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 En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]

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Evelith OiomurëNombre de messages : 26
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MessageSujet: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Ven 31 Aoû 2018 - 17:42

En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin


Le soleil entammait à peine sa course dans le ciel, que Minas Tirith résonnait déjà de bruits d'une intense activité. Des enfants jouaient dans les rues, ou chahutaient en suivant leurs parents au travail. Des charrettes et des roulottes de marchands circulaient à vive allure pour apporter les fournitures nécessaires au commerce de la capitale. Et dans toute cette agitation, une silhouette gracile se frayait un passage.

Vêtue d'une robe simple mais au tissu de qualité, elle n'attirait pas vraiment l'attention. En tout cas, pas tant que l'on oubliait la dentelle d'ocre pâle qui recouvrait sa tête. Sa démarche légère et souple flattait le regard de certains passants, mais elle n'y prêtait pas la moindre importance. Elle continuait son chemin vers les hauteurs de la ville.

Son pas ralentit en passant devant le seuil d'une auberge. A cette heure, il y avait peu de clients alors les employés nettoyaient les lieux de fond en comble. L'enseigne était connue pour son confort et sa bonne chair. En un autre temps, à une autre époque, des étudiants s'étaient réunis pour fêter... une quelconque occasion. Après tout, la vie est si courte. Alors a-t-on vraiment besoin d'une raison pour faire la fête quand on est jeune, libre, et insouciant ?

La soirée est arrosée, mais le réveil est épicé ! Dans le cas d'une certaine jeune fille, elle s'était réveillée sur l'un des balcons de l'auberge. Des oliphants dansaient une gigue endiablée dans le chaudron qui lui servait de tête, et le soleil embrasait sa peau d'albâtre pourtant si vulnérable. Il lui avait fallut de longues minutes pour remettre ses idées en place, puis de plus longues minutes encore pour convaincre un employé de la libérer de sa prison de lumière. Sévèrement touchée et dans sa chair et dans sa fierté, elle s'était lancée à la recherche d'une éminence capable de soigner ses erreurs de jeunesse.

Les années avait passé, les enfants qui couraient dans les rues n'étaient plus les mêmes, d'autres étudiants venaient rouler sous les tables, mais les murs n'avaient pas bougé. Avec grâce et assurance, la jeune femme parcourait les rues avec autant d'aisance que dans sa jeunesse. Il ne lui fallut d'ailleurs guère de temps pour arriver à destination.

Aux portes du château, elle se dévoila le temps de se présenter aux gardes de services. Elle croisa quelques visages connus et inconnus. Ici aussi, le temps avait passé. Heureusement, même au palais, les murs ne changeaient pas. A l'abri du soleil, elle rabattit définitivement sa dentelle vers l'arrière de sa coiffe et offrit sa peau diaphane a l'air libre. Ses pas feutrés chuintaient délicatement dans les couloirs savamment aménagés. Le personnel s'affairait aux quatre coins du palais lui donnant des airs de ruche ou de fourmilière. Ah ! Que cela lui avait manqué...

Après quelques hésitations, elle parvint à trouver la chambre qu'elle cherchait. Il faut dire qu'elle ne pouvait pas la manquer. Une délicieuse odeur embaumait l'air des couloirs avoisinants, et de nombreuses plantes décoraient - débordaient – la porte d'entrée. Poliment, la jeune femme toqua deux coups nets à la porte pour signaler sa présence. Elle n'entra qu'à partir du moment où on l'y invita.
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Shimrod de DunNombre de messages : 26
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MessageSujet: Re: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Ven 31 Aoû 2018 - 23:19


PNJ : Gunelle de l'Ithilien



Depuis peu, je m'étais adonnée à un nouveau passe-temps des plus passionnants : l'art subtil de la cosmétique. Tout comme la pharmacie en général, cela nécessitait une grande rigueur et un dosage parfait. Je prenais le plus grand plaisir à traiter les plantes et à les préparer de façon à fournir la cour de nombreux produits aux usages variés. Nulle dame en se palais ne tarissait d'éloges quant à ma dernière crème destinée à lisser la peau ou mon masque pour les cheveux, grâce auquel les crinières les plus indomptables et abîmées retrouvaient l'éclat et la douceur d'un matin d'été. J'aimais assez me rendre utile et bien que mes talents pharmaceutiques m'avaient d'ores et déjà assuré une place confortable en ces lieux, ce nouveau passe-temps m'avait attiré l'amitié de nombre de dames qui jusque là me traitaient comme une originale et une marginale. Je ne me faisais aucune illusion quant à leur sentiment à mon égard, et pourtant cela me plaisait.

