Soyez les bienvenus sur la Terre du Milieu !
Venez voter sur les top sites !

Partagez
 

 Question de température

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
AlcibiadeNombre de messages : 324
Age : 32
Date d'inscription : 18/05/2008

Feuille de personnage
Race: Númenóréen
Possessions: Des cartes de navigation, une pierre de soleil, le cor du Gondor
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Alcibiade
Gouverneur de Pelargir, Amiral de l'Empire de l'Ouest
MessageSujet: Question de température   Question de température EmptyMar 23 Juil 2019 - 19:46
On trouve dans les maison de courtoisie une climat qui ne s'explique qu'à celui-qui jadis fut coutumier de ces faubourg licencieux où toute halte est l'occasion d'extase capricieuse. Leurs façades dénuées d'ajours emprisonnent plus de mystères que les archives de notre plus vaste bibliothèque. Le parfum lourd de ses salons, ses lueurs molles réverbérés à l'infini dans le cirque des miroirs, le bruit essoufflé de son peuple en débauche, et sa rumeur faîte des langueurs solitaires ou de félicités plurielles, tout concorde à rendre l'atmosphère pesante, piquée d'un parfum orgiaque.
Dans les couloirs, ce cantique de râles enrouées où se joignent gémissements, pleurs et béatitudes. Presque inéluctablement se trouvent, dans les étages de ces maisons hautes, des chambres où végète une lie d'aristocrates aux manières ostentatoires venue trouver refuge dans la clarté teintée d'opiacées. Ils traînent avec eux un cortège de créatures fantasques et vénéneuses, aux lèvres maquillées par des sucs trop vifs, aux joues fardées lourdement pour masquer la fièvre érogène qui les habite. Elles gisent enroulés dans des étoles de cachemire et leurs tempes encore battantes résonnent des délices invoquées pour épuiser une passion trop violente. Leurs seins portent parfois la morsure d'appétits insatiables, et l'atour d'un corsage dissimule souvent les hématomes d'une veille tumultueuse. Certaines se consolent dans une bouffée d'opium, cherchant dans le songe une douceur qui les a fuit. Des bassines de cuivres encombrent les recoins des chambres, recueillant à l'abri d'un paravent nausées, sangs et larmes. On y fait commerce du Secret et les liqueurs enivrantes ont raison des meilleurs esprits mieux qu'un perfide poison. Et c'est dans les ombres tamisées de l'un de ces nombreux établissement qui jouxtent les quais de Pelargir, qu'un soir de juillet, alors que l'été suffocant marinait l'air des canaux en une atmosphère puante, se joua une étrange scène. L'amiral Alcibiade se trouvait assis, remuant les cartes d'un tarot ancien dont les figures avaient été à demi effacé lorsqu'entra l'une des filles du lieux. Elle referma la porte et prit place dans le petit salon où brûlait une chandelle de cire rouge.

-C'est étrange de se revoir après si longtemps… !

-Oui, un peu. Tu joues toujours de cette cithare ?
Il désigna un vielle instrument glissé sous une pile de vêtements.

-Les jours de pluie, seulement, quand la clientèle se fait plus rare et plus calme.

-Le temps est beau ces jours-ci et je ne suis malheureusement pas venue écouter tes prouesses digitales, mais recueillir un renseignement. Tu vois toujours le capitaine Krator ?

-Le bouffi qui sent les épices ?

-J'ignore le goût de ses exhalaison, mais il a une cicatrice qui fend son abdomen tatoué, la marque d'un harpon qu'Hamilcar lui infligea il y a vingt ans de cela.

-Des tatoués c'est pas ce qui manque, mais oui, je le vois quelque fois. Il est passé il y a un mois de cela.

-T'as-t-il confié sa destination vraie ?

-Vraie je ne sais pas, mais il a soulevé des pistes...

-Des affaires en perspective ?

-Il a parlé de me rapporter des perles, je suppose donc qu'il va vers le sud.

-Ainsi, les contrebandiers n'hésitent plus à passer les côtes haradrims… Umbar est donc en sommeil pour un moment. Je te remercie Palissandre, tu m'as été un précieux secours, comme chaque fois que nos routes se croisent.

-Un jour tu devras t'acquitter de cette dette colossale.

