard de Fondcombe.

A cette main l'on pouvait voir trôner, à l'annulaire, l'anneau de Barahir.

Son visage caché par le tissu, le silence du cortège était imperturbable et plus aucun mouvement ne fut visible dès lors que la dame eut fini d'avancer entre les deux autres étendards.

La salle était silencieuse, mimant les nouveaux arrivants.






-Symbole et Sceau personnel d'Akasha-
Code couleur = [color=leafgreen]
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Thais LaeliasNombre de messages : 378
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La Dame de Fer
MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mer 4 Juil 2018 - 1:04
Nichée au cœur des Montagnes Blanches, cachée sur un plateau, accessible uniquement depuis un tunnel sous la montagne, Nid-de-Corbeau était une forteresse facile à défendre. Elle se présentait comme un bastion carré, construit dans la même roche noire que les montagnes alentours, derrière lequel s’étendait un long promontoire aux parois escarpées, surmontées de murs. Personne ne pouvait l’attaquer sans risquer une périlleuse escalade, et cela signifiait également que personne ne pouvait en sortir sans s’exposer aux mêmes dangers.
Austère et froide, la forteresse avait été entretenue pour la vue qu’elle offrait sur le versant opposé à Minas Tirith, et pour ses qualités indéniables de « dernier bastion ». Si jamais la Cité venait à tomber, si la Citadelle Cachée ne résistait pas, les défenseurs livreraient leur dernier combat ici. Ces qualités en faisaient également l’endroit parfait pour contenir des prisonniers gênants, à l’abri des regards et des tentatives d’évasion.
Tandis que l’air frais de ces sommets emplissait de son charme piquant les poumons de Thais avec régularité, cette dernière courrait en rond dans la vaste esplanade. Elle aimait cet endroit. Son austérité. Sa rudesse. Son ancienneté. On pouvait considérer que c’était ici qu’était née la nation de Gondor, selon elle. C’est dans ces climats que se développaient les qualités de ce peuple. Rigueur, discipline, refus du superflu. Des qualités qui se diluaient peu à peu, approchant la nation de la décadence.
Les soldats sur les murs ne la quittaient pas des yeux. Ce n’était pas tant à cause de la légère tunique qu’elle portait malgré la fraîcheur du temps qu’à cause de leurs consignes. Prisonnière elle était, et sous bonne garde qui plus est. Depuis deux ans déjà, son domaine s’était réduit à cette forteresse, et encore n’en était-elle pas maîtresse.

Elle avait tout tenté. Ses soldats avaient tout tenté. La bataille s’était engagée sous de bons auspices, repoussant les premiers assauts des coalisés. Bien qu’inférieurs en nombre, les troupes impériales étaient des vétérans aguerris, équipés des meilleures armes et armures que l’Ouistrenesse soit capable de produire. Malgré cela, à mesure que la bataille se développait, les rotations remplaçaient des compagnies fatiguées et diminuées par d’autres en à peine meilleur état. Les Coalisés gagnaient à l’usure, et leur charge finale eue raison de la discipline des troupes de l’Empire. Thais avait hésité à lancer sa réserve et sa Garde d’Argent dans la bataille, mais avait finalement préféré couvrir avec elles la retraite du gros de ses forces.
Las, ils n’avaient jamais eu l’occasion de se reformer, de se réorganiser. L’Arnor s’était soulevé contre elle, à nouveau, empêchant son passage ou assiégeant les garnisons laissées en chemin. L’ennemi sur leurs talons, repoussés toujours plus loin, il avait fallu se rendre à l’évidence : la bataille était perdue, et avec elle la guerre. Ravalant sa fierté et sa colère, l’Impératrice commis l’impensable. Elle dépêcha des émissaires pour annoncer sa reddition, et dispersa ses troupes. Craignant un piège, les Coalisés perdirent en manœuvres et discussions un temps précieux, qui permis à bien plus de soldats qu’ils ne l’auraient voulu de survivre, se cacher, et s’installer en différents points de ce qui fut l’Empire de l’Ouest, et recommencer une vie.

Quand, enfin, les troupes Coalisées pénétrèrent dans le camp impérial, elles ne trouvèrent que des monceaux d’armes et d’armures brisées, ainsi que Thais et douze Gardes d’Argent. L’Impératrice avait retiré à leur victoire autant d’éclat qu’elle avait pu. Elle s’attendait à périr. C’est en tout cas ainsi qu’elle aurait agi : une adversaire de sa trempe était trop dangereuse pour être gardée en vie.
***

La vie de Thaïs n’avait pas pris fin avec son règne. Elle n’était pas morte sur le champ de bataille, n’avait pas été exécutée par l’ennemi victorieux. Elle avait été faite prisonnière, et avec elle la poignée d’irréductibles avaient fait le choix de rester à ses côtés : Tar-Alendil, bien sûr, le Capitaine de la Garde, sa seconde Aelis « L’Indomptée » Corvo, Cotter Pyke le Manchot, Jan Ruisseau, le porte-étendard, Lorne de Caerbannog, Khudnir l’Haradrim, Ulwarth Brise-Mâchoires de Rhûn, Erolith et Erchirion Vasalor du Gondor, Gorred Leodi de Dol Amroth, Allyssa la Rôdeuse d’Arnor et Damon Leroy d’Annuminas. Douze Gardes d’Argent, qui valaient bien dix soldats chacun. Voilà tout ce qui restait de la glorieuse Douzième Légion, les Aigles de Rouille, dont l’étendard ne tarderait pas à être confisqué…
Elle se tira de sa rêverie. Sa vie avait été un enfer de monotonie depuis qu’elle s’était rendue. On lui avait laissé ses gardes, fort heureusement, sans quoi elle n’aurait eu personne avec qui parler durant de longues semaines. Les échos qui lui parvenaient ne faisaient que l’inquiéter : l’Empire, SON empire, tombait en ruines. Son père, comme elle le pressentait, s’était une fois de plus soustrait au pouvoir, mais cette fois il n’avait pas quitté la ville. Il se contentait de se saouler nuit et jour, et avait délégué les pleins pouvoirs à un homme plus médiocre encore que lui : Gilnor Valtheran. Un homme sans vision politique, qui la détestait, elle et tout ce qu’elle représentait, au point  de défaire la quasi-totalité de ses réformes. Nul doute que si elle n’avait pas été la fille du Tar, ses hommes auraient été mis à mort, et elle aussi. A moins qu’il ne la condamne à croupir dans une geôle…
***

Les semaines passèrent, routinières au possible. Thaïs s’exerçait chaque jour avec ses hommes dans la cour de la forteresse, comme elle en avait pris l’habitude durant ses années de guerre. Le détachement chargé de sa surveillance les laissait faire : mieux valait qu’ils dépensent ainsi leur énergie. Cette routine se poursuivit jusqu’à ce qu’un jour, l’Intendant ne s’absente pour un long voyage en Rhûn. Le Conseil Royal, chargé de gouverner en son nom, s’en trouva fort mal à l’aise : les usages stipulaient que le Roi, ou son représentant, devaient le présider. L’un étant en voyage et l’autre cloîtré dans ses appartements, ils décidèrent de l’inviter à les joindre.
Thaïs était consciente que son rôle ne serait qu’honorifique. Néanmoins, cela lui offrait une occasion unique de quitter sa forteresse, d’apparaître à nouveau sinon aux yeux du peuple, du moins à ceux de la domesticité. Elle accepta le marché qui lui était proposé, s’arrangeant pour laisser tomber dans les oreilles attentives des valets qu’elle avait à cœur le devenir de son pays, et répondrait toujours à l’appel du devoir. Elle savait que ces phrases, ces bribes, seraient répétées, déformées, amplifiées à mesure que les uns ou les autres ne tiendraient pas leurs langues. Sous des airs innocents et mondains, elle distillait sans en avoir l’air sa bonne parole.