Ce jour-là, je m'étais vêtue d'une robe d'une teinte ivoire délavée et tâchée de terre par endroit, dont le tablier de lin avait connu des jours meilleurs. Rapiécée par endroit, elle constituait l'essentiel de ma tenue de travail aussi bien adaptée au jardinage qu'aux expériences que je menais dans la petite étude attenante à ma chambre. Suite à quelques prises de bec avec le personnel de maison, j'avais finalement accepté d'en laisser la fenêtre ouverte afin d'évacuer les étranges vapeurs qui constituaient mon quotidien. Les malaises récurrents de mes femmes de chambres successives avaient eu raison de mon obstination et j'avais fini par admettre que mes petites mixtures dégageaient peut être quelque chose de nocif pour la santé. Dans le secret, cette découverte m'avait poussée à expérimenter quelques petites mixtures diverses que le profane aurait qualifié de poisons. Pour ma part, je considérais que la différence entre un poison et une médecine quelconque se situait bien souvent dans le dosage, mais la crainte d'être malmenée m'avait poussée à taire mes petites manigances.

J'étais par ailleurs occupée à traiter des feuilles du laurier rose, dont les adorables corolles d'un rose tirant sur le rouge ornaient le couloir parmi diverses autres plantes qui dispersaient un agréable parfum. J'avais constaté à cause du malheureux empoisonnement d'un rat qu'une seule de ces petites feuilles pouvait avoir un effet désastreux sur un être vivant, bien que la variété blanche ou jaune soit très appréciée en cuisine. Par conséquent, j'avais chaudement recommandé aux servantes de ne pas toucher à mes plantes, sans préciser laquelle pouvait être dangereuse. Au moins, plus personne n'avait l'audace de toucher à ces pauvres végétaux. Le visage caché derrière un linge humide, je réduisais des feuilles en poudre à l'aide d'un pilon dans un mortier de terre cuite qui présentait ça et là des traces d'usure importante.

Soudain, j'entendis frapper à ma porte. Cela pouvait être n'importe qui aussi me hâtai-je de dissimuler mon matériel sous un gros plat ébréché ; dans le capharnaüm de cette pièce, cela n'attirerait certainement pas l'attention. J'abandonnai le linge qui protégeait mon visage sur une chaise, ce qui ne détonnait pas avec la pile désordonnée de vêtements et coupons de tissus épars qui y avaient élu domicile.

"J'arrive !" M'exclamai-je tout en enjambant tant bien que mal les pots et objets divers qui barraient ma route.

Je parvins finalement à ouvrir, toute essoufflée de cette agitation, les cheveux en désordre. Je m'attendais plus ou moins à voir à ma porte une demoiselle en quête d'un soin pour les points noirs et restai bouche bée quelques secondes en reconnaissant ma visiteuse. Un immense sourire se dessina sur mon visage tandis que mon regard s'illuminait :

"Oh, Evelith ! Il y a des siècles que nous ne nous sommes vues !"

Je n'avais pas encore terminé ma phrase que je lui sautais déjà au cou, prise d'un élan d'affection bien compréhensible lorsqu'on sait combien elle m'avait manqué. J'avais fort peu d'amis, aussi ceux que je considérais comme tels étaient certains d'être bien reçus chez moi. Après cette accolade enflammée, je la relâchai finalement pour l'examiner d'un oeil critique. Bien que sa tenue soit clairement de bonne facture, elle manquait de ces fioritures dont raffolaient les dames de la cour. J'appréciai la simplicité de toute sa personne, bien que son teint de lait tranchât sur l'ocre de son capuchon. Je trouvais cela bien dommage, qu'une carnation aussi spéciale et délicate soit si souvent dissimulée par des étoffes bien ternes en comparaison. Ah, elle aurait pu avoir un tel charme, si seulement ce visage délicat était encadré de roses pâles ou de bleus pastels…