-Pauvre de moi… et il se leva pour quitter les lieux, adressant au passage un clin d’œil à la jeune femme. Dehors l'air était toujours lourd et poisseux. La ville semblait couver une fièvre moite et  le bourdon des insectes habitait chaque recoin des maisons. Pas une brise ne soufflait dans le delta et les bannières de la ville demeuraient comme assommée, repliant leurs couleurs autour de leurs hampes. À quelques pas de là, les échoppes et les tavernes semblaient somnoler et leur raffuts d'ordinaire si effusif s'était éteint, ne demeurant qu'un brouhaha traînant et presque amorti dans l'atmosphère violette qui envahissait à présent la ville depuis le fleuve.


Question de température 142139Bannire2copie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpglordoftherings.forumactif.com/t4550-chroniques-maritim
AlcibiadeNombre de messages : 324
Age : 32
Date d'inscription : 18/05/2008

Feuille de personnage
Race: Númenóréen
Possessions: Des cartes de navigation, une pierre de soleil, le cor du Gondor
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Alcibiade
Gouverneur de Pelargir, Amiral de l'Empire de l'Ouest
MessageSujet: Re: Question de température   Question de température EmptyLun 12 Aoû 2019 - 19:49
PNJs PALISSANDRE et ALMARIDE

Question de température 629443GuenievreQuestion de température 723700Meneor


Le Faucon d’Émeraude était un établissement réputé de Pelargir, installé dans le quartier du vieux port. Sa clientèle cosmopolite avait depuis longtemps oublié le détails de ses fondations, bien qu'un voyageur attentif eut pu lire dans certains indices l'âge ancestrale de la demeure : la rambarde des balcons indiquait par la ciselure de ses colonnes que l'édifice datait de la fondation du Gondor. Ou bien les médaillons, croisant deux lettres à la calligraphie désuète, avisait l’œil attentif de l'origine bourgeoise du lieu, un noble y ayant plutôt ceint son blason. L'ensemble, dont l'apparence prématurément ruineuse  provenait du morcellement de sa façade ou chaque terrasse s'était couverte de drapés criards provenant des ateliers septentrionaux, proposait une panoplies d'atmosphères luxuriantes où flottaient fumées, sueurs et parfums d'alcools.
Dans la pénombre soyeuse, au beau milieu d'une chambre, un corps s'éveilla, endolori. L'enceinte des baldaquins ramollissait la lumière, la faisait plus rougeoyante, comme piqué d'un parfum de chaire. Palissandre essuya sa bouche spumeuse, remplit une timbale d'une lampée de cervoise dont elle usa pour noyer tout stigmate des malices sirupeuses glanées, et s'approcha du grand miroir, observant dans son reflet dissout l'image fugace du monde et de sa solitude. Cette objet d'écho ne gardait mémoire des félicitées fugitives, et seul s'y trouvait toujours cette image présente et invariable : l’œil, inquiet, en quête d'une preuve tangible du réel ou d'un regard de cette outre-monde qu'habitent nos personnalité tricéphales. Lentement elle rajusta les agrafes de sa robe sur ses épaules, noua sa longue chevelure en une tresse qu'elle coiffa telle une tiare. Elle glana quelques broches qui vinrent se figer dans l'enchevêtrement à la désinvolture étudiée, puis noua l'ensemble d'un ruban de perles bleuies.
Palissandre s'éveillait d'un long sommeil imposé après plusieurs jours d'une intense enquête. Les sept dernières aubes l'avait vu visiter la couche de chaque hétaïre du lieux, et, de ses libertés digitales, les affranchir quelques instants du poids du monde, cueillant dans l'abandon de ces compagnes essoufflées par les spasmes un secret égaré. Elle savait dispenser aux âmes les plus cloîtrées une tendre noyade où le soupir d'une bouche à demi close révélait l'attrait le plus abject. Ainsi à la dérive après de généreuses aumônes érogènes, Aelwen la Rousse avait livré une confidence peu ordinaire. Il fallait à présent que Palissandre discute de ces renseignements avec Hamilkar*, le seul en mesure de tenter quoi que ce soit. Sa présence n'était pas simple à déterminer : aussi elle devait trouver l'un des deux fils d'Oromir. Almaride était plus accessible que son aîné Menéor, aussi, sachant le trouver le soir sur le vieux ports à négocier les derniers arrivages de bois de charpente, elle quitta l'hôtel du Faucon d'Emeuraude. Par une coquetterie qu'elle ne sut s'expliquer et qui en vint même à la contrarier un instant, elle sortit encapuchonnée sous un grand manteau de satin bleu outremer bordé de pelisses en martre.

