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 Lettre à la mer. Ou presque. (solo, évent champs lexicaux)

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Astriel NirokiniNombre de messages : 136
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La Danse-Lame

La Danse-Lame
MessageSujet: Lettre à la mer. Ou presque. (solo, évent champs lexicaux)   Dim 22 Juil 2018 - 14:18
(champs lexicaux de la plage et de la mort)

A Dame Lalwendë, Imladris


Ma dame, voilà seulement quelques mois que nos routes se sont quittées et pourtant j'ai le sentiment que les minutes se meurent plus vite que ne l'ont jamais fait les siècles jusqu'ici. J'ai toujours cru que mon objectif de renouer avec mon frère suffisait à emplir le vide de ma vie, mais il n'en est rien. Veuillez me pardonner de vous exposer ainsi mon anéantissement, croyez bien que je ne souhaite en rien vous déranger ou vous attrister par une lettre dont le contenu sera, j'en ai peur, bien tragique lorsque l'on sait dans quelle liesse vous devez être d'avoir enfin retrouvé votre époux et vos proches. Je n'ai cependant personne avec qui partager mon chagrin en ces terres, et je suis sûre que vous me pardonnerez mon égarement, vous qui connaissez bien ce sentiment de solitude que l'on éprouve dans ma situation. J'ai le besoin de me recueillir auprès d'une amie et j'espère que vous ne me considérerez pas comme impudente de penser que nous le sommes.

J'eus à peine franchi le seuil de sa demeure, que je constatai qu'Araekin n'était plus vraiment le frère que j'avais connu. J'aurais dû m'y attendre, après avoir vu tant de fois la soleil sombrer dans les flots à l'horizon, mais je n'avais pas vraiment compris ce que cela signifiait. Mon cœur est balloté en tous sens, à longueur de journée, bousculé par le clapotis incessant de circonstances qui ne dépendent pas de moi. J'ai la sensation de m'être condamnée moi-même à un supplice infini lorsque j'ai quitté les miens. La joie de retrouver mon aîné ne fut que de courte durée et le bonheur fugitif de notre rencontre ne tarda pas à être emporté par une vague de peur lorsque l'on eût vent d'une rumeur de guerre, non loin.

Fort heureusement, nous n'avons à déplorer aucune perte et la menace s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue, à l'image de dessins dans le sable, rapidement effacés par la marée.  Hélas, ma mélancolie ne cesse de me hanter, fantôme assassin qui ne cesse de murmurer à mon oreille, de jour comme de nuit. J'ai tout abandonné, une vie de félicité éternelle, tout cela pour découvrir que mon propre cœur ne sait se satisfaire de ce qu'il obtint à l'issue de mon voyage. Je ne manque pas de pain, et ma gourde et toujours pleine, et je mentirais en prétendant que la compagnie me déplaît. La senteur des arbres, bien que différente, devrait satisfaire mon âme, mais je ne parviens jamais à me contenter tout à fait. J'ai l'étrange sensation que le temps s'était arrêté durant tous ces millénaires et qu'il vient seulement de reprendre son cours, lui et tout ce qu'il implique. Je me fais vieille, dame Lalwendë, bien que j'aie encore le minois d'une jouvencelle. Je n'ai ni époux, ni descendants, ni quoi que ce fût qui puisse prouver que ma vie eût un sens jusqu'ici. A vous dire la vérité, je jalouse votre bonheur, bien que cela soit indigne de moi. Je ne suis qu'un fétu de paille, échoué sur la grève et qui ignore ce qu'il adviendra de lui s'il ne parvient à quitter la rive.

Depuis quelques jours nous chevauchons à la poursuite d'une créature étrange, issue de l'improbable croisement du peuple nain et du peuple hobbit, et il me suffit de la voir en compagnie de mon aîné pour comprendre que leur félicité n'est qu'une question de temps. Cela me mettrait presque au supplice que de constater à quel point son absence me touchât alors qu'il poursuivit son existence presque sans un regret, navigant fièrement dans les eaux où je peine à garder pied. Je suis heureuse pour lui, je suppose, mais c'est ici ma propre faiblesse qui me cause le plus de tourment. Suis-je arrivée, enfin, à la conclusion définitive de mon existence ? Ce sentiment d'inutilité qui m'habite provient-il du fait qu'un regard transversal sur ma propre histoire ne me cause à ce jour que tristesse et regrets ? Suis-je d'un caractère trop rigide pour mériter, moi aussi, ma part de bonheur ?

Veuillez me pardonner, ma dame, de vous faire part d'aussi sombres et morbides pensées, mais je suis certaine de trouver en vous une oreille discrète et attentive. J'ai bon espoir, maintenant que mon cœur s'est épanché, de parvenir à trouver en ces terres non un lieu de sépulture, mais simplement une intersection qui pourrait mener ma vie sur un tout autre chemin. Il ne tient qu'à moi, peut être, de détourner le regard de la corniche rocheuse pour me diriger vers un lieu plus sûr et ensoleillé…

Je vous souhaite de tout cœur une vie heureuse et une santé excellente, pour chacun des membres de votre famille. Toutes mes pensées vont à votre enfant et je prie chaque jour pour qu'il puisse grandir en paix et grandir dans la joie.

Que la grâce des Valar vous accompagne.



Pensées affectueuses,


Astriel Nirokini
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Lettre à la mer. Ou presque. (solo, évent champs lexicaux)

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