Je l'invitai aussitôt à pénétrer dans mon antre, qui devait ressembler plus ou moins à ce dont elle se souvenait : encombrée d'un nombre remarquable d'objets en tous genre et surtout surchargée de plantes, allant de minuscules fleurs colorées à de gros arbustes en pots qui encombraient un coin de la pièce. Je lui proposai de s'asseoir sur le divan, du moins ce qu'il en restait, une des extrémités étant encombrée de croquis et de carnets de note. En quelques petits bonds adroits, j'accédai tant bien que mal à un tabouret de velours rouge que je ramenai non loin du sofa où j'avais l'intention de m'asseoir en compagnie de mon amie. Quelques entrechats supplémentaires me permirent de sonner ma domestique, dans l'espoir de lui commander quelques rafraîchissements et peut être une ou deux gourmandises pour mon invitée. Je m'assis finalement dans un grand soupir satisfait, en entamai aussitôt la conversation, oubliant au passage de proposer à Evelith de retirer sa cape.

"Alors, à quoi dois-je ta visite ? Je suppose que tu ne viens pas me voir après tout ce temps pour avoir droit à l'une de mes recettes miracle ? "
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Evelith OiomurëNombre de messages : 26
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MessageSujet: Re: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Sam 1 Sep 2018 - 23:02


En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin
Evelith | Gunelle (PNJ)
_ Gunelle ! Mon am...

Coupée dans sa respiration, Evelith n'acheva pas sa phrase. La guérisseuse, fidèle à elle-même, l'enlaçait avec autant de force que de joie. La jeune femme n'avait pas vraiment fait le décompte, mais cela faisait bien trop d'années qu'elles ne s'étaient pas vues. Tout aussi heureuse, elle lui rendit ses embrassades de bon cœur. En comparaison, les retrouvailles avec sa sœur aînée paraissaient bien froides. Bah ! Après tout, une Oiomurë ne pouvait pas se laisser aller à un comportement aussi expansif.

Alors que Gunelle l'invitait à entrer, Evelith ne manqua pas le regard scrutateur qui se posa sur sa tenue. Il est vrai qu'en tant normal, la ménestrel se vêtait toujours avec élégance, raffinement, et parfois il faut bien le dire... préciosité. Même si elle était de nature coquette, elle ne pouvait se permettre les mêmes toilettes durant ses voyages. Une noble dame seule sur les routes attirait beaucoup trop l'attention. Aussi devait-elle porter des tissus simples aux coloris le plus ordinaire possible. Et Gunelle n'avait que trop peu eut l'occasion de la voir ainsi.

Un sourire en coin vint étirer les lèvres pâles de la barde alors qu'elle pénétrait dans l'antre de son amie. Rien n'avait changé depuis sa dernière visite, ou presque. Elle avait toujours autant l'impression de rentrer dans l'intimité de son amie. Les plantes poussaient avec vigueur et leur bonne santé reflétait l'amour que leur portait Gunelle. Les livres et autres carnets devaient regorger d'annotations et d'idées sur les recherches de la guérisseuse. Tous les bibelots disséminés ça et là étaient autant d'indices sur la personnalité de leur propriétaire. Bien sûr, pour un visiteur de passage, tout ça n'était qu'un joyeux bazar.

A l'invitation de son amie, Evelith s'assit confortablement dans le canapé. Elle en profita pour retirer sa coiffe et ses gants court en cuir. Ce jour-là, ses vêtements n'étaient pas des plus éléguants, mais elle s'était rattrapée sur sa coiffure. Des petites nattes agrémentées de rubans dorés partaient des bords de son visage pour venir se croiser sur le haut de son crâne à la manière d'une vannerie. Elles étaient ensuite rassemblées derrière les oreilles pour former deux tresses plus épaisses retombant de chaque côté de sa chevelure. Les rubans satinés ne manquaient pas de capter la moindre trace de lumière et lui offrait une voile d'or immatériel.