Dehors les ruelles de Pelargir empestaient plus que jamais. Les jours de chaleur semblaient devoir s'attarder encore un temps et la ville semblait cuire lentement. Dans la cohorte chaotique des gens de mers, Palissandre glissait sa silhouette drapée, esquivant les flaques tourbeuses du caniveau où la sécheresse concentrai les détritus les plus infâmes que seuls venaient visiter les rats. Les échoppes avaient allongées des paravents sur leur devanture et un parfum septentrionale s'était emparée de la Cité. Le Lit du fleur s'était rétréci et certains navires peinaient à franchir les derniers bras de fleuve les conduisant dans le couvert fangeux du port, où ses multiples appontements perçaient des cellules dans les berges de l'Anduin comme une termitière étourdie. D'une main habile, elle glana une poignée de noix dans le panier d'un marchand de fruits secs, et bifurqua dans la ruelle adjacente. Les murs s'y faisaient plus resserrés ce qui épargnait la morsure du soleil à cette heure chaude de l'après midi. Elle conservait les manières scélérates de son enfance mendiante bien qu'elle vécut dans l'opulence, et avait maintenu à l'identique ses habitudes lorsqu'elle arpentait les méandres de la ville. Un mendiant tendit à son passage de petites cages à oiseaux où piaillaient des moineaux. Elle repoussa son offre poliment et poursuivit jusqu'à atteindre une rue plus dégagée. Cette dernière la mena jusqu'au quai d'Amroth, le principal appontement pour les navires marchands. Il faisait face à l'île forteresse de l'Arsenal où la grande tour de l'Amirauté dominait le port et ses environs sur plusieurs lieux. Une effervescence sans commune mesure animait la plus grande cité maritime de l'Ouistrenesse. Le raffut était permanent, et chaque arrivée de navire prétexte à un sursaut de fête.  Les appareillages laissaient les foules indifférentes et la nuit, les estaminets débordaient de toute part, crachant des musiques barbares et des chansons obscènes. Au matin, les pavés étaient barbouillées des vomissures et des urines, chaque porche accueillant des dormeurs avachis dans un sommeil liquoreux. Mais déjà les charpentiers s'activaient, et les apprentis gavaient les fours de charbons avant l'arrivée des forgerons. Les marchands installaient alors leurs étales colorées et l'odeur du pain cuit venait chasser un moment la puanteur envasée des lieux. Sur le port, le soleil avait cessé d'étendre sa morsure brûlante, et les eaux du ports relâchaient désormais leur tiédeur en effluves vaseux, habillant la baie d'un linceul poisseux troublant les dernières lueurs du jours en un halo cuivré presque surnaturelle. Les pêcheurs qui sortaient à cette horaire avaient surnommé cette lueur « airain d’août », mais d'ordinaire son spectacle n'avait lieux qu'en de rares occasions. Cela faisait à présent dix huit jours que l'atmosphère nauséeuse couvait sur le port, et rien ne semblait vouloir l'en chasser.
Palissandre dépassa le bureau des armateurs où quelques capitaines recevaient leurs ultimes instructions, tandis que de jeunes officiers venus glaner un commandement patientaient assis et silencieux, se jaugeant les uns les autres de manière furtive. Enfin elle se trouva devant une auberge imposante, où sur l'écritoire peints de couleurs criardes on pouvait lire : « L'Amalgame » tracé à la manière de ces runes septentrionales. Elle pénétra dans l'établissement. La fumée des pipes et des encensoirs y assommait l'esprit du voyageur qui dès lors ressentait une absolue nécessité à prendre place autour d'une table et à commander une choppe de cervoise. La bohémienne gagna l'étage de l'établissement où l'air était plus frais et le brouhaha moins assourdissant. Dans une petite salle, assis face à une cheminée, elle trouva Almaride en grande conversation avec un vieil homme aux dents rongées par un ancien scorbut. L'apercevant, il lui fit signe de se joindre à eux, mais d'un regard, Palissandre lui indiqua qu'elle devait le voir seul. Lorsqu'il perçut la mine sérieuse de son amie, le charpentier se leva, tituba légèrement, révélant par là son ivresse légère, et rejoignit l'hétaïre qu'il salua plus chaleureusement. Ils se mirent ensuite en quête du calme d'une échauguette pour parler.