Au fil des semaines et des réunions du Conseil, il devint coutumier de la voir se déplacer dans les couloirs du palais, toujours sous bonne garde, accompagnée d’un de ses fidèles, jamais le même. Elle portait à nouveau les robes qui seyaient à quelqu’un de son rang, et obéissait docilement sans jamais chercher à aller là où elle n’était pas autorisée, ou à rencontrer quelqu’un qu’elle ne devait pas voir. Peu à peu, elle gagnait la confiance des membres du Conseil, dispensait quelques conseils en dehors des réunions, répondait volontiers aux questions qu’on lui posait. Elle savait pertinemment qu’elle n’aurait pas l’occasion de reprendre le pouvoir avant que Gilnor ne revienne. Elle manquait de soutiens, c’était aussi simple que cela.
Néanmoins, en gagnant la sympathie des membres du Conseil, elle savait qu’elle gagnait également celle de leurs tributaires. Les hommes parlent, ils discutent. Ils se confient à leurs épouses, à leurs maîtresses, à ce bras-droit en qui ils ont toute confiance. Et, peu à peu, l’information circule, et il importait qu’elle soit claire : Thaïs Laelias était de retour, on cherchait son conseil. Nul besoin qu’on chante ses louanges, tant qu’il était évident qu’elle participait tout à fait légitimement au gouvernement. Ainsi, ses propres soutiens pouvaient s’enhardir, tandis que ceux de Gilnor s’en trouvaient perplexes, hésitaient, que leur camp se fissurait peu à peu en désaccords et débats inutiles.
Thaïs était presque née dans un monde d’intrigues. Et elle tissait, patiemment, une nouvelle toile, fil après fil…
***

On frappa à la porte de ses appartements.

« Entrez ! »

Elle sentit plus qu’elle n’entendit Aelis se positionner derrière elle. La grande blonde irradiait de force, ses muscles déliés incongrus dans la robe qu’elle était contrainte de revêtir en-dehors des entraînements. Thaïs et elle offrait un contraste certain : l’une était gracile, pâle à en être diaphane, l’autre massive, la peau hâlée par le soleil et le plein air. L’une était inhumainement belle, au point qu’elle ne semblait pas être de cette terre, le visage de l’autre était défiguré par une vieille blessure qui lui tordait une joue en un rictus sinistre.
Thaïs ne put que lever un sourcil circonspect et découvrant son interlocuteur. Stratophanes Doniatus, un membre du Conseil Royal. Elle exécuta une révérence parfaite, accompagnée d’un sourire aimable.

« Vous ici ? Pardonnez ma surprise, mais la prochaine réunion du Conseil n’est-elle pas prévue pour le jour d’après demain ? »
« Si fait, votre Altesse. Néanmoins, le Roi a commandé une réunion du Conseil. Et… De fait, cela vous inclus : vous devez en prononcer l’ouverture. »

Sans doute aurait-il été difficile d’imaginer toute couleur quitter la peau déjà pâle de Thaïs. Pourtant, ce fut le cas. Elle maîtrisa son corps, se força à respirer calmement. Son père demandait une réunion du Conseil. Soit il avait dessaoulé, soit il était encore plus rond que de coutume. Sa voix trembla à peine quand elle reprit la parole.

« Je vois. Le Roi ordonne, et nous obéissons, n’est-ce pas Stratophanes ? »
« Aye. Nous nous réunissons dans l’heure. »
« Bien. Si vous me laissez le temps de revêtir une tenue plus convenable, je vous suivrai. »

Elle était en effet vêtue un peu trop simplement (et confortablement) pour une réunion officielle. Stratophanes acquiesça, s’éclipsant. Thaïs appela deux servantes qui se firent un devoir de la vêtir et de la maquiller aussi rapidement que possible. Il fallut malgré cela près de vingt minutes pour que son apparence soit acceptable. Seule sa coiffure, trop simple, témoignait de l’empressement qui avait présidé sa toilette. Elle accepta le bras de Stratophanes, et le laissa la guider vers la salle du conseil, accompagnée par le martellement des bottes de son escorte, la silhouette massive mais souple d'Aelis sur ses talons.
Depuis l’annonce de Stratophanes, elle n’avait cessé de réfléchir aux implications et conséquences de cette convocation. Que son père souhaite reprendre les rênes du pays était tout à fait envisageable : cela ne serait pas la première fois. Cela signifiait également que le royaume courrait, à plus ou moins long terme, au-devant d’un désastre, comme à chaque fois qu’il s’était assis sur ce trône. Elle échafaudait plans et stratégies, conversant distraitement avec son guide : elle pouvait tirer son épingle du jeu. Et cette fois… elle ne laisserait rien au hasard. Elle libérerait son père de ce fardeau qu’il n’était pas capable de porter. Elle lui offrirait la liberté dont il rêvait. L’emprisonner avait été une erreur, elle s’en rendait compte désormais. Mieux valait lui offrir la vie simple et aventureuse qu’il appelait de ses vœux.

La porte de la salle du Conseil interrompit ses réflexions. Elle se composa un masque de circonstance, une expression neutre mais légère. Après tout, ce serait l’une des premières fois qu’Aragorn et elle se trouveraient dans la même pièce depuis sa capture. Elle salua les autres conseillers, s’enquit de leur santé et de celle de leur entourage, échangea salutations et plaisanteries d’usage. Elle jouait son rôle à merveille, et il était difficile de ne pas se laisser happer par cette voix cristalline, ces yeux enchanteurs, ce rire cristallin. Il fallait une certaine force morale pour se rappeler qu’elle était et restait la Dame de Fer de l’Ouistrenesse, et que son nom avait fait trembler Arda toute entière il y a moins d’une décennie.
L’heure vint mettre un terme à ces échanges. On s’installa autour de la table. Thaïs laissa le trône vide : le Roi se rendait au Conseil, il lui revenait de droit. Elle attendit que tous soient assis pour prononcer les quelques mots devenus rituels, avant de s’asseoir. Elle avait joué son rôle. Le Conseil pouvait commencer. La mécanique bien huilée du palais en informa Aragorn, qui ne tarda pas à pénétrer dans la pièce sous plusieurs paires d’yeux attentifs. Thaïs ne put retenir un froncement de nez. L’Empereur puait. Il était sale. Les yeux havres, il paraissait à moitié absent. Sa barbe était longue, ses cheveux emmêlés jusqu’au milieu de son dos. Il paraissait plus vagabond que Roi. Elle eut honte de lui.
Puis il parla.

« J’ai abandonné mes enfants. »

Elle releva la tête, cherchant un regard qui semblait ne pas la voir. Elle se détesta de sentir son cœur bondir dans sa poitrine. Enfin ? Se rappelait-il d’elle ? Se souvenait-il qu’il avait encore un enfant en vie ? Et, surtout, reconnaissait-il ses erreurs ? Elle déchanta bien vite.

« J'ai abandonné chacun d'entre vous. J'ai oublié qui j'étais. J'ai laissé la perte de mon fils dicter ma conduite. C'est impardonnable. Je n'ai pas vu l'Empire se désagréger. Je n'ai pas vu mon peuple se sentir trahi. En cela, je suis impardonnable. Mais je ne peux quitter ce monde et laissé ceci comme souvenir. A partir d'aujourd'hui, et jusque mon dernier souffle, je jure de servir mon pays, comme il mérite d'être servi. Si c'est la décision du Conseil, je reprendrai ma place, celle que vous attendez tous que j'occupe. Je retrouverai le trône Blanc. »

Sa gorge se dessécha. Se noua. Menaça de l’étrangler. Une douleur sourde remplaça la chaleur qui s’était un instant répandu dans ses veines depuis son cœur. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Comment avait-elle pu s’autoriser à croire qu’il lui accordait la moindre importance ? Il ne pleurait que son fils. Seul comptait Eldarion. Seul avait toujours compté Eldarion. Elle se sentit trembler de rage, et ferma un instant les yeux, cherchant à reprendre le contrôle de ses membres. Quand elle se leva, elle fit taire les conseillers en pleine dispute, sans avoir prononcé un mot. Il irradiait d’elle l’autorité qui l’avait placée sur le trône par le passé.
Son visage ne trahissait aucune émotion. Elle semblait luire d’une obscure clarté, et ses mots, prononcés d’une voix calme et basse, résonnèrent bien plus qu’ils ne l’auraient dû dans la salle de marbre. Elle parut grandir, occuper plus d’espace qu’elle ne le devrait, s’imposer à tous comme une évidence.