_ Que les Valars me protègent ! Je n'ai pas eut que peu d'occasions de requérir à tes précieux onguents. Non, ma visite d'aujourd'hui est purement amicale. Et pour tout te dire, tu es la première amie que je revoie depuis mon retour à Minas Tirith. Même si ce n'est pas bien difficile, puisque je ne suis arrivé qu'hier soir. Je n'ai même pas encore déballé toutes mes affaires !

C'était là l'une des raisons pour laquelle elle était vêtue si simplement. L'autre étant que Gunelle ne prendrait pas pour une insulte une tenue aussi modeste. Elle ne l'était d'ailleurs pas temps que ça, puisque les tissus étaient de qualité... Mais pour une Oiomurë, elle aurait pu faire beaucoup mieux. Et sa sœur le lui avait fait remarqué au petit matin.

La jeune femme observa un instant son amie assise sur son tabouret. Sa simplicité était rafraîchissante dans une noblesse aussi pétrie d'impératifs. Elle s'y était habituée, et elle appréciait même la beauté de certaines toilettes. Elle avait d'ailleurs un faible pour les parures elfiques... Toutefois, voir Gunelle vêtue d'une tenue de travail plus que d'apparat lui mettait du baume au cœur. Pour un peu, elle se croirait presque à Edoras où elle faisait souvent le marché des artisans avec sa petite sœur.

_ Je suis désolée de t'avoir envoyé si peu de lettres durant mon absence... Mais plusieurs de mes connaissances ont souffert durant le règne de Dame Thaïs. L'un d'eux a même été exécuté. De par mon métier, je sais que certains soupçons pesaient sur moi. J'ai préféré prendre mes distances...

Elle poussa un long soupir alors que de douloureux souvenirs lui revenaient en mémoire. Elle repoussa toutefois les images de son défunt mentor pour se concentrer sur son amie. La sombre période que venait de vivre le Gondor ne semblait pas l'avoir affectée, en tout cas pas dans son statut. C'était au moins une bonne chose. Ses compétences étaient vraiment exceptionnelles, probablement autant que son caractère !

_ Et toi, comment vas-tu ?
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MessageSujet: Re: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Mar 4 Sep 2018 - 20:58


PNJ : Gunelle de l'Ithilien



Je restai un instant fascinée par la coiffure raffinée d'Evelith. Mes cheveux, fins et indisciplinés, n'auraient jamais tenu de la sorte. Ils auraient surgi de droite et de gauche, sauvages et indomptables tels des ruisseaux d'or filé, dressés sur mon crâne malgré tous mes efforts. Or, la teinte inhabituelle de sa chevelure couplée aux rubans d'un doré vibrant était du plus bel effet, me rappelant la couleur presque irréelle de lourds rayons de soleil sur la neige immaculée au petit matin.

"Que les Valar me protègent ! Je n'ai pas eut que peu d'occasions de requérir à tes précieux onguents. Non, ma visite d'aujourd'hui est purement amicale. Et pour tout te dire, tu es la première amie que je revoie depuis mon retour à Minas Tirith. Même si ce n'est pas bien difficile, puisque je ne suis arrivé qu'hier soir. Je n'ai même pas encore déballé toutes mes affaires !"

J'esquissai un doux sourire amusé. Peut être mon amie s'était elle assagie, le temps aidant ? Pour ma part l'on me considérait toujours de la même façon, à un ou deux détails près. Je me sentais flattée qu'elle ait songé à moi dès son arrivée et posai la main sur son avant bras avec reconnaissance, les joues rosies par l'émotion.

" Je suis désolée de t'avoir envoyé si peu de lettres durant mon absence... Mais plusieurs de mes connaissances ont souffert durant le règne de Dame Thaïs. L'un d'eux a même été exécuté. De par mon métier, je sais que certains soupçons pesaient sur moi. J'ai préféré prendre mes distances…"

Je balayai cela d'un simple geste, ne lui en portant pas rigueur. Cela n'avait été une période simple pour personne, mais fort heureusement pour moi j'étais trop insignifiante et trop "originale" pour que l'on me soupçonne de quoi que ce fut. L'on me considérait simplement comme une jeune excentrique solitaire dont l'esprit battait trop souvent la campagne. Je pouvais même parfois me révéler utile pour soigner les troupes ou indiquer des remèdes efficaces à emporter en campagne.