-Et bien ! Que me vaut ton agréable visite ?

-Agréable ? Dis plutôt importune…

- L'un n'empêche pas l'autre, et comme un plaisir en chasse toujours un autre… Mais j'imagine que ta réserve dissimule de sombres nouvelles ?

-Quelque peu oui! Il se dit qu'Umbar serait sur le point de guérir des fièvres anarchiques qui la ronge: le capitaine Krator serait rentré d'exil et, dans la cité corsaire, il pourrait bien parvenir à unifier les clans. Alcibiade m'avait demandé avant son départ de garder un œil sur ce vieux serpent de mer. Qu'en penses-tu ?

-Il me semble que l’absence d'Alcibiade nous force à une décision hasardeuse. Je ne suis qu'un charpentier et l'avis d'Hamilkar serait d'un meilleur conseil.

-Certes, mais j'ignore comment contacter ce capitaine. Et je n'ai pas de laisser-passer pour pénétrer l'amirauté.


-Je me chargerai alors de le trouver pour toi si c'est là le but de ta visite. Et si je ne m'abuse, des nouvelles de Krator devraient intéresser Hamilkar. Une rivalité secrète les oppose et le temps ne semble guère avoir atténué les choses. Il tira alors une bourse du repli de ses vêtements où il piocha une petite fiole cuivrée. Marqué d'un sceau d'origine Haradrim.

-Tiens, c'est de la myrrhe, je l'ai trouvé sur le marché au épices. Son arôme si particulier t'a rappelé à mon souvenir. Je voulais te l'apporter à l'occasion, mais voici que tu viens à moi… Almaride tendit la pastille de bronze avec une pudeur soudaine, presque embarrassée. L'hétaïre attrapa le présent en recouvrant les mains du charpentier qu'elle sera en remerciement. Elle s'en amusa, quelque peu gênée.

-Moi aussi j'ai songé à toi. Mais je n'ai pas ta finesse d'esprit ni ta vivacité d'intention et mes mains sont vides pour nos retrouvailles trop brèves. Je gage néanmoins que nous nous reverrons bientôt…

Déposant sa paume sur le joue d'Almaride, elle attendit un instant pour la retirer, et ils se trouvèrent alors dans ce royaume hors du temps où l'audace d'une brève courtoisie coûte plus qu'un siècle de labeur. D'un sourire partagé, ils se séparèrent.


Question de température 142139Bannire2copie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpglordoftherings.forumactif.com/t4550-chroniques-maritim
AlcibiadeNombre de messages : 324
Age : 32
Date d'inscription : 18/05/2008

Feuille de personnage
Race: Númenóréen
Possessions: Des cartes de navigation, une pierre de soleil, le cor du Gondor
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Alcibiade
Gouverneur de Pelargir, Amiral de l'Empire de l'Ouest
MessageSujet: Re: Question de température   Question de température EmptySam 17 Aoû 2019 - 17:58
ALMARIDE ET BALTHUS

Question de température 723700Meneor Question de température 627687Balthus

Almaride se réveilla avec l'esprit brumeux de ceux qui ont trop célébré une réussite. Mais un sentiment agréable lui revint avec le souvenir de la nuit. Sa rencontre avec la belle Palissandre était teinté d'une minauderie masquée sur laquelle il hésitait et dont l’ambiguïté était l'origine de bien des utopies séductrices. Il se leva donc de fort bonne humeur, ignorant la nature intrigante, presque de mauvaise augure, des nouvelles apprises de l'hétaïre. Il se mit néanmoins en quête d'une solution pour son amie et, pour cela, gagna l'amirauté et ses couloirs grouillants.
Au bureau des expéditions, on ne l'avait pas vu depuis son ultime voyage à Tol Falas. Almaride questionna quelques officiers, mais tous semblaient ignorer les va-et-vient du commandant de la troisième escadre. À l'office de garde, rien n'était consigné à son sujet quant à une patrouille éventuelle. Il ne pouvait être sur le chantier naval ou à l'arsenal, Almaride y passant le plus clair de ses journées. Plutôt qu'entamer un parcours hiérarchique interminable, il décida d'aller trouver une connaissance d'Alcibiade : Balthus, intendant de Pelargir et grand argentier de Lebennin. Ce dernier travaillait souvent à son propre domicile, ce qui rendait une rencontre plus aisée. Ainsi, Almaride obtint une audience en début d'après-midi, et après avoir déjeuné d'une soupe de poisson dans le quartier des pêcheurs, il se rendit dans la demeure du conseiller.
L'homme l'attendait derrière un bureau trop étroit face à la marée de parchemin qui semblait déferler lentement, tandis que des encriers avaient été égarés en divers recoins de la pièce. D'une voix enrouée ponctué de contentements étouffés, il déversa un flot de paroles qui déboussolèrent  le charpentier .

