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 La Garde ne se rend pas

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Thais LaeliasNombre de messages : 378
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La Dame de Fer
MessageSujet: La Garde ne se rend pas   Ven 24 Aoû 2018 - 18:44
Cette journée avait débuté comme n’importe qu’elle autre. Thaïs et ses Gardes d’Argent s’en étaient rigoureusement tenus à leur programme habituel : ils s’étaient retrouvés pour leur course aux premières lueurs du jour, et avaient commencé leurs exercices. Ils s’étaient ensuite séparés : Thaïs était retournée dans ses quartiers, et ses hommes dans leurs cellules, avant de se retrouver pour le dîner. Dès le début du repas, l’ambiance se tendit imperceptiblement. Thaïs, sur le ton de la conversation, venait de prononcer une phrase bien particulière. Un mot de code élaboré avec sa Garde bien avant leur capture. Il y eut un moment de silence, avant que les conversations ne reprennent. Un par un, les Gardes y placèrent un autre mot codé, pour signifier leur accord ou leur désaccord. Tous marquèrent leur assentiment, et les conversations tournèrent ce soir beaucoup autour des rêves et des espoirs de chacun, des bons moments passés ensemble et des camarades tombés au combat. Au terme du repas, Thaïs donna l’accolade à chacun d’entre eux, trouvant dans les mines résolues et les regards déterminés autant de réconfort qu’elle le pouvait. Elle venait de les condamner à mort, elle le savait. Elle regarda la porte de ses quartiers se refermer sur eux, avant de s’en détourner, d’attraper une poignée de feuilles, une plume et un encrier, et de coucher fiévreusement des lignes de son écriture déliée.
~~~

Ulwarth fermait la marche. Il avait deux gardes derrière lui et, comme tous les membres de la Garde d’Argent, des fers aux poignets. Leurs geôliers étaient resté méfiants, mais au terme de deux années sans le moindre incident, leur vigilance s’était malgré tout relâchée. Il fit mine de trébucher. Le garde immédiatement derrière lui le percuta, déséquilibré. Tout s’enchaîna très vite. Se relevant souplement, il le plaqua durement contre le mur dans un bruit de ferraille, avant de lui briser la nuque. Il vit du coin de l’oeil Cotter Pyke, le manchot, écraser la glotte d’un garde près de lui, l’envoyant à terre et lui dérobant son épée. Ulwath para de ses chaînes un coup d’épée paniqué, avant que Tar-Alendil ne passe ses chaînes autour du cou de son assaillant, et ne serre. Le silence retomba dans le couloir.

« Ulwarth, essaye de prévenir la prochaine fois… »
« Désolé Capitaine, j’ai improvisé. »

« Et maintenant ? », lança Lorne de Caerbannog, « Qu’est-ce qu’on fait ? »
« On oublie la mort. » laissa tomber Tar-Alendil.

Sans perdre plus de temps, les prisonniers défirent leurs fers à l’aide des clefs que portait le chef de l’escouade, dérobèrent leurs armes, et se séparèrent. Aelis et Cotter Pyke rebroussèrent chemin jusqu’aux appartements de Thaïs, tandis que les dix autres, menés par Tar-Alendil, culbutaient quelques gardes, et créaient une diversion dans la cour, chargeant la garnison qui commençait à se mobiliser.
Une fois parvenus à destination, ils ouvrirent la cellule de Thaïs, lui remettant une dague et lui intimant de les suivre. L’ancienne impératrice esquissa un geste pour leur parler… puis compris à la terrible expression sur les visages de ses sauveurs que ceux-ci avaient fait leur choix. Elle leur adressa un sourire de remerciement, et se laissa guider à travers les couloirs jusqu’à une tour. Cotter Pyke se posta en bas des escaliers, saluant une dernière fois celle pour qui il avait juré de donner sa vie. Thaïs se contenta d’articuler un « Merci. » d’une voix brisé, et se hâta de gravir les marches à la suite d’Aelis, craignant que ses jambes ne se dérobent sous elle. Elles parvinrent au sommet, où la sentinelle, prise au dépourvu, fut sommairement exécutée par la guerrière, qui se saisit de son bouclier avant de retourner dans les escaliers, et d’attendre.
~~~