"Et toi, comment vas-tu ?
-Je me porte fort bien, je dois dire. J'ai le vent en poupe ces derniers temps, depuis que ces dames ont découvert que mes onguents ne servent pas qu'à guérir. Figure toi que l'on m'appelle plus souvent pour obtenir du maquillage ou un masque pour les cheveux que pour des soins, quels qu'ils soient. Enfin, mon remède contre les soirées trop arrosées a certainement encore quelques belles années devant lui."


Je lui fis un clin d'oeil amusé, en rappel à ces heureux jours où nous nous étions rencontrées. Bien évidemment, les jeunes gens d'aujourd'hui comme d'hier n'étaient pas prêts d'arrêter de boire, ce qui faisait de cette mixture la plus appréciée de toutes celles que je proposais. J'avais également quelques solutions miracles pour donner le teint frais et reposé dont les jeunes filles raffolaient, régulièrement couplé à la mixture susdite. Je n'étais pas encore prête à lui parler de mes petites expérimentations, car absolument personne n'était au courant. Mais peut être, si nous renouions suffisamment à mon goût, lui en glisserai-je un mot, un jour où l'autre. En passant, pour voir sa réaction avant d'aller plus loin. L'amour de la découverte me poussait parfois à tenter de drôles de choses et je notais d'ailleurs tout cela dans des carnets. Par mesure de sécurité, mes notes concernant les poisons étaient cryptées dans un code que j'avais mis au point, à base de petits dessins divers. Désireuse de changer de sujet, j'enchaînai sur une anecdote que je jugeai amusante :

"Par ailleurs, ma mère a de nouveau envoyé un prétendant, il y a quelques semaines. Il est curieux de constater la vitesse à laquelle ceux-ci fuient dès lors qu'ils jettent un oeil dans mes appartements ! A croire qu'une demoiselle désordonnée est à fuir comme la peste !"

C'était d'ailleurs très certainement le cas. L'on attendait des jeunes femmes telles qu'Evelith et moi qu'elles soient accomplies, dans le sens où elles se voyaient attribuer nombre de compétences qu'elles étaient en devoir de maîtriser. On estimaient qu'elles soient à même de pratiquer la danse, le chant, le dessin, la musique, la couture et de savoir tenir une maison. Autant d'arts que je maîtrisais de façon très erratique. La bonne tenue d'un ménage venant manifestement en dernier dans la liste de mes compétences, comme en témoignait mon intérieur...
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Evelith OiomurëNombre de messages : 26
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MessageSujet: Re: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Dim 16 Sep 2018 - 23:55


En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin
Evelith | Gunelle (PNJ)
Evelith ne put que se réjouir d'apprendre que les talents de son amie étaient reconnus à leur juste valeur. Toutefois la connaissant, l'herboriste avait encore plus d'un tour dans son sac ! A l'évocation de son remède miracle, la ménestrelle laissa échapper un rire cristallin. Oh que oui, il y aura toujours besoin de ce genre de médecine. Elle se souvenait encore très bien des soirées auxquelles elle avait participé à l'époque. Durant ses voyages, elle avait également participé à quelques mémorables festivités. Elle avait d'ailleurs bénie son amie de lui avoir laissé quelques fioles de sa mixture !

_ Par ailleurs, ma mère a de nouveau envoyé un prétendant, il y a quelques semaines. Il est curieux de constater la vitesse à laquelle ceux-ci fuient dès lors qu'ils jettent un oeil dans mes appartements ! A croire qu'une demoiselle désordonnée est à fuir comme la peste !

Evelith fut un peu surprise du changement de conversation, mais elle retrouvait bien là son amie. Elle passait très facilement d'un sujet à l'autre. Il était quand même triste de voir qu'aucun parti n'approuvait le mode de vie de la guérisseuse. Bien sûr, les critères d'une mère ne correspondent pas forcément à ceux de la fille... et Evelit en savait quelque chose. L'albinos enviait un peu son amie, sa condition physique n'avait jamais rebuté ses prétendants au point de les faire fuir comme s'ils étaient tombés nez à nez avec un ouargue. Ce souvenir-là lui donna des frissons... mais lui donna également une idée.