-Bienvenu Almaride, je suis content de te voir, ça me change des visites administratives… viens prends place ! Assied-toi là… voilà ! Et bien, dis-moi vite, Almaride, je suis heureux de voir, mais tu le sais, je n'ai que très peu de temps, donc viens-en au fait.

-Et bien, je ne sais si je puis t'en parler, mes informations concernent Alcibiade, ou à défaut Hamilkar. Tu sais comme moi que l'amiral est en voyage, aussi il me faut trouver son second, mais personne ne semble l'avoir vu depuis un moment. Saurais-tu m'en dire d'avantage ?

-Je pourrais te renseigner, mais moi aussi j'ignore si je dois considérer ta positions de charpentier ou celle d'ami d'Alcibiade. Il t'accorde sa confiance, de cela je ne doute pas. Mais il se fait qu'Hamilkar est en mission secrète, je ne puis t'en dire davantage pour le moment…

-L'affaire que j'apporte concerne Umbar et ses intrigues. Des choses semblent s'y préparer et l'amirauté devrait en être informé.

-En effet, si Umbar s'éveille, c'est là une terrible nouvelle !

-Je n'ai pas dit cela exactement. Umbar pourrait s'éveiller… !

-Est-ce là un risque que nous pouvons courir ?


L'intendant demeura muet, le regard sur Almaride qui n'osa pas détourner ses yeux. Son expression joviale et légère s'était dissipé pour faire place à un masque presque livide et de sa main il tambourinait sur l'accoudoir de son fauteuil, répétant un battement entêtant qui figeait toute pensée en Almaride. Finalement Balthus reprit d'une voix plus préoccupée :

-Tout cela dépasse mon champ législatif tout autant que mes compétences. Je ne suis qu'intendant et non stratège, et même avec de la bonne volonté il me serait impossible de prétendre énoncer tout conseil ou jugement. Aussi, je vais te révéler la position d'Hamilkar sans pour autant t'éventer les raisons de sa quête… il est à Arandal, avec le vieux Vardamir.

-Vardamir ? Le maître du Chapitre ? Je le pensais mort…

-Jeune impudent ! Vardamir est de la lignée des gens de Nùmenor. Tu seras mort depuis belle  lurette lorsqu'il déposera son glaive sur l'hôtel du Chapitre. Passons. Le mieux serait que tu portes toit même l'information à l'intéréssé. Ainsi tu peux emprunter un canot à voile pour remonter le fleuve.

Almaride attendit que l'autre en eu dit d'avantage, mais l'argentier s'était déjà replongé dans la consultation frénétique de ses livres de compte. Aussi, discrètement, le charpentier se leva et quitta la pièce, saluant en sortant. La voix de Balthus, redevenue joviale, lui répondit dans un enrouement joyeux :

-Je te remercie de ta visite Almaride, elle m'a changé les idées ! Bon voyage !