« Nul doute que certains de vos enfants seront heureux d’apprendre votre retour, père. De là à supposer que vous fassiez l’unanimité, comme vous semblez le croire… Regardez-vous. Vous êtes toujours le même. Vous n’avez pas changé : vous ne voulez pas plus régner aujourd’hui qu’il y a dix ans, quand vous avez abandonné notre peuple alors que ses terres étaient envahies, ou qu’il y a cinq ans, quand vous avez confié les rênes du pays à un homme sans envergure. Vous demandez à un Conseil de vous placer sur un trône qui vous revient de droit ? Quel genre de souverain se comporte ainsi ? Vous espérez sans y croire que le Conseil ne vous laissera pas vous y asseoir. Vous espérez que vous pourrez reprendre la route, retrouver cette liberté que vous chérissez plus que vos propres enfants, vous l’avez prouvé à maintes reprises ! »

Elle offrait un contraste saisissant avec son père. Sa colère suintait, emplissait l’air, sans que son ton ne change. Elle parlait d’une voix calme, posée, assassine. Ses mots étaient la colère du juste. Elle trouva et soutint le regard de chacun des membres du conseil.

« Et, comble de lâcheté, vous placez des hommes qui cherchent l’intérêt du royaume face à un faux choix. Vous leur demandez de vous plébisciter. Vous savez quelle est leur situation. Vous leur donnez l’illusion de pouvoir vous répondre ce qu’ils souhaitent. Oh, vous êtes magnanimes, je le sais. Ils ne risquent rien pour les paroles qu’ils ont proféré. Mais, au bout du compte, vous savez que leurs serments les lient à vous. Vous contraignez ceux qui ne vous soutiennent pas au mensonge. »

Progressivement, le charme se dissipa. La voix de Thaïs, sans avoir changé de volume, cessa de résonner comme elle le faisait. La reine ténébreuse s’effaça, laissa place à la princesse diaphane, mince mais ferme, droite et fière face à son père.

« Comportez-vous comme un roi, au moins une fois dans votre vie. Cessez de geindre et de quémander, sans quoi même les serments ne pourront plus vous sauver. »

Rien n’aurait pu être plus assourdissant que le silence qui suivi sa déclaration. Quand la porte s'ouvrit sur une Elfe et son escorte, il planait encore...
[HRP: Oui, Thaïs est partie en mode "Galadriel" sur ce coup-là Very Happy ]



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AragornNombre de messages : 1757
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Jeu 5 Juil 2018 - 15:14
Aragorn s'était assis dans son siège. Il avait souhaité jouer la carte de la repentance. Mais il ne se doutait absolument pas un instant devant qui il devrait la jouer. A peine allait-il commencer à prononcer ses premiers mots qu'elle entra dans la pièce. Elle qui avait trompé sa confiance. Elle l'avait poignardé. Elle l'avait trahi. La chair de sa chair. Son propre sang.

Thais portait une tenue assez simple. Aragorn aurait pu en etre offusqué, si lui même n'était à cet instant que l'ombre de ce qu'il avait été. Alors il ne dit rien. Il la regarda s'approcher et prendre place près de lui. Si l'Empereur avait les yeux posés sur sa fille, leurs regards ne se croisèrent à aucun moment.

Il écouta ces nobles lui exposer leur mécontentement de son retour. S'il en existait quelques uns qui soutenaient son retour, et Aragorn ne savait pas encore si c'était par une réelle loyauté ou plutôt par volonté de s'attirer très vite les faveurs du Tar. Puis vinrent les sceptiques, les critiques. Ceux qui ne voyait plus en lui qu'un déchet trop lourd et encombrant pour le Gondor. Il avait été celui qui avait mené les Dunadans à un rayonnement sans pareil. Il avait créé un Empire qui comprenait plusieurs dizaines de millions de sujets. Il avait mené des guerres jusque sur les terres même de Sauron. Il avait siègé à Annuminas, Minas Tirith et Armenelos. Il avait affronté et vaincu tous ses ennemis extérieurs, et la plupart de ceux à l'intérieur. Mais il avait su aussi pardonné. Il avait pardonné Herunumen, l'Usurpateur. Et il aurait pu aussi pardonné à sa fille. Si seulement elle n'avait pas été si loin. Si elle n'avait pas pris les armes contre lui. Si elle n'avait pas souhaité épouser celui qui avait causé tant de tourment au peuple du Gondor. Et c'est d'abord à elle qu'il s'adressa.


Tu n'as jamais su saisir l'essence du pouvoir. Ma chère fille, le trône du Gondor ne fait pas de nous les maitres du Gondor, mais ses serviteurs. Je n'ai jamais voulu régner, et c'est justement ce qui fait que je dois régner. Celui qui veut le pouvoir en abuse. Celui qui le prend devant l'insistance de ses dépositaires, celui-là doit régner.

Puis il se tourna devant cette assemblée de nobles. Ces hommes qui avaient servi sous ses ordres, parfois même sous ceux de sa fille, voir d'Herunumen. Certains s'étaient empressés de revenir vers lui s'excuser. Aragorn avait bien publié des décrets d'amnistie contre ceux qui n'avaient pas commis de crime de guerre. Il s'appreta alors à répondre à ces hommes à qui il avait su accorder son pardon. Mais alors que ses lèvres s'ouvraient pour leur répondre, les lourdes portes de la salle du Conseil s'ouvrirent une nouvelle fois. Et tel le soleil qui illumine une pièce qui depuis trop longtemps dans la pénombre, le coeur d'Aragorn accueillit cette vision avec une joie sans nom. Elle était de retour. L'étendard dans ses mains était portait bien ses armes. Le seigneur qui avait eu ces dernières paroles s'en trouverait ainsi sans mot.

Mae tollen na mar, Meleth Nin.

Bien, certains d'entre vous doutent donc de ma capacité à régner. J'entends vos critiques, votre scepticisme. Mais n'oubliez pas qui je suis. Je suis votre Empereur, non votre Roi. Oui, nous avons laissé l'Empire tomber en désuétude, mais vous en êtes au moins autant responsable que moi, vous tous qui êtes autour de cette table, ma propre fille compris. Mais l'âge des Hommes n'est pas révolu. La grandeur de Nùmenor coule dans mes veine, et dans celle de ma descendance, comme dans celle de beaucoup d'entre vous. Nous l'avons oublié. Et pourtant... Et pourtant, nous aurons besoin de chacun d'entre nous pour recouvrer l'Empire. Car c'est cela, l'ambition que doit avoir le peuple Dunadan. Et si je suis le légitime détenteur de trône, je ne le prendrai pas si ce n'est pas l'avis du Conseil. Cependant, laissez moi vous dire une chose. Voyez, voyez la famille impériale. Voyez votre impératrice, de retour à mes cotés. Voyez la fille qui m'a trahi, qui m'a enfermé, mais que je n'ai à aucun moment detesté. Une fille pour qui j'ai toujours un amour profond et réel. Voyez vous, messieurs, cette famille n'aura de cesse de vous servir. Et si jamais, le Conseil estime que je suis pas l'homme de la situation, j'en tirerai les conséquences, et, accompagné de mon épouse, je me retirerai, jusqu'à attendre l'heure. Et jamais plus, Tar Elessar ne se présentera à vous.
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Thais LaeliasNombre de messages : 378
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Jeu 5 Juil 2018 - 19:07
La nouvelle venue n’avait pas eu l’occasion de rompre le silence. Aragorn l’avait fait. Sa fille dardait sur lui un regard complexe, dans lequel se mêlaient mépris et espoir. Elle l’avait fait, enfin. Elle l’avait confronté, avait eu un semblant de discussion avec lui. La confrontation tant repoussée semblait sur le point d’avoir lieu. Elle n’avait cure que les membres du Conseil, qui semblaient s’être recroquevillés depuis qu’elle avait pris la parole, en soient témoins. Pas plus qu’elle ne se souciait de la présence de ces Elfes. Sans doute aurait-il été plus sage d’écouter ce qu’ils avaient à dire de si important que cela justifie d’interrompre le Conseil. Mais elle ne pouvait prendre le risque d’être reconduite à sa cellule sans avoir terminé.
Son ressentiment pour son père était ancien. Mais au cours de ces deux dernières années, elle n’avait guère eu d’autre loisir que de le ressasser, de le pétrir, le durcir, jusqu’à en faire une roche dure et froide sur laquelle aiguiser ses arguments. Elle avait joué cent fois, mille fois cette scène dans sa tête, comme une pièce de théâtre dont elle aurait altéré les dialogues d’une fois sur l’autre. Les autres personnages ou le décor n’avait pas la moindre importance.
Aragorn avait là l’occasion de montrer qu’il avait l’étoffe d’un roi, ou de confirmer Thaïs dans l’opinion qu’elle se faisait de lui. Elle retint presque son souffle quand il prit la parole. Et déchanta, à nouveau. Paternaliste, pétri de platitudes, oublieuse de la réalité, sa répartie était tout ce qu’elle avait attendu de lui.