_ Ah qui sait... Il a peut-être cru que tu étais une ourgue déguisée en humaine. Après tout, quelle jeune fille digne de son rang ferait si peu attention à sa toilette et vivrait dans un jardin sauvage ? Non, non, non, c'est inenvisageable !

Pour appuyer l'ironie de son propos, elle modula sa voix pour prendre un ton plus grave et particulièrement sentencieux. Elle avait déjà faite cette imitation à Gunelle. A plusieurs reprises, elle lui avait parlé de son éducation, et plus particulièrement de la préceptrice chargée de lui enseigner l'étiquette. C'était une vieille fille agée d'une quarantaine d'années à l'époque. Elle portait toujours des robes sombres au col remontant jusqu'au cou. Elle ne dévoilait jamais sa peau et portait en permanence des gants. Evelith la soupçonnait même de porter une ceinture de chasteté.

_ En parlant de fiancé, ma mère insiste pour organiser rapidement mon mariage. Les affrontements avec le Mordor sont plus fréquents qu'auparavant, et elle a peur que mon fiancé ne meurt sans me faire d'enfant.

Melethron était un jeune homme charmant et bien sous tous rapports. Evelith ne le soupçonnait d'aucun vice caché, bien au contraire. Ce garçon était le fils idéal. Il avait toujours été sage, et attentif à ses leçons. Il savait se tenir et ses connaissances rendaient sa conversation intéressante. Il avait à coeur les intérêts de sa famille et de son pays, c'était d'ailleurs ce qui l'avait poussé à s'engager dans les combats contre le Mordor. D'après les jumeaux qui avaient déjà combattu à ses côtés, il était fiable. Il n'était pas une tête brûlée qui fonçait en première ligne. Non, il suivait froidement les ordres sans poser de question. Il était... parfait. Parfaitement lisse, et sans passion.

Evelith avait toujours secrètement envié son frère ainé. Il avait voyagé quelques années avant de revenir avec une épouse qu'il aimait tendrement. Elle avait voyagé à son tour, mais sans rencontrer l'âme sœur. Pire ! A son retour, elle s'était sentit comme une vieille fille, puisque même sa petite sœur fréquentait un jeune homme. Alors, elle s'était engagée. A présent, elle n'avait pas tout à fait perdu espoir, même si elle refusait de l'admettre. Elle poussa un long soupir.

_ Honnêtement, je ne suis pas pressée. Même si ce n'était pas pour les raisons les plus heureuses, j'ai adoré voyager. J'espère en avoir encore l'occasion. Et autant dire qu'avec un ou deux marmots accrochés à ma jupe, ça ne serait pas possible, dit-elle avec un sourire ironique.
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MessageSujet: Re: En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]   Dim 23 Sep 2018 - 18:35


PNJ : Gunelle de l'Ithilien


_ Ah qui sait... Il a peut-être cru que tu étais une ouargue déguisée en humaine. Après tout, quelle jeune fille digne de son rang ferait si peu attention à sa toilette et vivrait dans un jardin sauvage ? Non, non, non, c'est inenvisageable !

J'eus un petit rire, amusée à cette idée autant qu'à l'imitation que je reconnus fort bien pour l'avoir entendue à de multiples reprises. Dussé-je avoir hérité de la même gouvernante qu'elle, je n'aurais guère obtenu davantage d'approbation. Peut être la gent masculine me considérait-elle comme une ouargue, en vérité ? Ce n'était pas impossible, après tout… Cependant…

"Vois-tu, je doute qu'une telle créature dispose d'une tanière aussi désorganisée… Elle risquerait d'y perdre ses petits."


J'adressai à Evelith un regard malicieux, une mèche folle venant barrer mon visage. Je la chassai d'un geste désinvolte et croisai les mains sur mes genoux à la manière de la jeune fille bien née que j'avais bien du mal à demeurer.

_ En parlant de fiancé, ma mère insiste pour organiser rapidement mon mariage. Les affrontements avec le Mordor sont plus fréquents qu'auparavant, et elle a peur que mon fiancé ne meurt sans me faire d'enfant.