C
'est quelque peu agité qu'Almaride quitta la capitainerie avec un laisser passer jusqu'au Nord de l'Anduin. Il disposait par ailleurs d'un ordre de réquisition pour une chaloupe. En première décision, il choisit d'impliquer son frère Ménéor, ayant besoin d'être secondé dans la conduite d'un vaisseau. Ce dernier ne fut pas difficile à convaincre, sa fidélité à Alcibiade prévalant sur tout désir de réalisation. Cependant, il eut l'instinct de doubler ses objectifs : plutôt que d'emprunter les lourdes barques de l'amirauté pour remonter jusqu'à Arandal, il soumit l'idée de tester leur dernière création, une nef à faible tirant, ne disposant pas de pont mais supportant un mât haut et solide, bien que fait dans un bois souple capable de ployer. Ainsi après avoir fait le nécessaire concernant provisions et équipements obligatoires, il embarquèrent et quittèrent au jour déclinant les hautes tours de Pelargir et la silhouette nacrée de son port. Le fleuve était à un niveau jamais observé de mémoire d'homme et sur ses flancs craquelés par la sécheresse, les deux frères aperçurent l'ombre de carcasses pourrissant chaque jour davantage sous le rayon ardent du soleil. C'était là du bétail qui ne tarderait pas à empoisonner les eaux du fleuve. Il fallait espérer qu'il n'en fut guère ainsi plus en amont.


suite dans les VOYAGES


Question de température 142139Bannire2copie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpglordoftherings.forumactif.com/t4550-chroniques-maritim
AlcibiadeNombre de messages : 324
Age : 32
Date d'inscription : 18/05/2008

Feuille de personnage
Race: Númenóréen
Possessions: Des cartes de navigation, une pierre de soleil, le cor du Gondor
Statut: Joueur(se) actif(ve)
Alcibiade
Gouverneur de Pelargir, Amiral de l'Empire de l'Ouest
MessageSujet: Re: Question de température   Question de température EmptyLun 2 Sep 2019 - 16:13
PNJs ALMARIDE, HAMILKAR et PALISSANDRE

Question de température 723700Meneor Question de température 985744PNJ2 Question de température 629443Guenievre

Depuis Voyages



À Pelargir, Hamilkar consacra son retour provisoire à mûrir une vengeance longtemps guettée et pourtant inachevée. Il fit pour cela preuve d'une discrétion certaine, allant jusqu'à dissimuler ses intentions aux jeunes charpentiers dont la confiance lui était pourtant acquise. Avec la plus grande prudence, un cogue fut déplacé jusqu'au quai boréal de la cité, là où viennent s'éteindre les vieux navires dont nul armateur ne veut plus. Les coques pourrissent sur place, laissant crever leur flancs vermoulus au fil des années. Le peuple des dépossédés a élu résidence en ces lieux et la plupart des bateaux abritent une communauté exotique de saltimbanques ou de voleurs. Les mendiants viennent y chercher un abris les soirs d'hivers les plus froid, et le quartier entier paraît alors une ruine sur le point de sombrer dans les bourbes du port. Quelques pêcheurs affamés se faufilent le soir entre les lignes d'amarrage, en quête de crevettes phosphorescentes aisément visibles, mais à la chaire envasée et sans grande saveur.
Avec le soin le plus circonspect, le capitaine fit armer en secret la nef amenée, qu'il fit rebaptiser, malgré les superstitions, du nom de la Pansue. Il possédait lui même assez de fonds pour une traversée d'un mois, peut être davantage, et l'idée d'utiliser les finances de la cité dans cette affaire qui aurait put relever d'une mission public ne lui effleura pas l'esprit. Cette histoire lui appartenait et il avait décidé de la mener à terme. Sans doute son ami Alcibiade aurait tenter de l'en dissuader, ou bien aurait-il offert tout du moins de l'accompagner, mais l'amiral était absent. Hamilkar se refusait à employer la flotte dans un but qu'il estimait trop personnel, et le stratagème qu'il avait adopté lui paraissait bien moins risqué qu'une opération trop lourde, ampoulée par la logistique nécessaire.
Seule Palissandre était dans le secret. Chaque soir, ils se rencontrait dans une taverne à peine fréquentée, planté à l'extrémité Ouest de la ville, loin du port et de son monde trop familier. Il conversaient alors à voix basse pendant de longues heures puis se séparaient, le visage grave. Après dix jours de préparatifs, l'expédition était enfin prête : le navire chargé de vivres et d'eau douce, une denrée devenue presque rare depuis quelques jours, les cales pleines de toiles, de rivets et de bois pour l'entretien du navire.
L'équipage avait une particularité : restreint, ses membres semblaient partager une origine commune. Ils avaient le teint halé des gens de l'Harondor. Tous semblaient des marins aguerris, aux visages séchés dans les vents et creusées par le sel. Ils avaient les paumes cagneuses, le front dégarni pour l'essentiel, mais l’œil vif et déterminé. À leur vue, on hésitait entre une impression d'incrédulité et un mélange d'émerveillement face à ce peuple du flot.