Dans la cour, la situation était en train de basculer très rapidement. Le choc entre la Garde d’Argent et la garnison avait été violent et intense. Les premiers avaient pour eux l’habileté aux armes et leur entraînement, mais l’inaction des deux dernières années et l’absence d’armures pesaient largement en leur défaveur face à des combattants plus nombreux et mieux protégés. Tar-Alendil savait que ce baroud d’honneur n’aurait qu’une seule issue. Tous le savaient. Nul ne demanderait de quartier. Et nul n’en accorderait.
Pas à pas, la garde reculait derrière ses boucliers. Allyssa était parvenue à dénicher un arc et un carquois et, depuis un balcon, faisait pleuvoir la mort. Ses traits trouvaient les failles des armures, perçaient les chairs. Depuis son perchoir, elle pu assister à la mort de Jan Ruisseau, qui ne put bloquer une lance et fut promptement égorgé. Il fut rapidement rejoint par Khudnir, qui, une lame dans chaque main, abattit quatre gardes avant d’être percé de traits.
Les cadavres s’accumulaient des deux côtés. Chaque Garde d’Argent qui tombait emportait plusieurs adversaires avec lui, mais cela ne suffirait jamais. Ils menaient un combat perdu d’avance, mais ils le mèneraient jusqu’au bout. Erolith et son frère jumeau, Erchirion, luttèrent dos à dos avant d’être dépassés sous le nombre. Lorne de Caerbannog fut acculé contre un mur par trois gardes et taillé en pièces.
Allyssa elle-même sentit soudain comme plusieurs coups de poing s’abattre sur son buste. Elle regarda avec stupéfaction les traits empennés de noir qui saillaient désormais de sa tunique, avant de s’abattre en arrière, le regard déjà fixe, un filet de sang coulant de sa bouche restée entrouverte. Tar-Alendil, quand une lame s’enfonça enfin dans sa poitrine, cherchant son coeur, ne put que constater l’étendue du carnage. Seul Ulwarth tenait encore debout dans la cour, du sang coulant d’une demi douzaine de plaies sur son large torse. Il s’appuyait sur une lance, le souffle court, un sourire sur le visage : ses ancêtres lui sourianet. Il rassembla ses forces, et hurla une dernière fois le cri de guerre de la Garde d’Argent, « Oublie la mort ! », avant de plonger dans la mer d’armures lui faisant face, empalant un dernier soldat avant de succomber.
~~~

Damon et Gorred avaient réussi à trouver refuge dans le réfectoire. Les portes qu’ils avaient refermées ne tiendraient guère, à moins que leurs ennemis ne trouvent un autre chemin avant qu’elles ne cèdent. Les deux hommes tentaient de reprendre leur souffle.

« Au fait, Damon… Je t’ai jamais demandé… Pourquoi est-ce que t’es tout le temps autant en colère ? »
« Ça m’a gardé en vie jusqu’ici. »
« Et maintenant ? »
« Maintenant… Je crois pas que ça sera suffisant. »
« Je vois… »


La hampe qu’ils avaient utilisé pour bloquer la porte céda sur ces paroles. Les deux hommes se jetèrent sur leurs ennemis avec l’énergie du désespoir, hurlant le cri de guerre de la Garde d’Argent une dernière fois, refusant de tomber en silence. Il ne fallut pas longtemps aux soldats pour en venir à bout, mais une fois encore ils laissèrent plusieurs des leurs au sol, morts, blessés ou estropiés.
~~~