Je grimaçai, parcourue d'un frisson de dégoût. Contrairement à bien des demoiselles n'ayant point encore été menées à l'autel, j'avais une idée assez précise du devoir des époux et il me répugnait d'envisager ce type de relation en compagnie d'un individu que l'on m'aurait désigné et auquel je n'accorderais ni confiance ni estime. Ma position de guérisseuse m'amenait quelquefois à seconder une des sages femmes du château et j'en avais appris bien plus que je ne l'aurais voulu quant au procédé menant à la mise au monde de tout nourrisson. Ce m'eut été une pénitence que de devoir endurer un mariage dans lequel je n'aurais point respecté mon époux, à défaut de l'aimer… Car je n'avais aucune illusion : l'amour n'entrait que peu en ligne de compte lorsqu'il s'agissait de femmes de nos rangs respectifs. J'ignorais ce que mon amie connaissait des devoirs entre époux, aussi n'abordai-je pas le sujet, de peur de la mettre dans l'embarras. Je ne sus alors que répondre et la laissai poursuivre :

_ Honnêtement, je ne suis pas pressée. Même si ce n'était pas pour les raisons les plus heureuses, j'ai adoré voyager. J'espère en avoir encore l'occasion. Et autant dire qu'avec un ou deux marmots accrochés à ma jupe, ça ne serait pas possible.

Je haussai les épaules, moins convaincue qu'elle quant à la justesse d'une telle affirmation. Ma position m'avait conduites à fréquenter la domesticité et celle-ci ne s'arrêtait point de travailler sous le simple prétexte d'avoir donné la vie.

"Je n'en suis pas aussi sûre que toi. Celya, une des lingères, a accouché de jumeaux il y a deux lunes de cela. Figure toi qu'elle n'a pourtant de cesse d'aller et venir avec ses nourrissons. Ils sont maintenus en écharpe à longueur de journée, un devant et un derrière. J'ai toute fiance en ta capacité à parcourir le continent en tous sens et ce malgré des enfants en bas âge."


J'avais davantage de doutes quant à son bonheur en matière de situation matrimoniale. Je ne pouvais l'imaginer pleinement épanouie sans éprouver quelque sentiment que ce soit pour celui qui deviendrait le compagnon de toute une existence. Je décidai de m'en ouvrir à elle sur un ton doux, emplie de sollicitude.

"Es-tu certaine de faire là le bon choix ? Pardonnes ma franchise, mais je peine à t'imaginer au bras d'un homme que tu n'as point choisi. Que ferais-tu si quelques temps après ton mariage, un autre homme retient ton regard ? Es-tu vraiment prête à t'aliéner à ton fiancé au risque de passer ton existence dans des fers qu'un autre aura forgés pour toi ?"


Je savais d'expérience qu'un mariage malheureux conduisait presque systématiquement au déshonneur. Lorsqu'une dame de la cour me consultait pour obtenir un pot de pessaires, je savais fort bien qu'elle n'avait aucune intention de les utiliser avec son époux légitime. Certaines, toutes entières à leurs consultations, laissaient parfois échapper quelques détails de leur vie personnelle. Par chance, j'étais une personne fort discrète, non seulement quant à ma propre vie, mais surtout au sujet de ce que j'entendais dans le cadre de mon activité. Dans le cas contraire, j'aurais disposé d'un pouvoir considérable sur bon nombre de personnalités de la cour…

"Pour ma part, je suis résolue à ne me laisser entraîner au mariage que par l'amour le plus profond. Je suis donc convaincue que je resterai vieille fille, et que j'apprendrai à tes dix enfants à faire de la broderie et jouer de la harpe en faisant de fausses notes."


Je lui adressai mon plus doux sourire, une lueur taquine dans le regard. Il me semblait pour ma part évident que mon propre hyménée ne restait qu'une hypothèse bien peu probable. Ma mère dusse-t'elle y écouler toute sa fortune et son énergie, aucun damoiseau doté de bon sens n'aurait la sottise de demander ma main. C'était l'évidence même.
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En souvenir de la jigue des oliphants au petit matin [PV Gunelle]

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