« Tu n'as jamais su saisir l'essence du pouvoir. Ma chère fille, le trône du Gondor ne fait pas de nous les maitres du Gondor, mais ses serviteurs. Je n'ai jamais voulu régner, et c'est justement ce qui fait que je dois régner. Celui qui veut le pouvoir en abuse. Celui qui le prend devant l'insistance de ses dépositaires, celui-là doit régner. »

Elle enregistra sans vraiment en réaliser toutes les implications l’arrivée de sa mère, annoncée par Aragorn. Ce paramètre ne faisait pas partie de ceux qu’elle avait étudiés, or il fallait qu’elle saisisse sa chance de lui parler. S’entretenir avec sa mère qu’elle connaissait si peu était secondaire, aussi se contenta-t-elle de la saluer gracieusement et de l’étudier d’un regard curieux tandis que son père parlait.
A vrai dire, elle peinait à reconnaître sa parenté dans la beauté elfique aux cheveux de jais qui venait d’arriver. Mais y avait-il une personne au monde avec qui elle put se comparer physiquement ? Elle était différente de tous, ce qui ne faisait pas d’elle quelqu’un de spécial mais quelqu’un d’étranger. Elle savait maintenant que ce paradigme s’appliquait également à ses parents. La Nature, par jeu ou par cruauté, l’avait faite ainsi, et son enfance lui avait inculqué ce fait à grands renforts de méchancetés. Elle caressa brièvement la bague de fiançailles qu’elle portait toujours à son doigt, comme on effleure une cicatrice douloureuse.

« J’en conviens, père. Et vous êtes, évidemment, un parfait exemple de serviteur du trône. Sauf peut-être quand Krell défonça les portes de cette ville. Ou que Shraknag Pue-la-Mort déferla sur Belfalas et fit le siège de Dol Amroth. Ou encore quand l’Ennemi s’éveilla en Beleriand et déferla sur l’Arnor. Je n’ai pas le souvenir de vous avoir vu ou même d’avoir entendu parler de vous durant les cinq années de guerre qui suivirent, tandis que j’affrontais les Orques et le froid pour garder le peuple de l’Empire en sûreté. Vous avez reparu ensuite, une fois le danger écarté. Vous avez choisi de m’affronter, sans laisser de chance au dialogue. Et ensuite, quoi ? Vous avez décidé de servir votre royaume en affinant vos compétences œnologiques ? »

Elle était toujours debout. Droite et calme, décochant ses mots avec la régularité d’un archer entraîné tandis qu’elle continuait à parler devant une assistance muette. Certains conseillers étaient visiblement outrés par ses propos, mais n’osaient intervenir. D’autres, mal à l’aise, se dandinaient sur leurs chaises. Plus rares, certains faisaient de leur mieux pour rester de marbre, et ne pas montrer que les mots de l’ancienne Impératrice étaient ceux qu’ils voulaient entendre.

« Je ne suis pas parfaite. J’ai dû apprendre à gouverner quand j’ai été poussée sur le trône. Mais je n’ai jamais fuis ce devoir. Aujourd’hui encore, je me suis présenté à cette assemblée, qui m’a fait l’honneur de sa confiance pour la présider. J’ai répondu à ses sollicitations et aux questions qui me furent posées avec honnêteté. Je n’ai pas cherché à en prendre la tête, mais à offrir un conseil honnête quand il m’était demandé. Et ce bien que je sois une prisonnière ici.
Alors ne me donnez pas de leçons sur le devoir. J’ai fait des erreurs durant mon règne, j’en conviens et je suis prête à en répondre. J’ai pris des décisions que vous n’auriez jamais prises, d’autres que vous n’auriez jamais approuvées, et d’autres que vous n’auriez jamais envisagées. L’Empire a traversé avec moi des heures sombres comme des périodes de gloire, mais je n’ai jamais œuvré que pour lui. Je n’ai jamais failli à mon devoir envers lui.
»


Thaïs n’avait pas besoin de lister à haute voix ses faits d’armes et de plume. Elle avait été une reine guerrière, oui. Elle avait porté le fer contre les armées de l’Ennemi, jusque par-delà le Mur. Mais elle avait pris soin de son peuple. Elle avait veillé à ce que ses soldats blessés ou estropiés ne soient pas réduits à la mendicité, en leur garantissant un revenu. Elle avait réformé l’impôt pour que les paysans ne versent pas plus qu’ils ne pouvaient se le permettre au Trésor. Elle avait entreprit de grands travaux de réfection des voies, tendu une main amicale au Harad et au Rhûn, noué des liens commerciaux pour cimenter la position de l’Ouistrenesse comme carrefour de civilisations comme de marchandises.  
Elle s’était trouvée face à des choix difficiles. Et elle avait fait des erreurs. Elle avait sous-estimé l’impact que la destruction de l’Isengard aurait sur sa réputation, en dépit de l’excellent travail fournit par la machine à rumeurs créée par Denethor, qui avait démontré la traîtrise de ce royaume. Elle laissa échapper un léger soupir avant de reprendre la parole. Les mots qui allaient suivre ne seraient pas agréables à prononcer, mais elle se devait de le faire.

« J’ai en revanche manqué à mon devoir envers vous. C’était une erreur de vous retenir ici contre votre gré, père. Une décision que je regrette, et pour laquelle je demande votre pardon. Je ne me perdrai pas en justifications compliquées : votre retour, au lendemain d’un conflit meurtrier et alors qu’un second se préparait, m’a prise de cours. C’était une décision hâtive, prise sous des émotions que je ne parvenais pas à démêler. C’est aussi simple que cela. Une fille ne devrait pas agir ainsi avec son père, et croyez-le ou non j’avais prévu de vous présenter mes excuses et de parler avec vous dès mon retour. La manière dont ce dernier s’est déroulé ne m’a pas laissé l’occasion de le faire avant ce jour. »

Ces mots prononcés, elle releva enfin la tête.

« Quoi que vous puissiez penser, je ne vous déteste pas. Ou plutôt, je ne vous déteste plus. Vous nous présentez comme une famille unie, mais quand commencé à m’inclure dans celle-ci ? Vous vous êtes toujours comporté comme si je n’existais pas en-dehors des réceptions et des ambassades : seul comptait Eldarion. Je ne suis pas une fille parfaite, mais vous n’êtes pas non plus un père parfait, et cette famille n’est pas parfaite. C’est un fait. Je suppose que nous avons tous deux fait de notre mieux. Et que nous sommes tous ici prêts à recommencer pour le bien du pays. »

Elle avança vers sa famille, lentement, pas à pas, se plaça sur la même ligne que son père et sa mère, maintenant entre Aragorn et elle une distance due autant à leur relation qu’à l’odeur qu’il dégageait toujours. Puis elle se tourna vers les conseillers, qui pour beaucoup regardaient leurs mains croisées sur la table, l’échine baissée, craignant sans doute que la tension entre le père et la fille ne dégénère en ouragan.