Hamilkar alla trouver Elzéard et lui demanda de résoudre à son intentions plusieurs calculs d'éphémérides concernant les deux prochaines lunes. Le vieillard, sans poser de questions s'acquitta de sa tâche en une après-midi. Le capitaine lut cependant dans les yeux de l'érudit que ce dernier avait percé son secret, du moins partiellement. Mais comme il ne lui souffla mot, Hamilkar prit ses regards suspicieux pour une approbation prudente. Et comme il s'apprêtait à le quitter, Elzéard lui tendit un paquet chiffonné qui s'avéra contenir une carte des côtes les plus septentrionales. Le marin remercia le vieil astrologue et prit la décision de lever l'ancre dès le lendemain.
À l'aube, le port se trouvait dans un sommeil suffoquant, et la fraîcheur des premières heures du jour n'était qu'une moiteur tiédie qui semblait rendre poisseux chaque interstice de la cité. Tandis qu'il approchait du quai, Hamilkar fut intrigué par une silhouette qu'il connaissait trop bien. Almaride patientait, son baluchon aux pieds, tendant un sourire ironique au milieux de son visage aux traits coupés.

-Je réclame le droit et l'honneur d'être votre timonier capitaine ! Il avait omis de mentionner son nom sachant que l'entreprise d'Hamilkar réclamait le plus grand secret.

-Ainsi on ne peut rien te cacher…

-Que veux-tu… un vieux loup de mer tel que toi devrait savoir que les ports ont des ouïes. Et certains marins la langue trop bien pendue lorsque la boisson y coule !

-Quel gabier dois-je faire pendre pour cette trahison ?

-Nul gabier mais une créature exquise : Palissandre. Elle est venue me porter cette nuit de l'huile de lin. Tu parles d'une heure pour s'occuper de charpente… elle n'a rien dit mais j'ai VU dans ses yeux. Aussi je l'ai suivi.

-Après tout, je suis soulagé d'embarquer un ami, qui plus est, un habile barreur.


Leurs plaisanteries furent soudain interrompues. Palissandre était apparue sur le pont, et lorsqu'elle avait aperçu Almaride, son visage d'ordinaire si noble, avait fondu, et c'est avec une expression de rage qu'elle s'avança vers les deux compagnons. Sa fureur évidente leur coupa toute envie de rire, mais curieusement elle parla à voix basse, comme si le secret du voyage dominait encore sa colère pourtant vive.

-Tu n'as rien à faire ici. Vas-t-en immédiatement !

-Pourquoi ne pourrais-je accompagner mes amis ? Mes services valent bien ceux d'un autre.

-Tu sais Palissandre, un timonier de sa trempe ne serait pas de trop…

-Cette affaire ne le concerne pas.

-Cela c'est à moi d'en décider. Jusqu'à présent je commande ce navire. Et c'est d'ailleurs plus ta présence qui risque d'incommoder l'équipage…

Vexée, elle se tut et regagna le navire, la mâchoire toujours serrée. Mais lorsqu'Almaride vint la trouver, elle refusa de lui parler et n'adressa plus la parole qu'à Hamilkar. Ce dernier ne prêta guère d'attention à cette dispute qu'il mit sur le compte de la mauvaise humeur, et ordonna que l'on prépare l'appareillage. Autour de la Pansue, le quai s'agita et bientôt tout fut prêt pour appareiller. Le soleil avait salué les premières tours de la cité et on avait fait mander un pilote à la capitainerie afin de conduire la manœuvre. Lorsqu'il se présenta, Hamilkar fit immédiatement lever l'ancre.


Vers Voyages


Question de température 142139Bannire2copie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpglordoftherings.forumactif.com/t4550-chroniques-maritim
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Question de température   Question de température Empty
Revenir en haut Aller en bas
 

Question de température

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ¤ Température glacée & Tempérament de feu ¤
» La montée en température continue
» Réflexion sur la question constitutionnelle aujourd'hui
» Chti't question CFK & vehicule ouvert
» Une question que je me suis toujours posée...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Jeu de Rôle - Terre du Milieu :: Question de température N448 :: Gondor :: Ithilien-