Cotter Pyke entendu le bruit de la bataille mourir. Il soupira. La Garde n’avait tenu qu’une dizaine de minutes dans ce combat inégal à tous points de vue. Il se releva, ramassa son épée, et se mit en garde face au couloir. Manchot, âgé, il était fortement désavantagé : son rôle dans la Garde d’Argent était devenu plus administratif que guerrier. Il estima que tuer au moins un adversaire serait un bel exploit. Avec une rapière, il pourrait faire mieux mais… Il devrait se contenter de cette lame d’infanterie classique. Soit. Vif comme un serpent, il ouvrit la gorge du premier soldat qui tenta de forcer le passage, les yeux ivres de violence, percuta de son épaule amputée un second et enfonça son épée dans le visage du troisième dans le même mouvement. Il n’eut pas le temps d’en faire plus : les suivants n’eurent aucun mal à lui ouvrir le ventre. Il n’y avait désormais plus qu’Aelis entre Thaïs et les hommes de Gilnor, qui s’élancèrent dans l’escalier.
La guerrière d’Harondor cueillit le premier d’un violent coup de pied, l’envoyant bouler dans les jambes des adversaires suivants. Elle transperça un cou d’un mouvement d’estoc, fracassa un visage d’un revers de bouclier. Sa carrure et sa position en haut des marches de cet escalier étroit lui donnaient un avantage certain. Elle était emplie de rage, hurlant régulièrement le cri de guerre de la Garde. Ses camarades étaient morts. Sa suzeraine était menacée. Elle combattait mécaniquement, opposant aux assauts adverses l’escrime rodée et efficace du champ de bataille. Malgré tout, elle ne pouvait tenir éternellement. Un assaut adverse la priva de sa main et de son épée. Elle hurla. On écarta le bouclier de son corps avant de la poinçonner contre les marches.
Elle tomba sur le côté. Combien en avait-elle eut  ? Elle se décida pour sept. C’était un bon nombre, sept. Elle eut encore le temps de penser que la Garde avait conservé son honneur : elle était morte sans se rendre. Puis tout devint noir.

~~~

Quand ils pénétrèrent sur le toit de la tour, les gardes virent Thaïs, assise entre deux merlons, le regard tourné vers l’horizon et le soleil couchant. Elle ne réagit pas quand ils appelèrent, et pas plus quand ils se rapprochèrent. Ce ne fut qu’en essayant de la saisir qu’ils remarquèrent le poignet qu’elle laissait pendre à l’extérieur de la tour.
Luminae Elessar, Première de son Nom, Impératrice de l’Ouistrenesse, connue du monde comme Thaïs Lælias, la Dame de Fer, s’était ouvert les veines.
Paupières fermées, cheveux défauts, elle avait dans la mort l’air fragile et vulnérable. Pour la première fois peut-être, son visage était apaisé, en dépit des traces visibles de larmes sur ses joues. Elle tenait contre ses lèvres sa bague de fiançailles.
~~~

On retrouva dans ses appartements, hâtivement griffonnés, quelques ultimes mots.
« Ma vie n’a plus aucune saveur. Elle n’en a jamais beaucoup eu. J’ai toujours été seule, malgré la foule autour de moi. Les quelques personnes a avoir su réchauffer cette existence sont mortes. Je n’ai plus qu’un diamant froid pour me souvenir de mon aimé, et si la clarté de mes souvenirs n’est pas altérée, leur chaleur disparaît peu à peu. J’ai trouvé un répit dans les affaires du Royaume, mais cela va m’être enlevé. Ni mon père ni ma mère ne me regardent comme leur fille. Je suis une étrangère à leurs yeux, et je le leur rend bien.
J’ai annoncé à mes Gardes que je voulais en finir. Je leur doit bien cela : une fois que je ne serai plus, ils seront à la merci de mes ennemis. Je sais que je devrais être forte, pour eux. Pour les protéger. Mais j’ignore même combien de temps je pourrai encore le faire. Je caresse sans trop y croire l’espoir qu’une fois morte, ils les laisseront en paix.
Quoi qu’il en soit, je ne peux plus être forte. Je n’en suis plus capable. J’ai tenté d’accomplir mon devoir, envers et contre tous. J’ai défié le monde, et il m’a brisé au plus fort de ma course. Je suis vide, et seule désormais. Je n’ai plus ma place ici. Puisque ce monde m’a prit ceux qui me faisaient vivre, je vais les rejoindre de l’autre côté du rivage.
J’espère retrouver mon amour par-delà le voile du long sommeil que j’appelle de mes voeux. A défaut d’une belle lame, j’userai d’un éclat de verre.
 »



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