« Vous avez entendu la volonté du roi, messieurs. Il vous demande, en dépit de sa légitimité, d’approuver son retour sur le trône ou son retrait de la vie politique. Vous avez servi l’Empire durant de nombreuses années, vous n’occupez pas ces sièges pour d’autres raisons que votre compétence et votre habilité. Prononcez-vous en votre âme et conscience. Quel que soit votre décision, j’en assumerai les conséquences logiques. »



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Akasha IdrilNombre de messages : 54
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Jeu 5 Juil 2018 - 20:56
    Le silence demeura encore un moment. Une tension presque palpable flottait dans l'air. La noldorine se tourna vers le garde à sa droite pour lui tendre son étendard. Les deux mains libres, tous purent attester du retour de l'impératrice. Son visage n'était pas aussi serein qu'il avait pu l'air jadis, une ombre la malmenée toujours. Mais elle était là. Après vingt jours de chevauchée rapide, la dame de Gondor était rentrée.

    La voix d'Aragorn brisa le silence, il lui souhaita la bienvenue dans sa langue natale, elle ne put s'empêcher de lui sourire, déjà attendrie. Mais cela ne dura qu'un instant, maintenant qu'elle pouvait le jauger, elle le trouvait abîmé, fatigué, l'ombre de lui même. Son cœur se serra, elle porta une main à sa poitrine un instant et détourna son geste en délassant sa cape pour la présenter au garde à sa gauche. Le remerciant d'un hochement de tête, tous firent demi-tour d'un pas synchronisé pour sortir de la pièce. Les galadhrims sortirent donc sans un bruit, les portes se refermèrent derrière eux. Aragorn entama un discours poignant alors qu'elle se dirigeait déjà pour retrouver son coté.

    C'est à cet instant qu'elle fut saisi par l'apparence générale de son roi, son attristement n'en fut que plus brutal. Mais elle ne pouvait pas faire mauvaise figure, pas maintenant. Malgré l'odeur qu'il lui parvenait au nez, elle resta debout, statique, à la droite de son époux. D'un doigt agile elle remonta discrètement le bras droit du roi, lui prouvant ainsi sa présence mais aussi pour acquiescer qu'elle le suivrait s'il abdiquer. Elle serait toujours dans son ombre, d'une manière où d'une autre Akasha lui reviendrait toujours.

    Son attention se déporta vers la voix qui s'éleva en réponse au roi. D'un murmure elle osa prononcer son nom:

    -"Thaïs..."

    Elle était une merveille. Rien ne pouvait la décrire, rien n'était son égal. Akaska l'observa dans cette robe qui lui rendait pas mérite : elle était une beauté. Peut-être était-ce son regard d'elfe qui ne lui faisait pas remarquer l'étrangeté se dégageant de son corps parfaitement hybride. Ou peut-être était-ce l'amour d'une mère qui l'aveuglait pour magnifier son enfant. Ses paroles étaient dures, cruelles même mais elles transpiraient la vérité. C'était indéniable. Thaïs offrit à Akasha toute les informations qui lui manquait pour comprendre la situation. Son voyage lui avait déjà donné quelques pistes, l'absence de troupes impériales sur les routes avait été la première. Que c'était-il passait pour que le fier "Grand-pas" ne tombe ainsi brisé ? Un tressaillement la prit au ventre, son regard se détourna de sa fille un instant sans pour autant ne perdre un mot de cette voix calme mais chirurgicale ... Où était donc Eldarion.

    Thaïs avait prit le trône par la force des choses, Aragorn était donc tombé dans le désespoir ... Mais elle n'était pas l'héritière, la première à la succession.

    Son sang se figea.

    Eldarion était-il... Impossible, elle n'avait pas senti une telle déchirure ! Sa longue faiblesse l'aurait-elle rendue incapable de ressentir la mort de son propre fils alors qu'elle avait été accablée de toutes celles de ses cinq dernières années ? La reine déposa de nouveau son regard sur Thaïs, rassurée de voir l'un de ses deux enfants dans cette pièce, vivant. Il fallait qu'elle questionne Aragorn sur l'absence d'Eldarion, sur tout le reste aussi d'ailleurs. Les questions se bousculaient mais la Noldorine restait de marbre, rien ne transparaissait. Seul son époux pouvait sentir la tension qui habitait Akasha.

    Un nouveau long soupire tempéra son agitation intérieure. Voilà que Thaïs parlait d'avoir retenu son père contre sa volonté. Qu'elle avait fait une erreur ... qu'elle s'excusait. Comment une fille pouvait-elle faire cela à son propre père, comment avait-elle faillir à ce point à son devoir ! La colère s'insinuait dans le regard de la petite fille de Galadriel. Sa voix empli soudainement la pièce pour chasser le nouveau silence. Ses mots, elle les jaugea avec précision.

    -" Thaïs, toi qui naquit sous la plus brillante des étoiles. Toi qui fut surnommé Luminaë par ta grand-mère, tu m'as manquée. Mais puis-je être complètement heureuse de te revoir après avoir entendu tout ceci..."

    Ses mots restèrent en suspendu un instant, son enfant c'était dirigeait vers ses parents, elle aurait voulu la prendre sans ses bras mais tout l'en empêchait présentement.

    -" Tu as vécu de bien sombres années, ma fille. Je le sens dans ta voix, sur ton visage malgré ton calme et ta posture impeccables. J'apprends de tes lèvres que ton père a sombré dans le désespoir sans vouloir connaitre la raison pour le moment. Ma longue absence fait surement partie de la raison et j'en suis désolée. "

    Elle chercha le regard de sa fille dans un premier temps, puis se tourna pour tenter de trouver celui de son époux. Elle reprit la parole en apportant de nouveau  son attention vers Thaïs. Son regard se voulait calme mais une certaine froideur naissait alors qu'elle égrainait ses mots avec subtilité.

    -" Tu assumes le fait d'avoir retenu ton père contre sa volonté lors de ton accession au trône, tu désires son pardon par la même occasion. Tu parles de devoir envers ton père, ton empereur. Mais je n'ai entendu dans aucune de tes longues phrases un exemple d'accomplissement de ce dernier. Tu juges ton père sur ce que tu as vu de lui, quel âge as-tu, ma fille pour prétendre connaître ton père. "

    A cet instant la froideur de son regard fit disparaître toute bienveillance envers Thaïs. Ses mots se chargèrent de ce froid glacial alors qu'elle transpirait d'une colère calme comme la mort. Peut-être était-ce un hasard mais ses cheveux se soulevèrent légèrement alors que sa voix tonnait sans tressaillir.  Thaïs pouvait voir toute la colère de sa mère, toute tournée vers elle.

    -" Quand bien même l'empire soit décadent à cette heure, ton père a rassemblé l'Arnor, Numénor,  le Gondor, l'Harondor, l'Ithilien et l'Isengard sous une même bannière pour en faire le puissant Empire d'Ouistrenesse ! Il a combattu la l'épée ou par la diplomatie pour le défendre et n'a jamais refusé aucune demande d'aide, de secours, jusqu'à ce rendre au devant du danger lorsque c'était inutile."

    Son ton devint un peu plus dur encore à l'instant où elle entonna la suite de son discours, toujours raisonnée et résolue.

    -" La plupart des conseillers présents sont plus aptes à juger l'Empereur que toi ! Ils ont combattu à ses cotés, l'ont épaulé, on fait leur devoir d'alliés, de conseil. Et toi, as-tu seulement tendu la main vers ton père, as-tu fais ton devoir ? N'est-tu pas un sujet de l'empire avant d'être une princesse, Thaïs !"

    Un trémolo termina la prononciation de son prénom, elle soupira de nouveau, longuement. Cligna des yeux rapidement, pour terminer son discours sans que l'ombre de cette colère ne persiste encore. Elle osa un pas vers Thaïs, levant lentement les bras vers elle, espérant un geste de sa part, ne serait-ce qu'une politesse. Ses mots se firent plus doux.

    -" Nous fautons tous, mon enfant. Cela fait parti de l'humanité. Un empereur parfait est un empereur sans cœur, je préfère suivre les pas d'un dirigeant qui à la volonté de réparer ses erreurs, de reconquérir ses alliés, d'assumer ses actes, plutôt que de suivre un tyran."

    Détournant ses yeux de son enfant pour faire le tour de la salle, tentant de capter le regard des conseillers, elle leur adressa ses derniers mots.

    -" Vous êtes ici, messieurs. Cela signifie que vous vous intéressez à la situation de l'Empereur. Vous êtes curieux de savoir s'il pourra porter de nouveau le point de l'Ouistrenesse entière. Peut-être que le roi vous a déçu, mais il n'a jamais fauté. Ses décisions ont toujours été réfléchies et justes pour tous. Je ne sais pas qui a géré la politique depuis la destitution de Thaïs, mais ce n'était pas Tar Elessar. Mais, si vous lui donnez votre confiance de nouveau et votre voix, je suis certaine qu'il nous portera vers un nouvel âge de prospérité, de sécurité et de paix."

    Regardant de nouveau Thaïs alors qu'elle suspendait une dernière fois ses mots, elle termina enfin.

    -" Rassemblons de nouveau et agissons ensembles pour le bien de nos familles. Pour la Grandeur du Gondor, pour le nouvel âge d'or de l'Empire Ouistrenesse"

    L'instant se voulu saisissant, l'Impératrice avait posée ses mots avec sa raison mais aussi avec son coeur. Elle espérait avoir œuvré pour son aimé, avoir rassuré sa progéniture aussi.  Peut-être le conseil allait-il enfin prendre la parole au milieu de ce débat aux airs de dispute familiale.






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Thais LaeliasNombre de messages : 378
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La Dame de Fer
MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Ven 6 Juil 2018 - 15:03
[HRP: je fais court, comme convenu, histoire de répondre avant le vote du conseil Smile ]



Thaïs resta de marbre face à la diatribe de sa mère. Quelle que fut le cristal dans lequel elle était taillée, il s’agissait d’un matériau dur, froid et lisse. L’émotion teinta à peine les inflexions de sa voix quand elle prit la parole pour répondre, mais nul n’aurait pu s’y méprendre : il y avait là une colère contenue, froide, réfléchie. Elle ne hurla pas. N’hésita pas.
Considérait-elle que sa mère l'avait abandonnée ? Peut-être. On lui avait dit qu’elle était retenue, que ses responsabilités l’avaient éloignée de ses enfants. Elle pouvait le comprendre. Mais si longtemps ? La moitié d’une vie d’homme ? Il y a avait là une temporalité que sa part humaine refusait d’admettre, et que sa part elfique balayait d’un revers de main. Elle ne savait qu’en penser. Elle n’avait jamais imaginé que sa mère puisse revenir un jour dans sa vie. Quoi qu’il en soit, une chose était certaine : sa mère n’avait rien à voir avec la situation présente. Cette discussion ne la concernait pas. Elle ne pouvait pas en comprendre les tenants et les aboutissants. Elle ne connaissait plus son époux, et n’avait jamais pu connaître sa fille.

« Ma très chère mère, les hommes changent. J’ai plus fréquenté votre époux que vous, ce dernier quart de siècle. Vous jugez l’homme qu’il était, que vous avez connu, et c’est bien normal. Mais regardez-le. Est-il encore cet homme ?
Ces dernières années, il a fui chaque fois que l’Empire s’est trouvé face au danger. Je n’ai pas ordonné son emprisonnement pour prendre sa place : il avait cessé de l’occuper, et vagabondait nul ne sait où pendant que l’Ennemi ravageait ses terres. J’ai pris sa place, oui. Je l’ai fait en son absence, pour le bien de l’Empire. Et moi aussi je me suis porté au-devant du danger. Je me suis couverte de sang Orque dans les terres glacées du Nord. J’ai mangé les mêmes rations que mes soldats, lutté coude à coude avec eux quand c’était nécessaire…

Et il a reparu, comme à son habitude, une fois l’orage passé. Oui, j’étais furieuse. Et, je le redis, mon comportement envers lui fut en cette occasion déplorable. J’ai failli à mon devoir de fille, et il a failli à son devoir d’Empereur. Oui, il a fondé l’Empire de l’Ouest. Mais il est tout autant l’artisan de sa destruction. Je ne nie pas son courage passé, mais vous ne pouvez nier sa lâcheté. Les conseillers qui nous entourent l’ont épaulé, ont combattu à ses côtés, et il les a abandonnés. Ils m’ont accepté, et c’est à mes côtés qu’ils ont gouverné l’Empire.

Je n’ai pas reculé devant le devoir. Je n’ai pas abandonné mon peuple. J’ai…
»


Sa voix se brisa. Elle ne put retenir ses larmes. Le souvenir n’était que trop douloureux. A nouveau, elle parut grandir, occuper l’espace… Elle concentrait les ombres de la pièce sur sa personne, et pourtant elle semblait luire quand elle brandit sa main droite, quand la lumière se refléta sur le diamant. L’air entre Akasha et elle se chargeait d’électricité. Durant un instant, on put craindre que les éléments se déchaînent, que la mère et la fille entrent en collision comme deux formidables tempêtes.

« …j’ai accepté une alliance avec un homme que nous considérions tous comme notre ennemi. Toranur d’Angmar m’a demandé ma main. Et je la lui ai accordée. J’ai regardé en lui. J’ai vu celui qu’il pouvait devenir, j’ai vu combien ce chemin était dangereux, risqué. Et combien il m’était nécessaire de l’emprunter. Et jamais il ne m’a déçue. Et jamais je n'aurais triomphé sans lui. Il m’a aimé, et je l’ai aimé… et… »

Les mots et les larmes coulaient à des vitesses différentes. Elle se força à les stopper. A maîtriser sa respiration. Quand elle reprit la parole, ce fut d'une voix blanche, qui ne s'adressait plus à qui que ce soit en particulier.

« Pardonnez-moi. Je n’ai même pas pu l’enterrer. »

Le calme revint dans la pièce. Thaïs baissa les yeux, s’abîma dans ses souvenirs, et sécha ses joues avec le mouchoir que lui tendit Aelis. Elle se sentait vide. Epuisée. Elle n'avait plus qu'une envie : retrouver ses appartements et sa sollitude. Une part d'elle lui soufflait de cesser le combat. Qu'elle était déjà condamnée, que les mots étaient inutiles.
La grande soldate tentait de masquer ses expressions, mais sa présence même était un rappel que la Dame de Fer avait séduit des foules et recueilli l’admiration d’un peuple. En dépit de l’invasion du Beleriand, elle avait offert un court âge d’or à l’Empire…

Elle regarda Akasha faire un pas vers elle. Lui tendre les bras. Sa mère lui paraissait nimbée d'une lumière douse, appaisante. Elle avait envie de se réfugier contre elle, de se nicher dans ses bras, de pleurer encore, d'épancher sa tristesse jusqu'à l'épuisement, jusqu'à s'endormir. Elle voulait, pour une fois depuis que Toranur et Sahar n'étaient plus, ne pas se sentir seule.
Mais quelque chose la retint. Elle ne se sentait plus la force de faire ce pas vers sa mère. Et sa fierté la retenait. Elle considérait s'être avilie en étalant ses larmes durant une session du Conseil. En ouvrant son coeur en public. Elle refusait de finir comme une loque fragile bercée par sa mère devant les conseillers.
Elle esquissa un sourire triste à sa mère, un remerciement muet pour son geste, avant de redresser la tête, de détourner le regard, n'osant vérifier si elle avait été comprise. Elle attendu ainsi que le Conseil passe au vote, immobile, austère à nouveau, se forçant à se tenir droite, petit phare de lumière face à la tempête.



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Eru IlúvatarNombre de messages : 30
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Ven 6 Juil 2018 - 18:41
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Le conseil ne savait plus quoi faire, que faire et surtout que dire et quelques uns même, quoi pensée. Ils avaient, en l'absence du Surintendant été obligé de respecter l'une des traditions du Gondor et ont ainsi invité Thais Lælias, fille du souverain mais néanmoins destitué de tout pouvoir et héritage sur le trône à présider cette séance.

Et en voyant la colère et la magie des eldars transparaître de la jeune femme, beaucoup prirent peur.
Tétaniser, ils ne savaient plus où donner de la tête et pour beaucoup, regrettèrent leur choix d'invité au conseil cette sorcière d'un autre temps.

Puis, vint la reine, calme et douce, dans son cortège elfique. Les visages blêmes se couvrirent d'une mine circonspecte. Le roi, puis la reine ? Celui qui avait proféré au roi que sa reine l'avait abandonné se sentit tombé, souhaitant se cacher du mieux qu'il pouvait maintenant que ses mots étaient bafoué par le retour de la reine.

Puis dans le plus grand silence de leur part, une scène qui aurait dû rester dans un cercle familiale éclata, car c'était le mot juste. Cela avait l'apparence d'une explosion, ils ne comprirent pas forcément tout, déjà perdu par tant de nouvelle.
Ils ne comprenaient plus leur rôle maintenant, ils assistaient à la dispute d'une fille envers ses parents, à des histoires dont ils n'auraient jamais dû être témoin.

C'est alors, dans le calme qui s'ensuivit qu'un homme se leva. Il avait déjà parlé, il était un ami du Surintendant, un soutien d'Aragorn au début du conseil.

- Bien, mes amis, membres du conseils. A la demande de notre roi, votons, mes n'oubliez pas une chose. Le Surintendant à toujours gouverné pour que ce jour arrive, c'est lui qui a sut ramener ici notre Roi et il a gouverné en son absence jusqu'à aujourd'hui pour ceci, son retour. Alors rappelez vous votre place mes frères et rappelez vous qui est le cœur du Gondor.

Toujours debout, il avait clairement annoncé la couleur de son vote, il soutenait le Tar, il soutenait l'intendant et son vote était déjà gagné à la cause d'Aragorn.

- Bien, que ceux qui s'abstiennent de voté levé la main, il est là le meilleur choix possible pour ceux ne souhaitant trahir leur cœur et celui du Gondor.

Quelques mains se levèrent, cela en tout représentait quelques 10% du conseil. Et il espérait plus, car la phrase qu'il avait prononcé était bien pour conseiller à ceux qui ne voulait pas du Tar ne se prononce pas.

- Bien, alors que ceux qui souhaitent notre Tar et sa reine de nouveau sur le trône du Gondor, levé la main.

Une plus grande partie se leva, mais le visage de l'homme devint plus sévère, parmi ceux qui levait la main ils étaient majoritaire oui, mais seulement 60% du conseil parmi ceux souhaitant se prononcer avait levé la main.
Néanmoins, le visage fier il regarda le Tar et la reine et s'inclina devant eux, suivit par quelques conseiller, puis tous vinrent à l'accompagner.

- Mon roi, ma reine, le conseil a trancher. Dirigez nous avec la verve de vos jeunes années et ramener le Gondor, non l'Ouistrenesse a la gloire qu'il n'aurait jamais dû quitter. Vous êtes le cœur du Gondor et nous en seront les bras.
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mar 10 Juil 2018 - 21:01
Avant que le vote du Conseil ne se déroule, Aragorn avait écouté sa fille lui rejeter encore ses critiques. Un flot de de remontrances, et de sermonts puis des excuses. Le Dunedain ne sourcilla pas, pourtant, malgré tous cela. Il avait laissé sa bien-aimée répondre à Thaïs. Puis celle-ci lui répondre, et demander pardon.

Aragorn n'avait jamais demandé pardon à Thaïs, car il n'avait jamais senti lui devoir des excuses. Mais il sentait que la rancoeur de Thaïs, non le dégoût de cette fille pour son père était important. Et pourtant...

Pourtant Aragorn avait pour sa fille un amour incroyable. Certes Eldarion était son héritier, un héritier à un trône, et il avait dû porter une attention particulière pour son éducation, mais elle, elle était sa fille aimée. Il considérait Eldarion comme l'enfant de l'Empereur, et Thaïs était la fille d'Aragorn. Deux amours différents, mais aucun n'était inférieur à l'autre.

Vint enfin le vote. D'une courte majorité, les nobles acceptèrent le retour de l'Empereur. Une nouvelle fois. De justesse, certes, mais il retournerai sur son trône. Il se leva alors.


Messieurs, vous avez assisté à une scène qui n'avait pas sa place ici, et je m'en excuse. Vous le voyez, j'ai des choses à réparer. D'abord, le lien qui me lie au mien, puis celui qui me lie à vous. Cela sera ma mission première. J'aimerai d'abord faire un point avec mes conseillers militaires. Nous devons étudier nos forces. Puis je rencontrerai nos conseillers diplomatiques, afin de faire un constat sur l'état de nos alliances et traités. Enfin, j'aimerai que nous voyons aussi l'état des finances et enfin, faire un point sur l'organisation interne de l'Empire. Nous devons rétablir une unité qui nous fait depuis quelques temps défaut, un point où j'ai assurément une responsabilité non négligeable.
Ce Conseil est donc officiellement terminé. Merci Messieurs.


L'Empereur avait une nouvelle fois utilisé un ton solennel. Il ne s'était adressé directement ni à Akasha, ni à sa fille. Pourtant, cette dernière phrase leur était adressée. L'unité du pays passait sans aucun doute d'abord par celle de la famille impériale. Elessar devait retrouver sa famille pour retrouver toute sa légitimité.
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Akasha IdrilNombre de messages : 54
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mer 11 Juil 2018 - 14:01
    C'était une bonne chose qu'Aragorn reprenne les choses en mains de la sorte. Il montrait à tous son autorité et surtout se mettait en danger par ce vote. Quant bien même il soit le seul Empereur légitime, par son accession au trône par hérédité, Akasha était certaine qu'il subsistait des doutes quand aux compétences du Tar. N'étant pas totalement au fait des agissements de Thaïs de se son règne, une partie des conseillers pouvaient très bien être encore de son coté à l'heure actuelle. Le vote fut lancé avec sérieux et solennité. De longues minutes qui tendirent la Noldorine. C'était courageux d'avoir remis son trône entre les mains de ses hommes, qu'elle savait sages, mais qui pouvait régner autre que lui ? Thaïs n'entrait pas dans l'équation, trop d'inconnues ... et surtout si les conseillers votaient pour Tar Elessar et non contre lui, c'est qu'ils avaient confiance en lui et peut-être plus en elle.

    Autant de pensées qui ne trouvaient pas de réponses maintenant. Le vote termina et c'est avec soulagement que le conseil se plaça de nouveau aux cotés d'Aragorn. Ce n'était pas une unanimité, mais un espoir pour que tous se rallient à sa cause après avoir retrouver leur confiance. L'Empereur se leva après les quelques mots du conseiller qui avait guidé les vote, prenant la parole pour faire un rapide discours. Expliquant les comportements de la famille Impériale n'aurait jamais dû être audible, ni même visible, ici même. Qu'il s'en excusait. Mais au delà de ça, il promettait de reconstruire les liens de sa famille et par la même ceux qui les lient au peuple du Gondor. Une mission complexe dont Akasha se ferait alliée par devoir et amour.

    Le conseil fut levé, il étant temps maintenant de commencer un tout autre conseil. Akasha détourna son attention des hommes qui se levaient pour parler rapidement à sa Fille.

    -" Nous allons avoir une longue discussion, ma fille ... Je viendrais te trouver lorsque j'aurais régler quelques affaires dû à mon retour. Je suppose que tu te trouveras dans tes appartements ?"

    Elle n'attendit pas de réponse. Au comportement des gardes qui l'attendaient déjà, il était certain qu'elle était en résidence surveillée. Oui, Akasha voulait tout connaitre de sa fille, de ce règne ... de cette bague et de celui qui lui avait offert également.
    Puis elle se tourna vers son mari et Empereur pour lui lancer un regard mystérieux. Il ne transpirait aucune émotion tangible dans son regard, a quoi devait s'attendre le Tar ?

    -" Si vous me le permettrez, je vous attend dans mes appartements, mon Tar. je suis certaine que vous avez à faire avant de venir m'y retrouver."

    Délicate manière de lui demander d'aller se laver avant de venir lui parler. Elle n'avait aucunement l'envie de sourire ou même de faire de l'esprit, c'était une ombre qu'elle avait face à elle et Akasha n'avait pas épousé cette ombre. Bien qu'elle avait juré fidélité à cet homme dans la joie ou le malheur, elle voulait comprendre ce qui l'avait amené à tomber de la sorte. Quittant son coté pour suivre les hommes qui passaient la double porte en chêne, Akasha suivit le pas pour disparaître après quelques pas dans la Rue du Silence où trônait les arbres blancs du passé et les tombes des Rois de jadis.






-Symbole et Sceau personnel d'Akasha-
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Thais LaeliasNombre de messages : 378
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MessageSujet: Re: Après tant de litres de vin...   Mer 11 Juil 2018 - 20:29
Les votes s’égrenèrent. Comme Thaïs s’y attendait, le Conseil choisit de donner sa confiance à son père. A croire que certains hommes sont incapables d’ apprendre de leurs erreurs… Elle eut cependant la satisfaction de constater qu’il s’en était valu d’un cheveu. Des conseillers présents, seule une petite majorité soutenaient Aragorn. Et certains de ces soutiens ne paraissaient guère enthousiastes. Elle ne se faisait pas d’illusions : qu’ils ne soutiennent pas Aragorn ne signifiait pas nécessairement qu’ils la soutenaient, elle. Elle avait appris à les connaître, à déchiffrer leurs attitudes. Ces quelques semaines à présider le Conseil, si elles ne lui avaient pas permis de retrouver son trône, lui avaient malgré tout permis d’apprendre qu’elle n’était pas dénuée de soutiens.
Elle écouta distraitement le discours d’Aragorn, se contentant de lever les yeux au ciel. Typique de son père, malheureusement pour le royaume : congédier un conseil pour en organiser trois nouveaux, cloisonner l’information entre les conseillers de sorte que chacun, dans sa spécialité, ne soit pas informé de la situation des autres… A croire que son père n’avait jamais appris à gouverner. Il allait commencer par s’occuper de son armée, sans rien savoir de l’état des finances et de la logistique sans laquelle cette armée n’était rien. Le royaume courrait, à nouveau, à la catastrophe. Elle en était intimement convaincue. Et Aragorn qui parlait d’unité alors qu’il divisait ses conseillers comme sa famille…
Elle n’en pu plus de cette farce.

« Bien. Le Conseil s’est prononcé. Je vais donc me retirer. »

Sans attendre davantage, elle esquissa un pas vers la sortie, Aelis sur ses talons. Akasha se plaça sur son chemin, l’interpellant.

« Nous allons avoir une longue discussion, ma fille ... Je viendrais te trouver lorsque j'aurais régler quelques affaires dû à mon retour. Je suppose que tu te trouveras dans tes appartements ? »
« Vous ne me trouverez pas dans mes appartements, mère. Je loge désormais au Nid-de-Corbeau, sous bonne garde comme vous l’avez sans doute remarqué… Prenez garde en chemin, l’altitude rend les marches humides et l’air est rare. Certains s’en trouvent mal. »

Elle reprit sa marche, laissant tomber quelques mots de plus, d’une voix basse, à peine audible, dénuée de toute émotion :

« Après un quart de siècle d’attente, je ne suis plus à quelques jours près. »

Elle franchit les portes du conseil, précédent légèrement son escorte malgré les meilleurs efforts des soldats pour l’encadrer sans se mettre à trotter. Aérienne, gracieuse, terrible aussi. Derrière le masque sans expression de son visage, elle fulminait. Elle réfléchissait.
Elle ne pouvait pas laisser le royaume entre les mains de son incapable de père. Il était sorti de sa beuverie, oui. Mais pour combien de temps ? Elle avait vu les ravages que pouvaient faire l’alcool sur l’esprit et le corps humain, et combien il était difficile de se débarrasser d’une telle addiction. Son père ne serait probablement pas en état de gouverner avant longtemps. Il aurait mal, physiquement mal. Il aurait besoin de sa dose quotidienne. Il supplierait pour qu’on la lui apporte. Il deviendrait irritable, irrationnel, frustré de ne pas pouvoir goûter au liquide défendu…
Combien de temps s’écoulerait-il avant que le Conseil ne regrette son choix ? Qu’il ne devienne impossible de travailler avec lui ? Qu’il soit forcé de s’aliter pour se débarrasser de son mal ? Et même, y survivrait-il ? Il était ressorti amaigri de son isolement. Affaibli par le manque d’exercice, par le vin, par une alimentation insuffisante. Ou du moins était-ce ainsi qu’il était apparu, sous la couche de saleté qui semblait incrustée dans sa peau et l’odeur de caniveau qui se dégageait de lui. Non. Aragorn n’était pas en état de gouverner. Etait-elle la seule à s’en rendre compte ?
Il fallait qu’elle agisse. Malheureusement, elle était surveillée à chaque heure du jour et de la nuit. On l’observait quand elle lisait traités de stratégie et de gouvernance. On la regardait s’exercer chaque matin avec sa Garde d’Argent. On écoutait chacune de ses discussions, lisait chaque mot qu’elle écrivait. Et elle ne doutait pas que l’inquisition mise en place par Gilnor analysait toutes ces informations. Elle devait prêter une attention constante à ce qu’elle disait, et ne communiquait avec sa garde que par mots-clefs dissimulés dans des phrases innocentes. Rudimentaire, ce système n’avait été conçu que pour transmettre des instructions discrètement lors d’événements mondains. Impossible d’établir un plan valable par le biais de cette dernière barrière d’intimité.
Que faire, dès-lors ? La solution s’imposa à Thaïs. Lumineuse. Simple. Déplaisante. Il fallait qu’elle file doux. Elle n’avait que cette voie pour revenir aux commandes. Les amadouer. Gagner leur confiance. Retrouver des responsabilités. Et, peu à peu, recommencer ce qu’elle avait déjà fait il y avait bientôt dix ans : nouer des alliances, sécuriser des soutiens, et intriguer jusqu’à concentrer assez de pouvoir entre ses mains pour être portée sur le trône… A moins que l’occasion de briller, d’éclipser son père ne se présente ? Dans son état, cela ne serait sans doute pas difficile…
Une ombre vint gâcher ces plans. Sa mère. Que savait-elle d’elle, si ce n’est qu’elle ne portait qu’un intérêt lointain à sa progéniture ? Elle aimait Aragorn. Ou du moins, elle aimait ce qu’elle croyait qu’Aragorn était. Ou ce qu’il avait été et ne pourrait plus jamais être. Tout cela n’avait, finalement, qu’entre peu et pas d’importance, puisque le résultat était le même. Akasha était, pour l’heure, un obstacle qui devrait être conquis ou évité. Elle verrait, en temps voulu, comment agir : pour l’heure, ses informations étaient trop lacunaires, la machine de son esprit ne parvenait pas à mâchonner et décortiquer le problème. Sa mère n’était encore qu’un fantôme. Elle manquait de substance, de réalité : Thaïs n’avait pas la moindre prise sur elle. Et quoi qu’il advienne, elle entendait bien inverser la situation.
Thaïs se retrouva devant les portes de Nid-de-Corbeau sans vraiment être en mesure de se rappeler le trajet, absorbée qu’elle était dans ses pensées. Sous leurs armures, ses gardes avaient le souffle rapide, et Aelis, digne dans cette robe qui ne lui allait pas et qu’elle n’attendait que de quitter, dardait sur eux un regard méprisant. L’ancienne Impératrice regretta de ne pas avoir fourni à ses meilleurs hommes un plan. Il lui apparaissait désormais évident qu’ils n’auraient eu aucun mal à la faire s’évader de cette forteresse. Mais à l’époque, elle ignorait tout de son sort, et pour une fois dans sa vie, s’était trouvée incapable de penser plus loin que le lendemain. Encore une erreur dont elle tirerait les leçons…
Sans un regard derrière elle, elle franchit la voute obscure de Nid-de-Corbeau, et s’en fut retrouver ses quartiers.



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Après tant de litres de vin...

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